Cette année, à titre exceptionnel, j’ai décidé de passer Noël en famille. Dès le 24 au soir, ma mère s’est mise à vomir des horreurs au sujet de sa belle-soeur. Bien que mon frère et moi protestions calmement, elle ne supportait pas l’idée que nous ne fussions pas d’accord avec elle. Pourtant, à la lueur des faits qu’elle nous rapportait, d’autres interprétations étaient envisageables, voire plus probables. Nous n’avons pas souhaité poursuivre dans un quelconque argumentaire et nous sommes contentés de lui dire que nous ne souhaitions pas nous retrouver à noël pour entendre des méchancetés, fussent-elles légitimes. Mais elle était partie dans son idée, et plus rien ne pouvait l’arrêter.
Jusqu’au moment où elle s’est permis d’affirmer, à l’appui de son argumentaire, que je n’avais jamais aimé son frère, raison pour laquelle je n’étais pas d’accord avec elle. J’étais à ce point soufflée que je suis restée interdite, bouche ouverte quelques secondes, pendant lesquelles j’ai réalisé que se produisait à nouveau « l’impasse », et qu’elle ne reculerait devant rien pour convaincre son auditoire (ses fils, en fait).
J’ai décrété que j’en avais suffisamment entendu pour la soirée, et je suis partie. Je n’avais pas pris la précaution de prendre un calmant avant de venir, et je n’ai pas trouvé la patience nécessaire.
Je suis partie faire une promenade nocturne en bord de mer, et je ne suis pas venue au repas du lendemain.