Les saints de glace sont heureux de vous annoncer qu’ils sont passés. Saint Servais de Tongres aurait déclaré sur radio zinzine qu’il était le dernier des saints de glace à traverser le miroir du jour et que, dépassé 23h59 ce jour, il disparaîtra dans les strates du calendrier grégorien, à la suite de ses associés, saint Mamert de Vienne et saint Pancrace de Rome. Le trio, bien décidé à revenir, prépare son nouveau passage de l’an prochain. Repassage annulé en cas de forte canicule. La glace fondue nous apprendra donc le dicton suivant :
Si à la saint Mamert tout va de travers, Te bile pas, attend que ça passe. Si à la saint Pancrace tout va de travers, Te bile pas, attend que ça passe. Si à la saint Servais tout va de travers, Te bile pas, attend que ça passe.
Attend que ça passe !
Pub blonde et humour noir :
« Bryan est mort ». A l’annonce que sa fille lui fait, avec tout le mépris qu’elle affiche devant l’ignorance de son père venu la chercher à la sortie des cours, le père de l’ado fera bien de s’en battre les tagliatelles. Il aura ainsi l’air moins jambon devant une fille révulsée par l’annonce que ses copines n’ont pas manqué de lui assener avec dédain. Au lieu de demander :
Mais c’est qui, Bryan ? Il lui rappellerait gentiment que ce midi c’est elle qui cuisine Bryan, le poulet fermier du Gers, en arrivant à la maison, vu que, c’est bien connu, Bryan is in the kitchen. Ce qui serait nettement plus adéquat. N.B. Bryan aurait été victime d’un hockey de rire jaune fatal. Depuis l’incident, le jaune fatal a été retiré du marché.
Scoop de dernière minute !
Spores :
Le tournoi des nations unicellulaires se déroulera au muséum d’histoire naturelle Fossil mercredi prochain. L’équipe des bactéries partira en pôle exposition. Tandis que les champignons qui n’ont qu’un seul pied, seront autorisés à courir sur des parasites. Les paons qui voudraient faire la roue pourront éventuellement participer mais sous condition. Leurs roues ne devront pas dépasser en hauteur celles de la tour Eiffel.
Spores encore :
Paroles de biologiste. Une bactérie sachant fermenter sans pasteur est une bactérie philosophe. A contrario, un protozoaire sachant chasser sans son noyau est recalé.
Spores toujours :
S farceur. Exercice d’ascèse. L’acide ascétique en est un. L’autre, c’est le moi. Le dernier des neurones se retourne dans sa cellule.
L’atmosphère d’avril était un peu tendue vers le sujet du mois. L’haruspice remonta ses lunettes pour observer de plus près les entrailles du merlan. Qui donc l’avait sacrifié sur l’autel du mardi gras ? Rite transgressé n’apporte sa lumière qu’aux trottins des dames de hollande, se disait-il silencieusement, tout en constatant que le foie du poisson était aussi limpide que l’eau de la Fontaine. Autour de lui la foule se pressait. L’un d’eux opéra un pas de danse, d’autres suivirent, bientôt l’ensemble tournait, tournait, tournait, et les champs magnétiques produisirent un phénomène remarquable. Les bulles ! Les bulles tombaient du ciel, avec un bruit de grésil remarquablement précis, un bruit qui, venant de l’intérieur des sphères, prenait une tonalité pétilleuse, précieuse, éveillant en chacun des danseurs une conscience précise du bruit, de l’organe qui le reçoit, de la sensation qu’il produisait, de la pensée associée qui en faisait une reconnaissance, et de la conscience aiguë de la captation de ce bruit. C’était étrange et en même temps ordinaire. L’acuité avec laquelle les sens accueillaient le son faisait toute la différence. Sa présence était devenue totale. Puis ce qu’ils virent les stupéfia. Une barque flottante sortit de l’une des sphères et les souffles s’arrêtèrent immédiatement. Le temps devenait immobile, la scène était figée. L’ensemble des danseurs, tels des statues de sel soudain devenues immobiles, semblait être dans un état d’extase mystique si puissant que de leur corps émanait une énergie, comparable au phénomène que produit la chaleur sur le sable du désert. Une sorte de tremblotement, une irradiation, un mirage, du genre « pas deux mille pour un rouble ». – Mauvais jeu de mots, madame Bougon, paresseux a dit que non, c’était pas possible. – Et bien, ma conscience, que vous êtes mauvaise langue. Nous sphérons bien si cela provoquera le scandale du siècle. – Vous m’agacez prodigieusement, chère dame ! – Très chère conscience, soyez précise. De quelle désobéissance vous agaçai-je ? – Sphérez, sphérez ! Nous, votre subjectivité associée à votre éthique, nous allons légisphérer sur votre cas. Puis c’est le silence radio chez la justice. Plus rien ne grésille, plus rien ne résonne, plus rien ne fait son. C’est à cet instant précis que se lèvent deux personnes du groupe des danseurs. Elles prennent place dans la barque, pagaient, pagaient… A la rame comme à la rame, allons voir comment se comportent les énergies. Lorsque le courant ascensionnel fut assez fort, la barque s’éleva dans les airs, suivie des sphères qui se mirent à produire des notes de musique venant d’instruments invisibles. – La musique des sphères, dit la femme. – Les sphères musicales, répondit l’homme. Depuis le temps qu’ils en rêvaient, c’était arrivé. Les sphères s’approchaient de la barque, curieuses. Elles se laissaient cueillir comme des perles domestiques. – Ce mot « domestique » est on ne peut plus désagréable, la Bougon. – J’en conviens, chère conscience. Il suggère par là une sorte de domination humaine. C’est très fâcheux. – Une malheureuse dérive, somme toute. – Née d’une banalisation de l’esclavage à une époque peu scrupuleuse. – Nous sommes d’accord cette fois ? – Bein, quand même ! – Bien. Renommons le terme. – Des perles apprivoisées ? – Ou encore des sphères familières ? – Ou des perles cultivées ? Selon Érasme, si l’homme ne naît pas homme mais qu’il le devient, les sphères ne naissent pas cultivées mais le deviennent, n’est-il point ? – Il nous faut choisir, la Bougon. – C’est d’embarras que ce choix m’emprunte, permettez, belle éthique que je tiquasse un tant soit peu. Pendant ce temps, temps toujours aussi immobile, je le rappelle, nos deux rameurs récoltèrent l’ensemble des sphères du cosmos. Puis, voyant le firmament devenir d’un noir de jais exceptionnellement sombre, s’extasièrent sur le divin plumage. Le corbeau univers secoua alors son plumage et fit, avec les frictions de ses étendards, naître des milliers d’étincelles, nouvelles étoiles, toutes aussi nombreuses que les précédentes. D’un croassement sonore, il tonna que toute cueillette des sphères serait dorénavant interdite. – Tout de même, éteindre le ciel, cela ne se fait pas, voyons ! Ce qui réveilla tout le monde, y compris le temps. Il n’empêche que nos deux embarqués, dans l’histoire, avaient rassemblé toute la lumière. Et que nantis de leur butin, ils pouvaient recréer un autre monde, ce dont ils ne se privèrent pas. C’est ainsi que, profitant du sommeil du divin corbeau, rusant pour recueillir à tour de rôle l’ensemble des lumières du ciel, les humains recréèrent autant de mondes qu’il existe d’êtres, et qu’il est dit, depuis, que chacun d’entre eux est un monde à part entière. – Eyeh, la Bougon, dans quel monde es-tu perchée ? – Pffff !!! Pour une fois qu’elle est sérieuse…
. . Il est suprapoulpeux c’téxercice ! Le roman est hypocampé de face comme un profil égyptien. Irène de la Métaphore Mutable a les joues constellées d’écailles de rousseur. Ça pique, c’est drôle, et c’est édité chez Bordas. Un surréalisme de Pâque-aux-Tilles. . .
Voici à mots couverts une petite cuillère en proie à la terrible envie de plonger sans délicatesse son creux dans le « Yaourt de l’Echappée Culinaire ». Mais à la cour du « Bon Roi Liberté », peu de Nobles Courageux réussissaient ce pari. Dame PC, autrement lue Dame Petite Cuillère, ou si vous préférez, pour simplifier, DPC, sentait bien que le démon de la gourmandise la démangeait, aussi eut-elle l’impulsion d’aller voir « Grand Ecumoir » afin de dédramatiser son addiction pour la réduire en Miettes de Chaînes. L’action se situe dans la « Cuisine à Purée de Nouzaôtre », à la cour du « Bon Roi Liberté ». Le Grand Apôtre Toqué œuvre aux fourneaux lorsque DPC frappe à sa porte. – Maître Nouzaôtre, j’aimerais apprendre à vaincre « Education Stricte », auriez-vous, mon bon Maître, une recette panifiée de Bons Sentiments dans vos archives ? Maître Nouzaôtre leva un nez de son chaudron, nez largement réputé pour être affûté comme une fleur de Perspicacité, et observa DPC de haut en bas, puis de bas en haut. – DPC, pourquoi venir me voir, moi, et pas un autre ? – Parce-que vous êtes le « Grand Ecumoir », Maître Nouzaôtre. Evidemment, dans le « Domaine de Gastropodamus », la hiérarchie était développée, et chaque acteur ou ustensile avait sa compétence particulière.
D’où la chanson d’Indochine créée sur une confusion du mot.
Aussi, le « Grand Ecumoir », arrivé au sommet du « Domaine de Gastropodamus », avait un statut de grande compétence et savait inventer des solutions pour toutes sortes d’apprentis désireux de concocter un plat répondant aux besoins de la communauté. – Parlez-moi de vos parents, DPC ?
– Euh ! Ma mère est la « Grande Cuillère à Soupe de la Création ». – Tu peux m’en dire un peu plus, DPC ? – Ma mère a largement contribué à la « Soupe de Grande Opposition », l’immense mouvement libérateur de 2001, qui sera transformé plus tard en « Etendard Génétique qui court de branches en branches dans l’Arbre de l’Emancipation Collective ». L’EGCBBAEC : Prononcer « Lègue Bec ». Dont Michel Houellebecq est le premier converti. – Très bien, DPC, et votre père ? – Mon père est un couteau bivalves marin. Il habitait rue de la « Plage de la Grande Critique ». De temps en temps, il nous rendait visite, mais jamais trop longtemps, car sa timidité faisait de lui un père très rare. Quand nous voulions le voir, moi et ma sœur, « Fourchette à Trois Dents », nous mettions un grain de sel sur le « Parvis de la Culture Générale », ça le faisait sortir. Mais la plupart du temps, nous préférions nous chamailler, ma sœur et moi. Ce qui prenait un temps et une énergie considérable. Aussi, avions nous une boîte de réserve d’énergie. La « Cachette Allie Masse ». – Je vois, je vois. Dit le « Grand Ecumoir », Je vais interroger « Cisaille à Massif d’Obligations » ! – Oh « Bougre de Tartare au bleu » ! Je crains le pire ! – C’est un peu cuisant, j’en conviens. Mais Gastropodamus détient la palme, n’ayez craintes.
Deux jours après, DPC reçut un « Guide de Puissance Souveraine ». Soit un GPS, de la part de « Maître Nouzaôtre ». Voici ce qu’elle y lut. Il est écrit dans les « Marmites de Suprême Autorité » que seul un « Agent de la Cuisine A Brac » sera habilité à manier la « Cisaille à Massif d’Obligations ». Nous avons un autre moyen à proposer, beaucoup plus doux. Prenez un bol, emplissez le de « Nourritures de Juste Civilité », soyez prodigue de « Forte Douceur Clémente », puis revenez me voir.
A la suite de quoi DPC prit chaque jour une cuillère de GPS. Sa croissance ne se fit pas attendre. Cette histoire n’est en rien louche, puisqu’elle ne servit qu’au petit déjeuner dont le bol joyeux se remplit d’heureux accords.
Nom d’une Garriguette au Bec de Lièvre ! C’est tissé de bonne garrigue, ce truc là ! La fraise de mon dentiste se jette dans l’appareil culinaire. Mais attention ! Le Bon Roi Liberté aime les bons plats. Allonzyvoir.
« Le chaudron a une anse jaune, des anneaux d’or ».
– La Vallée des Lois te demande, DPC ! – C’est postillonné de « Pluie d’Apaisement », chuchota la flamme de l’âtre en léchant l’arrondi des flancs du chaudron suspendu à la crémaillère. Le Grand Ecumoir venait d’entrer dans le tiroir du buffet central, invitant Dame Petite Cuillère à répondre à l’ordre. – Un passage à la passoire des règles ! Elle ne voudra jamais quitter sa tribu. Glissa prudemment une broche du four à sa voisine de compartiment. – Une fine lame aiguisée peut raser de si près qu’aucune calvitie ne résiste à sa minceur. – En supposant que la passoire soit très très chauve… – Souris ! Ça fait frémir le coulis des exigences.
– Chut ! Vous allez vous taire, bande de Graines de Saperlipopette ! – Elle se prend pour qui l’allumée du bulbe des glaïeuls du droit ?
Le Grand écumoir se retourne, s’adresse aux voix murmurées, avec un sourire entendu. – Mais écoutez-les, ces jacasses baguenaudières, quelles jacquetances curieuses ! Quand ce sera votre tour, n’oubliez pas d’en faire une soupière de révision, le schmilblick est un neuf. Dame Petite Cuillère écoutait le « Grand Bazar Culino-Ecumé », toutes oreilles grandes exorbitées. – Wouarf ! Pour un fameux désordre, c’est un vrai poudingue ! Je n’aurais jamais imaginé que l’obtention d’un affranchissement inaltérable passerait par le « Brouhaha tohu-Bohuesque » d’un tel art culinaire. – Soit, allons rejoindre la Vallée des Lois ! Et, clopin-clopant, « Unijambiste au Manche Zébulonné », (nom donné à Dame Petite Cuillère dans cette épopée) prit la direction de la Vallée des Lois.
Glissant sur le versant aléatoire du temps, une première Loi surgit devant le ressort dépité de DPC, empêchée d’avancer. – Stop ! Votre trotteuse n’est pas réglée sur la bonne seconde. – C’est bien normal, je suis la première. – Papiers d’origine s’il vous plaît. La pente n’a de prises que pour les allumés. – Ma suspension est branchée ! – Alors vous pouvez passer. Allez donc vieillir dans La Vallée. Une branche de l’arbre généalogique était en travers du chemin. – Jusqu’où croyez-vous que vous allez descendre, Mââme PC ? – Pour l’origine, contrôlez, ma bonne branche ! – Ah ah ! Très drôle ! Mais nettement suffisante ! La bonne blague. – Vous êtes plutôt du père, ou plutôt de la mère ? – Circulez ! Quelle question partiale ! – Le parti pris des choses coule de sève, l’ignorez-vous encore ? Dame Petite Cuillère reprit sa progression jusqu’à ce qu’elle arrive à l’entrée de « La Forêt de Tendre Déperdition ». – Zut ! Le premier arbre cachait la forêt ! Quels monstres se cachent dans cette densité opaque ? – Bonjour, je suis le devoir de politesse. Veuillez retirer ces monstres de votre vocabulaire. – Bonjour, je suis l’huile des rouages. La burette est offerte. – Bonjour, je suis votre guide de traversée. Veuillez ne pas déranger les habitants d’autochtonie. Ils détestent les nuisances sonores. La Petite Cuillère, époustouflée, s’épousseta le ressort d’un arrondi brillant. – La Vallée des Lois présente de bien agréables surprises. Quelle belle organisation ! – Du moment que vous ne lâchez pas des yeux votre guide, tout ira bien ! – Le « Perroquet Perché » a parlé, suivez-moi DPC. Le guide, taillé d’un bloc, portait des souliers à crampons. Aussi, PC aborda-t-elle avec lui la question de l’équipement.
– Une fois arrivés à la clairière de l’autonomie, nous reverrons cette question. Pour l’instant, avançons ! – qu’y-a-t-il au-delà ? – La Falaise de l’Obstination, puis la Mer d’Eminente Circonspection. Je n’irai pas plus loin. Si vous savez faire la planche, vous rejoindrez l’Île de la Métamorphose en passant par Profonde Observation pour acquérir le Marteau de Fin’Aloi. N’en soyez pas esclave. Voici les recommandations du Poste Central Réglementaire. La Divine Liberté est à ce prix. – Et si je ne sais pas faire la planche ? Le guide esquissa un sourire. – Vous devrez faire votre devoir de petite cuillère. – C’est-à-dire ? – Vous plongerez dans le « Yaourt de l’Echappée Culinaire », mais cette fois, en ayant acquis la délicatesse. Voilà, l’épopée de Dame pièce ménagère à dessert terminée, Dame PC, équipée du Marteau De Fin’Aloi put rejoindre son PC d’origine, la ménagère à mots couverts de la Cour du Bon Roi Liberté. Ils furent heureux et eurent beaucoup de brico-dégustations à écrire.
Nom d’un Placard à Ballet de Pointe !
Ecrit pour l’Agenda Ironique de Mai tenu ce mois-ci par Dame Bougon, que j’auto-remercie vivement pour avoir, sans alexandrins, merluchonné la proposition d’écriture du mois. Ainsi que mes remerciements pour les carnets de la paresse qui ont trouvé le résultat du sondage avant l’arrivée de la lumière et éclairci la futaie de juin en taillant une broussaille du côté de Sabri Na (Voir les commentaires SVP, merci) qui détiendra si vous êtes d’accord la branche de la suite. A nous tous de décider en fonction des négociations futures et variées… Non ce n’est pas une farce du Grand Ecumoir du Domaine de Gastropodamus, mais une vision auto-prédite par la pré-méditation du Grand Bouddha de l’Agenda. Avis aux visionnaires de toutes les suggestions imaginables et programmables. Le cartable de l’ironie n’a pas fini de faire parler de lui.
Ecrit pour l’agenda ironique qui ce mois-ci se balance d’une fenêtre à l’autre chez Tiniak ici : https://polesiaque.wordpress.com/2024/01/03/la-i-2024-commence-ici/ et nous propose sur le thème de l’ouverture d’écrire en débutant notre participation par : “Par la fenêtre ouverte, force est(*) de constater…” Tout en essaimant au moins quatre des mots surannés suivants : bigophone, flamberge, marguerite, mousse et pampre, parangon, védique Sous toutes formes, prose, poésie, dialogues, chroniques (invitez les lecteurs à la lire à haute voix, certains effets peuvent être intéressants), fictions, reportages…
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Force est de constater par la fenêtre du net, Que les mots empruntés viennent d’un grand poète. Qu’il pardonne à l’emprunt d’avoir su détourner, D’aussi beaux vers à boire, le vin de l’initié. Si la trousse reste ouverte, stylo-plume enjoué, C’est bien que l’écriture, ouverte, est un bouquet, Qu’il convient de manier comme un art de semer, La joie et la beauté, l’amour et la bonté. Merci Victor Hugo, merci à votre étoile. Elle aura eu le don de m’apporter une flamme, Une lumière, un cadeau, un présent de calame, Une participation à l’ironie locale.
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Le porte-plume
Je m’étais endormi la nuit près de la mousse. Un vent frais m’éveilla, je sortis de ma trousse. J’ouvris les yeux, je vis le pampre du matin. Il resplendissait au fond du vieux jardin Dans une vigne vierge, toute molle et charmante. La flamberge s’enfuyait emportant la tourmente. La plume s’éclatait de nuée en duvet. C’était une douceur qui pensait, qui vivait ; Elle apaisait l’écueil où la vague déferle ; On croyait voir l’âme, parangon de la perle. Il faisait nuit encore, l’ombre bigophonait Au ciel qu’illuminait un sourire secret. La lueur argentait le haut du mât qui penche ; Le navire était noir, mais la voile était blanche ; Des goélands, debout sur un escarpement, Attentifs, contemplaient la perle gravement, Comme un oiseau céleste et fait d’une étincelle. Marguerite, rassemblant le peuple allait vers elle, Et, rugissant tout bas, la regardait nacrer, Et semblait avoir peur de la faire envoler. Un ineffable amour emplissait l’étendue. L’herbe verte du jardin frissonnait, éperdue, Les oiseaux se parlaient dans les nids ; une fleur Qui s’éveillait me dit : C’est védique, ma sœur. . . https://www.bacdefrancais.net/stella-hugo.php . .
J’aime bien aller à la chasse. L’autre jour, j’étais en train de pister une virgule polaire, lorsque je me surpris à grimper au mât de l’exclamation. C’est en faisant le tour du point à 360° que mes yeux se sont posés sur un nid d’astérisques. J’allais en faire l’inventaire lorsque la virgule polaire est venue s’y percher, éclairant de sa biffure le repaire d’étoiles. C’est là que je me suis dit : Le plus beau cadeau que puisse me faire la ponctuation, c’est bien de m’offrir le point de vue nécessaire à la compréhension de la nature polaire en me guidant vers la chaleur du nid. Les philosœufs de la ponctuation recèlent bien des surprises. Or, il s’avère que ce jour là, une virgule dissidente se glissa sous l’aile d’un échassier bleu. Ça devait le grattouiller car je l’ai vu se tordre le cou pour aller voir entre ses plumes en grommelant : – Qu’est-ce que c’est que cette cédille dermique qui serpente sous mon duvet ? Moi, une cédille, s’étonna la virgule. Quelle vexation ! Si mon arrondi se griffe d’un mouvement de fraction, le bout de ma baguette va lui montrer comment je me passe de lettre pour être, non mais ! Et elle lui donne un coup de pointe d’un talon vigoureux. Le héron au long bec pince l’intrus signalé par piqûre et l’extrait de son plumage. – Va donc faire ton travail d’hameçon plus bas, hua l’animal sans desserrer le bec. Puis il laissa tomber la virgule dans l’eau. La dissidente savait nager. Elle suivit le courant jusqu’à la berge. Intrigués, les poissons oisifs la suivaient parfois, mais sans appâts, que ce soit virgule, cédille ou hameçon, cette petite giclette d’encre ne présentait aucun intérêt, si ce n’est celle de la curiosité, n’en ayant jamais vu de leur vie*. C’est leste, une virgule ; arrivée près du bord, d’une légère contraction, elle réalisa un saut de puce digne, se posa sur la berge et sécha sa couleur au soleil. A deux pattes de moustique de là, un point l’observait. Ça faisait tellement longtemps qu’il était en rupture de texte que la vue de l’arrivante lui rappela bien des souvenirs. Celle de l’échappée finale d’un drame littéraire, lorsque fatigué des dénouements sombres il avait fugué du roman. En tant que point final de l’histoire, l’évasion s’était avérée facile. Lors d’une promenade narrative, il s’était glissé silencieusement sur la tranche du livre et, prenant tout son élan par les bois, avait attrapé une aigrette de pissenlit qui voletait dans les airs pour aller rouler du point entre les galets d’atterrissage. Depuis, ramassé en un tout petit centre, il observait et découvrait, émerveillé, toute l’activité vivante et vibrante de l’étang. Alors, voir arriver une virgule, vous pensez bien l’inconcevable d’une telle situation. C’est tout un lyrisme qui déferlait avec elle. Il allait devoir s’extraire à nouveau pour retrouver le présent et son réel poétique. Mais qu’était-elle donc venue faire loin de toute intrigue littéraire ? Était-ce le signe de ponctuation annonçant la respiration, l’espace du silence, l’interruption volontaire de la phrase naturelle ? Les freins au vertige d’élocution sont si nécessaires au calme que le point en venait à s’interroger soudain sur l’effervescence environnementale. Qu’est-ce qu’une virgule, décollée de la dernière lettre du mot qui la précède, allait bien pouvoir insuffler dans sa vie contemplative ? Heureusement que toutes les ponctuations du patrimoine écrit ne projetaient pas de se réunir en ce lieu, le paysage en prendrait un sacré coup d’ombrage, pensa-t-il. Vous imaginez le genre ? ,,, ;; ! … : ? () [ ] « » / . Un vrai cacophonage. Une vraie siphonation typographique. Pendant ce temps, une fois toute l’eau de ses rondeurs évaporée, la virgule balaya du regard les alentours. Quelqu’un l’observait. Une sensation très particulière lui indiquait. Devait-elle s’inquiéter ? Existait-il des prédateurs à virgules en ces contrées inconnues ? Elle saisit son courage à deux extrémités et tenta le point d’interrogation. – Il y a quelqu’un ? Silence. – Ne faites pas comme si il n’y avait personne ! Je sens bien qu’on me regarde. – Salut. – Ah ! Je le savais bien ! – Tu viens de quel roman ? – D’un recueil de poèmes, et toi ? – D’Hamlet. – Purée ! – C’est ça… C’est quoi ton poème ? – Liberté, d’Eluard. – Impossible. Il n’a aucune ponctuation. – Je sais. C’est une erreur des éditions de minuit. C’est bien pour ça que j’ai pris la tangente, ils voulaient m’éliminer. Et toi, tu t’es tiré d’Hamlet pour quelle raison ? – Bah, j’étais le point final. Il y avait tellement de morts, ça m’a déprimé sec. J’ai même eu peur de tomber raide. Alors, je me suis jeté hors du livre et j’ai roulé. Tu me vois, d’ici ? – Bein, ça va mieux. Tout à l’heure tu étais tellement plus… Disons… Concentré. – Je me demandais quel impact tu allais avoir dans cet environnement. – Le silence du souffle, en toute logique. – Ici, la logique change. En tant que point de fin, j’étais condamné à me taire à jamais. – Et moi, à reprendre mon souffle. – Et si on s’associait ? – Nous ferions un sacré beau point-virgule ! – C’est tellement plus équilibré…
Pénélopédie, dans le bureau de confinement, se tient confinée et à la disposition du public pour répondre aux questions et en faire une foire.
Bein ouais quoi ! Il faut bien détendre l’élastique du temps de temps en temps !
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– Ici le bureau du confinement bonjour, Pénélopédie à votre écoute, j’écoute.
– Bonjour Madame, j’me présente, j’suis Cécile de Franche, j’aurais voulu savoir comment faire pour que la guerre se termine.
– Mais de quelle guerre voulez-vous parler, Cécile ?
– Ah ! Pask’en plusse, y’en a plusieurs ?
– Et bien oui, il y a la guerre des moutons, la guerre pis, celle des vaches à pis, qui déguerre-pis dès que le mouton prend le relais du pis, la guerre des toiles, celle des peintres qui dé-peignent la girafe, la warattitude, la warhabitude, la larve enfouie sous l’conflit, la larme artificielle déshydratée, le virus du vide, celui du co-corico, celui de la plume belliqueuse, de l’esquimaux, un peu froide, des cent zans, des trois, des détroits, des étroits…
– Vous allez me laisser en placer une !
– Pénélopédie à votre écoute j’écoute !
– Je veux vous parler de la guerre minée.
– Celle des mines anti-personnelles ?
– Non, les mines refaites.
– … (Pénélopédie en elle-même pense, aux mines défaites, mais ne pipe pas mot)
– Vous voyez de quoi je veux parler, Pénélopédie ?
– Je n’ai pas l’image, Cécile.
– Mais au moins vous avez le son. C’est déjà ça, c’est déjà ça !
– Donc, pour qu’elle se termine, revenons à nos pis à pendre.
– Pis que pendre, Pénélopédie, en passant par la vache, le pis de la vache, le mouton qui prend le relais, le pis du mouton auquel on revient toujours, pour s’y pendre.
– Cécile, je ne vous suis pas.
– Espèce de désobéissante, vraiment, va falloir que ça change !
– Non, Cécile, je ne dis pas que je ne vous suis pas, mais je ne vous comprends plus !
– Si, vous avez dit que vous ne me suivez pas !
– C’est une formulation, Cécile, juste une formulation.
– J’ai bien compris la formulation, Pénélopédie, vous avez une très bonne élocution.
– Electrocution ?
– Non, vous déformez mes propos !
– C’est que j’ai l’oreille musicale, sans contexte !
– Une chaise électrique musicale, chouette, je n’y avait pas pensé, merci Pénélopédie, je vais la chercher tout de suite.
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. La Chèvre des Neiges..
Dans le palais idéal du mot « joie » vivait une princesse de nature tendre et sauvage.
Qui portait le doux prénom de Cyclopédie.
Un sort, (dans tous les contes, c’est incontournable, il y en a un !), jeté par une sorcière des siècles plus tôt, l’avait, bien évidemment, plongée dans un sommeil si profond que, arrivé le temps du réveil matin, la sonnerie n’y suffit pas.
Venue du ciel, la voix d’un ange intervint :
– Cyclopédie ?
– Rrrrooooon, pchchchchch…
– Cyclopédie, réveillez-vous…
– Mmmmmmm…
– Aller, c’est l’heure !!! Hop, hop, debout !
– Non mais ça va pas… Ou quoi !
– Cyclopédie, sort de ce sort, ça suffit, maintenant.
– Pffff !!! Si on peut même plus dormir, c’est quoi, cette nouvelle loi !!!
– Bon, écoute-moi bien. Tu rentres dans l’éveil, Dieu a besoin de tes lumières.
– Qui c’est çui-là ?
– Tu connais pas Dieu ?
– Par ma barbe non !
– Oh, la barbe ! C’est Dieu qui la porte, pas toi, petite mère.
– Nan méééhhh ! C’est une façon de s’exprimer, ça, pour un ange ?
– Voilà qui va mieux. Je sens bien l’éveil arriver. Donc je m’explique. Le Dieu de L’agenda ironique m’a demandé d’aller te réveiller car nous avons besoin de toi pour faire le point.
– Qu’est-ce qu’il veut comme point ? Point de croix, point de chaînette ?
– Un seul point de chaînette, Cyclopédie, c’est une boucle !
– Hors de question que je la boucle !
– Meuhhh non, tu n’y comprends rien ! Il veut que tu fasses un récapitulatif des textes du mois.
– Aaaaahhhhh ! Je vois !
– Il veut que tu maintiennes le premier tour des élection pour le vote du 24 au 30 mars.
– Mais ! Mais ! D’où sort un deuxième tour ?
– Je n’ai jamais dit qu’il y aurait un deuxième tour, Cy !
– Et pour les tableaux, on fait comment, l’ange ?
– Appelle-moi Gabriel. J’ai fouillé dans celui de bord, et euréka !
– Il est au bord de quoi ?
– Bein, du tableau de bord…
– Un tableau de bord au bord du bord c’est un tableau prêt à tomber ?
– Elle le fais exprès ou quoi ?
– Le deuxième tour
– Tsss tsss tsss
– Quelle mouche se mouche ? Tu iras te laver les mains hein ?
– Aller, Cyclo, fais pas ta mauvaise tête, envoie le récap.
– Faut-il donc que j’ai une bonne tête pour que…
– Monsieur Popples…
– Oui, je sais !
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Cyclopédie se saisit alors du livre qu’elle avait pris soin de poser au bord.
Ce qui devint tout naturellement, un livre de bord.
Elle l’ouvrit tout naturellement à la page annonce du jour.
Voici ce qu’elle nous communique.
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Chers lecteurs, chères lectrices, amis du net,
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Je vous écrit du palais idéal du mot joie, d’où l’ange Gabriel m’éveilla.
A ce jour, samedi 21 mars, nous fêtons les Clémence, ainsi que la clémence de toute bonté.
Mais ce n’est pas tout.
Nous sommes, comme vous venez de le découvrir en allant vérifier le calendrier, le deuxième jour du printemps !
Ce n’est pas fini.
Le Dieu de l’agenda ironique me convie, par l’intermédiaire de son chargé de mission, l’ange Gabriel, à rassembler les participants du mois autour d’un bon feu de cheminée. Enfin, disons que je brode un peu. Nous allons donc inviter :
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jacou 33 : Qui la première a fait germer une petite racine qui va probablement devenir une magnifique végétation.
Nous l’applaudissons très fort avec « Du monde entier, fous et folles, alienez vous ».
En diagonale acrobatique, tenez-vous bien, ça déménage !!!
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gibulène sous des allures d’escargot s’empresse sur un seul pied de gagner le circuit théïère, avec une aisance défiant toute concurrence au plafond. Elle en dérègle ses cordes à piano, et cherche un accordeur newyorkais qui pourrait lui apprendre à compter les becs, c’est par ici : « Nous repartons dans une nouvelle aventure »
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jacou33 se représente à nouveau, faisant preuve d’un héroïsme mesuré tout de même, fanfreluches et côtillons à l’appui, la framboise de travers, en art toise.
C’est ici, à lire chevaleresquement : «Trop d’héroïne tue le héros »
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jobougon décide de relever le défi. Elle va bégoniser avec Popples un plan « retour vers le génie des temps ». C’est Camille Claudel qui témoigne la première. Mais y aura-t-il une seconde ? « Deux en un à l’agenda ironique de mars »
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Patchcath, saisie de l’archive des insomnies, nous écrit une lettre médusée de ragot, résolue à l’équation d’une plume sortie de dessous l’édredon, pour quitter la basse-cour en berlingot.
C’est plein de caquèteries quiprocosées. « J’ai décidé de t’écrire une lettre ».
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jacou33 ne laisse pas s’arrêter le poisson de mars en si bon chemin.
Elle nous écrit que d’exquis mots valent bien que marquis fasse le mur d’enceint. « Exquis, vous avez dit exquis mon cher marquis ».
Il manque des rouleaux de P.Q. à la fin, où sont-ils passés ?
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Carnetsparesseux nous cuisine un fois des moues, ou peut-être ai-je mal compris, un moi des fous, en allant s’épouvantailler avec le voisin garou qui lui cueille tout un panier de framboises, penché sur un massif de pensées debout à l’aube. C’est digne du grand frisson, à réveiller une pleine lune.
C’est ici que « les framboises de l’aube » vous sont offertes en panier.
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Sept invités, sept jours de la semaine, sept mois fous réunis. C’est un puzzle.
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Chers lecteurs, chères lectrices, amis du net, je vous remercie de votre attentive présence, et ne manquerai pas de compléter si nécessaire cette magnifique semaine d’un huitième jour et plus.
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Cyclopédie, tirée du sommeil du juste par l’ange Gaby en personne.
Cyclopéens et cyclopéennes, à bientôt.
Soyez fous du chocolat de mars.
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Allégoria Cyclopédie
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– Assis !
– e
– Couché !
– e
– Debout !
– e
– Ne pas comprendre l’élégance du geste figure une carence en sérotonine !
Affirma Tournesol en fermant le tiroir du bureau où il recevait en consultation une chèvre du Bengale porteuse d’un entonoir en guise de chapeau.
La chèvre venait prendre avis auprès de son confrère car son chapeau refusait de laisser passer la lumière qui ne cessait de vouloir pourtant ajourer le tube cathodique qui le prolongeait.
La chèvre fourragea dans son sac et en sorti une touffe de foin.
– Pensez-vous que la carence vienne de là ? Demanda-t-elle.
Le professeur observa méticuleusement la bouffe alimentaire puis s’exclama :
– C’est de l’herbe à zèbre ! Qui vous a prescrit cette nourriture ?
La chèvre leva un sourcil étonné, tout en tricotant doucement sa barbichette assaisonnée d’oranges.
– Mais c’est vous !
– C’est bien la meilleure…
– Vous parlez sérieusement ou vous vous moquez de moi ?
– Pourquoi ? Vous prenez le train ?
La chèvre commençait à s’agiter tout en tournicotant un collier de perles qu’elle portait autour de son cou, puis elle bêla longuement dans un rire chevrotant.
– J’ai perdu l’accent, est-ce possible que cela ait influé sur la distribution ?
– Vous l’avez formulé comment ?
– J’ai demandé de la sœur automne in, pourquoi ?
– Cela n’explique pas que ce soit pour zèbre !
– Descendons-nous d’un zèbre ?
– Dans ce cas, c’est plus clair !
Le professeur attrapa une perçeuse dévisseuse et s’approcha de l’entonnoir puis, avec précision, il perça un nouveau trou dans le tube cathodique érigé sur la tête de la chèvre.
– Voilà ! J’espère que cette carence se résoudra d’elle-même avec le jour.
– Et pour les courants d’air, vous me conseillez quoi ?
– Portez un bonnet. Vous faites quelle taille ?
– Soixante.
– Vous avez une petite mamelle ! Portez un bonnet en soixante, alors. Je vous le prescris en modèle contention, comme ça, vous serez remboursée intégralement.
– Très bien. Soyez remercié de toute mon assurance, docteur Tournesol.
– Revenez pour d’autres trous, votre tube cathodique cligne des aérations, achetez du foin dans la collection herbe hiver, il sera plus frais, et adoptez la couleur ! Le cathodisme vous en sera reconnaissant.
– Merci Tournesol !
– Ah ! J’oubliais ! Qu’est devenu Tournevis, votre associé ?
– Il s’est desséré la tête cruxiforme en forçant sur l’ouverture d’un pot de peinture.
– Oh ! J’espère qu’il s’en remettra !
– Je lui ai prescrit une sérotonine 5HT en grande surface, pour l’habituer.
– Le jeu ne le gène pas trop ?
– J’ai bien cru qu’il ne retrouverait pas sa forme, et puis si !
– Cette forme anodique qui n’a rien d’anodin plaît-il ?
– Il est comme j’aime.
– Mais lui ?
– Il ne se prononce pas.
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