A la réflexion, si, il s’est passé quelque chose début décembre, outre les tracas administratifs que j’affronte, les collaborations rétributives qui s’espacent, et les narcissismes que je supporte: le lapin a disparu.
Celui-là même qui avait réussi une miraculeuse transition entre la mort du chien et la vie. Celui qui me faisait dire avec un triste amusement que mon chien s’était transformé en lapin, tellement il était apparu tout de suite après sa mort. Comme s’il me veillait, parce qu’il me savait triste.
Début décembre, je suis partie quelque jours avec une copine. J’ai laissé ma maison à des personnes qui avaient besoin d’un logement. En partant, j’ai prévenu mes voisins chéris, et je leur ai parlé du lapin. Ils m’ont dit qu’ils l’avaient vu dans leur jardin l’autre jour « alors que le chien [ndlr: le leur] était dans le garage ». Le chien, c’est un berger allemand. Je me suis dit que ce lapin n’en avait sans doute plus pour longtemps, s’il venait dans ce jardin là, et qu’il était d’ailleurs étonnant qu’il ait échappé à son triste de sort pendant deux mois.
En tout cas, à mon retour de vacances, il n’était plus là, et je ne l’ai plus jamais revu.
Je crois que je le pleure un peu aussi. Il me faisait du bien, ce lapin.