La Sagesse de nos 20 Ans

On est sérieux lorsqu’on a 20ans,
Porté par nos rêves, et par le vent.
Affûtés pour l’éveil,
Les sens voués à l’instant.
Expérience sans pareil
Ouverte à l’existant.

On est sérieux lorsqu’on a 20ans,
C’est plus tard que l’on devient insignifiant.
Voiture, crédit, travail,
Tant de futilités,
L’inconséquence des rêves mutilés.
L’essence de l’Etre en jachère,
Les sens coincés dans le décor.
Sortie de route.
Oublier le doute,
Pour de vaines certitudes.
La maladie de l’adulte
Qui pense savoir,
Alors qu’il a arrêté de chercher,
Qui confond son devoir
Avec sa vanité.

On est sérieux lorsqu’on a 20ans.
Par la suite on devient ennuyeux,
Ce que l’on appelle devenir vieux.
Mais il n’est point de fatalité.
L’Esprit n’est pas le corps.
La fatigue des cellules
Peut enfermer
Ou donner du recul,
A celui qui sait s’émerveiller.
Homo economicus,
Est l’adulte archétypal :
Un colosse aux pieds d’argile
Un colosse à tête d’imbécile.
Il se pavane, maître illusoire,
Détruisant ce qu’il croit avoir conquis.
Il pille le monde de ses richesses
Et se refuse à sa propre sagesse,
La sagesse de nos 20 ans…

ML (2025)

Devenir

La bête se meut dans le ventre de la Cité.
La bête se déploie sous nos yeux résignés.
Pourrissement profond,
Décomposition,
Pour un nouvel humus,
Le renouveau attendu
Sous les décombres de l’Ancien.
Transformation progressive, agressive,
Ruptures et tremblements.
Tout n’est qu’orgueil
A travers le temps…
Parfois nos écueils
Nous délivrent à temps.
De passage en nos corps,
Nous cheminons vers la mort.
Rien à prouver,
Rien à faire,
Tout à aimer,
Tant à défaire.
La Vie est un Don,
Anima animée.
Ensemble nous brûlons
Sans nous consumer.
Fini de consommer,
Nous sommes.
Vivre c’est aimer,
Devenir en somme…
Seules de nouvelles moissons
Transformeront la bête.
Le souffle de nos visions
Dévoile sa défaite.

ML (2024)

Réconciliation

Porter la réconciliation,
Une Parole sans mot.
Vivre à tout âge la vision
De la paix sans défaut,
Inhumaine.
Abandon du libre-arbitre,
Energie de Joie,
Explosion,
La Vie est un Don.
A nous de rendre grâce,
A nous d’être humain.
En tous états de conscience,
En tout point de temps et d’espace,
Porter le regard sur l’Un connu.
Se laisser pénétrer
Par la claire vision,
Chanson de la mer
Qui parfois se retire.
En restent la caresse et le souvenir,
L’énergie joyeuse de l’expérience.
Une paix sans fond,
Un amour don…
Plus rien à écrire,
Mais tout à partager…
Merci.

ML (2024)

Evidence

Un instant pour lever le voile
Et l’Amour vibre en chaque atome.
Sous le tumulte des étoiles,
Le feu originel anime les Hommes.
De la conscience à la matière,
De la matière à la conscience,
Les ponts portent connaissance
Et les portes scellées par l’ignorance
S’ouvrent par les clés du doute et de l’errance.
On ne choisit pas sa route,
Mais les détours de nos esprits.
Chez sapiens,
Les allées de la paresse inspirée
Ont laissé place au béton de l’uniformité.
Autoroutes mornes et vaines,
Qui ouvrent sur de tristes impasses.
Chaque chemin est unique,
Chaque âme souveraine.
Les rencontres sont riches sur les sentiers
Que l’on défriche en nos élans amoureux.
A mesure que l’on avance,
Le chemin de conscience s’efface des surfaces
Pour laisser place au rayonnement du lieu sacré,
En Soi, en chacun de nous,
Là où mènent tous les doutes et toutes les routes.
L’évidence d’être et d’aimer,
D’être aimé par la Vie et l’Univers.
Il n’est rien de comparable en cette Terre,
Car c’est la lumière intérieure qui éclaire toute beauté
Pour en dévoiler sa Vérité.
Ephémère en la matière,
Eternelle en sa lumière,
En la conscience de l’Univers.
Sans elle, ne reste plus que notre enfer.

ML (2022)

Souffle de Feu

En un sourire de feu,
Réanimer les mythes des anciens Dieux.
En colère, un peu fous,
Ils animent les guerres et les jeux.
Une bonne blague que l’Histoire,
Sanglante et tragique de notre espèce qui,
Non contente de mourir,
Se plait à tuer et à souffrir…

En un rire furieux,
Faire trembler les empires.
Mettre à nu les Rois et les vampires,
Que ne reste que l’emprise
D’une toile de Matière
En laquelle s’incarne l’Esprit.
Le Réel n’impose pas le conflit,
Fruit pourri de nos lacunes et de nos ennuis.

En un souffle joyeux,
Expirer l’invisible, le forger,
Lancer aux quatre vents des étincelles de victoire.
L’élan éternel de l’immobile immanent,
Le vent subtil de l’indicible aimant.
En quelques mots,
Evoquer le divin, le réveiller, le révéler.
Formuler l’écho,
Qui sauve du vain, et propose l’unité.

ML (2022)

Surgissement

Parcourir l’abysse des sommets,
Sculpter les pics des profondeurs.
Parler dans le Temps
De ce qui ne connaît la temporalité.
Percevoir la Source par-delà les embruns,
Mêler la verticalité de l’Un
A l’horizontalité du multiple…
Sentir le vent froid des étés
Et la chaleur de nos hivers.
Percer le Réel dans la Maya
Et l’illusion de l’au-delà.
La conscience habite la chair,
Témoin de vie avec nos pères,
Nos mères, le creuset alchimique.
Au Noir, la séparation et le pourrissement
Forment l’humus des âges,
Et Nourrissent le Vivant d’un présage.
Au Blanc se manifeste la lumière des profondeurs
Eclairant l’horizon d’un visage,
L’éclair indique le nouveau rivage.
Au rouge soleil éclate un miroir.
L’au-delà du Temps s’incarne en la Matière,
Accomplit la paix des hémisphères.
L’Esprit porte l’élan de l’Incréé,
En tous points de l’existant
Et de ce qui vient…
L’à venir germe au présent,
Infusé par les substrats des passés.
Et de ce qui survient…

ML (2021)

Étonnement

Le réel est discutable,
C’est un fait.
L’objectivité impensable,
C’est un test.
L’acceptation consciente de la subjectivité
Est le meilleur moyen d’embrasser la complexité
Des réels qui s’entrelacent avec célérité.
De ma vérité à la tienne,
Il n’y a qu’un pas d’univers.
Certes bien assez pour respecter le divers,
Le marginal, l’excentrique et le résigné.
Même le cynique doit être écouté,
Si l’on veut tendre à l’équilibre collectivement.
Il n’est pas d’autre choix que la coopération
Pour se préserver de l’autodestruction.
Construire, malgré nos limites et nos faiblesses,
Devenir chaque jour plus digne du don fabuleux de la vie.

Et pourtant, l’espèce se révèle chaque jour plus blasée, comme lassée,
Face aux vertiges profonds de la mort et de de l’existence.
L’incroyable et fabuleux rayonnement de la conscience d’être
Bute sur l’ennui et le cynisme, affublés d’un soupçon de raison.
Nous vaquons à l’inutile comme si tout cela allait de soi,
Faisant fi de milliards d’années d’évolution et d’excellence biologique,
De miracles physiques, chimiques, magnétiques, … menant à la Vie.
Quelques années me sont données pour embrasser le miracle,
Parfois une seconde suffit…
Quelques décennies pour comprendre le manque d’étonnement de l’espèce,
Impossible pari…

ML (2018)

Essence

Chevaucher le tigre du temps
Et des éléments en mutation.
La folie humaine suspend
Les futurs sur le fil des visions.
La Terre rugit avec fracas,
Mais l’insolence sapience rend sourd
Aux cris de notre propre matière,
Notre essence, la Source des univers.
Le sourire du destin, presque moqueur,
Est prêt à faucher chacun avec douceur.
Serons-nous suffisamment mûrs, ou desséchés ?
Serons-nous prêts à engendrer le futur
Et ses nouvelles contrées ?
Entre le Néant et l’infini,
L’élan des profondeurs est menacé
Par la ronde morbide de l’avarice.
Humains, insuffisamment humains,
Que la haine et l’envie divisent.
Êtres possédés par le veau d’or
Et ses reflets de misère.
Les mensonges et la médiocrité,
S’enchaînent et s’imposent dans les esprits.
Compétition, peur, et ennui…
Allez brûler dans les flammes de vos envies déplacées
Pour renaître à la trame des destinées.
Allez creuser les profondeurs de vos âmes
Pour ne plus brûler dans les flammes insupportables
De l’ego séparé, mutilé.
Devenez le feu de paix, le magma des origines,
L’explosion de joie et de jeu, de foi et de Soi,
Le retour à la source des Dieux.
L’Amour est l’essence des cieux.

ML (2018)

Atlantide

Comme l’écume profonde d’une mer fantôme,
L’étude de l’onde féconde nos atomes.
Dans l’infinitésimal se dessine le futur,
Chaque cellule en selle pour l’aventure.
Embruns des dieux de l’ancien monde,
Le nouveau tarde à jaillir de l’immonde.
Mes larmes ruissellent en vagues d’étoiles
Sur le firmament voilé de l’étrange toile.
Tissée touche par touche
Par la nécessité et les passions,
Les hasards et les visions,
Les créations et les révélations,
En un même mouvement.
Humilité cueillie à la source du vivant,
Conscience apprenante dans les vents.
Orages, brumes, et éclaircies,
La claire vision s’impose sous la pluie.
Simple, sereine, elle nourrit la terre.
Subtile, furieuse, elle noie l’éphémère.
Atlantide à portée d’inconscience,
Les échos du mythe planent sur la nature.
Évolution à portée de conscience,
Par nos songes et nos choix se tissent les futurs.

ML (2018)