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        <title><![CDATA[Stories by Julien | Tech &amp; Invest on Medium]]></title>
        <description><![CDATA[Stories by Julien | Tech &amp; Invest on Medium]]></description>
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            <title>Stories by Julien | Tech &amp;amp; Invest on Medium</title>
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            <title><![CDATA[Ce n’est qu’un au-revoir]]></title>
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            <dc:creator><![CDATA[Julien | Tech & Invest]]></dc:creator>
            <pubDate>Mon, 01 Dec 2025 13:27:37 GMT</pubDate>
            <atom:updated>2025-12-01T13:27:37.567Z</atom:updated>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour tout le monde,</p><p>J’ai récemment lancé ma propre newsletter et migré tout mon contenu (sauf l’article sur le nucléaire) vers cette dernière. Ainsi, je vais supprimer toutes mes publications de medium et abandonner peu à peu ce compte.</p><p>Si vous souhaitez suivre la suite de mes aventures, c’est par ici: <a href="https://siliconedge.beehiiv.com/">https://siliconedge.beehiiv.com/</a></p><img src="https://medium.com/_/stat?event=post.clientViewed&referrerSource=full_rss&postId=7f61fafd3e94" width="1" height="1" alt="">]]></content:encoded>
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            <title><![CDATA[Le nucléaire: seul salut pour l’intelligence artificielle ?]]></title>
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            <category><![CDATA[nuclear]]></category>
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            <category><![CDATA[analysis]]></category>
            <dc:creator><![CDATA[Julien | Tech & Invest]]></dc:creator>
            <pubDate>Sun, 13 Apr 2025 11:32:55 GMT</pubDate>
            <atom:updated>2025-04-13T11:41:34.855Z</atom:updated>
            <content:encoded><![CDATA[<h3>Le nucléaire: seul salut pour l’intelligence artificielle ?</h3><p><strong>L’énergie est au cœur de notre société moderne</strong>. Regardez autour de vous: à moins d’être en pleine nature, tout ce qui vous entoure a nécessité de l’énergie, que ce soit pour sa fabrication, son transport ou son utilisation.</p><p>À travers l’histoire, l’humanité a toujours cherché à exploiter des <strong>sources d’énergie plus efficaces</strong>. Du charbon au pétrole, du gaz au nucléaire, chaque transition a permis d’accroître la production et d’<strong>alimenter de nouvelles révolutions industrielles</strong>. En parallèle, la quête d’une énergie plus propre a donné naissance aux renouvelables.</p><p><strong>Mais plus l’énergie devient abondante et abordable, plus notre consommation s’intensifie</strong>.</p><p>Aujourd’hui, avec la <strong>montée en puissance de l’intelligence artificielle</strong>, une question cruciale se pose: serons-nous capables de produire suffisamment d’énergie pour alimenter les datacenters de demain, ou le progrès sera-t-il freiné par des contraintes énergétiques ?</p><p>C’est en partant de ce constat que j’ai voulu explorer cette problématique. Pour moi, <strong>une seule source d’énergie peut répondre aux défis actuels: le nucléaire</strong>. Dans cet article, nous allons voir pourquoi il est, selon moi, incontournable, comment il fonctionne et quels sont les acteurs clés du secteur pour ceux qui s’intéressent à l’investissement dans ce domaine.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*2kP_e-xjBqINV163n1nRXw.jpeg" /></figure><blockquote>Avant d’aller plus loin, je tiens à préciser que l’article est très long. Par conséquent, pour la première fois, je vais y mettre un sommaire pour que vous puissiez découper la lecture en plusieurs fois et que vous puissiez y revenir si vous avez besoin d’une information.</blockquote><blockquote>De plus, cet article m’a pris plus d’une centaine d’heures de travail, entre la recherche, la lecture et l’écriture. Ainsi, tout partage est vivement apprécié, ça ne vous coûte rien et c’est un moyen pour vous de me soutenir.</blockquote><blockquote>Dans cet article, je vais faire plusieurs analyses d’entreprises, alors comme d’habitude, je met le disclaimer: Attention, tout investissement comporte des risques, cet article présente mon analyse avec ma vision et mes connaissances. Il ne fait pas acte de conseil et je vous encourage à faire vos propres recherches avant tout investissement. Il se peut par ailleurs que mon avis et mon analyse soient erronés</blockquote><h3>Sommaire</h3><h4><a href="#le-nucleaire-son-fonctionnement-et-les-differentes-technologies-developpees">Le nucléaire, son fonctionnement et les différentes technologies développées</a></h4><ul><li><a href="#technologies-nucleaires-classiques-generations-i-a-iii"><strong>Technologies nucléaires classiques (générations I à III+)</strong></a></li><li><a href="#reacteurs-en-developpement-generation-iv-et-au-dela"><strong>Réacteurs en développement (génération IV et au-delà)</strong></a></li><li><a href="#la-fusion--lavenir-du-nucleaire"><strong>La fusion : l’avenir du nucléaire ?</strong></a></li></ul><h4><a href="#pourquoi-vouloir-sexposer-au-nucleaire">Pourquoi vouloir s’exposer au nucléaire ?</a></h4><ul><li><a href="#la-consommation-croissante-en-energie"><strong>La consommation croissante en énergie</strong></a></li><li><a href="#un-futur-tout-electrique"><strong>Un futur tout électrique ?</strong></a></li><li><a href="#la-boulimie-de-lintelligence-artificielle"><strong>La boulimie de l’intelligence artificielle</strong></a></li><li><a href="#les-energies-renouvelables--la-fausse-bonne-idee"><strong>Les énergies renouvelables : la fausse bonne idée ?</strong></a></li><li><a href="#des-avantages-relatifs-pour-les-energies-renouvelables"><strong>Des avantages relatifs pour les énergies renouvelables</strong></a></li><li><a href="#le-taux-de-rendement-energetique-tre--le-clou-qui-referme-le-cercueil"><strong>Le Taux de Rendement Énergétique (TRE) : le clou qui referme le cercueil</strong></a></li></ul><h4><a href="#les-risques-et-contraintes-du-nucleaire-a-ne-pas-oublier">Les risques et contraintes du nucléaire à ne pas oublier</a></h4><ul><li><a href="#la-gestion-des-dechets--un-defi-mais-pas-si-important-que-les-medias-le-laissent-penser"><strong>La gestion des déchets : un défi, mais pas si important que les médias le laissent penser</strong></a></li><li><a href="#une-dependance-vis-a-vis-des-pays-exportateurs-duranium"><strong>Une dépendance vis-à-vis des pays exportateurs d’uranium</strong></a></li><li><a href="#une-consommation-deau-problematique"><strong>Une consommation d’eau problématique</strong></a></li><li><a href="#une-inertie-forte"><strong>Une inertie forte</strong></a></li><li><a href="#la-securite--un-enjeu-pris-tres-au-serieux"><strong>La sécurité : un enjeu pris très au sérieux</strong></a></li><li><a href="#les-problematiques-de-construction"><strong>Les problématiques de construction</strong></a></li></ul><h4><a href="#point-sur-le-marche-de-lelectricite-et-du-nucleaire-aux-etats-unis">Point sur le marché de l’électricité et du nucléaire aux États-Unis</a></h4><h4><a href="#les-entreprises-gerant-un-parc-existant">Les entreprises gérant un parc existant</a></h4><ul><li><a href="#constellation-energy-corp-ceg"><strong>Constellation Energy Corp (CEG)</strong></a></li><li><a href="#duke-energy-duk"><strong>Duke Energy (DUK)</strong></a></li><li><a href="#vistra-corp-vst"><strong>Vistra Corp (VST)</strong></a></li><li><a href="#dominion-energy-d"><strong>Dominion Energy (D)</strong></a></li><li><a href="#entergy-corporation-etr"><strong>Entergy Corporation (ETR)</strong></a></li><li><a href="#recapitulatif-et-comparatif--les-gros-acteurs"><strong>Récapitulatif et comparatif — les gros acteurs</strong></a></li></ul><h4><a href="#les-plus-petits-acteurs">Les plus petits acteurs</a></h4><ul><li><a href="#nuscale-smr"><strong>NuScale (SMR)</strong></a></li><li><a href="#oklo-inc-oklo"><strong>Oklo Inc. (OKLO)</strong></a></li><li><a href="#talen-energy-tln"><strong>Talen Energy (TLN)</strong></a></li><li><a href="#nano-nuclear-energy-nne"><strong>Nano Nuclear Energy (NNE)</strong></a></li><li><a href="#recapitulatif-et-comparatif--les-petits-acteurs"><strong>Récapitulatif et comparatif — les petits acteurs</strong></a></li></ul><h4><a href="#les-equipementiers">Les équipementiers</a></h4><ul><li><a href="#general-electric-vernova-gev"><strong>General Electric Vernova (GEV)</strong></a></li><li><a href="#quanta-services-pwr"><strong>Quanta Services (PWR)</strong></a></li><li><a href="#bwx-technologies-bwxt"><strong>BWX Technologies (BWXT)</strong></a></li><li><a href="#cameco-ccj"><strong>Cameco (CCJ)</strong></a></li><li><a href="#fluor-corporation-flr"><strong>Fluor Corporation (FLR)</strong></a></li><li><a href="#jacobs-solutions-inc-j"><strong>Jacobs Solutions Inc. (J)</strong></a></li><li><a href="#nexgen-energy-ltd-nxe"><strong>NexGen Energy Ltd. (NXE)</strong></a></li><li><a href="#recapitulatif-et-comparatif--les-equipementiers"><strong>Récapitulatif et comparatif — les équipementiers</strong></a></li></ul><h4><a href="#quelques-mentions-honorables">Quelques mentions honorables</a></h4><h4><a href="#conclusion">Conclusion</a></h4><h3>Le nucléaire, son fonctionnement et les différentes technologies développées</h3><p>Depuis qu’on sait produire de l’électricité, on n’a trouvé qu’un seul moyen de le faire: <strong>faire tourner un aimant dans une bobine</strong> (ok, à part les panneaux photovoltaïques). Que ce soit une centrale au charbon, au gaz, une éolienne ou un barrage hydroélectrique, <strong>tout fonctionne sur ce principe</strong>. Et le nucléaire n’échappe pas à la règle: on utilise une source de chaleur pour produire de la vapeur, qui va faire tourner une turbine et générer du courant.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/800/1*hixdmJbM8aIvAZ4qz6nzvA.jpeg" /></figure><p>Dans une centrale nucléaire, cette chaleur est produite grâce à la <strong>fission</strong> <strong>nucléaire</strong>. On prend un isotope de l’uranium, l’uranium 235, et on lui lance un neutron. Résultat: <strong>l’atome se divise en deux éléments plus petits, libérant une énorme quantité d’énergie sous forme de chaleur</strong>, et des neutrons qui vont percuter d’autres atomes d’uranium pour entretenir la réaction en chaîne.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/904/1*4hH7Hwc_eoJhqEh6CLJHmw.gif" /></figure><p>Petit aparté: un <strong>isotope</strong>, c’est un <strong>élément chimique</strong> qui a toujours le <strong>même nombre de protons</strong>, mais un nombre variable de neutrons. Par exemple, le carbone 12 est l’isotope le plus courant, mais il existe aussi le carbone 14, utilisé pour dater les fossiles notamment. Les deux sont du carbone car ils ont le même nombre de protons, mais leur masse diffère à cause des neutrons en plus ou en moins.</p><p>Pour l’uranium, c’est pareil. Dans la nature, on trouve surtout de l’uranium 238 (plus de 99 %), un isotope stable, et une petite fraction d’uranium 235 (environ 0,7 %), celui qui nous intéresse. Pourquoi ? Parce que <strong>l’uranium 235 est fissile</strong>, c’est-à-dire qu’il peut subir une fission et entretenir une réaction en chaîne, contrairement à l’uranium 238, qui ne réagit pas de la même manière.</p><p>Le problème, c’est que <strong>0,7 %, ce n’est pas suffisant</strong> pour que la réaction se maintienne toute seule. On doit donc enrichir l’uranium, c’est-à-dire <strong>augmenter la proportion d’uranium 235 jusqu’à 3 à 5 %</strong> pour un usage civil.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*CKUXSTxcjdwJCRMXs92r8g.jpeg" /></figure><blockquote>Nota bene: on utilise le même principe d’enrichissement pour créer les bombes atomiques, sauf qu’on vise une concentration de 90 % en uranium 235. C’est pourquoi les sites d’enrichissement sont extrêmement contrôlés.</blockquote><p>Quand un atome d’uranium se fissionne, il donne naissance à deux éléments, comme du strontium 94 et du xénon 140. Leur masse cumulée étant inférieure à celle d’un atome d’uranium, <strong>cette différence de masse est convertie en énergie</strong> (1ère loi de la thermodynamique: rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme). C’est cette énergie qui chauffe l’eau, la transforme en vapeur et fait tourner la turbine.</p><p>Cependant, l’uranium n’est pas balancé en vrac dans le réacteur. Il est compressé en <strong>petites pastilles de quelques grammes</strong>. Ces pastilles sont ensuite alignées dans des tubes métalliques de 4 mètres de long qu’on appelle <strong>crayons combustibles</strong>. Ces crayons sont regroupés en assemblages et plongés dans un liquide modérateur (souvent de l’eau) qui aide à contrôler la réaction.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/420/1*ryLGKiz-7sFz3iFp2FN1sw.png" /></figure><p><strong>Le nucléaire produit beaucoup, beaucoup d’énergie</strong>. On peut calculer la quantité d’énergie produite par kilogramme d’uranium 235 consommé en utilisant la célèbre formule <strong>E = mc²</strong>. Pour donner une idée: <strong>une seule pastille de 7g de combustible nucléaire produit autant d’énergie qu’une tonne de charbon ou 600 litres de pétrole</strong>. Dit autrement, ça couvre 4 mois d’électricité pour un Français moyen. Voilà pourquoi le nucléaire est aussi puissant.</p><p>Bien évidemment, il n’existe pas qu’une seule technologie de réacteur nucléaire. Je vous propose d’y jeter un coup d’oeil 👇</p><h4>Technologies nucléaires classiques (générations I à III+)</h4><p>Les réacteurs nucléaires actuellement en service dans le monde appartiennent principalement aux générations I à III+. Bien qu’ils reposent sur des principes communs, ils présentent des différences notables en termes de conception et de fonctionnement.</p><p>Parmi les technologies les plus utilisées, on retrouve les <strong>réacteurs à eau pressurisée</strong> (PWR), les<strong> réacteurs à eau bouillante</strong> (BWR) et les <strong>réacteurs à eau lourde</strong> (CANDU).</p><p>Les <strong>réacteurs à eau pressurisée (PWR)</strong> sont les plus répandus dans le monde. Ils utilisent de l’eau à la fois comme modérateur, pour ralentir les neutrons produits lors de la fission, et comme fluide caloporteur, pour transférer la chaleur générée.</p><p>L’eau est maintenue sous haute pression afin d’<strong>empêcher son ébullition </strong>(pour éviter l’explosion du coeur). Cette chaleur est ensuite transférée à un générateur de vapeur qui produit la vapeur nécessaire pour faire tourner une turbine et générer de l’électricité. <strong>Ce type de réacteur est réputé pour sa sûreté</strong>, mais il présente l’inconvénient de <strong>consommer une quantité importante d’uranium</strong> et de générer des déchets radioactifs à longue durée de vie.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*B0tHAy5ss95ggJ57T-ulXA.jpeg" /><figcaption>Centrale de Paluel (haute Normandie) utilisant des réacteurs à eau pressurisée</figcaption></figure><p>Les <strong>réacteurs à eau bouillante (BWR)</strong> fonctionnent selon un principe similaire aux PWR, mais avec une différence majeure: l’eau du circuit primaire est portée à ébullition directement dans le cœur du réacteur, produisant ainsi la vapeur qui alimente la turbine.</p><p>Cette simplification permet de <strong>réduire certains coûts</strong> et d’<strong>améliorer le rendement énergétique</strong>. Toutefois, elle entraîne un inconvénient majeur: la vapeur en contact direct avec le combustible peut contenir des particules radioactives, ce qui <strong>impose des précautions supplémentaires</strong> en matière de confinement et de sécurité.</p><p>Bien que moins courants que les PWR, les BWR restent une technologie utilisée dans plusieurs pays, notamment au Japon et aux États-Unis.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*ltbAxhlDv4ltXmroEcjnUQ.jpeg" /><figcaption>Centrale de Leibstadt (Suisse) utilisant un réacteur à eau bouillante</figcaption></figure><p>Les <strong>réacteurs à eau lourde (CANDU)</strong> adoptent une approche différente en utilisant de l’eau lourde (deutérium) comme modérateur, ce qui leur permet de fonctionner avec de l’uranium naturel, sans nécessiter d’enrichissement.</p><p>Cette caractéristique leur confère une <strong>certaine flexibilité</strong>, puisqu’ils peuvent utiliser différents types de combustibles, y compris du thorium. De plus, <strong>leur conception facilite le rechargement du combustible</strong> sans avoir à arrêter le réacteur, un avantage significatif en matière de disponibilité énergétique.</p><p>Cependant, ces réacteurs sont <strong>plus coûteux à construire et à exploiter</strong> que leurs homologues à eau pressurisée, ce qui limite leur adoption à quelques pays comme le Canada, où ils ont été développés, ainsi que l’Inde et la Chine.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/800/1*ZYE-KiH1VIeTQO5cLf-pcw.jpeg" /><figcaption>Centrale de Cernavodă (Roumanie) utilisant des réacteurs à eau lourde</figcaption></figure><h4>Réacteurs en développement (génération IV et au-delà)</h4><p>L’avenir du nucléaire repose sur des technologies de réacteurs plus sûres, plus efficaces et capables de limiter la production de déchets radioactifs.</p><p>Plusieurs concepts de réacteurs de quatrième génération et innovations émergentes cherchent à répondre aux défis actuels en matière de sécurité, d’efficacité énergétique et de gestion des ressources. Parmi ces nouvelles approches, trois technologies se distinguent: les <strong>réacteurs à sels fondus</strong>, les <strong>réacteurs à haute température</strong> et les <strong>réacteurs modulaires</strong>.</p><p>Les <strong>réacteurs à sels fondus</strong> sont l’une des technologies les plus prometteuses. Contrairement aux réacteurs classiques, où le combustible est sous forme solide, ici, l’uranium ou le thorium est dissous dans des sels fondus qui servent à la fois de fluide caloporteur et de modérateur.</p><p>Ce concept <strong>améliore considérablement la sécurité</strong>: en cas de surchauffe, un dispositif de drainage peut libérer le combustible dans un réservoir de sécurité, stoppant automatiquement la réaction en chaîne. De plus, ces réacteurs <strong>produisent moins de déchets radioactifs</strong> à longue durée de vie et peuvent potentiellement utiliser du thorium, une ressource plus abondante que l’uranium.</p><p>Bien que cette technologie soit encore en phase expérimentale, la Chine a déjà lancé des prototypes, comme le Thorium Molten Salt Reactor (TMSR), ouvrant la voie à une éventuelle commercialisation.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1000/1*BmWVnFNLt7ERRVogyCtuag.jpeg" /></figure><p>Les <strong>réacteurs à haute température (HTGR)</strong> se distinguent par leur capacité à fonctionner à des températures bien supérieures à celles des réacteurs traditionnels, grâce à l’utilisation de gaz (hélium ou dioxyde de carbone) comme fluide caloporteur au lieu de l’eau.</p><p>Cette caractéristique <strong>améliore leur rendement énergétique</strong> et ouvre la porte à des usages industriels, comme la production d’hydrogène, qui pourrait jouer un <strong>rôle clé dans la transition énergétique</strong>. En plus d’être plus efficaces, ces réacteurs sont conçus pour être intrinsèquement sûrs: en cas de problème, <strong>leur architecture empêche le cœur d’atteindre des températures critiques</strong>.</p><p>Bien que ces réacteurs soient encore en phase de recherche, <strong>leur potentiel est immense</strong> pour diversifier les applications du nucléaire au-delà de la production d’électricité.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/730/1*NUdBZJAfnLirGdA7db07XA.jpeg" /><figcaption>Réacteur HTR-10 (Chine — expérimental) utilisant la technologie à haute température</figcaption></figure><p>Les <strong>réacteurs modulaires (SMR)</strong> représentent une approche différente du nucléaire, misant sur <strong>la flexibilité</strong> et <strong>la réduction des coûts</strong>. Contrairement aux grands réacteurs traditionnels, ces unités plus compactes (entre 50 et 300 MW) sont <strong>conçues pour être produites en série</strong> et installées rapidement sur des sites plus variés, y compris des zones isolées ou des infrastructures industrielles spécifiques.</p><p>Leur <strong>conception standardisée</strong> et leur <strong>modularité</strong> permettent de <strong>réduire les coûts et les délais de construction</strong>, tout en offrant une alternative viable aux énergies fossiles pour certaines régions.</p><p>Des projets comme NuScale aux États-Unis avancent rapidement, et les SMR pourraient jouer un <strong>rôle majeur</strong> dans l’avenir de l’énergie nucléaire, notamment pour compléter les énergies renouvelables en fournissant une <strong>production stable et décentralisée</strong>.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*GDvtCi1NT2YbM2aZ-6armA.png" /></figure><h4>La fusion: l’avenir du nucléaire ?</h4><p>La <strong>fusion nucléaire</strong> est souvent vue comme la solution du futur. Contrairement à la fission (qui consiste à diviser un atome), la fusion cherche à imiter le processus qui se déroule dans les étoiles: la fusion de noyaux légers (comme l’hydrogène) pour créer des noyaux plus lourds.</p><p>La fusion nucléaire c’est vraiment le meilleur des deux mondes: <strong>ça génère plus d’énergie que la fission</strong>, <strong>sans relâcher de déchets</strong> et le tout en consommant des ressources quasi-inépuisables (comme le deutérium, un isotope de l’hydrogène).</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*B529EC2RnHGVd2BUdd24uw.jpeg" /></figure><p>Des projets comme <strong>ITER</strong> en France et <strong>SPARC</strong> aux États-Unis cherchent à rendre la fusion nucléaire viable. Cependant, la technologie est encore dans une phase expérimentale et <strong>il faudra encore plusieurs décennies de recherche avant qu’elle ne soit prête à être déployée</strong> à grande échelle. Si elle réussit, la fusion pourrait offrir une source d’énergie presque infinie, propre et sûre.</p><h3>Pourquoi vouloir s’exposer au nucléaire ?</h3><p>Une question qui reste en suspend cependant c’est: pourquoi investir dans le nucléaire ? Premièrement, comme expliqué dans l’introduction, l’énergie est au coeur de notre civilisation moderne. Pour être même plus direct, <strong>l’économie n’est que de l’énergie transformée</strong>.</p><p>Cependant, vous allez me dire que je pourrais très bien m’intéresser au pétrole, au charbon, au GNL ou même aux énergies renouvelables. Pourtant, pour ceux qui me suivent depuis un moment sur X, vous savez que je n’ai pas particulièrement d’affinité avec les types d’énergie que j’ai pu mentionner plus haut (à l’exception du GNL peut-être).</p><p>De plus, j’ai souvent dit que je ne m’intéressait pas au secteur de l’énergie car c’était un secteur ayant un faible avantage compétitif et apportant peu de valeur ajoutée.</p><p>Alors, pour mieux vous faire comprendre mon point de vue (et mon changement d’avis sur l’utilité d’investir dans l”énergie), on va aborder une à une les problématiques actuelles.</p><h4>La consommation croissante en énergie</h4><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*kPFXvyMLZIlIjx7v0Ahq2Q.png" /></figure><p>Peu importe l’époque, peu importe les avancées technologiques, <strong>l’espèce humaine n’a cessé de consommer de plus en plus d’énergie</strong>.</p><p>Prenons un exemple: <strong>une ampoule à LED consomme 10 fois moins</strong> qu’une ampoule à incandescence équivalente pour un niveau d’éclairage égal (6W contre 60W). La logique voudrait que l’on fasse des économies sur la consommation d’électricité.</p><p>Pourtant, <strong>on consomme aujourd’hui plus pour s’éclairer</strong> car on a multiplié les sources d’éclairage. On éclaire les pièces et endroits qui n’en ont pas besoin et on utilise de l’éclairage d’ambiance.</p><p><strong>L’innovation technologique a donc complètement effacé ses effets bénéfiques</strong> sur la consommation. Et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. À chaque fois qu’une technologie devient moins chère à l’achat où à l’usage, son utilisation augmente d’autant plus ce qui efface l’impact des optimisations.</p><h4>Un futur tout électrique ?</h4><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/850/1*w0uyCvs1kdqcJhVVk6Ug6A.png" /></figure><p>Si l’on regarde maintenant du côté du mix énergétique, <strong>les énergies fossiles sont de plus en plus délaissés</strong> dans nos économies développées même si elles restent majoritaires, et plus particulièrement dans les pays en voie de développement.</p><p>Cette tendance profite bien évidemment aux <strong>énergies électriques</strong> qui <strong>voient leur part augmenter</strong> dans ce fameux mix énergétique.</p><p>Par ailleurs, même si certains pans de l’industrie sont très difficilement électrifiables (pour comprendre de quoi je parle, vous pouvez notamment regarder <a href="https://www.youtube.com/watch?v=IvREr3KHPUw">l’interview du PDG de Michelin devant la commission du Sénat</a> — particulièrement à partir de 20:10 jusqu’à 23:30), <strong>une transition reste inévitable</strong>.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/850/1*LPo8Ns4XUnj1diztpWyKSA.png" /></figure><p>Premièrement car <strong>les énergies fossiles se raréfient</strong> et que ces ressources ne sont pas inépuisables, mais aussi parce que cette transition pourrait être bénéfique pour les différents acteurs.</p><blockquote>Pour reprendre le cas de Michelin, les presses électriques pour la cuisson des pneus est non seulement plus propre car elle rejette moins de polluants mais elle consomme aussi <strong>7 fois moins d’énergie</strong> que son équivalent fonctionnant au gaz.</blockquote><p>De plus, certains secteurs comme <strong>l’informatique et l’intelligence artificielle consomment avant tout de l’électricité</strong> et leur part ne fera que croître dans l’industrie de demain.</p><h4>La boulimie de l’intelligence artificielle</h4><p>À ce stade, vous devriez déjà être convaincu sur la demande croissante en énergie électrique, ce qui explique en partie ma préférence pour le nucléaire, mais il reste à expliquer pourquoi le nucléaire et pas les énergies renouvelables.</p><p>Avant d’arriver là où je veux en venir, prenons un peu de recul sur les différentes révolutions industrielles depuis le XVIIIᵉ siècle. La première qui nous vient en tête, c’est évidemment celle de <strong>la machine à vapeur</strong>.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/512/1*oBZCBvCmR8HgsUDO5X50MA.gif" /></figure><p>Avec elle, on est passé d’un monde artisanal à un monde mécanisé, ce qui a boosté la productivité… mais aussi la demande en énergie. Le bois, qui faisait l’affaire jusque-là, est vite devenu insuffisant pour alimenter les usines et les locomotives. Résultat: <strong>le charbon a pris le relais et s’est imposé comme la source d’énergie dominante</strong>, permettant d’alimenter des machines toujours plus gourmandes et d’<strong>accélérer l’industrialisation</strong>.</p><p>Ensuite, la <strong>seconde révolution industrielle</strong>, à la fin du XIXᵉ siècle, a marqué un nouveau tournant avec l’arrivée de <strong>l’électricité et du pétrole</strong>. L’éclairage, les moteurs électriques et la montée en puissance des transports (automobile, aviation) ont fait exploser la consommation d’énergie. <strong>L’électricité</strong>, en particulier, <strong>a révolutionné l’industrie</strong> avec l’assemblage en série et l’automatisation, rendant la production plus rapide et efficace.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*reP2en2Qjz1OA7ZC186gmQ.jpeg" /></figure><p>Puis est arrivée la <strong>troisième révolution industrielle</strong>, après la Seconde Guerre mondiale, avec <strong>l’informatique</strong>, <strong>l’électronique</strong> et <strong>le</strong> <strong>nucléaire</strong>. Les premiers ordinateurs, aussi révolutionnaires soient-ils, étaient de vrais gouffres énergétiques. En parallèle, l’énergie nucléaire a permis de produire de l’électricité en masse, offrant une alternative aux énergies fossiles pour accompagner l’essor des nouvelles technologies.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/640/1*jJg_79OWOv1tNR1B09iNbw.jpeg" /></figure><p>Mais tout ça, c’était rien comparé à ce qu’on vit aujourd’hui. On est en plein dans la <strong>quatrième révolution industrielle</strong>, et cette fois, la demande énergétique explose à des niveaux jamais atteints. L’<strong>intelligence artificielle, le cloud et les datacenters</strong> consomment des quantités hallucinantes d’électricité.</p><p>Les cluster IA demandent une puissance de calcul délirante, les serveurs tournent 24h/24, et <strong>tout notre mode de vie numérique repose sur des infrastructures énergivores</strong>. Et comme si ça ne suffisait pas, l’essor des véhicules électriques et des objets connectés vient encore alourdir la facture.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*P49Qi9oi5eWaOf1j1S3qAw.jpeg" /></figure><p>Pour donner un ordre d’idée, quand on parle d’un datacenter de 100k GPUs, on parle d’un datacenter de 100MW. Cette puissance équivaut à une <strong>consommation annuelle de 876,6 GWh</strong>. À titre de comparaison, en 2024, la consommation électrique de la France a atteint 442,2 TWh, soit environ 504 fois plus. Aujourd’hui, on se dirige vers des clusters atteignant le million de GPUs, c’est-à-dire consommant <strong>l’équivalent de 2% de la production électrique Française</strong>. Et des datacenters de ce type, il n’y en aura pas qu’un…</p><p>Chaque révolution industrielle a fait bondir la consommation énergétique, et à chaque fois, de nouvelles technologies sont apparues pour tenter de suivre la cadence. Mais aujourd’hui, on est face à un mur: <strong>l’IA et le numérique demandent beaucoup plus d’énergie</strong> que ce qu’on est capable de produire efficacement.</p><h4>Les énergies renouvelables: la fausse bonne idée ?</h4><p>Pour répondre à la demande des datacenters, la solution tentante serait de regarder du côté des énergies renouvelables. Après tout, <strong>c’est propre</strong>, <strong>déployable rapidement</strong> et on peut les <strong>installer proches des sites</strong>, permettant de limiter la perte dans le réseau électrique…</p><p>Oui, mais, c’est oublier un des gros points noir des énergies renouvelables: <strong>elles sont intermittentes</strong>. Or un datacenter a besoin d’une source d’énergie <strong>fiable et constante</strong>, ce qu’aucune énergie renouvelable n’est en mesure de fournir (je vous met ci dessous les graphs de production photovoltaïques et éoliennes vs la production électronucléaire — données RTE 2021):</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/763/1*xuPhNAGBehuEm_AIgUTkDw.jpeg" /></figure><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/763/1*ZzDUxSJwCzRt27TtlKf_dQ.jpeg" /></figure><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/766/1*qj4x7zq3jSDe4ZNSKtgYuw.jpeg" /></figure><p>Et encore, on n’a même pas parlé de la place que ça prend ! Une <strong>petite</strong> centrale nucléaire de <strong>300 MW</strong>, ça tient sur <strong>1 km²</strong>. Maintenant, voyons ce qu’il faudrait en éolien et en solaire pour obtenir la même puissance.</p><ul><li>Une éolienne moderne peut sortir <strong>2 à 3 MW</strong>… sur le papier. Donc pour arriver à <strong>300 MW</strong>, il en faudrait <strong>100 à 150</strong>, et comme elles doivent être bien espacées, on parle de <strong>300 à 500 km²</strong> de surface.</li><li>Côté solaire, il faudrait <strong>6 à 10 km²</strong> de panneaux pour atteindre <strong>300 MW</strong>.</li></ul><p>Mais tout ça, c’est <strong>en supposant un rendement parfait</strong>, c’est-à-dire que le vent souffle toujours à la bonne vitesse et que le soleil brille en continu. Sauf que… bah ce n’est pas le cas.</p><ul><li>En vrai, une éolienne tourne <strong>seulement 30 à 40% du temps</strong> à pleine puissance. Donc pour avoir <strong>300 MW réels</strong>, il faudrait <strong>tripler le nombre d’éoliennes</strong>… et donc <strong>1500 à 3000 km²</strong> de terrain.</li><li>Le solaire, c’est encore pire: <strong>15 à 25% de rendement</strong> en moyenne. Du coup, pour <strong>300 MW constants</strong>, il faudrait un champ de panneaux solaires entre <strong>30 et 70 km²</strong>.</li></ul><p>Pour vous donner un ordre d’idée, voici ce que 1km² représente à l’échelle de Paris:</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*4d2s_OEu0_xgw8CdXtw_rg.png" /></figure><p>Voici ce que 50km² représentent (champ de panneaux photovoltaïque pouvant produire 300MW):</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*oMTj2SEib37RZr3TFd7wkQ.png" /></figure><p>Et finalement, voici ce que représentent 2250km² (champs d’éoliennes pouvant produire 300MW):</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*HzTH4DThlQpI7sgItl-IbQ.png" /></figure><p>Et encore, on ne parle même pas du <strong>problème du stockage</strong>. Et oui, à cause de l’intermittence, il faudrait des <strong>batteries gigantesques</strong> pour stocker l’énergie et lisser la production… ce qui veut dire encore plus d’espace occupé.</p><p>Et puis, il y a la question des <strong>matières premières</strong>: les éoliennes, les panneaux solaires et surtout les batteries demandent <strong>une quantité énorme de métaux rares</strong>. En plus, leur durée de vie est assez courte: <strong>environ 25 ans pour les panneaux solaires, 20 ans pour les éoliennes</strong>. Résultat, il faut les remplacer régulièrement, ce qui rajoute un problème de recyclage et une dépendance quasi totale à la <strong>Chine</strong>, qui domine la production mondiale.</p><p>Alors oui, le nucléaire a aussi ses contraintes: <strong>sécurité, gestion des déchets, délais de construction</strong>, etc. Mais ça, c’est un autre sujet que j’aborderai plus loin, parce qu’il mérite qu’on s’y attarde.</p><h4><strong>Des avantages relatifs pour les énergies renouvelables</strong></h4><p>On vante souvent les énergies renouvelables pour leur facilité de déploiement et leur coût réduit. Si leur mise en place rapide est indéniable, leur aspect économique mérite un examen plus approfondi.</p><p>Pour évaluer le coût réel de ces énergies, il faut comparer leur prix par MWh en intégrant les coûts de construction, d’installation, de maintenance et de démantèlement.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/800/1*xNkp9mZvOcjVgFbnZP-f-A.jpeg" /></figure><p>Un réacteur nucléaire de 1000 à 1500 MW coûte entre <strong>6 et 8 milliards d’euros</strong> à construire. La maintenance annuelle s’élève à <strong>100 à 300 millions d’euros</strong>, et le démantèlement varie entre <strong>1 et 3 milliards d’euros</strong>. Avec une durée de vie de <strong>30 à 40 ans</strong>, souvent prolongée à <strong>50 ans et plus</strong>, le coût total se situe entre <strong>11 et 23 milliards d’euros</strong>, soit environ <strong>39€/MWh</strong>.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*WpIqAwL1kiLwLUPpjzRRnQ.jpeg" /></figure><p>Pour une éolienne de 2 à 4 MW (la norme actuelle), le coût d’installation oscille entre <strong>1 et 1,7 million d’euros par MW installé</strong>, incluant l’achat, l’installation et le raccordement au réseau. La maintenance coûte environ <strong>40 000€/MW/an</strong>, et le démantèlement représente <strong>5 à 10% du prix d’installation</strong>, soit <strong>100 000 à 680 000 euros</strong>. Sur <strong>20 ans de durée de vie</strong>, le coût total atteint <strong>3,7 à 10,68 millions d’euros</strong>, soit <strong>environ 39€/MWh</strong>, en tenant compte d’un facteur de charge de <strong>30 à 40%</strong>.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1000/1*iBczYXmuqgfYEvqjILVrSQ.jpeg" /></figure><p>Quant au solaire, un panneau de <strong>500 Wc</strong> (environ <strong>83 W en continu</strong>) coûte <strong>350 à 500 euros</strong>, avec un coût d’installation additionnel de <strong>350 euros</strong> en moyenne. L’entretien annuel varie entre <strong>30 et 100 euros</strong>. Avec une durée de vie de <strong>25 ans</strong>, le coût total par panneau atteint <strong>1 450 à 3 350 euros</strong>, soit environ <strong>131€/MWh</strong>.</p><p>Si ces solutions peuvent être pertinentes pour de petits projets, la production d’énergie à grande échelle donne un avantage certain au nucléaire.</p><p>Outre le coût, on met souvent en avant les éoliennes offshore et l’installation de panneaux solaires sur les toits comme des solutions optimales. Pourtant, trois points sont souvent omis:</p><ol><li><strong>Coût élevé de l’offshore</strong>: Les éoliennes en mer coûtent beaucoup plus cher à installer et entretenir que celles sur terre.</li><li><strong>Pertes en ligne</strong>: Les éoliennes offshore étant éloignées des zones de consommation, l’énergie perdue dans les câbles peut atteindre <strong>50%</strong>. Certes, les câbles modernes limitent ces pertes à <strong>2–5% par 1 000 km</strong>, mais cela reste un enjeu.</li><li><strong>Stockage et intermittence</strong>: Installer des panneaux solaires sur les toits réduit la consommation des ménages, mais ne couvre pas les besoins énergétiques massifs des industries et datacenters. Le stockage de l’énergie intermittente demeure un défi majeur.</li></ol><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*2mYSQ-Z0cA0r0v-Ws46y0g.jpeg" /></figure><p>De plus, deux aspects souvent occultés des énergies renouvelables sont <strong>la gestion des déchets et leur impact sur la biodiversité</strong>.</p><p>L’extraction des terres rares pour les générateurs d’éoliennes et des métaux pour les panneaux solaires est très polluante. Elle produit des <strong>boues toxiques</strong>, contamine les nappes phréatiques et libère des <strong>métaux lourds</strong> dans l’environnement. Dans certains cas, elle rejette même des <strong>particules radioactives </strong>naturellement présentes dans le sol.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*zroo877QUF54P1wXmlMQoQ.jpeg" /></figure><p><strong>Le recyclage reste difficile: </strong>Les pales d’éoliennes, composées de matériaux composites, sont <strong>difficilement recyclables</strong> et finissent souvent en <strong>incinération ou en décharge</strong>. Les panneaux solaires, quant à eux, contiennent des matériaux complexes (à base de <strong>silicium, cadmium, tellure, argent, etc.</strong>), difficiles à récupérer et parfois toxiques.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*Y9C0ySRZfqYtWF7jp0_4aw.jpeg" /></figure><p><strong>La biodiversité en pâti aussi… </strong>Les éoliennes perturbent les habitats naturels et provoquent de nombreuses <strong>collisions avec les oiseaux et chauves-souris</strong>. Les panneaux solaires modifient la <strong>température au sol</strong>, perturbant les écosystèmes locaux. Certains types de production solaire (notamment à concentration) nécessitent <strong>beaucoup d’eau</strong> pour le refroidissement, posant problème en milieu aride.</p><p>Bien entendu, <strong>le nucléaire présente aussi des inconvénients</strong>, mais les problèmes des énergies renouvelables sont trop souvent minimisés. Elles sont présentées comme des solutions miracles, alors qu’en réalité, <strong>leur impact environnemental est loin d’être neutre</strong>.</p><h4>Le Taux de Rendement Énergétique (TRE): le clou qui referme le cercueil</h4><p>À ce stade de l’article, il faut que je vous parle du <strong>TRE</strong>, le <strong>taux de rendement énergétique</strong> (ou EROI en anglais). Le TRE mesure la quantité d’unités d’énergie qu’on peut obtenir en investissant une unité d’énergie.</p><p>Pour faire simple, le pétrole, anciennement facile à extraire avait un TRE de 100. Ça veut dire que <strong>pour 1 baril de pétrole investi</strong>, <strong>on pouvait en extraire 100</strong>.</p><p>Pour donner certains seuils:</p><ul><li><strong>Un TRE en dessous de 1</strong> veut dire que l’on crame plus d’énergie qu’on pourra en extraire, ce qui rend de facto le projet <strong>non viable</strong>.</li><li><strong>Un TRE inférieur à 5</strong> est considéré comme <strong>insuffisant</strong> pour soutenir une société complexe car l’investissement nécessite <strong>trop d’énergie en amont</strong>.</li><li><strong>Un TRE de 7</strong> est souvent cité comme le minimum pour une <strong>société industrielle avancée</strong> avec infrastructures et services publics.</li><li><strong>Un TRE de 10–13</strong> est généralement le seuil mentionné comme nécessaire pour <strong>soutenir durablement une économie développée</strong> avec un niveau de vie élevé.</li><li><strong>Un TRE supérieur à 20</strong> est excellent et permet une société avec un <strong>fort développement technologique</strong> et de nombreux services non énergétiques (santé, éducation, etc.).</li></ul><p>Le graphique ci-dessous (<a href="https://www.forbes.com/sites/jamesconca/2015/02/11/eroi-a-tool-to-predict-the-best-energy-mix/">extrait de Forbes</a>) donne le TRE pour le solaire (photovoltaïque et thermodynamique à concentration), la biomasse, l’éolien, le gaz naturel, le charbon, l’hydroélectrique et le nucléaire. Je vous laisse admirer le carnage sur les énergies renouvelables…</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/750/1*zReqG7oGH_8wVxkELiP3_g.jpeg" /></figure><blockquote>NB: le solaire thermodynamique à concentration consiste à utiliser des miroirs pour chauffer un fluide caloporteur (généralement de l’eau) qui chauffe et produit de la vapeur pour actionner une turbine.</blockquote><p>En prenant en compte le stockage de l’énergie, <strong>seul le solaire thermodynamique à concentration</strong> arrive arrive à atteindre le <strong>seuil de rentabilité </strong>(hors hydroélectrique mais c’est un sujet complexe que je n’aborderais pas ici).</p><p>Autrement, <strong>aucune énergie renouvelable</strong> (autre que l’hydroélectrique) n’est <strong>suffisamment viable</strong> pour soutenir le développement des économies modernes.</p><p>Il faudra donc automatiquement <strong>faire un choix</strong> entre adopter les énergies renouvelables, avec toutes les problématiques qu’elles posent, et le développement de nos sociétés modernes…</p><h3>Les risques et contraintes du nucléaire à ne pas oublier</h3><p>Jusque là, j’ai grandement encensé le nucléaire et j’ai un peu démoli les énergies renouvelables (j’ai passé sur les énergies fossiles, c’est un acquis pour la majorité). Cependant, <strong>le nucléaire est loin d’être exempt de défauts</strong>: il en partage même avec les énergies renouvelables…</p><h4>La gestion des déchets: un défi, mais pas si important que les médias le laissent à penser</h4><p>La première chose qui vient à l’esprit quand on parle du nucléaire, c’est la <strong>gestion des déchets</strong>. Et c’est totalement compréhensible au vu du matraquage médiatique que l’on subit. Cependant, avant d’attaquer complètement ce point, il faut que je vous explique un peu comment la toxicité des déchets radioactifs fonctionne.</p><p>Pour faire simple, on dit qu’<strong>un isotope est radioactif quand il n’est pas stable</strong> et qu’il se désintègre pour donner naissance à un autre élément, stable ou radioactif à son tour, tout <strong>en rejetant un rayonnement contenant de l’énergie</strong>.</p><p>Tout isotope radioactif a <strong>une période de demi-vie</strong>. Cette période est la durée qu’il faut pour que <strong>50% des atomes de l’élément radioactif se désintègrent</strong>. Par exemple, la demi-vie du carbone 14 est de 5730 ans. Ce qui veut dire qu’un élément comprenant 100 atomes de carbone 14 n’en aura plus que 50 au bout de 5730 ans, puis 25 au bout de 11460 ans, etc…</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/450/1*ciAOv6Nluson8Vn2zC4oRA.jpeg" /></figure><p>Un fait intéressant: plus un élément émet une radioactivité forte, plus sa période de demi-vie est courte et plus la radioactivité est faible, plus sa demi-vie sera longue. <strong>On ne peut donc pas avoir un élément hautement radioactif extrêmement longtemps</strong>.</p><p>Sans le savoir, nous sommes tous exposés à la radioactivité naturelle de la Terre tous les jours. D’ailleurs, la Terre est aujourd’hui environ <strong>2 fois moins radioactive</strong> qu’il y a 5 milliards d’années.</p><p>Maintenant que ceci est dit, revenons au sujet des déchets du nucléaire. Il paraîtrait que l’on a une Mooontagne de déchets hautement radioactifs et qu’on ne saurait pas comment les gérer… Déjà, rappelons que chaque français consomme une pastille de <strong>21g d’uranium par an</strong>, sur laquelle <strong>seulement une partie rentre en réaction</strong> et produit réellement des déchets.</p><p>Sur la fission de l’uranium, les deux éléments résultants vont <strong>perdre la quasi totalité de leur radioactivité en quelques mois</strong> sans avoir besoin de se poser de question quand au stockage de ces déchets.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*Umu_Y0hUvGrAZs1pMhvB4Q.jpeg" /></figure><p>Le problème se pose plus sur le plutonium où sa fission finit par produire du <strong>Cesium 135</strong> (après transmutation du Tellure 135 en Iode 135 puis en Xenon 135) dont la période de demi-vie est 2,3 millions d’années. <strong>Le Cesium n’a pas une activité radioactive très dangereuse</strong> et son rayonnement est stoppé par quelques centimètres d’air et par la peau mais <strong>il va rester radioactif très très longtemps</strong> avant de se transformer en Barium 135, qui lui est stable.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*vewiSLebeYepWfQHnUXXBw.jpeg" /></figure><blockquote>Crédit <a href="https://www.youtube.com/@LePointGenius">Le Point Genius Sur YouTube</a>, je met <a href="https://www.youtube.com/playlist?list=PLyi48lVGN122PDHHJByGUDPBHlYr4g5p6">ici sa playlist sur le nucléaire</a> qui est vraiment très bien si vous souhaitez aller plus loin</blockquote><p>Pour le reste, <strong>l’immense partie est recyclée</strong>. Une fois que l’uranium 235 n’est plus assez concentré, la réaction s’arrête et on laisse les crayons combustibles refroidir dans une piscine avant de les envoyer au recyclage. <strong>96% d’une pastille est recyclé</strong> (en France en tout cas) et seulement une infime partie des 4% restant sont effectivement des déchets radioactifs qu’il faut gérer.</p><p>Pour donner un ordre d’idée, voici tous les déchets radioactifs produits par la France en comparaison de la place Carnot ou du port de Marseille (en rouge les déchets à haute activité et en violet les déchets de moyenne activité — crédits à laydgeur sur X):</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*TUBb8pUns2e5tk-I_t75zw.jpeg" /></figure><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/680/1*7c9znup-iO1JFwLj2W-UgA.png" /></figure><p>Oui, oui, on parle bien de tous les déchets produit par le nucléaire depuis que la France a mis en route son premier réacteur en 1948.</p><h4>Une dépendance vis à vis des pays exportateurs d’uranium</h4><p>Un autre argument souvent soulevé concerne <strong>la dépendance aux pays exportateurs d’uranium</strong>. C’est effectivement un point valide, car, même si l’uranium est <strong>présent naturellement dans la croûte terrestre</strong>, sa concentration varie fortement et certains pays possèdent des réserves plus importantes que d’autres.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*3VQaAN-QfkxnL2CREgJaDQ.jpeg" /></figure><p>Cependant, cette dépendance mérite d’être nuancée. L’uranium, grâce à sa <strong>densité énergétique extrêmement élevée</strong>, permet de stocker <strong>plusieurs années</strong> de besoins énergétiques dans un espace relativement réduit.</p><p>Cela le rend beaucoup plus facile à gérer que le pétrole ou le charbon, qui nécessitent un stockage constant. De plus, <strong>une grande partie du combustible nucléaire est recyclable</strong>, réduisant ainsi la nécessité d’importer de nouvelles matières premières.</p><p>Il faut aussi prendre en compte que d’autres secteurs énergétiques sont tout aussi dépendants de certains pays. Par exemple, <strong>les énergies renouvelables dépendent largement de la Chine</strong>, qui domine la production d’éoliennes et de panneaux photovoltaïques. De même, <strong>l’Europe reste fortement tributaire de la Russie</strong> pour ses approvisionnements en gaz. Ainsi, la dépendance énergétique est un problème commun à de nombreuses sources d’énergie, et pas seulement au nucléaire.</p><h4>Une consommation d’eau problématique</h4><p>Un autre point souvent soulevé concerne <strong>la consommation d’eau</strong>, un sujet qui mérite d’être pris en compte, peut-être même davantage que les déchets.</p><p>En effet,<strong> l’eau est utilisée pour refroidir le cœur des réacteurs</strong>, et il existe deux types de circuits: le circuit fermé, où l’eau est refroidie dans une tour réfrigérante puis réutilisée en boucle, et le circuit ouvert, où l’eau circule dans un condenseur sans jamais entrer en contact avec le cœur, puis est <strong>rejetée dans le milieu naturel à une température plus élevée</strong>.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1019/1*YHpJr7vsN4UuQ6uaO5pCBQ.png" /><figcaption>Circuit fermé</figcaption></figure><p>Cela présente un double inconvénient:</p><ul><li>Premièrement, si la température des cours d’eau est trop élevée, <strong>l’efficacité du refroidissement diminue</strong>, ce qui peut contraindre les centrales à réduire leur production ou même à l’arrêter temporairement.</li><li>Deuxièmement, dans le cas d’un circuit ouvert, <strong>l’eau est rejetée plus chaude dans l’environnement</strong>, ce qui peut perturber les écosystèmes aquatiques locaux. Dans le cas d’un circuit fermé, <strong>une partie de l’eau s’évapore</strong> lors du passage dans la tour de refroidissement, ce qui entraîne <strong>une perte hydrique</strong> qu’il faut compenser, notamment en période de sécheresse.</li></ul><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/768/1*e8rW7A9szhKq1NnNPejLZg.png" /><figcaption>Circuit ouvert</figcaption></figure><p>Cela dit, ce point est à nuancer pour deux raisons. D’abord, <strong>d’autres sources d’énergie</strong>, comme le charbon et le solaire thermique, <strong>consomment également beaucoup d’eau</strong>. Ensuite, certaines technologies de réacteurs récentes, comme les réacteurs à sels fondus ou les HTGR (High Temperature Gas Reactors), permettent de <strong>réduire voire d’éliminer totalement cette dépendance à l’eau</strong>. Les SMR (Small Modular Reactors) offrent également des solutions pour minimiser cet impact.</p><h4>Une inertie forte</h4><p>Passons maintenant à l’inertie du nucléaire. Comme mentionné plus haut, <strong>cette technologie génère une grande quantité d’énergie</strong> sous forme de chaleur. Malheureusement, elle ne se dissipe pas rapidement lorsque la réaction est arrêtée.</p><p>Cela constitue un inconvénient majeur, car cela rend le nucléaire <strong>moins flexible</strong>. En effet, bien que le nucléaire soit une source d’énergie pilotable, <strong>il présente une certaine inertie</strong>. On ne peut pas démarrer ou arrêter un réacteur à volonté.</p><p>Par exemple, il faut attendre <strong>entre une et trois semaines</strong> avant de pouvoir accéder aux composants internes du réacteur, le temps que la radioactivité décroisse suffisamment. Le déchargement du combustible prend généralement <strong>entre deux et quatre semaines</strong>, et celui-ci doit ensuite refroidir pendant <strong>trois à cinq ans</strong> avant d’être recyclé ou stocké définitivement.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*b0mcYRniuURvsD3pHzgwAA.jpeg" /><figcaption>Piscine de refroidissement</figcaption></figure><p>Ainsi, le démarrage d’un réacteur nécessite une <strong>planification rigoureuse</strong>, car une anticipation incorrecte des besoins énergétiques pourrait conduire à <strong>mobiliser des ressources</strong> pour une <strong>production d’énergie relativement faible</strong>.</p><h4>La sécurité: un enjeu pris très au sérieux</h4><p>Tout ceci m’amène aux enjeux sécuritaires du nucléaire. Bien sûr, la première chose qui vient à l’esprit est <strong>la sûreté nucléaire</strong>, en particulier pour éviter des catastrophes comme celle de Tchernobyl.</p><p>Il est important de préciser qu’<strong>un risque zéro n’existe pas</strong>, mais <strong>les mesures de sécurité sont extrêmement rigoureuses</strong>, notamment en France, aux États-Unis et au Canada. Par exemple, <strong>un accident similaire à Fukushima ne pourrait pas se produire</strong> (la France n’étant pas exposée aux risques de tremblements de terre ou de tsunamis), et <strong>un accident à la Tchernobyl est également impossible</strong> grâce à des mécanismes de protection qui empêchent la fusion du cœur du réacteur.</p><p>Aujourd’hui,<strong> tous les systèmes de sûreté sont redondants</strong>, faisant du nucléaire l’une des sources d’énergie les plus sûres. Des études le confirment, comme le montre le graphique ci-dessous:</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*LBOWpxxysaW-5kvEEWIRew.png" /></figure><p>D’ailleurs, à propos de Fukushima, bien que l’accident ait été majeur, <strong>il n’a causé que deux décès, et ces derniers étaient dus au tsunami</strong>, non à l’explosion de la centrale. À ce jour, <strong>aucun décès direct n’est imputé à une irradiation aiguë</strong>. Selon l’OMS, l’exposition moyenne de la population est restée très faible, largement inférieure aux seuils dangereux.</p><p>Cependant, <strong>la sécurité nucléaire ne se limite pas à la sûreté</strong>. La protection des sites nucléaires, qu’elle soit physique ou numérique, est cruciale. En effet, <strong>ces sites sont des cibles stratégiques</strong>, tant pour les matières fissiles, comme le plutonium, qui peuvent être utilisées <strong>à des fins malveillantes</strong>, que pour leur <strong>rôle stratégique</strong> et l’<strong>atteinte à la souveraineté</strong> qu’une attaque pourrait entraîner.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*cX0-onuKBP-4aLHoyZzEiQ.jpeg" /></figure><p>Les cyberattaques contre ces installations peuvent avoir plusieurs objectifs: <strong>déstabiliser la production énergétique</strong>, <strong>tester des capacités offensives</strong>, <strong>semer la panique psychologique</strong> ou encore <strong>collecter des informations sensibles</strong>. Les centrales nucléaires sont également susceptibles d’être visées par des attaques ciblées à l’aide de drones ou d’avions, dans le but de maximiser les dégâts.</p><p>Enfin, un autre risque lié à la sécurité nucléaire concerne <strong>le détournement de matières à des fins militaires</strong>. Comme mentionné précédemment, le processus d’enrichissement de l’uranium est identique pour produire du combustible ou des armes.</p><p>C’est pourquoi <strong>les installations d’enrichissement sont strictement contrôlées</strong> et leur exploitation est généralement limitée aux pays occidentaux. De plus, certains déchets nucléaires, tels que le polonium et le plutonium, peuvent être utilisés dans des armes de poison, comme cela a été le cas avec l’empoisonnement de l’ex-agent du FSB, Alexandre Litvinenko, en 2006 à Londres, où il a été tué au polonium-210.</p><h4>Les problématiques de construction</h4><p>Pour clore cette partie, abordons les défis liés à la construction des infrastructures nucléaires, notamment le coût initial et les délais de réalisation.</p><p>Comme évoqué précédemment, <strong>le coût d’une centrale</strong>, même de taille modeste, <strong>est extrêmement élevé</strong>. Bien qu’elle génère une quantité importante d’électricité et que, calculé au MWh, <strong>le coût soit relativement compétitif</strong>, le problème réside dans les <strong>sommes colossales nécessaires pour démarrer un projet de construction</strong>.</p><p>En ajoutant à cela <strong>les exigences sécuritaires</strong> et <strong>la lourdeur administrative</strong>, la mise en place d’un nouveau projet de centrale devient un véritable défi, <strong>rallongeant ainsi les délais de construction</strong>. Les besoins doivent être anticipés très en amont, car entre les délais de construction, les retards imprévus et les ajustements nécessaires, <strong>une centrale peut prendre de 10 à 15 ans avant d’être opérationnelle</strong>.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/685/1*nEmEEAYJFLMACjB1uhJP7w.png" /></figure><p>Cela rend les projets de centrales nucléaires <strong>peu attractifs pour répondre à des besoins immédiats</strong>, donnant un net avantage aux énergies renouvelables, plus faciles et rapides à déployer.</p><p>Toutefois, l’émergence de réacteurs de petite taille, comme les SMR (Small Modular Reactors), pourrait <strong>considérablement alléger cette contrainte</strong>. L’objectif est de construire des centrales <strong>plus petites</strong>, donc <strong>plus simples à gérer</strong>, ce qui entraînerait des <strong>investissements moins importants</strong> en matière de sécurité et réduirait les délais de construction à seulement <strong>2 à 3 ans</strong>.</p><blockquote>Dans la suite de cet article, je vais évoquer plusieurs acteurs du nucléaire (16), notamment sur le marché Américain car c’est le seul investissable. Je vais me contenter de faire des mini analyses fondamentales, pour des raisons évidentes de temps et de longueur de l’article, qui n’auront pas la même substance que mes analyses plus complètes comme <a href="https://medium.com/@JulienTechInvst/la-plus-grosse-bulle-depuis-la-bulle-internet-bb6d87cbfe62">celle que j’ai pu faire sur Palantir</a>.</blockquote><h3>Point sur le marché de l’électricité et du nucléaire aux États-Unis</h3><p>Avant d’aborder les acteurs du nucléaire, il est essentiel de comprendre le fonctionnement du marché de l’électricité et du cadre réglementaire aux États-Unis, aussi bien du point de vue de la distribution que de la régulation.</p><p>Le système américain est <strong>décentralisé, fragmenté, mais extrêmement structuré</strong>. Contrairement à d’autres pays où le marché est centralisé, les États-Unis sont organisés en <strong>zones régionales interconnectées</strong>, chacune dotée de ses propres règles et opérateurs.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/471/1*gZPtWDISKO8YKEElejnJ4Q.png" /></figure><p>Le réseau électrique repose sur <strong>trois grandes interconnexions</strong>: l’<strong>Interconnexion de l’Est</strong>, celle de l’<strong>Ouest</strong>, et l’<strong>ERCOT</strong> (spécifique au Texas). Ces interconnexions sont subdivisées en <strong>RTOs</strong> (Regional Transmission Organizations) et <strong>ISOs</strong> (Independent System Operators), qui assurent l’équilibre entre production et consommation d’électricité sur leur territoire.</p><p>Parmi les plus connus, on retrouve <strong>PJM Interconnection</strong> (qui couvre une grande partie du Nord-Est et du Midwest), <strong>CAISO</strong> (Californie), <strong>MISO</strong>, ou encore <strong>NYISO</strong>. Ces opérateurs organisent des enchères pour répartir la production en fonction de critères économiques et de fiabilité, influençant directement les producteurs, y compris les opérateurs nucléaires.</p><p>Côté réglementation, le nucléaire est un cas à part car <strong>entièrement encadré au niveau fédéral</strong>. C’est la <strong>Nuclear Regulatory Commission (NRC)</strong> qui supervise l’ensemble du cycle de vie des installations nucléaires civiles: <strong>conception, construction, exploitation, gestion des déchets et démantèlement</strong>.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/709/1*efMzxJJalSozNR8rsouBIg.jpeg" /></figure><p>La NRC impose des <strong>standards de sûreté parmi les plus stricts au monde</strong>, ce qui allonge souvent les délais de construction mais garantit une sécurité maximale. Elle a littéralement <strong>pouvoir de vie ou de mort</strong> sur tout projet nucléaire civil: <strong>sans certification NRC, aucun réacteur ne peut être vendu ni déployé</strong> sur le territoire américain.</p><p>Deux certifications sont particulièrement critiques:</p><ul><li>La <strong>Design Certification</strong>, qui valide le modèle de réacteur</li><li>La <strong>Combined License</strong>, qui autorise sa construction et son exploitation</li></ul><p>Ces processus sont <strong>longs, coûteux (plusieurs millions de dollars)</strong> et complexes. Il faut souvent <strong>5 à 10 ans pour les obtenir</strong>, rendant le financement externe crucial dans cette phase sans revenu.</p><p>Ce cadre réglementaire et structurel est <strong>fondamental pour comprendre les dynamiques économiques du secteur</strong>: il façonne les opportunités, les risques, et surtout les <strong>barrières à l’entrée</strong>. Qu’il s’agisse de développeurs de SMR, d’équipementiers ou de prestataires de services, tous doivent composer avec <strong>un marché territorialement décentralisé mais fédéralement verrouillé</strong>, ce qui explique à la fois <strong>la lenteur des projets</strong> et <strong>la stabilité des revenus une fois les licences obtenues</strong>.</p><h3>Les entreprises gérant un parc existant</h3><p>Il existe plusieurs façons de s’exposer au secteur du nucléaire, selon le type d’acteurs en présence. On peut globalement les regrouper en trois catégories: <strong>les entreprises exploitant un parc existant</strong>, <strong>les petits acteurs émergents</strong>, et <strong>les équipementiers</strong>.</p><p>Dans cette première partie, je vais m’intéresser aux entreprises qui exploitent déjà des centrales nucléaires. Il s’agit souvent d’une manière <strong>plus sécurisée</strong> d’investir dans le secteur, car ces sociétés sont généralement <strong>rentables</strong> et <strong>relativement stables</strong>.</p><h4>Constellation Energy Corp (CEG)</h4><p>Constellation Energy est aujourd’hui le <strong>premier producteur d’énergie nucléaire</strong> des États-Unis. L’entreprise trouve ses origines dans Baltimore Gas and Electric (BGE), un <strong>distributeur d’électricité</strong> et de gaz du Maryland fondé au XIXe siècle, dont <strong>elle était initialement une filiale</strong>.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*GTyAnW8zfZp3hdZFASc7tQ.jpeg" /></figure><p>Elle devient <strong>indépendante en 1999</strong> sous le nom de Constellation Energy<em> </em>Group, tout en conservant des liens avec BGE. À cette époque, Constellation est <strong>un producteur diversifié</strong> exploitant des <strong>centrales à charbon, à gaz et nucléaires</strong>, avec une <strong>activité</strong> notable <strong>de négoce d’énergie</strong>. Le nucléaire n’en constitue alors qu’une composante parmi d’autres.</p><p>En 2012, Constellation est <strong>rachetée par Exelon Corporation</strong>, un des plus grands producteurs d’électricité nucléaire aux États-Unis. À la suite de cette acquisition, les centrales nucléaires passent sous la gestion directe d’Exelon Generation, tandis que Constellation se recentre sur la fourniture et le négoce d’électricité.</p><p>Ce n’est qu’<strong>en février 2022 qu’elle retrouve son indépendance</strong>, à la faveur d’une scission d’Exelon entre ses activités de production et de distribution. Constellation récupère alors <strong>l’ensemble du parc de production</strong>, dont la quasi-totalité des réacteurs nucléaires d’Exelon.</p><p>Plus récemment, en janvier 2025, Constellation a annoncé le <strong>rachat de Calpine Corporation</strong> pour un montant d’environ 26,6 milliards de dollars. Ce producteur d’électricité à partir de gaz naturel et de géothermie vient <strong>renforcer la diversification</strong> du portefeuille de Constellation, tout en consolidant sa position de <strong>premier producteur indépendant d’électricité</strong> en Amérique du Nord.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*1q7lv5Yq2LTvgVudGvoucQ.png" /></figure><p>Aujourd’hui, Constellation conserve une <strong>base très majoritairement nucléaire</strong> mais dispose d’un mix plus équilibré. Sur une capacité totale de production de <strong>33 094 MW</strong>, environ<strong> 67 % provient du nucléaire</strong> (22 070 MW), <strong>25 % du gaz naturel et du charbon</strong> (8 461 MW) et <strong>8 % des énergies renouvelables et du stockage</strong> (2 563 MW).</p><p>Les énergies bas carbone incluent notamment des <strong>installations hydroélectriques, solaires et éoliennes</strong>. Le parc nucléaire comprend <strong>21 réacteurs</strong>, tous situés sur le sol américain, formant <strong>la plus grande flotte nucléaire du pays</strong>.</p><p>L’activité de Constellation repose principalement sur la <strong>gestion et l’exploitation des centrales</strong>. Elle assure les opérations de production, la maintenance, la gestion de la sûreté et du combustible, mais <strong>ne conçoit pas elle-même ses réacteurs</strong>.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/800/1*JhWLI-H_L_MHlZNop_9U1w.jpeg" /></figure><p>Pour cela, elle s’appuie sur des partenaires technologiques comme Westinghouse, Framatome ou General Electric. En revanche, <strong>elle participe à certains projets pilotes</strong>, notamment autour des petits réacteurs modulaires (SMR), en tant qu’opérateur ou client potentiel.</p><p>L’électricité produite est <strong>commercialisée sur le marché spot </strong>(ISO/RTO comme PJM, NYISO, MISO, etc.), mais aussi <strong>via des contrats directs</strong> avec des clients finaux. Constellation fournit ainsi de l’énergie à plus de <strong>20 millions de foyers et d’entreprises</strong> à travers les États-Unis. Elle propose également des <strong>services aux entreprises pour les aider à décarboner leurs activités</strong>: contrats d’électricité verte, flexibilité, stockage, etc.</p><p>Depuis 2023, Constellation a aussi noué des partenariats majeurs avec les géants du cloud. Deux contrats ont été signés avec <strong>Microsoft</strong> en 2023 et 2024, suivis d’un accord avec <strong>Amazon Web Services (AWS)</strong> en 2024. Ces partenariats reposent sur des contrats pluriannuels de fourniture d’électricité nucléaire bas carbone pour alimenter leurs datacenters.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*QVPBntjVJ_SiwHJTui-9-w.jpeg" /></figure><p>À eux seuls, ces contrats représentent <strong>plus de 10 milliards de dollars d’engagements sur la décennie</strong>, avec pour objectif de sécuriser l’alimentation énergétique et soutenir les objectifs de neutralité carbone de ces groupes. Constellation devient ainsi un acteur clé de la décarbonation de l’infrastructure numérique américaine.</p><p>Constellation Energy combine à la fois des éléments d’un modèle de <strong>rendement stable</strong> et des stratégies d’<strong>investissement à long terme</strong>. D’un côté, son portefeuille nucléaire <strong>constitué de 21 réacteurs</strong> assure une production d’électricité fiable, offrant ainsi des <strong>revenus constants et prévisibles</strong>. Cet aspect la positionne clairement comme un acteur de <strong>rendement</strong>, attirant les investisseurs à la recherche de <strong>stabilité</strong>.</p><p>Cependant, l’entreprise ne se contente pas de ce profil défensif. Elle <strong>diversifie son activité</strong> en investissant dans des <strong>énergies renouvelables</strong> et le <strong>gaz naturel</strong> à travers l’acquisition de <strong>Calpine</strong>, et en prenant part à des <strong>partenariats avec des géants du cloud</strong>, tels que <strong>Microsoft et AWS</strong>.</p><p>Ces initiatives témoignent d’une volonté de <strong>préparer l’avenir</strong>, en répondant aux défis énergétiques futurs et en alignant son modèle avec les évolutions du marché, notamment la <strong>transition énergétique</strong> et les technologies de <strong>nucléaire avancé</strong> (SMR).</p><h4>Duke Energy (DUK)</h4><p>L’histoire de Duke Energy commence en 1904, avec la création de la Catawba Power Company par <strong>James Buchanan Duke</strong>, un industriel du tabac et <strong>pionnier de l’hydroélectricité</strong>. Rapidement rebaptisée Southern Power Company, <strong>l’entreprise ambitionne d’électrifier le Sud-Est des États-Unis</strong>, à une époque où l’électricité reste encore une nouveauté.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1000/1*Z2ECdWDQ1j7BUhTnGUjn4g.jpeg" /></figure><p>Elle se développe rapidement en construisant des <strong>centrales hydroélectriques</strong> dans les Carolines, fournissant une <strong>énergie bon marché</strong> aux industries textiles en plein essor. En <strong>1924</strong>, elle fusionne avec plusieurs acteurs régionaux pour former <strong>Duke Power</strong>, en hommage à la famille fondatrice.</p><p>Après la Seconde Guerre mondiale, Duke Power devient un <strong>acteur majeur de la production électrique</strong> en Caroline du Nord et du Sud, investissant massivement dans ses moyens de production: d’abord le <strong>charbon</strong>, puis le <strong>nucléaire</strong> dès les années 1970.</p><p>En 1997, <strong>Duke Power fusionne avec PanEnergy</strong>, un spécialiste du transport de gaz naturel, pour former <strong>Duke Energy Corporation</strong>, une entreprise intégrée électricité/gaz qui commence à s’étendre hors des Carolines.</p><p>Les années 2000 marquent une phase d’expansion, avec notamment le <strong>rachat de Cinergy en 2006</strong> et de <strong>Union Gas</strong>. En 2012, Duke Energy absorbe Progress Energy, un autre fournisseur d’électricité présent en Caroline du Nord et en Floride. Cette opération donne naissance à la <strong>plus grande compagnie d’électricité réglementée des États-Unis</strong>, avec des millions de clients et un vaste parc de production.</p><p>Depuis les années 2010, l’entreprise entame une <strong>transition vers les énergies bas carbone</strong>: <strong>fermeture progressive de centrales à charbon</strong>, <strong>investissements dans l’éolien</strong>, <strong>le solaire</strong> et <strong>les technologies de stockage</strong>.</p><p>Aujourd’hui, <strong>Duke Energy</strong> est basée à Charlotte (Caroline du Nord) et dessert plus de <strong>7,7 millions de clients en électricité</strong> et <strong>1,6 million en gaz naturel</strong>. L’entreprise est structurée autour de plusieurs segments : production, transport, distribution, et services énergétiques aux entreprises.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*I89b_LOOGosTQtICRt5dPw.jpeg" /></figure><p>Sa capacité de production atteint <strong>45 800 MW</strong>, répartis comme suit :</p><ul><li><strong>Gaz naturel : 17 000 MW</strong> (37%)</li><li><strong>Nucléaire : 10 700 MW</strong> (23,5%)</li><li><strong>Charbon : 10 700 MW</strong> (23,5%)</li><li><strong>Renouvelables et stockage : 7 400 MW</strong> (16%)</li></ul><p>À noter: bien que Duke <strong>supervise étroitement ses projets</strong> (choix technologiques, permitting, suivi de construction…), <strong>elle ne conçoit pas elle-même ses centrales</strong>.</p><p>L’entreprise s’appuie sur des prestataires spécialisés comme <strong>Westinghouse </strong>ou <strong>General Electric</strong> pour l’ingénierie détaillée, en particulier pour les infrastructures lourdes (nucléaire, gaz, SMR…). En revanche, <strong>certaines extensions solaires ou de réseaux de distribution peuvent être gérées en interne</strong>.</p><p>Duke vend son électricité via un <strong>modèle intégré régulé</strong>, en facturant directement les clients résidentiels, commerciaux et industriels selon des <strong>tarifs fixés</strong> par les commissions de services publics de chaque État.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/600/1*MiBP8hOCuB_cP096sED_gg.jpeg" /></figure><p>Ces tarifs tiennent compte des coûts d’exploitation, des investissements et d’un rendement autorisé sur le capital. Ce système garantit des <strong>revenus stables et prévisibles</strong>, mais <strong>limite mécaniquement les marges et le potentiel de croissance</strong>.</p><p>À l’instar de Constellation Energy, Duke a signé des <strong>contrats d’approvisionnement bas carbone</strong> avec les grands fournisseurs de cloud comme <strong>Amazon, Microsoft et Google</strong>, notamment pour alimenter leurs datacenters. Fin 2024, l’entreprise avait signé des accords pour connecter <strong>2 GW de nouveaux centres de données</strong>, en anticipation de la forte demande attendue dès 2027.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/600/1*vIFwrOiFjfDHFPcpUij2dg.jpeg" /></figure><p>Historiquement perçue comme une <strong>action de rendement</strong> (dividend stock) avec un <strong>dividende autour de 4%</strong>, Duke Energy <strong>n’en reste pas moins une entreprise qui investit massivement</strong> dans sa croissance future. Elle réalloue une partie significative de son capital dans la <strong>modernisation</strong> du réseau, le <strong>développement des renouvelables</strong> et la préparation à l’explosion de la demande électrique liée à l’IA.</p><p>En résumé, <strong>Duke Energy incarne la transformation du secteur des utilities aux États-Unis</strong>: d’un acteur traditionnel du charbon et du nucléaire à une plateforme intégrée pilotant la décarbonation du Sud-Est américain, tout en offrant stabilité, dividendes et potentiel de croissance long terme.</p><h4>Vistra Corp (VST)</h4><p>L’histoire de <strong>Vistra Corp</strong> commence sur des bases difficiles. À l’origine, l’entreprise est fondée sous le nom de <strong>Texas Competitive Electric Holdings</strong> (TCEH), un conglomérat né de la restructuration d’<strong>Energy Future Holdings Corporation</strong> (EFH), un acteur majeur de l’industrie énergétique du Texas.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*wgOw5MIco3LTo79XRWp4dg.jpeg" /></figure><p>Cependant, en 2014, <strong>Energy Future Holdings</strong> a déposé le bilan à cause de sa lourde dette, contraignant <strong>TCEH</strong> à une réorganisation de ses activités. En 2016, après un long processus de restructuration, <strong>TCEH</strong> a été rebaptisée <strong>Vistra Energy</strong>.</p><p>Malgré ce démarrage difficile, Vistra a su se relever. Depuis 2018, l’entreprise a réalisé plusieurs acquisitions stratégiques.</p><p>D’abord, avec l’acquisition de <strong>Dynegy</strong>, un acteur important dans la production d’électricité, permettant à Vistra de se positionner comme un <strong>leader du secteur aux États-Unis</strong>. Grâce à cette acquisition, Vistra a ajouté une série de centrales électriques, majoritairement au <strong>gaz naturel</strong>, au <strong>charbon</strong> et au <strong>nucléaire</strong>.</p><p>Puis en 2019, avec l’acquisition d’<strong>Ambit Energy</strong> et de <strong>Crius Energy</strong>, deux fournisseurs d’électricité et de services énergétiques. Cette acquisition a permis à Vistra d’élargir sa présence dans la fourniture d’électricité aux consommateurs résidentiels et commerciaux dans de nouvelles régions, renforçant ainsi son modèle hybride de production et de fourniture.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/800/1*-QYeJmd0vIDapmmIUsJ0sg.jpeg" /></figure><p>Enfin, en 2024, Vistra a franchi un nouveau cap stratégique en rachetant <strong>Energy Harbor</strong>, un <strong>producteur d’électricité nucléaire</strong>, avec plusieurs centrales nucléaires aux États-Unis. Cette acquisition a permis à Vistra de devenir le <strong>deuxième plus grand exploitant de centrales nucléaires du pays</strong>.</p><p>Aujourd’hui, Vistra est le plus grand producteur d’électricité concurrentielle aux États-Unis, avec un portefeuille de production d’environ <strong>41 000 MW</strong>, répartis de la manière suivante :</p><ul><li><strong>Gaz naturel</strong>: Environ 55% de la capacité totale, soit <strong>22 550 MW</strong>. Vistra se positionne ainsi comme un acteur majeur du secteur du gaz naturel, essentiel dans la transition énergétique et la production d’électricité à bas coût.</li><li><strong>Nucléaire</strong>: Environ 25% de la capacité totale, soit <strong>10 250 MW</strong>. Vistra est un acteur clé dans la production d’énergie nucléaire aux États-Unis, grâce à ses récentes acquisitions, notamment celle d’<strong>Energy Harbor</strong>.</li><li><strong>Énergies renouvelables</strong> (solaire et éolien): Environ 20% de la capacité totale, soit <strong>8 200 MW</strong>. Vistra continue d’investir massivement dans les énergies renouvelables et dans le stockage d’énergie, en ligne avec la transition énergétique en cours. Ces investissements permettent à l’entreprise de diversifier son mix énergétique tout en réduisant son empreinte carbone.</li></ul><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/975/1*ewjWdX_5P8Xxm0WzQwv2zw.png" /></figure><p>L’entreprise ne cesse de renforcer ses investissements dans ces secteurs verts, avec un focus particulier sur le solaire, l’éolien et le stockage de l’énergie, afin de se positionner en leader de l’énergie propre.</p><p>Comme <strong>Constellation</strong> et <strong>Duke Energy</strong>, Vistra ne conçoit pas ses propres moyens de production. Elle fait appel à des prestataires externes pour la construction, l’ingénierie et la gestion de ses centrales électriques. Toutefois, l’entreprise assure la supervision de ces projets, le choix des technologies, la planification énergétique et l’exploitation à long terme de ses installations.</p><p>Concernant la distribution, Vistra adopte un <strong>modèle hybride selon la zone géographique</strong>. Dans les régions où l’entreprise possède les infrastructures de distribution, elle livre directement l’électricité aux clients finaux. Dans d’autres régions, Vistra vend son électricité sur le marché de gros, à l’instar d’<strong>Energy Harbor</strong> ou de <strong>Constellation Energy</strong>.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1015/1*dREj5Ww8hHxaOTE9fDYoEA.jpeg" /></figure><p>L’un des grands avantages de Vistra est qu’elle opère sur un <strong>marché non régulé</strong>. Contrairement aux entreprises régulées qui sont contraintes par des tarifs fixés par des commissions des services publics, Vistra bénéficie d’une <strong>plus grande flexibilité</strong> pour ajuster ses prix, maximiser ses marges et s’adapter aux conditions du marché. Cela lui donne une capacité d’action plus rapide pour répondre aux fluctuations du marché de l’énergie.</p><p>En résumé, Vistra suit une stratégie d’allocation de capital équilibrée et dynamique. L’entreprise continue d’investir dans sa croissance via des <strong>acquisitions stratégiques</strong>, tout en renforçant ses investissements dans les <strong>énergies renouvelables</strong>, le <strong>stockage d’énergie</strong> et la <strong>transition énergétique</strong>.</p><p>Ces investissements visent à <strong>diversifier son portefeuille de production</strong>, à <strong>réduire son empreinte carbone</strong> et à <strong>se préparer aux défis futurs</strong> de l’industrie énergétique.</p><h4>Dominion Energy (D)</h4><p>Dominion Energy a été fondée en 1909 à Richmond, en Virginie, sous le nom de Virginia Railway and Power Company. L’entreprise fournissait à l’origine de <strong>l’électricité pour les tramways</strong> de la ville, mais son rôle s’est rapidement étendu à l’électrification du sud-est des États-Unis, à une époque où <strong>les réseaux électriques en étaient encore à leurs balbutiements</strong>.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/843/1*eiQG-ALmJF3qCmbsnnJhPQ.jpeg" /></figure><p>En 1925, elle adopte le nom de Virginia Electric and Power Company (VEPCO), et entame une <strong>phase de forte croissance</strong>, construisant des <strong>centrales hydroélectriques</strong> puis <strong>thermiques</strong> pour répondre à la hausse continue de la demande.</p><p>À partir des années 1980, elle amorce une diversification stratégique vers le <strong>gaz naturel</strong>, notamment via le développement de pipelines. En 1983, cette ouverture géographique et énergétique est reflétée dans un nouveau nom: Dominion Resources, Inc<em>.</em></p><p>Dans les années 2000, Dominion se recentre progressivement sur ses deux grands métiers: la <strong>production d’électricité</strong> et le <strong>transport/distribution de gaz</strong>, cédant certaines activités annexes.</p><p>Elle en profite pour investir massivement dans les infrastructures de production: <strong>nucléaire</strong>, <strong>gaz</strong>, et plus récemment <strong>renouvelables</strong>. En 2017, pour marquer ce recentrage stratégique sur la transition énergétique, elle devient officiellement Dominion Energy.</p><p>En 2020, <strong>elle vend l’essentiel de ses actifs de transport et stockage de gaz à Berkshire Hathaway Energy</strong>, renforçant ainsi son virage vers l’électricité bas carbone. Elle annonce à cette occasion un engagement renforcé dans l’<strong>éolien offshore</strong>, le <strong>solaire</strong> et les <strong>systèmes de stockage d’énergie</strong>.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/512/1*8ZiSj2AX_-Lpxhsk6iBkxA.jpeg" /></figure><p>Aujourd’hui, Dominion exploite une <strong>capacité de production totale d’environ 29 000 MW</strong>, répartie de la manière suivante:</p><ul><li><strong>Gaz naturel: 53% </strong>(environ 15 370MW)</li><li><strong>Nucléaire: 33% </strong>(environ 9 570MW)</li><li><strong>Énergies renouvelables (principalement solaire): 9% </strong>(environ 2 610MW)</li><li><strong>Charbon: 4% </strong>(environ 1 160MW)</li><li><strong>Autres: 1% </strong>(environ 290MW)</li></ul><p>Dominion reste engagée dans une trajectoire de décarbonation, avec en vitrine son <strong>projet éolien offshore Coastal Virginia Offshore Wind (CVOW)</strong>, qui doit ajouter à terme <strong>2 600 MW</strong> supplémentaires à son parc renouvelable. Elle exploite également encore quelques centrales à <strong>charbon</strong> et au <strong>pétrole</strong>, mais leur poids dans le mix énergétique est en déclin.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*Xi3QskdCg6YX3RImI2YoFg.jpeg" /></figure><p>Contrairement aux producteurs comme <strong>Vistra</strong> ou <strong>Constellation</strong>, Dominion possède <strong>ses propres infrastructures de transport et de distribution</strong>. Elle contrôle ainsi toute la chaîne de valeur, de la production jusqu’au consommateur final. Elle dessert <strong>en direct plus de 7 millions de clients</strong> résidentiels, commerciaux et industriels, via un <strong>modèle entièrement régulé</strong>.</p><p>Dans des États comme la <strong>Virginie</strong>, la <strong>Caroline du Nord</strong> ou certaines zones de la <strong>Caroline du Sud</strong>, Dominion agit comme un <strong>fournisseur exclusif régulé</strong>: les clients ne peuvent pas choisir leur fournisseur, mais les tarifs sont encadrés par les commissions de service public.</p><p>Dominion fait également partie du réseau PJM (bien qu’elle ne vende pas sur le marché spot), ce qui lui permet de <strong>coordonner la stabilité et la distribution</strong> de l’électricité dans la région.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/512/1*IX9-3-LKwvhOElitOzJkrA.png" /></figure><p>En parallèle, Dominion exploite aussi des <strong>réseaux de distribution de gaz naturel</strong> dans plusieurs États, notamment en Ohio, en Utah et en Caroline du Nord, desservant <strong>plus de 3 millions de clients</strong>, selon les mêmes logiques régulées que pour l’électricité.</p><p>En octobre 2024, Dominion a signé un <strong>protocole d’accord avec Amazon </strong>pour explorer le développement de <strong>SMR</strong> en Virginie, ce qui permettrait de fournir <strong>au moins 300 MW d’énergie supplémentaire à la région</strong>, répondant ainsi à la demande croissante en électricité des centres de données.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/905/1*YFPLRh4eS0dTw2SWBpH7oA.jpeg" /></figure><p>Par ailleurs, Dominion Energy est en discussion avec d’autres grandes entreprises technologiques concernant le <strong>développement potentiel de SMR</strong> pour répondre à leurs besoins énergétiques croissants.</p><p>Dans l’ensemble, Dominion Energy est une entreprise <strong>défensive et orientée rendement</strong>, avec des <strong>revenus stables et prévisibles</strong> grâce à son modèle régulé. Tout en poursuivant ses investissements dans les <strong>renouvelables</strong> et le <strong>nucléaire</strong>, elle reste fidèle à une politique généreuse de <strong>retour à l’actionnaire</strong>, avec un <strong>dividende solide (5–6% de rendement)</strong> et une croissance modérée.</p><h4>Entergy Corporation (ETR)</h4><p>L’histoire d’Entergy <strong>débute en 1913</strong>, lorsqu’Harvey Couch fonde Arkansas Power and Light avec <strong>l’ambition de démocratiser l’accès à l’électricité</strong> dans le Sud des États-Unis, une région encore largement non électrifiée.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/833/1*L6E8f1mtw3FNgfOiZYPt_g.jpeg" /></figure><p>Dans les décennies suivantes, Couch participe à la <strong>création d’autres compagnies locales (</strong>Mississippi Power and Light, Louisiana Power and Light, et New Orleans Public Service Inc<em>.</em>), toutes liées entre elles par une gestion commune, bien qu’<strong>opérant indépendamment</strong>.</p><p>Après la Seconde Guerre mondiale, <strong>ces sociétés sont progressivement rassemblées</strong> sous une structure de holding, Middle South Utilities, officiellement constituée en 1949. Ce modèle permet une meilleure coordination régionale tout en conservant une proximité avec les territoires desservis.</p><p>Avec la déréglementation partielle du secteur énergétique dans les années 1980, la holding repense son identité et prend en 1989 le nom d’<strong>Entergy Corporation</strong>, contraction d’Energy et d’Enterprise.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/826/1*afAYc5DaxysnJaXQXCvTVA.jpeg" /></figure><p>C’est à cette période que l’entreprise amorce un tournant stratégique majeur: <strong>elle devient l’un des plus grands exploitants nucléaires du pays</strong>, derrière Constellation Energy, en <strong>développant des centrales</strong> dans le Sud, mais aussi en <strong>acquérant des unités</strong> dans les États dérégulés du Nord-Est, notamment entre 1999 et 2002.</p><p>Cependant, les années 2010 marquent une inflexion: la <strong>chute des prix du gaz</strong>, l’<strong>essor des énergies renouvelables subventionnées</strong> et le <strong>coût croissant de maintenance des réacteurs</strong> incitent Entergy à se retirer progressivement du marché de gros dans le Nord-Est.</p><p>À partir de 2015, elle <strong>vend ou ferme ses centrales nucléaires</strong> hors de son cœur historique sudiste, recentrant son activité sur les marchés régulés qui lui assurent des revenus plus prévisibles.</p><p>Aujourd’hui, Entergy dispose d’une capacité de production d’environ <strong>24 000 MW</strong>, dont près de <strong>5 000 MW issus du nucléaire</strong> (soit environ 21 %), le reste provenant principalement du <strong>gaz naturel, du pétrole, de l’hydroélectricité et du charbon</strong> (environ 79 %). À ce jour, sa présence dans les énergies renouvelables reste marginale, avec seulement <strong>280 MW</strong> en exploitation.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/986/1*n659EMK1E6Hk4rbog-SieQ.png" /></figure><p>Cependant, l’entreprise affiche des ambitions plus marquées dans ce domaine: en juin 2024, elle a conclu un <strong>partenariat avec NextEra Energy Resources</strong> pour développer jusqu’à <strong>4,5GW de solaire et de stockage</strong> au cours des cinq prochaines années.</p><p>Entergy dessert aujourd’hui <strong>environ 3 millions de clients</strong> résidentiels, commerciaux et industriels dans cinq États du Sud. Elle distribue son électricité via son <strong>propre réseau de distribution</strong> , tout en vendant une partie de sa production sur le marché de gros par l’intermédiaire d’une de ses filiales.</p><p>À l’instar de Dominion ou Duke Energy, Entergy s’impose comme une <strong>valeur de rendement stable</strong>, avec un dividende compris entre <strong>4 et 5 %</strong>. L’entreprise se projette dans la transition énergétique à travers le <strong>solaire</strong>, l’<strong>éolien</strong>, la <strong>biomasse</strong>, et même des projets liés aux <strong>SMR (petits réacteurs modulaires)</strong>. Pour autant, sa force principale réside toujours dans la <strong>régularité de ses revenus</strong>, tirés de ses marchés régulés, et dans la <strong>résilience de son mix</strong> centré sur le gaz et le nucléaire.</p><h4>Récapitulatif et comparatif — les gros acteurs</h4><p>Maintenant que nous avons passé en revue ces cinq entreprises, il est temps de jeter un œil à leurs états financiers et d’en tirer un rapide bilan. Pour aller à l’essentiel, voici un tableau comparatif synthétique:</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*y9e7xDw4Llghqju_GSVR1Q.png" /></figure><p>Constellation et Vistra se distinguent par leur agilité sur les marchés dérégulés, qui leur offrent <strong>plus de souplesse et de potentiel de croissance</strong>. À l’inverse, Duke, Dominion et Entergy évoluent principalement sur des marchés régulés, ce qui les rend <strong>plus stables et défensives</strong>.</p><p>Un point commun à retenir: <strong>toutes ces entreprises s’intéressent aux petits réacteurs modulaires (SMR)</strong>. Les gros réacteurs traditionnels, notamment à eau pressurisée, ne suscitent plus d’intérêt. <strong>La modularité et la simplicité des SMR les rendent particulièrement attractifs</strong>. De plus, toutes évoquent une <strong>demande croissante</strong> de la part de leur clientèle pour une <strong>énergie plus propre et bas carbone </strong>— un contexte favorable au nucléaire, comme nous l’avons vu précédemment.</p><p>Autre constat important: <strong>les renouvelables n’attirent ces acteurs que parce qu’ils sont subventionnés</strong>. Comme illustré avec Entergy et évoqué dans la partie sur le TRE, ces énergies sont aujourd’hui peu rentables en l’état.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/817/1*kJrg6Beb2xpJy4Jj1ZZpGQ.png" /></figure><p>Côté finances, force est de constater qu’on est loin des standards du « quality investing ». <strong>Les ROIC et ROCE restent sous les 5%</strong> et les marges FCF sont généralement faibles, voire négatives.</p><p>Cela reflète les spécificités structurelles du secteur de l’énergie. De même pour la croissance, elle reste très modeste, mais c’est inhérent aux acteurs déjà bien développés sur le secteur.</p><p>Néanmoins, une distinction claire apparaît entre les entreprises actives sur des marchés régulés et celles qui ne le sont pas: les premières se caractérisent par <strong>un endettement plus élevé</strong>, un <strong>retour à l’actionnaire plus généreux</strong>, des <strong>investissements massifs</strong> (CapEx) et une <strong>volatilité nettement plus faible</strong> (bêta plus bas). Cela s’explique par la stabilité et la prévisibilité de leurs revenus.</p><p>S’il ne fallait en retenir qu’une, mon choix se porterait sur <strong>Vistra</strong>. C’est, à mes yeux, la plus intéressante. À l’inverse, <strong>Dominion</strong> me semble la moins convaincante.</p><h3>Les plus petits acteurs</h3><p>Maintenant que nous avons passé en revue les grands acteurs, stables et (relativement) rentables, intéressons-nous aux plus petits joueurs. <strong>Moins solides financièrement</strong>, ils n’en sont pas moins <strong>porteurs de grandes promesses</strong>.</p><p>Ce qui les rend particulièrement intéressants, c’est qu’ils en sont tous aux <strong>tout premiers stades de leur aventure</strong>, avec des <strong>niveaux de maturité très différents</strong>.</p><p>Comme leurs technologies sont encore en développement, ces mini-analyses porteront davantage sur les aspects techniques que sur leur histoire… qui, il faut bien l’avouer, reste encore assez légère.</p><h4>NuScale (SMR)</h4><p>NuScale naît en 2007,<strong> issue des travaux menés à l’Oregon State University</strong> sur les petits réacteurs modulaires (SMR). L’idée fondatrice: créer un <strong>réacteur nucléaire compact, sûr, modulaire</strong>… et surtout <strong>plus abordable </strong>que les mastodontes traditionnels.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*4cEPjkXiomSyaPzT3LXqLw.jpeg" /></figure><p>Rapidement, NuScale attire l’attention du Department of Energy américain, qui lui accorde des <strong>financements dès 2013 pour accélérer le développement de sa technologie</strong>. La société met alors au point un design de SMR de 50 MW, montable par modules jusqu’à 12 unités sur un même site.</p><p>En 2020, NuScale marque un tournant historique: son design devient le <strong>premier SMR certifié par la Nuclear Regulatory Commission (NRC)</strong> aux États-Unis. Une première mondiale.</p><p>C’est en 2022 que NuScale s’introduit en bourse, à un cours de <strong>10,55 $ par action</strong>, levant ainsi 380M$ et atteignant une valorisation d’1,9B$.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*ee8rl80tht37f1zlorQbAA.jpeg" /></figure><p>Aujourd’hui, NuScale poursuit le développement d’une <strong>nouvelle version de son réacteur (77 MW par module)</strong>, avec une promesse intacte: fournir une énergie nucléaire <strong>plus simple, plus rapide à construire et plus flexible</strong>.</p><p>NuScale n’est pas un fournisseur d’énergie comme Constellation ou Vistra. Son modèle s’apparente davantage à celui d’un <strong>équipementier nucléaire</strong>. L’entreprise tire ses revenus de quatre axes :</p><ul><li><strong>Vente de réacteurs SMR</strong>: conception et livraison de modules clé en main.</li><li><strong>Licensing et ingénierie</strong>: vente de licences technologiques, services d’ingénierie, sécurité, etc.</li><li><strong>Support à l’exploitation</strong>: accompagnement technique aux exploitants (sans en être un).</li><li><strong>Partenariats industriels</strong>: co-développement et construction via Fluor Corporation (actionnaire majoritaire).</li></ul><p>Même si NuScale est majoritairement implantée sur le sol Américain, l’entreprise développe également des <strong>projets pilotes à l’international</strong>, notamment avec Nuclearelectrica en Roumanie, et s’appuie sur Doosan<strong> </strong>Enerbility (Corée du Sud) pour la fabrication de composants.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/700/1*SRPeaSoSQbiJqqn81cpcgQ.png" /></figure><p>Les SMR de NuScale utilisent une technologie éprouvée: celle des <strong>réacteurs à eau pressurisée (PWR)</strong>, la plus utilisée dans le monde aujourd’hui. Ce choix « conservateur » permet d’adopter une <strong>approche modulaire sans s’aventurer dans des terrains technologiques incertains</strong>.</p><p>La conception est entièrement passive: <strong>refroidissement par convection naturelle</strong>, suppression des systèmes de pompe ou d’alimentation externe… Un vrai atout en matière de sécurité.</p><p>Certes, cette technologie <strong>n’élimine pas complètement</strong> <strong>le risque de fusion du cœur</strong> (contrairement aux réacteurs à sels fondus par exemple), mais elle <strong>facilite considérablement l’acceptabilité et la certification</strong>, en capitalisant sur des décennies d’expérience.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*8cNYv5YBqKMngPAo1IMNMA.png" /></figure><p>NuScale est <strong>le seul acteur à avoir obtenu une certification complète (Combined License) du NRC pour un SMR</strong>. Cet atout est immense: alors que la majorité des concurrents en sont encore au stade des plans ou des prototypes, NuScale peut, en théorie, construire demain.</p><p>Dans un secteur où <strong>chaque année compte</strong>, cette avance réglementaire constitue un <strong>véritable avantage compétitif</strong>, difficile à rattraper. D’autant plus que le processus est si lourd qu’il décourage de nombreux outsiders. Avec l’attrait actuel des SMR, NuScale est donc <strong>un acteur plus qu’intéressant</strong>, proposant une solution réelle et déployable aujourd’hui.</p><h4>Oklo Inc. (OKLO)</h4><p><strong>Oklo Inc.</strong> a été fondée en 2013 par <strong>Jacob DeWitte</strong> et <strong>Caroline Cochran</strong>, deux ingénieurs nucléaires issus respectivement du MIT et de l’Université de l’Oklahoma. Le nom de l’entreprise fait référence au <strong>réacteur naturel d’Oklo</strong>, situé au Gabon, où des réactions de fission se sont produites spontanément il y a deux milliards d’années.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/932/1*x_Ry2BDWBHdxBrwp7CQUBQ.jpeg" /></figure><p>Comme NuScale, l’ambition initiale était de <strong>réinventer le nucléaire pour l’ère moderne</strong>: concevoir des <strong>réacteurs ultra-compacts</strong>, <strong>autonomes</strong>, <strong>capables de fonctionner pendant une dizaine d’années</strong> <strong>sans ravitaillement</strong>, ni besoin d’eau ou de connexion au réseau électrique.</p><p>L’objectif: offrir une<strong> énergie décentralisée</strong>, <strong>fiable</strong> et <strong>décarbonée</strong> pour les zones isolées, les microgrids ou les installations critiques comme les datacenters.</p><p>Oklo s’est rapidement distinguée par un <strong>design radicalement différent</strong>: son réacteur <strong>Aurora</strong>, d’une puissance d’1,5 MW, est <strong>refroidi au sodium liquide</strong> et utilise du <strong>combustible HALEU</strong> (uranium faiblement enrichi à ~20 %), une technologie qui s’éloigne des réacteurs à eau pressurisée (PWR) traditionnels.</p><p>La startup a attiré très tôt des investisseurs issus de la tech, dont <strong>Sam Altman</strong>, cofondateur d’OpenAI, aujourd’hui président du conseil d’administration de son principal financeur.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/686/1*ZsMEfI2A1g_NmKjZCFW04g.jpeg" /></figure><p>Oklo est entrée en bourse le <strong>10 mai 2024</strong> à un cours de <strong>15,50 $</strong>, levant <strong>306 millions de dollars</strong> pour une <strong>valorisation de 850 millions de dollars</strong>.</p><p>Contrairement à NuScale, qui vend sa technologie à des énergéticiens, <strong>Oklo veut devenir producteur d’électricité indépendant</strong>. Son modèle repose sur trois piliers :</p><ul><li><strong>Construction et exploitation des réacteurs</strong>: Oklo conserve la propriété de ses centrales, ce qui lui permet de <strong>capter les subventions</strong> sur les énergies propres et de <strong>générer des revenus récurrents</strong> via la vente d’électricité.</li><li><strong>Contrats d’approvisionnement</strong>: la société cible des clients industriels ou gouvernementaux situés en zones isolées, ou en quête d’une <strong>énergie bas carbone, stable et continue</strong>.</li><li><strong>Licensing potentiel</strong>: à terme, Oklo pourrait vendre ses designs sous licence à d’autres opérateurs si la technologie est validée.</li></ul><p>Oklo développe des <strong>réacteurs à neutrons rapides refroidis au sodium</strong>, une technologie prometteuse mais encore expérimentale. Le prototype Aurora vise une puissance de 1,5 MW avec une <strong>autonomie de 10 ans sans rechargement</strong>.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*MtoBzcDnaSQNTdJflP6m1g.png" /></figure><p>Cette technologie offre plusieurs avantages clés :</p><ul><li>Elle <strong>n’utilise pas d’eau pour le refroidissement</strong>, ce qui permet une installation dans des environnements arides et renforce la sûreté passive.</li><li>Le réacteur est <strong>autonome</strong>, nécessitant peu d’intervention humaine, ce qui réduit fortement les coûts d’exploitation.</li><li>L’usage de neutrons rapides permet <strong>de tirer parti du combustible HALEU</strong>, avec un potentiel à long terme de <strong>valorisation des déchets radioactifs existants</strong>.</li></ul><p>Contrairement à NuScale, <strong>Oklo parie sur une technologie de rupture</strong>, inspirée des réacteurs de <strong>quatrième génération</strong>. Sa vision est <strong>plus intégrée</strong>, et potentiellement <strong>plus rentable</strong> à long terme, bien que <strong>plus risquée</strong> étant donné qu’on a beaucoup moins de recul sur cette technologie et qu’Oklo ne possède pas encore sa licence.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*tkAnlEN6hXzwpcVj-OKAGw.jpeg" /></figure><p>Bien que sa première demande de licence ait été refusée par la NRC en 2022 (jugée prématurée), l’entreprise est déjà engagée dans une nouvelle procédure et <strong>dispose désormais d’une expérience réglementaire précieuse</strong>, qui pourrait faire la différence face à d’autres acteurs émergents.</p><h4>Talen Energy (TLN)</h4><p>Talen Energy Corporation a été <strong>créée en 2015</strong> à la suite de la scission des activités de production d’énergie compétitive de PPL Corporation, associées à celles de Riverstone Holdings.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/845/1*C0t_VTBRkC76tPMiTWoxNw.jpeg" /></figure><p>Basée à Houston, au Texas, Talen est un <strong>producteur indépendant</strong> d’électricité possédant et exploitant environ <strong>10,7GW d’infrastructures énergétiques</strong> aux États-Unis, dont des <strong>centrales nucléaires</strong>,<strong> </strong>au<strong> gaz naturel </strong>et au<strong> charbon</strong>.</p><p>Talen Energy a annoncé en 2020 son engagement vers une <strong>transition énergétique propre</strong>, dans le cadre d’une volonté de décarboner son portefeuille de production d’électricité.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/800/1*dYb5UnaEY9bD4hyCu6AC2Q.jpeg" /></figure><p>Cela implique une <strong>réorientation stratégique</strong>, tout en réduisant progressivement sa dépendance aux sources d’énergie fossiles telles que le charbon et le gaz naturel. Ainsi, le plan de transition énergétique de Talen repose sur plusieurs axes:</p><ol><li><strong>Investissement dans les énergies renouvelables</strong>: Bien que son portefeuille actuel soit encore largement dominé par les centrales nucléaires et à combustibles fossiles, Talen a montré son intérêt pour les énergies renouvelables. De plus, l’entreprise développe en parallèle des solutions de stockage d’énergie, notamment avec des projets de batteries.</li><li><strong>Mise en avant du nucléaire</strong>: Le nucléaire est un pilier de la transition énergétique de Talen. L’entreprise met en avant sa centrale nucléaire de Susquehanna en Pennsylvanie, qui joue un rôle central dans son offre d’énergie décarbonée, en particulier avec des contrats directs comme celui conclu avec Amazon Web Services (AWS).</li><li><strong>Retrait progressif des énergies fossiles</strong>: L’entreprise a pris des engagements visant à réduire son empreinte carbone en diminuant progressivement l’utilisation du charbon et du gaz naturel.</li><li><strong>Digitalisation et infrastructures modernes</strong>: Talen investit aussi dans des infrastructures numériques pour optimiser l’efficacité énergétique et la gestion des ressources. Cela comprend la gestion des réseaux intelligents et l’intégration de solutions permettant de mieux intégrer les énergies renouvelables intermittentes.</li></ol><p>En somme, Talen semble privilégier une transition énergétique où le nucléaire et les énergies renouvelables jouent un rôle clé. Bien que l’entreprise n’ait pas encore totalement opéré la transition vers un modèle décarboné, elle a clairement amorcé ce processus en <strong>recentrant une partie de ses investissements sur des projets plus propres</strong> et <strong>en réduisant sa dépendance aux énergies fossiles</strong>.</p><p>Cependant, en mai 2022, <strong>l’entreprise a déposé le bilan sous le chapitre 11</strong> pour restructurer une dette de 4,5 milliards de dollars. Après l’approbation de son plan de réorganisation en décembre 2022, Talen est <strong>sortie de la faillite en mai 2023</strong>.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*TMse49Q8udnONm8UDIlIPA.png" /></figure><p>En mars 2024, <strong>Talen a vendu son campus de centres de données Cumulus à Amazon Web Services pour 650 millions de dollars</strong>, tout en concluant un contrat d’achat d’électricité pour alimenter le campus via sa centrale nucléaire de Susquehanna. Le 10 juillet 2024, Talen a effectué son introduction en bourse sur le Nasdaq, mettant fin à sa cotation à l’OTCQX, un marché de gré à gré.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/750/1*ihin6jRihTIsFKQa1ZtiTg.jpeg" /></figure><p>Aujourd’hui, Talen possède une capacité de production d’environ <strong>10 700 MW</strong>, dont <strong>2 200 MW proviennent de centrales nucléaires</strong>. Le reste de sa production provient de centrales à pétrole, charbon et gaz naturel.</p><p>L’entreprise vend principalement son électricité sur <strong>les marchés de gros</strong> de l’énergie aux États-Unis, notamment au sein des réseaux <strong>PJM Interconnection et WECC</strong>.</p><p>Outre ces ventes sur les marchés de gros, <strong>Talen a établi des contrats directs avec des clients industriels</strong>, comme son accord avec Amazon Web Services (AWS), visant à fournir jusqu’à <strong>960 MW d’énergie sans carbon</strong>e à un centre de données. Talen propose également des services de vente au détail d’électricité aux clients commerciaux et industriels.</p><p>En comparaison, Talen se positionne comme <strong>un acteur plus petit que Constellation ou Vistra</strong>, mais avec une stratégie similaire dans la vente d’électricité et la transition énergétique.</p><h4>Nano Nuclear Energy (NNE)</h4><p>Fondée en 2021, Nano Nuclear Energy ambitionne de <strong>transformer le secteur de l’énergie nucléaire</strong> en développant des solutions <strong>compactes, transportables et modulaires</strong>.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/532/1*gSh5pPqiEGH9yVUgFxZUeg.png" /></figure><p>Contrairement à des acteurs comme NuScale ou Oklo, qui misent sur des <strong>petits réacteurs modulaires (SMR)</strong>, Nano Nuclear se positionne sur le créneau encore plus spécifique des <strong>micro-réacteurs modulaires (MMR)</strong>, adaptés à des usages localisés et à des déploiements rapides.</p><p>En <strong>mai 2024</strong>, l’entreprise entre en bourse avec un <strong>cours d’ouverture à 4$</strong>, levant <strong>10,25M$</strong>. Peu après, l’option de surallocation est exercée, portant le total de l’IPO à <strong>11,79M$</strong> pour une <strong>valorisation de 126M$</strong>.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/800/1*TzuEoXnw_x-FSAovGA12wQ.jpeg" /></figure><p>En <strong>février 2025</strong>, Nano Nuclear franchit une étape clé en rachetant à <strong>Ultra Safe Nuclear Corporation</strong> deux technologies stratégiques:</p><ul><li>le <strong>système MMR®</strong>, un micro-réacteur modulaire,</li><li>la <strong>plateforme Pylon</strong>, un réacteur transportable.</li></ul><p>Ces actifs viennent enrichir leur portefeuille technologique destiné à des applications telles que les bases militaires, les centres de données ou les sites industriels isolés.</p><p>Par ailleurs, l’entreprise s’est entourée de personnalités influentes comme <strong>Andrew Cuomo</strong>, ancien gouverneur de New York, qui rejoint le comité consultatif exécutif. Sa connaissance des rouages politiques et énergétiques pourrait être un <strong>atout majeur pour les démarches réglementaires</strong>, notamment auprès de la Nuclear Regulatory Commission (NRC).</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*_INnY9pCgxT6bI6jUtBhnw.png" /></figure><p>Nano Nuclear mène actuellement un <strong>partenariat avec l’Université de l’Illinois</strong> pour construire <strong>KRONOS</strong>, un <strong>réacteur de recherche de 4e génération</strong>, et développe en parallèle <strong>trois micro-réacteurs</strong>:</p><ul><li><strong>ZEUS</strong> (0,33 à 0,55 MW): fonctionnant avec cœur solide sans fluide de refroidissement, et utilisant la dissipation par conduction thermique et convection naturelle.</li><li><strong>ODIN</strong> (même plage de puissance): refroidi au <strong>sel fondu</strong>, et utilisant la convection naturelle.</li><li><strong>KRONOS MMR</strong> (jusqu’à 16,5 MW): conçu pour des installations stationnaires et des usages industriels intensifs (production d’hydrogène, datacenters…).</li></ul><p>Côté réglementation, <strong>Nano Nuclear a initié les démarches auprès de la NRC</strong>. En mars 2025, la commission a officiellement reconnu <strong>NNE comme concepteur du KRONOS MMR™</strong>, marquant un progrès dans le processus de pré-demande en collaboration avec l’Université de l’Illinois.</p><p>Nano Nuclear adopte une stratégie <strong>verticalement intégrée</strong>, avec un business model articulé autour de:</p><ul><li>La <strong>conception et la fabrication de micro-réacteurs</strong>,</li><li>La <strong>production et la logistique du combustible nucléaire</strong>,</li><li>Le développement de <strong>technologies nucléaires à usage spatial</strong>,</li><li>Des <strong>activités de conseil</strong> dans le secteur nucléaire.</li></ul><p>Cette approche vise à <strong>maîtriser l’ensemble du cycle de vie de leurs réacteurs</strong>, garantissant contrôle, fiabilité et réduction des risques opérationnels.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/780/1*FzXjeRT9t5dv4pJui_2WJw.jpeg" /></figure><p>En tant que jeune entreprise, <strong>NNE reste exposée à un risque élevé</strong>, notamment face aux lourdeurs réglementaires et à la concurrence de firmes plus matures comme NuScale.</p><p>Néanmoins, son positionnement sur les <strong>MMR</strong> constitue une <strong>différenciation forte</strong>: compacts, plus simples à déployer et adaptés à des projets de plus petite échelle, ils permettent un <strong>coût d’installation plus bas</strong> et un <strong>déploiement en moins d’un an</strong>, contre 2 à 4 ans pour un SMR.</p><h4>Récapitulatif et comparatif — les petits acteurs</h4><p>Comme vous l’avez vu dans cette revue des 4 entreprises, à l’exception de Talen, qui <strong>suit un modèle traditionnel de fournisseur d’électricité</strong>, nous avons ici <strong>des acteurs jeunes et innovants</strong>, chacun avec sa propre approche et à des stades de <strong>maturité différents</strong>. Vous trouverez ci-dessous un tableau récapitulatif des données.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/921/1*9Jb8KtWAV5CXVFdjkhW-aA.png" /></figure><p>NuScale se distingue par une <strong>solution déjà viable et éprouvée</strong>, tandis qu’Oklo et Nano Nuclear misent davantage sur l’innovation. Pour Oklo, cette stratégie pourrait porter ses fruits à <strong>moyen terme</strong>.</p><p>En revanche, Nano Nuclear, étant encore jeune et confrontée à des obstacles administratifs, est <strong>trop précoce</strong> pour juger de la réussite de son pari. <strong>Les besoins en financement sont énormes</strong> et, sans certification de la NRC, Nano Nuclear devra probablement lever des fonds pendant les 10 à 20 prochaines années.</p><p>Concernant les finances, j’ai retiré Talen du comparatif, car c’est le seul acteur rentable. Je vous donnerai ses chiffres plus bas.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/662/1*KVUOQU_vdPAGIsVc-Svqmw.png" /></figure><p>Voici quelques explications avant le tableau. Étant donné qu’il s’agit d’<strong>acteurs non rentables</strong> et en forte croissance (en particulier NuScale), j’ai utilisé d’autres indicateurs, tels que la <strong>durée de survie sans financement supplémentaire</strong>.</p><p>Pour calculer cela, j’ai pris les actifs courants, soustrait les dettes, et divisé le résultat par les bénéfices nets. En d’autres termes, <strong>NuScale pourrait survivre encore 2 ans et 9 mois</strong> avant de se retrouver dans une situation critique si elle ne lève pas de nouveaux financements et que ses pertes restent constantes.</p><p>Comme on peut le constater, <strong>Oklo semble particulièrement chère</strong>. Elle dispose de moins de réserves que NuScale et n’a toujours pas obtenu sa certification, ce qui l’empêche de générer des revenus avec ses technologies.</p><p>Quant à Nano Nuclear, <strong>ses réserves sont relativement solides</strong>, mais à quel moment obtiendront-ils leur certification ? Et, avec la multiplication des projets, est-ce que les coûts ne vont pas exploser ?</p><p>Aujourd’hui, <strong>seul NuScale semble représenter une opportunité d’investissement</strong>, car l’entreprise a déjà ses certifications et peut désormais se concentrer sur son développement.</p><p>Pour ce qui est de Talen, voici quelques données financières clés:</p><ul><li><strong>Capitalisation boursière</strong>: 9,35B$</li><li><strong>ROCE</strong>: 3,7%</li><li><strong>ROIC</strong>: 3,5%</li><li><strong>Ratio Dette nette / EBITDA</strong>: 4,1</li><li><strong>Chiffre d’affaires sur 12 mois</strong>: 2,073B$ (croissance de 5,3% par an)</li><li><strong>Croissance du FCF</strong>: passé au positif trop récemment</li><li><strong>Marge opérationnelle</strong>: 11%</li><li><strong>Marge nette</strong>: 48,1%</li><li><strong>Marge Free Cash Flow</strong>: 3,2%</li><li><strong>CapEx</strong>: 189M$, faible comparé à Constellation ou Vistra</li><li><strong>PER</strong>: 10,3</li><li><strong>P/FCF</strong>: 139,5 (relativement cher en termes de cash flow libre)</li><li><strong>Beta</strong>: 1,49 (volatilité assez élevée)</li></ul><p>Si je devais donner mon avis, <strong>Talen me semble moins intéressante</strong>. L’entreprise vise à concurrencer Constellation et Vistra, mais <strong>sans disposer de la même force de frappe</strong>.</p><p>En revanche, <strong>NuScale est clairement la mieux positionnée</strong>, et je trouve que jusqu’ici, c’est l’acteur le plus prometteur dans le secteur nucléaire. <strong>Oklo reste un pari intéressant</strong>, mais il faudra suivre de près <strong>l’obtention de la certification</strong> et la <strong>question de la dilution</strong>. Quant à Nano Nuclear, l’entreprise est <strong>encore trop jeune</strong> pour tirer des conclusions solides, mais l’entreprise restera un dossier intéressant à suivre.</p><h3>Les équipementiers</h3><p>Il ne nous reste plus qu’un dernier type d’acteur à explorer: les équipementiers déjà bien établis. On revient ici à des <strong>business plus stables</strong>, avec des<strong> entreprises rentables</strong>, loin des profils spéculatifs évoqués précédemment.</p><p>Cette partie devrait particulièrement vous intéresser si vous n’avez pas encore trouvé votre bonheur parmi les jeunes pousses ou les fournisseurs d’énergie, et que vous recherchez des <strong>critères d’investissement plus traditionnels</strong>.</p><h4>General Electric Vernova (GEV)</h4><p>General Electric voit le jour en 1892, <strong>issue de la fusion entre Edison General Electric Company</strong> — fondée par Thomas Edison — <strong>et Thomson-Houston Company</strong>. Dès ses débuts, GE joue un <strong>rôle majeur dans l’électrification</strong> des États-Unis.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*4Kn-CyAk3YNMY1KRnGCW7Q.jpeg" /></figure><p>Tout au long du XXe siècle, GE devient un conglomérat industriel tentaculaire, actif dans de nombreux secteurs :</p><ul><li><strong>Électricité</strong> (générateurs, turbines, moteurs)</li><li><strong>Aviation</strong> (via GE Aviation)</li><li><strong>Santé</strong> (via GE Healthcare)</li><li><strong>Finance</strong> (GE Capital, jusqu’à la crise de 2008)</li><li><strong>Médias</strong> (avec la possession de NBC)</li><li><strong>Énergies</strong> (renouvelables et nucléaire)</li></ul><p>Sous la direction de Jack Welch (1981–2001), GE atteint des sommets et devient un <strong>symbole du capitalisme américain</strong>. Mais au début des années 2000, la stratégie de diversification s’essouffle.</p><p><strong>La crise de 2008</strong>, dont GE Capital fut un des acteurs, <strong>fragilise durablement le groupe</strong>. S’ensuit un désengagement progressif de ses activités non industrielles, dont la vente de NBCUniversal à Comcast.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/958/1*-UubLpXUGPjoZNUEjSMDbQ.jpeg" /></figure><p>En novembre 2021, GE annonce un plan de scission historique: le groupe se divisera en <strong>trois entreprises cotées indépendamment</strong>, plus lisibles pour les investisseurs:</p><ul><li><strong>GE HealthCare</strong> (imagerie médicale), scindée en janvier 2023</li><li><strong>GE Vernova</strong> (énergies), scindée en avril 2024</li><li><strong>GE Aerospace</strong> (aéronautique), qui conserve le nom General Electric</li></ul><p>GE Vernova regroupe les <strong>activités énergétiques historiques de GE</strong>. Elle conçoit et fournit des <strong>équipements essentiels à la production</strong>, <strong>au transport</strong> et <strong>à la gestion de l’électricité</strong>.</p><p>Son modèle économique repose à la fois sur la <strong>vente de matériel </strong>(turbines, systèmes de transmission), sensible aux cycles d’investissement, et sur une <strong>activité de services</strong> (maintenance, modernisation, logiciels), bien plus stable et génératrice de marges élevées.</p><p>Dans le nucléaire, GE Vernova possède un savoir-faire reconnu, notamment grâce à ses <strong>réacteurs à eau bouillante (BWR)</strong>. Ces activités sont aujourd’hui regroupées au sein de <strong>GE Hitachi Nuclear Energy (GEH)</strong>, une coentreprise qui assure à la fois la <strong>conception de réacteurs</strong>, <strong>leur maintenance</strong>, et <strong>l’approvisionnement en combustible</strong> via sa filiale <strong>Global Nuclear Fuel (GNF)</strong>, autorisée à enrichir l’uranium jusqu’à 8 %.</p><p>Le petit réacteur modulaire <strong>BWRX-300</strong> est l’un des projets phares de GE Vernova. Ce SMR de <strong>300 MW</strong>, basé sur la technologie éprouvée des BWR, vise à offrir une solution nucléaire plus flexible, rapide à déployer et adaptée à la décarbonation.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/730/1*0qgiR2hi7ek0QV9S6ddSPw.jpeg" /></figure><p>S’il n’a pas encore reçu la certification complète de la NRC, <strong>plusieurs autorisations ont déjà été obtenues</strong>, ouvrant la voie à un déploiement progressif.</p><p>Le projet bénéficie du soutien de la Tennessee Valley Authority (TVA), une entité fédérale, <strong>qui pilote un consortium ayant déposé une demande de financement de 800M$</strong> auprès du Département de l’Énergie.</p><p><strong>Duke Energy s’est également engagée aux côtés de GE Vernova</strong>, avec l’objectif de standardiser la technologie pour faciliter sa diffusion. En parallèle, <strong>600M$ d’investissements sont prévus sur deux ans</strong> pour moderniser les capacités industrielles, dont 50M$ destinés au site de Wilmington, en Caroline du Nord.</p><p>GE Vernova s’appuie sur un <strong>parc installé immense</strong>, notamment dans les turbines à gaz et le nucléaire. Cela lui permet de générer des <strong>revenus récurrents</strong> à travers des <strong>contrats de maintenance longue durée</strong>, souvent signés dès l’achat de l’équipement. Ce modèle <strong>verrouille les clients sur le long terme</strong>, les incitant à rester dans l’écosystème GE pour limiter les coûts de changement.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*AUw-k8IQg6wSAS9TiFKj1w.jpeg" /></figure><p>Au-delà de ses technologies propriétaires, GE Vernova dispose d’une <strong>expertise rare dans l’intégration complète de la chaîne électrique</strong>. Elle intervient à la fois sur la production, le transport et la stabilisation des réseaux, ce qui en fait un <strong>acteur-clé de la transition énergétique</strong>, capable de proposer des solutions cohérentes à grande échelle.</p><p>L’activité de GE Vernova reste soumise à plusieurs défis structurels. D’abord, sa <strong>dépendance aux cycles d’investissement</strong> publics ou privés rend ses revenus partiellement imprévisibles. <strong>Les projets peuvent prendre plusieurs années</strong> entre l’appel d’offres et la mise en service, ce qui complique la planification.</p><p>Ensuite, la <strong>régulation est omniprésente</strong>: qu’il s’agisse de normes de sûreté nucléaire, de politiques climatiques ou de subventions, GE Vernova dépend fortement des décisions des États. Cette exposition est à double tranchant. En parallèle, la complexité technique des projets énergétiques implique des <strong>risques de retards et de dépassements de coûts</strong>.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/664/1*b_edsR8wLs1nwEpTS5vcsA.jpeg" /></figure><p>Enfin, toutes les branches du groupe ne sont pas égales en rentabilité. L’éolien offshore, par exemple, reste <strong>structurellement sous pression</strong>, notamment en raison de la <strong>hausse des coûts des matières premières</strong>, de la <strong>logistique lourde</strong> et d’un <strong>environnement concurrentiel intense</strong>.</p><p>Avec son portefeuille technologique couvrant le <strong>nucléaire</strong>, <strong>l’éolien</strong>, <strong>l’hydrogène</strong>, les <strong>réseaux intelligents</strong> et les <strong>logiciels de gestion énergétique</strong>, GE Vernova se positionne comme un <strong>pilier de la décarbonation mondiale</strong>. L’entreprise a d’ailleurs un profil hybride: acteur stable et installé tout en investissant des des technologies de disruption.</p><h4>Quanta Services (PWR)</h4><p><strong>Fondée en 1997 par John R. Colson</strong>, Quanta Services est née de la fusion de quatre entreprises régionales: PAR Electrical Contractors, Union Power Construction, Trans Tech Electric et Potelco.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/570/1*ijRl5D9zZTQOXNbeqWnrOQ.jpeg" /></figure><p>À l’époque, le secteur des services électriques aux États-Unis était extrêmement fragmenté, composé de milliers de petites structures locales. L’objectif de cette consolidation était donc clair: <strong>créer un acteur national</strong> capable de répondre aux <strong>besoins croissants d’infrastructures énergétiques</strong> à grande échelle.</p><p>Dès ses débuts, Quanta a misé sur une <strong>stratégie d’expansion agressive</strong> par acquisitions. En <strong>intégrant plus de 200 entreprises</strong> au fil des ans, elle a progressivement élargi son expertise technique et renforcé sa couverture géographique.</p><p>Son introduction en bourse en 1998, qui lui a permis de lever 45 millions de dollars, a accéléré cette dynamique. L’acquisition stratégique de Blattner Holding Company en 2021, leader nord-américain des infrastructures renouvelables, a marqué une étape importante, <strong>consolidant la position de Quanta dans la transition énergétique</strong>.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*yE2sr3r1io_ccdIic-Ctew.png" /></figure><p>Le modèle économique de Quanta repose sur la <strong>fourniture de services d’ingénierie</strong>,<strong> de construction</strong>, <strong>de maintenance et de modernisation d’infrastructures critiques</strong> dans trois grands domaines:</p><ul><li><strong>Electric Power Infrastructure Solutions</strong>: ce segment, le plus important, regroupe les activités liées à la <strong>construction et à la maintenance des lignes électriques haute tension</strong>, la <strong>modernisation du réseau</strong> pour intégrer les énergies renouvelables, le <strong>développement de microréseaux</strong> ou encore la <strong>résilience face aux événements climatiques</strong>. Quanta y joue un rôle central dans la transformation du grid américain.</li><li><strong>Underground Utility and Infrastructure Solutions</strong>: ici, l’entreprise intervient sur les <strong>réseaux souterrains de gaz naturel</strong>, <strong>d’eau</strong>, de <strong>fibre optique</strong> ou encore de <strong>télécommunications</strong>. Elle réalise aussi bien des travaux de construction que de rénovation, en soutien aux opérateurs de réseaux et aux compagnies gazières.</li><li><strong>Renewable Energy &amp; Storage</strong> (via Blattner Energy): avec l’acquisition de Blattner, Quanta s’est imposée comme l’<strong>un des principaux installateurs de parcs solaires et éoliens terrestres</strong> en Amérique du Nord. L’entreprise déploie également des solutions de stockage d’énergie, comme les batteries industrielles.</li></ul><p>Contrairement à des fabricants comme GE Vernova, <strong>Quanta ne vend ni matériel ni logiciels</strong>. Elle agit avant tout comme prestataire: ses clients font appel à elle pour <strong>concevoir</strong>, <strong>construire</strong>, <strong>moderniser</strong> ou <strong>entretenir</strong> des infrastructures.</p><p>L’entreprise peut aussi intervenir dans l’<strong>exploitation partielle d’équipements</strong>, mais son cœur de métier reste l’exécution de projets complexes, à forte composante terrain.</p><p>Cela dit, Quanta n’est pas à l’abri de certaines <strong>contraintes structurelles</strong>. Son activité reste <strong>cyclique</strong>, <strong>dépendante des politiques publiques</strong> et des <strong>cycles d’investissement</strong> des opérateurs.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/800/1*69m39-vd3bx0XPz4TOtO2w.jpeg" /></figure><p>Elle doit également faire face à des<strong> tensions sur le marché du travail</strong>: la rareté de la main-d’œuvre qualifiée (techniciens, ingénieurs, linemen) alourdit les <strong>coûts salariaux</strong> et pèse sur les marges.</p><p>En parallèle, <strong>chaque projet comporte son lot de complexité</strong> — contraintes de sécurité, coordination avec les collectivités locales, spécificités du terrain — ce qui accroît le <strong>risque d’exécution</strong>. Le volume élevé de projets peut aussi engendrer des <strong>retards en cas de ressources limitées</strong>.</p><p>Pour autant, Quanta bénéficie de <strong>solides avantages compétitifs</strong>. D’abord, sa <strong>taille critique</strong> et son <strong>maillage territorial dense</strong> lui permettent d’intervenir rapidement sur tout le continent nord-américain, tout en menant plusieurs méga-projets en parallèle.</p><p>Ensuite, l’entreprise a su établir des <strong>relations de long terme avec ses clients</strong>, souvent reconduite sur plusieurs années ou intégrée dans des accords pluriannuels. Cette fidélité augmente les coûts de changement pour les clients, et renforce la visibilité de Quanta.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*UHD5WDYS_5a7L1xxDZRk8A.jpeg" /></figure><p>Enfin, son <strong>expertise intégrée</strong>, lui permet de mieux maîtriser les risques, de simplifier la coordination et d’optimiser la rentabilité pour ses clients.</p><p>Ce positionnement est d’autant plus stratégique que <strong>Quanta est présente sur toutes les grandes dynamiques de transformation</strong>: modernisation du réseau électrique, électrification des usages, essor du solaire, du stockage, de l’hydrogène ou encore des datacenters.</p><p>En résumé, en dépit de la cyclicité de son secteur et de sa dépendance aux arbitrages politiques, Quanta Services s’impose comme<strong> un acteur clé de la transition énergétique</strong>.</p><p>Son envergure, son réseau d’experts terrain et sa capacité à piloter des projets de bout en bout en font un <strong>partenaire stratégique</strong> pour les opérateurs de réseaux et les énergéticiens.</p><h4>BWX Technologies (BWXT)</h4><p>L’histoire de BWX Technologies remonte à 1867 avec la fondation de la Babcock &amp; Wilcox Company par Stephen Wilcox et George Herman Babcock, <strong>spécialisée à l’origine dans les chaudières industrielles</strong>.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/750/1*9Sh72pGyHtT8BwWx92Ju6w.jpeg" /></figure><p>L’entreprise a progressivement <strong>élargi ses compétences vers le nucléaire</strong>, participant notamment au projet Manhattan dans les années 1940, puis en concevant des composants pour le USS Nautilus, <strong>premier sous-marin nucléaire au monde lancé en 1954</strong>.</p><p>En 2015, BWX Technologies devient une entité indépendante après sa scission avec Babcock &amp; Wilcox Enterprises. Depuis, elle <strong>se consacre exclusivement aux technologies nucléaires</strong> et s’est imposée comme un acteur clé du secteur, avec une forte orientation vers la défense et l’innovation nucléaire.</p><p>Son modèle économique repose principalement sur des <strong>contrats gouvernementaux</strong>, en particulier avec les agences fédérales américaines. BWX Technologies fournit des <strong>solutions nucléaires sur mesure</strong> à des clients institutionnels, militaires et industriels. L’activité de l’entreprise se structure autour de trois pôles:</p><ul><li><strong>Naval Nuclear Operations (NNO)</strong>: C’est le cœur du modèle de BWX Technologies. L’entreprise est le <strong>fournisseur exclusif</strong> de réacteurs nucléaires pour les sous-marins et porte-avions de la Navy. Elle <strong>conçoit</strong> et <strong>fabrique</strong> des réacteurs compacts, <strong>assemble</strong> le combustible et <strong>assure le support technique et la maintenance</strong>. Ce segment représente plus de 60 % du chiffre d’affaires.</li><li><strong>Commercial Nuclear Products &amp; Services</strong>: Cette division propose des composants pour les <strong>réacteurs civils</strong> (pièces de cuves, générateurs de vapeur, etc.) ainsi que des <strong>services de maintenance</strong>, <strong>d’inspection</strong> et de <strong>prolongation de vie</strong> pour les centrales nucléaires commerciales. Ce segment, historiquement moins stratégique, connaît un regain d’intérêt avec la relance mondiale du nucléaire civil.</li><li><strong>Advanced Technologies</strong>: C’est la branche R&amp;D de BWXT, dédiée au développement de technologies nucléaires avancées — réacteurs de nouvelle génération, propulsion spatiale nucléaire, production d’isotopes médicaux…</li></ul><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*osPMXwoM2ewbHHxFuBwNrg.png" /></figure><p>Avec cette dernière division, BWXT s’aligne pleinement avec les grandes tendances de l’industrie nucléaire de demain, notamment à travers deux projets de petits réacteurs modulaires (SMR): le <strong>BWXT Advanced Nuclear Reactor (BANR)</strong> et le micro-réacteur du <strong>projet Pele</strong>.</p><p>Le <strong>BANR</strong> repose sur une technologie de réacteur à haute température refroidi au gaz (HTGR). Il vise une puissance de <strong>18 MW par unité</strong>, avec une <strong>autonomie de plus de 5 ans</strong> sans rechargement.</p><p>Il utilise du combustible <strong>TRISO</strong>, composé de particules d’uranium enrichi encapsulées dans des couches céramiques extrêmement résistantes à la chaleur et aux radiations, conçues pour contenir les produits de fission <strong>même en cas de perte de refroidissement</strong>.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*d3pA7baz4l1J3LAZ1j_AUg.jpeg" /></figure><p>Ce réacteur intègre des systèmes de <strong>sécurité passive</strong> et peut être transporté facilement (par route, rail ou mer), ce qui facilite son déploiement.</p><p>Le <strong>projet Pele</strong>, développé en partenariat avec le Département de la Défense, s’inscrit dans la continuité technologique du BANR. Il s’agit d’un <strong>micro-réacteur transportable</strong>, destiné à fournir de l’énergie dans des zones reculées ou pour des missions militaires.</p><p>À ce jour, ni le BANR ni Pele n’ont encore obtenu de certification complète de la NRC (Nuclear Regulatory Commission), mais <strong>BWXT est activement engagé dans le processus réglementaire</strong>, en soumettant des documents techniques et en collaborant étroitement avec les autorités.</p><p>Outre ses propres projets, BWXT a aussi été sélectionné par NuScale pour fabriquer certains composants de ses SMR, ce qui confirme son <strong>rôle central dans cette nouvelle génération de réacteurs</strong>.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/443/1*IzQJAMjM13dw9Mi8oayzNw.jpeg" /></figure><p>Du côté des clients, BWXT travaille <strong>principalement avec des entités publiques et gouvernementales</strong>: la U.S. Navy, le<strong> Department of Energy</strong>, la NASA (pour la propulsion nucléaire spatiale), les exploitants de centrales nucléaires aux États-Unis et au Canada, ainsi que des organismes de santé pour les isotopes médicaux. Le gouvernement américain représente environ <strong>80 % du chiffre d’affaires</strong>.</p><p>BWXT bénéficie d’un <strong>monopole sur la propulsion nucléaire navale</strong>. Aucun concurrent ne fabrique les réacteurs de la Navy, un avantage protégé par des décennies de collaboration, de savoir-faire et de certifications.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1000/1*mfzhIYf08ugJj_8Jb4u9Gg.jpeg" /></figure><p>Par ailleurs, l’entreprise possède une <strong>expertise rare dans la fabrication de composants nucléaires</strong> complexes et dans la manipulation de matériaux radioactifs sous des normes militaires et civiles strictes.</p><p>La maîtrise industrielle du combustible <strong>TRISO</strong>, encore très peu répandue à grande échelle, constitue également un atout stratégique. BWXT est l’un des <strong>rares producteurs</strong> américains<strong> capables de le fabriquer industriellement</strong>.</p><p>Enfin, le fonctionnement pluriannuel des contrats de défense offre à l’entreprise une <strong>excellente visibilité sur ses revenus</strong>. En parallèle, la montée en puissance des SMR, la <strong>demande croissante en isotopes médicaux</strong> et l’<strong>intérêt renouvelé pour les technologies nucléaires</strong> offrent à BWXT des relais de croissance solides à long terme.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*GMx_WVEOIPplhRRHVka7Gg.jpeg" /></figure><p>Cela dit, la dépendance au gouvernement américain reste un risque en cas de baisse des budgets militaires. De plus, l’activité de BWXT repose sur des <strong>niches hautement spécialisées</strong>, limitant ses possibilités d’expansion rapide. Le moindre retard dans l’exécution d’un contrat pourrait aussi nuire à sa réputation et à sa rentabilité.</p><p>Malgré ces limites, BWX Technologies reste un <strong>acteur très solide</strong>. Sa position stratégique dans la défense, son avance technologique dans les SMR et sa capacité à répondre aux enjeux futurs du nucléaire en font une entreprise résiliente, dotée de perspectives de croissance attractives.</p><h4>Cameco (CCJ)</h4><p>Fondée en 1988, Cameco est une entreprise canadienne <strong>spécialisée dans le minage d’uranium</strong>, née de la fusion de deux entités publiques: la Saskatchewan Mining Development Corporation (SMDC) et Eldorado Nuclear Limited.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/720/1*UnZyaVrevFYiHZ8gzpFn8Q.png" /></figure><p>Cette union visait à <strong>renforcer la position du Canada dans le secteur de l’uranium</strong> en combinant les expertises minières et industrielles des deux sociétés. Très tôt, Cameco a acquis plusieurs mines en Saskatchewan, région <strong>particulièrement riche en gisements</strong>. Parmi elles, Cigar Lake, mise en production à la fin des années 1990, est devenue un actif stratégique de l’entreprise.</p><p>Durant les années 2000, Cameco a renforcé sa position de leader mondial du secteur en <strong>investissant dans des projets miniers à l’international</strong>, notamment au Kazakhstan, tout en étendant ses activités à la <strong>conversion d’uranium</strong> et à la <strong>gestion du combustible nucléaire</strong>.</p><p>La mine McArthur River s’est imposée comme l’<strong>une des principales sources de production mondiale</strong>. Cette période a été portée par une forte demande en uranium, alimentée par l’expansion de l’énergie nucléaire dans de nombreux pays.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/862/1*SxSDMwpo1FIG1pMGPMBoGw.jpeg" /></figure><p>Cependant, l’accident de Fukushima en 2011 a bouleversé le marché. Plusieurs pays ont suspendu ou revu leurs plans nucléaires, entraînant une baisse marquée des prix de l’uranium.</p><p>Cameco a alors dû <strong>réduire ou suspendre certaines opérations</strong>, notamment à la mine Rabbit Lake, puis à McArthur River, afin d’adapter l’offre à la demande et soutenir les prix.</p><p>À partir de 2018, l’entreprise a opté pour une <strong>stratégie de production disciplinée</strong> et a renforcé son <strong>intégration verticale</strong> pour sortir du rôle de simple producteur de minerai.</p><p>En 2021, Cameco a franchi une étape majeure en s’associant à Brookfield pour <strong>acquérir Westinghouse Electric Company</strong>, un acteur incontournable des services et équipements nucléaires.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*b5Fw5GPi-wjEJQ5oo7TBpQ.jpeg" /></figure><p>Cette opération a permis à Cameco de se diversifier davantage en aval, en accédant à des activités comme la <strong>fabrication de composants</strong> pour réacteurs, les <strong>services de maintenance</strong>, <strong>d’ingénierie</strong>, ainsi que la <strong>fabrication d’assemblages de combustible</strong>.</p><p>Aujourd’hui, Cameco structure ses activités autour de quatre grands piliers:</p><ul><li><strong>Extraction et traitement de l’uranium</strong>: Cameco détient certains des gisements les plus riches au monde, comme Cigar Lake ou McArthur River, avec des <strong>coûts de production parmi les plus compétitifs du marché</strong>.</li><li><strong>Conversion</strong>: L’entreprise transforme le concentré d’uranium (U3O8) en hexafluorure d’uranium (UF6), nécessaire à la fabrication du combustible nucléaire. Elle possède l’<strong>une des rares installations de conversion</strong> situées hors de Russie.</li><li><strong>Commercialisation</strong>: Cameco vend l’uranium principalement à travers des <strong>contrats long terme</strong> indexés sur les prix de marché, ce qui lui assure une <strong>bonne visibilité</strong>. Elle intervient également sur le marché spot pour ajuster sa production ou optimiser ses revenus.</li><li><strong>Services nucléaires</strong>: Grâce à l’acquisition de Westinghouse, Cameco est présente dans l’ingénierie nucléaire, la fabrication de composants pour réacteurs, les services de maintenance, et la fabrication d’assemblages de combustible.<strong> Elle se positionne ainsi sur toute la chaîne de valeur</strong> du cycle du combustible.</li></ul><p>Les principaux avantages compétitifs de Cameco reposent sur la <strong>qualité de ses actifs</strong> (gisements à très haute teneur), son <strong>expertise technique</strong>, sa position géographique (Canada, juridiction stable), la <strong>solidité de ses contrats long terme</strong>, ainsi que sa <strong>diversification croissante</strong>.</p><p>L’intégration partielle, de l’extraction à la fabrication de combustible, renforce sa position stratégique sur un marché en cours de redynamisation. L’entreprise bénéficie également d’<strong>un savoir-faire reconnu depuis plus de 30 ans</strong>, avec des relations solides avec les régulateurs, clients et partenaires industriels.</p><p>Cependant, Cameco n’est pas exempte de risques. Elle <strong>reste exposée à la volatilité des prix de l’uranium</strong> malgré ses contrats long terme. Le marché reste sensible à l’évolution de l’opinion publique vis-à-vis du nucléaire et à des décisions politiques qui peuvent faire basculer la demande.</p><p>Les opérations minières, complexes et capitalistiques, sont également sujettes à des incidents techniques ou retards pouvant <strong>impacter la rentabilité</strong>. Par ailleurs, bien que Westinghouse apporte une diversification bienvenue, elle expose aussi Cameco à de <strong>nouveaux défis industriels</strong>, notamment sur le plan opérationnel et concurrentiel.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/940/1*S6alR1WOLfGQ_5bxe7hCAA.jpeg" /></figure><p><strong>L’aspect ESG est particulièrement sensible</strong> pour les entreprises minières: gestion des déchets, impact environnemental, pression réglementaire croissante… Enfin, les coentreprises de Cameco au Kazakhstan, bien que stratégiquement intéressantes, introduisent une <strong>exposition géopolitique</strong> <strong>non négligeable</strong>, notamment dans le contexte de tensions internationales.</p><p>En résumé, Cameco est probablement la plus belle entreprise minière du secteur nucléaire, avec un <strong>profil défensif</strong>, des actifs d’exception, une position géographique favorable et une stratégie cohérente d’intégration. Malgré des risques inhérents à son secteur, elle reste un acteur central de la chaîne de valeur du nucléaire mondial, partenaire clé de nombreux électriciens dans un contexte de relance du nucléaire.</p><h4>Fluor Corporation (FLR)</h4><p>Fondée en 1912 par John Simon Fluor, Fluor est à la base une entreprise <strong>spécialisée dans les travaux industriels</strong>, notamment dans les raffineries californiennes. L’entreprise devient rapidement un acteur régional reconnu dans le secteur de l’énergie.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/800/1*LwIEVcin2G2nrSsEzUEAsg.png" /></figure><p>Durant la Seconde Guerre mondiale, Fluor participe à l’effort de guerre en réalisant de nombreux <strong>projets industriels et militaires</strong>. Dans les décennies suivantes, elle profite de la croissance rapide de l’industrie pétrolière et chimique aux États-Unis pour se développer à l’international. Elle intervient sur des projets majeurs en Europe, au Moyen-Orient et en Asie, souvent liés à l’industrie pétrolière.</p><p>En 1977, <strong>Fluor fusionne avec</strong> <strong>Daniel International</strong>, un important groupe de construction. Cette opération transforme Fluor en un des <strong>leaders mondiaux des</strong> <strong>contrats EPC</strong> (engineering, procurement, construction), en particulier pour les grands projets énergétiques, pétrochimiques, miniers ou d’infrastructure.</p><p>L’entreprise développe également une expertise dans les services aux gouvernements et dans les environnements à forte complexité technique, comme le <strong>nucléaire civil ou militaire</strong>.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/600/1*ZE81Tb9qMqJZ8hBOIvbg1g.jpeg" /></figure><p>Fluor poursuit sa diversification dans les années 1990 et 2000. Elle intervient dans des <strong>projets de transport</strong>, de <strong>traitement des eaux</strong>, de <strong>mines</strong>, mais reste très exposée au secteur de l’énergie.</p><p>Cette période est marquée par de<strong> fortes variations de résultats</strong> en fonction du prix du pétrole et du succès (ou non) de certains projets. Certains contrats peu rentables affectent sa rentabilité, soulignant la <strong>complexité des contrats EPC</strong> dans des contextes géopolitiques parfois instables.</p><p>Dans les années 2010, Fluor est confrontée à une <strong>série de projets déficitaires</strong>, notamment dans le gaz naturel liquéfié (GNL) et certaines infrastructures complexes.</p><p>En 2020, sous la pression des marchés, l’entreprise engage une <strong>profonde restructuration</strong>: recentrage sur les projets à plus forte marge, réduction de l’exposition aux contrats risqués, amélioration des processus de gestion des risques.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*5HqKQxHc_0Ew10OinoxLuA.jpeg" /></figure><p>Cette période marque aussi le début d’un <strong>repositionnement stratégique </strong>vers des projets liés à la transition énergétique. Aujourd’hui, l’activité de Fluor est découpée comme suit:</p><ul><li><strong>Energy Solutions</strong>: Il s’agit ici de projets pour les industries pétrolière, gazière, pétrochimique et de l’hydrogène. Ce segment comprend également des projets de capture et stockage de CO₂ et de carburants alternatifs.</li><li><strong>Urban Solutions</strong>: Ce segment comprend la construction d’infrastructures, les projets dans le secteur minier, y compris pour les métaux critiques, ainsi que les services d’ingénierie pour la fabrication industrielle.</li><li><strong>Mission Solutions</strong>: Cette branche gère les contrats avec le gouvernement américain (défense, sécurité, logistique), et s’occupe de la gestion d’installations nucléaires, des services aux bases militaires ainsi que de la dépollution de sites.</li><li><strong>Nucléaire et SMR (via NuScale Power)</strong>: C’est la branche R&amp;D de Fluor. L’entreprise est le principal actionnaire de NuScale (Fluor détient environ 60% de l’entreprise), avec l’objectif de déployer les SMR dans le monde entier.</li></ul><p>En résumé, Fluor est un<strong> ingénieur du BTP industriel mondial</strong>, souvent dans des projets “one-shot” (centrales, usines, bases militaires), avec des contrats complexes et des enjeux géopolitiques (défense, nucléaire).</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*VgAPmRJUp-fjxAdH7wNy8w.jpeg" /></figure><p>L’entreprise partage des points communs avec Quanta mais leur <strong>positionnement est différent</strong>. Quanta se positionne plus sur les réseaux électriques, avec des projets plus courts, alors que <strong>Fluor se positionne plus sur des projets long et complexes</strong>.</p><p>Le modèle économique de Fluor repose sur une logique de <strong>prestataire de services industriels</strong> à grande échelle, opérant principalement via des contrats EPC (Engineering, Procurement, Construction) ou EPCM (Engineering, Procurement, Construction Management).</p><p>Elle <strong>conçoit les projets</strong>, <strong>gère les achats</strong>, <strong>coordonne les sous-traitants et supervise la construction</strong>, sans fabriquer elle-même de matériel. Fluor adopte ainsi un modèle « asset light », basé sur la <strong>gestion de projet</strong>, où ses revenus proviennent de la facturation de ses services (à l’heure ou au forfait), avec des marges très dépendantes de la qualité d’exécution.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*DY-unand52bQ0fmJRv4G1w.jpeg" /></figure><p>Les<strong> retards ou dépassements de coûts peuvent lourdement impacter ses résultats</strong> et peut entacher sa réputation. Après plusieurs projets déficitaires, l’entreprise a revu sa stratégie et privilégie désormais des contrats mieux maîtrisés, ciblant des segments porteurs comme le nucléaire, la décarbonation ou les métaux critiques.</p><p>L’entreprise est aussi <strong>fortement exposée aux cycles d’investissement</strong>, les projets de construction étant souvent des projets nécessitant un financement important en amont. La main d’oeuvre est aussi un sujet car Fluor est tributaire d’une <strong>main-d’œuvre qualifiée</strong>, souvent locale, pour mener à bien ses projets.</p><p>Même si Fluor ne fabrique pas directement, elle <strong>dépend d’un vaste réseau de fournisseurs</strong>. En cas de hausse brutale des prix des matériaux ou de retards de livraison, les coûts explosent, en particulier si le contrat ne permet pas de les répercuter.</p><p>Pour finir, Fluor possède seulement un petit nombre de contrats qui peuvent représenter une <strong>part significative du chiffre d’affaires</strong>. Un projet déficitaire ou annulé peut donc fortement impacter les résultats d’un trimestre ou d’une année.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*KfeoGAZUoqwlYRB5nufryw.jpeg" /></figure><p>Malgré tout,<strong> Fluor reste un acteur incontournable du BTP industriel</strong> à l’échelle mondiale, capable de piloter des projets à très forte complexité technique, souvent dans des environnements géopolitiques sensibles.</p><p>Son historique est riche, son <strong>savoir-faire reconnu</strong>, mais son modèle repose sur un équilibre fragile entre prise de risque et maîtrise opérationnelle. La profonde restructuration engagée depuis 2020 montre une volonté claire de restaurer la rentabilité en recentrant les efforts sur des segments à plus forte valeur ajoutée.</p><p>Dans un monde en transition énergétique et géopolitique, <strong>Fluor semble bien positionnée pour capter une part des investissements à venir</strong>, à condition de maintenir une discipline d’exécution rigoureuse.</p><h4>Jacobs Solutions Inc. (J)</h4><p>Jacobs Engineering, fondée en 1947 à Pasadena, Californie, par Joseph Jacobs, a d’abord concentré ses efforts sur les <strong>services d’ingénierie destinés aux industries pétrolières et chimiques</strong>. Dès ses débuts, l’entreprise se distingue par sa capacité à fournir des solutions d’ingénierie à des clients dans des <strong>secteurs de niche</strong>.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*efV8dUQFzg6JQc4dR_gPgA.jpeg" /></figure><p>Au fil des décennies, Jacobs élargit son champ d’action, diversifiant ses activités vers les <strong>secteurs de l’énergie</strong>, <strong>des infrastructures</strong> et de <strong>l’industrie chimique</strong>. À mesure qu’elle se développe à l’international, elle se positionne sur des projets de plus en plus complexes, notamment dans l’aérospatial, la défense et le secteur nucléaire. Ce tournant marque une étape importante dans son expansion.</p><p>En 2017, Jacobs prend le nom de Jacobs Solutions, reflétant son évolution vers un acteur global dans la fourniture de solutions innovantes. Ce changement s’accompagne d’un<strong> recentrage stratégique vers des secteurs à forte croissance</strong>, tels que la transition énergétique, les technologies numériques et la gestion d’infrastructures.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/932/1*-b_9H6nesrbiRTcOgaeRKw.png" /></figure><p>Jacobs poursuit sa diversification avec des <strong>acquisitions</strong>, dont celle de CH2M Hill en 2017, un leader dans l’ingénierie et la gestion des infrastructures. En 2021, elle acquiert également RSG, une société spécialisée dans l’intégration des technologies et l’analyse de données.</p><p>Aujourd’hui, l’entreprise se positionne sur plusieurs segments industriels clés:</p><ul><li><strong>Energy, Security &amp; Sustainability</strong>: Ce segment englobe les <strong>projets de transition énergétique</strong>, y compris la décarbonation, les énergies renouvelables, l’hydrogène, ainsi que la gestion de la sécurité et des infrastructures critiques, en particulier pour des clients gouvernementaux.</li><li><strong>Critical Mission Solutions</strong>: Spécialisé dans les projets de défense, de sécurité nationale et d’aérospatiale, ce segment inclut des <strong>services pour des agences gouvernementales</strong> comme la NASA et le Département de la Défense, ainsi que des projets liés à la <strong>gestion des infrastructures critiques</strong> (bases militaires, installations nucléaires, etc.).</li><li><strong>Buildings, Infrastructure &amp; Advanced Facilities</strong>: Ce segment couvre la <strong>conception et la gestion de projets d’infrastructures</strong>, incluant des bâtiments commerciaux, des installations publiques, ainsi que des projets dans les transports et l’aménagement urbain. Jacobs intervient aussi dans des <strong>installations industrielles avancées</strong> comme des datacenters et des usines de haute technologie.</li><li><strong>Urban Solutions</strong>: Ce secteur se concentre sur les projets d’<strong>urbanisation durable</strong>, intégrant des solutions pour la gestion des ressources naturelles, les réseaux de transport intelligents et l’aménagement urbain.</li><li><strong>Technology &amp; Digital</strong>: Jacobs est également <strong>active dans la transformation numérique des entreprises</strong>, en particulier à travers des technologies avancées comme l’intelligence artificielle, la cybersécurité et l’automatisation des systèmes. Elle aide ses clients à améliorer leur efficacité opérationnelle et à gérer les données de manière plus résiliente.</li></ul><p>En résumé, Jacobs Solutions se positionne comme un <strong>acteur majeur dans les domaines de la durabilité</strong>, de la <strong>transition énergétique</strong> et de la <strong>transformation numérique</strong>.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/892/1*S0_CniukNDTFSWCAbrVTFA.jpeg" /></figure><p>Son modèle économique, basé sur la <strong>fourniture de services d’ingénierie et de gestion de projets complexes</strong>, la place en concurrence directe avec Fluor. Les deux entreprises partagent des domaines d’activité similaires, notamment dans la transition énergétique et les infrastructures critiques.</p><p>Toutefois, Jacobs met un <strong>accent particulier</strong> sur les <strong>technologies numériques</strong> et l’<strong>intelligence artificielle</strong>, ce qui la distingue de Fluor, qui reste plus concentrée sur des projets industriels d’envergure, comme les centrales nucléaires et les usines chimiques.</p><p>À l’instar de Fluor, Jacobs semble bien positionnée pour <strong>capter une part significative des investissements à venir</strong> dans la décarbonation et la transformation des infrastructures énergétiques, tout en intégrant des solutions numériques pour répondre aux défis futurs.</p><h4>NexGen Energy Ltd. (NXE)</h4><p>NexGen Energy est une société canadienne fondée en 2011, spécialisée dans l’<strong>exploration et le développement de projets d’uranium</strong>. Elle s’est imposée rapidement comme un acteur majeur du secteur grâce à son projet phare, <strong>Rook I</strong>, situé dans le bassin d’Athabasca, en Saskatchewan (province Canadienne), une région mondialement reconnue pour la <strong>qualité de ses gisements</strong>.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*Z1Yl1VK1C7ZEAEpaTmyGcw.png" /></figure><p>Le gisement <strong>Arrow</strong>, au cœur de Rook I, est <strong>l’un des plus riches au monde parmi ceux non encore exploités</strong>. Il se distingue par des teneurs exceptionnellement élevées en uranium, ce qui en fait un <strong>actif stratégique</strong> avec un potentiel de production à faible coût. NexGen a récemment renforcé cette perspective en annonçant des résultats de forage très positifs.</p><p>L’entreprise a levé 11,5M$ lors de son introduction en bourse en 2014. Son activité reste aujourd’hui concentrée exclusivement sur le <strong>développement de Rook I</strong>, dont elle tire l’essentiel de sa valeur. NexGen n’a pas encore de production commerciale et reste donc fortement dépendante de l’avancement de ce projet.</p><p>Outre la richesse géologique du site, NexGen mise sur une <strong>approche responsable</strong>: surveillance environnementale, intégration des communautés autochtones, et développement local figurent parmi ses engagements.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1000/1*5Edhn1m113rAyTKAvzg6mg.jpeg" /></figure><p>Elle développe également des <strong>partenariats stratégiques</strong>, notamment avec Cameco, leader du secteur, pour renforcer sa crédibilité technique et opérationnelle.</p><p>En somme, <strong>NexGen Energy est une junior minière pure</strong>: exposée à la volatilité des matières premières, à la réglementation environnementale, mais aussi dotée d’un actif de classe mondiale qui pourrait transformer son profil une fois en production.</p><p>Si le projet Rook I est mené à bien, NexGen pourrait devenir un <strong>acteur central dans l’approvisionnement mondial en uranium</strong>, dans un contexte de demande croissante liée à la relance du nucléaire.</p><h4>Récapitulatif et comparatif — les équipementiers</h4><p>Comme vous aurez pu le distinguer tout au long de cette sections, il existe de <strong>multiples moyens de s’exposer au nucléaire</strong>. Les acteurs sont nombreux, de tailles diverses, et interviennent à différents niveaux de la chaîne de valeur, avec des degrés d’exposition au nucléaire très variables.</p><p>Ainsi, comme pour les précédentes sections récapitulatives, je vous propose ce tableau qui vient donc résumer globalement la situation de chacun des 7 acteurs que l’on a vu ici:</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*irVLsidkVxtlGrhbKT_4mw.png" /></figure><p><strong>Les profils ici sont très variés</strong>. D’un côté, on a <strong>deux équipementiers pur</strong>, GE Vernova et BWX Technologies, qui sont tous les deux expérimentés, avec GE Vernova qui se distingue par une diversification plus marquée..</p><p>De l’autre côté, on a des <strong>prestataires de services d’ingénierie</strong> comme Quanta Services, Fluor et Jacobs Solutions, avec Quanta qui se spécialise plus sur les petits projets sur l’électrification et Fluor et Jacobs qui sont plus diversifiés et couvrent l’ensemble du secteur de l’énergie.</p><p>Pour terminer, on a aussi <strong>deux minières</strong>, Cameco et NexGen Energy, la première étant diversifié et couvrant un plus large spectre de la production d’uranium et la seconde étant purement focalisée sur l’exploitation des gisements.</p><p>Côté finances, on peut voir pas mal de disparités…</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*Vw3aTuqbEhlvSKB_KJzmlA.png" /></figure><p>On voit ici très bien <strong>l’impact des matières premières</strong> sur Cameco, NexGen Energy étant encore trop jeune et sa mine pas encore exploitée. On voit aussi une nette différence entre Quanta, Fluor et Jacobs Solutions.</p><p>La diversification de Quanta ainsi que sa stratégie basée sur des plus petits contrats lui permettent d’avoir de <strong>meilleurs fondamentaux</strong>, et surtout, moins volatiles.</p><p><strong>GE Vernova porte encore les traces de sa récente restructuration</strong>, ce qui en fait un dossier à suivre de près. Le seul acteur qui coche réellement les cases d’un investissement quality, c’est selon moi BWX Technologies.</p><p>Ses fondamentaux sont très solides, tant sur le plan quantitatif comme on peut le voir sur le tableau ci-dessus que sur le plan qualitatif avec son <strong>monopole</strong> sur les réacteurs de sous-marins.</p><p>À titre personnel, je pense que les minières peuvent être écartées. Leur dépendance aux cours des matières premières, leur intensité capitalistique et la lourdeur réglementaire en font un secteur trop contraignant à mon goût.</p><p>Les deux acteurs qui sortent du lot selon moi sont <strong>Quanta et BWX Technologies</strong>, et particulièrement le second. GE Vernova est assez prometteur, mais ça reste un acteur stable et assez gros comparé au reste. Il est donc assez peu probable de voir une explosion du cours de bourse.</p><h3>Quelques mentions honorables</h3><p>Avant de conclure, j’aimerais faire quelques mentions honorables. J’ai volontairement écarté certaines entreprises de la liste d’analyse, soit parce qu’elles opèrent sur des <strong>marchés radicalement différents des marchés occidentaux</strong> (Corée, Chine, Kazakhstan), soit parce qu’elles sont <strong>cotées sur des places secondaires</strong>, amplifiant le risque (NYSEAMERICAN, OTCQX).</p><p>De plus, je pense qu’il y a suffisamment à faire avec les 16 acteurs que je vous ai présenté au dessus. Cependant, si vous souhaitez creuser, voici quelques acteurs qui ne sont pas dénués d’intérêt:</p><h4><strong>Energy Fuels Inc. (UUUU)</strong></h4><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*ZhFSd9mFZV4W3vNqaKlI2Q.jpeg" /></figure><p>Basée aux États-Unis, Energy Fuels Inc. est un <strong>acteur majeur dans la production d’uranium et de vanadium</strong>. Elle exploite plusieurs mines dans l’Ouest américain et possède la seule usine de traitement d’uranium en activité aux États-Unis, la White Mesa Mill, située dans l’Utah. L’entreprise se distingue par sa capacité à augmenter rapidement sa production en réponse à la demande du marché.​</p><h4><strong>Centrus Energy Corp. (LEU)</strong></h4><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/745/1*xa99KEtyI4ouCYUmkkWGyg.jpeg" /></figure><p>Centrus Energy, basée à Bethesda, Maryland, est un<strong> fournisseur américain de combustible nucléaire </strong>et de services associés. L’entreprise est <strong>spécialisée dans l’enrichissement de l’uranium</strong> et a développé la technologie de centrifugeuse américaine, l’une des plus avancées au monde. Centrus joue un rôle clé dans la restauration des capacités d’enrichissement d’uranium aux États-Unis pour répondre aux besoins en énergie propre et en sécurité nationale.</p><h4><strong>Denison Mines (DML)</strong></h4><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/411/1*QuoNArWBOWsvPCdAi2U7KQ.jpeg" /></figure><p>Denison Mines est une société canadienne axée sur <strong>l’exploration et le développement de projets d’uranium</strong>, principalement dans le bassin d’Athabasca en Saskatchewan. Son projet phare, Wheeler River, est considéré comme l’un des projets d’uranium les plus prometteurs au Canada.​</p><h4><strong>Paladin Energy (PDN)</strong></h4><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*l38EwvSo_jiJoZ8qLNWbgQ.jpeg" /></figure><p>Paladin Energy est une société australienne qui détient une participation de 75 % dans la <strong>mine de Langer Heinrich en Namibie</strong>, une installation de classe mondiale. En plus de cette mine, <strong>Paladin possède un portefeuille de projets d’exploration et de développement</strong> en Australie et au Canada. L’entreprise s’engage à fournir une source fiable d’uranium pour soutenir la transition mondiale vers une énergie propre.</p><h4><strong>Boss Energy (BOE)</strong></h4><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/800/1*1haoN1rurJTCfJiX-SqtoA.jpeg" /></figure><p>Boss Energy est une société australienne qui détient à 100 % le <strong>projet Honeymoon</strong> en Australie-Méridionale et une participation de 30 % dans le <strong>projet Alta Mesa</strong> au Texas. Avec une durée de vie de plus de 10 ans et une capacité de production annuelle de 2,5 millions de livres d’U₃O₈, Boss Energy est bien positionnée pour devenir un <strong>producteur d’uranium de premier plan</strong>.</p><h4><strong>Kazatomprom (KZAP)</strong></h4><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/770/1*QLAE3CH1UVx20FFZBl0KWA.jpeg" /></figure><p>Kazatomprom est le <strong>plus grand producteur mondial d’uranium naturel</strong>, représentant environ <strong>40 % de la production mondiale</strong> en 2023. Basée au Kazakhstan, l’entreprise bénéficie d’un accès privilégié à l’une des plus grandes bases de ressources en uranium au monde et exploite ses gisements principalement par la méthode de récupération in situ (ISR), reconnue pour son efficacité et son faible impact environnemental. ​</p><h4>CGN<strong> Power Co (1816)</strong></h4><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/960/1*rgHvU-F7muID38QFHoQUMA.jpeg" /></figure><p>CGN est une entreprise publique chinoise spécialisée dans l’énergie nucléaire, ainsi que dans les énergies éolienne, solaire et hydroélectrique. En 2024, CGN est <strong>le plus grand opérateur nucléaire en Chine</strong>, avec plus de 50 % du marché domestique, et le plus grand constructeur de centrales nucléaires au monde. L’entreprise exploite plusieurs centrales nucléaires en Chine et en construit de nouvelles pour répondre à la demande énergétique croissante du pays.​</p><h4><strong>Korea Electric Power Corporation (</strong>A015760<strong>)</strong></h4><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/674/1*aM9AY_oCvzfzrAepJkDiQg.jpeg" /></figure><p>KEPCO est la <strong>principale entreprise d’électricité en Corée du Sud</strong>, responsable de la génération, de la transmission et de la distribution de l’électricité dans le pays. Elle joue un rôle central dans le développement de projets énergétiques, y compris dans le domaine de l’énergie nucléaire, avec plusieurs centrales en exploitation et en construction. KEPCO est également impliquée dans des projets internationaux, contribuant à l’exportation de la technologie nucléaire sud-coréenne.</p><h4>Autres acteurs non-cotés</h4><p>Bien évidemment, il existe encore beaucoup d’autres acteurs non cotés comme Orano (France), Framatome (Filiale EDF), EDF (France), Rosatome (Russie), Naarea (startup française), Jimmy Energy (startup française), Newcleo (Royaume-Uni), et bien d’autres…</p><h3>Conclusion</h3><p>Le nucléaire reste une <strong>énergie vitale</strong> pour accompagner la croissance de nos sociétés modernes. Loin des idées reçues, c’est une énergie propre, fiable et parmi les mieux encadrées au monde en matière de sécurité.</p><p>La question des déchets, souvent pointée du doigt, est en réalité <strong>bien maîtrisée</strong>: les volumes réellement problématiques sont faibles, et les solutions de stockage sont éprouvées depuis des décennies.</p><p>Malgré une image écornée ces dernières années, notamment face à l’engouement pour les énergies renouvelables, le nucléaire conserve des avantages déterminants: <strong>production pilotable</strong>, <strong>disponibilité continue</strong>, <strong>maîtrise technologique</strong>.</p><p>Et à l’horizon, de <strong>nombreuses innovations</strong> pointent: réacteurs à sels fondus, à gaz haute température, micro-réacteurs… mais surtout les SMR (Small Modular Reactors), qui concentrent aujourd’hui l’attention.</p><p><strong>Plus simples</strong>,<strong> plus compacts</strong>, <strong>moins coûteux</strong> à déployer, ces SMR pourraient représenter un tournant dans l’histoire du nucléaire. NuScale, fort de son réacteur à eau pressurisée, est pour l’instant le seul à avoir obtenu la certification du NRC.</p><p>D’autres acteurs innovants comme BWX Technologies, Oklo ou Nano Nuclear explorent déjà les technologies de demain, avec des <strong>designs plus sûrs et modulables</strong>.</p><p>Face à ce nouvel âge d’or potentiel, les gagnants ne seront pas forcément les exploitants historiques ni les minières, trop capitalistiques ou encadrées pour générer des marges attrayantes.</p><p>C’est du côté des <strong>équipementiers</strong> que se dessine le plus beau levier d’exposition. Grâce à leur <strong>rôle central</strong> dans la chaîne de valeur et à la montée des investissements dans les infrastructures électriques, ils apparaissent comme les mieux positionnés pour bénéficier de cette dynamique.</p><img src="https://medium.com/_/stat?event=post.clientViewed&referrerSource=full_rss&postId=8c3823ba1234" width="1" height="1" alt="">]]></content:encoded>
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