Sex Story – La première histoire de la sexualité en BD : Philippe Brenot et Laetitia Coryn [par Dame Ida, Sexystorienne]

ImageTitre : Sex Story – La première histoire de la sexualité en BD

Scénariste : Philippe Brenot
Dessinateur : Laetitia Coryn

Édition : Les Arènes BD (2016)

Résumé :
Tout ce que les livres d’Histoire n’osent pas raconter. Sex story dévoile la grande histoire du sexe et de l’amour. Quand le premier couple est-il apparu?? D’où nous vient la pudeur ?? L’érotisme ?? Et l’amour, cette grande affaire des humains ??

Avez-vous déjà entendu parler des grandes fêtes sexuelles de l’Antiquité ?? De l’importance du microscope dans la répression de la masturbation ?? Vous séchez ??

Pas d’inquiétude ?! Retraçant l’évolution des mœurs sexuelles en Occident des origines à nos jours, cet ouvrage est fait pour vous.

AVERTISSEMENT : La fiche qui va suivre parle d’une bande dessinée essayant de retracer l’histoire de la sexualité, de la préhistoire à demain… Les propos tenus dans les textes et les dessins de l’ouvrage représentent parfois des rapports sexuels ou des parties génitales humaines, voire des pratiques ou matériels qui peuvent déranger certaines personnes. La manière dont nous en rendrons compte n’édulcorera pas ce fait.

Aussi, la lecture de cette bande dessinée, et de ce billet sont déconseillés aux personnes ne voulant pas entendre parler de sexualité humaine. Cette lecture n’est pas adaptée aux mineurs (qui n’ont plus le droit de savoir quoi que ce soit sur le sexe puisque tout le savoir dont ils ont besoin à ce sujet leur tombera du Ciel comme une révélation le jour de leurs 18 ans).

Toute personne pouvant se sentir traumatisée, bouleversée, agressée, persécutée, affolée, angoissée, terrifiée ou affectée par toute émotion désagréable ou intense, en étant confrontée à des contenus en rapport avec la sexualité ne doivent pas lire ce qui suit. Si elles le font, nous déclinerons toute responsabilité quant à ce qui pourra advenir.

Depuis Feue Sa Majesté Victoria Reine du Royaume-Uni et de l’Empire Britannique (qui eut neuf enfants du fait de son activité sexuelle intense et deux amants supposés après la mort de son mari… « Cachez ce zgeg que je ne saurais voir ! » aurait pu se moquer Molière…), chacun sait que le sexe, c’est très très mal, c’est dégoûtant et ça ne concerne que les débauchés et les pervers promis aux flammes éternelles de l’Enfer.

La seule orientation sexuelle respectable est de nos jours l’asexualité (elle concerne 1% de la population française – Les autres 99% doivent respecter ce fait et ne plus parler librement de sexe pour ne pas porter atteinte au respect qui leur est dû – Vive la démocratie révisée par le totalitarisme minoritaire ! Et si vous trouvez que j’exagère, demandez-vous pourquoi ce genre de disclaimer est aujourd’hui devenu obligatoire un peu partout !).

Donc les gens bien élevés, les gens normalement normaux, donc les gens dérangés par le sexe, et les enfants jusqu’à 18 ans (voire 21 ans dans certains états), sont priés d’aller voir ailleurs de toute urgence. C’est assez clair ou je dois le dire en mandarin ?

ImageL’avis de Dame Ida :
Saviez-vous que :

– Clitoris vient du mot « clé » en grec ancien ?

– Henri III, le roi de France soupçonné de préférer ses mignons aux dames, rumeur propagée par les protestants… n’était en rien homo et collectionnait les maîtresses ?

– La ceinture de chasteté ne fut pas inventée pendant les croisades, mais durant la renaissance, et surtout popularisée au… XIXe siècle ?

– L’amour dit « courtois » était surtout le paravent de… l’adultère ?

– L’Angleterre victorienne totalisait 5000 bordels pour seulement 2150 églises et écoles ?

– Que rien qu’à Paris, à la fin du XIXe, ce n’est pas moins 155000 prostituées qui étaient recensées ?

– Qu’en 1857 la création d’une « société » de gentlemen, une assos’ quoi…, servit de paravent à la diffusion du Kamasutra pour contourner ainsi l’interdiction de la commercialisation de la pornographie ?

– Que la première chirurgie de réassignation de sexe (remplacement d’un pénis par un vagin) date des années 1920 ?

Et j’en ai encooooore appris bien d’autres !

Et oui, chers lecteurs et chères lecteuses, je ne suis pas réputée pour mon goût de la bédé… Mais comme elle était sexuelle et qu’il y avait aussi le prétexte de l’intérêt historique, je l’ai évidemment lue en entier !

Mon fils qui n’a JAMAIS lu un livre en entier, je le crains, a toutefois lu l’intégralité des deux livres d’éducation sexuelle que nous avions laissé traîner, son père et moi, pour répondre aux questions qu’il nous posait à 8 ou 10 ans, avant de devenir tout rouge, de se sauver et de s’enfermer dans sa chambre avant que nous n’ayons pu ouvrir la bouche … Toute réponse de notre part risquant de le faire tomber dans les pâmes (pommes).

Comme quoi… Il y a des sujets qui rendent plus courageus(e)… ou… oserai-je dire… Ouvert(e) ?

Pour des raisons professionnelles, devant pouvoir répondre aux interrogations de bien des jeunes sur le sujet, j’ai dû m’informer très précisément sur l’évolution du regard des sociétés sur la sexualité ; ses aspects éthiques, religieux, historiques, mais aussi, l’évolution des connaissances scientifiques, des croyances et des discours sur le sujet. Sans parler des valeurs qu’on y associe et qui ont tellement changé en quelques décennies.

Dans l’ensemble, je savais déjà pas mal de choses sur la question et… Je suis ravie de voir que malgré le ton badin, voire léger, pour ne pas dire carrément leste choisi par les auteurs de cette BD, le fond reste en effet d’une très grande qualité même si certains points me questionnent malgré tout.

Et ce qui ne gâche rien, j’y ai même appris des choses que j’ignorais encore.

Aussi bien sur le plan des éléments historiques, sur le plan des théories religieuses ou médicales, tout était sérieux et solide, globalement de grande qualité sans jamais être rébarbatif, grâce à l’humour des textes et des dessins.

Cela étant, même si mon fils est majeur depuis quelques années maintenant, je me verrais mal lui offrir un exemplaire de cette BD.

Certes, elle relève plus du registre historique / humoristique que du registre pornographique… Ce n’est pas non plus gratuitement graveleux comme une couv’ de Charlie Hebdo…

Mais tout de même c’est vraiment pour adultes et je crois que mon fils a passé l’âge de devoir recevoir encore des infos sur la sexualité de la part de sa mère, et surtout avec un contenu aussi léger.

En outre, en tant que maman, j’ai veillé à transmettre quelque chose de mes propres valeurs éthiques au sujet de la sexualité à mes enfants.

Or, si le discours concernant l’émancipation des femmes développé dans cette BD, et la manière critique dont la domination masculine est traitée en tout au long des pages, me convient totalement, sur le plan des valeurs tout est mis sur le même plan, avec une absence totale de jugement sur ce qui serait bien ou mal.

En effet, on serait par exemple presque nostalgique des grandes partouzes généralisées de l’Antiquité romaine, ou de la prostitution sacrée dans les temples Babyloniens !

On évoquera brièvement les théories délirantes de Reich, dont la santé mentale était pourtant notoirement douteuse… Et on parlera des travaux de Kinsey, en zappant les critiques éthiques et méthodologiques sérieuses qui entachent lourdement un grand nombre de ses théories.

Et puis j’aurais aimé savoir comment on est parvenu à théoriser autant sur la sexualité des hommes et femmes préhistoriques qui, par définition, ne nous ont laissé aucun document écrit…

Et on ne questionnera pas non plus certaines sources qui mériteraient un recul critique.

Par exemple, les légendes considérant la supposée nymphomanie de la reine Cléopâtre VII… On oublie qu’elles s’appuient sur des écrits romains datant d’un siècle après sa mort… Les romains qui étaient les ennemis de Cléopâtre, qui avait été déjà cataloguée de traînée, pour avoir détournée César de son épouse légitime… Puis Marc Antoine qui lui-même était marié à la sœur… d’Auguste qui deviendra Empereur des Romains. Bref… Rien que ça pouvait suffire à en faire une traînée pour le peuple romain… Il était inutile de raconter qu’elle faisait des gâteries à tout un régiment au petit déjeuner !

C’est comme si nous tenions pour vrai toutes les liaisons, y compris saphiques, prêtées à Marie-Antoinette dans les pamphlets révolutionnaires qui la désignaient fautive de tout ce qui clochait en France… alors qu’il a fallu deux siècles pour avoir la preuve de sa liaison avec Fersen… La seule qui soit à peu près crédible.

Bref… Certes, les amateurs et amatrices d’histoire pourront trouver le diable qui se cache dans certains petits détails… Mais n’oublions pas que l’auteur qui n’est lui-même pas historien (mais sexologue et anthropologue) ne peut se voir reprocher de n’avoir pas vérifié toutes les sources historiques elles-mêmes publiées par des historiens il y a plus ou moins longtemps.

Il leur a fait confiance… sans voir si certaines théories plus récentes remettaient ou pas en cause certaines infos qu’il a pu utiliser.

J’avoue que je me montre exigeante là… Car dans l’ensemble… Pour 90 à 95 % des informations distillées par cette BD, je n’aurais rien à dire d’autre que le tout est extrêmement bien amené, articulé et construit, sans jamais être ennuyeux ou trop académique.

L’histoire se manifeste là par ses petits détails croustillants fort divertissants dont l’auteur nous régale en nous démontrant combien l’histoire de la sexualité et des civilisations sont étroitement liées, car nos façons de jouir sont déterminées par les normes sociales.

Et les ressorts de ce déterminisme sont réciproques, puisque notre appétit de jouissance n’est pas sans impact sur nos organisations sociales.

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Des News de l’Enfer – Du nouveau sur l’Identification de Jack l’Eventreur [par Dame Ida Envoyée Spectrale à Whitechapel]

ImageTitre : Jack l’éventreur : Démasqué / Jack l’Eventreur identifié 🇬🇧

Auteur : Russell Edwards 🇬🇧
Édition : L’Archipel (2016) / Archipoche (2024) – 420 pages
Édition Originale : Naming Jack the Ripper (2014)
Traduction : Daniel Lemoine

Résumé :
Des onze meurtres commis entre 1888 et 1891 à Londres, dans le quartier de Whitechapel, la police n’en pourra attribuer que cinq à celui qui fut surnommé Jack l’Éventreur. C’est sans doute la série de crimes non résolus la plus célèbre et la plus fascinante de l’histoire du crime. « Je suis le dernier en date à avoir tenté de percer le mystère, explique Russell Edwards. Mais, contrairement à mes prédécesseurs, je crois détenir une preuve irréfutable, une preuve qui, aujourd’hui, résisterait à un contre-interrogatoire lors d’un procès. »

Cette pièce capitale est le châle retrouvé près du corps de Catherine Eddowes, quatrième victime de Jack l’Éventreur. Outre le sang de Mrs Eddowes, le châle contient aussi des traces de l’ADN du meurtrier ! Quand il en fait l’acquisition, Russell Edwards, un promoteur anglais, ne se doute pas encore que débutent pour lui sept ans d’enquête.

Plus de cent vingt ans après ses crimes légendaires, le mystérieux tueur de Whitechapel a désormais un nom, que révèle cet ouvrage. « Une enquête passionnante…. et une solution à une énigme qui semblait impossible à résoudre. » The Guardian

ImageL’avis de Dame Ida :
Chers Lecteurs, Chères Lecteuses,

L’affaire était passée inaperçue lorsque les médias ont délivré la nouvelle à la fin de l’hiver dernier… Mais un nouveau rebondissement vient d’avoir lieux dans l’affaire de Jack l’Eventreur.

Pourquoi n’ai-je découvert l’information que maintenant ? Et bien mystère et boules de gnomes !

Une actualité chargée entre les délires d’un golfeur orange à moitié dément et les caprices d’un autre autocrate paranoïaque ?

Entre les bombardement d’une population civile sans défense où se terreraient des terroristes qu’un criminel de guerre allégué bombarde sans retenue, tandis qu’un autre taré instrumentalise la tragédie pour diviser le peuple français et attiser un certain antisémitisme, tandis que ses copines soi-disant féministes promeuvent l’application de la charia au nom d’une laïcité invoquée seulement pour ridiculiser les catholiques tout en accusant l’homme blanc de masculinisme toxique ?

Sans parler de la banqueroute du pays et d’un président qui essaie d’exister sans assise parlementaire avec un gouvernement où chacun tire la couverture à soi dans les médias…

Ah oui… ajoutons à cela la catastrophe climatique et la crise économique acculant maintenant les classes moyennes aux portes de la pauvreté tandis que les ultra-riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres et plus nombreux (Merci Don Salluste !).

Sérieusement, qui peut encore s’intéresser à des crimes vieux de 137 ans alors qu’il est à peu près certain que leur auteur est déjà bouffé par les vers depuis longtemps et que ses os sont tombés en poussières alors que nous sommes à la veille de la fin du monde ?

Et puis… Ce n’est pas comme si cette découverte était un véritable scoop… le dit scoop remontant déjà à quelques années, mais il n’était resté qu’au stade d’hypothèses en attendant une confirmation des laboratoires.

Et v’lan ! Les dernières analyses sont tombées.

Car, si l’autrice de la série « les Enquêtes de Scarpétasse », Patricia Cornwell a dépensé des millions de dollars pour claironner grâce à des échantillons d’ADN multicontaminés que Jack était le peintre Walter Sickert…

Aujourd’hui l’ADN nous désigne un nouveau gagnant déjà présent dans la première liste des suspects de la police dès 1888 !

Exit les théories psychanalytiques fumeuse d’une Sophie Herfort (qui n’est d’ailleurs pas psy…) qui la conduisaient à désigner un des chefs de la police de l’époque qui voulait se venger de son « Patron »…

Exit les inepties des années 70 anti monarchiques sur le complot royal protégeant le petit-fils syphilitique et dément de la Reine Victoria ou le le Dr Gull, médecin de la Reine et quasiment impotent à l’époque…

Exit la théorie fumeuse sur Lewis Caroll, qui certes n’était pas très équilibré, et soupçonné de pédophilie… Mais justement… Qu’un potentiel pédophile émoustillé par pureté virginale de l’enfance puisse prendre son pied en découpant des femmes d’âge mûr et prostituées qui plus est… Ben dès le départ ce n’était pas très crédible.

Exit l’avocat Montague Druit plus probablement homosexuel qu’intéressé par les dames âgées… Exit Misteur Pizer alias Tablier de Cuir, cordonnier de son état… Exit Messieurs Klosowski, Ostrog, Sadler et Tumblety…

Le gagnant serait le barbier Aaron Kominski âgé de 23 ans totalement siphonné au moment des faits et enfermé à l’asile après avoir tenté de trucider sa sœur Il y serait mort vers l’âge de 53 ans.

Comment le sait-on ? Et bien il faut suivre la piste du châle d’une des victimes, Catherine Eddows.

Ce châle aurait été ramassé par des des agents arrivés sur les lieux. A cette époque là… « figer » les « scènes de crime » n’étaient pas encore une pratique à la mode et il n’était en effet pas rare que des objets ramassés sur les lieux disparaissent.

On ne saura jamais vraiment ce que cet agent voulait faire de ce châle… L’offrir à une conquête ? Beurk… Le garder comme souvenir ?

Et bien il semblerait qu’il se soit transmis à ses descendants qui ont fini par s’en débarrasser dans une vente aux enchères lors de laquelle un certain Russel Edwards l’a acquis.

Un livre plus tard « Jack l’Eventreur démasqué », au travers des pages duquel Edwards a développé sa propre thèse sur l’identité du tueur, l’auteur a décidé de faire authentifier les traces d’ADN présents sur le dit châle pour que la vérité soit faite à la fois sur la propriétaire du châle et sur… le propriétaire de sperme retrouvé sur le dit châle.

Edwards serait allé jusqu’à retrouver des membres de la famille du suspect Aaron Kominski pour leur demander de leur fournir un peu d’ADN pour établir si le suspect était bel et bien le coupable.

Et voilà que les médias nous disent bingo ! Le match parfait ! Les traces d’ADN retrouvées sur le châle seraient formellement compatibles avec celui de Kominski.

Oui… Mais voilà… c’est trop beau.

Nan… Je ne veux pas exclure cette théorie pour laisser à la mienne. Vous savez que j’opte pour le fait que le personnage de Jack soit une simple créature fictive créée par la presse délirante de cette époque et les rumeurs sur des meurtres bien réels qui s’ils ont certains points communs entre eux… ont suffisamment de différences (l’une des victimes attribuées à Jack, Elisabeth Stride n’a pas été mutilée…) pour qu’on puisse laisser ouverte l’hypothèse de meurtriers différents.

Et l’hypothèse des meurtriers différents est d’autant plus crédible qu’on a un temps pensé que Jack aurait pu en avoir tué d’autres que l’on a identifiées sans être certains que ce soit lui… Sans parler des torses de femmes retrouvés alors dans la Tamise… A une époque où les prostituées étaient régulièrement zigouillées par leurs clients, leurs proxénètes, ou d’autres proxénètes qui voulaient étendre leur « territoire ».

Anybref… Outre ma propre théorie préférée, j’ai quelques petits problèmes avec la vraisemblance de l’identification ADN de Kominski.

En effet l’ADN testé est un ADN mitochondrial. Les mitochondries sont des petites structures microscopique présentes au sein des cellules. Elles produisent l’énergie permettant à la cellule de remplir sa fonction. Les mitochondries ont leur propre ADN, distinct de l’ADN des chromosomes présents dans les noyaux des cellules.

L’ADN cellulaire, celui des chromosomes, est issu du brassage aléatoire des chromosomes du père et de la père lorsque les gamètes (ovules et spermatozoïdes) se rencontrent pour former l’embryon. L’ADN cellulaire est donc à chaque fois unique, composé de 50% de l’ADN du père et 50% de l’ADN de la mère mélangés de manière aléatoire. L’ADN cellulaire est donc un ADN unique qui permet d’identifier formellement quelqu’un.

Cependant, il est fragile et se dégrade, facilement avec le temps s’il n’est pas conservé dans de bonnes conditions. Il peut être facilement inutilisable.

L’ADN mitochondrial, lui, est loin d’être unique. Chaque personne reçoit l’ADN mitochondrial de sa mère. J’ai celui de ma mère, et je l’ai refilé à mes enfants… Même à mon fils.

De fait l’ADN mitochondrial ne permet que d’attester que le sujet appartient à telle ou telle branche maternelle. Deux frères, deux soeurs, un frère et une soeur… auront le même ADN mitochondrial venu de leur mère. Les hommes ne le transmettent pas à leurs enfants. Et j’aurais le même ADN mitochondrial que mon oncle maternel (à condition qu’ils aient la même mère, peu importe leurs pères !) et le même ADN mitchodrial que la mère de la mère de la mère… de la mère de ma mère… Et que toute personne descendant de cette femme par les femmes.

Autant dire que l’ADN mitochondrial n’est franchement pas le meilleur moyen d’identifier une personne, notamment des années, que dis-je un siècle plus tard.

En outre, le problème avec une trace ADN, qu’il soit mitochondriale ou nucléaire… C’est qu’on ne peut jamais précisément déterminer QUAND elle a été laissée. C’est d’ailleurs l’une des faiblesses de ces séries genre « les Experts ». La trace peut avoir été laissée des jours avant un meurtre, ou après. Mais les traces laissées dans l’après coup sont plus rares puisqu’on est supposé figer les scènes de crime maintenant et protéger les indices prélevés.

C’est d’ailleurs pourquoi on parle parfois de « contaminations » d’échantillon d’ADN, car il arrive qu’un ADN sans rapport avec une affaire vienne contaminer un échantillon utilisé pour une enquête et le rende… caduc d’un strict point de vue scientifique ou inutilisable d’un point de vue légal.

Or, un châle qui a circulé de mains en mains depuis 137 ans sans précautions particulières (gants et masques à chaque manipulation… loin de tout autre produit biologique) … excusez-moi… Mais sur le plan de la méthodologie scientifique… Il est aussi utile que les échantillons d’ADN que Patricia Cornwell est allée utilisée pour étayer sa thèse Sickert.

En plus… Dans les news que j’ai trouvées sur le net, ils ne focalisaient que sur l’ADN mitochondrial des descendants de Kominski qu’on dit retrouver sur le châle… Mais je n’ai rien vu sur l’authentification de l’ADN du sang de Catherine Eddows. Peut-être le livre d’Edwards que je n’ai pas lu en dit il plus à ce sujet ?

Mais sans preuve ADN suffisante déterminant que ce châle là a appartenu à Catherine Eddows, on se fiche de savoir si l’ADN mitochondrial de la branche maternelle d’Aaron Kominski s’y trouve car rien ne permet d’attester alors que cette homme et cette femme aient eu réellement l’occasion de se croiser en 1888.

Et comme je le disais plus haut… Même si on pouvait démontrer à 100% que le sang prélevé sur le châle est bien celui de Catherine Eddows… Et à 100% que l’ADN de Kominski se retrouve dans le sperme présent sur ce châle… Cela ne signifie scientifiquement pas autre chose qu’Aaron Kominski aurait pu avoir été un de ses clients avant qu’elle ne meure…

Donc l’ADN ne pouvant au mieux que prouver un contact… Et l’ADN mitochondrial utilisé pouvant désigner toute personne issue de sa lignée maternelle ce qui représente en réalité beaucoup de monde… Même là la possibilité d’un contact entre Eddows et Kominski n’est pas certaine.

Aussi… Peut-on considérer les preuves prétendant étayer cette théorie comme insuffisantes pour établir une culpabilité sur le meurtre de Catherine Eddows… En outre, la qualité du châle en question soulève certains questionnements. Il serait d’une facture indiquant qu’il n’était pas bon marché. Or, Eddows avait dû mettre une paire de chaussure en gage chez un prêteur peu de temps avant. Comment aurait elle pu s’offrir un tel châle étant donné la misère dans laquelle elle vivait ?

Quant aux quatre autres meurtres attribués à Jack l’Eventreur… et bien… ce châle ne prouverait rien non plus permettant de nous assurer que Kominski est bien Jack l’Eventreur.

Aussi… Le mystère demeure-t-il toujours entier à mes yeux… Et mon hypothèse de tueurs multiples, imitant ce qu’ils avaient pu lire dans la presse pour brouiller les pistes faute de « signature » attestée sur chacun de ces meurtres… et bien elle fonctionne toujours !

Et toc !

Alice au pays des merveilles – 2 Tomes 🇬🇧 : Jun Abe

ImageTitre : Alice au pays des merveilles – 2 Tomes (ou Intégrale) 🇬🇧

Scénariste : Jun Abe (d’après l’oeuvre de Lewis Carroll & Tim Burton)
Dessinateur : Jun Abe

Édition : Pika Édition (2016)

Résumé :
Alice est malheureuse dans un monde d’adultes aux conventions étouffantes. Lorsqu’un ennuyeux Lord la demande en mariage, elle s’enfuit en courant et tombe dans un monde peuplé de créatures étranges et gouverné par la terrible Reine rouge.

Les habitants ont besoin d’aide pour renverser son pouvoir tyrannique, mais ils prétendent que la jeune fille n’est pas « la bonne Alice »…

Avec l’aide du Chapelier fou parviendra-t-elle à vaincre la Reine Rouge et son monstrueux Jabberwocky ?

ImageCritique :
Alice au pays des merveilles fut le seul Disney que j’avais détesté et dont je n’avais rien compris à l’histoire, à l’époque où je l’avais vu au cinéma (années 80)…

Alors, pourquoi lire l’adaptation en manga ? Premièrement, pour rompre le mauvais sort qui fait que je grimace à chaque fois que l’on me parle d’Alice

Deuxièmement, comme ce manga était aussi une adaptation du film de Tim Burton, je me suis laissé tenter, sachant que son univers n’était pas le même que celui de Walt Disney (non, je n’ai pas vu son film non plus, allergique à Alice que j’étais toujours).

En effet, même si nous sommes bien dans l’adaptation de l’histoire psychédélique d’Alice, qui va tomber dans le trou et croiser des animaux parlants et des personnages fantasques, on sent bien que l’on est dans l’univers de Tim Burton, notamment grâce aux dessins, qui ne font pas Disney et dans le fait qu’Alice est plus âgée dans le dessin animé (elle a 20 ans).

N’ayant pas vu le film de Burton, je ne saurais dire si tout y est fidèle, mais vu que le manga nous averti, avant, que ce manga s’éloigne par moments du film dont il s’inspire, je suppose que le mangaka n’a pas copié entièrement le film de Burton.

Les décors ne sont pas trop délirants, mais les personnages, eux, le sont bien, notamment les plus classiques, tel le Lapin de Mars, le Chapelier fou, le chat du Cheshire, la reine rouge, le valet de cœur, le lapin blanc, la chenille… J’ai eu un gros faible pour le chapelier fou.

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La première partie est consacrée à Alice, une partie de son enfance et comment elle en est arrivée à tomber dans le trou. Son avancée dans ce monde merveilleux, qui fout la trouille, tout de même, puisque c’est une dictature, va prendre une grande partie du récit.

La narration est assez fluide et je n’ai pas mis trop de temps pour lire le premier tome. Si Alice peut parfois être exaspérante, elle n’en reste pas moins un personnage auquel on s’attache.

Le second tome est plus dans l’action, puisque Alice doit affronter le Jabberwocky et ainsi, éjecter la vilaine reine rouge qui usurpe le trône de sa sœur. L’action est rythmée et il y a peu de temps morts. Autant où je me souvenais de certaines scènes du dessin animé, j’avais tout oublié du combat avec la créature terrifiante.

Je ne dirai pas que je suis réconciliée avec Alice au pays des merveilles de Disney, ni que je visionnerai le film de Burton, mais lire ce manga m’a fait du bien et m’a permis de redécouvrir ce classique autrement et de le digérer, chose que je ne savais pas su faire lorsque j’étais gamine.

#LeMoisAnglais2025
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Jason et la toison d’or – 3 Tomes : Clotilde Bruneau et Alexandre Jubran 🇧🇷

ImageTitres : Jason et la toison d’or – 01 Premières armes / 02 Le voyage de l’Argo / 03 Les Maléfices de Médée

Scénariste : Clotilde Bruneau
Dessinateur : Alexandre Jubran 🇧🇷

Éditions : Glénat – La sagesse des mythes (2016/2018/2019)

Résumé :
Héritier du trône d’Iolcos, Jason est le seul survivant d’un massacre perpétré par son oncle, le félon Pélias. Mis en sécurité par sa mère, il parfait son apprentissage auprès du meilleur éducateur de la Grèce : le centaure Chiron.

Devenu adulte, Jason part alors accomplir son destin et réclamer son trône. Mais, piégé par son oncle, il se retrouve à devoir entreprendre la plus périlleuse des missions : rapporter la toison d’or, un trésor aussi inestimable qu’inaccessible.

Pour s’en emparer, il va devoir s’entourer des meilleurs. Et bâtir un navire capable de traverser le terrible Détroit des Dardanelles.

Alors, seulement, le voyage pourra commencer…

ImageCritique tome 01 Premières armes :
J’ai pris un réel plaisir à découvrir toute la série consacrée à la sagesse des mythes, publiée chez Glénat. Pourquoi ? Parce que j’aime bien les mythes, même si je sais que ce sont de belles histoires.

La mythologie a mis les dieux à l’égal des Hommes, les pouvoirs magiques en plus et l’immortalité aussi, mais pour le reste, ce sont des pécheurs, des fornicateurs, des violeurs, des assassins, des manipulateurs, des mêle-tout, bref, des dieux avec les défauts des humains.

Oui, je connaissais le mythe de la toison d’or, mais j’aurais bien été incapable de vous en parler ou de faire une dissertation. Alors non, vous n’aurez pas une dissertation de ma part, juste une chronique par album (3), consacré à Jason (pas le chanteur de mon époque !).

Comme d’habitude, un homme jaloux a tué son frangin pour usurper son trône et a fait tuer les enfants de celui-ci (oh, Mufasa, saligaud !!). Désolée, l’usurpateur se nomme Pélias…

Instant karma avec la nouvelle épouse du roi assassiné, puisque elle-même avait voulu éliminer les deux enfants que son nouvel époux avait eus avec sa première épouse. Elle avait joué avec les peurs des gens (sans l’aide des réseaux sociaux) et c’est un bélier à la toison d’or qui était venu sauver les gosses qui allaient avoir la tête coupée.

Jason a été sauvé et on l’a confié à Chiron, un centaure qui a fait son éducation, jusqu’à ce que Jason apprenne le triste sort de ses parents et ne décide d’aller se venger. Alors, Simba, sans Timon & Pumba… Heu, alors, Jason se mit en route pour récupérer son trône, mais, se faisant repérer par Pélias, il fanfaronne en lui disant qu’il va aller récupérer la toison d’or en Colchidie.

Ma foi, je ne connaissais pas du tout cette partie-là, c’était donc une lecture enrichissante, même si la trame est un grand classique d’usurpation d’un trône, faite dans le sang et les assassinats.

J’ai apprécié les dessins, détaillés et lorsque Jason commença à réunir son équipage, j’ai retrouvé des têtes bien connues, telles qu’Héraclès, Thésée, Orphée, Castor et Pollux. Que du beau linge ! Normal, les dieux ne sont jamais loin pour guider les Hommes et les faire agir selon leur bon vouloir à eux.

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ImageCritique tome 02 Le voyage de l’Argo :
Autant où je m’étais bien amusée avec le premier tome, autant où je me suis fait chier dans le deuxième !

Il ne se passe rien, on s’emmerde ferme et ce ne sont pas les quelques escarmouches et aventures qui ont lieu durant le voyage de l’Argo qui feront la différence.

Pire, j’ai même eu l’impression que tous ces événements n’étaient là que pour distraire le public, le faire patienter avant l’arrivée en Colchidie.

Les différents personnages vont et viennent, on en perd au passage (mais les oracles l’avaient prédit) et cela donne une impression de confusion, de bordel sans nom, de drap réalisé à l’aide de petits morceaux d’étoffes épars.

Et nous n’aurons plus aucune nouvelles de ceux qui se sont perdus, ni d’explications sur certains massacres réalisés par nos Argonautes. Oui, le deuxième tome est brouillon et peuplé d’événements hétéroclites où les auteurs ont essayé de caser une grosse partie des mythes croisés ailleurs.

Une déception que ce deuxième album !

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ImageCritique tome 03 Les Maléfices de Médée :
Ouf, on a redressé la barre ! J’ai eu peur que l’Argo ne s’échoue sur un banc de sable, tant le scénario du deuxième tome était brouillon et soporifique, mais là, on est entré à fond dans le péplum tel qu’on le connait.

Et puis, il y a la terrible Médée… Qui va aider le beau Jason à réussir les épreuves que son père a imposées à Jason, afin qu’il remporte la toison d’or, gardée par un terrible dragon.

Les épreuves sont un peu comme des travaux pour Jason, puisqu’il doit atteler des taureaux, semer des dents de dragon et se battre contre 400 soldats. Des broutilles, quoi !

Médée, sans doute sous le charme du bel homme, va lui filer un coup de main et s’enfuir ensuite avec. Par contre, j’avais oublié le sort qu’elle allait réserver à son petit frère.

Gloups, il fallait détester son père et son frangin pour en arriver à une telle extrémité ! Ou alors, il fallait qu’elle ait super envie de foutre le camp. Parce que je ne crois pas en son amour pour Jason.

Anybref, si le début de l’album était un péplum dynamique, la suite de leur voyage, celui du retour, ressemblera un peu au voyage d’Ulysse (que j’ai lu aussi), mais en moins intéressant.

Et la fin arrive, précipitamment, donnant l’impression que la scénariste a été au plus vite, afin de ne pas devoir scénariser un quatrième tome.

Finalement, je ne retiendrai que le premier, qui était bien, les suivants étant bien trop en dessous du niveau du premier tome ou d’autres tomes de cette collection !

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Red Rising – 01 : Pierce Brown

ImageTitre : Red Rising – 01

Auteur : Pierce Brown 🇺🇸
Édition : Hachette (2016) – 476 pages / LP Jeunesse (2019) – 602 pages
Édition Originale : Red Rising, book 1 (2014)
Traduction : H. Lenoir

Résumé :
« J’aurais pu vivre en paix. Mes ennemis m’ont jeté dans la guerre. »

Darrow n’est pas un héros. Tout ce qu’il souhaite, c’est vivre heureux avec l’amour de sa vie. Mais les Ors, les dirigeants de la Société, en ont décidé autrement. Ils lui ont tout enlevé : sa raison de vivre, ses certitudes, jusqu’à son reflet dans le miroir.

Darrow n’a plus d’autre choix que de devenir comme ceux qui l’écrasent. Pour mieux les détruire. Il va être accepté au légendaire Institut, y être formé avec l’élite des Ors, dans un terrain d’entraînement grandeur nature.

Sauf que même ce paradis est un champ de bataille. Un champ de bataille où règnent deux règles : tuer ou être tué, dominer ou être dominé.

ImageCritique :
Ayant lu des critiques positives sur ce livre, j’ai eu envie de le lire. Entre nous, je pensais que c’était de la fantasy…

Quelle ne fut pas ma surprise en découvrant que le récit se passait sur la planète Mars, colonisée par les humains ! En fait, c’est un roman de SF dystopique. Pas grave.

Dans cette société dystopique, les gens sont classés selon un régime de castes, un peu comme en Inde. Si vous faites partie des Ors, vous êtes en haut de la pyramide, si vous êtes un Rouge, vous êtes un esclave et vous creusez dans les mines. Darrow, lui, il creuse. Il est esclave.

Dans cette société, pas moyen de sortir de sa classe, la famille et les origines sont primordiales, dans la plus haute sphère et les récompenses ne se font pas selon le mérite. Heureusement que dans notre société, sur Terre, c’est différent (pourquoi vous toussez ?).

Lorsque Darrow accède au légendaire Institut, pour y être formé avec l’élite des Ors, je m’attendais à ce que le récit soit une sorte de Harry Potter à l’école des sorciers, version SF et sans magie, puisqu’ils appartiennent tous à des maisons bien distinctes. Et comme c’est pour former l’élite de la nation, que ce serait une sorte de Science PO, l’ENA ou H.E.C… (♫ Auteuil, Neuilly, Passy ♪).

Que nenni ! On en est loin, très loin ! Ici, c’est plutôt la version Predator, Game of Thrones, Assassin’s creed, RISK, et j’en passe. C’est la loi de la jungle, tuer, ou être tué, prendre ou se faire prendre. Les Hommes de Néandertal étaient plus civilisés qu’eux.

Tout est permis, quasi, sauf de tuer les autres, mais bon, si c’est un accident, pas de soucis, ça passera. Nos jeunes vont donc s’en donner à cœur joie et régresser au stade cerveau reptilien, de s’attaquer, de se taper dessus, de se poignarder, de violer les filles,…

Bref, c’est violence à tous les étages, le règne de la débrouille, d’apprendre à faire du feu, à chasser et ça fait peur quand on se dit que ces jeunes sont sois-disant la future élite, les dirigeants de demain. Ah, elle est belle, l’élite ! Ils ne valent pas mieux que ceux des bas-fonds.

Ce roman pour young adult n’est pas exempt de violences, de tactiques pour prendre le château des différents groupes, de magouilles, de manipulations en tout genre.

Nous sommes dans une société où l’esclavage est permis, où personne ne le remet en cause, dans une société où les Humains ont commencé à coloniser Mars et d’autres planètes, une société dans laquelle l’on ment aux gens, où on leur tait certains faits. Les inégalités sont légion. C’est une société inique, totalitaire, despotique, tyrannique et le népotisme règne en maître (chez les Ors).

Darrow n’était pas un personnage sympathique, au départ, je le trouvais moins charismatique que d’autres, croisés dans les grandes sagas de fantasy, mais au fil des pages, il a réussi à s’épaissir, à changer, à réfléchir et à comprendre qu’il n’est pas facile de faire changer toute une société, surtout que certains sont bien accrochés à leurs privilèges.

Les personnages secondaires sont bien campés, eux aussi (ah, Servo) et l’auteur a pris soin de leur donner de l’épaisseur. Le scénario est intelligent, même s’il est assez classique, dans l’ensemble et ne révolutionnera pas le genre.

Ce fut une lecture agréable, où j’ai pris plaisir à suivre les personnages, à les voir évoluer, changer, dans le bon ou le mauvais sens. Le récit est assez addictif et en un week-end, ce pavé était dévoré. Je pense bien que je vais lire la suite (mais pas pour le moment).

Pas un coup de cœur, loin de là, il manquait des émotions, mais une belle découverte tout de même. Bordel de merde, il y a sept tomes parus pour le moment (gloups, vu ma PAL, ça ne va pas être de la tarte).

PS : n’ayant jamais lu « Hunger Games » et « Divergente » (ni vu les films), je ne peux pas vous dire si c’est le même genre, si ça sent la copie, l’inspiration, si c’est une redite. Les codes sont semblables (ça, c’est sûr, même sans avoir lu les deux romans précités).

An American Year (2) 2024/2025

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L’étoile d’argent : Jeannette Walls

ImageTitre : L’étoile d’argent 🇺🇸

Auteur : Jeannette Walls 🇺🇸
Édition : Robert Laffont (2016) / Pocket (2017)
Édition Originale : The Silver Star (2013)
Traduction : Aline Azoulay-Pacvoñ

Résumé :
1970. Jean Holladay, alias « Bean », a douze ans et sa soeur, Liz, quinze, quand leur artiste de mère prend sa voiture et disparaît, en quête de « la magie en toute chose ». Elle finit toujours par rentrer, se disent les filles.

Or, cette fois-ci, l’argent vient rapidement à manquer et elles n’ont guère le choix : il leur faut aller en Virginie, trouver refuge chez cet oncle Tinsley dont elles ne gardent qu’un vague souvenir.

Figé dans le passé, le manoir Holladay, ou habite Tinsley, ressemble à un vestige coupable de l’époque ségrégationniste, mais, entre ses murs délabrés, Bean et Liz se laissent bercer par la quiétude d’une petite vie familiale.

Jusqu’au jour ou, pour gagner un peu d’argent, elles entrent au service de Jerry Maddox, l’homme qui règne en maître sur la ville…

ImageCritique :
La mère de Liz et Bean est une mère fantasque, lunatique, qui rêve debout, qui s’invente des vies, des souvenirs, qui réécrit la réalité et qui, bien souvent, laisse ses deux filles seules, pendant qu’elle s’en va courir l’espoir d’être chanteuse et de monter sa comédie musicale.

On pourrait considérer leur mère comme une gamine capricieuse, un enfant gâté qui n’est jamais content avec ce qu’elle a, mais comme elle n’a pas six ans, il est difficile de lui coller une fessée et de l’envoyer au coin.

Et là, une fois de plus, elle a disparu et ses deux gamines sont bien obligées d’aller chercher refuge chez leur oncle qui vit dans une petite ville du Sud des États-Unis et qui semble figée dans les années 50.

Au départ, j’ai cru, qu’une fois de plus, j’étais victime d’un maraboutage, car après avoir lu une septantaine de pages, le récit avait perdu de son intérêt. Pour tout dire, j’ai failli arrêter ma lecture, mais j’ai tout de même poursuivi, car j’appréciais les deux gamines et je voulais savoir ce qui allait leur arriver, une fois chez leur oncle. J’ai eu raison de poursuivre.

Le récit passe dans une autre dimension une fois que nous deux gamines vont commencer à bosser, afin d’avoir un peu d’argent et de ne pas être un poids pour leur oncle, qui ne roule pas sur l’or. Là, il va se passer un événement qui va faire qu’une victime va déposer plainte contre son agresseur sexuel.

La tournure change et comme toujours, c’est la victime qui est conspuée, qui est moquée, qui est vilipendée, alors que l’agresseur (Jerry Maddox), lui, est laissé en paix. Il faut dire que toute la ville en a peur.

Jerry Maddox, c’est le contremaître de l’usine et les gens ont besoin de leur boulot, de leur salaire. Alors, certains ferments leur gueule et d’autres hurlent avec les loups et méprisent la jeune gamine qui a failli se faire violer. Le monde à l’envers…

Maddox fait peur, c’est un tyran, un taré, le genre de mec que l’on n’a pas envie de croiser, qui fait la pluie et le beau temps sur la ville. Le méchant n’a rien pour lui, il est totalement frappadingue et dangereux. Il en faudra du courage, à nos deux héroïnes…

Ce roman décrit un affrontement entre le Bien et le Mal, parle de la puissance que certains ont sur les tous les autres et dont ils en jouissent pour se prendre pour le chef et faire danser tout le monde sur sa musique.

C’est aussi l’histoire d’une petite ville, des esprits de clocher, des ragots et médisances qui restent toujours d’actualité et d’une mère, qui n’a pas réussi à s’occuper de ses deux filles correctement, dépassée par la vie et ses propres histoires qu’elle se jouait dans sa tête. L’histoire d’une ville dans laquelle la ségrégation est toujours présente.

Le suspense est présent, les tensions montent, on s’indigne du comportement de Maddox, ainsi que des autres habitants, des élèves du lycée et on n’attend qu’une chose : que cela finisse. Ambiances moites et tensiomètre à fond pour les dernières pages. Qui m’ont lébérées, délivrées…

An American Year (2) 2024/2025Image

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Le livre des feux – Les enquêtes de Frère Athelstan 14 : Paul Doherty

ImageTitre : Le livre des feux – Les enquêtes de Frère Athelstan 14 🇬🇧

Auteur : Paul Doherty 🇬🇧
Édition : 10/18 – Grands détectives (16/06/2016)
Édition Originale : The book of fire (2014)
Traduction : Christiane Poussier & Nelly Markovic

Résumé :
Londres, février 1381. Un tueur impitoyable hante la capitale, apportant la mort et la destruction dans son sillage. Il semble cibler les personnes impliquées dans le récent procès et la condamnation au bûcher de la belle Lady Isolda Beaumont, condamnée pour le meurtre de son mari.

Le régent Jean de Gand ordonne à Sir John Cranston et frère Athelstan d’enquêter sur cette affaire. Le défunt Walter Beaumont était en possession d’une copie du Livre des feux, contenant la formule secrète d’une arme dévastatrice…

ImageCritique :
Lady Isolda Beaumont a empoisonné son époux, elle a été arrêtée, jugée et mise à mort d’une bien cruelle manière : sur le bûcher, sans miséricorde (pas étouffée ou assommée).

Problème résolu, alors ? Pas d’enquête ? Nos deux amis, le Frère Athelstan et Sir John Cranston, coroner du roi, peuvent aller boire des pintes au Cheval Pie et se la couler douce ? Que nenni !

Dans les ruelles de Londres, qui sont puantes (entre nous), quelqu’un occis ceux qui ont condamné lady Isolda Beaumont en leur jetant un liquide inflammable et puis, du feu, les transformant en une torche que l’eau ne peut éteindre. La Torche, personnage des 4 fantastiques, est innocente…

Une fois de plus, nos deux amis auront bien du mal à résoudre cette sordide affaire de feux et de barbecue d’être humains. À Londres, en 1381, ça pue, au sens propre comme au figuré.

Les petites gens (les Hommes Justes) en ont marre du grand seigneur arrogant, Jean de Gand et ils voudraient bien le faire décamper. Les révoltes grondent et si les révoltés possèdent la formule du feu grégeois, ça risque d’être encore pire, puisque ce feu brûle même sur l’eau.

Comme c’était une grosse affaire, l’auteur n’a pas jugé bon d’y ajouter des petites affaires, comme bien souvent, si ce n’est un miracle, qui est arrivé dans l’église de sa paroisse et que d’autres vont tâcher d’infirmer ou de confirmer. Vu les preuves, c’est bien parti pour être un vrai miracle, même si je reste sceptique… Mon côté mécréante.

L’enquête va aller à son rythme, nos amis pataugeant dans sa semoule, le panel des suspects étant très large. Sans compter que quelqu’un d’autre aurait pu être responsable de l’empoisonnement de Sir Beaumont et son épouse innocente comme l’agneau qui vient de naître…

Le récit est copieux, notamment avec les manigances des Hommes Justes et parce que l’enquête n’était pas simple, ni simpliste. J’avais compris certaines choses et j’avais bien vu, mais j’étais loin d’avoir tout compris, tout expliqué.

Il est copieux aussi parce que l’auteur prend le temps de planter ses décors, ses ambiances, donnant l’impression à ses lecteurs de se balader dans le Londres de 1381. Heu, je préfère le faire par le biais de la littérature, entre nous…

Une fois de plus, un très bon polar historique, un duo qui marche toujours bien et frère Athelstan a bien mérité son surnom de furet.

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No Body – Saison 1 – Tomes 1 à 4 : Christian de Metter

ImageTitre : No Body – Saison 1 – 01 Soldat inconnu / 02 Rouler avec le diable / 03 Entre le ciel et l’enfer / 04 La Spirale de Dante 🇺🇸

Scénariste : Christian de Metter
Dessinateur : Christian de Metter

Édition : Soleil Noctambule (2016 / 2018)

Résumé :
« Je ne suis pas fou, je suis cent pour cent coupable. » 2007, États-Unis. Dans le Montana, un homme – 57 ans, solide, cheveux longs, barbe touffue, tatouages sur tout le corps– est arrêté sur le lieu d’un crime qu’il semble avoir commis.

Un an plus tard, une jeune psychologue est diligentée par le tribunal pour réaliser une expertise psychologique de cet homme.

Elle est jeune, mais déterminée. Au fil de leurs échanges, il s’accuse du meurtre de son ancien coéquipier, selon lui, l’assassin de sa femme, et révèle qu’il l’a découpé en morceaux.

Cependant, certains éléments ne collent pas… Une relation de confiance s’installe peu à peu entre eux, et l’homme commence à raconter sa vie depuis le jour où elle a basculé. Une révélation de la psychologue l’obligera finalement à regarder la vérité en face…

ImageCritique :
C’est par le plus grand des hasards que j’ai découvert cette série et pour une fois, le hasard a bien fait les choses, tant je me suis pris un pied magistral en lisant les 4 tomes.

Direction la prison, où une jeune psychologue est envoyée face à un criminel tatoué, barbu, arrêté pour un crime qu’il dit avoir commis.

Oui, on pense tout de suite au Silence des Agneaux et rendons au dessinateur ce qui lui appartient, Christian de Metter a su rendre parfaitement la glauquitude (néologisme gratuit) de l’univers carcéral.

Effectivement, le boulot de la police a été facile, l’homme était rempli de sang et ne s’est pas caché d’avoir tué une personne. Oui, mais, il y a des zones d’ombre.

Au fur et à mesure de leurs entretiens, notre homme commence à se confier, à raconter sa vie et croyez-moi, il y avait matière à raconter ! C’est tout un pan de l’Amérique des années 60 que l’auteur va s’employer à nous conter et j’ai été happée directement par cette série, ayant du mal à la lâcher, tant tout était intéressant.

Durant 4 tomes, l’auteur et notre prisonnier vont nous balader dans cette Amérique des bikers, des policiers, des doubles jeux, des organisations gouvernementales, des tueurs en série,… Impossible de s’ennuyer, impossible de s’y perdre, même si on décèle des zones d’ombres, de non-dits, dans le récit de notre tatoué barbu criminel.

Je me suis laissée porter par son récit, j’ai été captivée, entrant totalement dans la bédé, ayant du mal à la lâcher, tant je voulais savoir le fin mot de l’histoire. Eh bien, je l’ai eu, le fin mot et croyez-moi, ça valait la peine de la lire, parce que c’est un magnifique coup de pied au cul que je me suis prise et j’en suis tombée de ma chaise.

Des séries de cette qualité-là, scénaristiquement et graphiquement parlant, moi, j’en redemande !

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Jamais je n’aurai 20 ans : Jaime Martin

ImageTitre : Jamais je n’aurai 20 ans

Scénariste : Jaime Martin 🇪🇸
Dessinateur : Jaime Martin

Édition : Dupuis – Aire libre (2016)
Édition Originale :Jamas tendré veinte anos (2016)
Traduction : Elisa Renouil

Résumé :
Ils se rencontrent en 1936 dans le chaos autodestructeur de la guerre d’Espagne : Isabel est couturière, Jaime est artilleur dans l’armée républicaine. Ils s’aiment. Ils combattent. Ils échappent à la mort.

Mais à la chute de le République, Isabel et Jaime sont dans le camp des vaincu et il est parfois plus difficile de survivre dans la paix que dans la guerre.

Après avoir cru en des lendemains qui chantent, comment garder le silence sous une dictature? « Jamais je n’aurai vingt ans » est une histoire d’amour où le courage et la dignité le disputent à la tendresse et à l’humour, à la joie et à la rage. « Jamais je n’aurai vingt ans » est une histoire vraie, celle des grands-parents de Jaime Martin.

Pour son quatrième ouvrage chez Aire Libre, l’auteur espagnol livre avec émotion et pudeur le récit secret d’une famille au destin intimement lié à celui de son pays, pour le meilleur et pour le pire.

ImageCritique :
L’auteur (et dessinateur) Jaime Martín s’est inspiré de son histoire familiale afin de nous raconter ce que ses grands-parents avaient vécu pendant et après la guerre civile espagnole.

Melilla (partie hispanique au Maroc), 1936. Nous faisons connaissance d’Isabel, couturière de son état et future grand-mère de l’auteur (bon, là, elle était jeune, elle ne le savais pas encore).

Lorsqu’à lieu de coup d’état, les représailles qui suivent l’oblige à fuir à Barcelone, car elle avait fréquenté des jeunes militants anarchistes, apprenant à lire et écrire auprès d’eux. Ensuite, elle rencontrera Jaime, un artilleur dans l’armée républicaine…

L’Espagne est coupée en deux : d’un côté les nationalistes soutenus par l’Allemagne du moustachu et dirigés par Franco, et de l’autre les républicains qui tentent de combattre le fascisme. Ils lutteront durant 3 ans et ensuite, les nationalistes gagneront et Franco prendra le pouvoir.

Et là, il ne fera pas bon se retrouver dans le camp des vaincus, dans le camp de celles et ceux qui ont lutté contre le régime fasciste et qui espéraient un retour à un régime démocratique.

Le récit prendra son temps, nous livrant au compte-goutte les souvenirs de Isabel et de toutes les horreurs qu’elle a vu et vécu (ses amis abattus, notamment), expliquant ensuite tout ce qu’elle fit afin de faire vivre sa famille et tenter de sortir de la misère.

Commence alors le règne de la débrouillardise, dans une société où les femmes n’ont rien à dire et où les hommes n’aiment pas discuter avec les femmes, préférant parler avec les maris et comme Isabel a du caractère, elle préfère négocier elle-même, son époux étant un peu plus mou qu’elle.

L’auteur, tout en finesse, nous montrera combien il est difficile de vivre sous un régime dictatorial (sauf si vous êtes copain avec le dictateur ou ses sbires), combien les conditions de vies sont médiocres, que l’on vit dans la précarité, dans la peur de se faire arrêter par les flics, de se faire racketter par eux,…

C’est glaçant ! Je ne comprends toujours pas les gens qui souhaiteraient vivre dans une dictature !

J’ai apprécié les dessins, les couleurs douces et le personnage d’Isabel, qui a réussi à tirer tout le monde vers le haut, mais sans jamais regarder les autres d’en haut. Et puis, tout n’est pas que misère, dans ces pages, il y a aussi des petites joies, les plaisirs de la vie de famille, les enfants qui grandissent… Et Isabel est un personnage attachant, fort débrouillarde et je l’ai adorée.

Un roman graphique qui parle de la guerre d’Espagne, de toutes ses horreurs (sans forcer le trait, sans être glauque), de la vie des gens dans l’après-guerre, sous le régime franquiste et un bel hommage rendu par l’auteur à ses grands-parents.

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Les belles vies : Benoît Minville

ImageTitre : Les belles vies

Auteur : Benoît Minville
Édition : Sarbacane (2016) / J’ai Lu (2019)

Résumé :
Turbulents, pas vraiment délinquants, ils cumulent les bêtises plus ou moins graves, les rires et les bleus. Vasco est en CFA BTP, Djib passe en première S. Leur dernière rixe est pourtant celle de trop…

Afin de leur mettre du plomb dans la tête, leurs parents décident d’employer les grands moyens : ils envoient les deux ados dans la Nièvre, le temps d’un été chez un ami du père de Vasco, entrepreneur local qui propose ses services comme famille d’accueil pour la DDASS.

C’est dans cette campagne éloignée de tout, France profonde dont on parle peu, qu’ils vont rencontrer et se confronter à une autre forme de jeunesse : celle des enfants élevés par celle que tous surnomment « Tata », une femme qui accueille des enfants placés et donne sa vie aux autres.

ImageCritique :
Cela faisait 6 ans que ce roman traînait dans mes biblio, alors que je souhaitais le lire au plus vite et qu’il était même répertorié dans ma PAL « Urgentissime » (vous comprenez pourquoi je refuse les demandes de lecture d’auteurs et les SP !).

Et maintenant, je me demande pourquoi j’ai attendu aussi longtemps pour le lire… Alors que j’avais eu un coup de coeur pour « Rural Noir » (un autre roman de l’auteur).

Registre différent, mais les émotions étaient présentes lors de ma lecture, même si elles ont été moins intenses qu’avec son autre roman.

Néanmoins, j’avais envie d’un peu de douceur dans ce monde de brute, envie d’une lecture plus soft, envie de soleil, de vacances et ce roman est arrivé au bon moment, même si, pour la douceur, on repassera. Nous sommes tout de même avec des mômes ou des ados fracassés par la vie, par leurs parents, déficitaires, violents, aux abonnés absents… et placés en famille d’accueil par la DDASS.

Vasco et Djib sont deux ados qui ont fait une bêtise, rien de trop grave, mais voilà, c’est une de plus et leurs parents ont décidés de les placer dans une famille d’accueil, dans la Nièvre, dans un lieu au milieu des campagnes, des bois, bref, dans le trou du cul de la France.

Croyez-moi, il y a pire comme punition, parce que nos deux amis vont découvrir des émois, des bons moments, du sexe, de l’amusement, bref, ils vont passer de bons moments, même si, ils seront parfois entrecoupés de passages plus forts, plus chahutés.

Non, il ne se passe pas grand-chose dans ce roman, mais il m’a fait du bien au moral, car il se déroulait pendant les grandes vacances et qu’on a tout de même une bande d’amis qui vont s’amuser, découvrir la vie, les charmes de la campagne et que j’ai eu, tout comme eux, la larmiche à l’œil au moment de se quitter.

Pas de smartphones dans l’histoire (nous sommes un peu après 2001, avant que tous les jeunes se fassent greffer un téléphone au bout de leur main), pas de réseaux sociaux et tant mieux. C’était reposant.

Par contre, impossible d’échapper au racisme, Djibril étant Noir et Vasco portugais… Bizarrement, Dylan, un jeune déjà présent dans cette famille d’accueil, est d’un racisme crasse, comme celui que l’on trouve plus souvent chez les personnes de la génération au-dessus et rarement chez un jeune de 16 ans.

Il aurait mérité qu’on le recadre un peu plus fort, parce que parler du pain que les étrangers prennent aux français, alors qu’on est placé, avec sa sœur, dans une famille d’accueil, que l’on est nourri, logé et blanchi grâce à l’argent que tous les français, qu’ils soient d’origines, naturalisés ou qu’ils aient gardé leur nationalité, ont donné aux impôts, je la trouve forte de café… Dylan, tu en veux au monde entier, mais tu t’en prends aux mauvaises personnes.

Heureusement qu’au fil des pages, certains personnages vont évoluer et que les yeux vont s’ouvrir, même s’il reste encore du taf à faire sur la gestion de la colère de certains. Bref, ce sont des ados, en bute avec le monde entier, avec leurs hormones qui travaillent, avec les sentiments bouillonnants et l’apprentissage de la vie encore à faire, à peaufiner.

C’est une jolie histoire, mais l’auteur n’enjolive pas les faits : malgré des parents violents, malgré des parents immatures et sans emploi fixe, la justice peut décider à tout moment que ces parents peuvent récupérer leurs enfants, et peu importe que cette décision foute en l’air leur avenir, le travail réalisé par la famille d’accueil. La justice, rouleau compresseur, décide, exécute et se fout royalement de l’avis des enfants ou de ceux qui les aident à grandir dans le droit chemin.

Pas de morale à cette histoire, juste une histoire racontée, des destinées qui se sont croisées, durant un été et qui repartiront, pour suivre leur propre route, une fois la rentrée arrivée. Que deviendront-ils ? Nous ne le saurons jamais, c’est à nous de leur inventer un futur, pas trop merdique ou alors, de les laisser figés à jamais dans l’instant X de la fin du roman…

Une jolie découverte, même si, le récit aurait mérité d’être un peu plus approfondi, plus creusé, plus détaillé, notamment avec ce couple qui accueille les jeunes et qui se donne à fond pour eux.

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