Présidentielle 2027 Le PS choisit une primaire fermée pour désigner son candidat, Ségolène Royal veut y participer
Les militants du Parti socialiste ont acté par un vote le principe d’une primaire fermée, réservée aux socio-démocrates. Ils mettent ainsi en minorité Olivier Faure, favorable à un scrutin ouvert à toute la gauche et à tous les électeurs.
Il y aura une primaire à gauche, à la rentrée, pour désigner un candidat à la présidentielle. Pas une primaire ouverte à toute la gauche mais au seul Parti socialiste (PS) et aux organisations se reconnaissant comme faisant partie du bloc social-démocrate, dont logiquement son allié Place publique, de Raphaël Glucksmann. Ainsi en ont décidé jeudi soir les militants du PS lors d’un vote interne, avec une majorité confortable mais pas écrasante (55 %), contre l’avis de leur premier secrétaire, Olivier Faure.
Celui-ci était favorable à une primaire ouverte à tous les sympathisants de gauche, moyennant une participation minime d'un ou deux euros. Il rêvait d’un scrutin avec plusieurs centaines de milliers de Français, afin de susciter une dynamique et un débat dans tous les pays, comme pour la désignation de François Hollande pour la présidentielle de 2012. Ce vote est donc une défaite personnelle pour celui qui est à la tête du PS depuis huit ans, et qui exclut, malgré ce résultat, de démissionner.
Royal, le retour
Les militants socialistes ont opté pour une primaire fermée et donnent donc raison aux opposants d’Olivier Faure, contre tout accord avec La France insoumise (LFI), qui craignaient que les militants du parti de Jean-Luc Mélenchon interviennent massivement dans un scrutin ouvert à tous. Cette décision des socialistes met donc fin à la primaire unitaire de la gauche, dans laquelle étaient engagés les Écologistes de Marine Tondelier, L’Après de Clémentine Autain et le mouvement de François Ruffin. « Message reçu 5 sur 5 », a commenté la patronne des Écologistes, qui devrait donc maintenir sa propre candidature.
Le plus dur commence désormais pour le PS. Il faut déterminer les modalités de cette primaire à laquelle Ségolène Royal s’est déjà portée candidate. Elle rejoint les députés Jérôme Guedj et Philippe Brun. Le président des députés socialistes Boris Vallaud pourrait faire de même, comme Olivier Faure même s’il a perdu. Et on voit mal comment Raphaël Glucksmman, qui a besoin de l’argent et des parrainages socialistes, pourrait passer outre ce scrutin taillé pour lui. François Hollande, qui « se prépare » à l’échéance présidentielle, est sur un autre calendrier que celui d’une primaire.
Attirer le vote utile
Le gagnant devra ensuite créer les conditions d’un accord programmatique et législatif susceptible d’attirer le vote utile à gauche. Car c’est bien de cela dont il s’agit : désigner un représentant de la gauche, hors LFI, capable de capter le vote utile, ce qu’est parvenu à faire Jean-Luc Mélenchon en 2017 et en 2022. Dans l’équipe de ce dernier, « c’est carré », selon l’expression du candidat lui-même. Il n’y a pas d’opposition interne, un programme et même une vision avec le slogan « Nouvelle France ».
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Au PS, rien n’est carré. « Ce que les électeurs de gauche doivent avoir à l’esprit, ce n’est pas seulement le premier tour, c’est le second tour », rappelait dernièrement sur notre site Boris Vallaud, considérant que Jean-Luc Mélenchon serait « le candidat le plus certainement battu par l’extrême droite s’il devait être au second tour ». Le vote interne au PS a tranché en faveur d’une candidature sociale-démocrate. Elle reste à construire.