Le troupeau fantôme – Walt Slade 01 : Bradford Scott 🇺🇸

ImageTitre : Le troupeau fantôme – Walt Slade 01 🇺🇸

Auteur : Bradford Scott 🇺🇸
Édition : Marabout Junior (1966) – 160 pages
Édition Originale : Range Ghost (1964)
Traduction : Gérard Colson

Résumé :
Le Texas Ranger Walt Slade affronte une dangereuse bande de voleurs de bétail qui opèrent à la frontière mexicaine

« Slade empoigna son Winchester. L’arme était en parfait état, prête à faire feu. Tendu, tous les sens en alerte, le Ranger attendit.

La plus élémentaire prudence lui commandait de faire feu dès que le bandit serait en vue, mais un Texas Ranger doit donner à ses adversaires l’occasion de se rendre, même au risque de sa propre vie. »

ImageCritique :
Cela fait plus de 15 ans que j’avais découvert les aventures de Walt Slade, Texas Ranger et j’avais bien aimé ces récits westerns publiés chez Marabout. J’en possédais trois et maintenant, je les ai tous les quatre.

Tout comme Sherlock Holmes, il sait observer, voir ce que les autres n’ont pas vus, il mène des enquêtes, il est très grand et il fume.

Mais en plus, il est beau, costaud, il sent bon le cheval et monte un splendide étalon noir comme l’ébène. Tout comme Lucky Luke, il dégaine très vite et fait mouche.

Bref, je voudrais me faire sauver par Walt, que je trouve vachement mieux que Walker Texas Ranger. Je m’assierai en croupe, sur son magnifique cheval et je chanterais ♫ I’m poor lonesome cow-girl ♪

Dans ce premier récit qui le met en scène (il doit en exister d’autres en V.O), il va devoir résoudre une énigme de vols de troupeaux de vaches. Oui, on vole des vaches aux ranchers du coin et si les plus gros peuvent supporter quelques ponctions dans leurs troupeaux de Long Horn, ils ne pourraient pas tenir le coup devant des vols trop importants.

Mais par où foutent-ils le camp, ces voleurs, avec les troupeaux ? Personne ne les a vus passer. Et quel est le bandit qui est à leur tête et qui semble si intelligent ? Entre deux tasses de café, notre Walt va devoir ouvrir ses oreilles, ses yeux, interroger discrètement, suivre des pistes, faire preuve d’intelligence et dégainer plus vite que ceux qui lui veulent du mal.

Alors oui, c’est assez gentillet, même si l’on aura des morts et des ranchers proches de la faillite, mais avec Walt Slade aux affaires, tout se termine toujours bien et il trouve toujours le coupable.

Hé bien, dans ce premier tome, il aura bien du mal, parce qu’il ne trouvera pas de preuves pour incriminer le coupable ! C’est bien beau de se dire que c’est Untel, mais sans preuves, il ne pourra rien faire…

Une bonne histoire western, avec tous les clichés du genre, mais bien utilisés, même si, comme les autres héros du far-west, il n’arrivera jamais rien de mal à Walt. Nous sommes dans de la littérature jeunesse et même si nous aurons des cadavres, nous savons que les Bons gagnent toujours.

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Black Panache 🇺🇸 : Pierre Pelot 🇫🇷

ImageTitre : Black Panache 🇺🇸

Auteur : Pierre Pelot 🇫🇷
Édition : Marabout Junior (1966) – 151 pages

Résumé :
Black Panache, le fougueux étalon noir, conduit son troupeau sauvage à travers le Wyoming. Mais les éleveurs décident de l’abattre, car il vole des juments domestiques.

Le jeune Pat Statford supplie son père de capturer vivant l’étalon et s’engage à le dresser.

Enfermé dans le corral, Black Panache acceptera-t-il l’amitié du jeune rancher et pourra-t-il résister à l’appel de la liberté ?

Tout comme Pat, son jeune héros, l’auteur est un grand ami des chevaux.

ImageCritique :
Personne n’aime les voleurs, les opportunistes… Même si le voleur opportuniste est un bel étalon noir. Et que vole-t-il ? Les juments des ranchs, pardi !

C’est un peu hypocrite de la part des ranchers, eux qui ont dû voler les terres aux autochtones, mais bon, on ne refera pas le Monde.

Bref, les propriétaires des ranchs, qui ont leur troupeau de chevaux sur la prairie et dans les environs, en ont ras le chapeau que le beau Black Panache leur vole des juments. Surtout qu’il pourrait aussi attaquer un de leurs étalons domestiques, qui se trouvent avec leurs juments. Il faut donc le tuer…

Le jeune Pat Statford supplie son père de capturer vivant l’étalon et s’engage à le dresser.

Ce roman est assez gentillet, par moment, mais nous sommes dans de la littérature jeunesse, celle des années 60. Tout va bien dans la famille de Pat, pas de soucis financiers, sans pour autant crouler sous l’argent. C’est un garçon joyeux, qui vit sa vie et est ami avec Drom, un jeune enfant handicapé, fils d’un ouvrier du ranch.

L’auteur prendra le temps, pour la chasse à Black Panache, ce qui fait qu’il ne restera plus beaucoup de pages pour faire naître une relation d’amitié et de confiance entre l’étalon et le gamin.

Mais n’allez pas imaginer une histoire à la Walter Farley (L’étalon noir), parce que nous avons beau être dans de la littérature jeunesse, l’auteur ne se privera pour nous balancer un drame et éviter le happy end, que j’aurais juré lire en ouvrant ce roman.

Pas une mauvaise lecture, mais le récit était trop court, je trouve, ce qui a empêché de développer un peu plus la relation qui allait se nouer entre le cheval et l’enfant (ou pas).

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Le baiser des Crazy Mountains – Les Mystères de Sean Stranahan 04 : Keith McCafferty 🇺🇸

ImageTitre : Le baiser des Crazy Mountains – Les Mystères de Sean Stranahan 04 🇺🇸

Auteur : Keith McCafferty 🇺🇸
Édition : Gallmeister (2021)/ Gallmeister Totem (2022) – 464 pages
Édition Originale : Crazy Mountain Kiss (2015)
Traduction : Marc Boulet

Résumé :
À la recherche d’inspiration dans un bungalow du Montana, le romancier Max Gallagher a la fâcheuse surprise de trouver sa cheminée bouchée. Il en retire un chiffon rouge : en fait, un bonnet de père Noël. Intrigué, et surtout frigorifié, il monte sur le toit jeter un coup d’œil et découvre dans le conduit le cadavre d’une jeune femme.

La victime s’appelle Cindy Huntington, une jeune star de rodéo disparue depuis des mois.

A-t-elle voulu entrer dans le chalet par le conduit de cheminée, avant de se retrouver tragiquement coincée ? Ou a-t-elle été assassinée – mais quel serait le mobile de ce crime ?

La shérif Martha Ettinger, aidée de Sean Stranahan, aquarelliste, pêcheur à la mouche et enquêteur à ses heures, se lance dans une investigation en terrain glissant.

ImageCritique :
D’habitude, c’est le père Noël qui passe dans la cheminée, ou le ramoneur, au pire, un cambrioleur… Mais découvrir, dans le conduit de la cheminée, une jeune fille morte, ça le fout mal. Bien que, pour un écrivain en mal d’inspiration, ça pourrait être une bonne découverte.

Bienvenue dans le Montana ! Bien qu’il y ait un bonnet de père Noël sur la couverture, le récit se déroule en avril. Gare, nous sommes dans le Montana et là-bas, en avril, ne te découvre pas d’un fil.

La shérif Martha Ettinger va faire appel à son ami et ancien amant, Sean Stranahan, aquarelliste, pêcheur à la mouche et enquêteur à ses heures, qui lui-même sera engagé par la mère de la jeune fille décédée, afin de faire toute la lumière sur cette sordide affaire. Meurtre ou accident ? Lorsque l’on sait que la jeune fille était portée disparue depuis 5 mois, on est en droit de se poser des questions…

Lire les enquêtes de Sean Stranahan, c’est s’assurer d’un bon moment de lecture, où tout va aller à son aise, sans se presser, mais sans traîner des pieds non plus. Dans les romans de l’auteur, la nature est mise en avant, les paysages sont décrit, il nous parle d’animaux sauvages, de chasse, de pêche à la mouche, de chevaux, de chiens…

Dans le Montana, les femmes ne sont pas des créatures fragiles, elles savent donner des ordres, elles savent mener le jeu et elles doivent souvent faire face à des mecs assez machos, virils. Mais ne marchez pas sur les pieds de Martha, ou il vous en coûtera (elle est bourrue et j’aime ça). D’ailleurs, dans ce duo, c’est elle le chef, même si Sean n’en fait qu’à sa tête.

Cette enquête ne sera pas facile, parce que les gens ont beau engager un détective privé et vouloir que toute la lumière soit faite sur l’affaire, ils n’aiment pas trop que l’on vienne interroger leurs amis, leurs proches, car, pour eux, ils sont dignes de confiance. Sean, lui, interroge tout le monde et parle assez bien avec son chien.

L’intrigue policière tient la route, rien n’est capillotracté dans la résolution et au moins, rien n’était simple, mais sans être compliqué. Rien n’est jamais simple, dans un meurtre, un accident, une disparition, mais l’auteur est resté les deux pieds sur terre et n’a pas ajouté du sucre sur le sucre. C’est clair, c’est net, ce n’est pas propre et pas beau à entendre, mais au moins, c’est réaliste.

Un polar aux accents de nature writing, avec des personnages attachants, travaillés, que l’on a plaisir à revoir (même si je le fais trop peu souvent), qui évoluent, le tout dans un décor grandeur nature, où l’on ressent le froid, la force de la nature, des montagnes, des légendes…

Une série à découvrir ou à poursuivre, c’est selon.

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Plus fort que la nuit : Frédéric Lepage

ImageTitre : Plus fort que la nuit 🇺🇸

Auteur : Frédéric Lepage
Édition : Taurnada Le tourbillon des mots (12/09/2024)

Résumé :
En arrivant à New York, Lana Harpending, cavalière hors pair et nouvelle recrue de la police montée, ne s’attendait pas à tomber doublement amoureuse.

D’abord, de son camarade de patrouille, Paul, qui va se retrouver au centre d’une affaire criminelle effroyable. Mais aussi du cheval qui lui est attribué, un appaloosa nommé Éridan, caractériel selon la rumeur, et dont elle parvient peu à peu à gagner la confiance.

Bientôt, un secret terrifiant vient se glisser entre Lana et son cheval. Un secret qui, dévoilé, pourrait entraîner la mort d’Éridan.

Alors, elle va faire un pari fou, et tenter l’impensable.

Original et addictif, ce roman à suspense va vous bouleverser.

ImageCritique :
La couverture et le résumé m’avaient donné envie de lire ce roman au plus vite, puisqu’il réunissait deux de mes amours : les chevaux et les crimes (enfin, les enquêtes policières, je ne voudrais pas avoir des problèmes).

Direction ♪ New-York, New-York ♫ These vagabond shoes, are longing to stray ♫ Right through the very heart of it ♪ New York, New York ♪ (1).

Lana Harpending est policière, elle vient du Wyoming et son rêve est d’intégrer la police montée de New-York, ce qu’elle va faire dans quelques jours. Alors, le crime dégueu qui a lieu, elle s’en fout un petit peu, puisqu’elle change de crémerie.

Ce que j’ai apprécié le plus, dans ce polar, c’est la relation qui va unir Lana, cavalière émérite, à Éridan, un appaloosa Fondation, autrement dit, un descendant des montures des Nez-Percés. Mais ce cheval est réservé et il a un petit souci lié à ses origines, à sa race… Et Lana n’a pas envie de le laisser tomber.

Alors, sur les passages consacrés à Lana et à sa monture, je n’ai rien à redire. Ils étaient magnifiques, beaux, tendres, même si vous n’avez jamais été fan des chevaux, que vous n’avez jamais posé vos délicates petites fesses sur leur dos. C’est même facilement compréhensible pour les dilettantes. Et si vous êtes cavalier (cavalière), vous le ressentirez encore plus intensément, surtout, si, un jour, vous avez vécu une véritable fusion avec un cheval.

Là où le bât a blessé (et le tapis de selle aussi), c’est que ce roman était étiqueté polar, vendu comme tel dans le résumé et que le polar est en arrière-plan ! En fait, après l’intégration de Lana dans la police montée, il faudra attendre un autre crime pour qu’elle se bouge les fesses et qu’elle enquête avec son ancien coéquipier, tout en tentant de résoudre le crime dégueu du début du roman.

Et puis, d’autres choses m’ont semblé être inutiles : partie d’un mauvais pied avec son futur collègue Paul, voilà notre Lana qui en tombe amoureuse. On dirait dit un cheveu tombant dans la soupe, tant cette amourette était mal amenée. De plus, pas besoin que Lana soit amoureuse d’un collègue pour qu’elle prenne les rênes, à l’insu des autres, de la seconde enquête, son passé d’enquêtrice à la criminelle suffisait.

Durant la première moitié de la lecture, une fois Lana intégrée à la police montée, le rythme a ralenti et j’ai ressenti une immense lassitude. L’auteur nous décrivait New-York, mais en nous parlant de rues que je ne connaissais pas, au lieu de rester dans les lieux mythiques et connus de tout le monde (les numéros de rues, ça ne nous parle pas). Les chapitres étaient plus longs et le récit semblait faire du surplace.

Ces petits bémols ont failli me faire arrêter la lecture de ce roman. Mais puisque j’avais eu une si forte envie de le découvrir, je me suis accrochée au pommeau et ensuite, je ne l’ai pas regretté. J’ai même eu droit à un bel instant karma qui m’a fait sourire jusqu’aux oreilles, quand le méchant, qui n’avait rien pour lui (dommage aussi, tiens, on aurait pu avoir un magouilleur qui le faisait pour une bonne cause), a été « arrosé ».

Attention, ce polar n’est pas mauvais, mais il manquait de souffle à un moment donné et les parties enquêtes sont réduites à la partie congrue, les relations entre Lana et Éridan prenant le pas sur tout le reste (là, pas de regrets, j’ai adoré).

Dommage qu’il n’y a pas eu d’équilibre entre ces deux parties. Si les enquêtes avaient été plus étoffées, on aurait eu un chouette polar avec une belle histoire entre une cavalière et son cheval.

Manque d’équilibre aussi dans certains des personnages, même si je suis d’accord que le milieu de la police, c’est un milieu hyper macho, viril, avec de types qui se comparent la bite ou jouent à celui qui pisse le plus loin. En tout cas, ça ne donnait pas envie de sauver le méchant…

Un polar qui se laisse lire, une fois passé les quelques longueurs, et qui apporte du soleil lorsque Lana apprend à Éridan à ne pas paniquer quand sa maladie emporte tout. À savoir que la partie polar est la partie congrue…

PS – Spolier Alert pour les amoureux des animaux — pas de danger, tout se termine bien pour Éridan et pour le chien nommé Einstein. Le cheval pourra vivre avec la maladie qui touche sa race (il y en a dans les refuges, ils le vivent bien, apparement).

(1) New York New York – Frank Sinatra

An American Year (2) 2024/2025

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Cheval d’orage – 01 – Un champion sans prix : Lauren St John

ImageTitre : Cheval d’orage – 01 – Un champion sans prix 🇬🇧

Auteur : Lauren St John 🇿🇼
Édition : Folio Junior (2016)
Édition Originale : The One Dollar Horse (2012)
Traduction : Alice Marchand

Résumé :
À 15 ans, Casey vit au dernier étage d’une tour misérable du Londres populaire. Simple bénévole dans un club hippique miteux, elle rêve pourtant de remporter le plus grand championnat d’équitation au monde : le prestigieux concours de Badminton. Lorsqu’elle sauve de l’abattoir un cheval blessé et affamé, presque sauvage, contre un simple dollar, elle est convaincue que tout devient possible.

Mais c’est sans compter sur le lourd passé de son père tout juste sorti de prison après un cambriolage raté, ou son attirance pour un jeune garçon aux yeux sombres qu’elle s’interdit d’aimer…

Le premier tome d’une trilogie sur la passion de l’équitation : une chevauchée trépidante en forme de parcours initiatique à la portée universelle. Un thriller romantique âpre, bouleversant, captivant.

ImageCritique :
Lorsque j’étais jeune (il y a très longtemps), j’avais adoré les sagas de L’Étalon Noir et de Flamme, qui se passaient dans le monde des chevaux.

Je n’ai donc pas pu résister à celle-ci, même si elle était étiqueté littérature jeunesse…

Malgré le fait que le schéma est à peu près le même que les sagas citées plus haut, j’ai passé un bon moment de lecture avec ce premier tome, même si les événements qui s’y sont déroulés étaient téléphonés.

Casey, presque 16 ans, est une jeune fille pauvre qui vit dans le quartier de Hackney et qui, un jour, sauve un cheval de l’abattoir, le paie 1$ et tente d’en faire un champion de concours complet (qui réuni trois épreuves : dressage, obstacle et cross). Tirant le diable par la queue, bossant comme une folle, Casey a la chance d’avoir une amie de plus de 60 ans (Mrs Smith) qui va l’aider et un père qui l’adore, même s’il a fait de la prison.

Comme dans bien des romans qui s’adressent à la jeunesse (mais pas qu’eux), il y a du manichéisme dans les personnages. D’un côté, nous avons les gentils et de l’autre, les pas gentils du tout. Bon, c’est un peu réducteur, mais le milieu équestre est un milieu assez fermé et je ne voudrais pas faire mon entrée avec un van pourrave, un cheval maigre, miteux et à poils non rasés et une tenue deux tailles trop grande pour moi.

Dans ce manichéisme, la pauvre jeune fille sans le sou va se trouver face à la fifille à papa et maman, blindée de pognon, qui peut avoir tous les chevaux qu’elle souhaite, mais qui, contrairement à Casey, les considère comme des outils, des machines (limite une moto) et non comme des êtres vivants.

Or, les chevaux se foutent pas mal d’avoir sur le dos une couverture en duvet d’oie ou en poils de cul de chèvres cachemires, le tout stylisé par une grande marque. Eux, ils préfèrent la vie au grand air (en tout cas, la mienne, c’est ce qu’elle préfère et ne porte pas de couverture, la nature étant bien faite, elle a un gros poil pour l’hiver), se rouler dans la boue, qu’on les comprenne et qu’on les aime autrement qu’en leur mettant des trucs de mode sur leur dos.

Anybref, on peut apprécier ce roman jeunesse sans rien y connaître dans le monde équestre, puisque moi-même je ne suis pas fan du tout des concours complet. L’autrice a évité de trop s’appesantir sur l’entrainement du cheval et en 368 pages, l’essentiel est dit, le maximum est fait, même si, comme je vous l’ai dit, tout était prévisible.

Ce roman m’a parlé, parce que Casey a une relation très forte avec son cheval et ce genre de chose n’arrive pas souvent dans une vie de cavalière. Moi même, j’ai vécu une relation très forte avec un cheval (pas de concours, juste des randos) et aujourd’hui, presque 20 ans après son décès, je pense encore à lui et à toutes les chevauchées folles que nous avons faite (il était aussi un peu chtarbé, comme Ciel d’Orage).

Un roman jeunesse qui se lit sans se prendre la tête, avec de la morale, de la lumière et un happy end qui fait du bien, au milieu des actualités moroses. Oui, ce n’est pas très réaliste, tout se termine bien, mais bordel de dieu, qu’est-ce que c’est bon pour le moral (♫ c’est bon, bon ♪).

PS : si ce n’est pas le roman de l’année ou du mois, il me permet tout de même de cocher le Zimbabwe (nationalité de l’autrice) sur mon planisphère.

#lemoisanglais2024
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  • Le Mois Anglais – Juin 2024 (@lemoisanglaisofficiel @lou_myloubook et @plaisirsacultiver) – Fiche N°22

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Le démon solitaire : Henri Vernes

ImageTitre : Le démon solitaire – Bob Morane 044

Auteur : Henri Vernes
Édition : Marabout Junior (1959)

Résumé :
Jusqu’à ce jour, Bob Morane n’avait connu les Westerns qu’au cinéma. Une petite cité perdue au coeur des Montagnes Rocheuses, un chasseur de chevaux malchanceux, et de classiques « mauvais » vont transporter notre héros au bon vieux temps du Wild West.

Farouches combats, chevauchées frénétiques, lynchage évité de justesse, rien ne manque dans ce western des temps modernes.

ImageCritique : 
Non, je ne vous mettrai pas en tête la chanson d’Indochine… Vous l’entendrez bien vous-même dans votre tête…

Qu’est-ce qui m’a pris de lire un Bob Morane ? Tout simplement le fait qu’il y ait un magnifique cheval noir cabré sur la couverture. Oui, je suis ainsi, j’aime les chevaux, surtout les belles bêtes.

De plus, comme son histoire se passe au Nouveau-Mexique, il ne pouvait mieux tomber pour le Mois Américain (Non officiel) de septembre.

Ce court roman d’aventure est une sorte de western, sans en être un. Pourquoi ? Parce que le shérif porte un Stetson et que cette petite ville perdue au cœur des Montagnes Rocheuses semblent être sortis tout droit d’un bon vieux western…

Bien que, lorsque Morane arrive au coeur de la petite ville de Monte Verde, il remarque les voitures, les antennes, bref, la civilisation.

On ne va pas se raconter des cracks, ce roman est cousu de fil blanc, prévisible à 90% et manichéen au possible : les gentils sont gentils et Wilson Carmody, le grand méchant n’est pas gentil du tout, surtout qu’il est accompagné de grosses brutes épaisses et qu’il ne veut pas que sa nièce épouse le malheureux et gentil garçon du coin.

Entre nous, on se croirait dans un épisode de L’Agence tous risques : lorsque les héros arrivent en ville, il y a un méchant qui tient tout le monde sous sa coupe, fait danser tout le monde sur sa musique et les gentils sont désespérés…

La différence sera que Bob Morane sera seul pour faire régner la justice, puisque l’ami Bill Balantine, est aux abonnés absents. Mais comme le jeune Kirk Hanson est dans la mierda jusqu’au cou et qu’il doit capturer Lonesome Devil (le bel étalon sauvage, noir comme les ténèbres, rhâââ, lovely) pour pouvoir épouser la belle Laraine (oui, prénom bizarre), Bob va lui filer un coup de main et l’Indien Amatuma aussi.

Tout ce qui fait un roman d’aventure se trouve dans ses pages : une quête impossible avec le magnifique bronco sauvage, noir comme la nuit, qu’il faut attraper, des coups de feu, des blessures pas balles que l’on soigne avec de l’alcool (après avoir extrait la balle dans les montagnes), des embuscades, un Natif, un puma, un presque lynchage, une découverte fantastique, un crime, une enquête vite faite bien faite et un shérif qui aimerait bien faire régner la loi mais qui est tributaire des élections.

Anybref, ceci n’est pas le roman de l’année, ni même de la semaine, mais malgré ses gros défauts de manichéisme et malgré le fait qu’il soit cousu de fil blanc, il fait du bien au moral, parce que dans le fond, on aimerait bien avoir un Bob Morane qui débarque pour nous aider, quand tout va mal, que notre vie par en couilles, comme celle de Kirk.

Par contre, j’aurais préféré que l’on parle plus du bel étalon noir sauvage… Je n’aurais pas dit non à une chevauchée dans les Montagnes Rocheuses avec Morane, Hanson et Amatuma… Là, j’étais au paradis, en les imaginant chevaucher aux States… Haaa, le réveil fut dur. Plus dur que de trouver le coupable du meurtre !

Une lecture détente, régressive, qui ne me laissera pas un souvenir impérissable, si ce n’est de rêver du bel étalon (non, pas de Bob Morane).

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Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2023 au 11 Juillet 2024) [Lecture N°000] et Le Mois Américain en solitaire – Septembre 2023.

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L’odeur des garçons affamés : Loo Hui Phang et Frederik Peeters

ImageTitre : L’odeur des garçons affamés

Scénariste : Loo Hui Phang
Dessinateur : Frederik Peeters

Édition : Casterman (30/03/2016)

Résumé :
Texas, 1872. Oscar Forrest, photographe, répertorie les paysages de l’Ouest pour le compte du géologue Stingley. Entre Oscar et Milton, jeune garçon à tout faire du groupe, s’installe une relation ambiguë… Alors qu’autour de l’expédition, rôdent un inquiétant homme en noir et un Indien mutique.

Stingley a conduit la mission aux portes d’une région hostile, dernier bastion de résistance des redoutables Comanches. Sur cette frontière lointaine, les limites entre civilisation et sauvagerie s’estompent. Un western intense où la Nature révèle les secrets les plus troubles.

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Critique :
C’est le titre énigmatique qui m’a attiré en premier : qu’est-ce que ça pouvait être, l’odeur des garçons affamés ? Je me doutais que l’on ne parlait de nourriture.

La deuxième chose qui m’a attirée, c’est le fait que l’histoire se déroule dans les paysages de l’Ouest, au Texas.

Les couleurs de cet album étaient dans des tons très chauds et les dessins ne me déplaisaient pas. Embarqué !

Dès le départ, Stingley le géologue, soulève quelques petits détails qui clochent chez Oscar, le photographe qu’il a engagé pour immortaliser les paysages et les autochtones. Oscar n’est pas aussi net que ses photos et on en saura un peu plus sur lui au fil des pages.

Stingley est lui aussi un personnage bizarre, qui se promène souvent les fesses à l’air et le service trois pièces aussi. Sans doute sa mère lui a-t-elle dit qu’il fallait aérer pour les odeurs… En tout cas, j’ai été étonnée qu’il ne se prenne pas un coup de soleil sur sa tchole, son tich, son zeb, son zob, sa bite, son p’tit zizi (qui n’est pas si petit que ça, entre nous, pour celles que ça intéressent).

Ce qui est grand aussi, ce sont ses ambitions : tout raser, extraire toutes les richesses des montagnes, du sol, tout foutre en l’air et surtout, éliminer les Indiens, surtout les femmes et les enfants.

L’autre mystère, c’est Milton, le jeune homme à tout faire. Mystère qui se lèvera plus rapidement pour les lecteurs que pour Oscar… Et puis, dans ses paysages magnifiques, il y a deux personnages troubles : un Indien mutique et souriant et un cow-boy avec une gueule ravagée, sans oublier des chevaux qui disparaissent et que l’on retrouve morts.

Cette bédé est atypique : elle commence normalement et puis ensuite, viennent se greffer des éléments oniriques (jusque là, tout allait bien), puis du fantastique et je me suis demandée ce qu’un tel personnage avait à faire dans ce récit. Non pas qu’il détonne, j’ai déjà croisé un de son genre dans une autre saga, mais dans cette histoire, je n’ai pas compris son rôle, son utilité.

L’auteur n’expliquera pas tout, ne donnera pas toutes les clés pour comprendre le final, laissera des mystères sans réponse, mais au moins, il ne vous prend pas par la main pour vous emmener là où il désire que vous alliez. Ce sera à vous de faire le job. Liberté totale d’interpréter le truc comme vous le voulez. On apprécie la fin étrange ou pas.

Si j’ai aimé les personnages d’Oscar et de Milton, si j’ai aimé ce qu’il se déroule, j’ai trouvé qu’il manquait un petit quelque chose pour que le récit m’emporte. Ou alors, c’est moi qui ait renâclé sans m’en rendre compte quand le truc fantastique est entré dans l’histoire, sans rien y apporter de pertinent.

Trop d’inexplicable n’est pas toujours un problème, il faut juste que tout le reste s’intègre bien dans le récit et n’aient pas l’air tout droit sorti d’on ne sais où, comme si on précipitait la fin et qu’on l’opacifiait un peu plus.

Dommage, parce qu’il y avait des thématiques intéressantes dans cette bédé, de la profondeur et du mystère. Sans oublier deux personnages intéressants et sympathiques.

Une lecture intéressante, sans aucun doute, mais je reste mitigée sur certaines choses. C’est un western fantastique inclassable, ça, c’est sûr !

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Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2023 au 11 Juillet 2024) [Lecture N°023], Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, Le Mois Américain en solitaire – Septembre 2023 et le Challenge Amérique du Nord anglophone chez ENNA LIT, ENNA VIT!

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Manège : Rodrigo Rey Rosa

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Auteur : Rodrigo Rey Rosa 🇬🇹 (Guatemala)
Édition : Gallimard – Du monde entier (2012)
Édition Originale : Caballeriza (2006)
Traduction : Claude Nathalie

Résumé :
« Vous devriez écrire quelque chose sur ceci ». Notre protagoniste se retourne et regarde l’inconnu qui lui a adressé la parole. La tension est palpable. Un incendie vient d’interrompre abruptement la célébration du quatre-vingt-huitième anniversaire du patriarche local, don Guido Carrión, et l’exhibition des plus beaux chevaux andalous de son haras annoncée dans les cartons d’invitation.

Visiblement inquiets, les hommes de la sécurité ne tardent pas à se déployer autour du domaine, comme pour rassurer les quelque trois cents personnes qui ont fait le déplacement jusqu’à Palo Verde, l’une des plus belles propriétés du Guatemala, dans l’arrière-pays de la côte pacifique.

« Vous devriez écrire quelque chose sur ceci », insiste l’inconnu alors que la nouvelle devient le principal sujet de conversation parmi les invités : le corps du Douro II, l’étalon aux cent mille dollars, l’un des animaux préférés de don Guido, a été retrouvé carbonisé au fond des écuries.

Derrière cette découverte macabre, il n’est pas difficile d’imaginer en effet une histoire, mais notre protagoniste comprend aussitôt qu’elle ne sera pas facile à raconter. Car nul n’ignore qu’en Amérique latine aujourd’hui, le prix à payer pour s’engager dans ce type d’aventures littéraires peut être à la fois très élevé et extrêmement cruel.

Rodrigo Rey Rosa nous offre ici un thriller passionnant que le lecteur dévore d’une traite, en essayant de suivre les méandres d’une affaire dont les multiples tiroirs dévoilent graduellement la face cachée d’une famille et d’un pays rongés par la violence et le mal.

ImageCritique :
Le résumé parle d’un thriller passionnant, mais on en est loin… Un incendie a eu lieu et un cheval est mort. Sacrilège ! C’était le plus cher du haras.

Le narrateur est en fait l’écrivain, comme s’il était partie prenante dans cette enquête, comme si cette histoire était vraie.

Notre narrateur enquêteur va enquêter, un peu malgré lui, avec un avocat, chez le potentat local, propriétaire du haras et du splendide caballo Pura Raza Española.

Le récit se lit assez vite, il ne fait que 150 pages. Le suspense n’est pas vraiment au rendez-vous, mais le sordide, oui.

Ce qui a manqué, dans ce roman, c’est de la profondeur dans les personnages, qui sont trop vite esquissés et dans le récit, qui est sordide, certes, mais trop simpliste.

À nouveau, une lecture qui ne restera pas dans ma mémoire. Mais au moins, grâce à elle, j’ai ajouté un nouvelle nationalité à mon planisphère. Et découvert un peu le Guatemala.

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Le Mois Espagnol et Sud Américain – Mai 2023 – Chez Sharon [Fiche N°08].

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Les âmes torrentielles : Agathe Portail

ImageTitre : Les âmes torrentielles

Auteur : Agathe Portail
Édition : Actes Sud (05/04/2023)

Résumé :
Patagonie (🇦🇷), avril 2015. Alma, jeune employée tehuelche d’une grande exploitation agricole, a pour mission d’assurer le transfert d’un troupeau de chevaux, en compagnie du gaucho qui les vend.

Chevauchant leurs montures dans les contrées patagoniennes, ces deux solitudes vont apprendre à se connaître, à braver les difficultés et leur passé qui les rattrape sans crier gare. Sans compter qu’un barrage, tout proche, est sur le point de céder…

Un périple tout en tension en Amérique du Sud.

ImageCritique :
Un vieux rêve vient de se réaliser : me voici convoyeuse de chevaux, en Patagonie. Je serre les fesses, parce que l’on ne chevauchera pas sur des beaux chemins comme dans nos régions…

Patagonie, avril 2015. On fait la connaissance du gaucho Danilo, un des derniers habitants d’une vallée qui sera entièrement submergée de flotte, pour le barrage que l’on vient de construire.

Danilo partira le dernier, avec les quelques chevaux qui lui restent et qu’il vient de vendre à une estancia (exploitation agricole). Il n’a pas résisté face à la toute puissance des sociétés qui construisent des barrages. David ne peut pas gagner contre Goliath.

Alma, une jeune femme taciturne, d’origine tehuelche (une native), va l’aider dans cette transhumance. Elle est secrète et les chapitres s’alterneront avec son passé, le présent de la transhumance et la vie de ceux qui sont au barrage pour contrôler son remplissage.

Dans ce roman, j’ai ressenti les bienfaits des feux de camp, les douleurs des chevauchées, le plaisir de descendre de sa selle, au soir. Ne manquait plus que les odeurs, mais je n’ai pas dû faire beaucoup d’efforts pour me souvenir de celle d’un feu et de celles des corps, après une longue chevauchée (oui, on pue, mais comme toute la troupe pue, tout le monde s’en moque).

Ce récit, ce n’est pas qu’une transhumance, c’est aussi toute la souffrance humaine. Celle des natifs, Mapuches ou Tehuelches, qui ont vu leur culture, leur langue, se faire bouffer toute crue par les chrétiens débarqués sur le continent.

C’est aussi celle des propriétaires, qui, après plusieurs générations passées sur leurs terres, se voient relégués, destitués de leurs propriétés, eux qui se croyaient plus à l’abri, parce qu’ils vivaient loin de la civilisation, dans la raie du trou du cul de l’Argentine. « Circulez, la loi du plus fort prévôt, la civilisation arrive, avec ses routes et tout le tralala. Allez voir ailleurs si nous y sommes »… On connaît le message.

Que pèse un gaucho face au besoin de confort, de lumière, de chaleur, de loisirs de trois cent cinquante mille Argentins ? Il faut bien que les électeurs en aient pour leur bulletin.

Dans ce roman, il y a des véritables morceau de souffrance, sans que l’autrice soit obligée d’en faire des tonnes, sans pathos, pas pour faire pleurer dans les masures, juste pour expliquer, montrer comment le monde tourne, partout, tout le temps : le plus fort dévore le plus petit, les plus faibles, les moins riches, les moins pistonnés…

Ce roman de 200 pages, qui est ramassé sur cinq jours, est copieux, sans jamais virer à l’indigestion. L’amertume est bien présente, l’acidité aussi, mais il y aussi un peu de sucrosité, en fin de bouche, sans que l’équilibre ne soit rompu. Oui, j’ai un peu trop regardé Top Chef…

Des portraits réalistes, des personnages auxquels on s’attache, possédant de la noirceur humaine, de la haine, de la rage, l’envie d’en découdre, ou tout simplement une lassitude de la vie, des interrogations, des regrets, de la peine… Oui, on s’attache vite à la jeune Alma et à Danilo le gaucho…

Un beau roman, assurément !

La nausée la prit par surprise. Elle était habituée au discours officiel, elle avait conscience du fait que la classe moyenne avait été éduquée à penser qu’il ne restait en Argentine pas de population significative de “natifs”. Mais l’entendre de la bouche du patron, de ce type correct qui avait peut-être perçu son état de délabrement intérieur, ça lui causait une douleur fulgurante. Elle le laissa parler de sa glorieuse ascendance. Comme si les premiers pionniers germaniques n’avaient pas, comme tous les autres, mélangé leur illustre patrimoine génétique avec celui des Mapuches, peuple Aonek, Kawésqar, Selk’nam, Chonos, peuples des forêts et des lacs. Quatre-vingts pour cent de la population patagonne avait des origines natives. Il fallait bien déverser quelque part la précieuse semence européenne en attendant de faire venir les Augustine et les Konstanze.

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Le Mois Espagnol et Sud Américain – Mai 2023 – Chez Sharon [Fiche N°04].

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La Révolte du Sonora : Pierre Pelot

ImageTitre : La Révolte du Sonora

Auteur : Pierre Pelot
Édition : G.P. Editions Olympic (01/01/1972)

Résumé :
Mexique 1906. La dictature de Diaz est plus dure que jamais. L’armée régulière, les mercenaires de la Garde blanche traquent impitoyablement les rebelles et notamment les Indiens Yaquis du Sonora, les refoulant toujours plus loin dans les montagnes arides, au profit des grands propriétaires terriens. Cette fois pourtant, le peuple Yaqui de la tribu de Caseo ne reculera plus.

Caseo le vieux demeure sur cette terre sèche qui est sa vie. Il demeure pour lutter. Il sera rejoint par Sando, son fils aîné que l’on surnomme Yaqui Hombre et dont la tête est mise à prix.

Un fossé s’est creusé entre le père et le fils, celui-là reprochant à celui-ci ses méthodes de combat. Et pourtant les deux hommes réapprendront à se respecter mutuellement, unis dans le même combat…

ImageCritique :
Pierre Pelot est un auteur prolifique et de temps en temps, j’ouvre un de ces vieux livres qui fleure bon le vieux papier, les vieilles éditions et qu’on ne déniche plus que dans les brocantes, les vides greniers, les bouquinistes…

Celui-ci était parfait pour le Mois Espagnol (Lusophone), puisqu’il se déroule au Mexique, plus précisément au Sonora, durant la révolte qui eut lieu sous la dictature de Porfirio Diaz.

Elle éclatera le 18 novembre 1910.

L’auteur ne donnera pas de précision sur la dictature, sur toutes les exactions commises. Il aurait fallu plusieurs romans pour raconter tout.

L’auteur dresse un bref résumé en début d’ouvrage, afin que les lecteurs sachent ce qu’il s’est passé et comment était divisé la population mexicaine : les grands propriétaires, la fausse noblesse (les riches, les premiers de cordée), le clergé (riche de sa puissance) et en-dessous, les peones, les paisanos (les paysans, les pauvres travailleurs) mexicains, dont le train de vie n’avait rien à envier à celui des serfs européens du Moyen Age. Et tout, tout, tout en dessous, les indiens.

En 1910, huit cent quarante haciendados environ se partageaient la superficie totale de la terre mexicaine, vivant dans l’opulence sur la sueur versée de plusieurs millions de peones et d’ouvriers.

Une foule énorme, qui tout à coup voulait vivre, qui n’en pouvait plus de colère rentrée, ravalée depuis des années. Un peuple d’esclaves qui ne voulait plus avoir faim, qui voulait être libre et se dressait derrière le boutefeu de la révolution : Francisco I. Madero.

Il expliquera aussi les raison qui poussèrent le peuple au mécontentement. Ce qui fait qu’en commençant cette lecture, je n’étais pas totalement inculte. Pierre Pelot raconte donc une petite histoire dans la Grande, celle d’une tribu Yaqui, qui subissait la domination de Diaz sans savoir pourquoi, sans comprendre.

Qui se faisait refouler sans cesse plus loin, qui avait perdu ses terres dans la plaine, au profit des colons et était allée dans la montagne, avant que les riches veulent encore plus et décident de prendre la montagne aussi, et de les chasser, en passant, ou les exterminer, tiens, encore mieux (ceci n’est pas pensée, mais celle des riches puissants, ceux qui me suivent depuis un certain temps l’auront compris).

Un jour, ils ont dressé le poing dans le ciel. Ils se sont levés, un fusil dans la main, une fouche, une pioche… Aux armes, Yaquis Indiens (♫). Et comme Sando, devenu un desperado, est de retour près de son père, Caseo, il décide d’aider les siens à résister au soldats.

Oui, c’est une simple histoire. Une histoire ordinaire comme il y en a tant eu. Comme il y en a encore, comme il y en aura encore. On défend sa terre, car à un moment donné, quand on est acculé, qu’on a plus de repli possible, on se redresse et on montre les dents. Fuir n’est plus possible, résister va être difficile, ils risquent tous de mourir, face à des soldats aguerris et mieux équipé.

Le récit avait tout pour me plaire, mais je suis passé un peu à côté de l’affrontement sans paroles entre le père et son fils. L’un aurait aimé qu’il reste, le fils aimerait qu’on soit fier de ce qu’il a fait, de ses combats. Ils sont fiers l’un de l’autre, mais trop fiers que pour l’avouer.

Il manque aussi au récit des émotions et du corps. On ne s’y embête pas, mais l’écriture, un peu trop simple, m’a empêché de vibrer avec ces pauvres gens prêts à tout pour défendre leurs terres (alors que nom de Dieu, c’est le genre de chose qui devrait m’enflammer parce que je suis ainsi : j’aime ma terre et je prendrai le fusil aussi).

Une lecture en demi-teinte. Malgré tout, je garderai les bons côtés de l’histoire : le père et le fils qui ne se comprennent pas et le don de soi pour sauver les siens.

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Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°111] et Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°08).

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