De la vie (tumultueuse) de couple.

Depuis quelques temps, je n’arrête pas de me fâcher avec Jules. Ou peut-être devrais-je dire, après Jules. Comme dit une de ses copines, on ne se fâche pas parce que ça nous fait plaisir, ni non plus comme on l’entend souvent parce qu’on est chiantes ou exigeantes; on se fâche parce que le B.A.BA de la vie quotidienne n’est pas respecté et c’est franchement pénible à vivre.

Quand je le vois sortir de l’évier un sachet d’huîtres qui coule pour le poser ailleurs, je me dis qu’on n’est pas fichus pareil, qu’il n’a pas ce type d’automatisme, qu’il n’a pas ou peu appris, que ce n’est pas très grave: je ne fais pas si souvent le ménage chez moi faute de courage, et j’ai appris à supporter l’imperfection, même si ça ne me plaît pas. Alors je lui en parle tranquillement, quand l’occasion se présente. Et je ne peux pas nier qu’il fait des efforts, et que les choses changent peu à peu. C’est très long, mais ça fait du bien.

En revanche, quand ça se déroule dans la maison de vacances familiales que la culpabilité me pousse à rendre absolument impeccable, là, je lui demande de faire autrement, ou lui fais des remarques. Et s’il n’en tient pas compte au bout de deux ou trois fois, je pète un fusible.

Si on en reparle après, il me répond qu’il aurait nettoyé. Et je suis bien persuadée qu’il est sincère en disant ça; sauf que comme beaucoup d’hommes, il a de la m… dans les yeux: combien de fois l’ai-je observé ne pas se rendre compte qu’il avait laissé l’éponge sale sur l’égouttoir à vaisselle ou bien du dentifrice collé au lavabo ? (ce qui reste un mystère pour moi: comment parvient-il à un résultat pareil ?? C’est une autre question)

Et je sais de quoi je parle: il m’arrive assez régulièrement de ne rien voir… ! Un des nombreux indices qui me laissent penser que je ne suis pas tout à fait femme. Cet aveuglement reste provisoire, je suis quand même plutôt féminine, ne m’en déplaise.

Or ces derniers temps, vu la météo, on a passé pas mal de temps dans la maison familiale. Comme je dis toujours quand j’analyse la situation a posteriori, au fond, Jules n’a quasiment qu’un seul défaut: c’est un homme!

Mais j’ai du mal à le supporter.

 

 

(et bien évidemment, j’en veux à la société toute entière d’avoir stéréotypé et moulé les genres, ou bien à dieu la nature de m’avoir faite femme; ça dépend de l’humeur du moment).