Dernière pirouette de l’année.

A défaut de l’avoir commencé dans les temps, et à défaut de le tenir dans les temps, je m’étais promis de terminer le jeu proposé par Anne avant la fin de l’année. Je ne suis pas très fière du dernier billet, mais c’est fait !

Me voilà dans la vieille maison de vacances familiales, celle de feue ma grand-mère maternelle, celle où j’ai passé toutes mes vacances d’été, et où j’aimais bien venir l’hiver quand il n’y avait personne, où j’ai cessé de venir car, même seule, l’esprit familial faits de négativité et de micro déconsidérations / humiliations y est encore trop présent, malgré un certain optimisme ambiant. Et puis je la trouve peu confortable, hormis en plein été il y fait toujours froid, et qui plus est, depuis l’épidémie de 2020, l’endroit n’est plus jamais complètement désert.

Je n’avais pas envie de réveillonner, j’avais dit à Jules que je souhaitais rester tranquille. Mais il se trouve qu’un couple d’amis que je vois peu faute de disponibilités était en vacances et oisifs en cette fin puis début d’année, Jules avait très envie de passer du temps avec eux, alors j’ai capitulé, et chassé mon désir de solitude pour le retrouver plus tard.

Je n’ai pas envie de fêter mon anniversaire non plus, dont je n’osais pas révéler la date au tout début de ce blog… qui a, lui, 21 ans depuis le 24 décembre ! Demain, j’aurai 55 ans et presque toutes mes dents (il en manque très précisément une et demi) ! J’avais décidé de me faire plaisir, rester seule avec Jules, que ce soit pour dormir, se balader, plonger, que sais-je.

Ce ne sera pas possible. Il y a donc un réveillon à assumer, des amis à voir, et un cadeau à recevoir. Jules s’en fait une joie et m’en parle depuis des semaines. S’il savait la difficulté que j’ai à recevoir des cadeaux…!

Le vrai cadeau pour moi, c’est sa joie.

Histoire.

… de lard.

Pourquoi les femmes canadiennes préfèrent rester célibataires?

… Elles préfèrent un bout de bacon sec dans leur réfrigérateur à un gros porc sur leur canapé.

 

 

(Ce billet est écrit dans le cadre d’un jeu d’écriture proposé par Blogallet)

 

Attendre.

Ce truc qu’on ne sait plus faire depuis que nous sommes sans cesse flanqués de nos appareils magiques. Et qui participent aux tensions en période de … potentielles tensions !

La période pré-noël s’y prête particulièrement. Parce qu’on veut bien faire, parce qu’il y a du monde partout (euh… dans les magasins je veux dire), parce qu’il faut composer avec tout le monde, et parce que Jules ne veut pas décevoir belle-maman.

L’horreur.

Mon téléphone sonne, c’est lui (Nancy Sinatra m’en informe de sa magnifique voix). Il se trouve que je sors tout juste de ce magasin où je viens de lui trouver l’ultime petit cadeau. Le temps que j’entre dans la voiture, que je pose mon sac, que je farfouille pour y trouver l’appareil, Nancy s’est fait couper le sifflet.

Je me dis qu’il vaut mieux que je rappelle le plus vite possible, car on réveillonne chez ma mère, la fenêtre de tir se rétrécit, et il y a peut-être des choses à voir rapidement. Je me dépêche; il ne répond pas. J’attends un peu, rien. Bon, ça ne doit pas être si urgent, je repars.

Bien évidemment, il rappelle à ce moment là. J’arrive à m’arrêter assez vite cette fois. Il me pose une question, écoute à peine la réponse, me dit qu’il ne peut pas parler et qu’il doit raccrocher – mais euh, pourquoi tu rappelles alors?

Il rappelle quelques minutes plus tard, moi bien sûr, je suis repartie. Je m’arrête sur le côté, mais là encore, Nancy a cessé de chanter le temps que j’attrape mon téléphone. Je rappelle quand même immédiatement, et… il ne répond toujours pas ! Il ne peut pas attendre deux minutes…? ATTENDRE !

Visiblement non. J’en tire la leçon qui s’impose, j’écouterai du Nancy Sinatra.

Sauf qu’il change de méthode: maintenant, c’est la rafle de textos. Je capitule, et m’efforce de répondre dès que je peux (notamment qu’il a déjà conquis ma mère contrairement à moi qui n’y suis jamais parvenue mais aussi tout ce qu’il a besoin de savoir sur ses goûts), une fois, deux fois, mes réponses ne lui conviennent pas, tant pis. Il insiste, je présume avec raison que c’est parce qu’il doit bientôt retourner bosser, mais merde.

Je finis mes courses et j’avoue que, rentrée à la maison, je lui ai répondu le reste! J’ai conclu en disant qu’il se mettait la pression tout seul, et qu’il n’était plus question qu’il me la mette corrélativement. Naméo.

On a finalement trouvé une solution commune et satisfaisante à la question.

Comme quoi, tout vient à point à qui sait…

 

 

(Ce billet est écrit dans le cadre d’un jeu d’écriture proposé par Blogallet)

Habitude.

S’il y a de fidèles lecteurs, observateurs de surcroît, ils auront noté que lorsque je bois mon café le matin dans mes jolies tasses, c’est généralement à l’aide d’une cuillère, ce qui signifie que j’y mets du sucre… j’aimerais beaucoup me défaire de cette habitude, mais je n’y parviens pas.

Il paraît qu’il faut 21 jours pour se débarrasser d’une habitude. Sans sucre, je n’ai jamais tenu plus d’une semaine. Au-delà, il y a toujours un jour où je vais « trop moins bien » pour me passer d’un tel réconfort.

Pour tenir, il faudrait que, pendant 21 jours, je n’aie pas une seule baisse de régime ! Autant dire que mon abstinence est vouée à l’échec…!

Toutefois, il peut arriver que j’aie encore assez de volonté pour contrebalancer cette fatalité. Or, je ne supporte pas de voir mon bide. Quand je le vois… ça motive !

Alors qui sait, en 2026…

 

 

(Ce billet est écrit dans le cadre d’un jeu d’écriture proposé par Blogallet)

Bonheur.

Tout ce que je vis en ce moment y ressemble furieusement.

Pourtant, je conserve une espèce de lassitude, un « mésentrain », je ne supporte toujours plus du tout la moindre contrainte.

J’essaie de me concentrer sur le moment présent dans les jolis moments, mais même là, je sens que je ne suis que partiellement présente. Lorsque je m’en ouvre à mes amies, elles me répondent que lorsque je parle de ce que je fais, j’ai les yeux qui brillent, j’ai l’air épanouie. Et lorsque je suis en interaction avec les autres, je suis même « solaire ».

Je ne comprends pas ce paradoxe. Je me dis que je connais le bonheur sans véritablement le reconnaître? Ou plutôt l’inverse. Toujours ce delta entre la raison et l’émotion. En ayant indéniablement conscience de l’immense chance qu’est la mienne.

Pourquoi cette impression de ne pas véritablement le vivre, alors que je baigne dedans?

 

 

(Ce billet est écrit dans le cadre d’un jeu d’écriture proposé par Blogallet)

Cher.

Lorsque j’étais enfant et adolescente au siècle dernier, du temps où l’on s’écrivait des lettres faute de pouvoir communiquer librement à distance (il y avait bien le téléphone, mais il était fixe, et branché dans la salle à manger), je ne comprenais pas pourquoi il fallait toujours écrire « Cher » ou « Chère » devant le prénom du destinataire.

Si c’est systématique, en quoi est-ce sincère? A vrai dire, ce mot n’avait même pas de sens pour moi.

Aujourd’hui, il en a… mais on n’écrit plus de lettres!

 

(Ce billet est écrit dans le cadre d’un jeu d’écriture proposé par Blogallet)

Conception.

Au vu du contexte qui est le mien, comment ne pas songer à celle d’un enfant?

Autour de moi, mes connaissances féminines de 40 ans se réveillent et se décident à faire des enfants, avec les difficultés de conception que cela suppose. L’une d’elles est dans un état bien pire que je ne l’étais au même âge, et a décidé presque du jour au lendemain (mais pas de façon anarchique), de concevoir.

Entre les mères sur le tard et les copines qui sont ou deviennent grand-mère, y a des mômes partout autour de moi, sauf chez moi. Et je les fuis. Plus exactement, je fuis la relation mère-enfant. Je ne saurais l’analyser précisément, je sais juste que ça provient de mon propre lien à ma mère, et du sien à la sienne.

Après avoir voulu… ne pas avoir d’enfants (il était hors de question pour moi d’infliger la vie à des innocents), puis avoir tenté ma chance sur le tard (la vie était devenue supportable, l’espoir envisageable, et l’horloge tournait), je me suis dit que si ça n’avait pas fonctionné, c’est parce qu’il valait mieux que je n’en aie pas, pour eux comme pour moi: je n’aurais pas su/pu les assumer et je n’aurais pas su les rendre heureux; ayant déjà du mal à pourvoir à mes propres besoins.

Mais je découvre que ma copine, qui a tant de mal aussi, qui était davantage bloquée que moi encore par ses névroses, s’éveille depuis qu’elle a pris la décision de faire un enfant: des tas de portes s’ouvrent, de l’intérieur comme de l’extérieur, c’est vraiment étonnant. Elle-même n’aurait jamais imaginé être si active et faire tant de choses. Certes, elle n’a pas encore accouché, mais la métamorphose est d’ores et déjà incroyable. Les hormones… quel pouvoir!

Cela me fait douter rétrospectivement de mes propres choix (et si les hormones avaient fait des miracles sur moi aussi?), sur lesquels de toute façon je ne peux plus revenir. Et ce n’est pas un moment facile, malgré mon fatalisme.

C’est en écrivant ces mots que je réalise avoir mis plus de poussière sous le tapis que je ne le pensais. Et tant que je ne ferai pas le ménage, je continuerai à fuir les enfants.

Pour l’heure, je n’ai aucune envie de passer l’aspirateur.

(Ce billet est écrit dans le cadre d’un jeu d’écriture proposé par Blogallet)

Relatif.

Qui que dont où. J’aime bien retrouver, de temps à autres, les règles de grammaire.

Quand il s’agissait de les comprendre, enfant, ça me paraissait facile. En revanche, je ne bitais rien à leur énoncé.

Pourtant, avec le recul, le vocabulaire utilisé était très précis ! Un peu comme une science exacte: précis, circonscrit, et généralement logique.

Gamine, je trouvais ce vocabulaire étrange. Aujourd’hui, je le trouve plutôt cohérent…

 

(Ce billet est écrit dans le cadre d’un jeu d’écriture proposé par Blogallet)