VOYAGE VOYAGE

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J’irai dans l’oubli au-delà du bien et du mal me réconcilier avec moi-même -Michel Rio

 

 

Juste une ondée en fin de journée… Ciel bleu à peine nuageux, soleil radieux, il a fait super beau today, dans le marais. Même temps presque chaud, qu’à Central Park, il y a deux ans jour pour jour, avec juste un vent léger qui promenait dans l’air les effluves de mon parfum…  J’ai fermé les yeux, une fraction de seconde. Et le souvenir est revenu me chatouiller les narines, en tempo avec le clapotis de l’eau… Ce n’est plus des ragondins que je voyais, mais des écureuils… Il n’y a jamais de pourquoi à un souvenir. Il arrive comme ça dans les effluves d’un parfum, et parfois sur des notes de musique avec les paroles de cette chanson qu’on s’interdit d’écouter. Remember when…

(…)

Il arrive à l’improviste, sans être invité. Et tu ne sais jamais à quel moment il partira. Tout ce que tu sais, c’est que quoi tu fasses, il revient toujours… Même si ça ne dure qu’un instant… Sauf que now, je sais comment faire. Y suffit de ne pas s’attarder. Alors dès que le souvenir s’est pointé, j’me suis remise à marcher. J’ai marché sans regrets, sans concession… j’ai marché au rythme du vent, sans regarder en arrière… Pour fuir le tsunami de cet amour fou revenu en force… fuir pour ne pas être noyée, pour ne pas être emportée…

Mais alors pourquoi, cette fois, c’est moi qui, la nuit venue va chercher ce film en noir et blanc ? Je suis là, dehors, assise devant la table de jardin, et je fume une cigarette, en suivant des yeux la fumée, puis plus loin que la fumée, plus haut, toujours plus haut jusqu’au ciel… Combien de fois, j’ai nagé dans cette mer immense, en pensant à toi, le regard perdu dans ce ciel bleu marine. En demandant pourquoi aux étoiles. En n’entendant pour toute réponse, que leur silence embarrassé… Comme cette nuit encore. Mais suis-je bête ! Quand on aime jusqu’à s’oublier, se perdre, on peut tout trouver, sauf un « pourquoi ».
Alors oui, je pars demain, loin… plus loin que la mer, plus loin que l’horizon, là-bas

(…)

C’est René (DESCARTES) qui, dans ses Méditations métaphysiques, affirmait que, on ne peut mieux trouver le monde, qu’auprès d’un poêle réfugié dans sa chambre.
Tout serait là, d’après lui, « nul besoin d’horizon exotique pour rencontrer le réel ». Suffirait d’être attentif etc. Bref en gros, d’être un peu « à soi » et blablabla…
Mouais… sauf que René OUBLIE DE DIRE, qu’il fût lui-même un grand voyageur, qui s’est risqué jusque dans des territoires interdits, avant de se réfugier dans sa chambre.
Tu me diras, il y a aussi Socrate qui est allé trouver la Pythie, un « long chemin papa », pour s’entendre dire ce fameux « Connais-toi même » devenu légendaire depuis.
Ben oui, parce que « je » est un autre – pas vrai ? « Une invention de la grammaire qu’ils ont dit Nietzsche et Freud… Et donc ce « je », le seul et unique moyen qu’il a de savoir ce qui le définit, ce qu’il aime (ou pas !), ce qu’il veut vraiment, c’est en allant hors de lui-même… Partir pour mieux revenir à soi… Autrement dit, le dépaysement qu’on va chercher sous d’autres cieux correspond à un voyage jusqu’au bout de…
Meuh, je n’allais pas dire de la nuit, mais de soi. Un voyage dont on ne revient jamais, puisque lorsqu’on revient, on est un autre.
Alors adieu journal !!! Allez, ne t’inquiète pas, ce sont les effets des premières chaleurs, un bon orage là-dessus…

EXTRAIT de « Bétail intime, journal d’une conne qui se soigne »

(Fin de la première partie)

 

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DEUXIÈME  PARTIE

( 7 days in New York)

 

1

L’inaccessible étoile

 

« Tu te souviens, Lally, avec Matt dans le virtuel, vos cerveaux en osmose allaient comme sur des roulettes ?  »

Mina m’a demandé ça tout de go presque deux heures après le décollage de l’avion.

-Euh, oui, mais pourquoi cette question ?

-Eh bien je me demandais si rester inaccessible ou le redevenir n’est pas le seul moyen de rester l’unique objet de fantasme, la seule aimée, désirée au-delà de tout ?

-J’ai bien peur que si, j’ai répondu sans y avoir vraiment réfléchi.

A ce moment-là précisément, regard tourné vers le hublot, je buvais au goulot l’eau tiède et pétillante d’une mini bouteille en plastique. L’appareil avait pris sa vitesse de croisière et on devait être quelque part à onze mille mètres d’altitude au dessus de l’Atlantique. Des bandes de nuages gris argentés glissaient dans l’aérienne douceur du ciel, et je me disais qu’elles se déposaient probablement dans un endroit secret de mon cortex, quand j’ai senti se poser sur mon bras nu, la main moite et brûlante de Mina.

-Ça veut dire quoi naturellement gazéifiée, que quelqu’un a pété dedans ?

Et alors là, j’ai compris que Mina ne me laisserait pas dormir pendant le vol Paris-New York… Le khôl en berne, le teint terni, elle riait moyen de sa blague; a very bad blague qui ne lui ressemblait pas du tout…
Aussi elle avait beau se tenir super droite sur le siège à côté du mien, et faire genre la grande diplômée en même pas peur, je la connais trop bien, moi, Mina. Et puis je ne suis pas non plus sans ignorer que sa situation avec chéri est en cours de réexamen. Même que là, pour le coup, le pronostic qui se voyait comme le nez au milieu du visage n’était pas très optimiste.
L’espace de quelques instants (le temps qu’il m’a fallu sans doute pour faire ce constat) j’ai éprouvé une sorte de vertige à l’envers, tellement je la sentais perdue dans un grand vide personnel, et à la fois remplie par son unique sujet de préoccupation : chéri…

Mais étant moi-même noyé dans une espèce de brouillard émotionnel qui m’empêchait de penser, je ne lui ai pas posé de questions. De toute façon, tu sais ce qu’il dit Platon ? On ne pose que les questions dont on connait les réponses. Sinon comment serait venu l’idée de la question ?… Alors, je me suis mise à me mâchouiller les lèvres, histoire d’éviter de dire des bêtises.

(…)

Si c’est ça l’amour absolu, l’inaccessible étoile, j’ai pensé – eh ben à défaut de l’atteindre, elle peut, au moins, nous éclairer quand dans nos vies sentimentales, il fait nuit…

“Bétail intime, journal d’une conne qui se soigne”

(Tous droits réservés)

 

Parfois marcher dans la partie ombrageuse de Manhattan, c’est un peu comme être inséré dans un Magritte : la rue est plongée dans le noir, tandis que le ciel est de plein jour. »
Joseph O’Neil –Netherland (le roman préféré d’Obama)

 

2

 

New York, samedi 11 juillet

 

Il aura suffit d’un quart de seconde –ou même pas, pour que Coco se prenne en pleine face ce qui a dû être la plus grosse bulle du chewing-gum du monde. Et ça a fait tellement de bruit en éclatant que j’en ai sursauté. Jusqu’à Mina assoupie sur le canapé, qui a fait un bond en l’air sans se réveiller pour autant.
Eh ben comme ça au moins, je n’aurais pas eu à chercher bien longtemps les premiers mots qui vont nous ramener un peu plus de trois ans en arrière.
C’était un dimanche en fin d’après midi, à cette heure un peu glauque où le blues de lundigestion nous guette. Alors je me suis installée derrière mon ordi et via Internet j’ai appellé Matthieu Brillant dont j’avais reçu la veille un mail d’invitation sur Skype. Je ne saurais jamais comment l’énorme bulle que je venais de faire avec mon chewing-gum m’a éclaté dans la figure au moment juste où Matt’ est apparu pour la première fois à la Webcam. Mais ça nous nous a fait tellement rire à ne plus pouvoir s’arrêter que j’ai fini par avaler le chewing-gum. Oui un peu plus je mourais étouffée par un Malabar avant même d’avoir réalisé ce qui m’arrivait… Et alors là, lui le roi du polar s’est mis à me taquiner qu’il n’était en aucun cas responsable de l’explosion du ballon et qu’il ne manquerait plus qu’il soit accusé de tentative de meurtre par avalage de bubble gum de force. De toute façon lui étant à New York, où cinq ou six personnes avaient dû le voir au mythique Chelsea Hotel à 12 heures 05 précises et moi à La Rochelle, son alibi était béton.
Tout à coup la chambre aux murs blancs de la célèbre résidence d’artistes s’est illuminée. Je pouvais voir par la fenêtre grande ouverte une façade de briques rouges avec ses hautes fenêtres étroites en largeur… Et lui l’écrivain français superstar me parlait de la chlorophylle de Central Park et des embruns de l’Atlantique. Il se passait un truc qui ne disait pas encore son nom, mais qui pourtant changeait tout à l’inspiration du verbe avec le soleil qui en descendant doucement sur la mer se superposait à la réalité qu’on aurait presque pu croire imaginaire.
Et voilà, fin d’une période de célibat qui aura duré pas loin de 12 mois. Bien que je n’aie pas tout de suite vu les choses sous cet angle-là, Matt venait d’entrer dans ma vie, et j’étais en paix avec la terre entière.
A trente ans sonnés –mieux vaut tard que jamais, j’ignorais encore si j’étais enfin capable d’affronter la life hors du foyer protecteur d’une mère possessive.
Aussi incroyable et contradictoire que cela puisse paraître, je n’avais pas connu de « vraie histoire » malgré une succession ininterrompue de « p’tits amis » qui ne m’apportaient rien ou pas grand-chose, si ce n’est la piètre consolation d’être tant bien que mal accompagnée plutôt que seule comme Violette

Violette pour laquelle aucun de ces garçons que je lui présentais ne trouvait grâce à ses yeux. Pas un, dans la quantité, qu’elle n’ait trouvé à son goût ! Bon, il s’est révélé par la suite qu’aucun n’était un mec pour moi. Mais que certains plus d’autres avaient largement contribué à faire de moi celle que j’étais devenue : une fille qui avait totalement perdu confiance en elle.

« C’est normal, me disait Coco ; tant que tu feras passer ton bien-être personnel après celui du mec avec lequel tu es, tu ne te sentiras pas à l’aise dans tes baskets »

-Tu n’as pas besoin de Pierre, Paul, Jacques, pour être équilibrée. Tu n’as besoin de personne, Lally.

Ce qui, soit dit en passant, explique sans doute en partie pourquoi cette même Coco ne pige strictement rien à l’immense chagrin d’amour qui submerge Mina, ces temps-ci. Pour elle, Coco, si on l’écoute, c’est complètement ridicule de se mettre dans des états pareils pour un mec. En fait, c’est exactement comme si, elle se retrouvait face à une malade qui a très mal, pour laquelle –n’étant pas médecin, elle ne peut absolument rien. Quand on n’a pas vécu soi-même de chagrin d’amour, on ne comprend pas grand-chose au chagrin des autres.

Cela dit, il faut croire que malgré tout les conseils de la trop pragmatique Coco, n’étaient pas tombés dans l’oreille d’une sourde, et qu’ils avaient fini par faire leur bonhomme de chemin dans ma p’tite tête. Car un beautiful day, j’me suis réveillée de bon matin en me jurant que je ne serai jamais plus l’esclave d’un mec ; qu’au contraire j’allais devenir quelqu’un de mature et responsable, et ainsi relancer mon image de marque auprès de la gente masculine. Bref, que j’allais enfin renaître à moi-même ; autrement dit devenir celle que je suis vraiment, et qui n’a besoin de personne.

En bonne professionnelle du marketing que je suis, il n’a pas été trop sorcier d’établir un plan de revalorisation personnelle.

Me suis acheté un yucca pour commencer. Mais pas trop grand, pour qu’il puisse tenir dans un coin de mon salon. Et jour après jour, j’ai pris soin de lui, fière de développer ainsi une compétence fondamentale.

Trois semaines plus tard, me suis acheté un poisson rouge, Elvis… et avec lui, Elvis, j’ai tout naturellement développé ma capacité à créer et entretenir une relation.

Et puis, forte d’avoir réussi à tenir en vie mon yucca et mon poisson rouge, j’ai adopté un chaton.

Douze mois, tu te rends compte, il m’aura fallu douze mois pour grandir, et pendant lesquels, j’me suis uniquement concentrée sur moi… sur ce que je désirais vraiment, ce que je pouvais faire… ça faisait partie des règles du jeu.

Mouais, sauf que –tic tac, tic tac… mon horloge biologique s’en tapait pas mal des règles du jeu. Elle a fini par me signifier clairement qu’elle ne souhaitait pas faire d’heures sup’, et qu’il était grand temps d’assurer le passage du chat à l’homme…

Gloups !!!

Soudain sans que je puisse m’expliquer comment j’en étais arrivé là, je me suis aperçu que j’étais raide dingue amoureuse de cet homme au visage familier et qui me souriait nettement à travers l’écran de l’ordi…

-C’est loin Chelsea Hotel ? Me demande Mina, qui finalement ne dormait que d’un œil et a tout entendu de cette histoire du bubble-gum que je viens de raconter à Coco.

-Euh… non, au 222 West 23 rd Street, entre la 7eme et 8 avenue de Manhattan. Je crois qu’il a fermé depuis, mais on peut y passer, si vous y tenez. Et après faire Central Park, puis Times Square…

Dans cet appartement de rêve loué pour la semaine, et idéalement situé à Greenwich Village, la première journée In New York s’organise peu à peu autour d’un thé préparé et servi par Coco.

Sauf que dans la ville qui ne dort jamais il peut arriver qu’avec le décalage horaire la nuit déteigne sur le jour, et qu’on ne sache plus si c’est le matin ou l’après midi. D’autant plus que les nuages noirs qui s’amoncellent sur le quartier, ne sont pas le fruit de mon imagination. Ni les éclairs qui traversent le ciel assombri. C’est finalement la pluie qui en s’abattant violemment et sans préavis sur les passants, va nous faire abandonner le programme des touristes que nous sommes, au profit d’une sieste réparatrice. Le temps de laisser passer l’orage.

Extrait de « Bétail intime, journal d’une conne qui se soigne »

(Tous droits réservés)

 

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STOP OU ENCORE ? 

 

 

 

La première fois (1 et 2 )

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1

8 mai, fin d’après-midi

 

La première fois que je l’ai vu, c’était sur la plage juste en face de chez moi, où j’aime courir à cette heure incertaine, dans les souffles du vent, quand le cri des mouettes affamées et le ressac de l’océan déchirent cette page de silence de tous les instants de l’attente. Celle de la pluie annoncée, des premières gouttes dans les premières lueurs du jour ; celle du café noir pris un peu plus tard au comptoir d’un bar d’habitués, sur le Vieux Port, et de la première clope qu’on se grille en vivant l’instant comme une éternité.

Jusque là, avec les garçons, j’avais toujours fonctionné sur le mode cartésien –genre « j’appelle un chat un chat, et demande-moi plutôt si, là, ça me fait du bien ». Euh oui, parce que « le petit truc tout dur » ou « le bouton magique » ça me faisait pisser de rire au lieu de jouir.

Question d’éducation ou de complexes ? Les deux peut-être. Enfin sûrement. Sinon pourquoi sortir autant de conneries au moment de laisser tomber le Slim devant un garçon ?  Aussi étais-je vraiment obligée de lui balancer  les oreillers et le traversin, en pouffant comme une débile? C’est dire, en tout cas, si toutes ces histoires de « phéromones » et de l’accord parfait comme ça du premier coup, étaient du chinois pour moi. Mais alors à un point qui n’avait d’égal que toutes ces sornettes à deux balles de roucoulades et de prince charmant –« ils se marièrent, vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants »… Pff, comme si le désir  de l’autre s’accompagnait forcément de l’envie de se reproduire.  Et comme si l’orgasme devait impérativement être suivi d’un « je t’aime mon amour ».

Certes, au dessus de mon clic-clac, le moteur mystère s’était souvent pris une claque, à force  d’explications et de méchants doutes exprimés. Mais en même temps, c’est ça l’esprit cartésien: un besoin irrépressible de tout bien comprendre, avant de laisser faire son corps qui, lui, saura bien trouver tout seul ses chemins de traverse. Ce qui s’appelle s’aimer en silence… Autrement dit, on laisse causer nos phéromones entre elles. Et on n’ajoute rien. Absolument rien, Parce que c’est comme ça d’abord que le corps, il apprend plein de choses. Des choses dont le nom n’est dans aucun  dico…

Seulement voilà, être  juste silencieuse et tout simplement émue, c’était encore trop tôt pour me demander ça, car c’est d’une dimension dont je n’avais alors pas la moindre idée, jusqu’au jour où….

Meuh… ce n’est pas Zorro qui est arrivé sans se presser-éé, mais l’Elu, le Beau, le Grand Matthieu Brillant, sans cape et sans chapeau. Avec sa gueule de baroudeur, son stylo et ses gros sabots d’écrivain que je n’ai pas vu venir. D’une phrase, il m’a attrapée au lasso de son humour indélébile qui n’appartient qu’à lui. Humm… à partir de là, faut pas s’étonner que ça marque. OK j’arrête, d’toute façon, j’entends une voiture, c’est sûrement Mina…

SOlène, « Bétail intime, journal d’une conne qui se soigne »

(Tous droits réservés)

 

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2

24 mai

 

« C’est incroyable cette force irrésistible vers toi. PTu es la grande marée de mon cœur, de ma tête, de mon corps… JTM. Et si tu veux bien de moi comme client ce week-end, je t’attends sur la plage, en face de chez toi »…

 

C’est simple, je n’en croyais pas mes yeux. Et j’ai dû relire ce SMS de Matt au moins trois fois avant de m’écrier « waouhou ! »… Matt était là, sous les mêmes cieux que moi, plus exactement à cent cinquante mètres de la maison, et dans trois minutes, je le verrai enfin, en vrai ! Je pleurais et je riais en même temps, tout en courant pieds nus en direction de la plage, comme ça portée par l’instant et l’instinct, sans même avoir songé à me changer. La seule chose à laquelle je pensais, c’était à ne pas perdre de vue la silhouette masculine toute de blanc vêtue qui s’agrandissait et s’épaississait au fur et à mesure que je fonçais sur elle à brides rabattues.

(Franchement, il avait abusé sur la tenue. Ce n’était pas tant le pantalon moulant, ça non, au contraire, parce qu’il a un super beau cul, mais la chemise sortie négligemment du pantalon et les manches pas boutonnées juste retournées impeccablement au bout – genre le mec faussement décontract’, c’était d’un goût ! Blanc sur blanc, en plus ! Qu’est-ce que ça faisait tarte ! Remarque, moi, c’était pas mieux avec mon jean déchiré aux fesses, et mon top taché de café. Quoi que sur le noir, ça ne se voyait pas trop)

Il était là, de dos, en train de contempler l’océan. Je ne me suis pas attardée sur la question vestimentaire, parce que l’idée de lui bander les yeux avec mes mains m’est venue quasiment en même temps que les miens, de yeux, s’occupaient à admirer la carrure de l’écrivain.
(Et comment je le voulais ! Mais pas comme client d’une de mes chambres d’hôtes. Dans mon lit !) Ça n’a fait ni une ni deux – Et ploufff !!!

comme ça que ça a commencé nous deux, dans l’interminable plongée en apnée de notre premier baiser sur le sable mouillé, avec les vagues qui venaient régulièrement se jeter sur nos corps collés l’un à l’autre, nous recouvrant alors de la tête au pieds avant de se retirer lentement…

-Tu es celle que j’attendais depuis toujours.

(P’tain, après quinze mois et sept jours d’échanges virtuels sur le web, ce n’était pas trop tôt ! Et qu’il aura été long le chemin avant d’arriver à mon chevalier blanc, venue pour me sauver in extrémis -je veux dire par là, à la date limite de vente, car un peu plus, j’étais périmée ! Hé, je ne prétends pas avoir un passé glorieux ! Loin s’en faut ! Mais salutaire à force d’expériences merdiques, ça oui ! C’est bien connu, ce sont les erreurs qui font grandir, et personne ne dira le contraire : chaque erreur est une borne qui marque l’évolution. Aussi avec Matt’, j’ai tout de suite su que ce serait différent. Je n’attendais plus l’amour inconditionnel. Cet amour il était là en moi, depuis toujours. Et j’avais devant les yeux, celui à qui j’allais pouvoir le donner, enfin. Matt, c’était l’évidence)

Pff, déjà l’heure de mon rencard avec Mina, sur Skipe ! Bon ben, à plus !

SOlène -Extrait de « Bétail intime, journal d’une conne qui se soigne », à paraitre!

(Tous droits réservés)

 

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WHAT ELSE ?

Les 5 premiers chapitres*

Et

Lally, ses années pension

 

https://youtu.be/3qMj3IDRBYI

Lally, ses années pension

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Maîtrise de cendrillon en poche, je suis partie dans la vie avec ce même et sérieux handicap : croire que « à chacun sa chacune » (et, après tout, chaque prince a la princesse qu’il mérite). Aussi il aura suffit qu’une Blanche-neige vienne braconner sur mon territoire pour que mon beau château de sable soit emporté par une marrée de larmes”…

 

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✍️

Ce soir, je commencerai donc par te parler des frères machin. Et je te ferai remarquer que je n’ai pas choisi la transition la plus simple, car tu n’imagines même pas comment ceux-là m’ont pourri l’existence. Ça a commencé, je devais avoir dans les douze et des poussières, j’étais en pension chez les sœurs d’puis le CP, et leur apparition (j’parle des frères machin, pas des bonnes sœurs) est forcément liée à tous les désagréments qui ont suivis. Et encore, « désagréments », le mot est faible, je trouve. Ce fut l’enfer, oui. Et pas comme au Monopoly où on peut repasser par la case départ. Non direct l’irréfutable, sans même un petit crochet par le purgatoire….

Alors voilà, il ne te reste plus qu’à imaginer un pensionnat de pauvres petites filles riches… Des bâtiments solides, cossus, nimbés de brume, et perdus au beau milieu de nulle part, avec plein de vert autour, et un immense ciel bleu au dessus…
(Bon, ça y’est, tu vois le tableau ???)
Ce jour là donc, les fenêtres de la classe étaient grandes ouvertes. Dehors, un jardinier passait la tondeuse sur les pelouses, et l’air autant chargé de pollen que de molécules hormonales, frémissait d’une odeur d’herbe fraîchement coupée, mêlée à celle de l’hémoglobine…Et moi là, assise derrière mon pupitre, je me tordais de douleur pendant le cours de Sœur Marie du Saint Sacrement. Même que j’ai vu la dernière heure de ma courte vie, arriver au moment juste de la prière d’avant la récréation. C’est depuis ça, d’ailleurs, que je sais qu’on peut mourir d’adolescence…
Les êtres passent et s’effacent. C’est comme les choses, les êtres… un jour ils disparaissent. Je l’aimais vraiment beaucoup, moi, Sœur Marie du Saint Sacrement. Et elle aussi, elle m’aimait. Elle ne me l’a jamais dit, quand j’étais pensionnaire. Mais elle me l’a écrit après, au stylo plume, de sa belle écriture faite de pleins et de déliés, sur du papier à lettre qui sentait trop trop bon l’enfance.

Parce qu’on s’est écrit nous deux, jusqu’à ce que… Ben oui, les êtres ça dure un peu plus longtemps que les roses, mais ça meurt aussi. Alors leur souvenir reste au fond du cœur, dans un p’tit coin…
Dans un film, on enverrait le flash-back. Et « chère sœur » (comme ça que je l’appelais sœur Mariedu Saint Sacrement, « chère sœur », comme j‘aurais dit « maman »), bref, « chère sœur » apparaîtrait frêle silhouette noire en cornette blanche, dans le dortoir rose. Le dortoir des « Mésanges ». Eh oui, j’étais une « mésange ».
Allez, pas d’impatience, cher journal, j’envoie immédiatement la fuite -euh, pardonne-moi ce lapsus révélateur, je voulais dire la suite, bien entendu.
Et donc ce sang répugnant qui me dégoulinait le long des gambettes, ça s’appelait « les règles », mais tu l’avais compris, n’est-ce pas ? Et les règles, selon chère sœur, c’était ce qui permettait d’avoir des bébés…
Pas facile à expliquer, mets-toi à la place de chère sœur… loin très loin des choses du sexe, et face à une mouflette en pleurs qui, de son côté, n’avait pas, mais alors pas la moindre idée de comment que ça se fabriquait, les bébés.
Mais quand même, j’ai eu droit à ma première « serviette hygiénique », ce truc qui ressemble à une couche de nourrisson justement, mais en plus petit… Et j’étais là, en train de me bouffer l’ongle de l’auriculaire gauche, en me demandant pourquoi qu’ça m’arrivait à moi, sans qu’l’ange Gabriel me soit apparu ?
En parlant de couche, tu as le droit de sourire : j’en tenais une bonne. Persuadée comme j’étais désormais d’attendre un enfant. Je te l’accorde, c’était fort de café. Mais alors à un point que tu n’imagines même pas. Mouais, parce que, en plus, les frères nichons grossissaient à vue d’œil. Et pour moi, ça ne faisait pas l’ombre d’un doute : c’était le lait…

Transformée la pensionnaire -j’te dis, en une espèce de mammifère en uniforme bleu marine et blanc. Ah, elle était chouette la « mésange », comme ça affublée de mamelles !
Euh, oui, parce que je ne te l’ai pas encore dit, mais ma pension, elle était en pleine cambrousse. Et dans toutes les cambrousses, il y’a des vaches. Je crois même bien que dans le village, il y’avait plus de vaches que d’habitants. Des vaches avec des mamelles énormes, tellement qu’elles étaient gonflées de lait. Et je savais bien que le lait, il ne servait pas qu’à faire la crème fraîche, le beurre et le fromage, mais également à nourrir les veaux.-hé, je les avais vu téter, les bestiaux au doux regard lobotomisé… Mais c’était clair de chez Clairefontaine : moi, les frères nichons, ils me dégoûtaient. Grave. Je ne voulais pas d’eux, et puis c’est tout. Et pas d’un bébé dans le ventre, non plus. Aussi faut me comprendre : je n’avais même pas 13 ans…
Je veux bien croire tout ce qu’on me raconte, l’instinct maternel, le bonheur de l’allaitement tout ça… moi j’dis qu’à 13 ans déjà, j’me sentais pas faite pour la reproduction. Le seul bébé que j’avais eu l’occasion de tenir dans mes bras, il avait vomi sur mon T-shirt. Et cette odeur de lait caillé – Berck !
Dieu merci, neuf menstruations plus tard, je veux dire par là neuf mois après mes premières affaires, je n’avais toujours pas mis bas. Aussi, que les choses soient bien claires (je la fais courte, parce qu’à la longue, ça pourrait gonfler) : il eut sans doute fallu que je posasse les bonnes questions à la bonne personne au bon moment (ma mère, aux vacances de Noël, par exemple), mais je ne le fis pas. Et je trouillais alors ma life, d’avoir un « divin enfant » mort dans mon ventre, qui – pour preuve, ne s’était pas arrondi. L’enfer, j’te dis.

Jusqu’ à ce que, un beau jour enfin, au réfectoire, dans un moment d’intense illumination, j’ai tout compris toute seule comme une grande, en observant de près une partie de pattes en l’air entre deux mouches diosophila melagogaster, plus communément nommées « mouches à vinaigre ». . Comme ça, sur le coup, j’étais grave dégoûtée tellement que c’était dégueu d’imaginer ma mère dans cette situation pas ordinaire avec mon père. Alors j’ai agité les mains devant ma figure, pour chasser vite fait ces sales pensées, au nez et à la barbe du Christ en croix, et -j’te dis pas comment tout de suite après ça, je me suis mise à kiffer la Sainte Vierge Marie, sa maman au p’tit Jésus.
Bon, c’est pas le tout, mais ne m’en veux pas pour le raccourci que je vais te faire prendre tout à coup. Car, fini le pensionnat chez les bonnes sœurs, et bel et bien finie ma période mystique : nous voilà dans Paris, à deux pas des Buttes-Chaumont, le bahut… J’ai de nouvelles copines, bien que, pas très dégourdies les meufs. Même qu’elles sont trop nulles, à croire encore au prince charmant. En plus, leurs amoureux je leur trouve tous des têtes de mari. Ben, c’est que de mon côté, je ne vois pas ce que je ferais d‘un mari, ni ce qu‘un mari ferait de moi… Aussi, je les trouve énervants, moi, les garçons à toujours mater si « il y a du monde au balcon ». Comme si ils n’avaient jamais vu de leur vie du 95 C, et surtout comme si ça compensait qu’il n’y ait personne au grenier (et vlan, prenez ça en passant, dans les dents)…
Mouais ben, en tout cas, mon mec à moi, il sera à la fois sapeur-pompier-super-héros et poète maudit (ou auteur de best-sellers) à ces heures, genre çui qui préfère les cerveaux aux gros lolos –na.

Hé, c’est que je visais haut ! Sauf que j’avais beau dire quant au solide cursus en connerie de mes copines et faire la grande à coups de « moi je » et de « y’a qu’à », je n’ai pas fait mieux qu’elles : maitrise de cendrillon en poche, je suis partie dans la vie avec ce même et sérieux handicap : croire que « à chacun sa chacune » (et, après tout, chaque prince a la princesse qu’il mérite). Aussi il aura suffit qu’une Blanche-neige vienne braconner sur mon territoire pour que mon beau château de sable soit emporté par une marrée de larmes. C’est que mes phéromones n’avaient pas encore pris le pouvoir sur les garçons, et qu’ils ne tombaient pas comme des GI sur une plage du débarquement, en Normandie. Oh, c’est vrai que par la suite j’aurais –si je l’avais vraiment voulu, très bien pu devenir une ogresse de la consommation, comme les copines. Enfin à ma façon. Et en attendant… Sauf que pas de sentiments, pas de sexe. Et que le sexe, c’est comme les abdos, moins on le fait, moins on en a envie. Et puis si c’était pour jouer la méduse échouée au fond d’un lit, je préférais encore rester chez moi avec un bon bouquin sur la spiritualité. Parce que j’étais sûre, au fond, qu’un jour viendrait où je serai de nouveau prête à (re) tomber amoureuse. Si, si !!

SOlène
(Tous droits réservés)

À  SUIVRE… 

 

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WHAT ELSE ?

Pour lire les cinq premiers chapitres et le résumé

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Coup de cœur

 ❤

 

Bétail intime, journal d’une conne qui se soigne – stop ou encore ?

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Seule, perdue dans l’histoire de Lally, entre dune et sablon, océan et nuages, j’aime ce mélange intime et diffus de sable et de sel, d’embruns et de larmes, qui permet à l’imaginaire de se lâcher… j’écris shootée aux bruines de l’océan et aux couleurs du ciel. A tous les ciels, en fait. Y compris ceux de l’amour. Et des orages de la vie…

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PREMIÈRE PARTIE

1

3 mai 2013

Les larmes sont grosses et la mer profonde. Jette-les par-dessus bord, et dors.

Auden W H

Dans la nuit de lundi  à mardi…

 La nuit dernière, j’ai fait un rêve, un mauvais rêve qui m’a laissé un putain de malaise. Et ça revient maintenant par bribes, insidieusement, juste au dessus de la mer plombée, en montant, redescendant comme le cri horripilant des mouettes qui rasent à présent l’écume des vagues. Loin devant, quelques maigres lueurs pâlissent l’horizon. Le  jour se lève…

 

Salut journal ! La stupide créature que tu as, là, en face de toi, ébouriffée, reniflante, moche… ce fantôme décharné et livide qu’on croirait rongé de l’intérieur par un virus mortel, c’est moi, Lally. Ouh là, attend un peu que je me mouche ! Ne fais pas attention : je n’ai jamais su chialer avec classe (si encore je ne secrétais pas toute cette morve...). Violette (ma mère) serait là, j’aurais droit à une de ses longues diatribes contre les hommes. Pour elle, c’est tous d’égoïstes et infidèles salauds. A l’entendre, Nessie est plus souvent remonté à la surface du loch Ness que le meilleur des hommes. « Souviens toi bien de ça, ma fille, pas un seul ne mérite qu’on pleure pour lui ».   Voui, môman (après elle s’étonne: « tu ne me racontes jamais rien à moi »). Une heure comme ça, au téléphone, avec ma mère, et j’ai épuisé toutes mes batteries de secours. J’en sors littéralement lessivée.

Mon père, lui, il y a longtemps qu’il est au paradis des aventuriers navigateurs. Disparu en mer quelques mois après m’avoir fabriquée, et je serais bien incapable de te dire à quoi il ressemblait.  Aujourd’hui, je suis une grande fifille (un mètre soixante et un, sur la pointe des pieds), qui vole de ses propres ailes (indépendante, libre) et qui assume cette (très) belle et (très très) grande maison qu’il m’a laissée en héritage, à La Rochelle. On fera plus tard le tour du propriétaire, on a le temps…

Ah, et puis cette boule de poils amorphe sur le canapé, c’est mon-titi-qui-s’appelle-gros-chat-gris, mon chat persan que je gâte outrageusement pour compenser le fait qu’il soit tombé dans un foyer mono parental (ça me déculpabilise).

Pendant que j’y suis : j’ai aussi les deux meilleures amies du monde. Mina et Coco, mes amies pour la vie. Mina est attachée de presse à Paris, et Coco  instit’ du côté de Vichy. Mina vit avec Chéri (et les ados de Chéri, un week-end sur deux). Et Coco avec Chouchou. Ces deux-là vont d’ailleurs se marier au mois de septembre prochain, et, bien sûr, Mina et moi sommes invitées au mariage. Nous serons les demoiselles d’honneur. Oui, eh bien, ça ne m’enchante pas du tout, figure-toi. Oh, dans l’absolu, je n’ai rien contre l’idée que des gens persuadés d’être tombés sur la bonne personne officialisent leur union  et s’engagent sur la durée, au risque de faire grimper plus tard  les statistiques du divorce. Mais il y aura plus de cent cinquante invités, et c’est beaucoup trop pour la nature sauvage qui me caractérise (encore un truc que je tiendrais de mon père). Une bonne raison pour y aller à reculons, même si ce n’est pas la vraie, au fond. Car à la réflexion, je crois qu’il y a autre chose de plus profond que ça. Parce que depuis quelque temps, rien ne me fait plus flipper que l’idée de finir vieille fille. Désillusionnée, frustrée, aigrie, comme Violette qui lèche ses plaies à coup de citations à la noix –« l’amour, c’est comme les vacances, ça dure pas longtemps »… Et parce que mon ex futur mari à moi est tellement à l’Ouest que, la seule fois où je lui ai parlé mariage en insistant sur le mot EN-GA-GE-MENT (« tu comprends, ce n’est pas pour deux ans comme avec SFR »), il m’a répondu : « ah bon, tu veux changer de fournisseur d’accès Internet. Tu as des problèmes avec le Neuf SFR ? ». (Non, c’est avec toi que j’ai des problèmes, gros crétin)…

Euh, je vais te laisser un moment, journal. Je vais courir. Puis le temps de prendre une douche, boire un kawa après, en bas, et je reviens te raconter mon rêve.

2

3 mai, un peu plus tard, dans la matinée…

 « C’est ça, c’est ça : oui je suis là, avec lui, chez lui »…

–      Hi ! Hi ! Hi !

Au début, (« c’est ça, c’est ça ») j’ai cru entendre une voix virtuelle – tu sais, comme celles des cybers cartes parlantes. Mais tout de suite après (« oui, je suis là, avec lui, chez lui »), j’ai entendu une vraie voix de fille. Je veux dire par là, que c’était une vraie fille avec une voix de pétasse multi orgasmique. Quelle pouf’ ! J’ai pensé – c’est qu’elle me narguerait, en plus ! Enfin je crois quand même que, ce qui m’a le plus blessée, c’est c’t’espèce de rire de gorge derrière. Un rire en sourdine, couard -limite gêné aux encoignures, et qui se gardait bien de se montrer…  Toujours est-il que ce rire-là esquinté de clopes et de Jack Daniels, je l’aurais reconnu entre mille, c’était çui de Matt – Matthieu, le monsieur qui squatte mes pensées vingt quatre heures sur vingt quatre. Ce qui fait que je me prends la tête encore plus souvent que je me la lave – si tu vois ce que je veux dire… Matt, l’homme de ma vie, mon homme à moi, quoi.

Mouais. Bon, je dois t’avouer qu’il n’est plus très au courant de tout ça, vu que je viens de rompre pour la énième fois. Tut, tut, tut, c’était à l’insu de mon plein gré, une fois de plus. Et même que, là, pour le coup, j’aurais parfaitement le droit de plaider « non coupable », étant donné qu’il m’avait quittée, le premier. Peut-être pas franchement, mais il était déjà parti ailleurs – ça fait trois mois, maintenant, quand il a déménagé de Paris pour Clermont-Ferrand. En tout cas, depuis, je n’ai plus jamais passé un week-end avec lui, chez lui… Oh, bien sûr, il a une excuse toute trouvée pour ne pas m’inviter chez lui, le gros malin : « je suis en pleine écriture, et tu sais bien que tu ne supportes pas quand je ne m’occupe pas de toi »…

Ouiiii, Matt est écrivain ! Il écrit des polars super virils, et son personnage principal que les lecteurs retrouvent de livre en livre, est un flic sexy à l’humour très cynique, qui fait craquer les filles (toutes ! Les jeunes, les moins jeunes et les vieilles), c’est le flic le plus testostéroné de la planète.

Quant à lui, Matt, pour tout te dire… euh non, je reviendrai là-dessus une autre fois, car pour l’heure, c’est ce rêve qui me turlupine encore. Tu me diras, ce n’est qu’un rêve, un mauvais rêve. N’empêche qu’à cet instant précis où, j’ai reconnu le rire de Matt, ça m’a fichu un coup à nul autre pareil.  Même réveillée simultanément en sursaut, c’était comme si j’avais encore le couteau planté dans le cœur. Aussi je me suis levée direct, et je suis descendu à la cuisine pour me faire un café.  Que j’ai bu, debout, le nez collé au carreau de la porte vitrée. C’était encore la nuit, une de ces nuits sans lune et sans étoile. Il tombait des cordes, tonnait… Des éclairs déchiraient le ciel, à cent cinquante mètres, juste au dessus de la plage. J’étais là, avec le manque irrépressible de lui, et l’envie de prendre le premier train pour Clermont-Ferrand qui me titillait… Parce que ça existe, les rêves prémonitoires. « Je l’aurai, un jour, je l’aurai ! »,  je me suis dit, comme l’acteur dans la pub pour la Maaf. Sauf que je n’avais pas le cœur à ricaner, et de toutes manières, qu’est-ce que j’aurais pu faire, le cas échéant ? Alors je suis restée là, à contempler l’orage, un vide, un grand vide en moi.

3

4 mai, début de soirée…

 Trois mois, six jours, et vingt trois heures que Matt m’a appelée, pour la dernière fois…

Deux mois, vingt cinq jours et quelques heures, que je ne reçois plus de SMS d’amour en français (ben, on a beau dire, ça changeait du langage des analphabètes)…

Et si on se parle encore de temps en temps, au téléphone, c’est parce que je ne lâche pas l’affaire. Ben, maintenant que je sais qu’il ne m’aime plus (il ne me l’a pas dit, mais je le sais, je le sens. Son déménagement à Clermont-Ferrand, mon rêve prémonitoire, tout ça…), je suis dorénavant  à l’abri de toute mauvaise surprise. Mais ça se trouve, un jour, il va me re-aimer comme avant, que dis-je, encore plus qu’avant. Alors en attendant, je préfère garder le contact. Bon, il n’est pas trop d’accord, pour que je l’appelle sous n’importe quel prétexte, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, il l’a exprimé clairement : ça le déconcentre et son nouveau roman n’avance pas. N’empêche le jour où il s’apercevra soudain que c’était moi la femme de sa vie, il sera bien content que je  sois toujours là.

Pour ça, sachant que la nuit, il ne dort pas, il écrit, je l’ai appelé encore hier, à trois heures du matin. Putain, l’effet que ça m’a fait, quand  ELLE a décroché le téléphone, au bout de la vingt septième sonnerie !

–      Allo ?

–      Euh, j’ai dû me tromper de numéro, j’ai fait, larmoyante, pathétique, faible…

–      C’est pas grave.

 Oh, l’autre ! « C’est pas grave », je voudrais bien la voir à ma place !

4

4 mai, après dîner…

 

 Et ça continue encore et encore, et ce n’est qu’un début d’accord, d’accord…

 

Qu’est-ce qui m’a fichu cette chanson dans la tête ? Je ne l’écoute jamais, moi, Cabrel. Pff, même pas vrai d’abord que je pleure encore. J’ai fermé les vannes, depuis que j’ai fait ce tuc incroyable dont j’aurais été bien incapable, encore hier : j’ai supprimé de l’ordi toutes les photos de Matt –allez hop, à la corbeille ! Et les 1229 MAILS, Hotmail, Yahoo etc, pareil : deleted ! Et qu’elle se le garde, l’écrivain, l’autre morue ! Elle ne va pas être déçue avec tout ce qui cloche chez ce mec. Parce que les gens se font toute une idée sur le personnage, mais le personnage et l’auteur, ça fait deux. Et d’abord, Matt, c’est le type tout à fait normal qui lâche des cailles en douce sous les draps, empuantant ainsi  toute la chambre, et qui médite une plombe, le matin, aux toilettes…  Ni beau, ni laid, tellement banal, en fait, que les gens qui le croisent dans la rue, comme ça sans le maquillage des plateaux  télé, ils ne le reconnaissent pas. Aussi je peux bien le dire, maintenant, à force de le voir en vrai, je l’ai plus souvent trouvé moche que beau.

Bon, je comprenais qu’on serait tous moches avec une clope roulée au bec et  un mug de kawa, devant un écran d’ordi. Alors avec la bouteille de Jack Daniels, en plus ! Mais si, imagine-toi : tu t’affales dans un vieux fauteuil placé juste en face de l’ordi. Tu es habillé n’importe comment, et tu ne ressembles à rien. Puis tu te laisses pousser la barbe (ou tu t’épiles plus les sourcils, ni le contour des lèvres, si t’es une fille), et tu tapes, tapes, tapes, sur ton clavier… comme ça, jour et nuit avec le pot de tabac de 100 grammes à portée de doigts, et un godet de liquide (noir ou ambré) que tu veilles à remplir sitôt vide, et vice-versa. Bref, tu tapes, tapes, tapes sur ton clavier, sans voir le jour, ni le temps passer, jusqu’à ce que, un beau matin, tu tapes enfin le mot « FIN », the end…  Sauf que « beau matin », c’est vite dit. Parce que d’un seul coup, tu réalises que, dans cette tanière d’écrivain à gros tirage traduit en plusieurs langues, il n’y a pas que toi qui réfléchit. Ton miroir aussi. Interroge-le donc pour voir et tu verras, ce qu’il te renvoie dans la poire : toi en zombie avec une tronche de déterré et des valoches sous les yeux ; que si tu mettais de l’anticerne, tu en aurais jusqu’à la commissure des lèvres. Même que ça comblerait au passage les sillons naso machin.

Eh bien Matt, quand je le voyais comme ça, il me faisait peur. Parce le pire dans tout ça, c’est qu’en trois mois d’écriture intensive, il se prenait à chaque fois neuf ans d’un coup dans le portrait, et je me disais qu’à ce rythme-là, dans quelques années ce ne serait pas beau à voir.

Elle l’a voulu l’autre morue, bien fait pour elle ! Mal acquis ne profite jamais. Elle avait qu’à me le laisser, parce que même dans son caleçon à l’élastique relâché, je continuais à l’aimer.

C’est dans « Le petit Prince » qu’Antoine de Saint exupéry a écrit, « on ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux »… Aussi avant je trouvais que c’était exagéré parce que c’est quand même bien avec les yeux qu’on voit, mais je crois que je commence à voir les choses autrement.

 J’ai pensé à un truc presque toute la journée : je crois bien, je suis même tout à fait sûre que la poésie n’est pas que dans la littérature. Elle est également à l’intérieur des gens. Matt, par exemple… Bon d’accord, c’est à lui que j’ai pensé toute la sainte journée. Matt encore ! Matt toujours ! N’empêche que la poésie, sa poésie, ce petit quelque chose en plus de super lumineux, c’est ce qui a dû me faire tomber raide de lui, et si je l’avais pas vu tout de suite, c’est que j’avais de la m… dans les yeux !

5

5 mai, au matin

 Me revoilà ! Oui hier, je t’ai lâché parce qu’il y a eu une belle éclaircie, et je ne voulais pas louper ça. Je suis allée  siroter une fraise à l’eau sur le Vieux Port, et, là, dans les odeurs de barbe à papa et de pralines, j’avais l’impression que c’était du bonheur qui me coulait dans les veines. Je parlais avec Matt au téléphone. Elle est où la fille ? « Quelle fille ? », il m’a demandé au bord de l’éclat de rire. Celle qui m’a répondu au téléphone. « Hier, j’avais coupé mon portable et aucune fille n’a jamais passé la porte de cet appartement »…

–      Consulte ton journal d’appels, à mon avis, tu as dû faire une erreur de numéro.

(Ce que j’ai fait, tu te doutes bien sitôt rentrée à la maison et, effectivement, j’avais intervertis les quatre derniers chiffres en composant le numéro de mémoire, plutôt que de partir du répertoire)

Quand on vit depuis deux ans dans l’ombre d’un grantécrivain parisien connu dans le monde entier, qu’on est petite caissière de supermarché de province, ben tu apprends vite à te satisfaire de petites choses qui n’ont l’air de rien, mais qui sont bonnes à prendre sur le moment. Comme  le sourire easy du serveur super mignon aux petits soins pour toi… le regard des mecs qui passent et le soleil que tu te prends dans la face, parce que ces trucs qui te redorent d’ego sur le coup, ça regonfle à bloc. Alors imagine si par-dessus tout ça, la voix masculine qui sort de ton portable t’enveloppe toute entière, te chatouille jusqu’aux zones érogènes, te renifle même… là c’est carrément le Nirvana. Et ce qu’elle te dit cette voix, est secondaire comparé à l’effet qu’elle fait sur toi.

–      Matt

–      Oui Lally

–      Tu sais qu’pour aller voir Coco, j’peux prendre un train qui va jusqu’à Clermont, via Paris-gare de Lyon ? Il passe par Vichy et y’a pas de changement.

–      Lally ?

–      Oui Matt

–      S’il va jusqu’à Clermont, ce train, c’est très bien. Ta copine Coco habite Vichy, oui je sais, Lally. Mais Clermont, c’est trop tôt pour se voir en amis.

 (« En amis » ? Ah oui, j’ai dû lui sortir ça une fois. Pour ne pas perdre le contact avec lui. En trois mois, je suis devenue la reine du repli stratégique. Et la reine des connes. Comment en 2014, après des décennies de combat pour les droits de la femme, je peux encore me conduire en carpette devant un homme aussi céleb’ soit-il ? Un peu de dignité, bon sang !)

 

« Avec toi, Lally, c’est toujours le même problème, tu n’écoutes qu’à moitié ce que je te dis et tu ne retiens que ce qui t’arrange ».

–      Ben tu m’as dit quoi là, que j’aurais dû écouter et retenir en entier ?

–      Aujourd’hui rien, mais la dernière fois que je t’ai appelée, si. Tu ne te souviens pas ?

–      Pff, ça fait trois mois, sept jours et…

–      Oui et tu as la mémoire courte, apparemment. Ecoute, Lally, les choses se sont tellement abimées entre nous dans les derniers temps, que je n’arrive pas à revenir en arrière, même si ça me fait encore énormément mal, par moments.

–      Humm peut-être, mais tu m’as dit aussi que tu tenais à moi.

–      Tu vois bien que tu ne retiens que ce qui t’arrange.

–      Et tu m’as dit qu’on pourrait continuer à s’appeler.

–      Oui, si on avait quelque chose à se dire.

–      Ben justement, c’est toujours moi qu’appelle, ça veut dire que toi, t’as plus rien à me dire, qu’j’te manque pas comme tu me manques. Tu m’envoies plus de SMS le matin, plus de mails, rien…

–      Lally, les conditions ne sont plus les mêmes.

–      Oui ben, c’était mieux avant

Tu sais quoi, journal ? Je pense à un truc : quand tu trouves que « c’était mieux avant », que tu es rendu à lire les spams dans ta boite E-mails, et si en plus, tu as la mémoire qui flanche, ben ça veut dire que tu t’es pris un sacré coup de vieux, et que ça va pas aller en s’arrangeant.

 

À SUIVRE…

 

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☕️

WHAT ELSE ?

Eh oui, il y a des rencontres qui bouleversent non pas une existence, mais deux…
Un « grantécrivain » parisien à gros tirage, qui écrit des polars super virils traduits dans plusieurs langues, ça existe. Et ce genre d’amoureux peut surgir dans la vie d’une groupie, à l’occasion d’une signature en province. C’est ce qui est arrivé à mon héroïne, Lally, deux ans plus tôt. Un histoire intense et immensément belle qui va faire rêver le tout Paris, un temps. Lally est tombée éperdument amoureuse du beau Matthieu machin (Matt pour les intimes) qui, lui aussi, l’aime profondément. Euh, l’aimait ?… Et puis, quand je dis beau, c’est façon de parler, car Matt n’a rien à voir avec son héros, ce flic hyper testostéroné à l’humour très cynique que les lecteurs assidus retrouvent de livre en livre. Or c’est peut-être (je dis bien « peut-être »), ce trop grand décalage entre l’auteur et son personnage de papier qui fait qu’à un moment, les choses se sont gâtées…

 

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À bientôt, je reviens vite ! 

 

Le petit prince, le renard, la rose et… nous!

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Les leçons de vie du Petit prince…

 

« L’essentiel est invisible pour les yeux. On ne voit bien qu’avec le cœur. C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui rend ta rose si importante. Tu es responsable de ta rose. »

 

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 (Musée Grévin à Paris en avril 2016 avec Sylvain) 

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C’est alors qu’apparut le renard :

Bonjour dit le renard.

Bonjour, répondit poliment le petit prince, qui se retourna mais ne vit rien.

Je suis là, dit la voix, sous le pommier…

Qui es-tu? dit le petit prince. Tu es bien poli…

Je suis un renard, dit le renard.

Viens jouer avec moi, lui proposa le petit prince. Je suis tellement triste…

Je ne puis pas jouer avec toi, dit le renard. Je ne suis pas apprivoisé.

Ah! pardon, fit le petit prince.

Mais, après réflexion, il ajouta :

Qu’est-ce que signifie « apprivoiser » ?

Tu n’es pas d’ici, dit le renard, que cherches-tu?

Je cherche les hommes, dit le petit prince. Qu’est-ce que signifie « apprivoiser » ?

Les hommes, dit le renard, ils ont des fusils et ils chassent. C’est bien gênant ! Isl élèvent aussi des poules. C’est leur seul intérêt. Tu cherches des poules?

Non, dit le petit prince. Je cherche des amis. Qu’est-ce que signifie « apprivoiser »?

C’est une chose trop oubliée, dit le renard. Ca signifie créer des liens… »

Créer des liens?

Bien sûr, dit le renard. Tu n’es encore pour moi qu’un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n’ai pas besoin de toi. Et tu n’as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu’un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde…

Je commence à comprendre, dit le petit prince. Il y a une fleur… je crois qu’elle m’a apprivoisé…

C’est possible, dit le renard. On voit sur terre toutes sortes de choses…

Oh! Ce n’est pas sur terre, dit le petit prince

Le renard parut très intrigué :

Sur une autre planète?

Oui.

Il y a des chasseurs, sur cette planète-là?

Non.

Ça, c’est intéressant! Et des poules?

Non.

Rien n’est parfait, soupira le renard.

Mais le renard revint à son idée :

Ma vie est monotone. Je chasse les poules, les hommes me chassent. Toutes se ressemblent, et tous les hommes se ressemblent. Je m’ennuie donc un peu. Mais, si tu m’apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. Je connaîtrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres. Les autres pas me font rentrer sur terre. Le tien m’appellera hors du terrier, comme une musique. Et puis regarde! Tu vois là-bas, les champs de blé? Je ne mange pas de pain. Le blé pour moi est inutile. Les champs de blé ne me rappellent rien. Et ça, c’est triste! Mais tu as des cheveux couleur d’or. Alors ce sera merveilleux quand tu m’auras apprivoisé! Le blé qui est doré, me fera souvenir de toi. Et j’aimerai le bruit du vent dans le blé…

Le renard se tut et regarda longtemps le petit prince :

S’il te plaìt… apprivoise-moi, dit-il.

Je veux bien, répondit le petit prince, mais je n’ai pas beaucoup de temps. J’ai des amis à découvrir et beaucoup de choses à connaître.

 

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 On ne connaìt que les choses que l’on apprivoise, dit le renard. Les hommes n’ont plus le temps de rien connaìtre. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n’existe point de marchands d’amis, les hommes n’ont plus d’amis. Si tu veux un ami, apprivoise-moi!

Que faut-il faire? Dit le petit prince.

Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t’assoiras d’abord un peu loin de moi, comme ça, dans l’herbe. Je te regarderai du coin de l’œil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Mais, chaque jour, tu pourras t’asseoir un peu plus près…

Le lendemain revint le petit prince.

Il eût mieux valu revenir à la même heure, dit le renard. Si tu viens, pas exemple, à quatre heures de l’après-midi, dés trois heures je commencerai d’être heureux. Plus l’heure avancera, plus je me sentirai heureux. A quatre heures, déjà, je m’agiterai et m’inquiéterai; je découvrirai le prix du bonheur! Mais si tu viens n’importe quand, je ne saurai jamais à quelle heure m’habiller le coeur… Il faut des rites.

Qu’est-ce qu’un rite? Dit le petit prince.

C’est quelque chose de trop oublié, dit le renard. C’est ce qui fait qu’un jour est différent des autres jours, une heure, des autres heures. Il y a un rite, par exemple, chez mes chasseurs. Ils dansent le jeudi avec les filles du village. Alors le jeudi est jour merveilleux! Je vais me promener jusqu’à la vigne. Si les chasseurs dansaient n’importe quand, les jours se ressembleraient tous, et je n’aurais point de vacances.

Ainsi le petit prince apprivoisa le renard. Et quand l’heure de départ fut proche :

Ah! dit le renard… Je pleurerai.

C’est ta faute, dit le petit prince, je ne te souhaitais point de mal, mais tu as voulu que je t’apprivoise…

Bien sûr, dit le renard.

Mais tu vas pleurer! dit le petit prince.

Bien sûr, dit le renard.

J’y gagne, dit le renard, à cause de la couleur du blé. Puis il ajouta : Va revoir les roses. Tu comprendras. Tu comprendras que la tienne est unique au monde. Tu reviendras me dire adieu, et je te ferai cadeau d’un secret.

 

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Le petit prince s’en fut revoir les roses : Vous n’êtes pas du tout semblables à ma rose, vous n’êtes rien encore, leur dit-il. Personne ne vous a apprivoisées et vous n’avez apprivoisé personne. Vous êtes comme était mon renard. Ce n’était qu’un renard semblable à cent mille autres. Mais, j’en ai fait mon ami, et il est maintenant unique au monde. Et les roses étaient bien gênées. Vous êtes belles, mais vous êtes vides, leur dit-il encore. On ne peut pas mourir pour vous. Bien sûr, ma rose à moi, un passant ordinaire croirait qu’elle vous ressemble. Mais à elle seule elle est plus importante que vous toutes, puisque c’est elle que j’ai arrosée. Puisque c’est elle que j’ai mise sous globe. Puisque c’est elle que j’ai abritée par le paravent. Puisque c’est elle dont j’ai tué les chenilles (sauf les deux ou trois pour les papillons). Puisque c’est elle que j’ai écoutée se plaindre, ou se vanter, ou même quelquefois se taire. Puisque c’est ma rose.

Et il revient vers le renard : Adieu, dit-il…

Adieu, dit le renard. Voici mon secret. Il est très simple: on ne voit bien qu’avec le coeur. L’essentiel est invisible pour les yeux.

L’essentiel est invisible pour les yeux, répéta le petit prince, afin de se souvenir.

C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.

C’est le temps que j’ai perdu pour ma rose… fit le petit prince, afin de se souvenir.

Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l’oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Tu es responsable de ta rose…

Je suis responsable de ma rose… répéta le petit prince, afin de se souvenir.

Tiré de : Le petit prince par Antoine de Saint-Exupéry

 

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QUOI DE NEUF TODAY?

 

UN SOIR ET TANT D’AUTRES!

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-Merci ! Cet extrait est absolument merveilleux, J’adore !

Tu es ma rose …Tu es unique !

Tu m’as apprivoisé…

Et j’aime croire que je suis ton renard 

(Le 28 aout 2013 à 10: 28)

 

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 -Si j’y croyais encore aux mots!

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-« si j’y croyais encore aux mots… »

Hé ho, je ne crois ce que tu dis. Je ne veux plus entendre cette phrase hein !

Les mots, c’est ta vie. Les mots c’est la musique du coeur et de l’âme. Les mots, ça te fait vibrer, frissonner, les mots sont des colporteurs d’émotions nobles et belles. Ils sont tellement forts ou tristes parfois qu’ils font chialer. Ils te font sourire, rire et RÊVER aussi. Ils te secouent pour ne pas que tu t’endormes, pour éviter que ton cerveau pourrisse !

Alors, assassine les mots sales, les mots criminels qui détruisent et qui tuent…Piétine-les. Fais en sorte qu’ils n’existent plus…et gardent ceux qui chantent, qui vivent et te permettent de t’envoler de t’élever. Garde les mots beaux, les mots bleus et lumineux ! Tu les aimais, tu les aimes et les aimeras toujours !…

(Le 13 septembre 2013 à 9:28)

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« Les mots comptent. Les mots construisent et détruisent. Les mots restent » -Douglas Kennedy, Quitter le monde…

 

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MON AMIE LA ROSE *

BLA… BLA… BLOG !!


   «  La gangrène cinématographique ! Au pilori du peuple !… BLA BLA… Nous te retrouverons ma belle ! Le complot permanent contre l’esprit des masses !…. BLABLABLABLA… le haut idéal des masses !… BLABLABLABLABLA »

Louis-Ferdinand Celine

Mon premier BB à la tanière chez le Coyote...
Mon premier BB à la tanière chez le Coyote…

Ben oui ! C’est lui, Louis-Ferdinand, l’inventeur de l’onomatopée « blabla » (Le Grand Robert) ! Ce que j’ignorais totalement  quand, au moment de sa création (fin mai 2009), j’ai appelé mon blog, « Le Blablablog ».

En revanche, « L’orage ou la flûte » qui est également le titre de mon premier roman (Editions Le Manuscrit), je lui ai emprunté en toute connaissance de cause ! Choix délibéré ! Hommage à la littérature et à l’auteur de « Voyage au bout de la nuit » et de « Mort à crédit » -excusez-moi du peu ! Immense écrivain comme il n’en surgit qu’un, deux, voire trois tout au plus par génération : Celine, encore ! Celine toujours !

« La vérité là tout simplement »… moi, je ne parle ici que de littérature, ma passion, et par la même occasion, de mon amour pour cette plume géniale, « Le style, c’est final », un point c’est tout !

SOlène

« Il ne faut jamais faire de littérature, il faut écrire et ce n’est pas pareil. »
Christian Bobin (La plus que vive)

 WALKING IN MY SHOES*

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PS: par quoi commencer ? Si vous êtes paumés voir trucs à cliquer (tout en bas de cette page), top posts etc. Et comme de bien entendu, vous ne pourrez jamais tout voir ni tout lire d’un coup, je vous conseille de mettre ce blog dans vos favoris, comme ça vous pourrez revenir aussi souvent que vous voulez !  Merci, UN TOUT GRAND MERCI de votre visite ! A bientôt ! Euh… ne partez sans me laisser un p’tit mot dans les articles ci-dessous et ci-dessus, j’adore vous lire, moi aussi !

Musique du blog, à propos… et bien plus encore


 C’est pas facile, facile de s’foutre en l’air
Ca coûte, ça coûte, ça coûte très cher
Je vais me faire la peau, je vais me tirer la chasse d’eau
Dans les WC de mon petit studio

C’est pas facile, facile de se foutre en l’air
C’est pour les riches les somnifères
La roulette russe c’est complètement idiot
Quand on peut mourir d’un coup de chasse d’eau

Je fume pour oublier que tu bois
Je fais comme chez moi
Je renvoie la fumée sur un poster de toi

La vie c’est comme une overdose
Tu prends tout tout de suite
Tu en crêves et vite
Et si tu prends pas, c’est la vie qui t’a

Je suis bien, bien, très bien dans mon cagibi
Y’a des journaux, alors j’les lis…
Ils disent que le bonheur
C’est peut-être qu’un bobard

Je m’en fous, j’attendrai pas la fin de mon histoire

Je fume pour oublier que tu bois
Je fais comme chez moi
Je renvoie la fumée sur un poster de toi

La vie c’est comme une overdose
Tu prends tout tout de suite
Tu en crêves et vite
Et si tu prends pas, c’est la vie qui t’a

Oui, mais pour la tarte aux pommes, deux ou trois goldens
Un petit verre de rhum, un bâton de cannelle
Roulez, roulez bien la pâte, introduire dans l’âtre
Ca me coûte le goutte-à-goutte

Goûte, goûte

Je fume pour oublier que tu bois

Je fume pour oublier que tu bois

Paroles d’Alain Bashung (La chanson est interprétée par Keren Ann)

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Je fume pour oublier que tu bois

Oui, ce matin, j’ai écrit à Matt. Et la lettre est partie aujourd’hui, avant seize heures. On verra bien –hein ?!…

 Et puis ce soir, je suis allée sur sa page Facebook, où le dernier statut date de plus d’un mois. Je sais bien que Matt’ a autre chose à faire qu’à poker ou liker toute la sainte journée ; que le Jack Daniel’s virtuel, avec lui, ça peut pas le faire, et qu’il préfère s’en enfiler du vrai avec des verres qui font « Tchin tchin !! »… Cela dit, j’ai tout de suite remarqué que sa photo de profil a été changée (…) Surprise donc (et pas qu’un peu) de voir sa tête en noir et blanc à la place de la première de couv’ de son dernier bouquin… Matt’, le regard voilé et plein (tout plein !) d’une tristesse sourde (et muette)… Matt’ avec sa petite barbe de trois jours… (Humm)… je me suis demandé à quoi il pouvait bien penser, pour avoir l’air aussi perdu au moment où cette photo a été prise… (A moi ? A nous ? J’avoue que l’idée n’était pas pour me déplaire) … En tout cas, impossible de détacher mes yeux de cette photo ! Une plombe à contempler comme une conne, l’animal blessé. Et après, j’ai liquidé la boite de kleenex. Mais tout le monde fait ça, quand la morve coule, n’est-ce pas ?

EXTRAIT de « Bétail intime, journal d’une conne qui se soigne », page 120, chapitre 28

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est une oeuvre de fiction. Toute ressemblance avec des personnes existant serait fortuite…

Merci, UN TOUT GRAND MERCI de votre visite ! A bientôt ! Euh… SUR CE POST, LES COMMENTAIRE SONT FERMES, mais ne partez sans me laisser un p’tit mot dans les articles ci-dessous (ou ci-dessus), j’adore vous lire, moi aussi !

Bienvenue dans Le monde de SOlène! Et comme 180 autres personnes géniales; suivez ce blog... Mais, à propos, QUOI DE NEUF TODAY?
Bienvenue dans Le monde de SOlène! Et comme 180 autres personnes géniales; suivez ce blog… Mais, à propos, QU TODAY?

WHAT ELSE?

Ma VOCATION, mon feu sacré*

Bétail intime (1)*

(Liens permanents*)

Mais qui es-tu ?


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Le marais (où je vis)… un univers à la fois étrange et fascinant qui m’inspire. Peut-être parce qu’il me ressemble…

-Mais qui es-tu mystérieuse « plume » dont on identifie les textes mais pas l’esprit qui les dicte ? Passionnante intrigue

Bien à vous (à toi ? Oui à toi). Je ne vous fais pas part de mon amitié. Il s’agit plutôt d’un intérêt étrange que je vous porte, mélange de sympathie et de curiosité. Peut-être même d’une petite fascination inexplicable –Pascal C. (MP Facebook)

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Et si c’était vrai tout ça ?!

-Quand on peut se regarder souffrir et raconter ensuite ce qu’on a vu, c’est qu’on est né pour la littérature -Edouard Bourdet

« Passionnante intrigue »… une vidéo réalisée pour le groupe « Solènisez-vous, c’est bon pour le moral« *, un groupe Facebook (Administratrices: Sophie Vosse, Sylvette Compagnon, Pascal Devigne), 1035 membres

Le Salaud romantique

Episode 6

Le début…

Est-ce parce que c’était la nuit, et que la nuit les choses se teintent d’un éclat si particulier qu’elles en deviennent presque irréelles et pourtant si vraies ?

Quand Mylène ouvrit les yeux dans l’obscurité de sa chambre d’hôpital que seule la lumière du couloir éclairait, elle sentit une main sur son épaule : « ça va ? »… Elle tressaillit, referma les yeux aussitôt. La main resta encore quelques instants, comme ça, posée sur elle en diffusant sa chaleur dans son corps… Etait-ce un rêve, ou bien la main de quelqu’un ? La nuit le monde réel et celui des rêves sont si proches qu’il en faudrait peu pour qu’ils se fondent l’un dans l’autre…

-Je suis votre infirmière de nuit. Si vous avez besoin de quelque chose, n’hésitez pas à m’appeler. La sonnette est là.

La main se retira et il ne resta que la douceur d’une voix d’une voix de femme dans les effluves vaporeuses d’un parfum à la fois léger et sucré que Mylène ne connaissait pas.

-Il s’est remis à neiger et je crois que, cette fois, c’est parti pour la nuit.

Mylène hocha la tête pour signifier qu’elle comprenait, mais ses paupières étaient encore lourdes, et elle sentait que le sommeil revenait en force. Elle n’avait aucune envie de lutter. Les draps étaient doux, les couvertures bien chaudes… c’était trop bon d’avoir le corps si détendu, tout en sachant que la vie continuait… Oui la vie continuait et lui apparaissait vaste, immense et lumineuse comme les paysages enneigés d’Auvergne, dans lesquels elle irait marcher avec Lydia et Cathy, sitôt qu’elle serait sur pied. Elle s’en fit la promesse.

De l’autre côté de la rive, dans la blancheur immaculée, la petite maison aux volets fermés et la fumée qui sortait de sa cheminée se détachait du paysage, comme ça, bien nette. C’est l’ordre des choses, en fait, avant que le soir ne les prennent complètement… Tout au long de la berge, les peupliers tout maigres s’étiraient dans l’ombre jusqu’au ciel, où leur cime rejoignait tranquillement la nuit.

Vautrées chacune à un bout du canapé devant une flambée, Lydia et Cathy se contentaient d’une pizza zarbi qu’elles avaient dégottée au fin fond d’un vieux congel’ chez Mylène. Un coup de flotte du robinet là-dessus, et… tout à coup…

A Suivre…

A lire ici-même en exclusivité:

Le salaud romantique ( 7 épisodesd’un trait !)

et…

  SOlène… Obsédée textuelle…

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Mes deux premiers bébés à la fnac.com
  

LE SALAUD ROMANTIQUE (1)


 
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Mylène… une mystèrieuse écrivaine

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Mylène

Lorsqu’on arrive de Paris, du bruit et de la pollution après plus de quatre heures d’autoroute limitée à 130, c’est tout à coup, d’un autre monde dont il s’agit. Comme une parenthèse limite enchantée dans une vie trop souvent agitée, et l’impression soudaine que le sablier du temps vient de s’arrêter pour de bon. Plus de passé… quant au futur, sur le moment, on y pense même plus, tant l’instant présent nous absorbe, en même temps qu’il nous rend cette perception presque  oubliée d’être au monde, bel et bien vivant, et d’y voir clair.

Chemin faisant, il s’était mis à floconner. Cathy  et Lydia accélèrent le pas en direction de cette maison aux volets bleus qu’elles apercevaient, maintenant.  Il ne leur restait guère plus de cinquante mètres à parcourir. Mais le froid coupant et le vent contraire rendaient leur marche de plus en plus pénible.  Fouillant alors dans une poche de sa parka, Lydia en sortit son attirail de fumeuse –paquet de cigarettes blondes et briquet, et elle fit signe à Cathy de s’arrêter sur les bords de la Sèvre.

-Si on s’en grillait une petite, ça nous réchaufferait, peut-être.

Au même moment, à l’intérieur de la maison, Mylène émergeait tout juste d’un de ces longs et profonds sommeils provoqués par les « trucs » qu’elle disait prendre pour dormir. Dans un état encore comateux, elle ouvrit une première fois les yeux, puis les referma aussitôt, refusant obstinément d’être confrontée à une réalité qu’elle rejetait de toutes ses forces. Ou plutôt du peu de forces qu’il lui restait, après deux semaines de ce régime radical, cafés-clopes et eau du robinet.

Quinze jours qu’elle n’ouvrait plus les volets de sa maison… quinze jours que de sa bouche, il n’était pas sorti d’autre son que celui des sanglots qui secouaient tout son être, parfois des heures durant, jusqu’au moment où, n’en pouvant plus, elle se retrouvait comme à chaque fois prostrée, face au mur de sa chambre, avec dans la tête cette suite de mots qui défilaient en silence et sans ponctuation : « jesuisraidedingueamoureuxdetoit’esmameufmafemellej’aienviedetoid’êtreentoionestgravel’unpourl’autre »… C’était lancinant comme un mal de dents et la musique qu’elle écoutait en boucle avec le bruit de la pluie qui dégoulinait sur le velux, juste au dessus de son lit… Sauf que ce matin-là, il ne pleuvait pas, il neigeait ; que sa tête était vide, son cœur anesthésiée… Alors l’envie d’un premier café-clope la tira du lit. Mais ses jambes refusèrent de la porter jusqu’à la cuisine, et Mylène eut  l’impression soudaine d’être projetée hors de son propre corps qu’un fluide glacial remplissait. Elle se rendait parfaitement compte qu’elle venait de s’enfuir d’elle-même pour ce vide blanc dont elle eut à peine le temps de gouter l’apaisant silence… Une dernière pensée lui traversa l’esprit : « Soit je rêve et je vais me réveiller et ce ne sera pas vrai tout ça… soit c’est vrai, et je suis tombée sur un salaud de la pire espèce »… Et elle perdit connaissance.

Dehors, dans l’éclatant silence où tout scintillait de blanc, l’une des filles sonnait à la porte, l’autre tambourinait de plus en plus fort dans les volets. Elles appelaient, Mylène ?… Mylène tu es là ?…  Et bien sûr, personne ne répondait.

Au bout de dix minutes, elles décidèrent d’aller boire un café, dans un bar qu’elles avaient repéré sur la place où elles avaient garé leur voiture de location.

-P’tain, Lydia, tu crois que…

-C’ qu’j’crois, c’est qu’on croit toutes que ça n’arrive qu’aux autres. Eh ben nan, tu vois, même Mylène… Pourtant Mylène…  Mais j’te jure que ce salaud, avec tout ce qu’on sait sur lui, now, il ne va pas nous la jouer longtemps comme, ça, l’innocent aux mains pleines qui dort sur ses deux oreilles, et se rase tous les matins, sans tiquer sur la tête d’enfoiré que lui renvoie son miroir.

A suivre*… 

Voir dossier parent à la page « Obsédée textuelle » en haut à droite de celle-ci d’accueil

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La question de l’autorité ne nous quitte jamais. Qui est responsable d’avoir pressé la détente, appuyé sur le bouton ? Qui est derrière le gaz, le feu ? »
Léonard Michaels

Non, « la vie n’est pas un long fleuve tranquille », mais…


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« La vie n’est pas un long fleuve tranquille », mais…

 

 

 

 

 

 

 

La vie n’est pas un long fleuve tranquille… c’est vrai ! Qu’elle nous donne (parfois énorme) et  nous (re) prend tout autant, et souvent, trop souvent injustement, ça on le sait tous, plus ou moins,  pour l’avoir appris à nos dépends… Tu es là, tu nages dans le bonheur, et du jour au lendemain… le vide ! Avec un cœur en miettes au milieu du vide, et la (ou le) propriétaire de ce cœur… à ramasser à la petite cuillère ! Elle (il)  n’a  plus que ses yeux pour pleurer… Pleurer sur qui, sur quoi, d’abord ?  Généralement sur soi… Ben oui, déjà d’une. Et de deux, plutôt que de se demander « quoi », est-ce qu’on ne ferait pas mieux de se demander comment, on en est arrivé là ?

Car enfin, la vie a bon dos, mais elle n’est pas responsable de tous nos maux. Et nos semblables, non plus, d’ailleurs. Dans ce bas monde, bien des choses ne dépendent que de nous, nous seuls… Des choses toutes simples, en fait. Mais que nous rendons compliquées, parce que c’est nous qui ne le sommes pas toujours, simples…

Bref, tout ça c’était pour dire que, non « la vie n’est pas un long fleuve tranquille ». Elle est, au contraire, trop courte. Alors… alors… carpe diem, et zen, on fait zen autant que se peut… Mouais, tout à fait, la première de mes grandes résolutions pour 2011 : « liberté, égalité, sensualité » –euh, pardon… liberté, égalité, sérénité… De  la sérénité à toutes les sauces, jusque dans mes projets professionnels…

Parlant de projets… c’est plus le moment de s’avachir, le 1er janvier, c’est tout à l’heure. Allez hop, j’y vais pas, j’y cours… Une, deux, une deux… je bouge mon corps allégé par cette diète d’une semaine. Et le popotin qui va avec ! Allez, allez,  plus question de perdre les pédales. Z’allez voir un peu comme j’vais leur donner des guiboles, moi, à mes projets. Nan mais !!!

Dire aux gens qu’on les aime…


Euh, je ne ne vais pas vous redire encore une fois, ô combien vous… Ou plutôt si, je vais vous le redire: je ne sais pas, vous, mais moi… je ne savais même pas si j’étais capable de tenir un blog.  Ben déjà rien que je déteste plus que la routine. J’me lasse de tant de choses… Eh ben pourtant… pourtant… ça fera 3 ans, le 19 avril prochain, que je viens ici quasiment tous les jours, et toujours avec autant d’élan. Je lis vos billets et vos commentaires et je souris de votre bonne humeur, votre intelligence… A dire vrai, je kiffe grave nos échanges.
Aussi j’me dis que j’ai une chance inouïe de vous avoir, que vous soyez là souvent, dans les bons comme dans les moins bons moments; que grâce à vous je suis arrivée à sortir de moi la partie la plus folle et que ça a trouvé sa place ici, sur ce blablablog…  C’est un grand bonheur qui dure, perdure, car sans vous, je serais moins debout que je ne le suis aujourd’hui.
Aussi je suis venue vous dire que je serai trop pas là à partir de demain vendredi. Pas du tout pour cause de vacances (ni de voyage), mais j’y go à Paris pour le baptème d’Axelle (la fille d’Angel).  Rappelez-vous le Conte pour Axelle… Axelle ma « Nounoute » qui a eu 10 ans le 23 mars dernier, et qui, un jour,  passant devant l’Eglise de Pantin, a dit à sa maman: « je sais pas pourquoi, mais j’aime Dieu ». Donc ce baptème, c’est son choix, et il va réunir la smala au grand complet.  Bon ensuite… ensuite… ça dépendra de my brother. Ce sera re-Niort (île de Ré, Nantes) ou bien l’Auvergne… Difficile en ce moment de prévoir quoi ce soit…
Je vous embrasse, vous allez me manquer, vous me manquez déjà. Carpe diem: « Profitez du jour présent mes amis, que votre vie soit extraordinaire » (Le cercle des poètes disparus).
SOlène

CAS DE CONSCIENCE


Message reçu hier à 16:50:
Solène, c’est M L. Je viens d’apprendre que… alors que j’étais persuadée que vous veniez. Je vous ai mise à une table hyper sympa, vous serez à l’honneur. Vous faites partie de nos auteurs très très privilégiés. Ceux qu’on adore.  Venez… Sinon je vais être très très malheureuse et cette soirée sera gâchée pour moi.  Solène je compte sur vous, je vous en supplie… Je vous cite dans dans mon discours.  Vous faites partie des finalistes de toute façon. Maintenant je ne peux pas exiger de tout le monde qu’il vote, j’ai fait le maximum…  Solène VENEZ (…), je vous embrasse.
Euh oui… ouiouioui !!!  Sauf que la Solène, elle était là avec ses fameuses chaussettes en pilou et ses ch’feux gras tirés en queue de cheval… là à se gratter la tête… Meuh nan, j’ai pas d’poux, c’est juste que je réfléchissais: mon Dieu, comment faire ?
Z’imaginez les p’tits loups, déjà le temps qu’y’me faut pour faire trempette dans le bain ? Et après ça, choisir une tenue de soirée… C’est pas ça qui manque dans ma penderie, les tenues de soirée que je n’ai mises qu’une fois (ou même pas mises du tout)… nan, le problème c’est de faire le bon choix… Pis non seulement ça, mais les ch’feux… oui parlons-en des ch’feux justement: même lavés avec L’oréal (parce que j’le vaux bien)… L’oréal Elséve « Liss-soyeux », le shampoing soin, quoi… anti statique anti frizz 48 heures, qui parfait le lissage sans alourdir, donnant une chevelure soyeuse, fluide, disciplinée… eh ben le problème, c’est que… j’ai eu la malencontreuse idée de changer de couleur tout récemment, et maintenant chuis blonde. Mais alors blonde à un point que vous n’imaginez même pas ! Or tellement chuis pas sûre que ça m’aille si bien que ça, depuis je sors plus de ma tanière secondaire…
M’enfin -vous me direz, un shampoing colorant là-dessus et ça aurait fait la rue -hop plus qu’à sauter dans le train !!! Sauf que les trains ici, c’est pas comme le métro à Paname, y’en a pas toutes les 3 minutes… Et quand bien même, j’aurais pu en choper un tout de suite, y met 3 heures 10 pour arriver sur la Capitale.  Donc, vous l’aurez compris: avec la meilleure volonté, l’était trop tard de toutes manières. Bon bref, même pas j’ai rappelé cette chère Directrice). Au soir du Grand Soir comme ça… c’était pas l’moment d’revenir sur mes misères.
(Si encore, elle m’avait rappelée vendredi, l’était encore temps d’me faire changer d’avis. Mais nan, l’a laissé faire « le service communication« )
Mouais… sauf que ce matin, ben moi, j’ai un sacré cas de conscience now -c’est malin !  Eh ! j’ai deux manuscrits quasiment terminés et… d’autres ouvertures. D’puis quelques jours, je sens souffler le vent du renouveau.. N’empêche que ça m’fait de la peine de quitter « l’éditeur » qui m’a permis de devenir ce que je suis today: un auteur heureux qui se fait plaisir en écrivant.  Heureux, oui, parce qu’en plus, le plaisir est partagé; Alors que faire -mon Dieu que faire ?

[email protected]


Le Manuscrit Magazine / Manuscrit.com – 8 mars 2010‏
From: Offline Editions Le Manuscrit ([email protected])
Sent: Mon 08/03/10 22:32
To: [email protected]
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Actualité  Le Manuscrit / Manuscrit.com

Journée internationale des droits de la femme : 8 mars 2010

  Ce lundi 8 mars se déroule la journée de la femme. Un événement militant et convivial. Une manière symbolique de célébrer ce combat pour l’égalité des sexes, jamais vraiment terminé. Lisez des textes percutants où les femmes sont fortes, au-delà des conventions et de l’ordre établi.

 

 ImageImage La nuit des Femmes, soirée au profit de l’Association Paroles de Femmes  a célébréImage
Faroudja Amazit
, auteur des Larmes invisibles qui a été sélectionnée parmi 10 femmes pour le « Trophée féminin du mérite », parrainé par Monica Belluci. La manifestation a eu lieu au
Café Barges (5 Port de la Rapée, 75012 Paris).

Les femmes combattives : Claire Sagnières D’une morte @ l’autre , Roman / Faroudja Amazit Les Larmes invisibles , Essais et Documents.
Les femmes modernes : Solène Vosse Le T-shirt blanc , Polar / Monique Moullé-Zetterström, Dans l’œil de la chouette , Roman. 
Les femmes du monde : Coralie Frei La Perle des comores , Roman / Dorothée Schepens, Les Iles du Samovar , Roman (Vient de paraître)
Les femmes libérées : Isabelle Grell, Presque amour , Roman /  Norlane Deliz, Cajoleries aguicheuses , Poésie
Les femmes et le genre : Christiane Chaulet-Achour, Féminité et Expression de soi , Recherche-Université, collection Féminin/ Masculin /  Vincent Marie et Nicole Lucas, Femmes et genres dans l’enseignement , Recherche-Université, collection Enseigner autrement /
Ss la dir. de Anne-Marie Duranton-Crabol, Nicole Racine et Rémi Rieffel, Pontigny, Cerisy, Royaumont : au miroir du genre , collection Colloques de Cerisy

 

 

 Les sélections continuent pour la 7e édition du Prix du Premier Roman en Ligne et le lancement de la 1e édition du Prix du Roman en Ligne 2010 !

>> Nouvelle sélection des auteurs mardi 9 mars  

 

Février: mode régression activé


Mouais…Mais c’est d’sa faute aussi. J’crois  qu’elle n’arrivera jamais à me voir autrement qu’au temps où j’portais des socquettes blanches dans mes p’tites chaussures vernies noires. Quoi que le pire, c’était quand même cet espèce de gros ruban qu’elle me collait dans les ch »feux (aussi raides que des baguettes de tambour). Ben ouais, cette tronche d’oeuf de Pâques sur le Slide, c’est la mienne.
Mais bon, ma reum, j’la trouve trop poilante à voir comment ELLE s’la pète avec son  nouvel ordi portable.  Le truc qui m’éclate, c’est qu’elle sait même pô le mettre en route.
-M’enfin, m’man pourquoi t’as acheté ça , t’as jamais su te servir de çui que J-C t’a donné?
-Oui, mais celui-là, il est beau; Plus beau que le vieux que ton frère m’a donné.
Bon d’accord, si pour elle avoir Internet, lui permet juste d’être pendu au bigo, de façon illimitée, et qu’ son bel ordi tout neuf n’ est rien de plus, qu’ un objet de déco qu’on pose au milieu de la table, à la place de cet éternel vase rempli de  fleurs en plastique (ce que j’détestais, tellement que ça faisait cimetière, ces horreurs pleines de poussière), ben à quoi bon blablater ou batailler ?
Euh, à condition qu’elle me le prête, son bel ordi. (Ce qui pose aucun blem, vu qu’en se moment, elle serait prête à m’donner –si j’en voulais, tous ses Darmart, sa collection de chemises de nuit « Marie Poppins », la ménagère en argent -beurk le goût qu’ça donne aux aliments!… Et même ses bijoux et ses casseroles en cuivre).
A suivre…
 

Laura joue de la flûte


 « Tout d’un coup je n’arrive plus à savoir qu’elle est la réalité ? Ma réalité… Si c’est quand je travaille en pyjama chez moi sur mon ordi, ou quand je parle dans la rue à des inconnues, de ce livre que j’ai écrit ? »…

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L’orage ou la flûte, le Blablablog.com (Roman)
Le quartier grelotte entre deux gouttes de pluie, mais comme par hasard, au Café de la « place », je lézarde en terrasse. Lunettes de soleil en serre-tête, je rassemble la meute tout autour de la table. Que des filles.
Dans l’étrange intensité du paysage de mon roman après l’orage, elles ont toutes l’air de venir d’ailleurs, ou d’être de passage… Toutes un peu fantômes et frêles comme le personnage de la Zouz’ qui se réveille en moi, face à cette image…
Bien sûr que je me souviens de ces choses super fragiles… de ces moments d’adolescence on l’on construit not’ monde entre rêve et réalité, pasqu’on a que 17 ans ou même pas, et qu’on est pas sérieux à cet age-là…
Lectrices-tounettes suspendues à mes lèvres… un mot de moi, et boire de l’eau c’est de la balle. Certes, je donne l’impression d’être délurée, d’aller jusqu’au bout de mes délires, mais savent-elles seulement que, mes délires sont surtout dans ma tête, et ne vont pas au-delà de mes propos dans l’écrit ?
Oui je lis, j’écris sans cesse. C’est ma vie de lire, d’écrire… Oui j’aime Céline, Rousseau, Baudelaire, Hugo…. Et nan, « en vrai » je me la zouz’ plus Cosette version Neuf Trois…pasque je suis « une vraie personne pas très très grande (en plus) qu’a rencontré l’Amour très très grand ».
Mais tout compte fait, de ma vie privée je ne dirai rien, et de mon passé encore moins. Quant à la question de la réalité, elle ne se pose même pas, puisque c’est l’écriture la réalité -elles l’auront compris. L’écriture épicétou.
Bon, on beau dire, rester modeste, ça fait quand même son effet. Vla que l’une d’elles aimerait bien que je raconte d‘avantage… que je donne un peu plus de détails… Elle voudrait connaître l’histoire de « Laura joue de la flûte »…
Euh, le pire, c’est qu’il ne me vient pas même pas à l’idée de rectifier le tir, et de lui préciser que le titre, c’est « L’orage ou la flûte ».
Tout d’un coup je n’arrive plus à savoir qu’elle est la réalité ? Ma réalité… Si c’est quand je travaille en pyjama chez moi sur mon ordi, ou quand je parle dans la rue à des inconnues, de ce livre que j’ai écrit ?
De mon échappée parisienne, c’est l’instant le plus marquant. L’instant où je décide d’arrêter de courir dans l’ombre des grandes. Les grandes c’est Nothomb, Angot, Millet… pas moi ! Faut bien se faire une raison : mon toquard de bouquin ne fait pas le poids face au Fait du prince, Le marché des amants et Jour de souffrance, le tiercé gagnant de la rentrée littéraire.
Ben oui, les p’tits loups, résultat des courses, quand le blues est là, la foi en soi s’en va. Quoique… bizarrement j’ai au fond une sorte d’intuition positive, et c’est le sourire aux lèvres, malgré tout, que je mets à parler parler parler… de l’écriture justement. L’écriture nourrie de ma vie, mes voyages, ma poésie… Bien sûr que je puise dans ma vie. ¨N’empêche qu’il ne faut pas se méprendre par ce qu’on appelle ma vie, puisque je vis dans mes rêves…Enfin nan, plus maintenant, car je peux dire qu’aujourd’hui, je vis la vie dont je rêvais. Avant et d’puis le début du blablablog, il n’y avait que le rêve de cette vie. Pasque oui, j’ai vécu dans le virtuel avant de vivre dans la vraie vie, ce dont je rêvais…
Les filles, elles écoutent, sans oser m’interrompre…
Ce n’est qu’après qu’elles me diront qu’elles ont pas voulu rompre le charme, cause qu’elles aimaient ma voix « rauque et posée ». Ah ouais ?! Bref c’est tout juste si elles m’ont pas dit qu’elles en avaient rien à faire de ce que je racontais mdrrr
Voilà les p’tits loups, ce qui explique en partie pourquoi vous me voyez moins qu’avant sur la blogosphère – promo (et ma vie avec le Coyote) oblige. Pour autant j’oublie pas mes amis spaces, les vrais… Ceux qui sont toujours là, aujourd’hui, et que j’ai hâte de rencontrer dans la « vraie vie » (ils se reconnaîtront je pense), et les p’tits nouveaux super sympas qui m’ont apporté tellement de soutien ces derniers temps, ne serait-ce que par leurs comm’ s et leurs messages (eux aussi se reconnaîtront puisque je passe sur leurs blogs dès que je le peux)…
Et donc, je reviendrai écrire un billet par semaine, lire vos comm’ s tous les soirs, et je prendrai le temps d’y répondre au fur et à mesure, comme de lire les nouveautés sur vos blogs cela va de soi !
Je vous souhaite à toutes et à tous une belle, une très belle semaine remplie de bonnes choses. Bisous soufflés, et @ très bientôt !
Votre fidèle servitrice plumitive
Sincerely Your
SOlène
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« Laura joue de la flûte »

SOlène… Obsédée textuelle…

(Cliquez, c’est un lien, et la page a été mise à jour)

Hou hou, je suis lààààààà !!!


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« Tout passe tout lasse » qu‘il a dit le monsieur… meuh !

Bon ok, Philippe, j’arrête. C’était juste une idée comme ça : tous les jours une nouvelle image, pour illustrer la question « y’a quelqu’ un ? »… histoire d’avoir tout plein de comm’ s sans se fouler avec un nouveau billet mdrrr !

Mais oui, chuis là, les p’tits loups ! Pas loin de vous. Si vous me voyez moins que d’hab’ sur vos blogs, c’est pasque mon ordi a dû se choper un virus qui finit par lui taper sur le système. Faut que le spécialiste Coyote mette son nez, là-dedans.

Alors du coup, le matin j’me balade, l’aprèm’ je lis, la nuit j‘écris… et le reste du temps, je mange, je bois, j’aime… et je dors. Bref que ce soit sous le soleil, ou au clair de la lune mon ami Pierrot… rien de bien original, ni de nouveau sur la planète NIOUS ! Ce qui m’empêche – par ailleurs, pas, de penser à vous.

La preuve : vous avez vu, un peu, l’endroit rêvé que j’ ai déniché, pour les ceusses qui kiffent les grands espaces ?! Vous adorerez vous perdre dans ce paysage désert, le silence assourdissant d’la nature… pis errer dans les anciens volcans, en Pataugas avec le sac à dos, la gourde, le sandwich et un bouquin dedans… Grandiose !!!!! Et c’est pas le Coyote qui dira le contraire. Lui qui aime tant baigner sa grande carcasse dans les immensités de son Auvergne natale, il vous dirait sûrement mieux qu’moi, ce sentiment de liberté qui vous grise, quand vous vous sentez enfin en symbiose totale, loin des gens et de l’agitation de la ville. Loin de tout et de tout le monde…D’où cette réflexion qu’j’me suis faite : c’est pas le monde qu’il faudrait changer, mais les gens…hé, y’en a là-dedans lol…

Euh.. trêve de lol, faut qu’j’trouve fissa un chalet à louer, pour not’ week-end de noces. Aydat, qu’il a dit le Coyote, ce serait bien, pasque c’est pas loin d’Clermont. Moi, j’avais pensé à une roulotte au beau milieu de nulle part, avec pour plus proches voisins, des chevaux…

Donc c’est pas le tout, mais je dois vous laisser, les p‘tits loups. Sinon, quoi de neuf pour vous ? Dites moi tout dans vos comm‘s, même le vieux si y’a rien de nouveau. L’essentiel étant d’se donner des news -pas vrai ? Gros bisous, et @ bientôt (j’espère) sur vos blogs.

Solène, vot’ fidèle servitrice plumitive

Livres disponibles à la Fnac.com     L’ombre du chéri… http://recherche.fnac.com/Search/SearchResult.aspx?SCat=2%211&Search=solene+vosse&download_ebook=&bl=HGDMrera&sft=1

PS : bendidon, pour la rentrée les amateurs de lecture vont être aux anges : 466 romans français et 210 étrangers (d’ici Novembre, au plus tard). En tête des tirages à 6 chiffres, 3 madames, dont celle au chapeau, l’incontournable @mélie (Nothomb) et son teint de déterrée, qui, elle, nous sort 200 000 exemplaires de « Le fait du prince », ainsi que les sulfureuses Christine et Catherine dont les prénoms finissent comme « pine » (l’était facile celle-là, chuis PTDR), Angot pour la première et son « Marché des amants » (sortie chez Seuil le 21 août), et Millet et son « Jour de souffrance » dans lequel elle nous décrit les affres de la jalousie (sortie le 27 août chez Flammarion)…

Ceci étant, si les pluies d’automne venues, vous avez l’intention d’passer des soirées et des week-ends à lire, pensez aussi à L’orage ou la flûte, le roman de moi lol

Au jus, vous le serez forcément en « avant première » si vous passez ponctuellement sur le blablablog. Allez, cette fois, j’vous laisse, gardez la pêche, et tenez le kawa au chaud, je déboule sur vos blougs !!!!!

Clair obscur

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Ecrire et voir, c’est pareil, et pour voir il faut la lumière. le paradoxe, c’est qu’on peut trouver la lumière dans le noir de l’encre. c’est comme de la nuit sur la page, et c’est pourtant là-dedans qu’on voit clair.
Christian Bobin, La lumière du monde 
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Bloc, stylo, caoua… la première phrase est venue comme ça, toute seule, tôt ce matin. C’était parti ! Ainsi donc, j’ai noirci une dizaine de pages. Ben oui quand même ! Et sans état d’âme aucun. Malgré le parfum de souffre qui plane déjà autour du titre tout trouvé. Même que le titre, il s’est imposé, alors que j’avais encore rien programmé quant à l’écriture de ce nouveau roman. Mais vu que je fonctionne à l’intuition ou en fonction de l’inspiration, chuis bien obligée d’faire avec.

Ceci étant, chuis prête à concéder qu’avec l’arrivée imminente du Coyote, j’avais autres priorités, aujourd’hui, que l’écrivage. Surtout après ma journée de rien foutage d’hier : écran total tout l’aprém’, et laine polaire totale, le soir, devant « Capital » sur la 6…

J’egzagère, ??? A peine, tellement que j’aime le soleil, la mer… Des choses plus simples dans la vie que l’imparfait du subjonctif. J’aime trop la lenteur, me sentir en apesanteur dans l’instant présent…

Effet imparfait du subjectif ? Ma mère, elle dit à ce propos, qu’de toutes façons, j’fais jamais rien comme tout le monde. Forcément qu’je lui réponds, piske chuis pas comme tout le monde. Chuis d’ici et d’ailleurs. Plus souvent ailleurs, à dire vrai, mais c’est pour mieux être ici, quand j’écris… Que je raconte noir sur blanc, des pans de vie intimes, tout en cultivant le mystère qui horripile les uns et fascine certains. Ben quoi ? J’veux bien donner d’mon temps et d’la plume aux ceuss qui aiment ma musique, mais pour autant, j’ai aussi l’droit d’ménager mon jardin secret.

Besoin de convertir la vie en littérature, comme si l’écriture était un tuteur, sauf que c’est jamais moi qui décide du moment où j’vais me mettre à écrire, mais l’écriture qui vient me happer, au moment où j’m’y attends pas.

C’est comme là, où j’passe vous faire un p‘tit coucou, avant d’boucler mes bagages, et d’répondre à l’appel de la vie, le feu d’artifice,les flonflons du bal de quartier,en plein air -14 juillet oblige. Plus besoin de vent dans les voiles, que d’tout ça…Pasque lorsque le Coyote arrivera, avec lui enfin arrimée au réel, j’pourrai aller loin, très loin. Bye bye, les p’tits loups !!! Gros bisous à toutes et à tous. @ bientôt sur vos blogs (laissez-moi un tit peu l’temps de m’organiser) mais, d’ores et déjà, pour les comments c’est… SUJET LIBRE !!!

SOlène

Il y a un temps où ce n’est plus le jour, et ce n’est pas encore la nuit. […] Ce n’est qu’à cette heure-là que l’on peut commencer à regarder les choses, ou sa vie: c’est qu’il nous faut un peu d’obscur pour bien voir, étant nous-mêmes composés de clair et d’ombre.
Christian Bobin, Lettres d’or

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WHAT ELSE?

 

 

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Voyage voyage

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Stores baissés d’puis la fraîche, ventis qui tournent à 3 (le maxi)… si j’étais courageuse, j’commencerais à emballer la vaisselle, les bibelots, bref tout ce dont j’peux me passer d’ici mon dem’ pour Clermont-Ferrand… Mouais ben, courageuse j’le suis pô -na ! Que même mon kawa, ça me fatigue de le boire (reusement, il risque pas de refroidir avec la température qu’il fait dans la maison). Ben demain, il va faire chaud sur la route…

Euh, j’vous l’ai pas dit, c’est vrai : j’vais à Nantes. C’est demain que le chirurgien retire les fils. Et après cap sur l’île de Ré deux jours. Plus de deux jours, j’peux pas, cause que l’infirmière vient faire les pansements à domicile. Encore deux semaines. Pff… alors que j’ai qu’une envie : tailler la route !!!

C’est René (DESCARTES) qui, dans ses Méditations métaphysiques, affirmait que, on ne peut mieux trouver le monde, qu’auprès d’un poêle réfugié dans sa chambre.

Tout serait là, d’après lui, « nul besoin d’horizon exotique pour rencontrer le réel ». Suffirait d’être attentif etc. Bref en gros, d’être un peu « à soi » et blablabla…

Mouais… sauf que René OUBLIE DE DIRE, qu’il fût lui-même un grand voyageur, qui s’est risqué jusque dans des territoires interdits, avant de se réfugier dans sa chambre mdrrrr.

Vous me direz, y’a aussi Socrate qui est allé trouver la Pythie, un « long chemin papa », pour s’entendre dire ce fameux « Connais toi toi même » devenu légendaire depuis.

Ben oui, pasque « je » est un autre – pas vrai ? « Une invention de la grammaire qu’ils ont dit Nietzsche et Freud… Et donc ce « je », le seul et unique moyen qu’il a de savoir ce qui le définit, ce qu’il aime (ou pas !), ce qu’il veut vraiment, c’est en allant hors de lui-même… Partir pour mieux revenir à soi… Autrement dit, le dépaysement qu’on va chercher sous d’autres cieux correspond à un voyage jusqu’au bout de

Meuh, j’allais pas dire  de la nuit, mais de soi. Un voyage dont on revient jamais, puisque lorsqu’on revient, on est un autre.

Alors adieu les p’tits loups !!! Allez, vous inquiétez pas, ce sont les effets de la canicule, un bon orage là-dessus…

Fan de lui


 Image Sur le CD il y a 2 émissions sur Celine que j’avais trouvées sur le Net. J’espére que ça te fera plaisir. Bisous… STEPH (alias Coyote)

C’est pas un secret pour les ceusses qui me connaissent d’puis l’début de ce blog : chuis archi Emission du 3 mars 2011

Ce SOIR dans « La Grande Librairie », François Busnel a présenté une émission spéciale Louis Ferdinand Céline, et reçu Fréderic Vitoux, Philippe Sollers, François Gibault et Fabrice Luchini. Je n’ai qu’une chose à vous dire, messieurs: MERCI !!! Parce que je suis fatiguée d’avoir à me justifier… par rapport à cet immense écrivain.
Le lien la grande librairie-France5:
 

AUJOURD’HUI


24 novembre
Aujourd’hui j’vais dire à la terre de s’montrer  sous son meilleur jour. C’est pas parce que les arbres n’ont plus de feuilles aux branches, que les idées doivent prendre leur dimanche.Aujourd’hui j’vais dire à la pluie d’arrêter de tomber, et quand t’auras fini d’rêvasser devant ton café, j’vais dire au jour d’se presser, qu’t’as pas qu’ça à faire d’trainer au lit. Tu vas t’doucher, t’habiller, t’coiffer, t’sortir un peu d’la tanière de Coyote. C’est pas un délit d’aller boire un verre avec tes meilleurs potes, histoire d’leur montrer qu’j’existe pas que dans tes rêves.J’braverai la pluie,mais j’viendrai à pied, à cheval ou en chemin de fer, comme un défi aux grèves. Ou p’tet bien qu’j’prendrai l’avion, et par la même occasion, j’dirai au soleil de briller, pour te cueillir de mes mains ses rayons. Et puis, quand le soir reviendra nous guetter comme une araignée sur sa toile, je dirai aux étoiles, de nous montrer le chemin de la planète NIOUS. Alors ce sera l’heure où, d’habitude on chuchote au téléphone  sous la couette, et où j’m’endors avec ta voix dans la tête.Sauf que cette fois, avec ta fenêtre toujours ouverte au clair de la lune, j’vais dire à l’ami Pierrot en personne, de m’prêter sa plume, pour t’écrire un mot à mimuit une… Minuit une, on sera demain. Et demain c’est ton anniv’ mon amour.
SOlène

Louis-Ferdinand l’a dit (slam)


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L-F C
 Louis-Ferdinand l’a dit: « l’émoi c’est tout dans la vie. Faut savoir en profiter (…)Quand on est mort c’est fini ».Et moi j’te le dis: pas besoin d’une existence à hauts risques débordante d’intensité fatale. Quand tout est noir, qu’tu t’ennuies ou qu’t’as mal, qu’ta life, c’est la glande intersidérale, qu’est-ce t’attends, vas-y écris! Change de disque, n’en fais pas un drame. Fais couler l’encre plutôt que les larmes. T’as ta p’tite tête qu’est bien faites avec plein d’idées dedans. C’est le moment de penser plus grand que la life. Fais comme moi quand j’arrête de faire ma cosette, et que j’me la joue Zouzou du Neuf Trois sur le blog à blabla. Mais p’tet qu’tu préfères faire comme Angel, te choisir un héros dans un bar. Grand fumeur de cigare devant l’éternel, et lecteur de Rousseau -tant qu’à faire, il lit les « Rêveries du promeneur solitaire ».Alors elle, il l’a pas vu venir avec ses gros sabots et son stylo d’écrivaine qui s’en bat les couettes. Faut pas être bête, puisque Louis-Ferdinand l’a dit: « trouvez la palpite nom de foutre! La fête est là! Enfin quelque chose! Réveil!Allez robots la crotte!Merde!Transposez ou c’est la mort!! ». Et moi j’te le dis, quand tu flippes, invente-toi une aut’ vie que tu fais croire tienne, et qui te sort des tripes. Ou  plus fort encore, tu racontes la tienne et fais croire qu’c’est de la mytho. Louis-Ferdinand l’a dit: « Ne vous occupez pas tant de moi-même! Faites marcher votre petit coeur! Ce sera ce que vous y mettrez! L’orage ou la fûte! Comme aux enfers, comme chez anges ». Et moi j’te le dis, quand tout est noir, qu’t’as mal, qu’ta life c’est sans espoir, fais comme Louis-Ferdinand te dit: transpose. Ecris quelque chose! Tu seras servie. Servie à mort! Et pas à crédit! Louis-Ferdinand, si tu m’entends; j’te kiffe! J’te surkiffe, même! Et Merci!

Chaud le chocolat chaud !


 
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 ✍️
 Ma main te cherche sur l’oreiller. La nuit fut brève, t’es déjà levé. J’sais pas si j’rêve ou si c’est vrai qu’il faut séparer le bon grain de l’ivraie. Comment t’as fait pour te réveiller, moi j’suis crevée. Pourtant ce matin, ça sent le bonheur, c’est notre premier petit-déjeuner, et toi tu veux me l’ammener au lit sur un plateau -chaud le chocolat chaud! … et les croissants, quand tu me souris, n’ont déjà plus la même odeur. En plus, j’suis là les yeux fermés. Peut-être que je dors encore. J’te vois pas, nan, mais j’te sens. Tu es sur moi. J’suis accrochée à ton cou, la tête sur ton épaule. J’sens tes mains sur mon corps, le chocolat qui refroidit … C’est pas comme nous. Si dehors, c’est le Pôle Nord, pour nous c’est chaud à la tanière. Tu m’embrasses, j’te serre fort en silence, comme ça … abandonnée, portée, noyée. Quoique tu fasses, j’me laisse aller dans le lit de la rivière; dans le berceau de ton amour, dans cette mer immense qu’est le désir de toi. Puis j’me laisse emporter par le courant de ton plaisir, sans plus penser à rien, comme ça perdue … Perdue dans tes bras -y’a bon Banania!!! 
SOlène
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