Les ténèbres et la nuit – Renée Ballard 04 : Michael Connelly 🇺🇸

ImageTitre : Les ténèbres et la nuit – Renée Ballard 04 🇺🇸

Auteur : Michael Connelly 🇺🇸
Édition : Livre de Poche (06/09/2023) – 528 pages
Édition Originale : The Dark Hours (2021)
Traduction : Robert Pépin

Résumé :
Ballard et Bosch enquêtent dans une Los Angeles au bord de l’implosion

Alors que Los Angeles fête le passage à la nouvelle année, l’inspectrice Renée Ballard est appelée sur une banale scène de crime. Mais la victime, un garagiste endetté, n’a pas été tuée au hasard des festivités.

Ce meurtre est en effet lié à un autre, sur lequel a jadis travaillé l’illustre Harry Bosch, trop heureux de reprendre du service pour aider Ballard.

D’autant plus que celle-ci a déjà fort à faire avec une enquête en parallèle qui la voit traquer un sinistre duo de criminels surnommés les « Hommes de minuit ».

Dans cette affaire, présent et passé se rejoignent et les monstres que Ballard et Bosch recherchent sont prêts à tout pour garder leurs secrets.

ImageCritique :
Une fois de plus, me voici à Los Angeles pour le réveillon de fin d’année. Sauf que la fois dernière, c’était pour le réveillon 1953 (Dream Town – Aloysius Archer 03 de David Baldacci), tandis qu’ici, nous quittons 2020 pour 2021, que la covid est là, les restrictions aussi et que l’attaque du Capitole aura lieu quelques jours plus tard…

Deux enquêtes dans ce roman : la première concernera un ancien d’un gang, qui semble avoir été tué par une balle tirée en l’air pour célébrer le Nouvel An (elles retombent toujours, les balles, loi de la gravité). Accident, ou meurtre ?

La suivante sera consacrée à des violeurs en série… Renée Ballard est sur le coup, elle qui officie aux quarts de nuit, division Hollywood.

Renée Ballard est une inspectrice que j’apprécie énormément. Elle a du caractère, n’est pas badass, sans pour autant se laisser marcher sur les pieds, elle est capable d’insubordination, mais c’est toujours au service de l’enquête. Parce que oui, elle fait partie de celles et ceux qui veulent résoudre les affaires et pas se la couler douce.

C’est un LAPD en ruine que Michaël Connelly nous dépeint. Les flics sont crevés, fatigués, on les insulte, l’affaire du meurtre de George Floyd n’a rien arrangé. La plupart des collègues de Renée en font le moins possible, ne se cassent pas le cul à résoudre les affaires. Bref, nous sommes loin des images d’Épinal que l’on voit dans les séries policières… Et je ne vous parle même pas des ripoux.

Les deux enquêtes de Renée ne seront pas faciles, mais petit à petit, elle va remonter les pistes, aidée par Harry Bosch, ancien du LAPD, l’inspecteur qui ne lâchait jamais rien, tenace, et qui, maintenant qu’il est à la retraite, lui refile un coup de main. Ce fut un plaisir aussi de retrouver Harry Bosch, un flic que j’ai toujours apprécié (même si j’avais arrêté de lire son auteur, pour cause de quelques mauvais romans).

La Los Angeles de ce roman n’a rien à voir avec celui d’une carte postale ou d’une émission sur les voyages à faire. La ville est remplie de personnes qui dorment sous les ponts, il y a des gangs, de la violence, des trucs louches,…

Oui, dans les romans de l’auteur, la ville fait partie des personnages principaux. Elle est là, entière, telle qu’elle est, ni toute rose, ni toute noire, mais tout en nuance de gris. L’Amérique n’en sortira pas grandie.

Renée Ballard est encore montée d’un cran dans mon estime, parce que dans ces deux affaires, elle a eu plus de flair que les autres policiers, plus de pugnacité qu’un pitbull sur un os, plus de coui… de courage, que la plupart de ses collègues masculins et elle a réussi un coup de force qui force le respect. Fuck, les mecs !

Un excellent opus des enquêtes conjointes de Ballard et Bosch où la construction du récit et des enquêtes, est mené de main de maître. Finalement, Ballard est une sorte de Bosch au féminin, parce qu’elle aussi, elle va envoyer les règles paître, quel que soit le prix à payer. Et tant pis si les ficelles sont un peu grosses…

Bon, c’est décidé, il va falloir impérativement que je découvre les précédents romans avec ce duo et que je revienne aux affaires avec les romans de Connelly que j’avais zappé (ceux mettant en scène Harry Bosch, notamment les premiers titres).

3,8/5

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  • Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2025 au 11 Juillet 2026) [Lecture N°81].
  • Challenge « American Year 3 » – The Cannibal Lecteur et Chroniques Littéraires (du 16 novembre 2025 au 15 novembre 2026) # N°17.
  • Un hiver polar (du 21 décembre 2025 au 20 mars 2026) chez « je lis, je blogue ».

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Cosy Christmas Mystery – 03 – Le vol du Metropolis 🇺🇸 : Carine Pitocchi 🇫🇷 [LC avec Bianca] ❄️🎄

ImageTitre : Cosy Christmas Mystery – 03 – Le vol du Metropolis 🇺🇸 / 🇬🇧

Auteur : Carine Pitocchi 🇫🇷
Édition : Robert Laffont – La bête noire (08/10/2025) – 336 pages

Résumé :
A l’approche de Noël, la scénariste Jo-Ann Brown invite la bande de St Mary Hill à New York pour assister à la cérémonie des Emmy, qui récompensent les meilleures séries internationales.

Quand l’ascenseur du Metropolis se dérègle, que les trophées disparaissent et que le spectre d’un tueur s’en prend à l’industrie du cinéma, les enquêteurs amateurs reprennent du service.

ImageCritique :
J’aurais préféré que l’on reste dans le petit village de St Mary Hill, mais l’autrice a emporté une partie de ses personnages à New York, même les deux petites vieilles du village, grandes commères devant l’Éternel, et l’une fut horriblement exaspérante.

Il est un fait certain, c’est que, vu le récit, notre petite équipe n’aurait pas pu vivre cette enquête dans une petite auberge de campagne, il fallait bien un hôtel gigantesque pour mettre tout en place.

Nous sommes dans un cosy mystery, donc, oui, tout se termine toujours bien, tout le monde est gentil et les méchants ne sont pas des vilains qui marqueront notre vie, mais des gens simples, animés de désirs simples que sont la vengeance, l’appât du gain, l’opportunisme,…

Dans ce troisième épisode, il n’y aura pas de crimes, pas de cadavre dans l’ascenseur, mais des menaces envers Jo-Ann et d’autres personnes qui vivent dans l’univers du cinéma et des séries. Personne ne sait qui est cette personne et même si Jo-Ann prend un peu ça par-dessus la jambe, Lawrie, lui, est plus inquiet et voudrait la protéger.

Il y a de l’humour, dans ces pages, mais aussi de la frustration, notamment lorsque deux personnages semblent être fait l’un pour l’autre, s’aimer, mais ne jamais arriver à s’embrasser, tant à chaque fois, ils sont dérangés.

Comme dans toute romance qui se respecte, on aura des moments de doutes qui vont saisir nos deux protagonistes, des moments de disputes, des quiproquos et, comme de bien entendu, le truc qui fait que l’un pense que l’autre ne l’aime pas… Cousu de fil blanc, mais bon, même si j’ai haussé les yeux au plafond, c’était couru d’avance et je savais que je trouverais ce genre de cliché dans le roman.

Malgré tout, je ne vais pas me plaindre de cette lecture, car elle était relaxante, elle possédait une B.O à tout casser, nous étions dans un bel établissement et même si nous avions des personnages un peu clichés qui se sont ajoutés, dans l’ensemble, le tout marchait bien et je me suis amusée à tenter de découvrir qui était le vilain qui portait un masque de Michael Myers (Halloween).

Au moins, dans ce troisième opus, il n’a pas fallu attendre longtemps avant que les problèmes commencent et que nos amis enquêtent. Le rythme est bon, pas trop rapide, mais pas trop lent non plus et nous avons eu quelques événements qui ont boosté le récit, lui donnant plus de pep’s.

Pas le polar de l’année, mais une lecture détente, agréable, sans crime, sans cadavre, sans traces sanglantes à nettoyer et des personnages que j’ai toujours plaisir à revoir, même si, de temps en temps, Jo-Ann m’énerve un peu, ainsi que l’autrice, à nous rappeler combien le pasteur Lawrie est beau… Une fois, c’est suffisant, non ?

Une LC bien plaisante que j’ai effectuée avec ma copinaute Bianca, qui s’est bien amusée aussi, comme le prouve sa chronique… Nous n’avions pas trouvé l’identité du coupable, nos petites cellules grises n’étaient pas au meilleur de leur forme ! mdr

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Cache-cache – Naia Thulin et Mark Hess 02 🇩🇰 : Søren Sveistrup 🇩🇰 [LC avec Bianca]

ImageTitre : Cache-cache – Naia Thulin et Mark Hess 02 🇩🇰

Auteur : Søren Sveistrup 🇩🇰
Édition : Albin Michel (01/10/2025) – 700 pages
Édition Originale : Tælle til en, tælle til to (2024)
Traduction : Caroline Berg

Résumé :
Un, deux, on va jouer à un jeu.
Tout commence par une innocente comptine que chantent les enfants lorsqu’ils jouent à cache-cache…

Trois quatre, je vais te battre comme plâtre.
Pour soudain tourner au cauchemar…

Cinq, six, il faut que le jeu finisse.
Et réveiller le souvenir d’un passé sanglant.

ImageCritique :
Une fois de plus, le bandeau-titre faisait des belles promesses. Ont-elles été tenues ? Oui !!

Effectivement, durant ma lecture, j’ai eu des moments d’apnée, où je retenais mon souffle et à certains moments, j’avais envie de crier « Cours, Forest, cours ». Adressé autant à des victimes qu’aux flics.

Octobre, le premier tome, était excellent et le deuxième n’est pas en reste non plus.

Le récit commence en 1992, avec un petit épisode bien glaçant, avant de revenir à notre époque, avec un harceleur dont on n’a pas envie de croiser la route, puisqu’elle se finira au terminus des prétentieux (la mort).

Il n’est jamais facile de mettre la main sur un tueur en série, surtout s’il change de victimes et que l’on n’a pas de point commun entre elles. Notre duo, composé de Naia Thulin et de Mark Hess, va avoir du fil à retordre, et les flics qui bossent sur ces affaires sordides, aussi. Surtout si certains ont tendance à ne pas vouloir écouter les idées des autres (ou leurs soupçons, leurs déductions).

Si l’auteur commence avec un premier chapitre intriguant, dont on ne sait comment il se rattachera avec la suite du récit, après, il va introduire tous les personnages. Le narrateur, omniscient, nous fera partager leur quotidien, leurs peurs, leurs interrogations,… Pas de panique, impossible de les confondre.

Avec ce genre de narration, cela donnera du rythme au roman, ajoutera du piquant, du piment et des véritables moments d’adrénaline pure et dure ! Les personnages sont bien travaillés, ou juste ce qu’il faut, mais en tout cas, ils sont réalistes.

Le suspense montera crescendo, avec quelques pics, très mauvais pour les cardiaques ou pour la tension de tout le monde. En tout cas, malgré les 700 pages, le récit restera tout le temps addictif, tout comme l’était son prédécesseur.

Bizarrement, en découvrant un personnage, je m’étais dit que c’était le coupable. C’était au vogelpik total, puisque je n’avais aucun mobile, aucun indices, aucunes preuves pour accuser cette personne. Et pourtant, j’avais bien trouvé ! Mais ce n’est que sur la fin que le mobile est apparu et à ce moment-là, je ne pouvais dire que « bon sang, mais c’est bien sûr.

Le final est encore plus rythmé que tout le reste, là, on entre dans l’adrénaline pure, dans le suspense à couper à la hache et j’ai eu la bouche sèche durant tout l’affrontement. Une fois terminé la lecture, j’étais épuisée de tant de tension, mais heureuse d’avoir lu ce second volet des enquêtes de Naia Thulin et de Mark Hess.

Mon seul et unique bémol sera qu’on n’apprendra pas comment l’assassin a pu suivre certaines de ses victimes… Pourtant, l’une des futures victimes avait déployé des ruses de Sioux pour aller se planquer. J’aurais aimé savoir comment le tueur en série avait fait pour retrouver sa trace. Juste un détail, pour le reste, tout était génial, autant le scénario, que les personnages, leur psychologie, la gestion des infos que nous apprenions, la montée du suspense, les différentes pistes suivies…

Anybref, un excellent thriller policier comme je les aime, où l’on suit l’enquête, pas à pas, et ce n’est pas ma copinaute Bianca, qui était en LC avec moi, qui me dira le contraire. Si vous ne me croyez pas, je vous invite à aller lire sa chronique !

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L’affaire Soularue – Surin d’Apache 03 : Stanislas Petrosky 🇫🇷

ImageTitre : L’affaire Soularue – Surin d’Apache 03 🇫🇷

Auteur : Stanislas Petrosky 🇫🇷
Édition : Afitt (13/09/2024) – 250 pages

Résumé :
Novembre 1888, un couple se rend à l’hôtel des terrasses à Fontaine sur Saône pour un dîner dans un salon privé.

Quelques heures plus tard, des coups de feu résonnent dans l’établissement. Le propriétaire force la porte et découvre les jeunes gens. La jeune femme, sans connaissance, git à terre, l’homme est assis sur une chaise, il a une plaie sanguinolente à la tempe.

Gabriel sera sauvé, Berthe décède de la suite de ses blessures. Au premier abord, cela ressemble à un suicide passionnel.

Mais quelques jours plus tard, une fois la victime inhumée, de nouveaux éléments laisse penser que cela pourrait être un homicide.

Alexandre Lacassagne et Ange-Clément vont devoir démêler le vrai du faux dans ce terrible fait divers du XIXe siècle.

ImageCritique :
J’aime les bateaux, mais je n’aurais pas voulu aller sur la barge transformée en morgue flottante, où travaillait Alexandre Lacassagne.

Par contre, j’adore lire cette série de true crime, mettant en scène Ange-Clément Huin, ancien Apache, devenu l’assistant d’Alexandre Lacassagne, précurseur de la police scientifique.

L’affaire Soularue n’est pas une invention, elle a existé, l’auteur nous donnera même des extraits des journaux de l’époque, du procès… Lacassagne n’est pas un personnage de fiction et le suivre dans ses investigations médico-légales est toujours un régal.

L’anthropologie criminelle, avec lui comme professeur, aurait été un plaisir de fin gourmet. De plus, c’est un personnage visionnaire, bienveillant, intelligent, mais qui ne rabaisse jamais les autres. Le genre de patron rêvé, surtout pour Ange-Clément, qui traîne derrière lui un passif conséquent.

Ne vous attendez pas à un récit qui va à cent à l’heure, le but n’étant pas là. L’auteur prend le temps de planter ses décors, sans exagérer, de nous parler de ses personnages, de parler de l’Histoire et de bien imprégner se terre de tout ce qu’il faut pour que le reste pousse tout seul.

Et sans même s’en rendre compte, on arrive au bout de cette enquête, de ce true crime, sans avoir vu le temps passer. Dans celui-ci, on connait le coupable potentiel, un peu comme dans Columbo, le tout sera de savoir comment Lacassagne arrivera à prouver que c’est bien un crime et non un suicide, comme le survivant le clame.

Le but n’est pas non plus de châtier les coupables, mais d’arriver à démontrer, à l’aide de la science, que X a bien fait ça (ou pas), d’expliquer ce qu’il s’est passé, de prouver ce que l’on avance, avec des preuves médico-légales. Bref, le genre de choses que j’adore (les séries CSI, pour moi, c’était du pain béni).

Le roman est assez court, ce qui lui donne, malgré tout, un certain dynamisme. La personne d’Ange-Clément a pris plus d’ampleur au fil des romans et c’est un personnage que j’apprécie beaucoup.

Une série de romans policiers historiques, basés sur des faits divers qui ont existé, mélangeant des personnages de fiction avec des réels, le tout étant bien mis en scène. Non mais sérieux, what’else ? Un quatrième tome… (ce serait super).

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Laissez-moi brûler en paix : Peter Farris 🇺🇸

ImageTitre : Laissez-moi brûler en paix 🇺🇸

Auteur : Peter Farris 🇺🇸
Édition : Gallmeister Noire (03/09/2025) – 432 pages
Édition Originale : Lay quiet in the fire (2025)
Traduction : Alexis Nolent

Résumé :
Sa carrière de policière derrière elle, Sallie s’occupe maintenant d’un stand de tir dans le comté de Caliban, non loin d’Atlanta. Son affaire a le vent en poupe et elle se tourne de plus en plus vers l’avenir.

Mais, un juge à la retraite impliqué avec l’ancienne unité d’intervention de Sallie est retrouvé mort chez lui.

Le même jour, Sallie reçoit des appels menaçants d’un numéro inconnu. Dans une Amérique surarmée, la guerre contre la drogue a octroyé l’impunité à sa force policière. Impunité qui a souvent bénéficié à cette unité d’intervention.

Ses membres méritent-ils la vengeance qui menace de s’abattre sur eux maintenant que la justice a failli ?

Aux prises avec ses propres tourments, Sallie va devoir se battre pour sa survie, parfois plus que pour la justice.

Peter Farris signe un thriller haletant avec un point de vue original pour aborder des questions de société propres aux États-Unis : le port d’arme et les violences policières.

ImageCritique :
Qu’est-ce que le pouvoir ? C’est celui que les flics ont : celui de pouvoir se tromper de maison, de faire des grosses bavures, de foutre en l’air une famille et de ne pas avoir à s’excuser, de pouvoir raconter ce qu’ils veulent, de mettre en cause les innocents et de ne jamais payer la facture.

C’est typiquement américain de résoudre un problème de santé publique par l’incarcération et les grenades assourdissantes.

Non pas qu’il y eut quoi que ce soit à divulguer, sinon la vérité : les vrais criminels étaient ceux qui exécutaient les mandats.

Bienvenue dans une Amérique où les policiers peuvent tuer… Attention, cette maladie est contagieuse et peut se répandre à d’autres démocraties. Dans une bédé, quand les Dalton tirent comme des sauvages, pendant que Lucky Luke reste tranquillement caché, sans tirer trop de coups de feu, c’est drôle. Dans la réalité, quand les flics tirent comme les Dalton, ça ne l’est plus…

Bienvenue en Géorgie, où certains policiers se prennent pour des militaires dans un pays en guerre, dont leur plus cher désir est d’augmenter les statistiques criminalistiques, afin d’obtenir plus de subsides et de pouvoir acheter encore plus d’armes. Bienvenue dans un endroit où l’on envoie le SWAT pour coffrer des dealers à la petite semaine.

Sallie Crews, l’héroïne de ce roman policier, a fait partie des forces de police, avant de prendre sa retraite et de créer un centre d’entraînement et de tir où elle est instructrice.

Puis, des gens commencent à se faire assassiner et tous avaient participé, de près ou de loin, à la super grosse bavure qui avait défiguré Manny Ponder, un gamin de trois ans, dangereux criminel, sans aucun doute, car il dormait dans un lit cage… La justice n’est pas à une connerie près, vous savez.

Manny est devenu adulte, avocat et activiste contre les armes. Pourrait-il avoir envie de se venger des enfoirés qui ont foutu sa vie, ainsi que celle de sa famille, en l’air ?

Vous le saurez en lisant le nouveau roman de Peter Farris, dans lequel les flics se font rhabiller pour l’hiver, sans pour autant que l’auteur en fasse un procès à charge. Ses personnages auront des arguments pour et contre les armes, pour ou contre les flics, avec des nuances, n’en doutez pas. Dans ce roman, rien n’est tout à fait noir, ni tout à fait blanc. Des nuances de gris.

Ce polar n’est pas qu’un simple roman policier, avec une enquête à résoudre et des assassins à trouver. D’ailleurs, j’avais très vite compris qui se cachait derrière Black Dog et Red Dog.

Non, ce polar est plutôt un roman sociétal sur la violence aux États-Unis, sur la prolifération des armes et sur les policiers qui flinguent à tout-va, même en tirant dans le dos, quand il n’y a pas de dangers.

Ce qui a pour conséquence de fracturer la société, entre ceux qui veulent continuer d’avoir des armes et les autres qui voudraient qu’on réglemente un peu mieux la vente de ces objets qui donnent la mort.

Les personnages sont réalistes, sans que l’auteur ait eu besoin de nous les décrire dans moult détails. J’ai apprécié Sallie, ses fêlures, ses erreurs, ses silences, parce que oui, nous aurions sans doute fait de même qu’elle, afin de garder notre emploi. Et puis, c’était David contre Goliath et vous savez que dans la réalité, c’est Goliath qui gagne.

Oui, ce qui fait le plus froid dans le dos, c’est le réalisme et le cynisme de certains, prêts à tout pour obtenir le pouvoir, quitte à tout brûler autour d’eux. Tellement réaliste, ce roman noir, que même le final l’est aussi. Non, les bons ne gagnent pas toujours face aux méchants…

Un très bon roman noir sur les violences policières, les bavures et la prolifération des armes aux USA.

PS : Non, je ne voudrais pas vivre aux États-Unis, même si j’aime ses paysages et si des carabines ou autres armes à feu me font baver, tel un escargot sous un kilo de sel. Oui, pour moi, des carabines sur un mur, c’est le summum de la décoration (désolée, hein), mais non, je n’en possède pas, je connais leur dangerosité et je ne franchirai pas la ligne rouge.

—  Si les armes sont légales, je veux enseigner aux gens à les utiliser en toute sécurité. Je veux des meilleurs flics aussi.

— Les armes, c’est comme des tétines, pour vous autres. Ça me rappelle les bébés qui ne peuvent aller nulle part sans leur doudou.

— C’est ce que le lobby des armes adore entendre. Les grosses boîtes terrifient les gens en leur faisant croire que tout le monde est prêt à les voler et les violer. Générer des profits sur la paranoïa et la propagande. 

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Lost Lad London – 03 🇬🇧 : Shima Shinya

ImageTitre : Lost Lad London – 03 🇬🇧

Scénariste : Shima Shinya 🇯🇵
Dessinateur : Shima Shinya

Édition : Ki-oon Seinen (01/06/2023)

Résumé :
Inspecteur et suspect numéro un : alliance secrète dans l’enquête sur le meurtre du maire de Londres !

L’inspecteur Ellis croit en l’innocence d’Al. Seulement, pour prouver la vérité, il va falloir creuser dans le passé du jeune homme, qui n’a sûrement pas été impliqué dans le meurtre du maire de Londres par hasard… Un cliché donné par la sœur de sa mère biologique le confirme !

Mais le plus troublant, c’est une photo identique glissée peu après dans la boîte aux lettres de l’étudiant… Ellis craint pour la vie de son protégé et décide alors de l’héberger. Quelles conséquences aura cette cohabitation pour le moins inhabituelle ?

ImageCritique :
Et voilà, le dernier tome est lu et ce que je suspectais était bon. Oui, j’avais trouvé le coupable, la personne derrière le meurtre et les accusations envers Al, l’étudiant timide et replié sur lui-même.

Ce n’était pas compliqué, je dois dire, mais de toute façon, le sel de ce manga se trouvait ailleurs, notamment dans le côté sociétal, que la mangaka a continué d’explorer, sans trop creuser, puisqu’il n’y avait pas besoin d’en faire plus.

Hé oui, les femmes se heurtent aux putains de plafonds de verre et si ces femmes sont issues de l’immigration, le plafond sera encore plus bas que pour les autres. Et si elles portent un foulard, alors, n’en parlons même pas !

Ce manga était bien un polar, noir, et j’ai apprécié les personnages, leurs interactions, les côtés bourrus de l’inspecteur Ellis, le côté timide d’Al et leur relation qui va aller en s’améliorant, Ellis devenant un oncle pour Al, en plus d’être celui qui pourra résoudre le meurtre du maire et trouver qui est l’assassin.

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Les dernières pièces du puzzle se mettent en place, on en apprend plus sur les motivations du coupable, sur les origines d’Al et s’il n’y a rien d’exceptionnel dans l’identité du coupable, c’est plus le piège mis en place pour faire tomber Al qui était diabolique.

J’ai aimé les réflexions de l’autrice sur les problèmes raciaux en Angleterre, qui sont les mêmes chez nous et ailleurs. Elle dénonce ses situations absurdes et inutiles, grâce à son manga, ainsi que les façades de bienséance chez les familles bourgeoises, alors qu’en fait, la merde est partout, même si ces familles la planque sous des beaux tapis.

Le petit bémol, c’est que le final se déroule très vite et qu’on ne saura pas comment le coupable a réussi à poignarder le maire dans le métro, sans se faire repérer, alors que la rame n’était pas bondée. Un point de détail, je sais…

Un manga intéressant, plus social que polar, même si l’enquête avait tout de même une grande place dans le scénario. Des personnages réussis, qui évolueront, et un chouette portrait du flic âgé, avec de la bouteille, des fantômes dans les placards, mais avec aussi l’envie de bien faire son travail.

#LeMoisAnglais2025

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Lost Lad London – 02 🇬🇧 : Shima Shinya

ImageTitre : Lost Lad London – 02 🇬🇧

Scénariste : Shima Shinya 🇯🇵
Dessinateur : Shima Shinya

Édition : Ki-oon – Seinen (02/03/2023)
Édition Originale : Lost Lad London, book 2 (2023)
Traduction : Sébastien Ludmann

Résumé :
L’inspecteur Ellis croit en l’innocence d’Al. Seulement, pour prouver la vérité, il va falloir creuser dans le passé du jeune homme, qui n’a sûrement pas été impliqué dans le meurtre du maire de Londres par hasard…

Un cliché donné par la sœur de sa mère biologique le confirme ! Mais le plus troublant, c’est une photo identique glissée peu après dans la boîte aux lettres de l’étudiant…

Ellis craint pour la vie de son protégé et décide alors de l’héberger. Quelles conséquences aura cette cohabitation pour le moins inhabituelle ?

À la frontière entre manga et roman noir, Lost Lad London renouvelle le genre policier ! L’autrice Shima Shinya met à profit son expérience en Angleterre pour dépeindre un univers réaliste où machinations et secrets s’entremêlent…

ImageCritique :
Eh bien non, ce ne sera pas dans le deuxième tome que nous en apprendrons plus sur ce qui se cache derrière le meurtre du maire de Londres, dans le métro.

Enfin, l’inspecteur Ellis et le jeune Al, (un suspect qu’il sait innocent) ont progressé dans leurs investigations. Ils ont découvert une théorie que je suspectais déjà dans le premier tome.

Afin de le protéger, l’inspecteur Ellis héberge Al et si leur cohabitation est un peu brinquebalante, on sent tout de même qu’entre les deux, il y a une alchimie. On peut dire qu’Ellis est un oncle pour Al.

Si l’inspecteur Ellis est bourru et bordélique, il n’en reste pas moins un très bon flic, un de ceux qui vont voir plus loin, qui ne se focalise pas sur le premier suspect qu’il voit, ce qui n’est pas le cas de l’inspecteur Grant qui croit mordicus qu’Al a tué le maire et qui ne se prive pas pour perquisitionner son studio, sans mandat !

L’enquête, qui pourrait paraître simple au départ (un homme poignardé dans un métro, tard le soir), est bien plus complexe que ce que je pensais. On sent la machination derrière, les complots, les ficelles que l’on tire et on se demande jusqu’où vont les ramifications. On le saura dans le troisième et dernier tome, sans doute.

J’apprécie toujours autant les personnages d’Al et d’Ellis. L’inspecteur n’est pas un bas du front, comme je le disais, et nous en avons appris un peu plus sur lui et sur son passé.

Ce manga n’est pas un thriller, l’enquête étant assez lente et le manga pourrait se ranger du côté des romans noirs à cause de caractère social. Les thèmes sociaux et raciaux sont au coeur de ce récit et sont bien intégrés dans le tout.

Ils font mouche, sans que le mangaka doive en faire des tonnes. Un petit cliché raciste et on a tout compris de l’ambiance du commissariat et des hommes qui le composent. Al en a souffert aussi, lui qui est un enfant adopté, avec des origines asiatiques, à tel point qu’il s’est enfermé dans une bulle de solitude.

Les ambiances de ce manga sont assez sombres, les décors dépouillés et la scène de la fouille du studio était un haut moment de suspense.

Un manga que je suis contente d’avoir découvert et il me tarde de lire le dernier tome, afin de savoir qui se cache derrière l’ombre que l’on voit dans les cases finales du deuxième tome. J’ai bien une idée, mais je ne sais pas si elle sera pertinente ou pas…

  • Loki – Le menteur : Dan Watters 🇬🇧 et German Peralta [BABELIO] ‭[MOIS ANGLAIS ‬- N°31]

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Lost Lad London – 01 🇬🇧 : Shima Shinya

ImageTitre : Lost Lad London – 01 🇬🇧

Auteur : Shima Shinya 🇯🇵
Édition : Ki-oon – Seinen (03/11/2022)
Édition Originale : Lost Lad London, book 1 (2019)
Traduction : Sébastien Ludmann

Résumé :
Al, étudiant londonien d’origine asiatique, se sent à part dans sa famille d’adoption. Il préfère vivre en colocation, à distance de ses parents. Son ambition est d’obtenir son diplôme sans faire de vagues… Mais sa vie bascule lorsqu’il monte dans le métro où le maire de la ville est retrouvé assassiné !

Le meurtre fait sensation. Ellis, inspecteur bourru, mais compétent, est chargé du cas malgré un bras et une jambe dans le plâtre. Hanté par le souvenir d’une enquête qui a mal tourné, il est bien décidé à ne plus jamais se tromper de coupable.

Quand Al apprend la nouvelle, il ne se sent pas concerné : la veille, il est descendu à sa station comme d’habitude, sans rien soupçonner. Et pourtant, il découvre un couteau ensanglanté dans la poche de son manteau ! C’est le moment qu’Ellis choisit pour sonner à sa porte…

Le jeune homme serait-il devenu à son insu le suspect numéro un ?

ImageCritique :
C’est par le plus grand des hasards que j’ai mis la main sur ce manga. Comme il se déroulait à Londres et que c’était un polar, je me suis risquée à le tester et je n’ai pas fait une mauvaise pioche.

Ne vous attendez pas à un rythme frénétique, le récit est assez lent, prenant le temps de nous présenter les différents personnages principaux : Al, jeune étudiant londonien d’origine asiatique et Ellis, un flic bourru, compétent et cabossé, sans tous les sens du terme.

On a retrouvé le maire assassiné d’un coup de couteau dans le métro. Al, après être revenu chez lui, découvre un couteau ensanglanté dans sa poche. Et bien entendu, à ce moment-là, on sonne à la porte. Ce n’est pas le facteur, mais Ellis le flic… Et il croit Al lorsque ce dernier lui dit qu’il n’a rien à voir avec le meurtre.

Cette enquête va se dérouler sur trois tomes. Dans ce premier, l’enquête commence à peine, même si Ellis et Al, associés, ont déjà bien avancé et commencé à dégager des pistes prometteuses.

Si les ambiances ne sentent pas très Londres, tant les décors sont assez dénudés et simplistes, on y retrouvera, par contre, tout ce qui concerne les questions sociales et les sujets ethniques, avec le racisme bête et les esprits limités.

Nous sommes plus dans un roman noir (côté social prononcé) que dans un thriller pur jus et je préfère ça, je dois dire. Le premier tome donne envie de lire la suite, sans trop tarder, tant on veut savoir ce qu’il se passe, qui est coupable et pourquoi.

Les personnages d’Al, étudiant calme et d’Ellis, le flic bourru et bordélique, sont bien travaillés et leur duo fonctionne bien, sans pour autant qu’ils fassent des étincelles. Là aussi, ça prend du temps.

Juste dommage que l’on ne retrouve pas quelques éléments emblématiques de la ville de Londres, autre que son métro.

#LeMoisAnglais2025
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Le Défi Holmes contre Rouletabille à l’exposition universelle : Jean-Noël Delétang

ImageTitre : Le Défi Holmes contre Rouletabille à l’exposition universelle

Auteur : Jean-Noël Delétang
Édition : La geste – Moissons Noires (17/08/2022) – 280 pages

Résumé :
Sherlock Holmes, escorté de son fidèle Watson, rencontre ici pour la première fois Rouletabille. Les héros de Sir Conan Doyle et Gaston Leroux se retrouvent associés dans une aventure aussi mouvementée qu’inattendue.

ImageCritique :
Pour illustrer mon état d’esprit, après la lecture de ce pastiche, j’ai bien envie de citer le major Achbach (La grande vadrouille, scène de l’interrogatoire) : « De moi vous osez vous fouter ? ».

Parce que oui, le titre est un peu un foutage de gueule, tout comme l’était déjà celui avec « les secrets de Jules Verne » (on voyait peu Jules Verne et ses secrets, c’était de la roupie de sansonnet).

Rouletabille est présent, certes (et un peu plus que le Jules Verne de l’autre pastiche de cette maison d’édition), mais pour le « défi Holmes contre Rouletabille », ma foi, je cherche toujours, puisqu’il n’y aura pas ni compétition, ni défi, entre les deux hommes, juste une collaboration dans les pages finales.

Pour ce qui est du respect des personnages canoniques de Holmes et Watson, on repassera : Watson ne pense qu’à manger, faire la sieste, est à la limite du crétin et appelle Holmes par son prénom (hérésie), tandis qu’Holmes n’est qu’une pâle copie de l’original. Il faut même se forcer pour s’imaginer être en sa présence.

Pas de déduction, pas de frémissement du détective lancé sur une piste, et, pire encore, il se promène dans la capitale parisienne vêtu de sa casquette à double visière (deerstalker) et de sa cape macfarlane, ustensiles vestimentaires réservés à la campagne. Holmes est un homme élégant et jamais, il ne se baladerait, ainsi attifé, dans une grande ville. Grotesque.

L’enquête est légère, avec un vol des breloques de son altesse le prince héritier Edouard VII (Betie ou Tum Tum) : sa Légion d’honneur, la breloque de la toison d’or et une autre de l’ordre de l’éléphant. Vu l’importance diplomatique de ce vol, Holmes est chargé de mener l’enquête. Un autre vol aura lieu après, mais il ne sera pas chargé de cette enquête.

Le format des nouvelles sied mieux aux enquêtes de Holmes et heureusement que ce polar ne faisait que 280 pages, parce que plus et je m’endormais dessus. Je n’ai rien contre le manque de rythme et de rebondissements, mais il faut que le récit soit intéressant, là, il était plutôt insipide. Pas mauvais, mais sans goût, ni sauce. Fade.

Quant au coupable, je l’ai trouvé très naïf, facilement roulable dans la farine, le genre qui ne marquera pas les annales, n’en déplaise à ce que l’auteur laisse sous-entendre de lui à la fin du roman. Je n’y crois pas une seconde.

Finalement, ce pastiche est moins bon que « Les secrets de Jules Verne » qui avait au moins le mérite de respecter un peu plus les personnages de Conan Doyle.

Ce n’est pas non plus le pire des pastiches holmsiens, loin de là, ça se lit aisément et même si j’ai levé les yeux au ciel plusieurs fois, si l’enquête était légère et simpliste, si les personnages n’étaient pas canoniques et l’inspecteur de police con comme la lune, pour le reste, ça passait, mais sans plus.

Un pastiche à réserver à celles et ceux qui ne sont pas des holmésiens purs et durs et qui veulent juste passer un bon petit moment avec un enquêteur qui ressemble à Sherlock Holmes de loin. Oui, comme Alain Deloin…

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La promesse – Elvis Cole et Joe Pike 16 : Robert Crais

ImageTitre : La promesse – Elvis Cole et Joe Pike 16 🇺🇸

Auteur : Robert Crais 🇺🇸
Édition : Talents Hauts (10/10/2023)
Édition Originale : The Promise (2015)
Traduction : Yannick Brolles

Résumé :
Loyauté, dévouement, lutte contre l’injustice, telles sont les valeurs qui ont toujours animé le détective privé Elvis Cole et ses deux fidèles acolytes, Joe Pike et Jon Stone. Quand ils font une promesse, ils la tiennent. Même lorsque cette promesse pourrait bien leur coûter la vie.

Elvis Cole vient d’être engagé par une dénommée Meryl Lawrence pour retrouver une amie et collègue de travail qui se serait soi-disant enfuie avec un inconnu rencontré en ligne et quelques centaines de milliers de dollars qu’elle aurait détournés.

Une enquête banale se dit Elvis. Jusqu’à ce qu’il découvre que la disparue travaille comme ingénieure chimiste pour une entreprise qui fabrique des explosifs pour l’armée américaine.

Pendant ce temps, à Echo Park, Scott James, maître-chien du LAPD, et Maggie, son partenaire canin, s’apprêtent à pénétrer dans une maison dans laquelle le suspect recherché pour meurtre qu’ils poursuivent vient de se retrancher.

Mais une surprise les attend à l’intérieur…

ImageCritique :
Oh làlà, cela faisait des années que je n’avais plus lu un seul roman de Robert Crais, mettant en scène le détective Elvis Cole et son partenaire taiseux, Joe Pike.

Et pourtant, j’en ai lu un paquet, de leurs enquêtes ! Pourquoi avoir arrêté durant des années, alors ?

Non pas que je n’aimais plus ces romans, juste que j’étais passé à autre chose (et puis, il y a tant à lire). Pourquoi aie-je eu l’envie soudaine de lire celui-ci ? Grâce à une chronique de ma copinaute Sharon, qui m’a donné envie de replonger dans cet univers dont j’avais gardé un bon souvenir.

Malgré les années, j’ai retrouvé les atmosphères chères à l’auteur et ses personnages qui n’appartiennent qu’à lui. Oui, c’est comme si je retrouvais deux vieux potes et que l’on s’était quitté le mois dernier.

Joe Pike porte toujours ses lunettes de soleil, non-stop, ses t-shirts aux manches déchirées et ses tatouages sur les deltoïdes (des flèches rouges). Elvis Cole est toujours un excellent détective, même si sa nouvelle cliente a des doutes et qu’on dirait qu’elle veut lui apprendre son métier.

La mission d’Elvis Cole ? Retrouver Amy Breslyn, qui, d’après sa collègue et amie de travail, Meryl Lawrence (la cliente), aurait disparu après avoir détourné de l’argent de la société, sans doute pour partir avec un mec… Dès le commencement, Elvis va mettre ses pieds dans un sac à embrouilles et il aura fort à faire pour résoudre cette affaire.

Comme toujours, une touche d’humour, dans les dialogues, de l’action, sans jamais abuser, des investigations afin de résoudre cette disparition, en partant de pas grand-chose et une autre affaire qui va venir se coller à la sienne et qui impliquera un policier de la brigade canine et de sa chienne, Maggie, magnifique berger allemand.

Plusieurs points de vue vont se succéder, au fil des chapitres, nous faisant passer d’un personnage à l’autre et quelques fois, nous aurons même les pensées de Maggie, la chienne et je dois dire que j’ai adoré cela.

Sans spolier le bazar, je précise, pour les personnes sensibles, que Maggie va bien et qu’il ne lui arrivera rien. Ouf ! Le chat de Cole, qui a toujours un sale caractère, va bien aussi. Mais ne le caressez pas !

Seul inconvénient, avec une chienne qui se nomme Maggie, c’est qu’à un moment donné, quand elle reniflait des pare-chocs d’une voiture, j’ai pensé que c’était une femme qui accomplissait cette action et j’ai tiqué, avant de me rendre compte que mon cerveau avait disjoncté et que non, la Dame de fer ne reniflait pas des odeurs ! Oups.

Au départ, on pourrait penser que cette enquête va être banale, classique, alors qu’en fait, c’est tout le contraire. Dès le départ, on se doute qu’il y a une couille quelque part, sans savoir dans quel pâté et au fur et à mesure que le récit se déroulait, mon cerveau turbinait afin de trouver quoi, mais peine perdue, j’ai dû attendre qu’Elvis nous explique tout.

Anybref, une enquête captivante, complexe, pourvue de multiples tiroirs, mais rassurez-vous, impossible de se perdre. L’écriture de Robert Crais est simple sans être simpliste, elle va droit au but et l’auteur prend aussi le temps de placer ses personnages, de les épaissir, sans que cela ralentisse le rythme de lecture.

Une intrigue qui m’a ravie, qui m’a, une fois de plus, montré une facette de l’Amérique, le tout en suivant des personnages que j’apprécie toujours et que j’ai bien envie de retrouver dans d’autres épisodes, ceux que je n’ai pas lus.

Clairement, nous ne sommes pas dans le roman de gare ou le bas de gamme en matière de polar. C’est du haut-vol !

An American Year (2) 2024/2025
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