Depuis quelques semaines que je lutte, parfois avec succès, ces derniers jours deviennent trop âpres.
Aussi j’ai décidé de ne plus lutter outre mesure. Je me contente de mes trucs habituels que j’essaie de moins oublier (méditation, homéopathie, etc.) pour m’efforcer de ne pas sombrer dans une léthargie trop profonde. En revanche, j’ai enfin renoncé à certains engagements qui me paraissent non prioritaires, malgré les protestations véhémentes de ma conscience, vivement relayée par la conscience collective.
Car elle a crié très concrètement au sujet de la réunion à laquelle je devais assister aujourd’hui (vendredi), et pour laquelle je devais partir hier, et après laquelle j’avais largement le temps de me reposer – ce qui était son argument principal.
Cela fait plusieurs jours que je me sens triste et faible, surtout depuis mardi soir, où un problème très concret a sonné le glas de ma résistance à l’oppression de La Chose. Ma raison – toujours à la recherche d’un équilibre entre l’obligation et le lâcher prise – a réfléchi, sur la base de quelques coups de pied bien sentis de la part de mon émotion du moment lui demandant déjà du repos, mais qui a finalement dû porter ses coups à la tête pour être entendue.
C’est que la raison n’aime pas l’émotion, c’est classique. Elle a donc fait la sourde oreille un bon moment: la veille du départ encore, je disais par message texte que je m’y rendrais.
Le jour du départ pourtant, j’ai été prise d’un mal de tête assez convaincant, qui ne faisait qu’empirer au fur et à mesure que l’heure du départ approchait. Ma raison, enfin dignement mobilisée, a accepté d’aller jusqu’au bout de ce qu’elle avait d’ores et déjà analysé, sans oser valider la conclusion qui s’imposait.
Une réunion où nous serions nombreux, un peu utile mais sans plus, où personne ne remarquerait mon absence – même si on ne manquera pas de me la reprocher si besoin -, pour un engagement qui plus est que je m’apprête peut-être à lâcher (j’hésite encore), un mal de tête assez solide qui peut signifier un début de grippe (dans le doute, mieux vaut éviter de se confronter à d’autres miasmes), un état général plutôt faible donc sans énergie suffisante pour être correctement immunisée, une indemnisation pour la réunion qui serait en grande partie annulée et surtout engendrerait des tracas administratifs, le chien qui resterait seul dans le jardin pendant 24 heures alors qu’il fait froid, et même pas le plaisir de voir réellement la copine de là-bas (que je vois à chaque réunion ou presque) dont la soirée était déjà prise.
La conscience a abdiqué. J’espère qu’elle ne me le fera pas payer. Pour le moment, je me félicite de mon repos, qui me fait du bien.