Des eypolets.

Quels regrets d’avoir perdu ma verve à l’heure du retour en force de la mode des épaulettes!

Je suis même incapable de trouver le nom que ça porte de nos jours (et je le confesse, j’ai la flemme de chercher plus avant). Je ne doute pas qu’un anglicisme savamment choisi les désigne désormais. Encore que j’ai été surprise lorsque j’ai cherché le « franglais » du mot « trottinette », étonnée que j’étais qu’il soit couramment utilisé. Pour cause: « scooter » était déjà pris!

Je suis médusée chaque fois que je vois une intervenante sur un plateau télévisé porter ces horreurs avec une espèce de fierté qui me dépasse totalement.

Ça me met presque mal à l’aise; je reste interdite. Je ne parviens pas à comprendre comment on peut trouver ça joli. Je trouve ça laid, ridicule et orgueilleux à la fois; ça fait beaucoup.

Comment peut-on se réjouir d’en porter? Je vais essayer de trouver la réponse, un jour. Mais j’aimerais quand même plutôt être à dans 20 ans, quand elles se moqueront d’elles-mêmes.

Histoire de me sentir moins seule…!

De l’irresponsabilité à la non-citoyenneté.

« Un irresponsable n’est plus un citoyen », et les irresponsables, dit-on, sont ceux qui ne sont pas vaccinés contre le covid. Je laisse de côté l’idée de l’irresponsabilité, pour me concentrer sur la citoyenneté.

On dira que c’est une manoeuvre politique en période électorale; pour moi cela va bien au delà.

Après avoir été privée de l’immense majorité de ma vie sociale, et de la possibilité de voyager en train ou en avion, je viens de découvrir que je n’étais plus une citoyenne.

Moi, le bon petit soldat, qui me suit toujours conformée autant que faire se pouvait à ce que dictait la loi.

C’est notre chef d’Etat qui l’a dit, pas seulement dans un élan: également de façon réfléchie et assumée. Outre le fait d’être émotionnellement heurtée par cette considération, je m’interroge sur la pertinence d’opérer ce type de distinction.

Quel est le dernier chef d’Etat à s’être permis, ainsi, de catégoriser les citoyens pour en exclure une partie, et à avoir fait voter des lois pour leur interdire une vie normale?

Est-ce que quelque chose peut justifier cela?

La plupart des gens répondent désormais oui à cette question, et c’est ce qui m’angoisse le plus.

Je réponds non à cette question. Et puisqu’il n’y a plus de complexe à sortir des gros mots, j’ajoute que c’est une question d’humanité.

J’avais perdu cette sensation de ne pas appartenir au monde dans lequel on vit; je viens de la retrouver.