Western Love – 01 – La teigne et le gentil / 02 – Noël en famille : Augustin Lebon

ImageTitre : Western Love – 01 – La teigne et le gentil / 02 – Noël en famille 🇺🇸

Scénariste : Augustin Lebon 🇫🇷
Dessinateur : Augustin Lebon

Édition : Soleil (2023 / 2024) – 56 pages

Résumé :
Lorsqu’il rencontre « Molly La Teigne », dans un bled poussiéreux du Nouveau-Mexique, « Gentil » décide de quitter son ancienne vie de hors-la- loi pour la séduire et vivre à ses côtés. Hélas, son passé le rattrape et les deux amants sont séparés…

ImageCritique Tome 01 :
C’est par le plus grand des hasards que je suis tombée sur ces deux bédés western que je ne connaissais absolument pas (mais en même temps, il est impossible de tout savoir).

Le ton est résolument humoristique, même si le récit n’a rien d’une comédie : Molly risque de se faire saisir son resto par la banque et Gentil est un pauvre mec paumé.

La preuve que l’on peut mêler les drames et l’humour, être sérieux et léger à la fois. Non, nous ne sommes pas dans un western trop violent, les plus jeunes peuvent le lire.

J’ai apprécié les dessins, réalistes, sans l’être trop, ainsi que les couleurs, très chaudes, dans des tons jaunes, qui faisaient du bien au moral, en ces temps de grisaille de fin de l’automne.

Le duo composé de Molly, qui possède un caractère explosif (son surnom était La Teigne) et du blondin surnommé Gentil, habillé de vieilles fringues trouées, baratineur qui se prend tout le temps les pieds dans le tapis, fonctionne bien. Au départ, nous ne savons rien de lui et ce sera au fur et à mesure que son portrait apparaîtra.

Si ce premier tome a commencé avec de l’humour et des sourires béats de la part de Gentil, il se terminera à la manière d’un western qui se respecte : avec les flingues, des morts et un duel (terrible, ce duel, entre nous).

Un bon premier album, mélangeant l’humour avec les drames, proposant des personnages attachants, des situations critiques, terribles et se terminera d’une manière inattendue, mais logique. Heureusement que j’avais le tome 2, parce que je ne voulais pas attendre pour connaître la suite.

PS : le cheval de Gentil ressemblait un peu à Petit Tonnerre, le cheval de Yakari…

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Critique Tome 02 :
La suite de cette bédé a été dévorée en deux temps, trois mouvements et elle ne manquait pas de rythme, de coups de feu, d’action, de tendresse, de morts et de suspense. Sans oublier une chèvre…

Dehors, il fait froid, la neige tome et Noël approche. Exit les couleurs chaudes du premier tome et place au blanc manteau de neige.

Non, ce n’était pas le petit Jésus, que nos deux tourtereaux ont trouvés, mais en tout cas, il y a une sorte d’Hérode le Grand qui voudrait voir mort ce petit bébé tout choupi, dont la mère a été assassinée.

Nous sommes dans le Sud, du côté des grosses plantations, la Guerre de Sécession a beau être terminée, le racisme, l’esclavage et les injustices n’ont pas pris fin. Les miracles, ça n’existe pas. Et lorsqu’on n’a pas la bonne couleur de peau, comme la mère et l’enfant…

Ce deuxième album va nous montrer une autre facette de nos deux personnages, notamment face à l’enfant. Comme dans le précédent, nous aurons des moments plus drôles, d’autres plus tragiques et de l’action pure et dure, avec des révolvers et des morts.

Le mélange des genres (western, romance, humour, tragédie) fonctionne toujours bien, l’auteur ayant su le distiller à petites doses et le mélanger habilement. Les dessins sont toujours agréables, réalistes, sans pour autant l’être trop.

Les expressions des visages sont bien faites, ils ne sont pas statiques et j’ai apprécié le scénario de ce deuxième tome, différent du premier, tout en faisant parler les flingues aussi.

Le récit ne manquait pas de souffle, il était mené tambour battant et j’ai pu assister à une fête de Noël comme je n’en avais jamais vu… Excellent.

Vivement le tome 3 (il en est prévu 3, pas un de plus), car c’est assurément une bonne série western, qui diffère des autres, notamment grâce à sa romance (qui n’est pas gnangnan ou guimauve).

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James : Percival Everett 🇺🇸

ImageTitre : James 🇺🇸

Auteur : Percival Everett 🇺🇸
Édition : de l’Olivier – Littérature étrangère (22/08/2025) – 288 pages
Édition Originale : James (2024)
Traduction : Anne-Laure Tissut

Résumé :
« Ces gamins blancs, Huck et Tom, m’observaient. Ils imaginaient toujours des jeux dans lesquels j’étais soit le méchant soit une proie, mais à coup sûr leur jouet. […] On gagne toujours à donner aux Blancs ce qu’ils veulent. »

Qui est James ? Le jeune esclave illettré qui a fui la plantation ? Ou cet homme cultivé et plein d’humour qui se joue des Blancs ? Percival Everett transforme le personnage de Jim créé par Mark Twain, dans son roman Huckleberry Finn , en un héros inoubliable.

James prétend souvent ne rien savoir, ne rien comprendre ; en réalité, il maîtrise la langue et la pensée comme personne.

ImageCritique :
Si je devais donner mes sentiments et les émotions qui m’ont traversées durant cette lecture, je dirais que j’ai commencé par de la joie : celle de retrouver un auteur dont le roman « Châtiment » avait été un coup de cœur.

Plaisir aussi de retrouver le personnage de Huckleberry Finn et de découvrir le classique picaresque de Mark Twain selon le point de vue de Jim, l’esclave Noir en fuite avec Huck.

Après le plaisir, il y a eu la stupeur : les esclaves Noirs étaient des caricatures d’eux-mêmes, notamment lorsqu’ils parlaient. Heu ?

Ensuite, j’ai compris : ils n’étaient que la caricature que les Blancs avaient faite d’eux. Ils parlaient tels que les Blancs voulaient qu’ils parlassent, appréciant le fait que les esclaves leur étaient inférieurs, bêtes à manger du foin, incultes, analphabètes, paresseux. L’Homme Blanc aime rester supérieur, se sentir supérieur et écraser les autres, ça le rassure.

On gagne toujours à donner aux Blancs ce qu’ils veulent.(…) Les Blancs s’attendent à ce que nos paroles sonnent d’une certaine façon, et forcément, mieux vaut ne pas les décevoir. Quand ils se sentent inférieurs, nous sommes les seuls à souffrir. Peut-être devrais-je dire “Quand ils ne se sentent pas supérieurs“. 

Au moins, dans sa réécriture du roman de Twain, Percival Everett n’avait pas édulcoré l’époque (un peu avant la Guerre de Sécession), ni le fait que dans le sud des États-Unis, les propriétaires d’esclaves traitaient ces Humains comme s’ils étaient du bétail.

Alors oui, ça fait mal au bide de lire un récit qui parle d’esclavage (rajoutons l’injustice et le dégoût de l’esclavage aux rayons des émotions), mais c’est l’Histoire et elle n’a rien à voir avec les Bisounours enrobés de guimauves. Ce n’est pas en cachant la poussière sous les tapis et en foutant les squelettes dans les placards que l’on fera avancer les choses : l’esclavage existe toujours et le capitalisme n’a pas aidé à l’éradiquer.

De plus, dans ce roman, Jim n’a rien d’un imbécile, même s’il laisse penser le contraire aux Blancs. Et là, ça change du roman originel où Jim semblait être simplet. Là, nous savons qu’il joue à l’imbécile pour endormir les Blancs et ne pas avoir d’emmerdes. Si les Blancs savaient qu’il sait lire et écrire, ça leur feraient peur.

Le récit de la fuite de Huck et Jim, naviguant sur le Mississippi est toujours aussi folle que dans le roman original, on y retrouvera les mêmes personnages fantasques (les deux qui se font passer pour des nobles) et c’est là que l’ennui a pointé le bout de son nez…

Trop de péripéties tuent les péripéties et je me suis un peu ennuyée durant certains passages, avant que le récit ne reprenne du poil de la bête avec un truc ironique à mort : Norman et son orchestre de Blancs grimés en Noirs… Norman étant un Noir qui ressemble à un Blanc, tant sa peau est claire.

Là, c’était drôle, tout en étant dérangeant, parce que l’on était au-delà de l’ironie, tout en montrant combien l’Homme Blanc était perfide, hypocrite et crétin, sans le savoir. L’auteur n’a pas hésité à faire dire à Jim que les Hommes Noirs pouvaient être aussi malhonnêtes et dénoncer les siens.

Aussi mauvais qu’étaient les Blancs, ils ne détenaient aucun monopole sur la duplicité, la malhonnêteté ou la perfidie.

Le tout gros bémol, c’est le final, qui arrive de manière trop précipitée, qui se déroule trop vite, alors que tout le reste a pris son temps. Allez hop, crac boum hue et voilà que c’est fini ? Trop rapide à mon goût. Et puis, Jim annonce un truc de fou à Huck, à un moment, et j’ai trouvé que c’était inutile. Le récit n’avait pas besoin de ça en plus.

Si le récit originel est respecté, dans le final, nous ne retrouverons pas Tom Sawyer, mais des esclaves. Dommage, j’aurais apprécié retrouver Tom.

Bref, si au départ, j’avais été conquise par le récit, qui était autre chose qu’un roman d’aventures, qui ne manquait pas de profondeur et de réflexion sur l’esclavage, à un moment donné, j’ai tout de même ressenti l’ennui, avant que le récit ne reparte en avant, pour se finir trop rapidement, après des révélations dont on se serait bien passées.

Malgré tout, c’était un roman à découvrir, car il nous montre qu’à cette époque, il était impossible de sortir de l’esclavage, que l’on soit Noir ou Blanc. Le système était là, bien rôdé et personne n’aurait eu l’idée d’aider un esclave Noir. Et si un Blanc se disait contre l’esclavage et tendait la main à un Noir, malgré tout, il n’était pas tout à fait meilleur que les autres…

Les croyances ont la vie dure et les mentalités aussi. Avant de changer un système bien implanté, il faut du temps et du travail. Rome ne s’est pas faite en un jour… Mais il reste l’espoir (moi, je n’en ai plus).

– Tu vas me tuer ?
– L’idée m’a traversé l’esprit. Je n’ai pas encore pris ma décision. Oh, pardon, je traduis : Moi je n’ai pas décidé enco’e, là, massa. »
Jamais je n’avais vu d’homme blanc saisi d’une telle peur. La remarquable vérité, toutefois, c’est que ce n’était pas le pistolet mais mon langage, le fait que je ne corresponde pas à ses attentes, que je sache lire, qui l’avaient à ce point perturbé et plongé dans la terreur.

– Pourquoi Dieu a fait les choses comme ça ? demanda Rachel. Eux les maîtres et nous les esclaves ?
– Il n’y a pas de dieu, mon enfant. Il y a la religion mais leur dieu n’existe pas. Leur religion leur dit que nous aurons notre récompense à la fin. Cependant, elle ne dit rien de leur punition, apparemment. Mais en leur présence, nous croyons en Dieu. Seigneu’ Dieu, nous on est c’oyants, ça oui. La religion n’est qu’un instrument de pouvoir dont ils se servent et auquel ils adhèrent quand ça les arrange.
– Il doit bien y avoir quelque chose ? fit Virgile.
– Je suis désolé, Virgile. Tu pourrais avoir raison. Il pourrait y avoir une puissance supérieure, mais ce n’est pas leur dieu blanc, mes enfants. Néanmoins, plus on parle de Dieu et de Jésus, du ciel et de l’enfer, mieux ils se sentent. »
Les enfants déclarèrent en chœur : « Et mieux ils se sentent, plus on est tranquilles.
– Février, traduis ça.
– Plus bien ils se sentent eux, plus t’anquilles on est nous.

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La liberté – Alma 03 : Timothée de Fombelle

ImageTitre : La liberté – Alma 03

Auteur : Timothée de Fombelle
Édition : Gallimard Jeunesse (30/05/2024) – 469 pages

Résumé :
1789. Alors que Paris bouillonne dans la chaleur de juillet, Alma et Joseph sont happés par la tornade de la Révolution. Mais Alma doit regagner la Louisiane où son petit frère a été vendu, et Joseph ne lâche pas la trace de son trésor.

D’une rive à l’autre de l’Atlantique, à Versailles, Londres ou New York, du soulèvement de la France à celui des esclaves de Saint-Domingue… le grand combat de la liberté avance.

Et le lien se resserre entre Alma et Joseph à mesure que les dangers se dressent autour d’eux.

ImageCritique :
Il était plus que temps que je termine la trilogie d’Alma ! Pourquoi ?

Parce que j’ai apprécié les personnages, et ce, depuis le début (sauf les méchants), parce que c’est une formidable aventure, parce que cela parle d’Histoire et bien entendu, de ses pages sombres, comme l’esclavage, la traite des Noirs, la Révolution française et bien d’autres choses encore, comme l’amitié et le sens de la famille.

Nous avons beau être dans de la littérature jeunesse, jamais l’auteur ne prendra ses lecteurs (et lectrices) pour des demeurés ou des neuneus qu’il faut épargner. Sans pour autant verser dans la violence gratuite, Timothée de Fombelle n’hésitera jamais à parler des conditions de vie des esclaves, du travail pénible qu’est la récolte de la canne à sucre, ni à oublier de parler des droits des femmes (heu, très peu).

Lorsque l’auteur nous parlera de juillet 1789, nous, lecteurs, nous saurons ce qu’il va se passer, un certain 14 juillet, mais pour les personnages, c’est l’inconnu et j’ai tremblé pour eux. Il nous parlera même de Varennes, qui n’est pas le cheval de course… Même si l’on sait comment cette fuite se termine, cela ne m’a pas empêché de ressentir le suspense. Et oui, cette scène est importante dans le récit, ce n’était pas juste pour noircir des pages.

Pourquoi lire la trilogie d’Alma ? Parce que c’est une grande et belle aventure, parce que c’est le souffle épique des voyages, l’auteur vous faisant voyager en Afrique, à Paris (à Versailles), en passant par Saint-Domingue, l’Angleterre, New York et la Louisiane.

L’écriture est simple, dans le bon sens du terme. Le récit se lit tout seul, avec plaisir, on a du suspense, on est porté par le souffle du récit, par ses multiples personnages qu’il est impossible de confondre et qui ne manquaient pas de profondeur. Certains étant plus attachants que d’autres, bien entendu. Mais au moins, le méchant du roman n’était pas manichéen.

Une superbe trilogie à découvrir, si vous ne l’avez pas encore fait ! Parce que l’on parle d’esclavage et que dans un certain pays, on gomme les références à ce passé sombre et retirant les livres des biblios et des écoles…

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Les Salauds Gentilshommes – 03 – La République des voleurs : Scott Lynch 🇺🇸

ImageTitre : Les Salauds Gentilshommes – 03 – La République des voleurs

Auteur : Scott Lynch 🇺🇸
Éditions : Bragelonne (2014) / Bragelonne Poche (2023) – 936 pages
Édition Originale : The Gentleman Bastard Sequence, book 3: The Republic of Thieves (2013)
Traduction : Olivier Debernard

Résumé :
Après le plus grand casse de leur carrière, Locke et son inséparable complice, Jean, ont réussi à s’échapper. Mais Locke ne s’en est pas tiré indemne : empoisonné, il est mourant.

Aucun alchimiste n’est en mesure de l’aider. Alors que le moment fatidique approche, une mystérieuse Mage Esclave lui propose un marché qui le sauvera ou mettra un terme à ses souffrances.

Locke hésite, jusqu’à ce que la mage mentionne le nom d’une femme qu’il a connue par le passé. L’amour de sa vie. Sa rivale en matière d’habileté et d’intelligence. Et, s’il accepte cette mission, son plus dangereux adversaire.

À l’approche des élections de la cité des mages, les différentes factions recrutent leurs stratèges. Locke doit faire un choix : affronter ou séduire celle qu’il n’a jamais pu oublier. Leurs vies dépendent peut-être de sa décision…

ImageCritique :
Malgré le fait que le deuxième tome possédait moins de pep’s et trop de longueurs, par rapport au premier, je voulais tout de même achever cette série et savoir comment Locke allait se débarrasser du truc (no spolier).

Bon, je ne vais pas y aller par quatre chemins, le tome 3 met longtemps à démarrer (trop ??) et, en plus, le récit est coupé par des interludes dans lesquels l’on découvrira Locke tout gamin, lors de ses débuts en tant que voleur.

Non, je n’ai rien contre les flash-back, ils m’avaient même intéressé, au départ, mais ensuite, c’était trop et ils n’ont réussi qu’à casser le rythme du récit et m’ennuyer.

Certains souvenirs d’enfance et d’adolescence étaient utiles, d’autres étaient juste là pour ajouter des pages (je suis mauvaise langue) et j’ai fini par sauter des pages lorsqu’ils étaient dans la mission théâtre, tant je ramais !

Un bon point, par contre, c’est que j’ai retrouvé la gouaille que j’avais appréciée dans le premier tome. Nos deux amis se vannent, Locke est à nouveau sarcastique et même si tout cela tourne souvent autour des parties génitales et des fesses, ma foi, ça avait au moins le mérite de mettre de la bonne humeur dans le récit.

Là où c’est le plus addictif, c’est lorsque nos deux amis affrontent une personne qu’ils ont bien connue. Nos deux voleurs ont pour mission de s’occuper des élections (je ne dirai rien de plus) et la concurrence va être rude, faite de coups bas, de petites saloperies où tous les coups sont permis. Certaines batailles politicardes étaient jouissives tant elles étaient mesquines, bien trouvées, même si cela restait bon enfant (chez nous, ce doit être bien pire).

Là où le bât a blessé, c’est avec un personnage, revenu du passé et qui va rendre Locke totalement abruti. Déjà, lorsqu’il était jeune et amoureux, il en était au point de baiser le sol sur lequel Sabetha, la fille qu’il aimait, avait marché (pire qu’une groupie, ce mec), mais là, Locke va devenir une vraie loque et il m’a souvent fait soupirer. Oui, pour lui, elle était et est toujours LA femme.

Merde, Locke, t’es un homme, pas une midinette en chaleur devant un mec appartenant à un boys-band ! Comporte-toi en adulte et pas en gamin qui a la libido qui fait du yo-yo. La romance, oui, mais pas niaise !

Nous sommes dans de la fantasy criminelle, par chez Barbara Cartland, alors, pitié, donnez un peu d’épaisseur aux comportements des personnages et ne les faites pas virer en paillasson neuneu transit d’amour. Quant à Jean, je l’ai trouvé un peu en retrait…

Anybref, le premier tome restera le meilleur et les suites se classeront dans le rayon des « peut mieux faire » ou « bof bof ». Les arnaques dans le premier tome étaient les meilleures et bien que certaines dans celui-ci m’ont fait sourire, elles n’arrivaient pas à la cheville des anciennes, lorsque la troupe était à Camorr.

La lecture n’était pas mauvaise, avec des hauts et des bas, des grands moments d’ennui et d’autres plus jouissifs, avec de l’action, des dialogues intéressants. Mais les récits sous formes de montagnes russes, merci, très peu pour moi.

Le final est assez rapide, on découvre le pourquoi du comment de tous ces petits jeux avant les élections, on en apprend un peu plus sur l’origine de Locke Lamora, qui il est et d’où il vient, un personnage quasi moribond revient à la vie, sans doute pour aller pourrir la vie de Locke et de Jean ensuite, mais comme je ne suis pas motivée pour lire le quatrième (et dernier ?) tome, je pense que je vais faire comme s’il était toujours à moitié mort et lâcher l’affaire.

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Des Horizons rouge sang – Les Salauds Gentilshommes 02 : Scott Lynch 🇺🇸

ImageTitre : Des Horizons rouge sang – Les Salauds Gentilshommes 02

Auteur : Scott Lynch 🇺🇸
Édition : Bragelonne Poche (05/07/2023) – 912 pages
Édition Originale : The Gentleman Bastard Sequence, book 2: Red Seas Under Red Skies (2007)
Traduction : Olivier Debernard

Résumé :
Locke Lamora, l’ancienne Ronce de Camorr, et son comparse Jean Tannen ont fui leur cité natale. Ils ont embarqué à bord d’un navire et gagné la cité-État de Tal Verrar, où ils prévoient bientôt de réaliser leur forfait le plus spectaculaire : s’attaquer à L’Aiguille du péché, une maison de jeu réservée à l’élite et voler son incommensurable trésor.

Il n’existe qu’une façon de s’approprier l’argent de cet établissement : le gagner aux divers jeux qu’il propose à ses clients. Un domaine que Locke et Jean croient connaître sur le bout des doigts.

Mais, une fois encore, les deux compères se retrouvent embringués dans des aventures imprévues… et devront se frotter à la flotte pirate de la redoutable capitaine Zamira Drakasha. Une véritable sinécure pour des voleurs qui ne distinguent pas bâbord de tribord !

Et pendant ce temps, les Mages Esclaves fomentent leur revanche contre celui qui les a humiliés et croit avoir échappé à leur châtiment : un certain Locke Lamora.

ImageCritique :
L’année dernière, j’avais enfin lu le premier tome et j’avais accroché (alors qu’il y a des années, je n’y étais pas arrivée).

C’est donc avec plaisir que j’ai décidé de poursuivre mes aventures avec les Salauds Gentilshommes, même s’ils n’étaient plus deux : Locke Lamora et Jean Tannen.

Nous les retrouvons après qu’ils aient quitté Camorr, tous les deux dans une maison de jeux : L’Aiguille du péché. Leur but ? Se la jouer à la Ocean Eleven (à deux) et cambrioler la chambre forte du Requin, le Terry Benedict du récit.

Les premiers chapitres seront entrecoupés de ce qu’il s’est passé tout de suite après leur départ de Camorr, quand Locke était une loque. Ce va-et-vient entre deux temporalités m’a un peu perturbé, je dois dire. Il aurait sans doute mieux valu que le récit soit linéaire, vu qu’il était assez compliqué.

L’introduction embrouille les choses encore plus, puisque nous retrouvons nos deux compères en mauvaise posture et qu’il faudra attendre d’avoir passé les trois quartes du roman pour retrouver cette scène avec sa résolution. Pour moi, c’était du suspense à trois francs six sous, qui n’a fait que d’ajouter de la confusion, et à la fin, lorsque l’on est arrivé à rejouer la même scène, j’avais oublié celle du départ (la mémoire m’est revenue ensuite).

Autant où le premier volume était rythmé, avait du pep’s (même avec les interludes), ne manquait pas d’humour, le deuxième fut long et lent. Et trop embrouillé ! Locke est un homme rusé, il sait mentir, il sait parler… Et enfumer tout le monde. On a commencé avec le Requin.

Quand il s’est retrouvé emberlificoté aussi dans des histoires avec l’Archon, on est entré dans un double jeu à la James Bond, avant de finir sur un navire pirate pour se la jouer Pirates des Caraïbes, à tel point qu’à un moment donné, j’avais complétement oublié la première mission avec le Requin et le cambriolage de sa maison de jeux. Locke et Jean vont jouer à un triple jeu, quasi. Agents doubles ? Non, agents triples ! Si pas quadruple, parfois.

J’adore naviguer, sur un navire de pirates, j’étais dans mon élément, mais dans le récit, il y avait beaucoup de blablas, ce qui a ralenti la lecture et mon avancée dans l’histoire. À se demander si tout cela était nécessaire ou si l’auteur a voulu complexifier l’aventure un peu plus, afin d’ajouter des pages.

Si j’ai aimé une partie des différents personnages, que les méchants étaient bien esquissés, j’ai trouvé que le scénario était trop alambiqué, comme si l’auteur avait voulu reproduire les effets de manche de Locke dans le premier roman, mais transposé ailleurs, avec quelques petits changements.

J’aurais aimé que l’on me serve un plat différent. Et que le récit ne mette pas autant de temps à décoller ! Mais au moins, l’auteur avait tout planifié et chaque chose était à sa place, chaque chose avait sa place, son utilité, même si ce n’était que des chaises et un jeu de cartes…

Quant au final, il est assez rapide et je me suis dit qu’on avait fait tout ça pour ça ? Je me suis même demandée pourquoi perdre son temps à lancer une histoire d’amour entre deux personnages si c’était pour ensuite, en zigouiller un… Utilité ? Zéro, si ce n’est faire pleurer dans les chaumières.

Attention, le roman n’est pas mauvais, loin de là, j’ai tout de même passé un bon moment, mais quand on saute des passages entiers, ça sent tout de même mauvais dans l’air… Entre nous, le premier volume était beaucoup mieux !

Cela ne m’empêchera pas de lire le troisième volume afin de savoir comment leurs emmerdes vont évoluer…

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Sept – Saison 1 – Tome 01 – Sept psychopathes : Fabien Vehlmann et Sean Phillips 🇬🇧

ImageTitre : Sept – Saison 1 – Tome 01 – Sept psychopathes

Scénariste : Fabien Vehlmann 🇫🇷
Dessinateur : Sean Phillips 🇬🇧

Édition : Delcourt – Conquistador (2007) – 64 pages

Résumé :
1941. Joshua Goldschmidt a mis au point un plan pour en terminer avec la guerre : recruter 7 hommes pour assassiner Hitler et choisir ces 7 tueurs parmi ceux qu’on appelle fous ou psychopathes, les seuls capables de raisonnement hors normes et dont les agissements ne seront pas anticipés par l’ennemi.

Churchill ayant donné son accord, ils sont parachutés au-dessus de l’Allemagne…

ImageCritique :
Nous sommes en Angleterre, en 1941 et la Seconde Guerre mondiale fait rage. Londres est sous les bombes et il semble ne pas y avoir de solutions pour mettre fin à cette guerre.

Quoi que… Le colonel Thompson du SOE vient d’avoir une brillante idée, qui lui a été soufflé dans un courrier qu’il a reçu : assassiner Hitler ! Et pour y arriver, missionner 7 psychopathes.

Thompson en a marre de se faire brimer, qu’on ne l’écoute pas, alors, il va tout faire pour que la suggestion offerte par Joshua Goldschmidt soit acceptée. Et elle le sera.

Premier bémol, les dessins de Sean Phillips, que j’ai déjà trouvé meilleurs. De plus, les cases sont dans des tons assez sombres, durant tout un temps, et cela n’aidait pas à la compréhension, ni pour reconnaître certains personnages, hormis les plus originaux. La femme, le sosie d’Einstein, le fou de logique et le brûlé étaient reconnaissables, mais j’ai eu quelques difficultés avec les autres.

Autre point d’achoppement : 62 pages, c’est un peu court pour arriver à tout développer, sans donner l’impression que l’on survole le scénario et que l’on doit mettre le turbo.

Les entretiens avec les divers psychopathes étaient bien trop courts que pour qu’on se fasse une idée plus précise sur chacun d’eux. Je pense qu’à eux tous seuls, ils pourraient bénéficier d’un album chacun.

Les portraits sont aux antipodes l’un des autres et même si on a une belle brochette de cinglés, je dois dire que les auteurs ont réussi à brasser large ! Un sosie d’Einstein qui se dit juif, une tireuse d’élite, un type qui se dit en connexion avec Hitler par son esprit, un transformiste de talent qui peut jouer tous les rôles, un fauve déguisé en mouton, un fou de logique (qui n’est peut-être pas fou) et un monstre brûlé de partout et qui pense à entrer à nouveau dans un conflit.

Une fois parachutés en Allemagne, notre groupe va devoir se démerder pour éliminer Hitler et c’est là que les auteurs nous ont réservés une petite surprise, même si elle a été gâchée par un terme dont je connaissais la définition (ok, tout le monde ne sait pas ce que c’est, mais si on le sait, l’effet waw est à l’eau).

Autant où les auteurs ont pris leur temps pour mettre en branle cette opération, autant ils ont dû cavaler pour finir le tout dans les 62 pages imparties (un peu plus n’auraient pas été du luxe) et finalement, même s’il y avait du bon dans le scénario, j’ai tout de même trouvé que ça faisait flop dans l’ensemble. L’utilisation de Deus ex machina est un peu trop facile aussi…

C’est rythmé, on a de l’action, des aventures avec un grand A, mais à force d’avoir des retournements de situation et des deus ex machina, à la fin, je me suis mise à soupirer et j’ai été contente de terminer cet album et de passer à autre chose.

Dommage, parce qu’il y avait une idée brillante, là-dedans, et elle aurait mérité d’être mieux cachée afin de nous laisser mariner un peu dans nos théories folles.

D’autres albums de cette série sont bien mieux que celui-ci… (Sept détectives ; Sept pistoleros ; Sept cannibales).

#LeMoisAnglais2025
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Kit Sawyer et le trésor maudit de Tlaloc : S.E. Harmon 🇲🇽 🇺🇸

ImageTitre : Kit Sawyer et le trésor maudit de Tlaloc 🇲🇽

Auteur : S.E. Harmon 🇺🇸
Édition : MxM Bookmark – Suspense (10/04/2024) – 396 pages
Édition Originale : The first and last adventure of Kit Sawyer (2023)
Traduction : Mika Paliteau

Résumé :
Quand la chasse au trésor devient une course contre-la-montre, deux âmes égarées pourraient bien découvrir plus que de simples reliques.

Dans le monde de l’archéologie, la famille Sawyer est une véritable légende. Christopher, alias Kit, n’est peut-être pas un chasseur de trésors comme ses ancêtres, mais il est convaincu de faire honneur à son patronyme.

Historien érudit et méthodique, il préfère le calme de son bureau aux frissons de l’aventure. Mais quand il décode une relique ancienne, il se retrouve embarqué dans une péripétie imprévue.

Il libère sans le vouloir une force qu’il ne peut contrôler et doit désormais réunir la relique avec un puissant dieu aztèque. Sauf que personne ne sait où se trouve le temple de Tlaloc. Le localiser pourrait être la découverte du siècle… ou lui coûter la vie. Mais ce n’est pas comme s’il avait le choix. Alors direction la jungle mexicaine.

Ethan Stone, son ancien demi-frère expert en archéologie et source éternelle d’irritation, l’accompagne sur demande de leur grand-père, ce qui agace Kit au plus haut point. Malgré tout, il sait qu’Ethan est l’homme de la situation. Surtout quand un inconnu déterminé à les devancer fait son apparition et qu’il semble prêt à tout pour y parvenir.

Ethan pense que Kit est dépassé par les événements. Kit, de son côté, craint secrètement qu’Ethan ait raison. Non seulement en matière d’archéologie, mais peut-être aussi en termes de sentiments…

ImageCritique :
Moi qui voulais lire une aventure à la Indiana Jones et bien, ce fut loupé…

Parce qu’avant que l’aventure commence, j’ai dû me farder les pensées de Kit Sawyer, archéologue de bureau, qui n’a jamais été dans la jungle, ainsi que plein de blablas qui m’ont assez vite lassé. Kit sait être irritant.

Certes, il fallait présenter les héros, nous les faire découvrir, mais les lamentations de Kit m’ont vite soulé, notamment sur ses ex, des hommes qui ne l’ont jamais vraiment aimé pour ce qu’il était vraiment.

Kit est homo, jusque-là, aucun problème. Il a une sorte de demi-frère, Ethan, qui est en fait le fils de la seconde épouse de son père. Kit n’a jamais su piffer Ethan, mais il se masturbait en pensant à lui.

Là où les probabilités en prennent un coup, c’est lorsque j’ai compris qu’Ethan était, lui aussi, homosexuel. En plus, il est beau, grand, fort, costaud, intelligent, et tous les qualificatifs que vous voulez. C’est un aventurier, en plus d’être archéologue aussi (un fouet et un chapeau et il pourrait être un Indiana Jones probable).

Je n’ai rien contre les romances MxM, j’en ai déjà lues, mais j’en ai marre des romances qui flirtent avec le genre « Enemies To Lovers », même si dans ce cas-ci, ils ne sont pas vraiment ennemis, mais donnent l’impression de ne pas savoir se voir en peinture (Kit a toujours été jaloux de l’attention que son père donnait à Ethan).

De plus, comme souvent, nous avons deux hommes que tout oppose, puisque l’un est un archéologue historien de bureau et l’autre, un mec de terrain. Bon, ce n’est pas la configuration du grumpy et du sunshine, mais tout les oppose et si Ethan est un roc, Kit, lui, est faible.

Un peu marre aussi des romances dans laquelle des hommes adultes se comportent comme des ados de 16 ans en chaleur, ne pensant qu’aux fesses de l’autre, à la bouche de l’autre, à la langue de l’autre et à un autre truc que je ne nommerai pas. Un peu, ça va, trop, ça fait des blablas.

Je voulais de l’aventure avec un grand A et arrivé au tiers du roman, elle n’avait pas encore commencé. De plus, si je savais que j’étais face à une romance, je ne m’attendais pas du tout à l’irruption du fantastique qui m’a un peu gêné aux entournures.

Kit est possédé par le dieu Tlaloc (dieu aztèque de l’eau, représenté par un jaguar), sa couronne est venue se poser sur son crâne et ses bras se sont couverts de tatouage, sans passer par une échoppe tatoo.

Quand l’aventure commencera, le récit deviendra un peu plus intéressant, notamment lors de leur voyage dans la jungle. Le récit ne manquera jamais d’humour, avec les bons mots de Kit, même si c’est un grand bavard.

Quelques scènes de sexe se nicheront dans l’histoire, mais resterons assez sobres (pas pour un mineur de moins de 18 ans !). Tiens, une fois de plus, leur première fois est réussie et l’un des deux est spécialiste dans le préchauffage du four avant… avant vous savez quoi !

Je vous avais dit que l’élément fantastique m’avait un peu gêné, ensuite, le dieu Tlaloc se manifestera quelques fois dans l’esprit de Kit, mais de manière assez subtile et cachée. Par contre, je me demande encore pourquoi l’auteur l’a ajouté à son histoire, parce qu’on aurait pu s’en passer royalement !

Lorsqu’un dieu missionne un humain à lui rapporter sa couronne pour la déposer près de sa lance et qu’il y a une prophétie en prime, on s’attend à ce que ce dieu veuille reprendre sa place dans le monde, le dominer, exterminer, foutre le chaos, ou tout ce qu’un dieu peut vouloir faire dans des films ou en littérature. Ben non, que dalle, Tlaloc servira juste de deus ex machina et puis, paf, on en parlera plus. Frustrant, je trouve.

Je ne vais pas vous raconter des craques, même si cette lecture était reposante, amusante, parfois irritante, je ne peux pas dire non plus que c’était de la daube littéraire.

Oui, j’ai lu mieux, bien mieux, mais l’avantage de ce roman, c’est qu’il m’a apporté une petite bouffée d’air frais après des lectures plus sombres et que j’ai pu mettre mon cerveau sur pause.

De plus, j’ai apprécié les deux personnages, Ethan (calme, patient) et Kit (un peu fou, irritant). Un duo amusant. Ils formaient un beau couple (je ne spolie pas, vous vous en doutiez, non ?).  Leurs batifolages d’ado en rut, dans un monde qui semble ne pas avoir d’homophobes en son sein, était réconfortant, à défaut d’être réaliste.

Un roman que j’oublierai vite, mais qui m’a donné de l’oxygène et quelques sourires, en plus d’un happy end. Pour des Aventures plus vivifiantes, refaites-vous l’intégrale des trois films d’Indiana Jones (désolée, mais ensuite, je n’ai pas aimé les films suivants).

An American Year (2) 2024/2025Image

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Les contes de l’ère du cobra – 2 Tomes : Les amants / Révolution : Enrique Fernández 🇪🇸

ImageTitre : Les contes de l’ère du cobra – 2 Tomes : Les amants / Révolution

Scénariste : Enrique Fernández 🇪🇸
Dessinateur : Enrique Fernández

Édition : Glénat (2012)

Résumé :
Laissez-vous emporter par la magie d’un conte chatoyant et réjouissant ! « Permettez que je caresse vos âmes avec mon histoire, tissée des fils de cent autres histoires ». C’est ainsi que commence, pour notre plus grand plaisir, le récit d’un habile conteur masqué.

Son histoire, c’est d’abord celle de la belle Sian, une fleur née dans le fumier, et d’Irvi, un étrange jeune homme qui a la capacité de traverser la ville sans jamais poser les pieds au sol. Sian doit être emmenée dans la maison des princesses, foirail de jeunes vierges mises en vente par leurs parents. Irvi compte bien entendu s’y opposer !

Mais le destin en a décidé autrement. Et c’est alors que commence une épopée pleine de rebondissements tous plus drôles, émouvants et palpitants les uns que les autres !

ImageCritique des 2 tomes :
Découverte par hasard, cette bédé fantastique, dans le style d’un conte des mille et une nuits ou Aladin, a fait mon après-midi.

Alors non, ce ne sera pas la bédé de l’année, mais elle ne manquait pas d’action, de flamboyance et de couleurs.

Si, au départ, les dessins ne m’ont pas emballés, au moins, les expressions étaient bien dessinées, tout comme les décors. Le tout dans des couleurs somptueuses, chaudes, lumineuses.

Le découpage du récit était original, dans certaines planches, mais avec cette surcharge d’information, il fallait être bien attentive pour ne rien rater et avoir une bonne vue d’ensemble.

C’est un conte, donc, qui fait la part belle au fantastique, sans que pour autant, des créatures bizarres y fassent leur apparition. Je parle de fantastique, parce que Irvi est encore plus fort qu’Arsène Lupin lorsqu’il vole un truc. Pas de panique, ça passe très bien dans cette histoire.

Ce que j’ai apprécié, aussi, c’est le petit ton humoristique, au départ, et le fait que le récit n’est pas du tout allé dans la direction que j’avais pensée. Et tant mieux, cela veut dire que certains auteurs évitent le conventionnel, le déjà vu et savent encore surprendre les lecteurs.

Vu tout ce que j’ai déjà lu, je ne suis plus aussi facilement surprise. Le lapereau de l’année, ce n’est pas moi (enfin, je l’espère).

Exit aussi les morales à deux balles, assénée avec les gros sabots. C’est plus subtil que ça et le final reste sur le flou, même si on se doute de quelques identités.

Pas trop de manichéisme non plus, parce que même si le Cobra est un sale type, c’est aussi un gros crétin, un imbécile et un homme bien malheureux, puisqu’il n’a pas compris comment il pourrait trouver l’amour.

Quant aux personnages d’Ivri , ce n’est pas un Gentil au sens conventionnel du terme, il a ses défauts et à la fin de l’histoire, on est bien en peine de dire qui étaient les gentils et les méchants. Ils sont ambivalents et c’est ce que j’apprécie.

Dommage que le personnage de Sian, la jeune fille, soit aussi peu développé. Son personnage est tout de même celui qui fait que toute l’histoire a lieu et malheureusement, l’auteur ne l’a pas assez développée, approfondie.

Malgré mes petits bémols, j’ai passé un bon moment de lecture, fait de sourire, de tension, de suspense et de théâtre, parce que oui, nous aurons une représentation théâtrale qui sera des plus intéressantes et dangereuse, aussi. Montrer à un dictateur ses erreurs n’est pas la chose la moins risquée à faire.

Une belle découverte ! Pas la meilleure, mais je n’ai pas l’impression d’avoir perdu mon temps à lire ce diptyque. Un petit plaisir de lecture, sans se prendre la tête.

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Marc Dacier (couleurs) – 06 – L’Abominable Homme des Andes : Jean-Michel Charlier et Eddy Paape

ImageTitre : Marc Dacier (couleurs) – 06 – L’Abominable Homme des Andes

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Eddy Paape

Édition : Michel Deligne (1975) / Dupuis 1980)

Résumé :
Marc est envoyé au Pérou pour enquêter sur une expédition française qui s’est mal terminée sur les hauteurs andines.

Le frère du chef de l’expédition disparu l’accompagne, l’objectif étant de vérifier si des yétis existent sur place, ce que des photos, malheureusement trop floues, laisseraient supposer.

ImageCritique :
Après une avalanche, des Indiens des hauts-plateaux découvrent le corps d’un homme, enseveli sous la neige. Il portait un masque pour respirer et des lunettes spéciales.

Pour les Indiens, ce sont les dieux qui se sont vengés, car on n’escalade pas la grande montagne du soleil (Nevado de Huascarán au Pérou – 6.768 mètres d’altitude).

Elle est sacrée et interdite à quiconque. Ils descendent le cadavre dans la vallée et donnent l’alerte.

Marc Dacier, c’est un personnage de l’époque de mon paternel, mais je l’avais découvert dans ses vieilles bédés en format souple et si je ne suis pas fan de ce reporter, je lis de temps en temps un ancien album en piochant dans la bibliothèque de mon daron.

Comme ce récit se déroulait au Pérou, il tombait bien pour le Mois Espagnol & Sud-Américain.

Marc Dacier va devoir se rendre à Lima, puis dans le village perdu de Caraz, pour ensuite grimper sur la montagne, avec Jimmy Lucas, le frère de Jacques, qui dirigeait l’expédition et qui a disparu avec le reste de son équipe, afin de prouver que les alpinistes n’ont pas commis de faute et qu’ils ne sont pas responsables de l’échec de cette mission. Apparemment, il se serait passé des choses étranges durant toute l’ascension…

Heu ? Il n’y a que dans les bandes dessinées que les héros se permettent de partir en expédition sur un mont vertigineux, sans aucune préparation, sans aucun entraînement, sans même jamais avoir fait de l’escalade dans leur vie.

Le photographe du journal, qui accompagne Marc Dacier, n’a jamais fait d’escalade et il va faire de la grimpette à flanc de montagne, comme les autres, qui, eux, sont des professionnels. Moi qui pensait qu’il fallait avoir fait, au minimum, escalade 3ème Dan pour grimper les hautes montagnes… Ben non !

On suppose aussi que des professionnels leur fourniront leur équipement vestimentaire, afin de ne pas se geler les grelots (et le reste), dans les neiges éternelles… ouf, on leur fournira tout l’équipement nécessaire !

Avant même leur départ, les sabotages commencent… Qui veut les empêcher de grimper sur la montagne sacrée ?

On ne va pas se leurrer, il va leur arriver des aventures folles et ils ne s’en sortiront que par la magie de la bédé et du scénariste, qui ne peut pas laisser mourir Marc Dacier, ou le blesser grièvement, même après qu’il a été traîné par un avion, un câble accroché à sa taille. Même pas mal, tiens.

Autre avantage : tout le monde parle la même langue et se comprend. Nous sommes au Pérou, mais personne n’a du mal à se faire comprendre, comme si tout le monde parlait espagnol, dans la troupe envoyée enquêter sur l’accident… La magie de la bédé.

En tout cas, il y a beaucoup à lire, aussi bien dans les phylactères que dans les cases du narrateur omniscient. On est loin de la bédé avec juste des dessins, pour les paresseux de la lecture. Ici, vous en aurez pour vos sous et cela a augmenté le temps de lecture de cet album. Moi qui pensais l’expédier vite fait, bien fait… Loupé !

Il y a de l’Aventure (oui, avec un grand A), des mystères, des sabotages, et des grosses bêbêtes poilues, sortes de yéti, qui semblent vivre au sommet de la montagne. Véritables animaux ou bien humains déguisés ?

Cet album m’a fait penser à un mix de deux albums d’Hergé : « Le temple du soleil », pour le lieu et les habits des autochtones, les superstitions, les adorateurs du soleil (mais sans le lama fâché) et « Tintin au Tibet », les facéties du capitaine Haddock en moins.

Dans l’album au Tibet, les personnages faisaient face à une attaque de condor, ici, ce sera une d’aigles. Mais dans les deux cas, ils escaladeront des montagnes, feront face à la neige et à bien des mystères.

Autre chose que j’ai remarqué : on sent bien que nous sommes dans une bédé qui date (1975), parce que durant toute ma lecture, Patrick Juvet aurait pu chanter « Où sont les femmes ? ». Il n’y en a pas, ou alors, en arrière-plan, juste pour la figuration. Les femmes sont absentes, DIS-PA-RUES (Jean-Pierre Mader pourrait chanter aussi).

En fait, je m’attendais à lire un album drôle, léger, comme le premier tome de la série, et je me suis retrouvée à lire un récit sérieux, sans humour, hormis un tout petit peu au début du récit, dans la rédaction du journal qui emploie Marc Dacier.

Le scénario n’est pas si mal que ça, même si Jean-Michel Charlier m’a habituée à beaucoup mieux. Mais je m’attendais vraiment à lire une daube et tout compte fait, malgré les défauts inhérents à l’époque, je me suis retrouvée plongée dans un récit qui m’a happé. Parfois, je ne suis pas difficile.

Arrivé à quelques pages de la fin, je me suis demandée comment le scénariste Charlier allait conclure son récit, ayant peur d’avoir des explications dans les cinq dernières cases.

À la dernière case, je me suis retrouvée sans explications, nos explorateurs faisant demi-tour, après avoir vu les Yétis poilus. QUOI ?? Tout ça pour ça ? On se fout de moi, ou quoi ?

Non, l’histoire est à suivre (L’Empire du soleil) et heureusement pour moi, mon père possédait l’album suivant… J’allais savoir tout sur les trucs poilus !

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Couverture de la 1ère édition chez Michel Deligne

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Le livre des Terres Bannies – 04 – Fureur : John Gwynne

ImageTitre : Le livre des Terres Bannies – 04 – Fureur

Auteur : John Gwynne 🇬🇧
Édition : Leha (05/12/2024) – 665 pages
Édition Originale : The Faithful and the Fallen, book 4: Wrath (2016)
Traduction : Thomas Bauduret

Résumé :
La guerre a embrasé l’ensemble des Terres Bannies !

Le roi Nathair s’est emparé de la forteresse de Drassil. Calidus est en possession de trois des sept Trésors et met tout en œuvre pour récupérer ceux qui lui manquent avec l’aide de ses alliés Rhin et Lykos. Lorsque les sept Trésors seront siens, il pourra ouvrir un passage vers l’Autremonde. Alors, Asroth et ses hordes démoniaques pourront s’incarner et se répandre sur les Terres Bannies.

Capturé par les géants, son armée dispersée, Corban va devoir trouver de nouveaux alliés pour reprendre le combat et espérer l’emporter. Pourra-t-il profiter des dissensions entre les géants pour les fédérer sous sa bannière ? Il n’a d’autre choix que d’y parvenir s’il veut pouvoir contrer la menace que Nathair et Calidus représentent.

Ses choix détermineront le destin des Terres Bannies.

ImageCritique :
♫ Et voilà, c’est fini… ♪ Dommage, parce que c’était une bonne série. Six mois après lu le troisième tome, je me suis décidée à terminer cette saga, pour ne pas faire durer le suspense plus longtemps.

Comme souvent, j’avais la crainte que le dernier tome ne soit pas à la hauteur des précédents ou alors, qu’il ne se passe rien de probant durant 500 pages, avant que tout ne se précipite sur la fin et que l’auteur termine sa quadrilogie en quelques lignes.

Heureusement, les quelques chroniques lues m’avaient rassuré. Et c’était vrai !

Comme pour les précédents tomes, l’éditeur (ou l’auteur) a inclus un glossaire des personnages et de leurs dernières actions, cela permet de rafraichir la mémoire des lecteurs. Il ne m’a fallu que quelques lignes pour me retrouver dans cet univers des terres bannies.

C’est un pavé de 665 pages, mais non, on ne voit pas le temps passer, tant l’action est omniprésente et que tous les personnages encore vivants seront mis à contribution. Ça bouge dans tous les sens, pas de récit statique où tout le monde se regarde, mais ne bouge pas. Tout le monde combat et les scènes sont toujours bien décrites.

Et puis, tout comme dans « Game of thrones », l’auteur n’hésite jamais à faire mourir un personnage, qu’il soit du côté des gentils ou des méchants. Une fois encore, j’ai eu des coups au cœur en voyant disparaître des personnages que j’appréciais énormément (dès le premier tome, l’auteur avait déjà tué des personnages sympas).

Les chapitres sont nombreux, mais ils sont courts, ce qui donne du rythme au récit, et, comme pour les précédents, les chapitres vont alterner les actions de plusieurs personnages, ce qui fait que l’auteur mettra en avant tous les protagonistes de cette guerre totale sur les Terres Bannies.

J’ai apprécié que l’auteur n’ait pas été dans la facilité et n’ait pas résolu sa guerre par deux coups de baguette magique, comme ça arrive parfois. Là, pour le grand final, il a multiplié les récits, les arcs narratifs et il a bien maltraité ses personnages. La bataille finale n’est ni trop courte, ni trop longue, mais elle est bourrée de suspense et d’action et j’ai tremblé pour mes personnages favoris.

On a beau être sur un vieux classique du combat entre le Bien et le Mal, l’auteur a su éviter l’écueil du manichéisme. Dans les méchants, nous aurons un peu de tout, et cela ira du terrible Calidus qui vient de l’Outremonde, à une reine remplie d’ambition et qui voudrait être calife de tous les califes, un pirate sadique, à des personnes manipulées, croyant faire le bien pour tous. Tous les portraits des méchants sont réussis, aucun n’est d’opérette.

Anybref, c’est une saga que je suis contente d’avoir découverte, parce qu’elle en valait absolument la peine, que ce soit pour ses personnages bien campés, travaillés, qui ont évolués au fil de leurs aventures, pour le scénario, qui, bien que classique, a réussi à me surprendre, pour l’écriture, simple, mais efficace, assez visuelle, sans l’être trop et sans manichéisme. L’auteur a su créer un univers riche, le décrire, le faire vivre et m’y emporter.

De la fantasy pure et dure, où l’on ne s’emmêle jamais les pinceaux dans les multiples personnages, avec un récit bourré d’aventure, de quêtes diverses, de personnages attachants, bref, de la fantasy comme je l’aime.

PS : dans ce quatrième et dernier tome, l’auteur a mis la pédale douce sur le verbe « feuler », qu’il utilisait à tire-larigot dans ses précédents romans. On en aura un peu plus dans le dernier quart du roman, mais cela restera moins que dans les autres. Ouf.

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