Gné…?

Comme dit la BBC, «Nicolas Sarkozy est de retour là où il était autrefois : il domine l’actualité et divise la nation».

De retour de week-end, à peu près coupée de l’extérieur et plus spécialement de l’actualité, je retrouve les dernières « nouvelles ». Parmi lesquelles, très largement commentée, l’indignation de Sarkozy père (puisqu’il y a désormais le fils).

J’avais entendu en partant qu’il était condamné à 5 ans de prison ferme pour « association de malfaiteurs », ce qui m’avait surprise dans la mesure où, dans mes souvenirs, la justice prononce rarement la peine maximale encourue en matière délictuelle. Lorsqu’elle le fait, c’est que les faits sont graves, et souvent réitérés.

Par ailleurs, il avait été relaxé de toutes les autres qualifications.

Je m’étais dit que le dossier devait quand même être bien solide pour un résultat pareil.

L’association de malfaiteurs est en effet, une infraction un peu fourre-tout, qui va plutôt à l’encontre des principes fondamentaux du droit pénal (qui exigent une définition très précise des faits que l’on peut reprocher à leur auteur, afin d’éviter les sanctions arbitraires), et qui est généralement, pour cette raison, décriée par la gauche, et voulue (et obtenue) par la droite.

Elle permet en effet de faire condamner plus facilement ceux qui ont un paquet de casseroles au c… les profils récidivistes (pas forcément au sens juridique du terme), a fortiori s’il s’agit d’une affaire dont les preuves formelles sont particulièrement difficiles à obtenir, mais dont tous les éléments convergent dans le sens de la commission d’une ou plusieurs autres infractions, emportant ainsi l’intime conviction des juges de la culpabilité du prévenu.

J’ai (re)découvert en rentrant d’un week-end bien rempli que la peine avait été assortie de l’exécution provisoire. Je l’avais vaguement entendu d’une oreille en partant, mais je n’y avais pas spécialement prêté attention tellement cette mesure est classique.

L’exécution provisoire est d’ailleurs aussi généralement réclamée par la droite au motif que les « coupables » se retrouvent trop facilement en liberté et que donc la justice ne sert à rien.

J’apprends alors que l’intéressé s’attendait à tout, sauf à la délivrance d’un « mandat de dépôt » (généralement émis en cas d’exécution provisoire), et qui en théorie, oblige le condamné à exécuter sa peine immédiatement, donc à la sortie de l’audience.

C’était visiblement scandaleux.

De sorte que j’ai eu du mal à comprendre comment il se pouvait que l’intéressé se trouve à l’extérieur à serrer des mains…? Etait-ce à dire que le mandat de dépôt n’était pas exécuté? Mais alors, où était le scandale?

Il m’a fallu faire quelques recherches sur les internets pour comprendre pareil phénomène dans la mesure où les chaînes d’information n’ont pas jugé utile d’expliquer cette subtilité dans leurs journaux (ceux qui tournent en boucle). J’ai appris qu’un mandat de dépôt pouvait, à titre exceptionnel, être différé, permettant ainsi à l’intéressé de s’organiser avant la purge de sa peine: je n’avais jamais entendu parler de cette possibilité, ni non plus connu d’affaires dans lesquelles cette exception fut accordée.

J’avoue qu’avant de partir en week-end, entendant 5 ans ferme, je me suis marré de la situation (je sais, c’est mal: mais l’ironie du sort, parfois, hein…) jusqu’à ce que j’apprenne cette possibilité de différer l’exécution d’un mandat de dépôt qui est clairement un traitement de faveur – qui me paraît certes justifié en l’espèce – mais qui n’est pas mentionné comme tel sur les différents plateaux télévisés que j’ai pu écouter.

Parce que oui, je suis un peu agacée des cris d’orfraie que l’on pousse à l’égard de la justice, qui est, de fait, très loin d’être parfaite, mais qui fait ce qu’elle peut avec le budget ridicule dont elle dispose. Et plus encore, je suis agacée de voir qu’elle est très violemment contestée par ceux là même qui la veulent sévère, sauf lorsqu’elle s’applique à eux! Deux poids deux mesures?

Ben non, pas là.

Et peu importent mes opinions politiques, merci la justice pour ça.

Mega Kiff.

Hier soir, c’était la nuit européenne des chercheurs, même si on sent bien qu’on n’a pas trop de gouvernement en ce moment. C’était aussi l’assemblée générale annuelle de mon club de plongée. Pour une fois, j’ai donné priorité à ce qui me faisait envie, et j’ai tellement bien fait !

C’était génial. Très bien organisé, des sessions de « speed searching », passionnantes mais aussi, corrélativement, frustrantes, car on ne voyait que certains chercheurs, et pas tous.

Recherches dans tous les domaines, à tous les stades. Je me suis encore régalée à demander à chaque chercheur (doctorant ou déjà docteur) qui nous expliquait « en gros » ce qu’il faisait, quel était l’intitulé exact de leur sujet de thèse. Parce que l’intitulé exact des thèses, c’est souvent très drôle. Bon. Je n’en ai retenu aucun. Mais j’ai bien ri !

Par exemple, on a rencontré un mathématicien qui nous a dit avoir étudié des équations dérivées chépakoi dans l’aéronautique pour calculer le comportement de l’air (appelé ici « milieu continu ») pour finalement nous expliquer que ces fameuses équations lui permettent désormais d’étudier les rythmes du coeur et améliorer la qualité des défibrillateurs internes, via le comportement du sang (le fameux « milieu continu »). J’adore.

On a aussi parlé de l’utilisation de la langue chez les personnes qui changent de pays plusieurs fois au cours de leur vie, ou bien la représentation de l’autisme dans les pure players (je lui aurais bien posé des dizaines de questions mais le format ne le permettait pas) ou encore de la répartition des lieux d’inhumation selon la religion dans l’histoire contemporaine, et même d’archéométrie (datation des matériaux si j’ai bien compris) notamment dans les oeuvres d’art (si, si y a des sujets aussi pointus que ça).

Je ne peux pas tout raconter, on a dû rencontrer plus d’une dizaine de chercheurs en tout. J’aurais bien aimé rencontrer davantage de physiciens (il n’y en avait pas), ou d’informaticiens (on a bien parlé intelligence artificielle, mais pas avec des informaticiens), voire d’astronomes (mais ça, j’en rencontre régulièrement lorsque je vais regarder les étoiles). Les sciences humaines sont passionnantes, mais ça manquait de sciences dites « dures » à mon goût.

J’étais avec une amie qui s’est régalée elle aussi. J’essaie d’oublier que j’aurais tellement aimé avoir un esprit assez rigoureux et assez scientifique pour faire de la recherche. Parce que je ne manque pas de curiosité, mais je n’ai pas les capacités qui vont avec, je l’ai souvent dit, et j’ai souvent été frustrée de ça, tellement d’ailleurs que j’en ai souvent ourdi, par le passé, des idées très noires. J’essaie d’oublier aussi que Jules ne s’intéresse pas du tout à ce genre de choses, ce qui me manque beaucoup: c’est un domaine que je ne pourrai jamais partager avec lui, je ne l’imagine même pas m’avoir accompagnée à un tel événement; je sais que ça ne l’intéresse pas suffisamment pour avoir déjà tâté le terrain à maintes reprises. Il a une petite curiosité, mais qui cesse rapidement.

J’espère que je ne raterai plus jamais la nuit des chercheurs ! Bien moins fréquentée et donc plus accessible pour moi que la fête de la science… C’est si rare que je me régale à ce point, dans des conditions qui me conviennent… !

Un fantôme maternel?

Je réalise après coup que, quelques heures avant de me sentir comme un fantôme errant l’autre jour, j’avais eu ma mère une demie-heure au téléphone avec ses attermoiements habituels. Et j’étais trop fatiguée à ce moment là, pour la maintenir à distance comme j’ai appris à le faire. J’ai eu la faiblesse de l’écouter.

Accessoirement, ça m’a tellement achevée que, peu après, j’ai éprouvé le besoin de faire une deuxième sieste!

Elle m’a parlé d’histoires de famille qui ne me concernent pas (sa cousine qu’elle ne voit jamais et que j’ai moi-même rencontré environ deux fois au cours de mes 55 années d’existence), me demandant mon avis en essayant de m’intéresser matériellement à la question. D’ailleurs, je n’ai pas bien compris ce qu’elle attendait de moi car comme toujours, l’exposition du problème fut long et décousu. Mais surtout, je déteste cette façon qu’elle a de me charger de ses problèmes tout en me faisant croire qu’elle a besoin de mon avis pour avancer ou que je pourrais y trouver un intérêt; intérêt de type cadeau empoisonné, et avis qu’elle ne suit pourtant jamais.

Comme si elle venait chercher quelque chose chez moi pour mieux le rejeter ensuite. Ce n’est pas la première fois, loin s’en faut, que j’observe ce mécanisme. Je sais que ce n’est pas intentionnel, mais c’est typique et récurrent.

Sans oublier de me parler des problèmes de mon frère aîné (qui me touchent malgré notre absence totale d’affinités) contre lesquels je ne peux rien faire. Ah si, je suppose qu’elle aimerait que je passe du temps avec lui quand il vient dans la région. Et lorsque je lui demande si elle en a parlé à mon frère cadet -qui vit dans la même ville que mon frère aîné-, la réponse est non avec un « mais j’aurais revu [frère aîné] avant [frère cadet] ».  Ah, donc ce n’est pas possible de lui en parler au téléphone à lui…? ça je ne le demande plus, ça passe pour de l’agressivité, et ça ne sert à rien.

Bref, je vais tenter de reprendre des fleurs de Bach. Aussi ésotérique / placébotique soit-ce, je me rappelle que ce me fut bénéfique. Alors pourquoi ne pas essayer de restaurer ce qui me faisait du bien, à l’époque où j’allais si mal…?

Je n’ai pas envie de faire subir ma négativité à Jules.

Double négation ? Il reste une belle marge de progression !

La magie a encore opéré.

C’était une soirée comme je ne pourrai jamais en faire : la famille et les amis réunis, les gens heureux d’être ensemble. Une soirée simple, jolie et émouvante. Un peu comme un mariage.

J’ai commencé par être rassurée au sujet de mon apparence, je n’ai senti aucun regard condescendant. Les tenues étaient un mélange de simplicité et de sophistication, c’était selon : malgré quelques talons aiguilles venant ponctuer de très jolies tenues, j’étais loin d’être la seule à avoir opté pour les baskets en toile. Ouf. Même l’héroïne du jour était en robe ample, avec des tongs tout à fait banales. Pour ma part, j’ai finalement trouvé un jean pas trop éculé dont j’avais presque oublié l’existence en raison des kilos pris ces derniers temps : j’ai pris le parti de me sentir à l’étroit pendant toute la soirée. J’ai également osé mettre la seule tunique caniculaire restante de mon stock : j’en avais trois, mais leur tissu est tellement fin que j’en ai déchiré deux à force de les porter. Restait celle-là, pas déchirée, mais avec une tache ; je me suis dit tant pis. Et bien sûr, j’ai choisi des boucles d’oreille plutôt neutres mais qui se voient bien quand même (j’en ai deux paires du genre), histoire d’habiller un peu le reste.

La décoration était champêtre et rafraîchissante, le repas très bon, mais il y en avait beaucoup trop! Et des bonbons… Seule la musique ne m’a pas donné envie de danser, alors que j’étais assez en forme pour y parvenir…

Malgré un début timide, mais facile grâce à Jules, j’ai été hilare pendant tout le repas. J’étais à la table de deux des cousins de l’hôte, dont l’un était accompagné de son épouse. Comme il arrive parfois que ma langue ne reste pas dans la poche (mais à vrai dire, je ne fais pas exprès, ça sort tout seul), j’ai rapidement donné le ton qui fut immédiatement emboîté par mon voisin de droite, bien plus prolifique que moi : il m’a fait rire toute la soirée et inversement apparemment. Il m’a clairement dit dès nos premiers échanges qu’il était ravi de trouver quelqu’un à la mesure de ses galéjades. Jules était à ma gauche, et le bruit ambiant ne lui permettait malheureusement pas de tout entendre ; mais il semble qu’il ne se soit pas ennuyé pour autant.

Je crois que nous sommes la table qui a eu le plus de fous rires, j’ai même vu des téléphones portables pointer dans notre direction, entre deux crises de larmes.

Cela ne nous a pas empêchés par moments d’aborder des sujets plus graves, et j’ai pu apprendre que cette famille avait son lot de deuils, notamment de deux enfants, ce qui est particulièrement lourd. Je n’ai pas posé trop de questions malgré les dizaines qui se présentaient à mon esprit, et me suis contentée d’écouter ce qui m’était dit avec intérêt. J’ai beaucoup apprécié que l’humour se mêle aux confidences même si j’ai su mesurer le mien lorsque c’était nécessaire : car je suis capable d’aller très loin dans l’humour noir, et j’ai appris à quel point ce pouvait être difficile à recevoir, même avec un esprit très souple comme c’était manifestement le cas.

Après avoir bien mangé, à la fin du repas, nous nous sommes retrouvés dehors avec d’autres cousins encore, qui nous ont raconté leurs autres retrouvailles. Très drôles aussi. Ils étaient vraiment chouettes, et j’ai senti qu’ils nous avaient bien appréciés aussi, ce qui est toujours très agréable.

Nous avons peu vu l’hôte, comme toujours dans ce type de contexte : on ne peut pas être disponible pour tout le monde. Elle a fait un discours ponctué de larmes pour remercier toutes les personnes présentes. Ça m’a mise un peu mal à l’aise car ne la connaissant pas, j’étais la seule à n’être jamais concernée par sa reconnaissance, et c’est pourtant le seul moment où je me suis trouvée debout pendant que les autres étaient pour la plupart assis (c’était soit ça, soit je chopais un torticolis, soit je tournais le dos à la locutrice).

Pour finir, comme je ne bois pas, il a fallu que je conduise une voiture ultra moderne que je ne maîtrisais pas du tout : ma voiture, à l’image de mes fringues, est complètement éculée ! Pas de clef, des boutons à actionner mais lesquels ? Après un début très compliqué, nous sommes arrivés à bon port et ne nous sommes pas faits prier pour nous endormir.

Une bien belle soirée, et Jules qui ne s’en est encore pas remis : il dort toujours, là.

Rien à se mettre.

On est bien d’accord qu’avec les tonnes de fringues qui nous viennent de l’Asie au point qu’elles submergent les associations caritatives, c’est impossible.

Malgré cela, comme beaucoup de femmes, je prétends que je n’ai « rien à me mettre« . Habituellement, cela signifie qu’on ne sait pas quoi choisir pour l’occasion ou qu’on a rien à se mettre qui nous plaise. Pour ce qui me concerne, c’est que je n’ai rien à me mettre… de sociologiquement présentable pour la soirée à venir.

Car ce soir, j’accompagne Jules pour les 50 ans d’une de ses plus vieilles amies – que je n’ai jamais rencontrée, car elle habite loin d’ici. J’ai appris hier soir que c’était un repas, que nous serions si nombreux qu’il y aurait plusieurs tables, avec chacun sa place déterminée à l’avance. J’en déduis que beaucoup feront l’effort d’une tenue qui sorte un peu du quotidien.

Or je m’habille toujours de la même façon: jean (éculé) ou short, tee-shirt (manches courtes ou longues selon la température), veste polaire et écharpe quand il fait froid, et aux pieds, c’est selon: tongs, baskets en toile, chaussures de randonnée, bottines.

A ce point que je n’ai pas d’autre tenue en stock. J’ai bien gardé quelques vieilles robes d’été qui datent de l’époque où j’essayais encore de me déguiser en fille, mais je n’ai pas de chaussures qui conviennent (ce qui me confirme qu’il est temps que je m’en débarrasse).

Je présume que Jules s’habillera à peu près normalement, mais avec des vêtements presque neufs, et ressortira ses jolies baskets blanches pour l’occasion. Moi, je n’ai pas de fringues neuves, ni de chaussures en vrai bon état.

Connaissant Jules, son amie doit être une personne assez souple et détendue, alors j’essaie de me convaincre que ma tenue ne la choquera pas elle, ni ses invités, et je me prépare quand même à subir quelques regards de biais.

Mais voilà des années que je me fringue toujours de la même façon pour ne pas me faire de noeuds dans la tête avec le choix d’une tenue au quotidien, et voilà que je m’y sens contrainte! Même pour une soirée, je déteste ça.

Je sortirai quand même les boucles d’oreille.

 

 

Mélancolie toujours.

Malgré tout ce que Jules parvient à mobiliser chez moi, je sens la mélancolie… j’ai l’impression d’être un fantôme qui erre dans sa demeure. Je recommence parfois à ne plus me lever, et même à renoncer à des engagements (de faible ampleur, certes). Je ne comprends pas cette force, toujours la même, qui me tire vers le bas, qui m’empêche.

Je continue à m’obliger, à essayer de positiver, mais une conviction demeure: celle que ce ne seront jamais que des pansements sur une jambe de bois.

Une satisfaction cependant: bien que je n’en comprenne pas du tout le mécanisme qui me paraît totalement illogique (la mort en moi, la vie en dehors), j’observe que je participe à animer d’autres individus, parmi lesquels mes amis, et Jules bien sûr.

J’ai peur de lâcher ça, un jour.

De l’arnaque aux sentiments.

Ce billet de blog – lu ce matin – et Keren Ann – vue à l’instant en interview –  m’invitent indubitablement à y repenser.

Il me semblait avoir déjà raconté une grande part de cette (longue) histoire ici même, mais je ne suis pas parvenue à remettre la main sur le billet en question. Je vais tenter une version abrégée pour cette fois.

Ainsi donc, visiblement, l’arnaque aux sentiments revient à la mode via les réseaux sociaux. Après les lettres de Jérusalem du siècle dernier (ou de celui d’avant? je ne sais plus… quoi? celui d’encore avant? non vraiment, vivre à cheval sur deux siècles m’embrouille l’esprit)… Après les lettres de Jérusalem, donc, une fois le numérique installé dans nos vies, cette pratique est revenue en force. Et j’en fus probablement une des premières victimes. Parce que j’ai vécu ça en 2002.

Du moins, je crois que c’était en 2002. Mon père était déjà mort, et je vivais, à ce moment là, dans un T2 avec une immense baie vitrée, plein sud.

Ni Brad Pitt, ni célébrité, juste un bon gars, grand et simple dans sa présentation, je dois encore avoir une photo quelque part. Nous avons échangé sur des sujets passionnants pendant des mois via messagerie instantanée (à l’époque, il s’agissait d’Internet Relay Chat). C’était bien un être humain puisque les robots conversationnels étaient alors à des années-lumières de ce qu’ils sont aujourd’hui. L’écriture était parfaite, fluide, spontanée, intéressante. L’individu, manifestement cultivé.

On ne m’a pas soutiré d’argent. Ou plus exactement, j’en ai prêté, mais on me l’a rendu. Ce n’était pas le même esprit ni le même but que ceux qu’on appelle aujourd’hui les « brouteurs ».

C’était une arnaque 100% aux sentiments: on me les a extorqués, eux, et fait apparaître tout ce qui les accompagne. Comme pour les victimes de brouteurs, j’ai eu terriblement honte, et je me suis sentie profondément humiliée. J’ai (encore) voulu mourir, tellement c’était violent. Le côté matériellement démunie en moins (et ce n’est pas rien).

Le rapport avec le blog de Virginie?

L’arnaqueur.se vivait prétendument à TromsØ. Iel savait que j’aimais beaucoup  la Scandinavie et s’en est évidemment saisi. Pourquoi iel? Parce que, pour plusieurs raisons, je suis quasi certaine que c’était une femme, qui s’est probablement entourée d’une ou deux copines pour se jouer de mes sentiments, mais ce serait vraiment trop long à exposer.

Lorsque j’ai annoncé que j’allais prendre un billet d’avion, iel a subitement disparu. Je me dis qu’iel aurait pu me faire boire le calice jusqu’à la lie, et d’ailleurs, une petite part de moi n’était peut-être pas dupe, puisque j’avais envisagé un plan B. Partagée entre l’envie d’y croire et le trop beau pour être vrai.

Le rapport avec Keren Ann?

C’est ellui qui m’a fait découvrir cette discrète et talentueuse artiste. Iel m’a envoyé, par voie postale, une longue lettre délirante – au sens clinique du terme -, qui tranche singulièrement avec les échanges que nous avions. Cette lettre était accompagnée d’un album de Keren Ann, opportunément intitulé « La disparition ».

Je l’ai toujours.

Je suis Charlie.

Pour le fun:

« Il faut être clair : il est impossible de réduire la mortalité par armes à feu à zéro. […] Mais ça vaut la peine, il faut accepter qu’il y ait quelques décès par arme à feu chaque année, malheureusement, pour que nous puissions avoir le deuxième amendement« .

Charlie Kirk, le 5 avril 2023                                                                                                                                                                                               Tué par arme à feu le 10 septembre 2025

Plus sérieusement, absolument tout fait mal dans cette histoire.

Y compris le fait qu’il s’appelait Charlie.

De la fermeture des chapelles.

Il y a une trentaine d’années, lorsqu’on se promenait sur les routes de France, on pouvait s’arrêter dans de petites chapelles isolées et  y passer quelques instants de recueillement (ou de méditation, c’est selon). Les églises étaient le plus souvent ouvertes, et lorsqu’elles ne l’étaient pas, on pouvait parfois trouver leur clef cachée sous une pierre (certes, il fallait connaître un peu le coin).

Ce week-end, nous avons traversé quelques campagnes, trouvé quelques chapelles: toutes étaient fermées. Cela s’expliquerait par la recrudescence des vols d’objets de culte. Quelle tristesse…

Il reste bien les cimetières à visiter, mais rendons-nous à l’évidence: ce n’est pas exactement le même esprit…

Des moustiquaires contre-productives.

Les moustiques adorent la chaleur, mais pas que. Ils m’adorent aussi.

Moi, je déteste les deux, alors comme tout le monde, je galère à tenter de trouver des solutions. Le seul moment où je suis parfois tranquille, c’est le matin, après avoir aéré toute la nuit, refermé rapidement toutes les ouvertures, et fermé la salle de bain. A condition de n’avoir pas encore mis le nez dehors.

Dans la journée, c’est compliqué: il y a toujours eu des allées-venues, et j’ai beau prendre soin de refermer le plus vite possible, ils sont nombreux à s’engouffrer dans la maison, où mon odeur se diffuse quels que soient les savons et autres gels douche que j’utilise. En général, vers midi, aller chercher un café dans la cuisine me vaut bien une piqûre, et si j’y reste deux heures pour cause de figues-à-mixer-et-mettre-au-congélateur-pour-cet-hiver, même avec un ventilateur soufflant dans ma direction, c’est minimum sept. Car par hypothèse, je me déplace et ne suis pas toujours dans le bon champ.

J’ai bien tenté les prises anti moustique, mais j’ai sans doute mal choisi la marque cette année: elles me provoquent des migraines. J’utilise aussi régulièrement une lotion répulsive, sans doute trop si j’en juge les plaques qui ont fini par apparaître sur mes bras. Essentiellement pour aller cueillir les figues, ou pour sortir le soir; parfois pour rester dans la salle à manger ou la cuisine, mais je n’aime pas ça du tout: et si je peux éviter la chimie, j’évite, surtout pour rester en intérieur. Dehors, si je reste statique, il y a les spirales, étonnamment efficaces.

Mais dehors il fait chaud.

De sorte que j’ai passé la quasi totalité de l’été dans ma chambre potentiellement climatisée -d’où j’écris ces lignes-, que j’ai habillée de moustiquaires aux portes: ça marche plutôt très bien, légèrement moins quand le chat fait des allers retours sans vérifier qu’une bestiole s’est accrochée à son pelage, ou quand Jules dans l’embrasement de la porte, me raconte une histoire sans se soucier du fait que, pendant son déroulement, il tient les parties de la moustiquaire entre ses mains respectives, écartées.

Heureusement, en cas d’urgence, il me reste la raquette électrique.

Le problème, c’est lorsque je veux travailler dans le bureau. Voilà deux ans que j’ai acheté une moustiquaire amovible à ajuster à la fenêtre (amovible, mais difficile à enlever et remettre, donc plutôt amovible par saison), sauf que je n’arrive pas à la monter. Les meubles ikéa sans problème, mais les moustiquaires de chez action, ça passe pas.  Jules m’a fait la gentillesse de s’en occuper il y a quelques jours: c’est si rare que je lui demande un service qu’il est ravi de me le rendre !

Sauf que la porte, elle, reste sans protection car je ne suis pas parvenue à l’ajuster correctement, et pour l’heure, j’ai abandonné.

Comme on peut raisonnablement s’en douter, les moustiques une fois engouffrés dans la pièce, finissent par se tourner vers la lumière du jour, autrement dit vers la fenêtre… sans plus pouvoir sortir, ni avoir l’idée de repasser par la porte.

Donc c’est formidable: depuis que j’ai une moustiquaire dans mon bureau, j’ai plus de moustiques qu’avant !

Alors je reprends mon activité criminelle à l’aide indispensable de ma raquette électrique, non sans penser que je prends des vies. Pour me déculpabiliser, je songe qu’ils meurent d’un coup et n’ont pas le temps de souffrir.

Raison pour laquelle je rends hommage à Nikola Tesla, en écoutant des podcasts à son sujet.