vendredi 2 janvier 2026

Une historiette de Béatrice

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« Ah c’est mon livre préféré celui-là ! J’espère que vous l’avez lu. »
Bonne année.

mardi 30 décembre 2025

La SF, c'est n'importe quoi !

 (Le récit se déroule en 1985) :
DE BERLIN : Les représentants de l’Allemagne de l’Est et de l’Allemagne de l’Ouest qui, depuis huit mois, étaient en conférence sous la protection de forces considérables, ont présenté aujourd’hui un plan de réunification nationale destiné à restaurer l’intégralité du territoire allemand après quarante années de division. La République Démocratique (Allemagne de l’Est) et la république fédérale (Allemagne de l’Ouest) formeront ensemble la Démocratie Fédérale Pangermanique dont la capitale sera Berlin.
Les négociations n’ont pu aboutir qu’après la suppression de deux obstacles majeurs. Les porte-parole des deux parties ne modèrent pas leurs compliments aux plénipotentiaires dont l’intégrité a permis de triompher des diversité de points de vue entre Occidentaux et Communistes qui ont réussi à se mettre d’accord sur l’adéquation politico-économique des deux systèmes.
Le système capitalise de l’Allemagne de l’Ouest quoique parfaitement satisfaisant au niveau des responsables et des nantis a provoqué par ailleurs l’accroissement de la corruption, de l’exploitation et autres abus économiques. Le système communiste de l’Allemagne de l’Est, par opposition, a su assurer aux travailleurs un maximum d’emplois et de sécurité en leur offrant un minimum de produits de luxe.
Sur le plan politique, le système parlementariste était ouvert à la liberté, tant individuellement que politiquement, chacun pouvant exprimer son opinion et adhérer à des partis d’opposition. Le système totalitaire communiste, par contraste, n’autorisait qu’une liberté réduite, maintenant les divers média sous un contrôle rigide et supprimant les oppositions les plus marquées.
Selon le traité mis au point ce jour, les négociations ont décidé d’adopter pour la nouvelle Démocratie Fédérale Pangermanique le système économique occidental et le régime politique de l’Est.
(Richard A. Lupoff : L’envol de la Locomotive Sacrée, 1971)
On le constate, l’auteur tape à côté : la réunification ne s’est pas produite cette année-là. Pour ce qui concerne le résultat de l’accord, comment peut-on imaginer une telle hérésie : un avenir dans la précarité et la dictature ? Pff… Ces gens-là racontent n’importent quoi…
Le Tenancier vous retrouve l’année prochaine, bon réveillon à tous.

dimanche 28 décembre 2025

Jeu

Le Tenancier ne vous a pas abreuvé de jeux cette année, que George veuille bien lui accorder quelque pardon. Il n'arrivera pas à se rattraper avec cette question facile : dans quel film trouve-t-on ces doctes messieurs au milieu d'une bibliothèque ? Vos réponses en commentaires, celle-ci n'étant pas la B.

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mardi 16 décembre 2025

Au bout du compte...

Une idée, saugrenue après coup, m’avait incité à vous raconter « ma vie dans une starteup » qui consistait à vous décrire la névrose à peine organisée de ce genre d’entreprise à travers un de ses acteurs. Et puis, j’ai réalisé au bout du compte à quel point cette tentative était vaine, parce que, en somme cela s’appelle « Le monde du travail » et que chaque lecteur en a éprouvé une version plus ou moins inepte. Bref, revenir sur tout cela aboutissait à se dégrader soi-même au travers d’une relation de faits et de situations dépassés. L’on a mieux à faire que de se plaindre, ce qui m’amène à clore cette rubrique-là de façon prématurée, et sans regret.

lundi 15 décembre 2025

Une historiette de Béatrice

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Une leçon sur la façon de gérer sa bouquinerie par une animatrice d’atelier d’écriture, check
La discussion est partie du concept de librairie-salon de thé dont tous les snobs de mon entourage m’ont parlé un jour pour sauver la boutique.
« Je connais un restaurateur-bouquiniste qui organise son coin bouquins de façon extraordinaire, les gens achètent un livre, ils le ramènent, ils sont remboursés »
« De toute manière, bouquiniste, ce n’est pas la même chose que libraire »
« Ici en fait il faudrait supprimer une bonne partie de la partie livres pour créer la partie salon »
Samedi pluvieux.

samedi 13 décembre 2025

Résidence

Auteur ayant été publié à compte d’éditeur à plusieurs reprises (pourvu que ça dure), comme :
— Un recueil d’aphorismes,
— Cinq recueils de nouvelles,
— Deux romans,
— Une anthologie sous sa responsabilité...
... ne cherche aucun endroit qui pourrait l’accueillir en résidence en échange d’une servitude quelconque (conférence, discours, ateliers avec des gniards, etc.), mais accepte le pognon qui va avec tout en continuant dans l’immonde bordel de son bureau. Il ne se sent en outre aucune disposition conviviale à l’égard d’édiles, d’enseignants, de bibliothécaires ou de libraires et de quiconque en général sinon avec des amis soigneusement choisis. Cependant, il accepte qu’on lui dépêche un spécialiste pour lui masser la tête, mais pas trop parce que ça l’endort, donc avant 14h et après 18h parce qu’il bosse à ce moment-là. Il consent toutefois à rédiger un embryon de quelque chose en échange, à défaut d’artiche (mais il préfère), d’un échantillon de ce qu’il aura vanté : truc qui sent pas mauvais, chose comestible, etc. Enfin, qu’on ne compte pas sur lui pour dire merci parce que merde à la fin il se casse assez le cul à écrire pour qu’on lui rende grâce. En effet, il n’a pas été un libraire exceptionnel et s’est montré un exécrable serveur dans la restauration (avec un caractère assez moche). Vous avez donc échappé au pire. Bref, déposez votre candidature sur papier libre, le mieux-disant emporte le morceau. On ne retourne pas les enveloppes garnies de billets. On partagera les valises du même contenant.
Parce qu'on a l'esprit frugal et redistributeur, mais pas avec tout le monde.

mercredi 10 décembre 2025

Une historiette de Béatrice

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Madame et Monsieur les retraités sont dans la boutique, mais l’oublient un peu.
« Ton lacet est défait.
— Non, pas du tout !
— Tu as le lacet défait et il traîne par terre !
— Pas du tout, non, et puis je fais ce que je veux ! »

mardi 9 décembre 2025

Charlie Watts (1941 — 2021)

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(Cliché : Gered Mankovitz, 1966)

Le Tenancier aime bien les Stones. Il en écoute de temps en temps et d’ailleurs va rarement au-delà de Some Girls. Il considère que leur meilleur situe entre 1966 (Aftermath) et 1976 (Black and Blue), démontrant ainsi son manque d’originalité. On conçoit qu’une partie du lectorat de ce blogue s’en contrefiche à coups de « Gabbah Gabbah Hey », d’un côté et de longues plages Mingusiennes de l’autre. D’ailleurs, le Tenancier apprécie aussi les deux. La figure la plus attachante du groupe reste tout de même Charlie Watts, ne serait-ce que pour, justement, son attrait envers le jazz qui s’est manifesté avec régularité au long de sa carrière. On le savait, Watts s’intéressait également à une certaine culture livresque, à coup de romans noirs (Hammett, Chandler), de classiques du début du XXe siècle (Greene, Fitzgerald, Waugh, Wodehouse, Joyce, pêle-mêle), de la tradition du polar britannique (Agathe Christie, choix moins heureux à nos yeux…), etc. Ajouté à sa bibliothèque, quelques pièces rares se rapportant au jazz : premiers pressages de Charlie Parker, étui de l’instrument du même, affiches diverses et ainsi de suite, puis quelques photographies de Josephine Baker, dans son bain, ou bien avec les fameuses bananes, Django Reinhardt, Fred Astaire... On a failli oublier quelques manuscrits… Tous ces témoignages se sont retrouvés dans une vente publique organisée par Christie's entre le 15 et le 29 septembre 2023 et cette maison a trouvé bon de reproduire les pièces en vente. On constatera toutefois que Watts restait assez orthodoxe dans ses goûts et que la notion de bibliophilie s’attachait à des ouvrages en hardcover publiés principalement dans l’entre-deux-guerres. On vous convie, tant que la page durera, à visiter sa collection qui ne vaut guère pour l'état des items, mais plutôt pour l’ensemble qu’il représente. Les amateurs de romans noirs, de polars, de jazz et de littérature anglo-saxonne y trouveront quelque agrément.

dimanche 7 décembre 2025

Pornographie

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« Je crains que votre collection pornographique ne présente malheureusement au moins deux lacunes notables », fit remarquer Lady Biswold. (Glen Baxter)

samedi 6 décembre 2025

Ma vie dans une starteup — II : La traque du logopède

Tout « supérieur » qui veut asseoir sa domination sur ses subordonnés se doit de s’arroger une fonction langagière dont il détient les arcanes. Le cadre, dont le Tenancier vous a entretenu au précédent billet — d’ailleurs il ne sera mention que de lui dans cette série —, avait bien compris que son ignorance des métiers du livre pouvait entamer son prestige. Cependant, il devenait impératif d’assurer son autorité sur des salariés, passant par-dessus celui qui était en charge directe desdits. Ainsi, le Tenancier et sa collègue de travail, en charge de passer des contrats de collaboration avec les libraires (la consœur, I., étant chargée de tout ce qui se passait en région parisienne et votre serviteur, la France et le reste du monde… francophone), furent convoqué en réunion. Qu’attendiez-vous donc, chers lecteurs ? Travailler dans un starteup n’empêche pas que l’on perde du temps de la sorte : habits neufs et vieilles pratiques. Donc, I. et votre serviteur furent conviés dans une petite salle où nous dûmes subir le supplice du feutre crissant à la sournoise sur le tableau Velleda et surtout le déploiement d’une logorrhée que l’on déclare encore maintenant imbitable, ce dont on fit part de façon hasardeuse. Le crime eût passé pour inaperçu, tant le cadre en question méprisait à priori ses subordonnés : il était normal qu’ils n’entravassent que dalle étant donné leur place dans la hiérarchie. Après tout, l’on manifesta là ce qu’en attendait cet individu, le témoignage de sa supériorité morale. Seulement le roi était nu et le lui fit savoir par quelques remarques qui renvoyaient à la plus complète inanité ses exercices lexicaux et ses leçons inutiles. Le marketing, c’est bien, mais connaître l’économie du livre d’occasion ou de bibliophilie, c’est mieux et expliquer son métier à des personnes qui avaient déjà un certain kilométrage relevait de l’impudence — mais après tout, dans les starteups, on prend des risques, n’est-ce pas ? — ou de la connerie. Nous refusons ici de faire un choix entre ces deux options, le cumul de ce type de charge ne se révélant pas trop lourd pour cet individu. Au moins, pour cela, il ne trichait pas. Nous sortîmes de la réunion, I. et moi, pas plus savants mais dotés de l’intime conviction que le bras droit de la direction était plutôt un bras cassé. Mais, vous savez ce que c’est, quand on est rétif à l’autorité, on voit le mal partout.