Se bouger.

Toujours très difficile. Y compris pour les choses agréables. Peut-être même davantage.

Le docteur Latête m’a souvent dit que j’avais « avalé un procureur ». Ou bien un gendarme. Ce doit être pour ça qu’il est moins douloureux pour moi de me forcer lorsqu’il s’agit d’un devoir.

Ou bien est-ce parce que j’ai des difficultés à prendre du plaisir, le devoir serait presque plus facile à gérer…?

Ou bien les deux.

Toujours est-il que, ce soir, j’ai eu toutes les difficultés du monde à me rendre à la soirée, alors même que tout devait y être agréable. Si je n’avais pas eu une clef à remettre, je n’y serais certainement pas allée.

Et c’était une bonne chose: la soirée fut sympathique, je n’ai pas vu l’heure passer, je suis rentrée il y a quelques minutes à peine, vers minuit trente.

Alors je ne comprends pas. Puisque les expériences positives s’accumulent, pourquoi est-ce toujours si laborieux pour moi, pour ne pas dire le plus souvent violent, de faire quoi que ce soit…?

J’ai beau avoir les pistes ci-dessus, je ne trouve pas de remède à cela, et d’ailleurs, l’explication ne me convainc que partiellement.

Toute ma vie, il aura fallu que je fournisse des efforts monstrueux pour toutes les choses que je fais. Agréables ou non.

Et on se demande pourquoi je ne tiens pas tellement à elle…