Eh bien moi qui m’enorgueillissais je ne sais quand de ne jamais succomber aux virus de l’hiver ou si peu, voilà une belle leçon: après avoir eu je ne sais quoi qui m’empêchait de manger en décembre, voilà que j’ai (probablement) la grippe.
Mercredi soir, pendant mes trois kilomètres et demi de nage, je sentais bien que mes poumons forçaient un peu, mais sans plus. Je me suis vaguement dit que c’était normal à cette époque de l’année, avec les virus qui traînent. Le lendemain soir, j’avais l’impression qu’ils ne bossaient plus beaucoup, un peu comme si j’étais asthmatique, ou qu’on faisait des chatouilles à chaque centimètre carré de mes poumons. N’ayant pas l’habitude de ce type de sensation, je n’ai pas compris ce qui se tramait. D’habitude quand mes poumons sont touchés par quelque virus que ce soit, j’ai mal aux poumons, je tousse, épicétou. Là, c’était tellement différent que j’en ai conclu que ce n’était peut-être pas un virus.
Vendredi matin, j’ai compris mon erreur: je toussais beaucoup et me sentais très fatiguée. J’ai assumé la visio du matin (sans micro !), mais annulé mes rendez-vous extérieurs de la journée. J’avais une soirée prévue de longue date avec mes copains du lycée, et je tenais beaucoup à en être. Raté.
Bien m’a pris de rester à la maison. En plus de la fièvre, j’ai retrouvé mes atroces douleurs thoraciques nerveuses. C’est la première fois de ma vie que je cumule virus et contractions thoraciques.
Ces douleurs m’accompagnent de façon aléatoire depuis l’âge de 25 ans, plus ou moins selon les périodes: elles sont terriblement douloureuses et irradient souvent jusqu’en haut de la tête en passant par la mâchoire et l’oeil côté gauche.
A y réfléchir, ce n’est guère étonnant: le lendemain, j’étais censée partir dans l’après-midi à deux heures d’ici pour un repas de famille du côté de chez Jules (10 à table), puis le surlendemain, me rendre à l’anniversaire de belle-maman, avec toute la smala de Jules (8 à table, et pas les mêmes). Ce genre de perspective me stresse toujours beaucoup en plus de me fatiguer; comme j’ai compris que c’était important pour Jules et que je m’étais engagée, je fais l’effort: un effort qui me coûte beaucoup mais qu’il mérite que je fasse. Un effort tout de même qu’il faut que j’apprenne à doser car j’ai parfois le sentiment d’avoir mis un doigt dans une sorte d’engrenage.
Alors vendredi soir, pour tenter d’assumer tout ça et éradiquer cet ensemble de maux -je croyais encore à la possibilité d’éradiquer l’ensemble!-, j’ai osé l’aspirine. Que j’évite soigneusement depuis que j’ai des problèmes de saignements et d’hémorragie. Samedi matin j’allais beaucoup mieux!
Mais, les effets secondaires ne se sont pas fait attendre: j’ai dû me rabattre dès le lendemain sur le doliprane, moins efficace. Certes, la fièvre n’augmente plus voire diminue, mais la tête reste affreusement bourdonnante, alors qu’elle se dégage agréablement avec l’aspirine.
Depuis vendredi, tous les soirs avant d’apparaître franchement, la fièvre m’envoie quelques salves de frissons très violents et totalement incontrôlables. Je peux me couvrir autant que je veux, chauffer la pièce à 22°, c’est insuffisant: il est impératif que de surcroît, je ne sorte pas de dessous la couette. Heureusement, dans la journée pour écarter ces frissons, me couvrir démesurément suffit.
C’est difficile de prendre une décision lorsque vous vous savez contagieux et espérez encore être guéri d’un coup de baguette magique. Vous ne voulez pas contaminer vos convives, mais si vous ne venez pas, vous les décevez et faites mauvaise impression. Alors je suis allée au plus simple: j’ai expliqué mon état. Belle-maman m’a répondu qu’elle-même toussait beaucoup, et avait déjà consulté deux fois le médecin. Je crois qu’elle est prête à tout pour recevoir de la visite, mais c’est une autre histoire. Pour la cousine, c’était pas un problème. Alors j’y suis allée: deux jours de paraître, avec des personnes différentes: je savais que je le paierais au prix fort a posteriori.
Je ne me suis pas trompée: aujourd’hui, mon mal a redoublé, et je ne peux toujours pas prendre d’aspirine.