Titre : Sex Story – La première histoire de la sexualité en BD
Scénariste : Philippe Brenot
Dessinateur : Laetitia Coryn
Édition : Les Arènes BD (2016)
Résumé :
Tout ce que les livres d’Histoire n’osent pas raconter. Sex story dévoile la grande histoire du sexe et de l’amour. Quand le premier couple est-il apparu?? D’où nous vient la pudeur ?? L’érotisme ?? Et l’amour, cette grande affaire des humains ??
Avez-vous déjà entendu parler des grandes fêtes sexuelles de l’Antiquité ?? De l’importance du microscope dans la répression de la masturbation ?? Vous séchez ??
Pas d’inquiétude ?! Retraçant l’évolution des mœurs sexuelles en Occident des origines à nos jours, cet ouvrage est fait pour vous.
AVERTISSEMENT : La fiche qui va suivre parle d’une bande dessinée essayant de retracer l’histoire de la sexualité, de la préhistoire à demain… Les propos tenus dans les textes et les dessins de l’ouvrage représentent parfois des rapports sexuels ou des parties génitales humaines, voire des pratiques ou matériels qui peuvent déranger certaines personnes. La manière dont nous en rendrons compte n’édulcorera pas ce fait.
Aussi, la lecture de cette bande dessinée, et de ce billet sont déconseillés aux personnes ne voulant pas entendre parler de sexualité humaine. Cette lecture n’est pas adaptée aux mineurs (qui n’ont plus le droit de savoir quoi que ce soit sur le sexe puisque tout le savoir dont ils ont besoin à ce sujet leur tombera du Ciel comme une révélation le jour de leurs 18 ans).
Toute personne pouvant se sentir traumatisée, bouleversée, agressée, persécutée, affolée, angoissée, terrifiée ou affectée par toute émotion désagréable ou intense, en étant confrontée à des contenus en rapport avec la sexualité ne doivent pas lire ce qui suit. Si elles le font, nous déclinerons toute responsabilité quant à ce qui pourra advenir.
Depuis Feue Sa Majesté Victoria Reine du Royaume-Uni et de l’Empire Britannique (qui eut neuf enfants du fait de son activité sexuelle intense et deux amants supposés après la mort de son mari… « Cachez ce zgeg que je ne saurais voir ! » aurait pu se moquer Molière…), chacun sait que le sexe, c’est très très mal, c’est dégoûtant et ça ne concerne que les débauchés et les pervers promis aux flammes éternelles de l’Enfer.
La seule orientation sexuelle respectable est de nos jours l’asexualité (elle concerne 1% de la population française – Les autres 99% doivent respecter ce fait et ne plus parler librement de sexe pour ne pas porter atteinte au respect qui leur est dû – Vive la démocratie révisée par le totalitarisme minoritaire ! Et si vous trouvez que j’exagère, demandez-vous pourquoi ce genre de disclaimer est aujourd’hui devenu obligatoire un peu partout !).
Donc les gens bien élevés, les gens normalement normaux, donc les gens dérangés par le sexe, et les enfants jusqu’à 18 ans (voire 21 ans dans certains états), sont priés d’aller voir ailleurs de toute urgence. C’est assez clair ou je dois le dire en mandarin ?
L’avis de Dame Ida :
Saviez-vous que :
– Clitoris vient du mot « clé » en grec ancien ?
– Henri III, le roi de France soupçonné de préférer ses mignons aux dames, rumeur propagée par les protestants… n’était en rien homo et collectionnait les maîtresses ?
– La ceinture de chasteté ne fut pas inventée pendant les croisades, mais durant la renaissance, et surtout popularisée au… XIXe siècle ?
– L’amour dit « courtois » était surtout le paravent de… l’adultère ?
– L’Angleterre victorienne totalisait 5000 bordels pour seulement 2150 églises et écoles ?
– Que rien qu’à Paris, à la fin du XIXe, ce n’est pas moins 155000 prostituées qui étaient recensées ?
– Qu’en 1857 la création d’une « société » de gentlemen, une assos’ quoi…, servit de paravent à la diffusion du Kamasutra pour contourner ainsi l’interdiction de la commercialisation de la pornographie ?
– Que la première chirurgie de réassignation de sexe (remplacement d’un pénis par un vagin) date des années 1920 ?
Et j’en ai encooooore appris bien d’autres !
Et oui, chers lecteurs et chères lecteuses, je ne suis pas réputée pour mon goût de la bédé… Mais comme elle était sexuelle et qu’il y avait aussi le prétexte de l’intérêt historique, je l’ai évidemment lue en entier !
Mon fils qui n’a JAMAIS lu un livre en entier, je le crains, a toutefois lu l’intégralité des deux livres d’éducation sexuelle que nous avions laissé traîner, son père et moi, pour répondre aux questions qu’il nous posait à 8 ou 10 ans, avant de devenir tout rouge, de se sauver et de s’enfermer dans sa chambre avant que nous n’ayons pu ouvrir la bouche … Toute réponse de notre part risquant de le faire tomber dans les pâmes (pommes).
Comme quoi… Il y a des sujets qui rendent plus courageus(e)… ou… oserai-je dire… Ouvert(e) ?
Pour des raisons professionnelles, devant pouvoir répondre aux interrogations de bien des jeunes sur le sujet, j’ai dû m’informer très précisément sur l’évolution du regard des sociétés sur la sexualité ; ses aspects éthiques, religieux, historiques, mais aussi, l’évolution des connaissances scientifiques, des croyances et des discours sur le sujet. Sans parler des valeurs qu’on y associe et qui ont tellement changé en quelques décennies.
Dans l’ensemble, je savais déjà pas mal de choses sur la question et… Je suis ravie de voir que malgré le ton badin, voire léger, pour ne pas dire carrément leste choisi par les auteurs de cette BD, le fond reste en effet d’une très grande qualité même si certains points me questionnent malgré tout.
Et ce qui ne gâche rien, j’y ai même appris des choses que j’ignorais encore.
Aussi bien sur le plan des éléments historiques, sur le plan des théories religieuses ou médicales, tout était sérieux et solide, globalement de grande qualité sans jamais être rébarbatif, grâce à l’humour des textes et des dessins.
Cela étant, même si mon fils est majeur depuis quelques années maintenant, je me verrais mal lui offrir un exemplaire de cette BD.
Certes, elle relève plus du registre historique / humoristique que du registre pornographique… Ce n’est pas non plus gratuitement graveleux comme une couv’ de Charlie Hebdo…
Mais tout de même c’est vraiment pour adultes et je crois que mon fils a passé l’âge de devoir recevoir encore des infos sur la sexualité de la part de sa mère, et surtout avec un contenu aussi léger.
En outre, en tant que maman, j’ai veillé à transmettre quelque chose de mes propres valeurs éthiques au sujet de la sexualité à mes enfants.
Or, si le discours concernant l’émancipation des femmes développé dans cette BD, et la manière critique dont la domination masculine est traitée en tout au long des pages, me convient totalement, sur le plan des valeurs tout est mis sur le même plan, avec une absence totale de jugement sur ce qui serait bien ou mal.
En effet, on serait par exemple presque nostalgique des grandes partouzes généralisées de l’Antiquité romaine, ou de la prostitution sacrée dans les temples Babyloniens !
On évoquera brièvement les théories délirantes de Reich, dont la santé mentale était pourtant notoirement douteuse… Et on parlera des travaux de Kinsey, en zappant les critiques éthiques et méthodologiques sérieuses qui entachent lourdement un grand nombre de ses théories.
Et puis j’aurais aimé savoir comment on est parvenu à théoriser autant sur la sexualité des hommes et femmes préhistoriques qui, par définition, ne nous ont laissé aucun document écrit…
Et on ne questionnera pas non plus certaines sources qui mériteraient un recul critique.
Par exemple, les légendes considérant la supposée nymphomanie de la reine Cléopâtre VII… On oublie qu’elles s’appuient sur des écrits romains datant d’un siècle après sa mort… Les romains qui étaient les ennemis de Cléopâtre, qui avait été déjà cataloguée de traînée, pour avoir détournée César de son épouse légitime… Puis Marc Antoine qui lui-même était marié à la sœur… d’Auguste qui deviendra Empereur des Romains. Bref… Rien que ça pouvait suffire à en faire une traînée pour le peuple romain… Il était inutile de raconter qu’elle faisait des gâteries à tout un régiment au petit déjeuner !
C’est comme si nous tenions pour vrai toutes les liaisons, y compris saphiques, prêtées à Marie-Antoinette dans les pamphlets révolutionnaires qui la désignaient fautive de tout ce qui clochait en France… alors qu’il a fallu deux siècles pour avoir la preuve de sa liaison avec Fersen… La seule qui soit à peu près crédible.
Bref… Certes, les amateurs et amatrices d’histoire pourront trouver le diable qui se cache dans certains petits détails… Mais n’oublions pas que l’auteur qui n’est lui-même pas historien (mais sexologue et anthropologue) ne peut se voir reprocher de n’avoir pas vérifié toutes les sources historiques elles-mêmes publiées par des historiens il y a plus ou moins longtemps.
Il leur a fait confiance… sans voir si certaines théories plus récentes remettaient ou pas en cause certaines infos qu’il a pu utiliser.
J’avoue que je me montre exigeante là… Car dans l’ensemble… Pour 90 à 95 % des informations distillées par cette BD, je n’aurais rien à dire d’autre que le tout est extrêmement bien amené, articulé et construit, sans jamais être ennuyeux ou trop académique.
L’histoire se manifeste là par ses petits détails croustillants fort divertissants dont l’auteur nous régale en nous démontrant combien l’histoire de la sexualité et des civilisations sont étroitement liées, car nos façons de jouir sont déterminées par les normes sociales.
Et les ressorts de ce déterminisme sont réciproques, puisque notre appétit de jouissance n’est pas sans impact sur nos organisations sociales.



L’avis de Dame Ida :
Critique :


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