Le troupeau fantôme – Walt Slade 01 : Bradford Scott 🇺🇸

ImageTitre : Le troupeau fantôme – Walt Slade 01 🇺🇸

Auteur : Bradford Scott 🇺🇸
Édition : Marabout Junior (1966) – 160 pages
Édition Originale : Range Ghost (1964)
Traduction : Gérard Colson

Résumé :
Le Texas Ranger Walt Slade affronte une dangereuse bande de voleurs de bétail qui opèrent à la frontière mexicaine

« Slade empoigna son Winchester. L’arme était en parfait état, prête à faire feu. Tendu, tous les sens en alerte, le Ranger attendit.

La plus élémentaire prudence lui commandait de faire feu dès que le bandit serait en vue, mais un Texas Ranger doit donner à ses adversaires l’occasion de se rendre, même au risque de sa propre vie. »

ImageCritique :
Cela fait plus de 15 ans que j’avais découvert les aventures de Walt Slade, Texas Ranger et j’avais bien aimé ces récits westerns publiés chez Marabout. J’en possédais trois et maintenant, je les ai tous les quatre.

Tout comme Sherlock Holmes, il sait observer, voir ce que les autres n’ont pas vus, il mène des enquêtes, il est très grand et il fume.

Mais en plus, il est beau, costaud, il sent bon le cheval et monte un splendide étalon noir comme l’ébène. Tout comme Lucky Luke, il dégaine très vite et fait mouche.

Bref, je voudrais me faire sauver par Walt, que je trouve vachement mieux que Walker Texas Ranger. Je m’assierai en croupe, sur son magnifique cheval et je chanterais ♫ I’m poor lonesome cow-girl ♪

Dans ce premier récit qui le met en scène (il doit en exister d’autres en V.O), il va devoir résoudre une énigme de vols de troupeaux de vaches. Oui, on vole des vaches aux ranchers du coin et si les plus gros peuvent supporter quelques ponctions dans leurs troupeaux de Long Horn, ils ne pourraient pas tenir le coup devant des vols trop importants.

Mais par où foutent-ils le camp, ces voleurs, avec les troupeaux ? Personne ne les a vus passer. Et quel est le bandit qui est à leur tête et qui semble si intelligent ? Entre deux tasses de café, notre Walt va devoir ouvrir ses oreilles, ses yeux, interroger discrètement, suivre des pistes, faire preuve d’intelligence et dégainer plus vite que ceux qui lui veulent du mal.

Alors oui, c’est assez gentillet, même si l’on aura des morts et des ranchers proches de la faillite, mais avec Walt Slade aux affaires, tout se termine toujours bien et il trouve toujours le coupable.

Hé bien, dans ce premier tome, il aura bien du mal, parce qu’il ne trouvera pas de preuves pour incriminer le coupable ! C’est bien beau de se dire que c’est Untel, mais sans preuves, il ne pourra rien faire…

Une bonne histoire western, avec tous les clichés du genre, mais bien utilisés, même si, comme les autres héros du far-west, il n’arrivera jamais rien de mal à Walt. Nous sommes dans de la littérature jeunesse et même si nous aurons des cadavres, nous savons que les Bons gagnent toujours.

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Black Panache 🇺🇸 : Pierre Pelot 🇫🇷

ImageTitre : Black Panache 🇺🇸

Auteur : Pierre Pelot 🇫🇷
Édition : Marabout Junior (1966) – 151 pages

Résumé :
Black Panache, le fougueux étalon noir, conduit son troupeau sauvage à travers le Wyoming. Mais les éleveurs décident de l’abattre, car il vole des juments domestiques.

Le jeune Pat Statford supplie son père de capturer vivant l’étalon et s’engage à le dresser.

Enfermé dans le corral, Black Panache acceptera-t-il l’amitié du jeune rancher et pourra-t-il résister à l’appel de la liberté ?

Tout comme Pat, son jeune héros, l’auteur est un grand ami des chevaux.

ImageCritique :
Personne n’aime les voleurs, les opportunistes… Même si le voleur opportuniste est un bel étalon noir. Et que vole-t-il ? Les juments des ranchs, pardi !

C’est un peu hypocrite de la part des ranchers, eux qui ont dû voler les terres aux autochtones, mais bon, on ne refera pas le Monde.

Bref, les propriétaires des ranchs, qui ont leur troupeau de chevaux sur la prairie et dans les environs, en ont ras le chapeau que le beau Black Panache leur vole des juments. Surtout qu’il pourrait aussi attaquer un de leurs étalons domestiques, qui se trouvent avec leurs juments. Il faut donc le tuer…

Le jeune Pat Statford supplie son père de capturer vivant l’étalon et s’engage à le dresser.

Ce roman est assez gentillet, par moment, mais nous sommes dans de la littérature jeunesse, celle des années 60. Tout va bien dans la famille de Pat, pas de soucis financiers, sans pour autant crouler sous l’argent. C’est un garçon joyeux, qui vit sa vie et est ami avec Drom, un jeune enfant handicapé, fils d’un ouvrier du ranch.

L’auteur prendra le temps, pour la chasse à Black Panache, ce qui fait qu’il ne restera plus beaucoup de pages pour faire naître une relation d’amitié et de confiance entre l’étalon et le gamin.

Mais n’allez pas imaginer une histoire à la Walter Farley (L’étalon noir), parce que nous avons beau être dans de la littérature jeunesse, l’auteur ne se privera pour nous balancer un drame et éviter le happy end, que j’aurais juré lire en ouvrant ce roman.

Pas une mauvaise lecture, mais le récit était trop court, je trouve, ce qui a empêché de développer un peu plus la relation qui allait se nouer entre le cheval et l’enfant (ou pas).

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  • Challenge « American Year 3 » – The Cannibal Lecteur et Chroniques Littéraires (du 16 novembre 2025 au 15 novembre 2026) # N°18.

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Western Love – 01 – La teigne et le gentil / 02 – Noël en famille : Augustin Lebon

ImageTitre : Western Love – 01 – La teigne et le gentil / 02 – Noël en famille 🇺🇸

Scénariste : Augustin Lebon 🇫🇷
Dessinateur : Augustin Lebon

Édition : Soleil (2023 / 2024) – 56 pages

Résumé :
Lorsqu’il rencontre « Molly La Teigne », dans un bled poussiéreux du Nouveau-Mexique, « Gentil » décide de quitter son ancienne vie de hors-la- loi pour la séduire et vivre à ses côtés. Hélas, son passé le rattrape et les deux amants sont séparés…

ImageCritique Tome 01 :
C’est par le plus grand des hasards que je suis tombée sur ces deux bédés western que je ne connaissais absolument pas (mais en même temps, il est impossible de tout savoir).

Le ton est résolument humoristique, même si le récit n’a rien d’une comédie : Molly risque de se faire saisir son resto par la banque et Gentil est un pauvre mec paumé.

La preuve que l’on peut mêler les drames et l’humour, être sérieux et léger à la fois. Non, nous ne sommes pas dans un western trop violent, les plus jeunes peuvent le lire.

J’ai apprécié les dessins, réalistes, sans l’être trop, ainsi que les couleurs, très chaudes, dans des tons jaunes, qui faisaient du bien au moral, en ces temps de grisaille de fin de l’automne.

Le duo composé de Molly, qui possède un caractère explosif (son surnom était La Teigne) et du blondin surnommé Gentil, habillé de vieilles fringues trouées, baratineur qui se prend tout le temps les pieds dans le tapis, fonctionne bien. Au départ, nous ne savons rien de lui et ce sera au fur et à mesure que son portrait apparaîtra.

Si ce premier tome a commencé avec de l’humour et des sourires béats de la part de Gentil, il se terminera à la manière d’un western qui se respecte : avec les flingues, des morts et un duel (terrible, ce duel, entre nous).

Un bon premier album, mélangeant l’humour avec les drames, proposant des personnages attachants, des situations critiques, terribles et se terminera d’une manière inattendue, mais logique. Heureusement que j’avais le tome 2, parce que je ne voulais pas attendre pour connaître la suite.

PS : le cheval de Gentil ressemblait un peu à Petit Tonnerre, le cheval de Yakari…

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Critique Tome 02 :
La suite de cette bédé a été dévorée en deux temps, trois mouvements et elle ne manquait pas de rythme, de coups de feu, d’action, de tendresse, de morts et de suspense. Sans oublier une chèvre…

Dehors, il fait froid, la neige tome et Noël approche. Exit les couleurs chaudes du premier tome et place au blanc manteau de neige.

Non, ce n’était pas le petit Jésus, que nos deux tourtereaux ont trouvés, mais en tout cas, il y a une sorte d’Hérode le Grand qui voudrait voir mort ce petit bébé tout choupi, dont la mère a été assassinée.

Nous sommes dans le Sud, du côté des grosses plantations, la Guerre de Sécession a beau être terminée, le racisme, l’esclavage et les injustices n’ont pas pris fin. Les miracles, ça n’existe pas. Et lorsqu’on n’a pas la bonne couleur de peau, comme la mère et l’enfant…

Ce deuxième album va nous montrer une autre facette de nos deux personnages, notamment face à l’enfant. Comme dans le précédent, nous aurons des moments plus drôles, d’autres plus tragiques et de l’action pure et dure, avec des révolvers et des morts.

Le mélange des genres (western, romance, humour, tragédie) fonctionne toujours bien, l’auteur ayant su le distiller à petites doses et le mélanger habilement. Les dessins sont toujours agréables, réalistes, sans pour autant l’être trop.

Les expressions des visages sont bien faites, ils ne sont pas statiques et j’ai apprécié le scénario de ce deuxième tome, différent du premier, tout en faisant parler les flingues aussi.

Le récit ne manquait pas de souffle, il était mené tambour battant et j’ai pu assister à une fête de Noël comme je n’en avais jamais vu… Excellent.

Vivement le tome 3 (il en est prévu 3, pas un de plus), car c’est assurément une bonne série western, qui diffère des autres, notamment grâce à sa romance (qui n’est pas gnangnan ou guimauve).

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Undertaker – 08 – Le monde selon Oz 🇺🇸 : Xavier Dorison et Ralph Meyer 🇫🇷

ImageTitre : Undertaker – 08 – Le monde selon Oz 🇺🇸

Scénariste : Xavier Dorison 🇫🇷
Dessinateur : Ralph Meyer 🇫🇷

Édition : Dargaud (19/09/2025)

Résumé :
À Eaden, petite ville du Texas sortie ruinée et humiliée de la guerre de Sécession, Sister Oz, gourou de la ligue de la vertu, a convaincu la population qu’elle retrouverait son honneur en faisant sa propre justice… et en empêchant Eleonor Winthorp d’avorter. Pour cela, tous les moyens sont bons : humiliations, intimidations, et pourquoi pas tuer Randolph Prairie, le médecin qui s’apprêtait à pratiquer l’opération.

Mais un homme se dresse pour protéger celui qui est pourtant son rival amoureux et permettre ainsi à Eleonor de choisir son destin : Jonas Crow, l’Undertaker.

Dans cette ville crépusculaire qui oscille entre liberté et fanatisme, chacun devra choisir son camp, quitte à en perdre la vie. Nul ne sortira indemne du monde selon Oz.

ImageCritique :
J’aimerais bien que ce soit Jonas Crow qui s’occupe de ma mise en terre, lorsqu’elle arrivera. Avec un tel croque-mort pour faire mon éloge funèbre, au moins, les gens rigoleraient un bon coup.

Si Sister Act était drôle, Sister Oz, elle, ne l’est pas du tout ! Prêches vindicatifs, tolérance zéro, vertu à tous les étages, totalement opposée à l’avortement, à l’homosexualité (comme la majorité des gens de l’époque, hélas).

Le pire, c’est que toute la ville est avec elle, comme si tout le monde voulait se montrer vertueux et sans péchés, alors qu’ils vivent dans un univers de violence et que personne ne s’émeut qu’un beau-père viole la femme de son fils, que l’on transforme des enfants en boucliers humains.

Sister Oz est la méchante des derniers albums, mais ce n’est pas une méchante d’opérette. Elle est un personnage complexe, pas manichéenne. Elle croit à sa mission, à ce qu’elle fait, à ce qu’elle prêche, tout en étant une manipulatrice et ça la rend encore plus dangereuse, notamment parce que les gens l’écoutent et que la minorité qui n’est pas d’accord, reste silencieuse.

La série des Undertaker est une bande dessinée violente, mais jamais sans raison. L’époque n’était pas celle des Bisounours (elle ne l’est toujours pas), ni de la tolérance des différences, les femmes n’avaient aucun droits, encore moins sur leurs corps et comme tout le monde ne retenait que les versets qu’ils voulaient bien, il était facile de condamner sous couvert de la Bible.

Heureusement que Rose en connaissait quelques-uns et qu’elle a pu fermer le clapet de certains, en leur démontrant qu’ils étaient plus pêcheurs que ceux qu’ils accusaient de pêcher. Le scénario ne se contente pas de nous montrer une maison assiégée, mais il sait aussi aller plus loin et proposer des dialogues percutants.

Comme toujours, les dessins sont superbes, ils ne sont pas figés, sont réalistes. Notre croque-mort est toujours un personnage ambivalent, ni tout à fait noir, ni tout à fait blanc. Il est des deux côtés de la ligne et on ne sait jamais vraiment ce qu’il va faire, mais au moins, il nous surprendra toujours.

Bref, n’hésitez plus et foncez sur cette série western qui vole bien plus haut qu’on pourrait le croire, parce que oui, on peut écrire des westerns intelligents !

Et Dieu dit au Zélote : « Si tu veux jouer au con, tu trouveras toujours pire que toi… » (Épitre de Saint-Jonas aux imprudents).

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Skinwalker 🇺🇸 : Gabriel Katz et Steven Dhondt

ImageTitre : Skinwalker 🇺🇸

Scénariste : Gabriel Katz 🇫🇷
Dessinateur : Steven Dhondt 🇧🇪

Édition : Drakoo – Fantasy (27/08/2025) – 96 pages

Résumé :
1870. Une cantatrice ruinée hérite d’un manoir perdu dans les montagnes, sur les terres de chasse des créatures maléfiques de la tradition native-américaine.

Star déchue de l’Opéra, Diane Mc Lane est complètement ruinée quand un héritage providentiel lui offre un manoir dans les lointaines forêts du Montana. Escortée par un porte-flingue à la retraite et sa nièce surdouée de la gâchette, elle se lance dans un dangereux voyage vers les terres inhospitalières de l’Ouest.

Dans le décor glacé des Rocheuses, le trio va affronter un étrange groupe de gangsters mené par un chef illuminé. Leur objectif : un sanatorium abandonné, au sommet de la montagne.

Mais ces anciennes terres sacrées ne livrent pas facilement leurs secrets. Ce territoire est celui des Skinwalkers, les plus redoutables créatures de la tradition native-américaine…

ImageCritique :
Lorsque l’on est une cantatrice déchue, qu’il ne nous reste que quelques dollars au fond du porte-monnaie et qu’un admirateur nous lègue un manoir, même si c’est à l’autre bout du pays, dans le trou du cul paumé des Rocheuses, ma foi, on ne fait pas la fin bouche et on accepte l’héritage.

Le titre et la couverture me disaient que j’allais me retrouver dans un western sanglant, peut-être avec un peu d’horreur et je n’ai pas été déçue, puisque, en fait, c’était un weird western (un mélange entre le western et le fantastique). Oui, j’ai appris un nouveau mot et vous aussi.

Ce western, c’est la rencontre improbable entre une cantatrice déchue, un vieux cow-boy sur le déclin qui a appris à sa nièce à tirer aussi bien qu’un Durango ou autre Blondin (Trilogie de l’homme sans nom).

Vous voyez le bazar ? Nos trois personnages qui vont prendre la route vers l’Ouest sauvage afin d’arriver au manoir paumé de la chanteuse d’opéra ? Épique expédition ! Drôles, aussi. Le trio fonctionne bien.

Bon, si vous n’aimez pas le fantastique, il faudra passer votre chemin, parce que la traduction du titre veut dire « Porteur de peaux » et dans les légendes amérindiennes, cela sous-entend des humains qui deviennent des monstres. Bref, nous sommes aux frontières du réel, si chères à Fox Mulder et dans ce western, il aurait pris son pied !

Le western est nerveux, amusant, possède des scènes d’action, ainsi que celles d’horreur. L’adrénaline est présente, ma tension a monté en flèche, dans le final et le lire aux alentours de la Toussaint, quand le ciel est si bas qu’un canal s’est perdu, cela rajoute un brin de terreur que l’on éprouverait moins si c’était jour de canicule.

Et puis, l’histoire se déroule en hiver, dans la neige, il fait caillant, alors, le moment était bien trouvé pour découvrir ce western mâtiné de l’élément fantastique, qui ne dépareillait pas du tout avec le genre, puisque nous étions en plein dans les légendes ancestrales du pays.

Alors oui, on pourrait trouver que le scénario est classique, mais il est diablement efficace et les trois personnages centraux donnent un supplément d’âme à ce western sanglant. L’alchimie a lieu entre eux et avec eux. On marche avec eux, on tremble avec eux et on croise les doigts pour que tout se termine bien.

Un western en un seul album, qui fait le job, celui de divertir et de foutre un peu des frissons. C’est haletant et plaisant à la fois. Une bonne pioche, que ce western !

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Au coeur du désert 🇺🇸 : Maryse Charles et Jean-François Charles 🇫🇷

ImageTitre : Au coeur du désert 🇺🇸

Scénaristes : Maryse Charles et Jean-François Charles 🇫🇷
Dessinateur : Jean-François Charles 🇫🇷

Édition : Le Lombard – Signé (15/03/2025) – 104 pages

Résumé :
À peine nommé officier, le lieutenant Norman Pyle, est chargé d’une mission particulièrement périlleuse. Il doit retrouver et ramener un ancien colonel de l’armée, héros de guerre et tacticien redoutable.

Il a pris la tête d’une bande d’Apaches rebelles et se terre dans une mesa au cœur de Monument Valley.

Le roman culte, « Au cœur des ténèbres », de Joseph Conrad, adapté en western.

ImageCritique :
Ce récit est en fait d’adaptation, en western, du roman « Au coeur des ténèbres » de Joseph Conrad qui avait aussi donné le film « Apocalypse Now ».

Kansas, 1870. Alors qu’il vient de sortir de l’académie militaire, on charge le lieutenant Norman Pyle d’une mission difficile et dangereuse : retrouver et ramener l’ancien colonel de l’armée, héros de guerre et tacticien redoutable qui a pris la tête d’une bande d’Apaches rebelles et qui commettent des massacres.

Ce western possède tous les codes du genre : les soldats nordistes, les Buffalos soldiers (les Noirs dans l’armée), les Amérindiens, les éleveurs de vaches, les caravanes traversant les immenses étendues du pays, de la poudre, des saloons, du racisme, le tout dans des décors grandeur nature, bref, un western pur et dur.

Les dessins sont superbes, rien à redire dessus. Les couleurs sont assez délicates, pas agressives du tout. Un régal pour les yeux. Tout est détaillé, mais jamais surchargé.

Tout comme dans le roman et le film, on a envoyé un pauvre gars à la recherche d’un autre, taré de chez taré, qui doit être récupéré parce qu’il dérange, mais aussi, parce que c’est un héros de guerre (il a reçu la Medal of Honor).

Durant son voyage, Norman, notre jeune bleu bite, va devoir faire ses preuves, parce que malgré son grade de lieutenant, il n’a pas fait la guerre, il ne le doit pas à sa bravoure, juste à l’école militaire. Face à lui, il a des soldats aguerris, qui ne voient pas d’un très bon œil de se faire commander par ce blanc-bec.

Nous en apprendrons plus sur le jeune Norman, sur sa jeunesse, ses parents, son frangin, plus âgé que lui et dont son père voulait qu’il aille défendre le pays, à la guerre de Sécession, tandis que le fils, lui, voulait être peintre…

Le récit nous offrira quelques scènes de vie du far-west, notamment la vie de dur labeur, les dangers de voyager, la nature hostile, qui ne fait jamais de cadeau, les hommes rudes, machistes, qui considèrent les femmes comme étant à leur service, les massacres que les Indiens commettent sur les colons…

Mais l’auteur ne prendra jamais position, il donne les faits, rien de plus. Des scènes de vie, comme je vous le disais. Les Blancs ont massacré les Indiens, ils se vengent, ils ne veulent pas rester dans les réserves (je les comprends) et avec leur meneur, ils se sentent invincibles.

Dans le film, le colonel Kurtz était un fou, mais il était rationnel. Il en sera de même dans cette adaptation en western : le colonel Adam est un homme rationnel, il ne semble pas fou, juste cassé par ce qu’on lui a obligé à faire durant le conflit. Il est d’un calme absolu, pas haineux du tout, acceptant son sort.

Et c’était bien pire que s’il avait gesticulé dans tous les sens en hurlant… Dommage que leur rencontre soit si brève, quelques cases de plus auraient ajouté plus de poids au personnage d’Adam et aurait évité un dénouement aussi rapide.

Puisque les auteurs ont pris leur temps avant la rencontre au sommet, ils auraient pu continuer d’en prendre un peu pour ce point d’orgue.

Une belle adaptation du roman, plus facile à appréhender dans cette version western que dans le récit de Conrad. Un western dans la plus pure des traditions, mais avec un petit truc en plus : le réalisme, autant dans ses personnages que dans son histoire.

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Trio Grande – Adios Palomita 🇲🇽 : Alain Clément et Fabrice Lamy

ImageTitre : Trio Grande – Adios Palomita 🇲🇽

Scénariste : Alain Clément
Dessinateur : Fabrice Lamy

Édition : Delcourt – Conquistador (1991)

Résumé :
Joseph Carpenter, bandit notoire, est un homme très recherché… Mary, la blonde pulpeuse, est prête à tout pour l’enlever et obtenir le divorce.

Dolores, la brune explosive, aidée de ses frères sanguinaires et dégénérés, veut à tout prix le récupérer.

Et Stubborn, mi-shérif mi-chasseur de primes, attend patiemment, au nord du Rio Grande, de cueillir les trois fugitifs : la blonde, la brune, et le truand.

ImageCritique :
Cette bédé est un peu comme un western spaghetti du temps de Sergio Leone, la musique d’Ennio Morricone en moins (mais vous pouvez l’écouter en lisant cette bédé).

Une sorte de « La blonde, la brune et le truand », sans oublier le chasseur de primes. Parce qu’il en faut toujours un, sans oublier les braquages de banque, les vengeances, le sang, les révolvers qui crachent la mort et les courses-poursuites. Plus un soupçon d’humour.

Oui, tous les ingrédients d’un bon western étaient réunis dans cette bédé. Et ils étaient bien cuisinés, même si le scénario reste assez classique. Mais il a fait le job.

Les dessins, par contre, ne m’ont pas emballé au départ, j’ai eu un peu de mal et ensuite, bon, je me suis habituée. La bédé date de 1991, sans doute l’explication des couleurs assez criardes.

Joseph Carpenter est un voleur de banque et pour le moment, il semble se la couler douce au Mexique, avec une belle brune volcanique. La blonde surgit et enlève le truand Carpenter. La brune, pas contente, se lance à leur poursuite, la rage au corps.

Classique ? Convenu ? Oui, absolument, mais une fois de plus, l’humour a ajouté du piment à ce récit, sans oublier les nombreux flash-back pour expliquer aux lecteurs comment la blonde est en arrivée à enlever le truand. N’oublions pas le shérif, un peu chasseur de primes, qui est au cul de tout le monde et trois frangins totalement azimutés et chtarbés. Et une mitrailleuse Gatling, aussi.

Un récit qui ne possède que peu de temps morts, qui est bourré d’action, de balles qui fusent, de morts, de disputes, de femmes fatales (la blonde et la brune) qui n’ont pas froid aux yeux et un pauvre truand qui se demande ce qu’il va advenir de lui.

Un pur moment de divertissement. La dernière case finale est drôle, très drôle et j’ai explosé de rire. Bien entendu, j’ai lu de biens meilleurs westerns, mais il a fait le job. Parfois, je n’en demande pas plus.

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Revoir Comanche : Romain Renard

ImageTitre : Revoir Comanche 🇺🇸

Scénariste : Romain Renard
Dessinateur : Romain Renard

Édition : Le Lombard (11/10/2024) – 160 pages

Résumé :
Début du XIXe siècle, en Californie. Tandis qu’il attend la mort, Cole Hupp, qui vit à l’écart du monde, reçoit la visite de Vivienne, une bibliothécaire qui s’inquiète d’être sans nouvelles du ranch Triple 6.

Forcé de reprendre la route vers son passé, le vieux cow-boy rencontre les fantômes du temps et fait face à Comanche, une femme qu’il n’a jamais pu oublier.

ImageCritique :
Red Dust, Comanche, Clem Ryan « Cheveux Fous », Toby « Face Sombre », le ranch 666 (Triple Six), que de bons souvenirs de lecture.

Nous sommes maintenant en 1930, Red Dust est un vieux monsieur grincheux, vivant sous un nom d’emprunt, recherché dans plusieurs états.

Vivienne, une jeune femme, enceinte jusqu’aux dents et bibliothécaire, vient le voir, elle voudrait en savoir plus sur l’Ouest, cette époque révolue. Elle lui apprend aussi que le ranch Triple Six ne répond plus au téléphone.

Dans ce road-movie, j’ai apprécié les dessins, dans des tons sépia, certains faisant une demi-page. Magnifiques dessins. Graphismes détaillés. Par contre, le Red Dust vieux n’a rien à avoir avec celui de la bédé originale : le visage n’est pas le même, à se demander comment l’auteur n’a pas essayé de coller plus au visage qu’il avait, lorsqu’il était jeune.

La plupart du temps, c’est sans commentaires : pas de dialogues, juste des images pour se rendre compte que l’Amérique de Red Dust a changée. C’est celle de la Grande Dépression, du Dust Bowl, de la misère, des Natifs parqués dans des réserves, qui ne sont déjà plus que des fantômes.

Durant le voyage en voiture, la belle enceinte et la bête grincheuse vont tout doucement d’apprivoiser, s’apprécier. Le voyage ne se fera pas sans quelques incidents, mais dans l’ensemble, il se passe bien et ils arrivent au Triple Six.

J’ai aimé ce face à face entre le vieux cow-boy qui a vécu l’époque de l’Ouest, cet homme qui symbolise le far-west à lui tout seul et la modernité. Red Dust monte toujours à cheval, il ne connaît pas les voitures, le monde moderne semble lui faire peur, tout a trop changé.

Comanche était déjà une jeune femme moderne, mais comparé au nouveau monde qui s’est installé, elle fait partie, tout comme Red, des antiquités du Wild West.

Le rêve américain, lui, est une utopie. On se trouve en pleine crise économique, une partie de la population est sur les routes, pour rejoindre la Californie, ayant tout perdu avec le Dust Bowl, le racisme est présent, la ségrégation aussi, les riches sont en oppositions avec les plus pauvres (comme de tout temps, de tous lieux, de toutes époques).

Si l’histoire est classique, elle m’a tout de même surprise, parce que je ne m’y attendais pas du tout. Bon, un peu cousu de fil blanc, mais néanmoins, ça fonctionne parfaitement et j’ai terminé ce roman graphique agréablement surprise, tout en ayant eu quelques sueurs froides.

Cela m’a donné envie de relire la série Comanche, une série western en 15 tomes, dont, pour moi, les 10 premiers sont les meilleurs.

An American Year (2) 2024/2025

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Sans pardon : Yves H. et Hermann

ImageTitre : Sans pardon 🇺🇸

Scénariste : Yves H.
Dessinateur : Hermann

Édition : Le Lombard – Signé (2015)

Résumé :
Les chasseurs de prime ont enfin retrouvé la trace de Carter, le bandit le plus recherché du pays. Prêt à tout pour sauver sa peau, ce dernier abandonne sa famille aux mains de ses poursuivants.

Dix ans plus tard, son fils est à son tour devenu un hors-la-loi sans pitié. Rongé par les remords, Carter décide le sauver à tout prix du sort qui l’attend.

ImageCritique :
Allez hop, encore une bédé western que je n’avais pas lue et que je découvre sur le tard.

C’est un western violent, sans concession, sans lumière, avec du sang et des morts à la pelle.

C’est l’histoire de Buck Carter, un hors-la-loi, poursuivit par un marshal et ses hommes, qui se foutent pas mal de la loi, tant qu’ils attrapent leur homme.

Et Buck Carter, ce con, n’a rien trouvé de plus intelligent que d’aller se planquer dans sa ferme, où il a abandonné son épouse et son fils. Le marshal l’ayant appris, il va débarquer et comme Buck ne veut pas se rendre, je vous laisse imaginer le carnage qui va avoir lieu.

La morale de ce western ? Je dirais : quand vous avez des enfants, occupez-vous en, messieurs et n’allez pas faire le hors-la-loi ! Et si vous le faites quand même, n’allez pas vous planquer chez votre épouse quand vous avez des types qui veulent vous faire la peau ! Ou alors, ayez les couilles de vous rendre, afin d’épargner des morts inutiles qui transformeront votre gamin en fugitif et meurtrier.

Le scénario est basique de chez basique : un jeune gamin devient un hors-la-loi sans l’avoir voulu et tombe dans la spirale infernale. Jeb était un gamin norma, à cause de la connerie de son daron, le voici sur les routes, enchaînant la violence et les morts. C’est lui qui est sur la couverture et qui regarde derrière lui.

Nous ne saurons rien des crimes de son père, ni pourquoi un marshal lui court après. Le récit est ultra-violent et assez répétitif. Un scénario guère épais (guerre et paix ?) qui aurait mérité un peu plus de profondeur, je trouve… Même si le récit est, sans aucun doute, ultra-réaliste et conforme à l’époque du far-west : on ne faisait pas la dentelle, on tirait d’abord, on s’expliquait ensuite (ou pas du tout).

Les personnages ne sont pas sympathiques du tout : Buck est un salopard, le marshal n’est pas un enfant de chœur et c’est même un assassin de sang-froid, se foutant pas mal de flinguer un innocent ou un coupable, tant qu’il peut atteindre son but. Quant à Jeb, le fils, il ne prononcera pas un mot et en prendra plein la gueule (et ailleurs, aussi, mais ça, c’était une scène très crue, même si l’on ne verra pas les détails).

Les dessins d’Hermann sont toujours les mêmes : beaux et sans nouveautés ! Lorsque l’on a lu des bédés où il était le dessinateur, on remarque qu’une grande partie des visages sont toujours les mêmes et qu’il ne sait pas dessiner les visages de femmes, qui ont toujours l’air un peu hommasse sur les bords (sauf pour Comanche).

Malgré tout, j’ai apprécié cette bédé, malgré le côté cru de certaines scènes, malgré sa violence durant tout le récit, parce que finalement, c’était ainsi, dans l’Ouest, à cette époque et que certaines scènes horribles se déroulent encore aujourd’hui… Gloups.

Une bédé western à réserver aux âmes pas trop sensibles, que les violences (sur papier) ne rebute pas. Un western très dur et très âpre…

An American Year (2) 2024/2025

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Stern – 05 – Une simple formalité : Frédéric Maffre et Julien Maffre

ImageTitre : Stern – 05 – Une simple formalité 🇺🇸

Scénariste : Frédéric Maffre
Dessinateur : Julien Maffre

Édition : Dargaud (28/04/2023)

Résumé :
Alors que Stern continue d’œuvrer comme croque-mort à La Nouvelle Orléans, il se retrouve malgré lui soupçonné d’avoir braqué une banque.

Écroué en compagnie d’immigrés italien et menotté à un jeune voyou, Guido, Stern, contre son gré, parvient à s’échapper. S’engage alors une immense chasse à l’homme dans toute la ville en compagnie de Guido.

ImageCritique :
Elijah Stern a beau être austère, asocial, dégingandé, terne, sans éclat, il n’en reste pas moins un homme droit dans ses bottes et qui n’aime pas l’injustice !

Alors, quand les policiers arrêtent trois Italiens, pensant avoir coffré les trois braqueurs de la banque, Elijah n’est pas d’accord : ce n’est pas eux qui ont fait le sale coup, ce n’étaient pas des gars de cette corpulence.

Oui, mais comme les flics ont arrêté des types, pour eux, c’est bon, le boulot est fait et pourquoi s’emmerder à aller chercher ailleurs ? De toute façon, la vindicte populaire a déjà fait son choix : les ritals sont des voyous, des coupables tous désignés.

Les tomes précédents ne manquaient pas de profondeur, mais celui-ci les surclasse tous, tant il était haletant et dramatique. Oui, il y a eu des drames dans les autres aussi, j’ai eu de la peine pour la perte d’un personnage que j’appréciais, mais ici, c’était pire, puisque totalement arbitraire et dû au délit de faciès.

Le scénariste tacle vertement le racisme et la xénophobie de l’Amérique Blanche anglo-saxonne (WASP), puisqu’il n’y a qu’eux qui sont parfaits (ce sont eux qui le disent).

Tous les autres habitants des États-Unis (Noirs, Irlandais, Italiens et autres) ne sont que des envahisseurs, des gens avec qui il faut faire, mais dont ils se passeraient bien. Les Amérindiens ont dû se dire la même chose des envahisseurs Blancs…

Mais ce n’est pas uniquement le procès des États-Unis que fait le scénariste, c’est aussi celui de toutes les sociétés qui sont mues par le racisme, qu’il soit ordinaire, crasse ou violent. Ici, il est violent, très violent !

Un excellent cinquième tome, qui a mis la barre très haut, tant il était émouvant, haletant, rempli d’émotions, de peurs, de violence et d’une meute de gens qui veulent faire couler le sang.

Le final est touchant et terriblement amer, mais il donne une épaisseur encore plus grande à Elijah Stern.

Une série western que je recommande à toutes celles et ceux qui aiment le genre (et aux autres aussi).

PS : même bémol que pour le précédent, l’auteur aurait pu traduire les dialogues en italien, parce que hormis les insultes, je n’ai pas tout capté… Bon, on peut deviner, selon le contexte, mais il aurait pu penser à la traduction.

An American Year (2) 2024/2025Image

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