Les neiges bleues 🇷🇺 : Piotr Bednarski 🇵🇱

ImageTitre : Les neiges bleues 🇷🇺 ☭

Auteur : Piotr Bednarski 🇵🇱
Édition : Livre de Poche (2008) – 187 pages
Édition Originale : Blekitne Sniegi (2008)
Traduction : Jacques Burko

Résumé :
Au cœur du système répressif soviétique des années quarante, dans l’antichambre du Goulag, un petit garçon de huit ans tente, malgré les épreuves, de garder l’allégresse naturelle à l’enfance.

Sur une terre froide et austère avec le Goulag pour seul horizon, certains lisent la Bible en cachette et ne se résignent pas à l’Enfer.

Malgré une vie rythmée par les morts, les disparitions, les emprisonnements, le jeune Petia, condamné à devenir adulte avant d’avoir dix ans, va découvrir un terrain de jeu nécessaire et absolu où pousse une des plus belles fleurs de l’espoir : la poésie.

ImageCritique :
Ce roman autobiographique n’est pas un récit linéaire. Il est composé de plusieurs petites histoires, qui peuvent se lire comme des nouvelles.

Toutes ont un rapport avec ce qu’a vécu le jeune Petia, 8 ans, dans l’antichambre du Goulag. Lui, ses amis, ses parents, les gens qu’il appréciait…

L’auteur y parle de son vécu, mais jamais, il ne sombrera dans le pathos. Que du contraire, on sent aussi de la joie, de la révolte, de la résistance, de l’amitié, de la poésie, de la solidarité.

A contrario, nous aurons aussi des morts, des exécutions, des meurtres, des dénonciations, parfois dans un couple, parfois même des parents ou des enfants. Le tout décrit à hauteur d’enfant, puisque Petia est notre narrateur et qui nous livrera un récit très sobre de ses conditions de vie.

Les salopards qui géraient le pays et qui y avaient établi le communisme n’avaient pas de logique et la répression battait son plein. Aujourd’hui, vous étiez dans les petits papiers du système et le lendemain, vous pouviez être déporté.

La terreur est reine, la peur aussi. Et le NKVD est une menace permanente et il peut, arbitrairement, faire de votre vie un enfer ou vous éliminer, purement et simplement.

Il y a énormément d’émotions, dans ces petites histoires, et même si Petia et sa mère vivent dans un petit village et non dans un goulag, il n’en reste pas moins que la vie y est difficile, qu’ils ont été déportés de Pologne pour finir en Sibérie, que les rations de nourriture sont peu importantes, même s’ils ont moins faim que dans les camps.

Toutes les nouvelles parlent de la vie de tous les jours, des rencontres que Petia a faites, de la vie dans ce village de déportés, dans l’orphelinat dans lequel vivent les enfants qui ont perdu leurs parents, ce qui constitue, à la fin, une vue d’ensemble.

Un roman autobiographique émouvant, dur, sans pour autant sombrer dans le pathos, mais avec le peu qui est dit, on est capable de se faire une belle vue d’ensemble de cette période terrible, où tout était interdit, où vous pouviez vous faire déporter pour rien, avec des peines très longues pour des broutilles ou pire encore, avec des peines sans nom…

Bref, un récit bien plus intéressant et avec des conditions de vie un milliard de fois plus difficile que celles qui furent d’application pour un prisonnier célèbre, enfermé 21 jours et qui a réussi à vendre plein de livres de son incarcération.

Un récit qui parle de vies fracassées, foutues en l’air, pour rien…

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Brûlez Moscou 🇷🇺 : Kid Toussaint et Stéphane Perger 🇫🇷

ImageTitre : Brûlez Moscou 🇷🇺

Scénariste : Kid Toussaint 🇫🇷
Dessinateur : Stéphane Perger 🇫🇷

Édition : Le Lombard – Signé (2018) – 72 pages

Résumé :
Septembre 1812. La Grande Armée de Napoléon est aux portes de Moscou. Le comte Rostopchine, gouverneur de Moscou, se rend à la prison de l’Ostrog et libère des geôles tous les criminels en les priant de « voler, piller, tuer et incendier » pour que rien ne tombe aux mains de l’ennemi.

Parmi les libérés, Anatoli Lenski semble avoir un but bien à lui. Et malheur à qui tentera de s’y opposer.

ImageCritique :
Puisque ma copinaute Bianca organise un Mois en Russie (janvier 2026), j’en profite pour réviser mon histoire de Russie, notamment celle du temps de tsars et des guerres napoléoniennes.

Cette bédé m’avait attirée par sa couverture, montrant un grand incendie, ainsi que son titre. Parfait pour réviser l’Histoire au travers d’un récit.

Lorsque nous rencontrons Anatoli Lenski, il est en prison, sans que l’on sache pourquoi. Napo est aux portes de Moscou et le comte Rostopchine, gouverneur de Moscou, a ordonné de quitter la ville, de l’incendier, de libérer les prisonniers, bref, de ne rien laisser à l’ogre corse.

Lorsque deux ogres s’affrontent (le russe et le petit corse), ce sont les petites gens qui trinquent, comme toujours. Les riches sont foutus le camp les premiers, les pauvres tentent de pilier ce qu’il reste et Anatoli Lenski arpente les rues de Moscou, à la recherche d’un autre ogre qui mange les enfants : Kolia, qui était en taule avec lui.

Si au départ, on ne savait pas qui était Anatoli, ni son crime qui l’avait envoyé dans la prison, nous l’apprendrons plus loin, grâce à un flash-back et Sergueï, qui l’accompagne, se chargera de nous en dire un peu plus aussi. Si le portrait n’est pas approfondi plus, j’en savais assez que pour comprendre le personnage.

Hélas, avec un peu plus de pages, le scénariste aurait pu étoffer un peu plus son récit et approfondir les personnages secondaires, dont nous ne saurons que peu de choses. Pourtant, ils auraient mérité d’être approfondis.

Les dessins étaient très bien réalisés et j’ai pris plaisir à les regarder à mon aise, tout en lisant la bédé.

Même si elle est assez courte, cette histoire m’a tout de même permis d’en apprendre un peu plus sur l’incendie de Moscou et la politique des terres brûlées, pratiquées par les russes. Il restera, malgré tout, un goût de trop peu…

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  • Le Mois Russe (janvier 2026), chez Bianca – N°01

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Requiem pour les fantômes : Katherine Arden 🇺🇸 [LC avec Bianca]

ImageTitre : Requiem pour les fantômes 🇨🇦 + 🇧🇪

Auteur : Katherine Arden 🇺🇸
Édition : Denoël (18/09/2024) – 462 pages
Édition Originale : The Warm Hands of Ghosts (2024)
Traduction : Jacques Collin

Résumé :
Janvier 1918 : Laura Iven, après avoir été grièvement blessée, est revenue du front où elle était infirmière. Elle tente de retrouver sa vie d’avant à Halifax, au Canada, bien que son frère, Freddie, soit pour sa part resté dans les tranchées.

Un jour, elle reçoit l’annonce de sa disparition, accompagnée de l’uniforme du jeune homme. Incapable de croire à la mort de celui-ci, Laura décide de repartir pour la Belgique.

Novembre 1917 : Après une explosion, Freddie Iven reprend connaissance sous une casemate retournée, coincé dans le noir avec un soldat allemand. Tous deux désorientés, ils vont devoir unir leurs efforts pour survivre. Mais, une fois dans le no man’s land, leurs chances seront infimes.

Freddie pourrait-il être encore en vie ? Laura parviendra-t-elle à découvrir ce qui lui est vraiment arrivé ? Et la rumeur selon laquelle les soldats qui le souhaitent oublieraient tous leurs souvenirs grâce à un mystérieux violoniste est-elle fondée ?

ImageCritique :
Lorsque j’ai commencé à lire ce roman, je ne savais pas du tout où il allait m’entraîner, n’ayant pas lu le résumé avant. Quelle ne fut donc pas ma surprise de me retrouver à Halifax, Canada, en janvier 1918…

Avant de me retrouver propulsée en hiver 1917, en Belgique, en Flandre, durant les terribles combats à Passchendaele (Passendale, si vous avez du mal à prononcer le nom de la ville en V.O).

De ces terribles combats, nous n’en apprîmes jamais rien, à l’école. On nous parla juste des plaines de l’Yser que l’on avait inondées, du roi Albert I, casqué, sur le front, de la reine Élisabeth, visitant les blessés (on en avait fait des timbres), et puis c’était tout.

Je n’en sais pas beaucoup plus, après lecture de ce roman… Son sujet n’était pas de nous détailler ces combats, tel un livre d’histoire, mais de nous parler d’autre chose. Malgré tout, j’ai tout de même augmenté un peu savoir.

La majorité de ce récit se déroulera donc dans mon pays, dans sa version plate, au nord et pendant la grande boucherie, la fameuse Der’ des Der’ (tu parles, la dernière).

Dans ce récit, j’ai pataugé dans la boue, dans les trous d’obus, dans le no man’s land, j’ai rampé pour ne pas me faire tuer par les balles ou me prendre un obus sur le coin de la tronche. Alors, oui, j’ai pris plaisir à déambuler en Flandre, même si c’était pendant la guerre.

Laura Iven, ancienne infirmière démobilisée pour cause de blessure, va quitter sa ville d’Halifax pour retourner sur le front d’Ypres, à la recherche de son frère, dont elle ne sait s’il est mort ou disparu.

L’élément fantastique sera de la partie, notamment avec un joueur de violon dont on ne sait s’il est réel ou bien si c’est le diable en personne. Si au début, le côté fantastique est ténu, faisant penser à des hallucinations, il deviendra plus prégnant ensuite, ne nous laissant plus aucun doute : nous étions dans un roman historico-fantastique. Si vous n’aimez pas ça, passez votre chemin…

Le récit m’a emporté assez loin, même si je suis restée dans mon pays, mais le voyage dans le temps était intéressant, parce que le côté historique était tout de même présent et bien mis en scène, privilégiant la vie dans un hôpital de campagne plutôt que dans les tranchées remplies de boue.

Malgré tout, l’autrice nous en dira assez pour que nous comprenions bien que ce n’était pas une promenade de santé, cette boucherie ! Des fois que des gens voudraient le retour d’une guerre, sur nos terres…

Les personnages sont intéressants aussi, même si nous n’en saurons pas de trop non plus et qu’on les découvrira au fur et à mesure de leurs aventures. Laura Iven n’est pas en sucre et j’ai apprécié ce personnage, plus solide que son petit frère, même si je peux comprendre pourquoi il a vrillé ainsi. Je ne l’ai pas vécu, mais s’il m’arrivait la même chose, je pense que je serais en TSPT direct (Syndrome ou Trouble de Stress Post-Traumatique).

Finalement, c’est une histoire touchante que l’autrice nous propose, que ce soit au niveau des sentiments d’amitiés ou amoureux, le tout sans trop en faire, sans sombrer dans le pathos ou le sirupeux. Tous ces ingrédients se mélangeaient bien entre eux et le côté fantastique n’était pas dérangeant du tout, pour moi.

Alors oui, il y a quelques longueurs durant le récit, qui ont plus dérangé ma copinaute Bianca, qui était en LC à mes côtés, que votre serviteur. J’étais bien dans le roman, concentrée et cela ne m’a pas dérangée non plus de ne pas avoir toutes les réponses sur un personnage, là où Bianca aurait aimé en savoir plus. Sa critique est un peu plus critique que la mienne.

Les Européens de 1914, riches du pillage de leurs colonies et totalement convaincus de leur suprématie culturelle, découvrirent qu’ils étaient capables d’envoyer leurs enfants vivre dans des trous pour s’entretuer. Le savoir hanta les survivants tout le reste de leur vie.

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Les ombres du monde 🇷🇼 : Michel Bussi 🇫🇷

ImageTitre : Les ombres du monde 🇷🇼

Auteur : Michel Bussi 🇫🇷
Édition : Presses de la Cité (14/08/2025) – 576 pages

Résumé :
Octobre 1990.
Le capitaine français Jorik Arteta, en mission au Rwanda, rencontre Espérance, jeune professeure engagée dans la transition démocratique de son pays.

6 avril 1994.
Un éclair déchire le ciel de Kigali. Le Falcon du président rwandais explose en plein vol.

Commencent alors cent jours de terreur et de sang. Les auteurs des tirs de missiles ne seront jamais identifiés. Quelqu’un, pourtant, connaît la vérité.
Noël 2024.

Jorik, sa fille et sa petite-fille s’envolent pour le Rwanda. Tous poursuivent leur propre quête, tourmentée par les fantômes du passé.

ImageCritique :
Comme je voulais en savoir un peu plus sur le génocide au Rwanda et que j’apprécie les romans de Michel Bussi, j’avais l’assurance de passer un bon moment de lecture, même de terminer avec un coup de coeur…

Hélas, ce n’est pas ce qu’il s’est passé et ça me désole fortement. D’ailleurs, comme j’avançais péniblement dans la première partie de ce récit, j’ai mis ma lecture sur pause et j’ai enchaîné avec d’autres romans, avant d’y revenir, d’en sauter quelques chapitres et puis de le terminer en une journée.

Qu’est-ce qu’il s’est passé avec ce roman ? Eh bien, si j’ai adoré les chapitres consacrés au récit d’Espérance, qui nous parlera de son pays, de ses problèmes, de la colonisation, des français qui ne comprenaient pas le pays, ni ses habitants, j’ai eu plus de mal avec le récit des années 2024 où Maé, quinze ans, a reçu un billet pour aller voir les gorilles au Rwanda, en compagnie de sa mère et de son grand-père.

Maé, petite-fille de rwandaise tutsi, a reçu le carnet que sa grand-mère a rempli entre 1990 et 1994 et, durant le récit, elle partagera le récit avec nous.

Durant le premier quart du récit, c’est long, c’est lent et l’auteur n’a pas pu se retenir d’ajouter des ressorts et des trucs propres aux thrillers. Un kidnapping, des menaces, que je me demandais bien ce que cela venait faire là-dedans, qu’elle allait être leur utilité au récit d’Espérance, déjà plus qu’intéressant en ce qui me concernait.

Bon, ok, après, l’auteur a fait les raccords avec les années 1990, mais le problème est qu’il a utilisé trop de ressorts du thriller et qu’à la fin, il a réussi à sucrer le sucre et saler le sel. Trop, c’est trop. Je n’ai rien contre un twist dans un récit, mais là, niveau révélations fulgurantes, on a commencé avec deux pour le prix d’une pour terminer carrément avec une grosse promo sur les révélations fracassantes et inattendues.

Une fois de plus, si certaines étaient intelligentes et bien mises en scène, d’autres auraient pu ne pas avoir lieu, puisqu’elles n’ont rien apporté de plus au récit. Le problème, lorsque l’on insère une histoire fictionnelle dans de l’Histoire, c’est qu’il faut savoir raison garder et éviter d’ajouter trop de retournements de situation. Nous ne sommes pas un James Bond, non plus.

En ce qui concernait l’Histoire en elle-même, rien à redire, l’auteur s’est documenté, il ne s’est pas contenté de balancer n’importe quoi, n’importe comment. On a beau savoir, penser savoir tout, mais j’en ai encore appris sur le sujet en lisant son roman, ce qui fait que cette lecture n’est pas tout à fait perdue pour moi. Que du contraire !

Pour le compte-rendu via le journal d’Espérance, ce roman mérite la plus haute note, car je suis entrée en empathie avec elle, j’ai appris des choses sur le pays, sur les conneries des colons belges, sur celles des français, notamment d’un président et sur les manipulations que l’on peut faire, sans oublier le négationnisme de ce génocide.

Bref, coup de cœur pour le récit d’Espérance, pour ses explications, pour son parcours semé d’embûches, pour son histoire dans l’Histoire, pour les détails,…. Si l’auteur avait été plus sobre et plus court dans son récit des années 2024, cela aurait été mieux (mais ceci n’est que mon avis, hein !).

Là où le bât a blessé, vous le savez, c’est dans le côté thriller que l’auteur a choisi pour son récit dans les années 2024, allant même un peu trop loin, avec les méchants surgis du fin fond du passé, les double jeu, les twists à gogo, les gorilles, le kidnapping, les multiples menaces,… N’en jetez plus, il y en avait trop. Indigestion de mon côté.

Malgré tout, la balance penchera plus du côté des émotions ressenties avec Espérance qu’avec papy Jorik, Maé et Aline, sa mère… La note ne sera pas vache, parce que je ne saurais pas coter méchamment un tel récit historique qui m’a emporté loin dans les émotions…

Une enquête sur un génocide qui me donne envie d’en apprendre encore plus sur le sujet, même si j’ai déjà lu quelques livres là-dessus et que certains ont terminé au freezer, tant ils étaient terribles à lire.

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La guerre est une ruse – Trilogie Benlazar 01 : Frédéric Paulin 🇫🇷

ImageTitre : La guerre est une ruse – Trilogie Benlazar 01 🇩🇿

Auteur : Frédéric Paulin 🇫🇷
Édition : Agullo Noir (2018) – 416 pages / Folio Policier (2020)

Résumé :
Algérie, 1992. Après l’annulation des élections remportées par le Front islamique du salut, une poignée de généraux, les « janviéristes », ont pris le pouvoir. L’état d’urgence est déclaré, les islamistes pourchassés ont pris les armes. Le pays sombre dans une violence sans précédent…

Tedj Benlazar, agent de la DGSE, suit de près les agissements du tout-puissant Département du renseignement militaire, le sinistre DRS qui tire toutes sortes de ficelles dans l’ombre. Alors qu’il assiste à l’interrogatoire musclé d’un terroriste, Tedj apprend l’existence de camps de concentration où les islamistes seraient parqués dans des conditions inhumaines.

En fouinant plus avant, il met au jour des liens contre-nature entre le DRS et les combattants du GIA.

Quel jeu jouent donc les services secrets avec les terroristes ? Les massacres quotidiens sont-ils l’oeuvre des uns ou des autres ? Ou d’une instrumentalisation diabolique des seconds par les premiers ? Benlazar acquiert la certitude que les généraux sont prêts à tout pour se maintenir au pouvoir. Et la dernière phase de leur plan va commencer : exporter le chaos par-delà la Méditerranée, pour forcer la France à soutenir leur croisade anti-terroriste.

Tedj parviendra-t-il à réunir assez de preuves pour convaincre sa hiérarchie avant que l’horreur ne s’invite à Paris ?

ImageCritique :
Bon, pour lire ce roman noir, qui mélange l’espionnage, la fiction, la réalité, il faut tout de même s’accrocher et être bien concentré ! Plus concentré que le lait, même.

Ce roman retrace, à travers différents personnages, la guerre civile qui a sévi en Algérie dans les années 90.

Au menu ? Corruption, manipulations, espionnage, tortures, assassinats, dictature qui ne dit pas son nom, terrorisme, islamisme, politique, DGSE, FIS, recul des droits des femmes, agents doubles, billard à triple bande, vengeances, massacres, mensonges, propagande, peurs…

Stop, n’en jetez plus, la coupe est pleine ! L’Algérie est meurtrie, blessée, sa population a la trouille, on tue des gens, on en kidnappe et tout le monde ment à tout le monde, tout le monde fait en sorte d’accuser les autres, afin d’avoir les pleins pouvoirs, les mains libres.

Ce roman noir est dense, très dense, trop dense, même. Durant le premier quart, j’avoie que j’ai pédalé dans la choucroute, dans le couscous, dans tout de que vous voulez et même dans les noms de certains personnages, dans leurs fonctions,… Bref, c’était la galère.

L’écriture est à l’os, mais très documentée, et vu que je ne connaissais rien de l’Algérie des années 90 (je connais quelques infos, mais c’est peau de chagrin), je me suis un peu perdue dans les couloirs des manipulations en tout genre. On peut dire que des tas d’officines se sont fait rhabiller pour l’hiver et la France de Tonton aussi.

On bouffe des situations géopolitiques complexes et il faut bien entendu s’y retrouver, dans le récit et au départ, je me suis perdue, comme je vous le disais, avant de reprendre pied après la moitié. Oui, je me suis accrochée, je voulais lire ce roman, premier volet d’une trilogie.

Alors oui, j’ai eu raison de m’accrocher aux pages et de ne pas abandonner, car une fois la moitié passée, le récit est devenu plus fluide, plus facile à absorber, plus intéressant et à partir de ce moment-là, j’ai eu du mal à le lâcher.

Finalement, après un début peu probant et une envie d’abandon, ce polar noir, qui mélange le roman policier et l’espionnage en les insérant dans des contextes politiques des années 90, est devenu vachement plus intéressant après 200 pages.

C’est glaçant, ce que l’auteur raconte et j’ai bien l’intention de poursuivre cette trilogie, car elle est très intéressante.

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L’homme qui lisait des livres : Rachid Benzine 🇫🇷 🇲🇦

ImageTitre : L’homme qui lisait des livres 🇵🇸

Auteur : Rachid Benzine 🇫🇷 🇲🇦
Édition : Julliard (21/08/2025) – 128 pages

Résumé :
Julien Desmanges, un jeune photographe français se rend en Palestine pour couvrir les bombardements dans la bande de Gaza. Un matin, lors d’une trêve, il s’aventure loin de son hôtel, dans les ruelles de la ville. Au hasard de sa déambulation, il tombe sur un vieil homme, assis devant le pas-de-porte de sa boutique, entouré de piles de livres.

Tandis qu’il s’apprête à le photographier, le libraire l’interpelle et lui demande d’écouter son récit, car « n’y a-t-il pas derrière tout regard une histoire ? Celle d’une vie. Celle de tout un peuple parfois. »

La conversation débute et l’homme, qui inlassablement relit devant sa bouquinerie ses livres, lui raconte son histoire. De l’exode à la prison, des engagements à la désillusion politique, des bonheurs de la vie, de l’amour, du théâtre, des enfants qu’on voit grandir et vivre, aux drames qui vous arrachent ceux que vous aimez.

L’adage dit que lorsqu’un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle, c’est littéralement cette bibliothèque qu’ouvre et décrit Nabil Al Jaber à ce photographe venu de France.

Ponctué par les titres de ces textes qui ont jalonné son existence, le libraire raconte le destin d’un homme qui a décidé, dans le silence de la lecture, assis jour après jour, de ne pas « ajouter de malheurs au monde ».

ImageCritique :
Après avoir profité de l’été pour vider un peu ma PAL, je voulais entamer la rentrée littéraire de septembre 2025 en force, c’est donc le roman de Rachid Benzine que j’ai choisi pour ouvrir le bal. Excellent choix que j’ai fait !

En 128 pages, l’auteur arrive à nous en dire beaucoup, sans entrer dans trop de détails. Nabil Al Jaber, qui va nous raconter son histoire, sa vie, est un conteur que l’on aime écouter, lire et il aurait encore pu continuer de me parler durant des heures.

En ouvrant ce court roman, on se prend déjà une déflagration dans la gueule. En deux phrases, le ton est donné et l’auteur nous rappelle cruellement ce qu’est un conflit et combien de vies innocentes, il fauche.

Journée ordinaire. Hier, deux frappes ont tué quatre gamins dont le seul crime avait été de jouer au foot sur la plage.

Nabil, notre narrateur, va donc nous raconter sa vie, sa naissance et nous parler du conflit Israélo-Palestinien, qui dure depuis tellement longtemps, que certaines personnes n’ont jamais connu la paix, vivant depuis leur naissance dans un conflit et dans des camps de réfugiés, comme ce fut le cas pour Nabil, durant une partie de sa vie.

Après la prise de contrôle de Jabaliya, les forces israéliennes ont établi une administration militaire dans toute la bande de Gaza. De là à s’imaginer qu’elle allait durer trente-huit ans…

Chaos, humiliation, destruction. Toute leur vie, bien des Palestiniens n’auront connu que ce traitement. Et toute leur vie également, bien des Israéliens ne se seront représenté les Palestiniens que comme des terroristes. Ces images inversées expliquent l’impossible réconciliation. Alors comment a-t-on fait pour tenir ainsi tant d’années ? On s’habitue à tout peut-être.

Au départ, tout allait plus ou moins bien, jusqu’à ce que des militaires israéliens les fassent déguerpir de chez eux, manu militari. Son père travaillait en bonne harmonie avec des Juifs (son père était chrétien, ayant épousé une musulmane) et puis, après quelques exactions commises, les uns se sont vengés sur les autres (tu as tué une personne de ma confession, alors nous, on va en tuer deux de la tienne et ainsi de suite,…).

Une soixantaine d’habitants a ainsi été massacrée. Surtout des hommes, mais aussi quelques femmes et enfants. Pour venger des Juifs tués par des Arabes à la raffinerie de pétrole, paraît-il. Des Arabes qui eux-mêmes avaient été victimes de Juifs de l’Irgoun. Cette terre est une litanie de représailles sur représailles, de haines empilées, de tristesse recouverte de tristesse.

Sans trop approfondir le pourquoi du comment, l’auteur survole le conflit (pour plus de détails, il faudra aller lire d’autres livres), tout en disant assez que pour nous toucher, pour nous émouvoir, pour que nous prenions bien conscience de ce que c’est que de vivre sous les bombes ou dans des camps, sans droits, ni rien.

Jamais l’auteur (le narrateur) ne sombrera dans le pathos, ni ne sucrera le sucre. Le récit se lit d’une traite, quasi en apnée, et on prend vraiment plaisir à écouter ce libraire, cet amoureux des livres, nous parler de sa vie, mettant des événements en relation avec des livres.

C’est un livre court, mais fort, puissant. Doux et violent à la fois. Dur et tendre. Beau et terrible à la fois. Pudique, aussi, puisque l’auteur évite le pathos ou de franchir la ligne rouge en prenant position pour l’un ou pour l’autre.

Un coup de cœur, magistral. J’ai eu raison de commencer à lire la rentrée littéraire de septembre 2025 par ce petit livre. Mais après, tout risque de me sembler fadasse…

“Il sera donné à celui qui possède il sera pris à celui qui n’a rien”.

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Le royaume blessé – 01 – L’âge des assassins : R. J. Barker 🇬🇧

ImageTitre : Le royaume blessé – 01 – L’âge des assassins

Auteur : R. J. Barker 🇬🇧
Éditions : Bragelonne (2018) — Livre de Poche (2019) – 552 pages
Édition Originale : The Wounded Kingdom, book 1: Age of Assassins (2017)
Traduction : Nenad Savic

Résumé :
Girton est l’apprenti de la plus célèbre criminelle des Terres lasses et se destine à une prometteuse carrière d’assassin… même si être affublé d’un pied bot corse légèrement l’affaire. Si Girton se consacre d’ordinaire à l’art de tuer, sa nouvelle mission lui apporte un défi inédit : il s’agit cette fois de sauver une vie.

Un mystérieux traître a tenté d’assassiner l’héritier du trône, et Girton et sa maîtresse sont recrutés pour le protéger en secret.

Au sein d’un château débordant de pièges et de faux-semblants, Girton se fait alors passer pour un simple écuyer et doit apprendre à reconnaître les alliés potentiels comme les ennemis de l’ombre.

À mesure qu’il progresse dans cette toile d’illusions et de mensonges, l’apprenti assassin va se heurter aux ambitions du pouvoir, éprouver sa loyauté et tenter de déjouer une conspiration qui pourrait bien détruire le royaume tout entier…

ImageCritique :
La mission de Girton et de sa patronne, maitre assassin, était de s’infiltrer dans un château, par les conduits des latrines, afin de tuer quelqu’un. Hum, ça pue, cette mission.

En effet, et dans tous les sens du terme, puisque les voilà engagés par la reine pour trouver l’assassin qui veut éliminer son fils.

Entre nous, ce ne serait pas une grosse perte, si on trucidait son lardon de 17 ans : c’est un fainéant, un nul, il est imbu de sa personne, hautain, un pleutre qui se cache derrière la violence. Bref, les qualificatifs me manquent pour décrire ce jeune coq qui se hausse sur ses ergots.

L’univers décrit est assez dark, mais le problème est que l’auteur ne nous explique pas le système de castes qui semble y avoir, ni ne décrit les montures de ce monde. Les chevaux ont des défenses et des bois sur la tête, possède des griffes, mais nous ne saurons rien de plus. Démerdez-vous !

La bonne idée était de proposer un duo un peu hors du commun : Girton, orphelin de 14 ans, affublé d’un pied bot, jeune tueur professionnel, et de Merela, sa patronne, maître dans l’art de l’assassinat, de la dissimulation et des investigations et qui manquait d’épaisseur.

Hop, ni une, ni deux, elle fait passer Girton pour une jeune écuyer et le voilà mandaté pour jouer les Holmes Poirot Columbo et mettre la main sur celui (ou celle ?) qui complote pour tuer le jeune prince casseur de couille et qui doit hériter de la couronne.

Le problème est que le récit avance à un rythme d’escargot lymphatique essoufflé ! Purée, même Derrick va plus vite et possède plus d’action. Durant la moitié du récit, je me suis faite ch***, heu, je me suis ennuyée. Il y a plus de suspense dans un home (EHPAD) à l’heure de la sieste que dans ce roman de fantasy !

Mais je me suis accrochée aux branches, parce que j’ai apprécié le jeune Girton et que je voulais savoir si j’avais raison quant à l’identité du commanditaire.

Miss Marple, tout en restant dans son rocking-chair, avec son tricot, aurait trouvé plus vite que nos deux maîtres assassins, qui ne sont pas fortiches en investigations. Ils ne feront pas d’ombre aux grands détectives connus.

Si à un moment donné, Girton découvre un secret, c’est parce que le tenant du secret le lui a dit, sinon, il serait toujours en train de chercher et de ne rien trouver.

Le final se remue un peu le popotin et le rythme augmente, mais bon, pas de quoi pavoiser, c’est juste l’inspecteur Derrick qui passe la deuxième dans la Bergstrasse, mais nous sommes loin de speeder.

Au moins, le dénouement n’est pas mal du tout. Hélas, il n’arrivera pas à sauver le roman du naufrage, vu qu’une grande partie manquait de rythme et d’exploitation du personnage de Merela, qui aurait dû être plus travaillée.

Un roman de fantasy médiévale qui ne m’a pas passionné… Vu que la fin peut être considérée comme fermée, je ne lirai pas la suite. Au suivant !

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Mage de Bataille – 01 : Peter A. Flannery 🇬🇧

ImageTitre : Mage de Bataille – 01

Auteur : Peter A. Flannery 🇬🇧
Édition : Livre de Poche Fantasy (2021) – 648 pages
Édition Originale : Battle Mage (2017)
Traduction : Patrice Louinet

Résumé :
Falco Danté est un gringalet dans un monde en guerre peu à peu conquis par l’armée infernale des Possédés. Pire, Falco est méprisé, mis à l’écart, à cause de son père qui fut un immense mage de bataille avant de sombrer dans une folie meurtrière.

Alors que la Reine tente de rassembler toutes les forces armées pour repousser les Possédés, Falco prend une décision qui va l’amener aux marges du désespoir : il va entrer à l’académie de la guerre, une école d excellence pour les officiers. Là, il devra surmonter ses doutes, ceux de ses amis et même ceux de la Reine. Le monde brûle ; seul un mage de bataille pourra sauver ce qu’il en reste.

Falco réussira-t-il à libérer son pouvoir, à invoquer un dragon à sa mesure ou succombera-t-il à la folie… comme son père ?

Porté par son héros meurtri, condamné à se dépasser face au mal absolu, Mage de bataille a rencontré un formidable succès dans les pays anglo-saxons.

ImageCritique :
Mage de bataille est un roman de fantasy des plus classiques, reprenant les codes usés jusqu’à la corde.

Du bon vieux médiéval fantastique avec des dragons et de la magie, sans oublier un jeune homme qui va se retrouver à devoir sauver le monde, alors qu’il n’a pas les épaules pour ça.

Bref, un récit qui réconfortant, un peu comme une bonne vieille soupe que l’on aime savourer. Oui, mais non.

Cela ne m’aurait pas dérangé pas, sauf que j’aurais aimé que l’auteur transforme un peu plus son plat, qu’il lui donne plus de pep’s, plus d’épices, qu’il se remonte les manches (pour rester polie) et que le récit sorte tout de même des sentiers battus. Un peu d’originalité, bordel !

Ses personnages ne sont pas mauvais du tout (Malaki, Bryna, Alex, Quirren), hormis Falco Danté, le personnage principal, que l’auteur a chargé comme une mule : grand, mais chétif, gringalet, sans muscles, un peu vouté, pas de force, atteint d’un problème aux poumons, qui ne sait pas se battre et en sus, c’est le fils d’un mage de bataille qui a pété les plombs et que l’on a dû tuer. Pire, là, Falco vient de commettre une méga bévue qui va entraîner le chaos et des morts…

Et c’est lui qui doit sauver le monde des Démons et des Possédés ? ♫ Je ne suis pas un héros ♪ (1)

Oui, nous sommes dans un récit ultra-classique, avec ses clichés, ses poncifs, des boules de feu, des dragons, dont certains sont possédés, des combats, des guerres, du désespoir et un combat qui a tout du Bien contre le Mal, puisque les Possédés viennent des enfers, ni plus, ni moins. Et on a aussi une école dans laquelle on apprend à combattre. Où nous n’échapperons pas au sempiternel cadet méchant et tortionnaire qui fera de Falco sont souffre-douleur.

Bizarrement, c’est lorsque Falco et ses amis, Malaki et Bryna arrivent dans cette école que le récit devient plus intéressant. Falco va prendre un peu d’ampleur, de muscle et apprendre à se battre, ce qui n’est pas gagné.

À l’origine, en version originale (anglais), ce récit est en seul tome. Albin Michel Imaginaire a préféré le séparer en deux. Au moins, ils n’ont pas fait la coupure à un cliffhanger de malade. Bon, dans ce premier tome, il n’y en avait pas non plus…

Si j’ai lu ce roman de fantasy assez rapidement (lu plus de 400 pages sur mon samedi) et que ce ne fut pas une mauvaise découverte, je dois dire qu’il ne casse pas trois pattes à un canard, n’a aucun effet Kiss Cool, que le scénario n’a pas de petit truc extra, celui qui fait crac boum hue et ne déchirera pas sa race.

Malgré que tout était assez téléphoné, je lirai tout de même le second tome, qui se trouve dans ma biblio (version poche, tous les deux, les couvertures déchirent leurs races, par contre), afin de savoir ce qu’il va advenir de Falco et de ses amis, ainsi que de ceux qui complotent dans son dos.

Et puis, je voudrais savoir la vérité sur l’exécution de son père, parce que vu combien le scénario est prévisible, je voudrais voir si ma théorie est bonne ou pas.

(1) Je ne suis pas un héros – Daniel Balavoine 

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Terres de sang – 01 – Servir froid : Joe Abercrombie 🇬🇧

ImageTitre : Terres de sang – 01 – Servir froid

Auteur : Joe Abercrombie 🇬🇧
Édition : Milady Fantasy (2016) – 796 pages
Édition Originale : Best served cold (2009)
Traduction : Juliette Parichet

Résumé :
C’est le printemps en Styrie. Et avec le printemps, vient la guerre…

Et la guerre peut-être un enfer, mais pour Monza Murcatto, Serpent de Talins, mercenaire célèbre et redoutée que ses victoires ont rendue très populaire, c’est aussi une bonne manière de se faire de l’argent. Toutefois cette notoriété n’est pas du goût de tous ses employeurs, notamment du Grand-Duc Orso qui entend balayer tous les obstacles dans sa lutte pour accéder au trône. Pour prix de ses services, Monza se voit trahie, jetée du haut d’une montagne et laissée pour morte… ou presque. Bien que son corps soit brisé, son esprit réclame vengeance. Quoi qu’il lui en coûte, sept hommes devront mourir !

Elle aura à ses côtés des alliés hors du commun : un ivrogne charismatique, un empoisonneur fourbe, un meurtrier obsédé par les nombres et un barbare désabusé. Leurs ennemis : plus de la moitié du peuple. Avec, à sa tête, les sept hommes qu’elle s’est jurée de tuer.

C’est le printemps en Styrie. Et avec le printemps, vient la vengeance…

ImageCritique :
Certains l’aiment chaud, d’autres la préfèrent froide… Mais non, pas la soupe !! Je parle de vengeance !

Monza Murcatto a la rage et elle veut se venger de ceux qui ont tenté de l’assassiner et l’ont laissée pour morte. Merde alors, elle qui se donnait sans compter dans les Milles Lames ! Elle qui tuait sans états d’âmes, qui était adulée par sa compagnie, pas le peuple…

Jamais bon, tout ça, parce que ça fout la trouille au big boss qui aurait peur qu’elle veuille devenir calife à la place du calife. Alors, au lieu de lui donner son formulaire C4 pour qu’elle puisse aller au bureau d’embauche, il l’a trucidée.

Oui, une bonne vieille histoire de vengeance, encore et toujours ! Un classique qui ne connait pas la crise et que l’on retrouve souvent en fantasy (pas que là). Maintenant, tout dépend comment c’est cuisiné… Et là, ça sentait un peu le réchauffé, même si, dans le fond, ce pavé se lisait assez vite.

Au départ, j’ai embarqué avec Monza, je l’ai suivie dans sa quête de vengeance (elle a 7 noms sur sa kill list), dans sa quête pour trouver des mercenaires, pour retrouver les coupables et leur tendre des pièges afin de les occire et de se venger, ainsi que de venger la mort de son frangin. Mais à la fin, j’ai tout de même eu l’impression de tourner en rond… Un de moins, au suivant et ainsi de suite.

L’univers de l’auteur manquait de détails, même si, au fil de la lecture, nous avons eu droit à des passages de la vie de Monza, sur le comment elle avait terminé guerrière et à la tête d’une troupe de mercenaires. Nous sommes dans un monde en guerre, la politique est dedans jusqu’au cou, mais les détails seront moins nombreux que les scènes de combats.

Les personnages étaient travaillés juste ce qu’il fallait et n’étaient en aucun cas des chevaliers blancs, même Monza, qui a souvent trahi les autres, alors qu’elle le reproche toujours aux autres (ses mains sont pleines de sang aussi). Elle est orgueilleuse, badass, moins après son meurtre, mais ce n’est pas un ange. Les autres non plus et son équipe n’est pas composée de bras cassés. Ce sont des guerriers aussi.

Durant 660 pages, pas de soucis, j’ai avancé dans le récit, sans trouver de l’ennui et je m’amusais bien, malgré le caractère horrible de Monza, mais dans la dernière partie, pour le dernier homme à dézinguer, j’ai un peu lâché prise et sauté des passages, parce que ça devenait vraiment redondant et que cela manquait de profondeur.

Avec une simple histoire de vengeance, il ne faut pas la faire tirer en longueur, ou alors, il faut autre chose dedans, de la mâche, de la matière, des trucs à grignoter pour le lecteur qui apprécierait tout de même quelque chose d’un peu plus travaillé qu’une simple liste de gens à abattre, même si dans certains cas, le récit ne manquait pas d’humour.

Pas un mauvais roman de fantasy, loin de là, il m’a bien distrait, il se lisait vite, malgré son nombre de pages (796), mais il manquait de consistance, ce qui fait que je l’oublierai vite.

PS : Il appartient à une trilogie (Terres de sang), mais les romans peuvent être lus indépendamment l’un des autres, puisqu’ils sont des one-shot.

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Requiem pour la dame blanche : Éric Fouassier [LC avec Bianca] 👻

ImageTitre : Requiem pour la dame blanche

Auteur : Éric Fouassier
Édition : Albin Michel (30/04/2025) – 393 pages

Résumé :
Le front de la Somme, automne 1916. Alors que les soldats succombent par milliers dans les tranchées, la mort frappe de façon plus singulière ailleurs mais avec tout autant de cruauté…

C’est d’abord une chanteuse célèbre d’avant guerre, la Dame blanche, soupçonnée d’espionnage et sommairement exécutée par des justiciers improvisés. C’est ensuite Albert Saulx, un as de l’aviation française, retrouvé mystérieusement poignardé par une baïonnette allemande, au retour d’une mission aérienne, des roses rouges répandues dans le cockpit de son appareil.

Quinze ans plus tard, six personnages étroitement liés à ces événements se trouvent réunis à nouveau. Dans un huis clos oppressant, derrière les murs d’une grande maison isolée et bloquée par la neige, ils vont devoir affronter le poids du passé et leurs propres démons intérieurs.

ImageCritique :
Requiem pour LA dame blanche et non Requiem pour UNE dame blanche (le dessert avec le chocolat et la chantilly).

Le récit commence en 1930, par une découverte pour le moins surprenante, avant de faire un bond en arrière dans le temps et de nous empoter dans la Somme, en 1916… Non, il ne faisait pas bon y être.

Et puis, 1931, pour le départ de ce polar historique qui mélangeait le polar whodunit (qui l’a fait ?) et un petit côté espionnage, puisque durant la Première Guerre mondiale, espionner était nécessaire.

Pas de panique si vous n’êtes pas fan d’espionnage : le concept d’intelligence avec l’ennemi entrera en ligne de cause, mais ne prendra pas le pli sur le côté huis clos de ce roman, ni sur le côté policier : qui est responsable, mais surtout, comment ?

Parce que, oui, dans un meurtre en chambre close et un dans les airs, la question la plus importante est comment le meurtre a eu lieu ? Ils ont l’air tellement impossibles à réaliser sans l’aide de la magie, que l’on a du mal à croire qu’ils ont été accomplis par des êtres faits de chairs et de sang. Serait-ce le fantôme de la dame blanche ?

Ce polar historique rend hommage aux polars publiés au siècle dernier, dans la lignée des Gaston Leroux et de son Mystère de la chambre jaune. En ce qui concerne les mystères, j’ai été servie avec ce polar historique et je ne peux pas me plaindre : j’en ai eu mon content.

C’était un vrai huis clos, avec cette maison isolée qui se retrouve prise dans une tempête de neige, empêchant les invités et leur hôte d’aller chercher des secours. Les ingrédients d’un Agatha Christie étaient réunis aussi, ne manquait plus qu’Hercule Poirot, même si, dans ce rôle, nous aurons Florimond Blache. Ce dernier m’a fait rire lorsqu’il a posé une question sur les chameaux, j’ai failli lui conseiller d’aller demander à Assad (Département V de Jussi Adler-Olsen).

— Et puis il y a une autre question qui me trotte dans la caboche. Du genre que seul un zouave ou un touareg pourrait résoudre. Parce que j’aurais besoin de savoir si les chameaux aiment la pluie.

— Vos histoires de ligne droite et de chameaux sont trop saugrenues pour ne pas cacher quelque chose. 

L’écriture de l’auteur était agréable à suivre, assez détaillés, les personnages étaient bien décrits, sans pour autant qu’il ne dise trop et j’ai pris plaisir à les suivre de mystères en mystères et d’être comme eux face à tous ces crimes impossibles à résoudre : quel était le modus operandi ?

Je me suis laissé prendre au jeu, je me suis laissé surprendre, même si j’avais deviné deux ou trois petits trucs, mais ça ne m’aurait pas permis de résoudre le tout. Par contre, une explication de final était un peu alambiquée et j’ai eu du mal à me la représenter. Google m’a montré ce que je ne visualisais pas. Ouf.

Hormis ce point de détail, j’ai passé un bon moment de lecture avec ce polar qui m’a agréablement surprise. Rien d’exceptionnel, mais ça se lisait bien, ça se lisait vite et c’était un bon polar historique.

Une LC réussie avec ma copinaute Bianca et je vous invite à aller lire son avis !

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