Exit 2025 !
Moi je ne suis pas ici pour raconter ma vie mais il se trouve que pendant cette année-là j’aurai correspondu avec une charmante dame au sang bleu, la princesse de Retour, qui passe le plus clair de son temps dans un château du Sud de la Sarthe, une région de France où j’ai moi-même vécu un temps.
Nous avons justement beaucoup parlé dans nos courriels du temps passé, de mon temps passé par là, et surtout de celui qu’ont passé là les deux duchesses.
Ces deux dames de la haute se sont fritées très fort vers la fin du XIXe siècle pour des questions de tempérament. L’une, la duchesse de CHE était la belle-mère, « catholique en diable », l’autre, la duchesse de CHA était la bru avec un côté Marie-Antoinette de chez Sofia Coppola.
De la duchesse de CHA, la chanson eût pu dire « Elle était jeune et belle, comme de bien entendu ».
De son mari, le duc de CHA, fils de la duchesse de CHE, la maman eût pu chanter : « C’est un vrai gringalet, il a l’air d’un basset mais je l’ai-ai-meuh ».
Las, les auteurs et compositeurs de ces deux chefs-d’oeuvre chansonniers n’étaient point nés encore à cette époque.
Ces deux charmants jeunes gens avaient oeuvré comme il faut pour le réarmement démographique de la France et étaient parents d’une petite fille et d’un petit garçon.
Mais, comme dit très bien Jacques Brel, il faut bien que le corps exulte et donc quelquefois l’adulte erre. C’est un certain marquis de D. qui, poursuivant de ses assiduités la duchesse de CHA, fit éclater, tel une pétarade de véhicule automobile – la comparaison n’est pas gratuite ! -, le scandale en se faisant pincer lors d’une petite orgie d’entre gens du beau monde.
Mais chez ces gens-là, Monsieur, on ne rigole pas avec ces choses-là.
Je vous épargne la suite de la vengeance des CHE sur la CHA ! Elle a fait l’objet d’un procès en justice, bien suivi par la presse de l’époque, laquelle adora la dégaine du scandale, et de deux romans :
et
Tous les deux sont téléchargeables sur Gallica ! A vos liseuses !
***
Tout comme pour le personnage d’Isaure Chassériau, je me dis quelquefois que je suis le dernier individu sur terre, avec la princesse de Retour, à m’intéresser un peu à cette histoire-là. Et ce sans motif aucun. Ce n’est pas ma famille, ce n’est pas mon monde. Les gens qui me connaissent savent que je n’ai rien d’un aristocrate puisque le plus grand de mes plaisirs, ces jours-ci ,consiste à me régaler des vulgarités de « La Minute vieille belge » sur Arte ! Prolétaire un jour, prolétaire toujours !
Mais voilà ! Dès que j’ai le dos tourné cinq minutes, il se passe des tas de choses sur Internet et après une semaine de balades déconnectées le long de la mer en Trégor, me lançant au retour à la recherche de mes deux duchesses pour cause de Défi du samedi invitant à la chose, je tombe sur deux nouvelles sources intéressantes.
:
- Le site d’un conservateur des Hauts-de-France, Karl-Michael Hoin, qui publie l’histoire de la famille Lencquesaing, propriétaire du château de Laprée, dans le Pas-de-Calais et, parmi les documents relatifs à icelle, des lettres de la duchesse de CHE dont il souligne la bonté et la religiosité. Pourquoi pas ? Je n’ai pas à prendre parti dans l’histoire !
- Le portrait photographique, daté de 1853, de la duchesse de CHE. Jusqu’à présent on ne disposait que d’un tableau peint dans sa jeunesse par un nommé René-Théodore Berthon.
Pour qui aurait du temps à perdre et voudrait en savoir plus sur la duchesse de CHA, il faut fouiner ici parmi de belles images de… châteaux de sable !
Bonne année pleine de soleil et de baignade dans l’huile à vous !
Écrit pour le Défi du samedi n° 904 d'après cette consigne : Duchesse