Mon chien me manque.

Aujourd’hui, on m’a dit que j’avais l’air fatiguée depuis environ deux ou trois mois, que j’avais l’air d’avoir changé. J’ai réalisé que ça correspondait au moment de la mort de mon chien.

Je me suis demandé s’il avait réellement perçu quelque chose, ou bien s’il savait que mon chien était mort. Car dans mon entourage, rares sont ceux qui le croient encore vivant.

Moi, j’ai pas eu l’impression d’avoir changé depuis ce jour. Je sens que je « descends » depuis début décembre seulement, environ. Comme si c’était juste une question de similarité des mots.

J’ai rêvé d’un chien cette nuit, un chien super chouette, qui ressemblait au mien et qui était à moitié lui, mais pas tout à fait. ça me faisait du bien d’interagir avec lui; puis je me rendais compte qu’il n’était plus mien, qu’il ne l’avait peut-être jamais été, et il partait avec d’autres. Je me sentais un peu triste.

Cette tristesse s’est traduite par des larmes, ce soir, alors que j’écoutais le vent dans les arbres, là où, de son temps, je me promenais avec lui. Je venais de quitter la soirée à laquelle j’avais été conviée, sans rien dire à personne. Je n’en pouvais plus de faire semblant.

J’avais envie de m’enfoncer dans la forêt et dans le vent, mais je n’avais pas les chaussures adéquates, ni le courage d’aller les chausser, alors qu’elles se trouvaient dans la voiture, pas si loin. Pour lui, je le faisais. Le jeu en valait la chandelle: il était tellement heureux d’aller courir, sentir, revenir, repartir. ça valait la peine de s’enquiquiner un peu. Moi, j’aurais fait quoi? écouter le vent? pleurer?

Quel intérêt d’aller chausser des bottes pour ça?

Il me manque.