Partir un jour comme aujourd’hui, de soleil et de pluie… Partir demain pour Paris au petit jour, par le train… ou partir cette nuit en voiture de location… Du pareil au même -moi j’dis, puisque qu’il faut partir quand même avec tes « je t’aime » plein la tête. J’viens d’fermer les volets d’la maison soudain muette comme une tombe… ça fait une plombe qu’je suis prête, mais en fait, j’ne sais pas c’que j’attends… ça peut durer longtemps comme ça, dans le noir où, maintenant, plus personne ne m’appellera pour me dire bonsoir. C’est le troisième kawa que j’me bois en me disant : « cette fois c’est le der des der ». Et puis non, j’me rassois… Tu vois, t’avais raison : les gens sont là quand tout va bien. Ou tant que ça les arrange, mais ton chagrin à toi tu t’le manges bel et bien, à tort ou a raison. L’ont pas vu -mettons… Prends toi ça dans les dents, c’est comme ça qu’on apprend. Tout passe tout lasse, et tout ce qui ne tue pas rend plus fort. Voilà. J’viens de refermer la porte derrière moi. Partir… laisser tout ce qu’on aime derrière soi, tu vois des fois, on n’a pas le choix.
Solène
