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FAMILLE

Comme un maelström…souvenirs, souvenirs

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Dans la série « BONHEUR »

Ce dimanche avait pris des allures cafardeuses dès la première levée de paupière, je n’avais pas envie de quitter la chaleur de ma couette, pas de perspectives nouvelles pour cette journée alors, hein ? Pourquoi se lever ? Pour quoi ? Pour qui ? 

Pour Jean qui fait chanter l’eau dans la bouilloire, pour Jean qui prépare le petit-déjeuner, pour Jean qui est toujours de bonne humeur. Il est agaçant, non ? 😀 

Et puis, mon téléphone qui se fait entendre longuement. Qui est au bout du fil ? Du fil ? Par quoi changer cette expression ? On y réfléchira plus tard…CLÉMENT est en attente, en visioconférence. Voilà encore un mot qui est entré dans le vocabulaire courant depuis peu.

-« Mamie, est-ce qu’on peut venir manger chez toi ? »

Vite, vite : j’enlève la machine à coudre qui ne ronronnera pas aujourd’hui sut la table de la salle à manger. Vite, vite, quelques canapés au camembert que je ferai griller (pas cramer, non !). Vite, vite, des fleurs coupées dans le jardin pour en faire un joli bouquet. Vite, vite…papy se charge du repas et du dessert ! Tarte aux fraises et petits choux à la crème pâtissière.

Et pendant que les « grands » boivent l’apéritif au salon, les « petits », Clément et mamie, montent dans la mezzanine pour une partie de billard. Il y a longtemps que nous ne nous sommes pas affrontés, tu vas voir mon gaillard ! Bon ! Il a gagné, « comme d’habitude » me dit le blanc-bec ! Ah le morveux ! Il n’a pas changé ! 

Deux grands bonheurs dans la semaine, j’ai peur d’une overdose après tout ce temps d’abstinence.

Les oiseaux se sont envolés, reprise des cours au collège demain. Tous les jours mais le matin seulement. 

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Clément, le retour….

Il me revient en mémoire ce petit air dont il nous rebattait les oreilles, lors d’un retour de montagne. 

C’est pendant des kilomètres qu’il a chanté cette chanson, avec un enthousiasme qui allait croissant puisque, au bout d’un moment, nous l’avons accompagné comme nous l’avons pu dans sa prestation musicale. 

Mais quel âge avait-il ? 

-« Il est où le bonheur, il est où ? Il est où le bonheur, il est où ?… »

Eh bien hier, le bonheur, il était LÀ, dans notre maison. Du sol au plafond. Dans nos yeux, nos sourires masqués, dans nos bras grands ouverts, dans nos coeurs pour longtemps. 

Il faudra être raisonnable et ne pas demander une autre part de ce dessert inespéré, tant espéré. 

Il a voulu faire un selfie, me montrer les paramètres de la fonction « portrait » sur MON téléphone qu’il a vite repéré et que j’ai eu du mal à récupérer. 

-« Mais mamie, tu as enlevé tous mes jeux ? Et Snapchat, tu ne l’as plus ?… »

-«Je te rappelle que tu l’avais mis à ton nom, alors, il ne me servait à rien. »

En moins de deux, il m’a créé un compte, choisi mon pseudo, mon mot de passe et… Bon ! Qu’est-ce que je vais en faire de ce truc ? 

-« Tu pourras parler avec mes copains ! »

Ah oui, ses copains ! 

Finalement, rien n’a beaucoup changé, le temps est passé pour lui comme la brise dans les feuilles d’un arbre, sans le traumatiser, sans faire de dégâts. Je l’espère en tous les cas. 

Il est tout content de reprendre le chemin du collège lundi ! Tout est prêt pour recevoir la joyeuse marmaille. Deux profs manqueront à l’appel, elles continueront à dispenser leur enseignement à distance. 

Et Clément pourra chanter encore : « Il est où le bonheur, il est où ? »

 


Jouer avec un mot, challenge perso !..

Certains avaient l’air de douter de mes capacités à me servir de MA machine à coudre, ce « jouet extraordinaire » dont je vous ai parlé il y a peu. Lady Bird…tu es dans mon collimateur. Il y aura la photo de mes ouvrages à la fin du texte. Je me suis amusée avec le mot « fil » en attendant de me lancer dans d’autres aventures. Il me reste un morceau de tissu, je vais essayer de faire un masque à plis ! Oh bazar de casserole !

de fil en aiguilleIMG_9655


Un jouet extraordinaire (les plumes 11-20)


Les plumes d’Émilie 12-20

Thème de l’atelier : CIBLE

12 mots imposés : 

ARME – OBJECTIF – ATTEINDRE – BLEU – FLIRTER

CONCENTRER – FOURREAU – PACHYDERMIQUE

DOIGT – FLÈCHE – AMOUR – TIRER.

Mais qu’est-ce que j’ai dans le crâne à vouloir toujours péter plus haut que mon « luc » ? 

Encore un défi que personne ne m’a lancé et que j’ai pourtant relevé. 

Il faut dire aussi, qu’à force d’entendre parler de masques homologués ou non, j’ai fini par faire comme si j’étais capable d’en fabriquer un. Un « maison », beau, bien fait et surtout efficace. 

Alors, j’ai fait comme beaucoup, j’ai cherché sur internet, j’ai visionné beaucoup de vidéos sur lesquelles des femmes  expliquaient comment confectionner ces masques de tissu qui allaient nous « sauver » la vie, lors du déconfinement proche…ou pas ! 

Je me suis mise à rêver d’une nouvelle Marie-Jo, capable de tenir enfin une aiguille, de mesurer des mètres de toile, de tailler droit dans le fil. D’une femme qui, enfin, aurait pu montrer à son proche entourage, des plus sceptiques, les talents qu’elle aurait tenu cachés si longtemps. 

J’ai chassé de mon esprit, la vision de Don Quichotte de la Mancha et de son arme dérisoire pointée sur l’inaccessible étoile. Mon objectif est tout aussi utopique, je le sais au fond de moi, mais après tout, si je ne tente rien comment pourrais-je espérer atteindre le but que je me suis fixé ? 

Je suis arrivée à l’âge vénérable de 73 ans et 3 jours, certains fâcheux parlent d’âge vulnérable, et j’ai toujours dans ma tête, l’image déplorable d’une nulle en couture. Me serait-il possible, en ce moment où tout va à vau-l’eau, de passer du statut de bleu à celui de pro ? 

je flirte avec l’idée qu’il me suffirait de me concentrer suffisamment pour en époustoufler quelques-uns. Surtout ma copine Julie, couturière de son état, capable de réaliser en moins de deux des merveilles cousues au petit point, délicatement brodées, agrémentées de plumes ou de perles, robes de princesse ou fourreaux subjectifs.  

Bon, mon ambition n’est pas aussi démesuré, il faut raison garder. 

C’est en compagnie de mon mari complètement éberlué, que je suis entrée dans ce grand magasin avec la ferme intention d’y acheter une machine à coudre. Oui, oui, vous avez bien lu : une machine à coudre. Oh, pas chère et la moins compliquée possible. Je veux bien frimer mais rester dans les clous. Comme quoi, la confiance n’est pas encore bien grande ! 

Retour maison, déballage de l’engin qui est maintenant posé sur la table de la salle à manger. 

Elle est belle, toute blanche, avec des organigrammes que je m’évertue à déchiffrer. Rien de pachydermique chez elle, toute de légèreté et silence. Et si j’appuyais sur la pédale de rhéostat, juste pour voir ? Oh bazar de casserole ! J’ai dû appuyer trop fort, l’aiguille monte et descend à une allure folle ! Je me suis laissée emportée par la curiosité, si je continue à me comporter de cette façon, je vais finir par y laisser un doigt. 

Les consignes de sécurité et de marche à suivre sont dans un livret que je n’ai pas encore ouvert. 

C’est avec beaucoup plus d’attention que je me penche, et sur le livre et sur la machine. Comment marche-t-elle ? Il ne suffit pas, apparemment, d’actionner la pédale pour que mon projet aboutisse. 

La bobine de fil est en place, il faut procéder au bobinage de la canette. C’est bon. Oh mille dius ! Les choses se compliquent lorsque je veux insérer la canette dans son emplacement. J’ai réussi à enfiler l’aiguille, non sans mal, mais la canette me nargue à tel point que j’en appelle à Julie qui se marre. 

Téléphones en mode visioconférence, lunettes loupe sur le nez, j’essaie de comprendre ce qu’elle me dit avec toute l’assurance d’une professionnelle ! Doucement Julie, doucement. 

Les premiers points sont exécutés sur un bout de tissu, Julie me surveille, supervise mes essais laborieux. Elle a l’air rassuré , raccroche après m’avoir donné quelques conseils supplémentaires et après m’avoir expressément défendu de me servir de ce fil invisible que j’ai cru bon d’acheter. 

Bien entendu, je ne vais pas l’écouter et tente immédiatement de faire un ourlet sur un jean de mon mari. Oh bonsoir de bonsoir ! Fil emmêlé, aiguille fichée dans la grosse toile de jean ! Je ne vois qu’une solution, rappeler Julie et risquer la flèche du Parthe. Tant pis, je l’aurai méritée. mais Julie n’est qu’amour, elle me connait si bien que, j’en suis sûre, elle a dû rester près de son téléphone, persuadée que je n’allais pas tarder à l’appeler à la rescousse.

Mais sa patience a peut-être des limites, il ne faudrait pas que je tire trop sur la corde. Promis Julie, je ne te désobéirai plus ! 

Il m’a semblé l’entendre rire ! Pourquoi ? 


Hier, aujourd’hui et demain….

J-47…. comme l’année de ma naissance. 

Naissance fêtée hier et de très belle façon. 

Le jour 46, je ne donnais pas cher de mon moral. Fêter mon anniversaire en la seule compagnie de mon mari me paraissait vraiment dénué d’intérêt. Sans les enfants, sans Clément qu’est-ce que j’en avais à faire de cette date anniversaire ! 

Pour faire diversion, éviter les trémolos inutiles, j’avais prévu un petit repas amélioré, du champagne, du foie gras. Jean se prêtait au jeu, me suivait dans mes délires, en rajoutait. Il savait que j’avais le coeur gros,  que je cachais ma détresse.  J’ai dit oui avec enthousiasme quand il a proposé de faire une tarte au citron pour ce dessert sans autre témoin que nous-mêmes.  Faudra-t-il que je souffle les bougies sans l’aide de Clément ? Il n’y aura donc pas de postillons juvéniles sur le dessert, cette année ? Par les temps qui courent, expression usitée à foison depuis 47 jours au moins, ce ne sera pas plus mal. 

-À quelle heure es-tu née ? 

– À  5h du matin, pourquoi ? Tu ne comptes pas me réveiller à cette heure-là ? Méfie-toi, Jean ! 

Je le vois sourire, il me fait peur. 

8h. Ce sera une de mes nièces qui donnera le coup d’envoi des très nombreux messages affectueux, amicaux que je recevrai tout le long de cette journée. (Je viens d’interrompre quelques minutes le fil de ce texte puisque mon téléphone claironne gaiement l’arrivée de plusieurs messages.) 

Quel diablotin ai-je tiré par la queue pour être aussi gâtée par tout le monde ? Je n’ose dire « qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu » pour mériter autant de sourires, de rires, de plaisanteries, de souhaits aussi divers que farfelus ? 

La sonnette paraît carillonner plus fort sous le doigts de Marie-France, une de nos voisines. Le gros bouquet qu’elle a confectionné avec les fleurs de son jardin, passe par-dessus le portail sans que l’on se touche les mains. Je suis toute émue. 

J’avais prévu de faire le repas moi-même, Jean ne devait que me regarder, à la rigueur faire l’apprenti cuisinier. Mais comment honorer ces beaux sentiments quand je suis appelée toutes les cinq minutes au téléphone ? Alors il a dû prendre le relais et s’en est (comme d’habitude) parfaitement bien sorti. 

La sonnette ? Encore ? Robert, Janine et Véro sont derrière le portail. Mes chers partenaires de tennis et pelote ont apporté avec eux un sac rempli de bonnes choses : champagne, toasts « maison », il y a même les verres et une bougie que Robert fichera sur le bouchon de la bouteille de champagne qui a pété fort vers les branches du cerisier. 

Jean a installé devant les portes du garage une table de pique-nique et des tabourets, nous essayons de respecter les distances réglementaires…bon sang, pas facile ! Je vais vite chercher le foie gras posé sur le pain brioché et il faudra une autre bouteille de champagne puisqu’ils ne sont pas pressés de retrouver leurs pénates. Ils s’amusent de toutes les vidéoconférences qui s’affichent sur l’écran de l’iPhone, ils participent puisque tous ceux qui m’appellent ne leur sont pas inconnus. 

Oh Clément, mon petit Clément ! Que j’aime ce sourire aux deux grandes incisives ! Ton papa et ta maman sont derrière toi, la chienne ne doit pas être loin. 

Et puis c’est au tour de Ginette et Patou…elle rit ma soeur, ses cheveux repoussent, « plus que » six séances de radiothérapie, elle plaisante comme si c’était une partie de plaisir. Je t’aime, soeurette. Son mari et Robert ont joué ensemble au rugby, avec mes frères, il y a longtemps. Ils sont contents de se revoir par écran interposé. Plus d’appel, les amis reprennent leur panier, vide maintenant, franchissent le seuil du portail…ah, que c’était bon de les voir ! 

C’est à l’intensité de ces moments-là que je mesure combien le manque était énorme. 

Le calme est revenu dans la maison, le poisson et ses légumes sont enfournés, les crevettes sont grillées, la tarte n’a plus qu’à attendre son tour ! Les bulles se calment dans ma tête. 

Les messages continuent d’arriver, Jean se marre. Je fais semblant de soupirer, faire celle que cela dérange mais, en fait, je suis trop contente et il le sait. 

C’est fou quand même comme j’aime qu’on m’aime ! Est-ce normal, docteur ? 

Les toubibs sont trop occupés pour répondre à de telles questions, alors je profite à fond de cet état de pur égotisme. Je reviendrai assez vite à la réalité, il est tard, plus personne n’appellera. 

(C’est du direct, mes amis ! 😀 22:26. Ma copine Marie-France (une autre) vient de se souvenir de mon anniversaire ! Je vous laisse deux minutes.)

En fait, c’est une gourmande patentée. Elle voulait surtout savoir ce que Jean avait fait au dessert !!! 😀 

Les échanges de nos deux messages ont été d’une rapidité déconcertante. Voilà qui remet les pendules à l’heure, finalement, tout le monde a été poli comme il se doit en de telles circonstances. 

Zut alors ! Me voici changée en colosse aux pieds d’argile ! Drôle de sensation ! 

Demain sera un nouveau jour, un jour comme un autre, comme celui d’avant mon anniversaire. 

Je révise encore un peu, je me souviens des éclats de rire, des plaisanteries et surtout du super cadeau que m’a offert mon frère aîné, la cerise sur le gâteau (le gâteau que ne mangera pas Marie-France, la gourmande ! Na !)  : il ne se souvient plus de mon âge et pense que j’ai 65 ans. Allons bon ! je lui annonce en rigolant mes 73 ans. Un silence à l’autre bout du fil invisible…zut, je n’aurais pas dû être honnête, il a l’air déçu. Croyait-il qu’il n’y avait que lui qui avait le pouvoir de grandir ? Pense-t-il tout à coup à son âge ? À ses 80 ans qu’il fêtera en septembre ? Pourvu que celui que je ne nommerai pas, tellement il nous empoisonne l’existence, ait été vaincu par nos chers médecins cités si légèrement plus haut ! 

22:52, l’heure d’arrêter de commenter cette journée ! Vous m’avez assez vue. 

J-48    

Téléphone muet, une vague a dû emporter au loin les messages reçus hier ! « Holà, la vigie, rien à l’horizon ? Tout est calme, capitaine, rien ne bouge. Ah, attendez, un retardataire d’origine bretonne vient de lancer une bouteille à la mer. Le temps de dégringoler du mât de misaine et je l’attrape. » 

Merci Yann, je commençais à me sentir bien seule ! Mais il faudra bien que je m’y fasse, c’est quand, le 2 mai prochain ?

Quoi ? Dans 364 jours ? IMG_9433


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