Je m’étonnerai toujours des retournements d’état d’esprit internes.
Être incapable de me lever car me sentant extrêmement vulnérable, nulle et détestable, avec l’envie d’être morte, persuadée d’être anéantie. La conviction de ne pouvoir faire quoi que ce soit, y compris des choses très simples, et qu’il est inutile d’essayer pour aujourd’hui.
Et, à peine une heure plus tard, parvenir à faire des petites choses du quotidien. Peu, pas trop compliquées, mais les faire quand même. Vider la poubelle, un peu de vaisselle, faire à manger, regarder un documentaire, envoyer quelques mots à mon entourage.
Sans plaisir, sans joie. Juste le devoir de vivre.
« Bon, allez, tu as la force, en fait, alors vas-y, fais ce que tu peux ». La tristesse et le sentiment de nullité ne m’ont pas lâchée, mais la vulnérabilité a reculé, et cela suffit à me mouvoir. Je ne fais pas davantage, mais c’est déjà beaucoup plus que ce que je pensais pouvoir faire à l’origine.
Pourtant, rien de palpable n’est venu modifier mon état d’esprit. Pas une idée, pas un souvenir, rien. Pourquoi change-t-il subitement? Mais aussi, pourquoi ne change-t-il pas davantage?
Que je puisse vivre…