Quand le deuil s’invite.

Pour le week-end de l’ascension, je suis partie quelques jours avec une amie au bord de la mer. Nous avons l’habitude d’y aller depuis une dizaine d’années.

En arrivant sur place, je me suis rendu compte que je n’y étais jamais retournée un week-end entier sans le chien. Je l’ai pris en pleine figure: tous ces petits gestes que je ne fais plus, là-bas, parce qu’il n’est plus des nôtres. Les larmes sont montées violemment, malgré moi. C’était impressionnant. Je les ai laissées couler.

Plus besoin de trouver sa gamelle, d’installer son coussin, plus d’obligation de fermer à clef parce qu’il savait ouvrir les portes, ni de ranger les tapis pour cause de poils inassortis, ni d’aller le promener à 23h afin de ne déranger personne…

Ne me rappelant plus ce qui se trouvait dans une poche en plastique, son odeur m’a envahie lorsque je l’ai ouverte: c’étaient les chiffons que j’avais toujours sous la main pour les fois où il pleuvait, histoire de ne pas salir toute la maison.

Quelle surprise. Je ne m’y attendais pas. Je me suis allongée sur le lit, après n’y avoir pas installé le plaid que j’y mettais toujours pour lui, et qui avait également conservé son odeur.

Le chat est venu se coller contre moi.

La nuit est passée dessus. Dès le lendemain, je suis parvenue à ne plus me laisser envahir, pour mieux profiter des vivants.