Chaque lieu visité
porte dans ma mémoire
un subtil détail qui compose
peu à peu avec d'autres
une carte représentant
ma propre géographie intérieure.
Elle a quelque chose
de pataphysique
qu'aucun scientifique
ne serait capable de reconnaître.
Une odeur de sureau
dans le chemin proche du poulailler
de mes grands-parents maternels.
Un rire explosif
à la terrasse d'un bar pauliste
au mois d'avril.
Un rhume fulgurant
en plein centre commercial à Dubai.
Les images d'un tsunami
à la télévision
d'un bungalow à Cairns
au mois de décembre.
Un brouillard dickensien
arrivé à Limoges.
Un noyé flottant
à la surface de l'océan
sur la plage de La Tranche sur Mer.