Ça a beau faire 20 ans qu’il est mort, mon père me manque en ce moment.
Demain, il aurait eu 79 ans.
Ça a beau faire 20 ans qu’il est mort, mon père me manque en ce moment.
Demain, il aurait eu 79 ans.
Ce n’est pas la première fois que je reçois des insultes ou des reproches qui sont en décalage complet avec la situation. Ils sont le plus souvent le fait de personnes ayant vécu des traumatismes.
Je n’ai jamais oublié la première fois que cela m’est arrivé, je crois que c’était en 2006. Une amie, qui du jour au lendemain, s’est mise à me couvrir de reproches, puis m’insulter sans prendre la mesure de la portée de ses mots. J’ai protesté, m’efforçant de rester calme et neutre, bien que profondément blessée. Plus j’étais neutre et factuelle, plus elle s’énervait après moi et devenait méchante. Je me suis rappelé tout ce qu’elle m’avait dit de ses ex amies, et que j’avais eu du mal à comprendre.
J’ai fini par abdiquer, et cesser de me faire du mal: je n’obtenais pas justice, et la situation empirait. J’ai compris que je ne comprendrais jamais, j’ai cessé de faire valoir mon point de vue, je me suis détournée, j’ai fui. Je le vis encore aujourd’hui comme une injustice profonde. J’aurais aimé qu’elle reconnaisse ses torts. Mais j’ai compris que c’était peine perdue. Je me dis même que ça lui ferait trop de mal -en plus des douleurs qu’elle vit au quotidien- et que c’est pour cette raison que ce n’est pas possible.
Et je me suis promis que, quoiqu’il arrive, je ne renouerais jamais avec elle, même si elle revenait me voir en s’excusant. Que je ne lui répondrais jamais, si elle revenait me parler, quoiqu’elle dise. Parce qu’elle m’a démontré son pouvoir de nuisance et d’injustice, y compris face à de la neutralité ou de la gentillesse. Et je n’ai pas à subir ça.
Peu importe d’où cela vient, qu’elle en soit responsable, ou que ça résulte d’une chaîne de causalités émotionnelles qu’aucune de nous ne maîtrise. Je me doute qu’elle n’en est pas réellement responsable, et qu’elle est la première à en souffrir. Mais je refuse d’une part d’être une victime collatérale, et d’autre part de reprendre le risque de subir.
Alors pourquoi est-ce que je continue à m’intéresser à ce genre de personnes, avec les risques que cela comporte?
Car il m’arrive encore de le faire.
Aujourd’hui encore, je viens de recevoir un message immonde.
De la part d’une personne qui a subi de lourds traumatismes, et dont j’ai écouté les souffrances. Je l’ai rencontrée une fois en 2018: nous sommes allées nous promener en bord de mer, par une journée de février ensoleillée et agréable.
J’ai rapidement pris mes distances, parce qu’il est vite apparu manifeste que ses traumatismes l’avaient enfermée dans un système accusateur et obsessionnel.
J’ai déjà observé cela chez d’autres. Chez une amie, il y a quelques années, chez un ex il y a deux ans (et pour lequel mon coeur est pourtant toujours malléable). Depuis, je ne me laisse plus approcher de trop près par les personnes qui sont en lourde souffrance. Je continue néanmoins à leur prêter mon oreille et un petit bout de mon épaule, tant qu’ils ne m’ont pas envahie de leur négativité.
Suite à cette journée agréable, je l’ai eue deux ou peut-être trois fois au téléphone: je me sentais impuissante à lui dire quoi que ce soit qu’elle puisse entendre, ou à lui prodiguer quelques conseils que ce soit. Lorsqu’elle sollicitait mon avis, je me contentais de l’interroger sur ses propres émotions, et de lui dire comment une personne lambda me semblerait réagir face à tel ou tel comportement de sa part.
Notre dernier échange remonte à plus d’un an, et le message que je viens de recevoir est aussi violent que surprenant.
Elle me dit que faire ma rencontre a été une « expérience horrible », et me demande de rester hors de sa vue et hors de sa vie (j’y étais déjà, en pratique). Elle me traite de « diablerie », et m’annonce qu’elle ne lira pas mon éventuelle réponse. Le tout, assorti de majuscules et de points d’exclamation savamment distribués.
Je suis restée sidérée.