lundi 29 décembre 2025

L'étoffe des rêves

Je suis noyée sous les travaux de rénovation. Les artisans se succèdent mais tous utilisent des perceuses, scieuses et autres outils percutants pour les oreilles et générateurs de poussière.  Après chaque passage, je dois nettoyer à  minima pour reprendre le cours de ma vie dans des conditions à peu près normales. Entre chaque intervention, je dois déménager ceci ou cela puis le remettre en place et bouger autre chose, sortir les livres des bibliothèques pour permettre aux ouvriers d'opérer, évacuer la salle de bain pour changer la fenêtre etc.    Tout ce charivari doit se conclure par un meilleur confort, murs isolés, climatisation performante, fenêtre double vitrage etc. Merci la prime Renov obtenue sur le fil mais qui laisse un reste à charge conséquent. Normalement la fin des travaux avant Noël, inutile de dire que j'ai hâte de pouvoir enfin m'occuper d'autre chose et retrouver un peu de paix dans la maison. Mon chat est du même avis, il déserte toute la journée.     

Qu'ai-je fait d'autre depuis mon dernier passage sous l'arbre ? 

Un petit tour à Paris pour délivrer un cours au CNAM auprès d'étudiants venant de plusieurs pays. Je m'étais ménagé un petit temps pour aller voir une expo; j'ai jeté mon dévolu sur L'étoffe des rêves  à la Halle Saint Pierre, un lieu qui accueille  un art décalé, un art brut. J'y ai vu plusieurs expos étranges dont une consacrée aux œuvres d'artistes locataires d'hôpitaux psychiatriques que j'avais visité avec ma fillote. Double plaisir. 

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Quelques images qui m'ont frappée

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Rita Arimont travaille avec fils en torsion



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Sept silhouettes à taille humaine, hantées, sans visage, repliées sur elles-mêmes comme des momies, réunies sous le titre Solitude par la Belge Micheline Jacques (née en 1933) et réalisées à partir de nylon et de mousse.
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Thérèse Chevalier (1939–2009), coud des vulves affirmées et des seins rebondis

Autre expo cette fois au Forum de ma petite ville du Tarn où se tient tous les ans un Festival des Arts. C'est toujours un vrai bonheur de découvrir la richesse de la créativité d'artistes tarnais ou plus largement occitan

Deux exemples de sculpture 

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l'une de verre Carole Tournier

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l'autre de terre Michel Alquier
 
Quelques livres en dépit du fait que je suis souvent morte de fatigue le soir. 
J'ai voulu lire Boualem Sansal. Harraga m'a semblé un bon premier à tenter. Ecriture puissante mais trop de hargne à mon goût. Il ne fait pas de cadeau à la clique au pouvoir, certes, il déteste la ville Alger, ses congénères (du moins son personnage, une femme qui défend âprement sa solitude qu'une "harraga" une qui "brule la route" vient faire exploser par sa présence foutraque, alors qu'elle a dans son ventre le résultat d'une vie de patachon éminemment réprouvée et donc dangereuse dans un contexte d'islamisme d'Etat. Une peinture au vitriol  non de l'Algérie mais du système. On comprend sans l'excuser que le pouvoir ait eu envie de le faire taire. Son passage à la Grande Librairie après sa libération montre un homme qui s'exprime avec une grande douceur et une vraie détermination.

Une découverte qui m'a fait beaucoup de bien. Lauren Bastide mêle son analyse historique de la construction d'une obligation pour les femmes d'être sous la tutelle du père ou du mari et ne peuvent s'en affranchir qu'en devenant veuve, à sa propre expérience. Vivre seule pour une femme est considéré comme une anormalité. Et les femmes elles-mêmes vivent leur solitude comme un échec et en souffrent    

  
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Il est temps de transformer notre regard sur la solitude des femmes.
Les femmes ont mis des siècles à conquérir le droit d'être seules, à s'affranchir de la surveillance du père, du mari, de la société. Aujourd'hui, enfin, elles le peuvent. Mais leur solitude reste mal vue. Y compris par elles-mêmes, nombreuses à la vivre comme une souffrance ou un échec.
En mêlant analyse historique avec beaucoup de références bibliographiques  et récit personnel, Lauren Bastide invite à changer de regard sur les femmes seules : celles qui ne sont pas en couple, celles sans enfants ou dont les enfants ont " quitté le nid ", celles qui voyagent en solitaire, celles qui n'ont besoin de personne - ou essaient, en tout cas.
Il existe dans la solitude la promesse d'une émancipation, d'une estime de soi renouvelée et de la possibilité d'habiter le monde, enfin, à son rythme.

Apprès une interruption de dix jours liée en particulier aux travaux qui exigent après le départ des ouvriers une remise en état même sommaire des lieux induisant une certaine fatigue, je reprend l'écriture de ce post, décidément décousu.

Achevé la lecture d'un essai de Belinda Cannone "L'écriture du désir "
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Belinda Cannone voit dans l'écriture la manifestation de notre volonté d'étreindre - le monde, la réalité rugueuse ou douce - et de célébrer notre présence au monde, notre désir de vivre.  

Pas d'idée dont les pages ne seraient que la traduction : seule l'intuition préexiste à l'acte d'écrire . Les mots sont l'idée. Sans mots, pas d'idées. 
Ce que nous cherchons dans la lecture c'est cette mise en mots qui nous offre l'opportunité de ressaisir ce qui est en nous mais peut être mis à jour grâce à l'écrivain qui a fait le travail de mineur de fond pour porter à la lumière les pépites dont nous sommes à la fois les héritiers et les  polisseurs. 

Dernière minute, mort de BB. Je n'ai jamais été subjuguée par sa beauté ou son talent. Elle a participé de cette mode du blond obtenu par décoloration qui a relégué les brunes dans la catégorie des "moches".  J'ai toujours préféré CC à BB (elles sont mortes à quelques mois d'intervalle). Bardot a certes été le symbole d'une certaine liberté, mais pour ce qui me concerne, mes égéries étaient plutôt Beauvoir et Sagan à l'époque de "Babette s'en va en guerre" (j'avais un petit faible pour Jacques Charrier). J'ai revu Le mépris, considéré comme un de ses meilleurs rôles Je trouve que le film a très mal vieilli. A part les citations dont Godard nous abreuve, l'intrigue est très pauvre, la dramaturgie assez poussive, la fin bâclée. Dans le documentaire qui était consacré à l'icone, j'ai surtout été émue par la vidéo où elle entoure de ses bras un bébé phoque, j'avais aimé à l'époque son combat et sa décision de quitter le milieu du cinéma pour se consacrer à la défense des animaux. Plus que ses films, sa Fondation est son grand œuvre.  Sur la fin de sa vie elle vivait relativement recluse, avait épousé un sympathisant du Front national et tenait des propos qui lui ont valu quelques procès pour propos racistes et homophobes. Une gloire nationale dont s'empare avec empressement l'extrême droite .

Pour se souhaiter immortel, il faudrait attacher beaucoup d'importance au Moi, il faudrait croire que nous ne sommes pas cette petite coque légère, capable d'embrasser l'univers mais si fragile, si éphémère. Belinda :118.

J'allais oublier. dans quelques jours nous entrons dans une nouvelle année. Je nous souhaite de peaufiner notre art de la joie. 



vendredi 24 octobre 2025

L'EmanciPASSION



J'entre dans une nouvelle aventure, avec gourmandise.

Pierre, de l'Usinotopie , a lancé un projet de tiers lieu culturel l'EmanciPASSION  installé dans les locaux des Plasticiens volants, une ancienne mégisserie désaffectée dont les bâtiments sont adaptés à la création des sculptures aériennes gonflables avec lesquelles ils créent des dramaturgies proposées au public du monde entier. 

Pierre donc, après quelques consultations auprès des habitants, a proposé afin de commencer à donner chair à ce projet de mise en lien des artistes avec les habitants sur la ville et au-delà, de participer à La fête des possibles.   

 

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 Quelques présentations en préalable

"L’UsinoTOPIE est une fabrique des arts de la marionnette, aujourd’hui implantée à Graulhet après dix-huit années d’aventure à Villemur-sur-tarn. Elle se consacre à la création, la transmission et l’accompagnement des projets marionnettiques, en cultivant une approche singulière : expérimenter, chercher des formes nouvelles, encourager les rencontres et tisser des liens sur le territoire. En dialogue étroit avec l’EmanciPASSiON, tiers-lieu artistique et citoyen en gestation, l’UsinoTOPIE avance pas à pas : avec humilité mais avec une détermination profonde, fidèle à une posture de résistance douce et à l’envie de faire germer d’autres manières de créer et de partager." (Extrait du site)

Le projet de la Fête des Possibles est porté par le Collectif pour une Transition Citoyenne et ses organisations membres et partenaires. La Fête des Possibles ce sont des centaines d’évènements organisés chaque année partout à travers la France et la Belgique pour rendre visibles toutes les initiatives citoyennes qui construisent une société plus durable, humaine et solidaire. (Extrait du site).

En l'occurrence celle de Graulhet s'est tenue du 8 au 12 octobre. Le programme a été bouclé en à peine deux mois. En participant à son élaboration, j'ai eu le plaisir de découvrir la richesse du réseau d'artistes du territoire et ainsi de tisser des liens avec quelques uns d'entre eux. J'ai découvert les créations d'Isabelle Guérin qui exposait au sein du lieu de l'EmanciPassion. Je lui ai demandé une reprographie du tableau ci-dessous. Elle en vendait au cours de son exposition, plus accessibles aux bourses plates, mais celle-ci n'existait pas. A suivre


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La photo n'est pas excellente mais l'humour est intact @ ZL

Dans le même espace Ugo Ratti exposait ses sculptures sur bois. Il m'a confié qu'il aimait particulièrement travailler le buis. Ci-dessous un exemplaire avec en arrière plan une peinture d'Isabelle.

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Le buis travaillé par Ugo Ratti @ZL

Les clowns crieuses ont animé le marché avant et pendant les journées de la fête. Elles ont séduit petits et grands pour les informer de tout ce qui se passait dans leur ville

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Clown un jour, clown toujours @Pierre Gosselin

Jess Bird avait affiché de grands calicots porteurs de  poèmes sur les fenêtres d'habitants volontaires. Une vingtaine de ces messages ont circulé ainsi dans la tête de ceux qui la levaient vers le ciel. 

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Jess Bird, diseuse des possibles @Pierre Gosselin

La soirée inaugurale a drainé un public d'aficionados de Bal Trad et particulièrement de l'accordéoniste Rémi Geoffroy. Nous avons été stupéfaits et ravis de voir arriver plus de 250 personnes qui ont envahi la piste dès qu'il a émis ses premières notes et ne l'ont quittée que lorsqu'il est venu jouer au milieu des danseurs une mazurka clôturée par une délicate coda.  
 
Il ne m'est pas possible de rendre compte de toute l'effervescence poétique qui a surgi au sein des multiples lieux partenaires, juste les citer ici : l'Autrucherie, librairie café où j'ai eu le plaisir de présenter mon livre, le Labo M où Les Vidéophages nous ont offert une série de courts métrages dont un absolument hilarant intitulé "Rien de grave" un menuet,  musique de Lulli, dansé par huit couples,  avec toute la componction nécessaire mais sur un parquet boueux, avec un maître de cérémonie impitoyable qui relance la musique dès qu'elle s'arrête. Totalement burlesque et irrésistible. 

L'Uzine  a accueilli Anne Maitrejean en concert, puis un repas partagé la Soupe aux cailloux,  et enfin le Little Big Circus dont je ne peux rien dire, j'étais partie me reposer.
La Calida offrait un thé et de délicieux gâteaux pour mieux faire connaître ce hammam, situé en centre ville et très accueillant. Je n'ai hélas pas eu le temps d'en bénéficier, mais ce n'est que partie remise.
 
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La Calida @ZL


La Closeraie accueillait les vitraux de Nicole Teulière-Assémat et a offert scène ouverte aux musiciens.

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Nicole Teulière @oeildepierre


Dans les locaux de l'EmanciPASSION, j'ai fait une courte présentation de l'économie solidaire suivie d'une Causerie  avec Nicolas Roméas et la Clown Lamelle (cie In Girum). C'était un essai à vrai dire un peu étrange. Le propos était centré sur l'Art et Nicolas l'a introduit avec beaucoup de sérieux tandis que la clown l'interrompait chaque fois qu'elle considérait qu'il l'était trop, sérieux. Il y a eu quelques échanges mais nous en sommes sortis un peu perplexes, après avoir essayé d'approfondir la question centrale "qu'est-ce que l'Art". Pas facile !    

Le carnaval a été un moment fort. Déployées sur la place centrale de la ville les créatures des Plasticiens volants ont succédé à la Chorale explosive "La Rugissante" 20 voix et un accordéon pour un tour du monde vocal sous la houlette de Natacha Muet. Toujours un bonheur de les écouter même si ce n'est pas la première fois, j'y compte plusieurs amies chères.  
Je m'étais engagée à manipuler une de ces grosses bébêtes, la fourmi. Je me suis beaucoup amusée à  arracher des sourires sur des visages fermés et à jouer avec les enfants qui prenaient les antennes de la fourmi pour une queue du Mickey (celle qui m'échappait toujours quand j'étais petite). 

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Une fourmi prêteuse et une chenille gourmande @Dominique Lassalas

 

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La tortue volante @Dominique Lassalas
 
Nous avons quitté la Place, en cheminant dans les rues étroites, veillant à ne pas abimer nos belles baudruches pour rejoindre le Labo M, où elles ont été vidées et réduites en un amas de dépouilles dans la cour avant d'être embarquées pour rejoindre leur port d'attache.   
La salle du bar était  bondée, le concert de Paul Val était attendu, un vrai rock'n'roll avec des riffs de guitare éblouissants. Je me suis repliée sagement sur la terrasse, le temps était doux et les décibels moins meurtriers, j'ai fait quelques incursions dans la salle après avoir dégusté un délicieux curry, la musique était vraiment bonne.  

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Le lendemain, jour de marché Elise et Dominique ont distribué les soupes qu'elles avaient concoctées la veille dans d'énormes faitouts. Elles ont eu un franc succès.

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Les sorcières Elise et Dominique devant leurs chaudrons @ZL

Très beau final (...) avec Marie Guerrini et Loïc pour "Brins d'herbes entre les lattes du plancher" et en suivant avec Lakhdar Hanou, le duo La Kahina et leurs invité.e.s, Michele Martin et Frank pour "L'écho des terres en lutte" et avec la participation de l'association BDS et Solidarité Migrants. Pour finir dans la convivialité et le partage on a dégusté les délicieuses soupes préparées par Elise et Dominique. Dixit Pierre Gosselin

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La lumineuse Marie Guérini @Pierre Gosselin



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Le duo La Kahina @Pierre Gosselin


Dans une époque où la culture est malmenée, particulièrement en milieu rural, ce sont les citoyens qui essaient de la maintenir. Ce n'est pas facile. L'ensemble a été généreusement organisé par les l'Usinotopie et les Plasticiens Volants, particulièrement Pierre Gosselin qui a endossé le risque financier puisque les artistes ont été rémunérés et les recettes uniquement engrangées par la participation libre. Grâce aussi à Luc Labry, un artiste de la logistique sur la brèche en permanence, avec un indéfectible sourire. Mais également grâce à la participation de tous les bénévoles, sans cela la fête des possibles n'aurait pas eu lieu. La plupart de artistes sont tarnais même s'ils se produisent bien au-delà du département.
Dois-je insister sur l'intense plaisir que j'ai pris à participer à cette aventure qui outre les émotions vécues pendant toute la durée de la fête, m'a ouvert un réseau que je ne soupçonnais pas. Un bel ancrage dans cette ville dont je découvre le potentiel chaque jour et l'EmanciPASSION a vocation à se développer. J'y aiderai à ma modeste mesure.

dimanche 14 septembre 2025

Comment les faire disparaître

 Une série de lecture cet été m'a conduite sur les chemins escarpés de l'abus de pouvoir des hommes s'exerçant au détriment de leur "moitié" . De fait elles ne sauraient être entières et si elles s'avisent de l'oublier les mesures coercitives sont là pour les remettre dans le droit chemin. 

Commençons par Ilaria 

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Un père enlève sa fillette, huit ans, dans l'espoir d'obliger, la mère de l'enfant à reprendre la vie commune. La petite fille est embarquée dans un périple hasardeux dont elle ne comprend pas les raisons auprès de son père qui l'aime à sa façon absurde, mais bois et fume trop et s'entête à poursuivre sa femme de coups de fil sans jamais la laisser parler à l'enfant. On pense à tous ces mômes brinqueballés entre leurs deux parents voire leurs grands-parents et torturés par leur devoir de loyauté.

Poursuivons par Mon vrai nom est Elisabeth.  

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L'autrice craignant d'avoir hérité de la schizophrénie de son arrière grand-mère se lance dans une recherche pour mieux connaître Betsy, le surnom de celle-ci, en interrogeant ses descendants. Une enquête douloureuse et complexe, tant Betsy a été enfouie dans un de ces secrets familiaux qui sont par définition difficiles à porter à la lumière. Tout en cherchant, elle découvre les méthodes barbares utilisées pour "ramener les femmes à la maison" et les rendre compatibles avec ce que la société attend d'elles : de bonnes ménagères s'occupant de leurs enfants. Pour celles que ce programme ne réjouit pas et qui cherchent à s'en échapper, il y a la lobotomie, une méthode épouvantable inventée par un médecin américain, pratiquée en France de 1945 à 1955 qui a pour objectif "non pas de guérir mais de contenir", il ne s'agit pas de modifier une personnalité normale,    il s'agit de modifier une personnalité anormale pour essayer de la rendre normale". Cette opération qui consiste à amputer le lobe frontal en le traversant de part en part est pratiquée à la demande de l'entourage, en l'occurrence du mari, l'avis de la patiente ne valant rien. Le livre extrêmement documenté est à la fois un témoignage sur les violences faites aux femmes jusqu'à la moitié du XXe siècle, (sachant qu'il existe désormais la camisole chimique) et le parcours d'une femme, l'autrice, pour conjurer sa peur de devenir folle comme un héritage génétique. 

Compte tenu des dangers encourus dans l'univers familial, comment s'en prémunir? J'ai eu le plaisir d'entendre Blandine Rinkel présenter La Faille au Banquet du Livre de Lagrasse. Le titre est dû au fait que Blandine a remarqué que lorsqu'elle écrit famille le m est aplati au point de disparaitre.  

 

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Comment se fait-il que quitter sa famille provoque "un immense soulagement et, plus secrète, une profonde joie" . Blandine Rinkel traque à l'aide d'exemples tirés de la littérature ou du cinéma, la toxicité des situations familiales qui piègent dans leur univers clos ceux qui s'y sentent contenus, contraints, obligés, voire malmenés, violentés.  A la famille conformiste elle substitue la "meute" de complices avec qui rire d'un vrai rire,  pour partager un écart avec la norme, parce qu'elle nous effraie ou nous ennuie, nous indiffère ou nous afflige. "Rien, vraiment, n'est plus difficile que le vrai rire, mais aucune qualité n'a de plus grande valeur. C'est un couteau qui retranche autant qu'il donne forme" écrit Virginia Woolf . Et l'amour, non pas une manière de poursuivre la famille par d'autres moyens , mais au contraire une façon de rompre les amarres sans faire naufrage. Elle écrit pour "celles que le groupe a expulsées ou qui le rejettent pour des raisons intimes, politiques ou métaphysiques [...] celles qui tout en aimant leur foyer s'y sentent parfois piégées [...] toutes celles qui doivent couper pour rester vivantes.
Ce que n'a pu faire Betsy Elisabeth.

Une autre invisibilisée maintenant, madame Orwell. 

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Oui la femme du si célèbre auteur de La ferme des animaux et de  1984. Je vais confier à l'autrice elle-même le soin de parler de son livre en soulignant seulement ici qu'elle a eu l'idée d'écrire cette biographie romancée après avoir découvert qu'aussi bien dans les écrits d'Orwell que dans les biographies qui lui sont consacrées, Eileen O'Shaughnessy n'apparaît pas. Elle a pourtant vécu avec le grand écrivain à Barcelone en étant responsable d'un poste de secrétariat à la communication du POUM et à ce titre exposée, courageuse et très aidante pour son mari. Rien ne laisse soupçonner sa présence dans "Hommage" à la Catalogne". Anna Funder a dû collationner d'autres témoignages pour reconstituer l'épisode. De retour en Grande Bretagne Eileen renonce à sa vie confortable de Londres pour suivre George dans la ferme perdue au milieu de nulle part. Elle assure l'intendance dans la journée et tape le manuscrit de l'écrivain le soir venu. C'est elle aussi qui établit les relations avec le milieu de l'édition et entretient la vie sociale de son bourru de mari. Elle qui le soigne alors qu'il est tuberculeux etc. Citons ici le commentaire d'Anna Funder. "Devenue écrivaine et épouse, je me prends à envier ces grands écrivains, ces misogynes du milieu du XXe qui s'ignoraient (insérez  ici à peu près n'importe quel nom de grand écrivain de l'époque). [...] Tant de ces hommes ont bénéficié d'un environnement social qui défiait à la fois la morale (il avaient un "deuxième bureau comme disent les Africaines, entendre une, voire plusieurs maîtresses), et les lois de la physique, car le travail invisible, non rémunéré d'une femme créait pour eux le temps et l'espace  - propre, chauffé et ordonnée - pour qu'ils puissent travailler (:75)  
Croit-on que cela a vraiment changé ? Je peux témoigner que pour ce qui me concerne la charge mentale et l'intendance ont beaucoup rogné sur mon temps d'écriture et Anna Funder semble elle aussi le déplorer. La lecture de ce livre est particulièrement édifiante. On y apprend notamment le procédé pour invisibiliser les femmes. Utiliser le forme passive pour décrire ce qu'elles ont accompli. Le miracle a eu lieu mais on ne sait rien de son origine. Fortiche !  

Un petit dernier ?
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Ce livre s'est arraché paraît-il cet été et on pouvait le voir entre les mains des allongé.e.s sur les plages. C'est une amie qui me l'avait conseillé. En fait il s'agit d'une série plutôt addictive
En France, il s'est vendu à plus de 630 000 exemplaires en 2024 et constitue le best seller de l'année.
Ecriture très simple, drôlerie de Millie (c'est son nom) et intelligence d'une intrigue de thriller, je ne crois pas me tromper en supputant que son succès est dû à son propos central. L'héroïne se retrouve sans cesse dans une situation de violence conjugale super sophistiquée où elle intervient parce qu'elle ne peut faire autrement. Elle sauve des femmes du désastre et lui sont ensuite adressées des malheureuses en quête de sauvetage. Pour les lectrices, un baume sur leur éventuelle amertume.   
  

lundi 21 juillet 2025

Déjouer le retour de Matin brun

 Mon dernier post remonte à avril. Je m'en étonne, mais en fait, je me suis tenue à l'écart de ce blog pour de multiples raisons, s'alimentant les unes les autres. Essayons de les nommer sans les hiérarchiser d'aucune façon.

Les travaux à la maison et au jardin. Après le long sommeil de l'hiver, il fallait tailler, planter, soigner les existants et inventer de nouveaux parterres. Pour cela, faire de nombreux aller-retours vers la déchetterie pour évacuer branchages et autres verdures immolées au profit de certains choix : capucines, ipomées, rosier grimpant, pour coloniser un mur mitoyen assez laid après l'avoir chaulé. Quelques pieds de tomates et quelques laitues (mes légumes me viennent d'une AMAP dont les producteurs sont des copains et sont plus doués pour ce genre de travail que moi) et de nouveaux fruitiers (pommiers, cerisier, kiwi). Poser un plancher sur un sol carrelé assez moche et de surcroît froid en hiver. Créer une tonnelle que nous n'avons utilisée qu'une fois lors du passage d'amis tellement il a fait une chaleur insupportable depuis plusieurs semaines, ce qui signifie arroser tous les soirs tous ces nouveaux venus (merci le puits). Ne parlons pas de la remise en état de l'abri à bois et last but not least de l'organisation du remplacement du poteau électrique par un enfouissement avec création d'une tranchée ( réalisée par un professionnel fort heureusement).

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Le seringua
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Les pavots 

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Le rosier ressuscité après son dégagement du fouillis prévalent


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La splendeur de l'albizia


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Préparation du remplacement de la ligne EDF aérienne par son enfouissement

Quelques déplacements  : à Lyon d'abord pour le colloque annuel du Réseau interuniversitaire de l'économie sociale et solidaire dont je suis toujours membre du comité scientifique, cette année intitulé l'ESS au travail. L'occasion de retrouver les collègues que je ne vois qu'une fois par an et me replonger dans ce qui a été le point central de ma vie professionnelle. 

Puis Paris, pour un échange France Brésil de chercheurs au CNAM. Hélas l'organisateur qui est un ami alternait sa présence au colloque avec l'hôpital où sa compagne en soins palliatif s'approchait du départ définitif qui a eu lieu quelques jours après. Dans le même temps j'apprenais le décès de la compagne d'un autre de mes amis. Je n'ai pu assister à aucune des funérailles.   

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La fontaine du square devant la Gaîté Lyrique (Paris) et du restaurant du même nom où nous prenions nos repas

Royan où j'ai assisté à l'anniversaire des 50 ans de ma nièce, laquelle se bagarre avec une sale maladie, mais s'est lancée dans la musique et nous a régalés en chantant avec le nouvel orchestre qu'elle a constitué. J'ai profité de ma venue  pour marcher dans l'eau mais pas davantage, il faisait trop froid (début juin). 

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La plage de Royan (17) au crépuscule 30/05

Enfin la Méditerranée pour une réunion familiale et mon premier bain de l'année dans la mer et peut-être le seul, je ne suis pas sûre d'y retourner.

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Le symbole. Mèze (34) 10/07

Au nombre des mauvaises raisons, la maussaderie d'une époque très anxiogène. La géopolitique est de plus en plus absurde. La répression et la guerre sont sans cesse à l'agenda. Les médias nous saturent de chiffres terribles sachant que les chiffres recensent des chairs meurtries, des cadavres qui s'empilent, la haine qui bave aux gueules de nos puissants. Les cessez-le-feu restent lettre morte, pendant que les enfants meurent sous les bombes ou de faim 

Notre gouvernement martèle, après avoir largement gaspillé l'argent public, que les citoyens doivent accepter une période d'austérité qui, comme d'habitude ne touchera que les pauvres et les classes moyennes pendant que les cumulards du profit continueront à engranger toujours plus. Cerise sur le gâteau une loi (Duplomb, porte bien son nom) qui rétablit le droit d'utiliser des pesticides destructeurs de vie, pas seulement des insectes ce qui est déjà une stupidité puisque c'est sans distinction entre les  nuisibles et utiles, mais pollueurs des terres, des eaux et des végétaux nourriciers et par là même des humains. Votée sans consultation des agriculteurs sauf la FNSEA, un syndicat des agroindustriels qui se fichent totalement des conséquences mortifères de leurs pratiques. Une pétition lancée par une étudiante a rassemblé plus de 1500 000 signatures. Cela devrait enclencher un débat public à l'Assemblée sauf si, comme ça devient généralisé dans le monde, les règles constitutionnelles ne  sont pas respectées.

Heureusement il reste des plages de plaisir en attendant le retour de Matin brun.

En voici quelques images, sans commentaire

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Le clown Jacques du cirque Circ'hulon, dans la tradition des Laurel et autre Hardy en plus bavard.26/06

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Le Tarn au crépuscule vu de la passerelle vers le rendez-vous de " Pause guitare" pour assister au sublime concert de Sting. Beaucoup (trop) de monde. 04/07
 

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Marion Poëssel au saxo dans un concert  époustouflant de la "LOVEZONE" 06/07  

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Le spectacle des Plasticiens volants "L'étranger. Voyage en absurdie" une fable poétique sur l'exclusion et la différence 

Dernier plaisir en date, la sortie de résidence d'un groupe d'artistes (dont le fiston) dans un très bel endroit de ruralité profonde. Le lieu, un hameau restauré, accueille une fois par an une résidence d'artistes qui se conclut par un spectacle élaboré pendant les 10 jours de la résidence par les artistes  (musiciens, danseurs, vidéastes ) qui ne se connaissaient pas auparavant. Le résultat est stupéfiant de beauté. Il est précédé d'un "apéro musical" . La générosité des accueillants fait chaud au cœur. Deux cents personnes étaient présentes avec beaucoup de jeunes enfants. 

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Le buffet attend les visiteurs


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Installés en attendant le show

Tant de belle effervescence ! Allons, continuer à l'espérer ce monde meilleur.


mardi 15 avril 2025

Les yeux ouverts

 

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Dans les entretiens qu'elle avait accordés à Matthieu Galey, Marguerite Yourcenar (1903-1987), qui fut la première femme à entrer sous la Coupole, retraçait  l'itinéraire d'une existence voyageuse et mouvementée, de son enfance flamande, avant la guerre de 1914, auprès d'un père d'exception, jusqu'à sa retraite des Monts-Déserts, sur la côte Est des États-Unis. (Quatrième de couverture)

C'est une bourrasque de culture, un florilège de pensées aigües et sereines sur la vie, la mort. Hélas, le livre n'a pas été écrit par Marguerite mais par Matthieux Galey et  Yourcenar n'a pas aimé sa publication, d'autant que la couverture donnait à penser qu'elle en était l'auteur alors que la rédaction en revient à Matthieux Galey . Il s'en est suivi une brouille définitive.

Il n'empèche, ce livre donne à connaître l'univers de MY, ses travaux pour l'élaboration de ses livres, les multiples références historiques qui sont à la source des personnages d'Hadrien et de Zénon. Il faut supposer que les propos rapportés sont bien ceux de Marguerite qui a considéré qu'elle s'était trop mise à nu au cours de ces entretiens et que le sieur Galey s'était surtout intéressé à ce qu'il cherchait à savoir lui, et non à ce qu'elle souhaitait, elle, dire . 

J'ai noté en tout cas quelques unes de ses phrases  qui ont fait mon miel. Je me limiterai ici, mon petit carnet en contient beaucoup plus.

"Quand on aime la vie, on aime le passé parce que c'est le présent tel qu'il a survécu dans la mémoire" (31)

"Très petite, j'ai eu [...] le sentiment qu'il fallait choisir entre la religion, telle que je la voyais autour de moi, donc la religion catholique et l'univers; j'aimais mieux l'univers. (41) J'ai éprouvé cela. 

"En somme, l'écrivain est le secrétaire de soi-même. Quand j'écris, j'accomplis une tâche, je suis sous ma propre dictée, en quelque sorte; je fais la besogne difficile et fatigante de mettre en ordre ma propre pensée, ma propre dictée".(147Besogne o' combien difficile, en effet.

J'étais à Paris la semaine dernière. Je n'ai pas pu voir l'expo Suzanne Valadon; comme d'habitude, je n'ai pas pensé qu'il fallait réserver à l'avance. Heureusement  c'était le premier jour pour  "Le Paris d'Agnès Varda"   au Musée Carnavalet. Je n'ai pas pris de photos, trop de monde et puis beaucoup étaient en petit format. En revanche, certaines étaient exposées en grand format sur les grilles de la Gare de l'Est. 

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Où s'exprime l'influence des surréalistes


   
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Les Cariatides femmes tiennent leur rôle dans la légèreté selon Varda

J'ai visité Notre Dame en m'y prenant très tôt le matin, plus tard la queue est dissuasive. J'en avais gardé un souvenir flou ne l'ayant fréquentée que pour y assister à un concert, la Missa Solemnis  de Beethoven, il y a fort longtemps. C'est en effet impressionnant de beauté. 


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Difficile de capter la lumière


Je suis allée marcher aux Tuileries qui m'étaient si familières quand j'habitais à proximité. J'ai été troublée par la taille hyper rectiligne des arbres, moi qui vit dans un fouillis d'arbres et d'arbustes laissés pour la plupart à leur libre épanouissement. Ah, les jardins à la française ! Ce n'est pas exactement mon paysage favori.  


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 Vu "Lire Lolita à Téhéran." le film tiré du roman éponyme d'Azar Nafisi. L'ami qui m'accompagnait a estimé qu'il faisait valoir un point de vue trop occidentalisé. Le Masque et la plume l'a plutôt assassiné. Moi, j'ai apprécié cette histoire de femmes qui résistent grâce à la littérature. Le film repose sur les merveilleuses actrices iraniennes dont en premier rôle Golshifteh Farahani qui a dû elle-même s'enfuir d'Iran parce qu'elle avait refusé de porter le voile au cours d'une présentation de film. Le livre a été très controversé à sa sortie, notamment parce que selon certains de ses détracteurs (des hommes) il donne une image falsifiée de l'Iran et prête le flanc à une intervention américaine dans la région. Je n'y ai vu que la biographie d'une Iranienne qui espérait que la révolution contre le Shah allait transformer le pays pour le meilleur et qui a souffert une grave désillusion et a dû partir pour sauver sa vie.  Dans un de ses témoignages, Golshifteh Farahani exprime cet impossibilité de vivre l'exil sans être obsédée par ce qui perdure en Iran, la violence faite aux femmes et aux opposants.

Garder les yeux ouverts alors qu'on est tenté d'adopter la formule des trois petits singes pour tenter de conserver un peu de sérénité et d'espoir.