Comme on se raconte des histoires.

Voilà qui devrait me servir de leçon. Je n’ai pas vu une étoile filante, j’ai vu Dragon Crew ! Deux Américains en voyage spatial. Ça m’a bien effleuré l’esprit très rapidement lorsque j’ai regardé les nouvelles ce matin, mais je me disais que ce ne devait pas être visible de chez nous.

Et il m’aura fallu beaucoup de temps pour m’en convaincre, merci la copine qui me l’a dit (et insisté), et merci numerama.com: https://www.numerama.com/sciences/627317-spacex-comment-voir-la-capsule-crew-dragon-dans-le-ciel-ce-samedi-30-mai.html

Sur ce site, j’ai pu trouver cette image:

 

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Il se trouve que la trajectoire correspond à ce que j’ai vu: ça allait du nord vers le sud (sans que je puisse déterminer exactement si c’était plutôt en direction du sud-est ou du sud-ouest), et ça s’est arrêté pas si loin de la lune, d’un coup.

En revanche, de mon point de vue, la lune se trouvait au même niveau, mais de l’autre côté de la trajectoire.

La copine m’a dit que c’était entre 23h15 et 23h18, et je ne saurais dire quelle heure il était lorsque j’ai vu cette longue traînée blanche. Je sais juste qu’il faisait bien nuit -c’était donc assurément bien après le coucher du soleil- et avant 0h45, heure à laquelle on a commencé à se dire qu’il était temps de rentrer.

Ce qui reste surprenant, c’est la vitesse à laquelle ça avançait (très rapide), ainsi que la longue traînée qui était visible. Il me reste donc un très léger doute, je manque d’information et d’intelligence pour avoir une certitude. Mais les probabilités sont clairement du côté du lancement de la capsule.

Bref, je croyais que l’univers me parlait à travers les étoiles, mais c’étaient juste deux Américains qui s’envoyaient l’air!

ça me fait plaisir, au fond, d’avoir pu assister à cet événement. C’est quand même une chance étonnante, d’avoir observé le ciel à ce moment là, et à cet endroit là. Aux innocents les mains pleines, dit-on.

Et finalement, le hasard me suffit peut-être…?

La compagnie d’une étoile.

Ce soir, j’ai vu une étoile filante.

Tellement longue, que j’ai cru qu’elle ne s’arrêterait pas. Pourtant, je n’avais qu’un ciel partiel: coupé par le toit, par un arbre, un lampadaire public à proximité. Il restait néanmoins une petite partie d’horizon à peu près dégagé.

Elle a démarré juste au-dessus du toit, a parcouru tranquillement un long segment imperceptiblement incurvé, un air débonnaire, puis s’est arrêtée au milieu du ciel. Je me suis dit que c’était impossible, que ça devait être un insecte, mais elle a tellement pris son temps, parcouru une telle distance, que j’ai eu l’opportunité de me poser la question, d’observer mieux, et de déterminer que ce n’était pas un insecte: la lumière que diffusait le lampadaire était de couleur orangée, alors que ce que j’ai vu était bien blanc. Et puis il n’aurait pas disparu subitement du ciel. Pas davantage qu’un avion, d’ailleurs, auquel il aurait manqué les clignotements. Un satellite alors? Bien trop rapide pour cela.

Apparemment et étonnamment basse d’altitude. Comment est-ce possible lorsqu’on sait que les satellites sont bien plus « bas » que les étoiles? J’ai presque eu la sensation que je pourrais la toucher, en tendant le bras: elle avait l’air d’être dessinée au crayon blanc, ce qui laissait une impression de proximité. Je ne peux m’empêcher d’avoir à la fois un doute et une conviction sur sa réalité.

Elle a disparu au milieu du ciel en une seconde, comme si elle s’était désintégrée, me laissant abasourdie. A ce point que je suis restée incapable de former un voeu.

Je me suis dit que c’était peut-être une façon de souligner avec force et élégance les propos positifs que je venais de tenir sur les « jolis moments ». Et peut-être aussi de me dire que les étoiles étaient là, malgré mes tristesses, que j’évoquais peu avant les jolis moments. Ou bien c’était juste le hasard. Mais il ne me satisfait plus.

Quoiqu’il en soit, je reste émerveillée par sa longueur, sa netteté, et sa proximité.

Un joli moment, à n’en pas douter.