De la colère sourde (2/2).

Je la compare parfois aux mouvements de magma et à la tectonique des plaques. Elle peut jaillir ou décrocher à tout moment et faire de lourds dégâts à travers un volcan ou un séisme, engendrant destructions, blessures et morts; ou bien rester tranquille pendant de longues périodes.

Il y a ceux qui ignorent qu’ils ont une épée de Damoclès sur la tête -ou qui n’en ont pas?-, d’autres non, pour l’avoir déjà subi. Il faut alors tout mettre en oeuvre, soit pour repérer ou éviter le jaillissement ou le décrochage des failles, soit pour s’organiser afin de reconstruire et soigner ce qui peut l’être. Activité chronophage, qui prend une énergie vitale et matérielle phénoménale.

Toute une vie, dans mon cas.

Aujourd’hui, j’ai l’espoir que cette colère reste sourde, pour avoir observé, analysé et compris les mécanismes qui étaient à l’oeuvre, avoir appris à les éviter à travers un équilibre qui reste fragile. Je conserve néanmoins à l’esprit que la marge de manoeuvre reste limitée, et que je ne décide pas de tout…

En revanche, je ne saurai jamais pourquoi cette colère. Je l’attribue certes au fait qu’on me parle essentiellement de façon négative dans ma famille, qu’on m’y a toujours fait des tas de reproches, et ce, malgré l’amour qu’on me porte – que je perçois à travers le fait d’être souvent sollicitée et toujours accueillie positivement dans un premier temps.

Cette façon désobligeante de s’adresser à moi, ces reproches et trop fortes attentes récurrents me paraissent néanmoins insuffisants à justifier tant d’affreux cauchemars, et une colère si persistante chaque fois que j’y suis confrontée…