My Loving chocolate – Chocolate in Love 02 : Lily Riding 🇫🇷

ImageTitre : My Loving chocolate – Chocolate in Love 02 🇨🇦

Auteur : Lily Riding 🇫🇷
Édition : Autoédité (21/06/2025) – 348 pages

Résumé :
Dès leur rencontre, c’est le coup de foudre entre Brad et Yanis. Les semaines passent, ils s’aiment de plus en plus.

Mais quand les parents de Yanis traversent l’océan pour une visite surprise, le monde de Brad s’effondre et de vieux conflits leur font enchaîner les mauvaises décisions. Non-dits, mensonges, passé non résolu, Brad et Yanis réussiront-ils à se retrouver ?

Leur bonheur est à portée de doigts, encore faut-il qu’ils fassent le bon choix.

ImageCritique :
Si ce deuxième tome n’est pas une suite de « My Christmas Chocolate », il n’en reste pas moins qu’il évoluera dans le même univers, puisque, nous nous retrouverons dans la même chocolaterie, mais cette fois-ci, avec le maître chocolatier, Yanis, belge exilé au Canada.

D’ailleurs, j’ai retrouvé certains moments du premier tome, comme le concours du meilleur chocolatier, mais en version super abrégée, puisque c’est là que Brad, le meilleur ami de Quinn (premier volet), va rencontrer Yanis, employé de Winston.

Cette histoire est, heureusement, différente de la première. Nos deux nouveaux protagonistes, Yanis et Brad, ne sont pas des grumpy/sunshine et le côté des fêtes de Noël passe même à la trappe, même si nous les retrouverons pour fêter le Nouvel An, avec le couple du précédent opus.

Là où l’autrice va plus jouer, c’est sur le fait que Yanis a une famille toxique et dans le déni le plus total, puisque pour son père, il doit se marier avec une femme et lui faire plein de gosses, avoir un métier important (notaire, avocat, banquier, mais pas chocolatier) et qu’ils ne veulent pas voir que leur fils aime les hommes.

Yanis avait 22 ans lorsqu’il est foutu le camp au Canada et qu’il est allé bosser dans la chocolaterie « Une bouchée de Bonheur ». Quatre ans plus tard, il vit une relation avec Brad et c’est la catastrophe lorsque ses parents débarquent à l’improviste à Toronto pour venir le voir.

Entre un père qui pense que montrer ses sentiments, c’est faire preuve de faiblesse (et sans doute, ne pas être un homme) et une mère qui ne pense qu’à avoir des petits-enfants et qui appelle toujours sont fils, qui a 26 ans, « mon petit » et qui a des œillères tel un cheval attelé, notre pauvre Yanis n’est pas sorti de l’auberge.

Voilà une lecture qui m’a fait du bien, malgré le côté déni des parents de Yanis. J’ai aimé retrouver le couple du précédent opus, retrouver l’univers de la chocolaterie et voir Yanis s’empêtrer dans ses mensonges et ses cachoteries, tout en essayant de préserver la chèvre et le chou, à savoir, ne pas froisser ses parents, ni son mec. Ce qui ne sera pas facile.

Une bonne romance M/M, avec un peu d’humour, pas trop de scènes de sexe détaillées (mais bon, évitez de laisser traîner le livre près des mineurs d’âges), de l’amour, de l’acceptation des différences, de l’exil loin de sa famille et des traditions, qui ont toujours cours.

Une lecture doudou, qui fait du bien, sans prise de tête, puisque nous sommes dans un autre univers parallèle où les couples homos peuvent se balader, main dans la main, sans que personne les insulte. Pas réaliste, je sais, mais bon, on peut rêver, non ?

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Un nouveau voisin pour Noël : Séverine Balavoine ❄️🎄

ImageTitre : Un nouveau voisin pour Noël

Auteur : Séverine Balavoine 🇫🇷
Édition : MxM Bookmark (23/11/2022) – 170 pages

Résumé :
Cette année, Noël ne sera pas de tout repos !

La vie de Florian était bien réglée entre son travail de directeur éditorial, ses cafés matinaux avec ses trois amis – des vieillards aux reparties cinglantes – et ses balades sur le port de Noirmoutier-en-l’île.

Une vie calme et paisible. Mais ça, c’était avant la venue de sa famille pour Noël et sa rencontre avec son nouveau voisin. Thibaut est sublime et charmant, et surtout, il compte bien entretenir des rapports de voisinage exemplaires (et fréquents !).

Entre dîners improvisés, famille infernale, courses de Noël et chocolat chaud, Florian et Thibault vont avoir fort à faire. Heureusement que le « gang des anciens » veille.

Florian pourra-t-il mettre un terme à ses envies de solitude pour embrasser l’idée d’un avenir à deux ?

ImageCritique :
Il y a deux ans, j’avais lu, de « Montagnes, petit renne et embrouilles pour Noël » qui se trouvait être la suite de ce roman… Ballot ? Non, parce que les deux peuvent se lire indépendamment l’un de l’autre.

En décembre, même si je ne suis pas fan de Noël et de ses tralalas, j’aime sortir de ma zone de confort et lire quelques romances, que je préfère gay. Pourquoi ? Parce que j’ai envie… C’est la fin de l’année, je passe en mode douceur.

Dans ce roman, pour une fois, nous ne sommes pas face à un grumpy/sunshine et c’est appréciable. Florian n’est pas un fan des fêtes de Noël, mais il ne les déteste pas. Juste qu’il aime bien rester dans le calme, en solitaire et bosser seul, à la maison. Il adore sa famille, mais s’il est content de les voir arriver, il est aussi heureux de retrouver sa tranquillité une fois qu’ils sont repartis. Pas un grumpy, donc.

Thibaut, son nouveau voisin, est beau ! Oui, on n’échappera pas à certains clichés des romances où tout le monde est bôôôô. Il aime les décorations de Noël, il sait comment sublimer votre arbre, mais il n’exagère pas, ne sautille pas partout et s’il est plaisant et de bonne humeur, nous évitons le cliché du sunshine.

Avec 170 pages au compteur, le récit n’a pas la place de prendre son temps, ce qui fait que les deux hommes deviennent vite amis et plus, si affinités (je ne divulgâche pas, on sait très bien comment ça se termine, une romance). Oui, c’est du rapide, mais au moins, on ne perd pas de temps à les regarder se tourner autour durant 300 pages.

Comme dans toutes bonnes romances qui se respectent, il faut qu’à un moment donné, notre couple doute, se sépare, ait une dispute, un malentendu… Mais vu le genre littéraire, on sait que cela ne durera pas et que, tout comme dans la série Camping Paradis, tout se réglera avant le générique de fin (sans la fiesta boum boum).

Oui, tout est conventionnel, écrit d’avance, on sait ce qu’il va se passer, le suspense est mort d’avance, mais j’ai apprécié les personnages, notamment Florian, qui, tout comme moi, aime la tranquillité et ne crache pas sur la solitude, même s’il adore sa famille. Thibaut est un personnage agréable aussi et on aimerait le compter dans nos amis, tout comme la bande de petits vieux que fréquente Florian.

Non, ce n’est pas de la grande littérature, c’est de la littérature qui fait du bien au moral, qui se lit sans problème, qui peut être lue aussi par des plus jeunes, puisque nous n’avons pas de scène de sexe détaillée. Ce qu’il se passe dans la chambre, on peut le deviner, mais nous n’aurons aucun détails et ma foi, tant mieux, je ne voulais pas lire de scène hot.

Une lecture toute douce, à savourer sous un plaid chaud (si vous le lisez en hiver, parce que si c’est en été, sous le soleil…), sans prise de tête. Nous sommes dans un univers parallèle où l’homosexualité est tolérée, où les homos ne sont pas vilipendés, injuriés, rejetés, que ce soit par leur famille ou les gens qui vivent dans leur village. Pas réaliste, je sais, mais je m’en fous, parfois, ça fait du bien de rêver d’un monde plus tolérant…

Une petite lecture bien sympathique, mais je ne saurais pas lire ce genre de littérature (la romance) tous les jours, je m’y ennuierais, il y a trop de douceur.

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Les Enquêtes de l’Inspecteur Pendergast – 06 – Danse de Mort : Douglas Preston & Lincoln Child 🇺🇸 [par Dame Ida, Nouille Orquaise]

ImageTitre : Les Enquêtes de l’Inspecteur Pendergast – 06 – Danse de Mort 🇺🇸

Auteurs : Douglas Preston et Lincoln Child 🇺🇸
Édition : J’ai Lu – Thriller (2015/2019) – 528 pages
Édition Originale : Dance of Death (2005)
Traduction : Sebastian Danchin

Résumé :
Imaginez Sherlock Holmes…

« Mon cher Vincent, si vous lisez ces lignes, cela signifie que je n’ai pas survécu… » L’inspecteur Pendergast du FBI est donc mort ! Et c’est d’outre-tombe qu’il confie à son ami, le lieutenant D’Agosta, la mission d’empêcher un être démoniaque de commettre le forfait suprême, l’apothéose de sa carrière criminelle.

… engagé dans un combat à mort…

Mais comment D’Agosta pourra-t-il, seul, et en sept jours, déjouer un crime dont il ignore tout ? Et comment lutter contre un adversaire supérieurement intelligent : Diogène, le propre frère de l’inspecteur ?

… contre un frère plus malin que lui.

Par chance, Aloysius Pendergast se propose de revenir du royaume des défunts pour contrecarrer les desseins de son cadet – qui lui voue une haine sans égal – et se lancer dans une danse de mort… Qui le premier quittera le bal ?

ImageL’avis de Dame Ida :
Messieurs Preston & Child, vous m’avez terriblement déçue. Je vous l’accorde, ce n’était qu’un détail sans importance ni incidence sur l’histoire…

Mais non… Non, non, non… On n’a pas retrouvé le tombeau de Néfertiti (il y en a même qui prétendent qu’elle serait dans le prolongement de la tombe de Toutankhamon et qu’on la trouverait en pétant le mur de sa chambre funéraire) et… on n’est même pas certains que la momie qu’on lui a attribuée soit forcément la sienne, puisqu’elle aurait été retrouvée dans une cache de momies où les prêtres de l’Antiquité égyptienne regroupaient les momies royales et princières des tombeaux profanés.

Bref, le tombeau de Néfertiti, c’est comme le tombeau de Cléopâtre, ou celui de Dame Ida… Bref, comme tous les tombeaux des Grandes Reines… il reste introuvable.

Cette parenthèse étant refermée, revenons-en à notre livre !

Le résumé vous demande d’imaginer Sherlock Holmes, et vous raconte qu’il est mort en laissant un petit mot à son Watson-d’Agosta, avant de revenir à la vie…

Et oui, les auteurs nous ont fait le coup de la Maison Vide : Pendergast, il est mort et puis après il est démort. Le pire, c’est que… dans le bouquin d’avant, on a essayé de le buter au fusil à lunette de la maison d’en face, comme dans la Maison Vide.

Et oui, notre Pendergast ressemble de plus en plus à Holmes ! Il a même des cachettes secrètes partout dans la Grosse Pomme, là où Holmes les avaient à Londres, qui était l’équivalent de New York à l’époque.

Et puis pas de Holmes sans un Moriarty ! Et la Pendergast en a un à sa mesure : c’est son p’tit frère.

Un sociopathe de très haut niveau et plutôt pervers qui adore les meurtres bien mis en scène et qui ne pense qu’à sa gueule et à sa vengeance qui forcément se doit d’être terrible.

Sauf que… Ce ne sera pas sans dommage pour l’un de nos personnages secondaires récurrents.

La police de New York est évidemment sur le pont et d’Agosta y a retrouvé sa place… Voilà qui le distraira de son enquête sur le pilleur de distributeurs de billets qui aime montrer sa quéquette aux caméras de sécurité.

Le Musée d’Histoire Naturelle de New York sera encore au centre de l’action, avec une formidable exposition qui devrait déchaîner positivement les foules… Avec soirée d’ouverture grandiose, buffet de caviar et champagne… Comme d’habitude quoi.

Je crois que je vais même finir par y prendre une chambre si ça continue…

On m’y a bien proposé un sarcophage égyptien de la 6ᵉ dynastie vide en me disant qu’il est confortable… et que le loyer y restera très bas à condition que je porte des bandelettes et que je fasse la sieste pendant les heures d’ouverture, ce qui ne me changerait pas trop du bureau…

Malheureusement, une certaine Brigitte, très pistonnée, a usé de son droit de préemption sous prétexte qu’elle allait perdre son logement actuel dans deux ans… Elle serait prioritaire… Ben voyons ! Pfff… De toute façon dès qu’il y a champagne et caviar, on sait qu’elle est là !

Et puis le journaliste Smithback est toujours là pour vous faire l’article tout en donnant un coup de pouce à l’histoire.

Avec Pendergast, on ne s’ennuie jamais. Suspens haletant jusqu’au bout ! Et la recette habituelle reste toujours efficace et infaillible : on laisse toujours le lecteur sur sa faim en lui balançant une bombe qu’il aimerait voir se désamorcer à la fin de chaque chapitre mais… on embraye sur un autre fil.

Bon, les fils s’entremêlent et s’entrecroisent et ça donne encore du bel ouvrage à la fin m’sieurs, dames !

Alors oui… bon… je ne suis pas certaine de la juste chronologie de certains chapitres… Et une scène énigmatique faisant brièvement intervenir un personnage secondaire d’une histoire sans rapport avec le Musée (le Tome 4 je crois) ne prendra pas son sens au moment où le livre se termine…

Alors oui… les libertés prises avec la loi par d’Agosta et Pendergast pourront aussi me questionner quant à leur pertinence…

Mais comme le roman se termine de sorte à vous obliger à lire le roman suivant toutes affaires cessantes, parce que non… ça ne peut pas finir comme ça… je vous dirai très bientôt si tous ces éléments que j’ai eus du mal à saisir étaient bien nécessaires !

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  • Challenge « American Year 3 » – The Cannibal Lecteur et Chroniques Littéraires (du 16 novembre 2025 au 15 novembre 2026) # N°03 [Dame Ida].

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Stella – Mara Rais et Eva Croce 04 : Piergiorgio Pulixi 🇮🇹

ImageTitre : Stella – Mara Rais et Eva Croce 04 🇮🇹

Auteur : Piergiorgio Pulixi 🇮🇹
Édition : Gallmeister (02/04/2025) – 576 pages
Édition Originale : Stella di mare (2023)
Traduction : Anatole Pons-Reumaux

Résumé :
Certains lieux sont maudits. Et les gens qui y vivent, condamnés à un destin cruel. À dix-sept ans, Stella est une jeune femme libre et débordante de vie.

Aussi splendide que farouche, elle ne laisse personne indifférent. Tout le monde à Sant’Elia, quartier populaire de Cagliari, la connaît, la désire et l’envie.

Mais un jour où le mistral se déchaîne, elle est retrouvée morte et mutilée sur une plage. Stella s’apprêtait à laisser derrière elle Sant’Elia et sa corruption, mais son assassin en a décidé autrement.

D’emblée, l’affaire s’annonce difficile. Eva et Mara s’attèlent à fouiller un quartier réputé impénétrable, tandis que Strega, plus que jamais en proie aux fantômes de son passé, se jette à corps perdu dans l’enquête. Au risque de briser le subtil équilibre de son équipe.

ImageCritique :
Lorsque j’avais lu le premier tome des enquêtes de Mara Rais et Eva Croce (L’île des âmes), j’avais trouvé que ce duo d’enquêtrices était rempli de clichés, notamment celui des vieilles souffrances, que l’on nous ressassait à longueur de chapitres. Et Mara avait des tendances bourrine qui m’énervait.

Pour moi, la messe était dite, je ne lirais sans doute plus cet auteur. Puis, j’ai fait une entorse en lisant La librairie des chats noirs, que j’ai adoré, alors, me souvenant d’une critique emballante d’une copinaute (Livresse du noir), je me suis décidée à lire le tome 4 (oui, j’ai sauté les autres).

Le crime est sordide, car on a tué une jeune fille de 17 ans et on lui a lardé son joli visage de coups de couteau. Provenant d’un quartier chaud et miséreux, Stella avait peu de chance de pouvoir s’en échapper… Malgré sa beauté. Pour les enquêteurs, ce ne sera pas facile, vu que dans ces barres d’immeubles, on ne parle pas avec les keufs.

Le duo Eva et Mara s’est apaisé, il est devenu trio, même quatuor, avec l’arrivée de Strega, un enquêteur homme. Le tout fonctionnait très bien, même si Strega traîne derrière lui des blessures depuis sa plus tendre enfance et qu’il a bien du mal à faire taire les voix dans sa tête.

Les chapitres vont être alternés et l’on suivra plusieurs personnages dans leurs vies quotidiennes, leurs galères, leurs emmerdes, leurs sales coups, leurs investigations, aussi, lorsque nous serons en compagnie de nos enquêtrices de chocs.

Oui, le roman est sombre, parce que ce meurtre va entraîner toute une kyrielle d’emmerdes et de sales coups qui vont tomber sur la tête de plusieurs personnages. Et puis, la vie dans les barres d’immeubles, ce n’est pas la joie tous les jours.

L’auteur a bien su décrire cette pauvreté, cette misère, cette impossibilité de sortir de là d’où l’on vient et de s’élever. Pour la plupart, c’est drogue, vols et autres magouilles. L’omerta règne et personne n’ose ouvrir la bouche, ou ne veut l’ouvrir et passer pour une balance. Les conséquences seraient terribles pour celui qui baverait.

Alors oui, c’est sombre, sordide, mais l’auteur a su contrebalancer cette noirceur avec de l’humour, des petites phrases qui fusent entre ses personnages, qui se chambrent, s’asticotent, se taquinent, se vannent. C’était bien plus plaisant une ambiance pareille que celle qui régnait dans le premier volume où nos deux femmes se volaient dans les plumes.

Le rythme est excellent, ni trop rapide, ni trop lent, nos inspectrices enquêtent, cherchent, fouillent, interrogent, bref, nous sommes face à une véritable enquête, face à des fausses pistes, des suspects, des morts tragiques en prime, des mystères en plus,… Pas de quoi s’ennuyer, l’auteur sait faire monter la pression, tenir la distance et nous garder éveillée durant la lecture de ces plus de 570 pages.

Et puis, le final était inattendu… je croyais savoir, mais en fait, je ne savais rien.

Un très bon polar sarde, avec de véritables mots de cette langue inséré dans les dialogues (avec traduction à la fin du chapitre), des personnages qui ont bien évolués, de l’humour grinçant, des meurtres, du contexte social et des réflexions intelligentes. Bref, une belle lecture qui me réconcilie avec cette série.

3,85/5

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Les ombres du monde 🇷🇼 : Michel Bussi 🇫🇷

ImageTitre : Les ombres du monde 🇷🇼

Auteur : Michel Bussi 🇫🇷
Édition : Presses de la Cité (14/08/2025) – 576 pages

Résumé :
Octobre 1990.
Le capitaine français Jorik Arteta, en mission au Rwanda, rencontre Espérance, jeune professeure engagée dans la transition démocratique de son pays.

6 avril 1994.
Un éclair déchire le ciel de Kigali. Le Falcon du président rwandais explose en plein vol.

Commencent alors cent jours de terreur et de sang. Les auteurs des tirs de missiles ne seront jamais identifiés. Quelqu’un, pourtant, connaît la vérité.
Noël 2024.

Jorik, sa fille et sa petite-fille s’envolent pour le Rwanda. Tous poursuivent leur propre quête, tourmentée par les fantômes du passé.

ImageCritique :
Comme je voulais en savoir un peu plus sur le génocide au Rwanda et que j’apprécie les romans de Michel Bussi, j’avais l’assurance de passer un bon moment de lecture, même de terminer avec un coup de coeur…

Hélas, ce n’est pas ce qu’il s’est passé et ça me désole fortement. D’ailleurs, comme j’avançais péniblement dans la première partie de ce récit, j’ai mis ma lecture sur pause et j’ai enchaîné avec d’autres romans, avant d’y revenir, d’en sauter quelques chapitres et puis de le terminer en une journée.

Qu’est-ce qu’il s’est passé avec ce roman ? Eh bien, si j’ai adoré les chapitres consacrés au récit d’Espérance, qui nous parlera de son pays, de ses problèmes, de la colonisation, des français qui ne comprenaient pas le pays, ni ses habitants, j’ai eu plus de mal avec le récit des années 2024 où Maé, quinze ans, a reçu un billet pour aller voir les gorilles au Rwanda, en compagnie de sa mère et de son grand-père.

Maé, petite-fille de rwandaise tutsi, a reçu le carnet que sa grand-mère a rempli entre 1990 et 1994 et, durant le récit, elle partagera le récit avec nous.

Durant le premier quart du récit, c’est long, c’est lent et l’auteur n’a pas pu se retenir d’ajouter des ressorts et des trucs propres aux thrillers. Un kidnapping, des menaces, que je me demandais bien ce que cela venait faire là-dedans, qu’elle allait être leur utilité au récit d’Espérance, déjà plus qu’intéressant en ce qui me concernait.

Bon, ok, après, l’auteur a fait les raccords avec les années 1990, mais le problème est qu’il a utilisé trop de ressorts du thriller et qu’à la fin, il a réussi à sucrer le sucre et saler le sel. Trop, c’est trop. Je n’ai rien contre un twist dans un récit, mais là, niveau révélations fulgurantes, on a commencé avec deux pour le prix d’une pour terminer carrément avec une grosse promo sur les révélations fracassantes et inattendues.

Une fois de plus, si certaines étaient intelligentes et bien mises en scène, d’autres auraient pu ne pas avoir lieu, puisqu’elles n’ont rien apporté de plus au récit. Le problème, lorsque l’on insère une histoire fictionnelle dans de l’Histoire, c’est qu’il faut savoir raison garder et éviter d’ajouter trop de retournements de situation. Nous ne sommes pas un James Bond, non plus.

En ce qui concernait l’Histoire en elle-même, rien à redire, l’auteur s’est documenté, il ne s’est pas contenté de balancer n’importe quoi, n’importe comment. On a beau savoir, penser savoir tout, mais j’en ai encore appris sur le sujet en lisant son roman, ce qui fait que cette lecture n’est pas tout à fait perdue pour moi. Que du contraire !

Pour le compte-rendu via le journal d’Espérance, ce roman mérite la plus haute note, car je suis entrée en empathie avec elle, j’ai appris des choses sur le pays, sur les conneries des colons belges, sur celles des français, notamment d’un président et sur les manipulations que l’on peut faire, sans oublier le négationnisme de ce génocide.

Bref, coup de cœur pour le récit d’Espérance, pour ses explications, pour son parcours semé d’embûches, pour son histoire dans l’Histoire, pour les détails,…. Si l’auteur avait été plus sobre et plus court dans son récit des années 2024, cela aurait été mieux (mais ceci n’est que mon avis, hein !).

Là où le bât a blessé, vous le savez, c’est dans le côté thriller que l’auteur a choisi pour son récit dans les années 2024, allant même un peu trop loin, avec les méchants surgis du fin fond du passé, les double jeu, les twists à gogo, les gorilles, le kidnapping, les multiples menaces,… N’en jetez plus, il y en avait trop. Indigestion de mon côté.

Malgré tout, la balance penchera plus du côté des émotions ressenties avec Espérance qu’avec papy Jorik, Maé et Aline, sa mère… La note ne sera pas vache, parce que je ne saurais pas coter méchamment un tel récit historique qui m’a emporté loin dans les émotions…

Une enquête sur un génocide qui me donne envie d’en apprendre encore plus sur le sujet, même si j’ai déjà lu quelques livres là-dessus et que certains ont terminé au freezer, tant ils étaient terribles à lire.

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Dark Matter : Blake Crouch 🇺🇸

ImageTitre : Dark Matter 🇺🇸

Auteur : Blake Crouch 🇺🇸
Édition : J’ai Lu (2017) / Gallmeister (2024) – 415 pages
Édition Originale : Dark Matter (2016)
Traduction : Patrick Imbert

Résumé :
Un soir, en rentrant chez lui, Jason Dessen, professeur de physique, est agressé et kidnappé par un inconnu masqué.

Quand il reprend connaissance, tout a changé : Daniela n’est plus sa femme, leur fils Charlie n’est jamais né, et Jason lui-même est un physicien de premier plan à l’aube d’une découverte fondamentale.

Que lui est-il arrivé ? Qui lui a volé sa vie, et pourquoi ? Les réponses à ces questions entraîneront Jason sur les multiples chemins d’un voyage extraordinaire, au cours duquel il devra se confronter à son plus dangereux ennemi : lui-même.

ImageCritique :
Qu’elle aurait été ma vie si, un jour, je n’avais pas répondu à l’annonce pour un poste à la capitale ? Qu’est-ce que si serait passé, si j’avais choisi l’autre job, celui dans une plus petite ville, dans le Hainaut ? Où en serais-je maintenant ?

Je ne le saurai jamais et comme je suis satisfaite de ma vie, je ne veux pas savoir ce qu’il se serait passé si… Mais imaginons que ce soit possible et que l’on puisse voir ce qu’il serait advenu de notre vie, si nous avions fait un autre choix.

Ayant adoré la trilogie « Wayward pines », du même auteur, j’avais envie de lire le reste de ses ouvrages. Yvan (Blog ÉmOtionS) m’a mise au défi de lire deux autres récits de l’auteur et j’ai relevé le gant : la moitié du pari est déjà rempli.

Bon, par contre, je ressors de cette lecture moins enthousiaste que lui. Non pas que je n’ai pas apprécié ce roman, loin de là, mais j’ai trouvé qu’il souffrait de quelques défauts rédhibitoires.

Je ne connais rien en physique quantique, ni en théories des cordes, mais j’ai tout de même compris les principes des multivers (plus complexes que celui des multipass, n’est-ce pas, Leeloo ?), ainsi que celui du chat de Schrödinger (enfin, je crois que j’ai compris).

Déjà un bon point, pas besoin d’avoir étudié la physique pour comprendre, même si, cartésiennement parlant, il est assez difficile de concevoir l’existence de multivers et de visualiser que l’on peut exister ailleurs, mais ayant une autre vie.

Entre nous, je n’aurais pas envie de me retrouver à vivre ce que Jason Dressen a vécu : me retrouver dans un univers qui n’est pas le mien ! Pas à une autre époque, le récit ne mettant pas en scène des voyages dans le temps, mais bien dans une autre vie que la mienne dans laquelle ma place est usurpée par une autre moi-même. Aspirines, please !

Là où le bât a blessé, c’est qu’à un moment donné, j’ai eu l’impression que le chien se mordait la queue et que le récit tournait en rond. On a un gros creux lorsque Jason tente un retour chez lui, à tel point que j’ai préféré regarder pour la Xᵉ fois « Retour vers le futur III » à la télé.

Jason Dessen n’est pas un mauvais bougre, mais il m’a fait un peu penser à tous ces mecs qui pensent que sans eux, leurs femmes ne s’en sortiraient pas. Qu’il veuille retrouver sa vie, son univers, je le comprends, mais il fait une fixette sur son épouse et cela m’a un peu dérangé.

Rien de rédhibitoire, je vous rassure, mais il faudrait que les auteurs pensent que bien des femmes savent se démerder sans leurs hommes, surtout que là, elle avait un Jason, même si ce n’était pas le vrai… Enfin, si, c’était le vrai Jason, mais pas celui qu’elle avait épousé, juste un autre Jason qui avait pris un autre chemin, à l’époque. Vous me suivez toujours où je vous ai perdu ?

La seconde moitié est plus intéressante, plus palpitante, plus amusante, si je puis dire, et à ce moment-là, j’ai eu du mal à lâcher le roman, tant je voulais savoir qui allait gagner la guerre des Jason et comment tout cela allait se terminer. Le final ne m’a pas déçu, même si j’ai été étonné de voir autant de réplique de lui-même.

Un roman de SF où il ne faut pas avoir étudié la physique quantique pour le comprendre, même si les principes seront peut-être difficiles à admettre pour votre esprit, s’il est un peu trop cartésien.

Ce n’est pas un mauvais roman de SF, même si le récit tourne en rond à un certain moment et que Jason nous la joue un peu trop « c’est MA femme, MON fils et je dois les récupérer à tout prix ».

Après le tonitruant « Wayward pines », je m’attendais à un peu mieux comme récit, avec plus de profondeur dans les personnages et bien que la lecture ait été divertissante, il a manqué un petit truc en plus pour en faire un super roman de SF, même si au moins, avec lui, le triangle amoureux était différent de celui que je connaissais…

Bon, la moitié du défi est réussi, il ne me reste plus qu’à lire Récursion !

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Le Roi des cendres : S. A. Cosby 🇺🇸

ImageTitre : Le Roi des cendres 🇺🇸

Auteur : S. A. Cosby 🇺🇸
Édition : Sonatine (02/10/2025) – 408 pages
Édition Originale : King of Ashes (2025)
Traduction : Pierre Szczeciner

Résumé :
Roman est à la tête d’une entreprise de gestion de patrimoine florissante à Atlanta. Quand il apprend que son père a été victime d’un accident de la route, il n’a d’autres choix que de revenir à Jefferson Run, la petite ville de Virginie où il a grandi.

Là-bas, ce sont des fantômes qui l’attendent : la mystérieuse disparition de sa mère, dont il ne s’est jamais remis ; l’entreprise de pompes funèbres de son père, ses odeurs de mort et de cendres, qu’il n’a jamais supporté. Il y retrouve aussi sa sœur et son frère, qu’il culpabilise toujours d’avoir abandonnés le jour où il a fui Jefferson Run.

Cet ancien fleuron industriel de l’État est aujourd’hui devenu une ville en perdition, gangrénée par la pauvreté, la violence et la drogue.

Lorsque son frère Dante se retrouve impliqué dans une affaire criminelle, Roman va tout faire pour l’aider à en s’en sortir. Il va alors subir de plein fouet la réalité désastreuse de l’Amérique d’aujourd’hui, où une nouvelle génération, sans aucun scrupule et prête à tout, tient maintenant les rues. Il n’est pas au bout de ses surprises : comme dans toute famille qui se respecte, tout le monde cache des choses.

Son père a-t-il vraiment été victime d’un accident de la route ? Et la disparition de sa mère est-elle vraiment aussi mystérieuse que tout le monde le croit ?

ImageCritique :
Jusqu’où seriez-vous prêt(e) à aller pour sauver votre famille proche ? Quels principes seriez-vous prêts à envoyer aux orties pour qu’il ne leur arrive rien ?

Seriez-vous prêt à tuer, pour eux ? À franchir toutes les lignes rouges pour les garder en vie ? Ces questions méritent d’être posées, sauf si vous êtes en froid avec vos proches ou alors, que vous êtes un enfant unique et orphelin, dernier de la lignée…

Roman Carruthers, lui, est prêt à tout pour tenter de sauver les siens, après que son frère cadet, Dante, a été manger à la table du diable, sans longue fourchette, et que sa naïveté lui a fait oublier que lorsqu’il est question de pognon, il n’y a plus d’amitié qui tient.

Roman l’avait fait pour protéger leur famille. Dante savait que son frère l’aimait. Il savait qu’il aimait leur père et qu’il aimait Neveah. Mais il savait aussi qu’on pouvait faire des choses terribles au nom de l’amour. Des choses abominables.

Bienvenue dans la petite ville de Jefferson Run, où il ne fait pas bon vivre, où il est risqué de prendre l’air, lorsque les gangs s’affrontent l’un et l’autre. Une ville où la corruption est reine, ou l’argent est roi, ou l’amour n’existe pas, sauf celui des drogues, cachetons et autres armes à feu, bien entendu.

Dans ce roman noir, on pourrait penser que tout est noir, mais non, on a des jolies couleurs grises, grise comme les cendres, après avoir incinéré un corps, comme on le fait au crématorium Carruthers…

L’auteur a soigné ses personnages, ils sont gratinés et certains feraient le bonheur (et la fortune) de psychologues ! Mais il n’a pas oublié de les rendre sympathique, malgré tout, de leur apporter de l’équilibre, même dans le déséquilibre. D’ailleurs, souvent, j’ai eu envie de baffer le plus jeune des Carruthers : Dante !

Ce mec se plaint qu’on le prend toujours pour un petit gamin, un assisté, un alcoolo et un junkie, mais c’est ce qu’il est ! Un enfant dans un corps d’adulte. Un gars qui vit sans rien foutre, touchant un salaire versé par son père, qui boit comme un trou, sniffe des lignes blanches et fait conneries sur conneries, sans en mesurer les conséquences, et ce sont les autres qui doivent nettoyer les écuries d’Augias de toute la merde qu’il a apportée.

Dante hocha la tête.
« C’est tout ce que je suis, à tes yeux ? Un junkie et un poivrot ? Un bébé à qui on peut donner un biberon pour qu’il la ferme ?

Pourtant, même si j’ai souvent eu l’envie de botter les fesses de Dante le pleurnichard, d’un autre côté, j’avais envie de le prendre dans mes bras, vu toute la violence qui se déclenche et puis, j’avais bien compris que la disparition de leur mère l’avait bouleversé et qu’il avait compensé avec l’alcool et les drogues, là où sa sœur avait bossé et où son frère avait été voir des femmes pratiquant le SM.

Ce roman noir m’a emporté, je l’avoue. J’ai aimé le fait que dans l’histoire, afin de se défaire du gang qui leur faisait du tort, Roman l’ai joué finement, lui qui est si doué pour faire fructifier le pognon des autres (Roman, tu veux mon numéro de téléphone ?), tout en n’hésitant pas à se salir les mains.

Parce que c’est bien connu, à force de fréquenter des truands, on risque de le devenir aussi, même si ce n’est pas pour les mêmes raisons qu’eux. Ou alors, peut-être qu’au départ, eux aussi voulaient ne pas franchir toutes les lignes rouges… Et puis, comme avec Roman, les circonstances ont fait que… Il avait une bonne raison. Les braves gens ont toujours des justifications à leur mauvais comportement. Chacun s’arrangera avec sa conscience, dans ce roman noir.

Alors oui, ce roman est violent, nous ne sommes pas au pays des Bisounours, mais au moins, il ne se résume par qu’à ça ! Nous avons aussi des secrets de famille, un père qui a tellement bossé pour offrir une belle vie aux siens qu’il n’a plus vus les siens, son épouse… Et cela a empoisonné la vie de tout le monde. Un abcès est à crever, mais ce ne sera pas facile.

Un roman noir qui se dévore, qui se lit en apnée, où l’on savoure quelques réparties, ainsi que le travail de sape réalisé par Roman, afin de délivrer et libérer (♫) sa famille de ces deux sociopathes, chefs du gang des BBB et qui ne sont pas des rigolos ou des méchants d’opérette.

L’auteur a encore réussi sa mission avec son nouveau roman noir de chez noir. Un régal pour les amateurs de romans noirs américains.

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James : Percival Everett 🇺🇸

ImageTitre : James 🇺🇸

Auteur : Percival Everett 🇺🇸
Édition : de l’Olivier – Littérature étrangère (22/08/2025) – 288 pages
Édition Originale : James (2024)
Traduction : Anne-Laure Tissut

Résumé :
« Ces gamins blancs, Huck et Tom, m’observaient. Ils imaginaient toujours des jeux dans lesquels j’étais soit le méchant soit une proie, mais à coup sûr leur jouet. […] On gagne toujours à donner aux Blancs ce qu’ils veulent. »

Qui est James ? Le jeune esclave illettré qui a fui la plantation ? Ou cet homme cultivé et plein d’humour qui se joue des Blancs ? Percival Everett transforme le personnage de Jim créé par Mark Twain, dans son roman Huckleberry Finn , en un héros inoubliable.

James prétend souvent ne rien savoir, ne rien comprendre ; en réalité, il maîtrise la langue et la pensée comme personne.

ImageCritique :
Si je devais donner mes sentiments et les émotions qui m’ont traversées durant cette lecture, je dirais que j’ai commencé par de la joie : celle de retrouver un auteur dont le roman « Châtiment » avait été un coup de cœur.

Plaisir aussi de retrouver le personnage de Huckleberry Finn et de découvrir le classique picaresque de Mark Twain selon le point de vue de Jim, l’esclave Noir en fuite avec Huck.

Après le plaisir, il y a eu la stupeur : les esclaves Noirs étaient des caricatures d’eux-mêmes, notamment lorsqu’ils parlaient. Heu ?

Ensuite, j’ai compris : ils n’étaient que la caricature que les Blancs avaient faite d’eux. Ils parlaient tels que les Blancs voulaient qu’ils parlassent, appréciant le fait que les esclaves leur étaient inférieurs, bêtes à manger du foin, incultes, analphabètes, paresseux. L’Homme Blanc aime rester supérieur, se sentir supérieur et écraser les autres, ça le rassure.

On gagne toujours à donner aux Blancs ce qu’ils veulent.(…) Les Blancs s’attendent à ce que nos paroles sonnent d’une certaine façon, et forcément, mieux vaut ne pas les décevoir. Quand ils se sentent inférieurs, nous sommes les seuls à souffrir. Peut-être devrais-je dire “Quand ils ne se sentent pas supérieurs“. 

Au moins, dans sa réécriture du roman de Twain, Percival Everett n’avait pas édulcoré l’époque (un peu avant la Guerre de Sécession), ni le fait que dans le sud des États-Unis, les propriétaires d’esclaves traitaient ces Humains comme s’ils étaient du bétail.

Alors oui, ça fait mal au bide de lire un récit qui parle d’esclavage (rajoutons l’injustice et le dégoût de l’esclavage aux rayons des émotions), mais c’est l’Histoire et elle n’a rien à voir avec les Bisounours enrobés de guimauves. Ce n’est pas en cachant la poussière sous les tapis et en foutant les squelettes dans les placards que l’on fera avancer les choses : l’esclavage existe toujours et le capitalisme n’a pas aidé à l’éradiquer.

De plus, dans ce roman, Jim n’a rien d’un imbécile, même s’il laisse penser le contraire aux Blancs. Et là, ça change du roman originel où Jim semblait être simplet. Là, nous savons qu’il joue à l’imbécile pour endormir les Blancs et ne pas avoir d’emmerdes. Si les Blancs savaient qu’il sait lire et écrire, ça leur feraient peur.

Le récit de la fuite de Huck et Jim, naviguant sur le Mississippi est toujours aussi folle que dans le roman original, on y retrouvera les mêmes personnages fantasques (les deux qui se font passer pour des nobles) et c’est là que l’ennui a pointé le bout de son nez…

Trop de péripéties tuent les péripéties et je me suis un peu ennuyée durant certains passages, avant que le récit ne reprenne du poil de la bête avec un truc ironique à mort : Norman et son orchestre de Blancs grimés en Noirs… Norman étant un Noir qui ressemble à un Blanc, tant sa peau est claire.

Là, c’était drôle, tout en étant dérangeant, parce que l’on était au-delà de l’ironie, tout en montrant combien l’Homme Blanc était perfide, hypocrite et crétin, sans le savoir. L’auteur n’a pas hésité à faire dire à Jim que les Hommes Noirs pouvaient être aussi malhonnêtes et dénoncer les siens.

Aussi mauvais qu’étaient les Blancs, ils ne détenaient aucun monopole sur la duplicité, la malhonnêteté ou la perfidie.

Le tout gros bémol, c’est le final, qui arrive de manière trop précipitée, qui se déroule trop vite, alors que tout le reste a pris son temps. Allez hop, crac boum hue et voilà que c’est fini ? Trop rapide à mon goût. Et puis, Jim annonce un truc de fou à Huck, à un moment, et j’ai trouvé que c’était inutile. Le récit n’avait pas besoin de ça en plus.

Si le récit originel est respecté, dans le final, nous ne retrouverons pas Tom Sawyer, mais des esclaves. Dommage, j’aurais apprécié retrouver Tom.

Bref, si au départ, j’avais été conquise par le récit, qui était autre chose qu’un roman d’aventures, qui ne manquait pas de profondeur et de réflexion sur l’esclavage, à un moment donné, j’ai tout de même ressenti l’ennui, avant que le récit ne reparte en avant, pour se finir trop rapidement, après des révélations dont on se serait bien passées.

Malgré tout, c’était un roman à découvrir, car il nous montre qu’à cette époque, il était impossible de sortir de l’esclavage, que l’on soit Noir ou Blanc. Le système était là, bien rôdé et personne n’aurait eu l’idée d’aider un esclave Noir. Et si un Blanc se disait contre l’esclavage et tendait la main à un Noir, malgré tout, il n’était pas tout à fait meilleur que les autres…

Les croyances ont la vie dure et les mentalités aussi. Avant de changer un système bien implanté, il faut du temps et du travail. Rome ne s’est pas faite en un jour… Mais il reste l’espoir (moi, je n’en ai plus).

– Tu vas me tuer ?
– L’idée m’a traversé l’esprit. Je n’ai pas encore pris ma décision. Oh, pardon, je traduis : Moi je n’ai pas décidé enco’e, là, massa. »
Jamais je n’avais vu d’homme blanc saisi d’une telle peur. La remarquable vérité, toutefois, c’est que ce n’était pas le pistolet mais mon langage, le fait que je ne corresponde pas à ses attentes, que je sache lire, qui l’avaient à ce point perturbé et plongé dans la terreur.

– Pourquoi Dieu a fait les choses comme ça ? demanda Rachel. Eux les maîtres et nous les esclaves ?
– Il n’y a pas de dieu, mon enfant. Il y a la religion mais leur dieu n’existe pas. Leur religion leur dit que nous aurons notre récompense à la fin. Cependant, elle ne dit rien de leur punition, apparemment. Mais en leur présence, nous croyons en Dieu. Seigneu’ Dieu, nous on est c’oyants, ça oui. La religion n’est qu’un instrument de pouvoir dont ils se servent et auquel ils adhèrent quand ça les arrange.
– Il doit bien y avoir quelque chose ? fit Virgile.
– Je suis désolé, Virgile. Tu pourrais avoir raison. Il pourrait y avoir une puissance supérieure, mais ce n’est pas leur dieu blanc, mes enfants. Néanmoins, plus on parle de Dieu et de Jésus, du ciel et de l’enfer, mieux ils se sentent. »
Les enfants déclarèrent en chœur : « Et mieux ils se sentent, plus on est tranquilles.
– Février, traduis ça.
– Plus bien ils se sentent eux, plus t’anquilles on est nous.

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Re:Start : Katia Lanero Zamora 🇧🇪

ImageTitre : Re:Start

Auteur : Katia Lanero Zamora 🇧🇪
Édition : Argyll – RéciFs (14/05/2025) – 117 pages

Résumé :
Comme quarante pour cent de la population mondiale, vous êtes en surpoids ? Vous ne vous reconnaissez plus dans le miroir ou vous n’osez même plus vous y regarder ? La nourriture vous contrôle ?

Rejoignez dès maintenant Re:Start. Disciplinez-vous et dites adieu aux mauvais comportements. Car vous êtes une déesse et votre corps est un temple.

Il y a celles qui se donnent des excuses et celles qui se donnent une chance…
Et vous, que choisissez-vous ?

Mona a intégré le prestigieux village Re:Start, une communauté entièrement dédiée à la beauté des femmes. Ses habitantes, les Lumineuses, sont prêtes à embrasser leur féminité et à saisir l’opportunité de devenir des déesses grâce au programme sportif et aux gélules minceur préconisés par leur modèle et mentore, Geneviève.

Mona a gravi les échelons, elle est désormais Semeuse. Tout semble parfait dans ce paradis des corps et de la féminité… jusqu’au jour où sa meilleure amie perd le contrôle.

Y aurait-il une faille dans ce programme de rêve ?

ImageCritique :
Vous vous sentez vieille, moche, trop grosse, trop grasse, avec trop de capitons, trop de cellulite ? Bref, vous n’êtes pas instagrammable, ou alors, après un gros travail de photoshopage ?

No stress, les filles, les femmes, il vous reste la possibilité d’aller remodeler votre corps chez Re:Start et d’en faire le corps d’une déesse (et non d’une DS de chez Citroën). Oui, mais, à quel prix (pognon ET santé) ?

La scène d’ouverture commence de manière banale, avec Calliste, qui suit le programme Re:Start et qui se trouve boudinée dans sa robe collante qu’elle est obligée de porter pour la cérémonie d’Accueil où l’on va présenter les nouvelles arrivées. Et Calliste a faim, très faim, bougrement faim, à tel point que… Ce chapitre était costaud, le genre qui vous fait sursauter à la fin et vous coupera l’appétit.

Oui, j’ai un faible pour les novellas et la maison Argyll m’a déjà fait découvrir quelques bons récits de SF, anticipation, dystopie. Les récits sont courts, ce qui fait que l’auteur/autrice doit aller à l’essentiel. Pour moi, cela me permet se sortir de mes sentiers battus des polars thrillers.

Le concept pour perdre du poids et devenir belle peut paraître intéressant, mais on sent bien que derrière, il y a un truc qui pue dans les placards…

Déjà, c’est une secte, puisque vous ne faites pas ce que vous voulez, que l’I.A vous dicte ce qu’il faut faire, qu’elle bloque l’ouverture de votre frigo si vous avez déjà mangé, mais en plus, des femmes ont disparu et là, Mona se demande ce qu’il est arrivé à sa copine Calliste… Menons l’enquête !

Finalement, la société Re:Start n’est pas si différente de nos sociétés actuelles, qui imposent aux femmes d’être toujours pimpées, sveltes, minces (même après l’accouchement), élégantes, sans cellulite et toussa, toussa.

Interdiction de traîner en pantalon de sport et pull à capuche, même pour faire le ménage. Je connais des femmes qui ne veulent plus se montrer en maillot de bain à la piscine parce qu’elles ont des vergetures sur le ventre (conséquences d’avoir porté un enfant), d’autres qui vérifient toutes les 2 minutes qu’elles sont toujours impeccablement maquillées et coiffées…

Bref, la culture du paraître dans toutes ses dérives. Et les canons peuvent changer selon les époques : avant, il fallait être ronde pour être regardée, parce que cela voulait dire que vous mangiez à votre faim, donc, que vous aviez du fric.

Et pour être bêêêlle, il faut des médicaments pour faire maigrir, pour purger, pour ôter la cellulite,… En résumé, c’est un cercle vicieux, parce que sans les produits bien chers, votre corps redeviendra ce qu’il était : moche, gras, banal, simplement lui-même. Pendant que vous dépensez du fric pour rester magnifique, d’autres s’en mettent plein les poches.

Une novellas que l’on dévore (pardon, mauvais jeu de mot) avec avidité, sans s’arrêter, parce que les 117 pages sont concentrées, addictives et que l’on veut savoir ce qu’il est arrivé à Calliste et aux femmes disparues. Et puis, Mona était un personnage féminin qui m’était sympathique.

À consommer sans modération, ça ne fera pas augmenter vos capitons !

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Dernière Soirée – Frankie Elkin 02 🇺🇸 : Lisa Gardner 🇺🇸

ImageTitre : Dernière Soirée – Frankie Elkin 02 🇺🇸

Auteur : Lisa Gardner 🇺🇸
Édition : Albin Michel (02/01/2025) – 457 pages
Édition Originale : One Step Too Far (2022)
Traduction : Cécile Deniard

Résumé :
Timothy O’Day était un pro de la randonnée en forêt. Pourtant, il y a disparu sans laisser de traces lors de son week-end d’enterrement de vie de garçon, laissant derrière lui deux parents inconsolables, une fiancée désespérée et quatre garçons d’honneur rongés par la culpabilité.

Frankie Elkin ne connaît rien à la forêt. Elle a en revanche un flair unique pour retrouver les disparus. Lorsqu’elle apprend qu’une ultime opération de recherches est organisée cinq ans après la disparition de Timothy, elle prend la route pour les montagnes du Wyoming et se joint à l’équipe.

Mais à mesure que l’expédition s’enfonce dans ce territoire sauvage, il devient évident que quelqu’un est prêt à tout pour faire échouer les investigations…

Avec Frankie Elkin, Lisa Gardner compose l’un de ses plus beaux personnages de femme.

« Dernière soirée » est une immersion dans les méandres de l’âme humaine que vous n’êtes pas près d’oublier.

ImageCritique :
Un huis clos oppressant en pleine nature, ça pourrait faire penser à un oxymore, mais non, pas du tout ! Il est tout à fait possible de construire des huis clos dans l’immensité d’un parc national et de réussir son coup.

Changement de décor total pour l’enquêtrice Frankie Elkin, spécialisée dans les disparitions.

Alors que dans le précédent roman, elle enquêtait dans le quartier chaud de Boston, auprès des minorités, la voici en train de crapahuter dans la forêt nationale de Shoshone (Wyoming), avec des gens issus de la classe moyenne, diplômés et ayant tout de même les moyens.

Petit problème pour Frankie : elle n’a jamais fait de la randonnée, surtout à ce niveau-là. Même moi, ce genre de truc, je n’ai jamais fait et je pense que je n’aurais pas su suivre le groupe…

Les disparus que Frankie recherche sont souvent retrouvés par elle, mais morts, parce que trop longtemps disparus. Une seule a été retrouvée vivante, depuis qu’elle exerce ce métier, qui n’en est pas vraiment un, puisqu’elle n’est pas payée. Elle fait des petits boulots, tout en menant ses enquêtes. Mais au fond des bois, difficile de jouer à la barmaid…

Il y a cinq ans, Tim O’Day a disparu au cours d’une soirée de bivouac très arrosée. Ses potes sont revenus, mais lui, jamais, et pourtant, c’était le plus aguerri. Depuis, tous les ans, son père monte une expédition pour tenter de retrouver sa dépouille.

Frankie Elkin est un personnage féminin que j’apprécie, car je la trouve touchante. Elle a de la répartie, un sens de l’humour bien à elle, elle est tenace, sait poser des questions, écouter les réponses, les confessions des gens, leurs secrets, sans jamais rien lâcher. Ancienne alcoolo repentie, elle doit parfois lutter contre les souvenirs sanglants et l’envie de picoler.

Si certains lecteurs/lectrices ont trouvé que ce roman était lent, de mon côté, je n’ai pas ressenti de lassitudes lors de la lecture, même s’il prend son temps et qu’il ne possède pas des rebondissements à chaque chapitre. L’autrice a pris le temps de décrire leurs pérégrinations, ainsi que de donner de l’épaisseur à ses personnages.

J’ai dévoré ce thriller, sans voir le temps passer. Il est un fait que c’est un thriller plus psychologique que d’action, même si, à un moment donné, le rythme (cardiaque) va augmenter. Pour la résolution, j’avoue que je ne l’avais pas vu venir. Frankie a été plus perspicace que moi, sur cette enquête.

Une seconde enquête aux antipodes de la première, puisque le décor a changé, passant d’un quartier défavorisé à une immensité de la Nature, avec d’autres pièges. Comme j’aime les grands espaces et la nature, cela ne m’a pas dérangé, mais il est un fait que le premier, avec ses personnages issus des minorités, était plus riche en émotions que celui-ci.

Malgré tout, j’ai été contente de partir sur les sentiers de randonnées avec Frankie, ainsi que Daisy, le chien dressé pour retrouver des disparus, morts ou vivants (le chien va bien, je vous rassure tout de suite). J’ai croisé des gens sympas, de ceux qui méritaient d’être connu (Bob) et des pauvres gars tourmentés par leur conscience.

Bref, un bon thriller, plus lent que ce que la définition de ce genre dit, plus introspectif, plus huis clos, plus survivaliste, où même les losers pourront jouer un rôle important.

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