… ressurgissent, et me coupent dans mon élan.
Je ne vois pas bien quoi en faire, puisque quelle que soit mon attitude, ils restent des démons: sournois, négatifs, et apparemment satisfaits d’être ainsi, ou bien d’une mauvaise foi sans limite, contre laquelle rien n’est possible. Ils viendront toujours trouver de quoi nourrir leur rejet de vous ou leur haine dans ce que vous dites ou faites puisque c’est ainsi qu’ils fonctionnent.
Je sais de quoi je parle: ma mère et plus largement ma famille fonctionne ainsi, malgré toute la gentillesse dont ils sont capables. Négative, dans le déni, et le rejet de ses propres forfaitures sur les autres. Parce que reconnaître sa responsabilité est trop lourd et trop violent à éprouver, mais aussi parce qu’il faut le dire, elle a elle-même été une réelle victime de ce type de fonctionnement, en souffre terriblement le plus souvent, ne faisant que reproduire ce qu’elle a subi, sans pouvoir s’en écarter malgré quelques parcelles éventuelles de lucidité.
Et vu le mal que j’ai à me détacher de ma mère et plus largement de ma famille, je sais à quel point tout cela peut être profondément ancré, et à quel point il est difficile de s’en défaire.
Une caractéristique de cela, particulièrement significative, est que plus on s’efforce d’être neutre et raisonnable par rapport à une situation, plus cela renforce ces éléments et ces forces négatifs chez l’autre, qui redouble ainsi de rejet voire de haine à votre égard.
Cette neutralité fonctionne un peu comme un miroir, sans que l’autre ne comprenne que c’est lui qu’il pointe du doigt lorsqu’il croit vous accuser et vous déverser son fiel, de sorte que l’on se trouve être son « mauvais objet », ce qui fait deux bonnes raisons de ne plus jamais s’en approcher.
Mon expérience m’a montré qu’il était vain d’essayer d’y faire quelque chose. Je me suis longtemps abîmée à essayer, auprès de différentes personnes. Cela va parfois tellement loin qu’il est même inutile voire destructeur de pardonner et d’être aimable, même si l’on parvient à oublier ses propres blessures. Il faut juste passer à autre chose.
La dernière fois que j’ai fait ça, c’était en 2013. ça m’a fait mal au coeur. C’était un homme qui souffrait, mais j’ai vite compris que cette souffrance se retournait systématiquement contre son entourage. Et d’ailleurs, c’est très facile à repérer: il suffit de les écouter parler de leur passé, d’entendre la haine qu’ils ont de la plupart de ceux qui ont croisé leur chemin. Ils ont toujours d’excellentes raisons de les avoir détestés, et ont une façon très particulière d’en parler: ils sont moins dans l’exposé du mal qui leur a été fait que dans la haine de celui qu’ils considèrent comme abominable. Mais on ne pourra jamais savoir si l’autre a effectivement été abominable, ou s’il s’agit d’un malentendu qui a mal tourné.
Quand c’est sa mère, c’est particulièrement compliqué à gérer.
Quand c’est une « amie », rien ne s’oppose à l’évitement.
Enfin, en principe.