Ben ça alors! J’ai trouvé pire que Raphaël Enthoven* ! Pierre Le Coz !
Au sujet de la procréation médicalement assistée (PMA).
Je ne dis pas que le sujet est simple, c’est la posture qui me heurte. Cette façon d’affirmer des évidences qui n’en sont pas. Mais pour une fois, Monsieur Enthoven ne va pas chercher midi là où il n’est pas, il use d’arguments relativement simples.
ça fait du bien, un peu!
Sans être philosophes, je présume qu’on a tous un avis sur la procréation « médicalement assistée ». A moins de cliquer je ne sais où, vous n’échapperez pas au mien.
Grosso modo, j’y suis favorable car je ne vois pas pourquoi les progrès de la médecine ne bénéficieraient pas aux femmes qui désirent avoir un enfant (le « plus » est toujours bon à prendre, a fortiori s’il favorise l’émancipation de la moitié théorique de l’humanité), à condition que ces messieurs consentent gratuitement au don de leur sperme, et à la transparence de leur identité – leurs droits devant être absolument préservés par ailleurs.
Bien qu’il y ait certainement des choses intéressantes à en dire, je n’entre pas dans les considérations de la stérilité, infertilité, homosexualité, célibat qui me paraît secondaire, ni non plus sur la recherche de ses origines qui me paraît essentielle.
Il me semble que, paradoxalement pour certains, cette forme de procréation contribuerait à redonner du sens à la paternité ainsi qu’une place aux hommes, celle qu’ils seraient en train de perdre si le féminisme obtenait gain de cause. Une place qui ne leur serait pas imposée en tout cas, et qu’ils choisiraient tout en composant avec les femmes, et plus encore, avec les enfants, ce qui me paraîtrait être un énorme progrès. Qui plus est, cela épouserait davantage l’évolution de la société, dans le respect de la volonté des uns et des autres.
J’admets que je suis plus réservée sur l’idée de « droit à »: tout dépend ce qu’il implique, en pratique. Un « droit à », en ce sens qu’on ne peut pas l’interdire à qui que ce soit, oui. Un « droit à » en ce sens qu’on le doit financièrement, je n’ai pas d’avis tranché sur la question car j’ai du mal à arbitrer entre les principes contradictoires qui y sont impliqués.
Concernant la gestation pour autrui (GPA), j’ai plutôt tendance à ne pas y être favorable, a fortiori quand on invoque l’égalité femmes-hommes pour la promouvoir. Mais il n’est pas impossible que je change d’avis si je croise des arguments qui me paraissent pertinents.
Si je pense depuis longtemps que les hommes et les femmes devaient être le plus égalitaires possibles en tous points, que la majorité de leurs différences (y compris physiques) provient d’habitudes culturelles qui ont, au fil des générations, sur des millénaires, modifié la structure génétique des uns et des autres de façon, en quelques sortes, sexiste, il reste que la procréation résiste biologiquement à cette égalité. Et il me paraît beaucoup plus difficile de mettre en cause une évolution génétique due à des habitudes sociales concernant ce point. De mon point de vue, cela devrait motiver le moins de différences de traitement possible sur le plan social, mais cela en impose malgré tout.
Il se trouve que les unes peuvent tomber enceinte, les autres non, et le droit à avoir des enfants pour les homosexuels ne me paraît pas être un motif suffisant pour « annexer » le corps d’un être humain (ici, une femme). Fut-elle consentante. Beaucoup trop intrusif.
Je ne serais pas contre, en revanche, que la médecine se mette au service des hommes pour qu’ils puissent évoluer biologiquement dans le sens d’une procréation possible, en leur propre sein.
Bel objectif à fixer, et ce serait sacrément symbolique du génie humain.
* je n’aime pas Monsieur Enthoven parce que je trouve qu’il a une faculté à complexifier (et non simplement « compliquer ») un propos pour ensuite enfoncer des portes ouvertes qui m’ennuie façon intersidérale, quand ça ne m’agace pas (plus rare). Et puis je suis régulièrement en désaccord avec ses idées, qui sont, a fortiori, défendues avec des arguments qui me paraissent trop souvent fallacieux. En outre, j’ai l’impression (probablement erronée celle-là, mais je n’ai pas le courage de vérifier, il m’ennuie trop), qu’il a le chic pour défendre tout et son contraire, en étant persuadé des deux à la fois. ça me dérange; j’aime la clarté, a fortiori sur les sujets compliqués. Du coup, j’ai du mal à comprendre qu’il soit de tous les plateaux télévisés, comme s’il n’existait que lui. Quand j’ai vu qu’il existait un Pierre Le Coz, j’étais ravie. Manque de bol, ça n’a pas duré plus de quelques secondes!
Ils n’ont pas survécu à la Révolution de 1789, ou bien?