Inerte.

Très souvent, j’écris des billets dans ma tête pour ce blog. Les idées ne manquent pas, j’en ai plusieurs par semaine. Comme toujours, je reste inerte. Je ne joins pas le geste à l’idée. Je trouve toujours un tas de raisons: pas le temps, plus urgent, inintéressant; ou bien j’hésite entre plusieurs façons de raconter, et face au choix cornélien, je renonce.

Ça résume bien une de mes problématiques de vie.

Comment m’obliger? Je n’y arrive plus. Depuis bien longtemps j’ai compris que la contrainte avait ses limites. Quand on se contraint au quotidien, l’effort finit par être vain, décourageant, inutile, et nécessairement toujours plus intense pour être renouvelé. Ça fonctionne un peu comme les substances psychoactives et addictives.

Et quand le simple fait de vivre est un effort, alors vivre est compliqué.

J’ai considérablement allégé cette charge. En conséquence, je me sens infiniment moins mal qu’à mes débuts ici en 2004, et je me rappelle très bien qu’en commençant ce blog, je me sentais déjà infiniment moins mal que dix ou vingt ans auparavant.

J’ai presque parfois l’impression fugace d’avoir parcouru plus de la moitié de la circonférence de la terre -et pas à dos de chameau-, et qu’il m’en reste encore beaucoup avant d’avoir bouclé la boucle…

Mais est-ce bien surprenant lorsqu’on se trouve à quelques mois à peine de ses 50 ans…?

Quand le deuil s’invite.

Pour le week-end de l’ascension, je suis partie quelques jours avec une amie au bord de la mer. Nous avons l’habitude d’y aller depuis une dizaine d’années.

En arrivant sur place, je me suis rendu compte que je n’y étais jamais retournée un week-end entier sans le chien. Je l’ai pris en pleine figure: tous ces petits gestes que je ne fais plus, là-bas, parce qu’il n’est plus des nôtres. Les larmes sont montées violemment, malgré moi. C’était impressionnant. Je les ai laissées couler.

Plus besoin de trouver sa gamelle, d’installer son coussin, plus d’obligation de fermer à clef parce qu’il savait ouvrir les portes, ni de ranger les tapis pour cause de poils inassortis, ni d’aller le promener à 23h afin de ne déranger personne…

Ne me rappelant plus ce qui se trouvait dans une poche en plastique, son odeur m’a envahie lorsque je l’ai ouverte: c’étaient les chiffons que j’avais toujours sous la main pour les fois où il pleuvait, histoire de ne pas salir toute la maison.

Quelle surprise. Je ne m’y attendais pas. Je me suis allongée sur le lit, après n’y avoir pas installé le plaid que j’y mettais toujours pour lui, et qui avait également conservé son odeur.

Le chat est venu se coller contre moi.

La nuit est passée dessus. Dès le lendemain, je suis parvenue à ne plus me laisser envahir, pour mieux profiter des vivants.

Gros cul. Ou cul de déconfinée?

Depuis une quinzaine de jours, je me sens vraiment grosse.

Les kilos ont commencé à s’accumuler juste après la fin du confinement, quand j’ai retrouvé les copains pour manger des pizzas, ou de la bonne cuisine selon ceux avec qui je passais du (bon) temps.

Jusqu’à présent, c’était le ventre: j’avais l’impression que la peau de l’ensemble de mon abdomen était tirée comme un élastique sur le point de craquer. Plus ou moins selon les moments bien sûr, mais trop souvent.

J’y ai réfléchi, et j’ai compris que je n’étais pas en état d’y remédier. Je suis dans une période où je ne parviens pas à me contraindre, où je suis en recherche perpétuelle de réconfort, sans que rien ne me console. J’ai pourtant des obligations administratives devenues urgentes, pour lesquelles je continue à procrastiner.

Et puis l’élastique s’est détendu. Ou agrandi…?

Depuis deux jours, ce sont les fesses. J’ai l’impression que mon jean ne peut plus les contenir, je me sens très contrainte et bien trop enveloppée à l’arrière. A ce rythme je vais bientôt avoir la marque des poches arrières.

J’ai donc deux options: soit je change de jean, soit j’arrête de manger.

On parie sur laquelle…?