Pourquoi Pas…

Aujourd’hui, on m’a dit que j’étais un shaman.
Je ne sais pas, j’ai répondu être un poète,
Etre avant tout en fait,
A l’écoute de ce qui nous traverse.
L’homme a rigolé et s’en est allé.
J’ai souri, amusante interaction
Du réel et de l’imaginaire,
Du visible voilé, de l’invisible révélé.
Une tentative à la hauteur
De l’énergie qui nous anime avec douceur.
La Source de nos mimes et de nos dépassements,
L’origine du vivant.
Je ne suis pas plus poète que shaman,
Pas moins non plus, je suis humain.
Les rôles, les codes et les labels
Mutilent les talents et les potentiels de l’espèce.
Aujourd’hui, on m’a dit que j’étais un shaman.
Demain on me dira que je suis fou,
Mais je m’en fous. Je suis, voila tout !
Pourquoi chercher d’autres règles, d’autres noms ?
Je suis, ça suffit.
Certes la poésie parmi mes passions,
Mais vivant au-delà de mes actions,
Sur le fil de la révélation de mon entièreté.
En chemin comme chacun,
Heureux d’être votre poète, votre shaman,
Si vous en avez besoin,
Mais vous seuls avez les clés en âme.

ML (2015)

There is no Need

It doesn’t need to leave a big imprint,
It just has to be.
There is love and sea,
Choice and life…
There are chains and wings
Together in the same soul.

It doesn’t need to be seen
To change all that you see.
Never stop at the idea of sin,
Just be true to yourself.
There is consciousness and emptiness
Bound by the same questions.

It doesn’t need to be told
Until you reveal what it says.
There is joy and pain,
Experience of the alter same,
All healing in the light of consciousness:
The burning sun of love.

There is no need for a name
When light penetrates each of your cells.
It doesn’t need to be visible,
It just has to be…
It doesn’t need to be recorded,
It just has to live…
It doesn’t need to be remembered,
Just engraved in eternity.

ML (2014)

A Bon Entendeur

Il n’y a pas de mots pour décrire
L’assassinat de plumes,
D’autant moins lorsque des barbares
S’emparent de la barbarie
Pour délier leurs dialectiques vaines et cruelles.
Alors c’est mon silence qui accompagne
Ces Hommes sacrifiés sur l’autel d’obscures raisons.

Mais je pleure avant tout la division et l’arbitraire.
Je pleure car la police aussi assassine en mon pays,
Parmi d’autres un Homme comme Rémi.
Expression vivante de la liberté
Face à l’oppression du béton et de fortunes cyniques.
Je m’associe à la douleur de ces milliers de familles
Déchirées et déportées par les bombes chaque jour.
Attentats qui sèment indifférence et résignation
Lorsqu’ils surgissent au lointain ;
Haine et confusion lorsqu’ils frappent à nos portes.

Allah est grand, Dieu, Jah,
Puissance Créatrice, Esprit en Action,
Que l’on ne peut nommer lorsque vibre en Nous
L’expression profonde de Sa force et Sa splendeur.
Les bombes, les drones et les tortures font ricochet,
De même les feux de la discorde sans cesse attisés
Par des meurtres arbitraires, des manipulations insensées,
L’humiliation de nos frères et sœurs,
L’amas de richesses obscènes et l’ignorance cultivée.
Je pleure en silence et mes larmes
Transportent la tempête dans l’Océan Eternel.
Des lames de fond appellent au réveil des consciences
Face aux obscurantismes financiers, religieux, techniques,
Et autres aveuglements dépassés.

Intelligences piratées par les artifices de la puissance,
Arrogance du contrôle de ces âmes noires
Qui prônent l’union dans l’uniforme,
La division dans l’essence de nos Etres,
Les conflits et la confusion en chacun de Nous.
Je ne suis pas Charlie,
Je ne suis pas Rémi,
Je suis une âme libre et autonome,
Solitaire et solidaire avec chaque expression du divin,
En communion avec la liberté de l’instant
Et l’expression de l’instinct, catalysées par la conscience.

Allah est grand, Dieu, Jah,
Etes-vous seulement vivant pour vibrer
A l’unisson des âmes inspirées ?
Vos dieux théoriques, votre arrogance sapiens,
Vos richesses et votre puissance ne sont rien,
S’ils ne laissent exploser en Vous
La clameur silencieuse de la Vie,
Les bourrasques de l’Esprit Créateur,
Le feu sacré de l’Amour…
A bon entendeur,
Puisse mon silence apaiser vos cœurs.

ML (2015)