Le désespoir en embuscade.

J’ai beau avoir conscience que mon état s’est beaucoup amélioré depuis que j’ai commencé ce blog en 2004, il n’en reste pas moins des poches de résistance.

Actuellement, je songe à nouveau au suicide (mais peu, je ne le projette pas, je n’ai pas oublié ce rêve où je me suis vue expirer mon dernier souffle), et je me dis que la mort me soulagerait vraiment beaucoup.

Mais les choses ont réellement évolué: même si je n’ai que bien peu d’énergie pour sortir de cette mauvaise passe, que j’envisage avec peine les jours qui vont suivre, je vois la lumière au bout du tunnel. Et elle ne provient pas des phares d’un train qui va me rouler dessus, mais bien du soleil, dehors, à la sortie qui est un peu lointaine, mais accessible.

Il reste que la vie me peine, alors qu’elle est devenue tout à fait tolérable.

C’est perturbant, incompréhensible.

Comme le désespoir qui m’a toujours minée, et qui en embuscade en ce moment.

Se bouger.

Toujours très difficile. Y compris pour les choses agréables. Peut-être même davantage.

Le docteur Latête m’a souvent dit que j’avais « avalé un procureur ». Ou bien un gendarme. Ce doit être pour ça qu’il est moins douloureux pour moi de me forcer lorsqu’il s’agit d’un devoir.

Ou bien est-ce parce que j’ai des difficultés à prendre du plaisir, le devoir serait presque plus facile à gérer…?

Ou bien les deux.

Toujours est-il que, ce soir, j’ai eu toutes les difficultés du monde à me rendre à la soirée, alors même que tout devait y être agréable. Si je n’avais pas eu une clef à remettre, je n’y serais certainement pas allée.

Et c’était une bonne chose: la soirée fut sympathique, je n’ai pas vu l’heure passer, je suis rentrée il y a quelques minutes à peine, vers minuit trente.

Alors je ne comprends pas. Puisque les expériences positives s’accumulent, pourquoi est-ce toujours si laborieux pour moi, pour ne pas dire le plus souvent violent, de faire quoi que ce soit…?

J’ai beau avoir les pistes ci-dessus, je ne trouve pas de remède à cela, et d’ailleurs, l’explication ne me convainc que partiellement.

Toute ma vie, il aura fallu que je fournisse des efforts monstrueux pour toutes les choses que je fais. Agréables ou non.

Et on se demande pourquoi je ne tiens pas tellement à elle…