Merci de vos paroles touchantes et sincères. Même s’il y a encore des vagues, ça ira. Même si l’inconnu fait un peu peur, allons de l’avant ensemble !

J’ai enfin décroché de Carl. C’était assez, je ne pouvais pas prendre plus. « Dans la vie, il faut prendre des risques, mais il faut aussi savoir s’en aller ». Voilà, c’est fait. J’ai mis du temps à comprendre. Mais ce n’était pas facile d’abandonner tout ce qu’il signifiait pour moi : un avenir stable, un pilier-repère stable malgré son instabilité, un refuge confortable pour reprendre des forces, une source d’affection, et je pourrais énumérer encore longtemps de cette manière. Je n’y ai pas gagné grand chose, si ce n’est une certaine tranquillité d’esprit. Ce n’est pas grave. À long temps, j’y gagnerai sans doute davantage que ce que j’aurais gagné d’être restée, ridicule et désespérée, à ses pieds. Je me suis relevée. Il y a encore des taches de poussière sur mes vêtements. Qu’importe, le vent les emportera.

Moins d’une semaine avant mon départ pour l’Europe. Le stress gagne en importance, mais la hâte aussi. L’avion m’inquiète toujours autant. Cependant, si j’oublie cette horrible étape, je me meurs d’y être : Paris, Bruges, Bruxelles et Berlin ! Je rêvais de voyager. Atteindre un rêve est toujours un peu triste. C’est un petit peu un deuil à faire. Je croise les doigts que ce ne sera pas le dernier. Malgré ce qu’en dit Nicky, j’ai encore envie de voir tant d’endroits dans le monde ! Le Vietnam n’a pas disparu de mon esprit, ni mon trip nomade. J’envisage, finalement, partir au Japon suite à une proposition d’emploi…

Mes examens approchent et je ne stresse pas. À dire vrai, je ne m’en soucie pas. Mon esprit est tant absorbé par des choses plus ou moins importantes qu’ils passent vraiment en dernier dans mes priorités. Je sais que c’est mal. Je manque de volonté ces temps-ci. Ou plutôt, peut-être, je la dépense dans d’autres domaines ?

Ah, en ce qui concerne Noël. On m’a posé la question hier, donc voici la réponse : si vous voulez m’offrir un cadeau et que vous manquez d’idée, offrez-moi un livre. Lequel ? Je ne sais pas en particulier. Des livres de philosophies ou portant sur la musique pourrait être bien quoique sans doute plus cher qu’un simple roman de la collection Librio. Alexandre Dumas (sauf les Trois mousquetaires et La dame aux camélias), Sir Arthur Conan Doyle, Goethe (mis à part Les souffrances du jeune Werther) seraient particulièrement appréciés, considérant que ce sont ceux que j’ai envie de lire en ce moment. N’hésitez pas à faire le tour des bouquineries plutôt que des librairies ; j’adore le parfum poussiéreux d’un vieux libre. Je m’avancerais presque à dire que je le préfère à l’odeur du fraîchement imprimé. J’aime aussi que le bouquin ne tombe pas en pièce, par contre ! Le bout des pages pliés, une tache ou deux de café, ce n’est aucunement dramatique. Mais perdre des pages avant même de l’avoir ouvert, c’est juste chiant. Ou des CD de musique classique ou baroque. Il y en a des pas chers qui sont très bons au Archambeault. Telemann, Profokievm Stravinsky, Bethoveen : toujours gagnant. Évitez Bach et Albinoni, j’ai presque l’entièreté de leurs oeuvres.

Vous aurez probablement bientôt des entrées sous forme de vlog plutôt qu’écrites, si j’ai un minimum de talent de montage. Je vais m’acheter, avec semi-financement de mes parents, un caméscope numérique. Ben oui, la personne narcissique que je suis pense que non seulement je suis censé vous intéresser par ce qui se passe dans ma vie mais aussi que vous aurez envie de vous installer devant votre écran pour me regarder parler. Ne parlons pas des multiples japonais qui le font… et n’ajoutons pas de commentaires sur le genre de sites !

Bon, je serai sage. Je vais remplir mon lecteur mp3 de pièces musicales et je vais dormir afin d’être en forme pour le boulot demain !

« Maria » Everyone is crying.
« Maria » But I want to believe.
« Maria » So I’m praying now
that this is my final love.
Beginnings come at random,
but endings always have a reason.

picture0126Il semblerait que j’aie beaucoup de choses plus ou moins pertinentes à exprimer ces derniers jours. Aussi, plutôt que d’ennuyer les gens autour de moi, je vide mon esprit ici. Seules les âmes ayant envie de s’y intéresser le feront. Les autres n’auront même pas à prétendre. N’est-ce pas que c’est beau, la vie ?

Commençons par transcrire ce que j’ai écris le 12 juillet dans mon cahier à tout faire :

« Sans être un besoin, je sens que Québec est l’endroit que je cherchais. Mon envie de voyage n’est pas morte, que du contraire. Toutefois, tel l’oiseau migrateur, je sais où je me poserai lors de ma belle saison. J’ai trouvé un chez-moi, enfin. Cette ville m’apaise, me calme. Dire que j’avais peur d’y venir ! Quelle sotte crainte. Je pourrais facilement en repartir… si je sais que j’y reviendrai. 

C’est une ville que je veux voir grandir, vivre, dans laquelle je voudrais m’impliquer peut-être. Je suis amoureuse de cette ville. Amoureuse transie, j’ai besoin de le dire, de le crier sur les toits, de le faire savoir, de le répéter encore et encore, sur tous les tons et ne m’arrêter que pour me gorger de nouvelles raisons de l’aimer ou de l’admirer.

On y trouve tout. Des gens bizarres, des gens à la gentillesse transparente, des gens pressés, des gens qui vivent l’instant ; des Noirs, des Blancs, des Asiatiques, des gens d’on ne sait où. Les langues s’entremêlent dans un délicieux amalgame, imitant les hommes d’affaires, les artistes et les touristes dans les rues. Le passé, le futur, le présent… Les voitures customisées, les bus, les écolobus roulent à côté de la calèche tandis que le cocher lève distraitement la tête pour regarder le passage d’un avion.

Là-dessus, mon ventre grogne. Mes piles viennent de lâcher. J’ai chaud. Et je vais travailler. Passons prendre un muffin avant !  »

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Est-ce que ton sentiment a changé, Anya ?

Non. Je suis amoureuse de Québec. Et l’on sait que je n’aime pas : c’est de la rage, quand j’aime. On me détruira pour que je cesse. Je suis chez-moi à Québec. Ce sentiment, très fort depuis mon arrivée ici, n’a pas mué le moindre du monde jusqu’à aujourd’hui. Non, cela est faux. Parfois, j’ai pu croire le sentir se mouver, vouloir disparaître tandis que mon coeur se serrait et que mes yeux s’emplissaient de larmes. J’ai eu ici de très mauvaises expériences ; j’en ai eu de magnifiques aussi. Pareil comme partout, finalement.

Mais rien n’est pareil. (Même la ville est mauditement morte à ce temps-ci de l’année et que le froid est différent de celui-ci du Saguenay !)

Le sentiment d’avoir trouvé sa place est très fort. À lui seul, il sait faire taire les pensées les plus sombres qui émaillaient mon quotidien autrefois. Maintenant, je suis heureuse. Même quand tout va au plus mal, je ne vais pas aussi mal que lorsque ça allait couçi-couça là-bas. Je n’y retournerais pas même si j’y ai laissé des gens que j’aime. Ça pourrait m’être mortel. C’est ce que m’indique mon corps ; j’ai appris à l’écouter. J’ai appris à m’accepter et à m’écouter. Qui l’aurait cru il y a un an à pareille date ? Ah, j’ai changé. Tellement qu’il m’arrive d’avoir du mal à me reconnaître. Pourtant, c’est toujours moi. Malheureusement pour vous ?

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J’ai besoin de le répéter : je suis bien et je suis heureuse ici.

Ce n’est pas qu’aucun questionnement ou doutes ne m’envahissent. Comme tout le monde, j’en ai des paquets et des paquets… D’ailleurs, en voulez-vous un ou deux ? Le troisième est offert en bonus ! Trèves de plaisanteries, il y en a vraiment. Ils ne me hantent guère. Il est facile de se laisser porter par la vague et de vivre simplement depuis que mon âme s’est apaisée. Tout ira bien. Un à un, tous ces vagues ennuis seront annihilés ; d’autres les remplaceront. C’est la vie qui suit son cours. Je ne dois pas m’attarder à ces détails.

« Vois ce que tu as plutôt que ce que tu n’as pas » me disait une certaine personne. J’étais sourde. On est souvent sourds aux évidences mêmes, n’est-ce pas ?

Hm, qu’aie-je donc pour être heureuse ? Il me manque tant ! Non ?

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Non. Je ne crois pas. Je suis Chez Moi. Je vis dans une ville magnifique que j’adore (vous commencez à connaître ce refrain, je me tais !). J’ai connu des gens que j’aime profondément, à qui j’ai envie de vouer ma confiance entière sans crainte malgré tous les risques. Des gens qui sont là pour moi, sans être intéressé d’obtenir de moi quoi que ce soit. Bien mal leur en prendrait ; je me plains tant et je suis si lourde en offrant si peu ! Des Amis, des vrais, j’en ai. Peu. Très peu. J’ai toujours choisi mon entourage en suivant milles caprices et je l’ai été davantage depuis mon arrivée à Québec. L’attente aura value la peine.

Donc, la ville, des amis. Et puis quoi encore ?

Je suis des cours qui m’enchantent. Je suis dans la bonne branche même si je ne sais pas quel boulot faire exactement plus tard. Sciences du langage est le baccalauréat dont j’ai besoin. L’Université est géniale en dépit que j’ai du mal à suivre dans la dernière demie-heure de cours. Tout ce que l’on voit m’intéresse, qu’il s’agissent des aires du cerveau, du cyrilliques, de la manière de prononcer le /l/ en latin classique, des théories d’apprentissages EN GÉNÉRAL…

Donc, ville, amis, cours. Faisons une petite note pour signifier que j’adore la personne avec qui je vis, même si je déplore les périodes où je me retrouve si souvent seule. Nathalie est patiente, drôle (et elle le sait!), bonne oreille et de bon conseil. Je l’ennuie sans doute à parler autant mais c’est le lot de tout ceux que j’aime, non ? Prenez-le ainsi. XD

J’ai des rêves et des projets que je pourrais réaliser si je m’en donnais la peine. Que je réalise déjà en ce qui concerne certains. En fait, je pense que tout ce qui me manque est celui qui s’occupera correctement de mon coeur. Partager mes nuits et les longs câlins me manquent. Prenons le temps de bien choisir cette fois. En fait, ce qui est dérangeant, c’est que je suis prête à me poser de manière stable. La plupart des gars que je connais et auxquels je m’intéresse ne le sont pas. Je ne partirais pas en famille dès demain ; or, je n’irais pas en appartement avec lui au bout de 5 ans pour se marier 3 ans plus tard et avoir des enfants des années après. Désolée. Quoique toutes les chances du monde sont là pour que je ne rencontre ce genre d’homme qu’à cet âge ! Damn.

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Finalement, comme le dirait Nathalie, la vie est une salope. Et j’ajouterais qu’elle est une agace.

Sur ce, bonne nuit, groupe.

« Qui a marché avant moi dans ces rues ? Qui a vécu à cet endroit ? Quels rêves l’ont envahis, quels désirs l’ont étreint ?

Québec est magnifique. L’âme romantiquepeut aisément sombrer dans la douce mélancolie à laquelle, nul secret là, elle est prompte à se plonger. L’histoire, les secrets, les espoirs, les trahisons, les attentes, les vies… On les devine à chaque coin de rue, à chaque ombre sous les arbres. Peut-être est-ce mon imagination qui crée ce délire romantique. Peut-être la chaleur, agréable et bienfaisante chaleur estivale, puisque le soleil tape me tape sur la tête ; je suis sensible à ce passé, à l’âme de cette ville. Québec est contradictoire, se complètant  d’elle-même. Elle n’a besoin de personne. Et pourtant, nous lui sommes nécessaires. Sans nous, que serait-elle ?

Québec est pleine de spleen mais elle est cependante très animée et vive, parfois exubérante. L’énergie l’amène, la tête haute et fière, vers demain. Québec est une ville d’initiés. Entre deux points touristiques où milles voix et couleurs visiteront souvent se cache un petit endroit qui nous torture ; le garderons-nous pour nous-mêmes ou le partagerons-nous ?  »

 

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 Quelques mots sont gribouillés par la suite mais ils ne valent pas la peine que je les inscrive ici. Un garde m’a interrompu pour discuter avec moi à ce point de l’écriture. Si nous retournons à l’entrée du 11, peut-être y aura-t-il un moment où je parlerai de lui ?

Encore une fois, j’ai pu expérimenter la joie d’un abcès buccal.

Diantre que c’est douloureux, surtout quand il est si bien situé que dès que l’on parle, il vient se frotter contre les dents. Faute de bleu de méthylène, testons les remèdes de grand-mère que suggère le copain de Nathalie : du clou de girofle en poudre sur le-dit abcès. Ça brûle, mais ce n’est rien à côté de ce que aurait été si ça avait été du sel. De plus, contrairement à ce dernier, le goût de l’épice est agréable (et contribue à me donner envie d’un bon thé des rois mages). Je ne sais pas si ça fera disparaître le méchant bobo. Cependant, j’atteste que la douleur s’est évanouie. Lèche le bout du doigt, le ‘trempe’ dans la poudre de clou de girofle moulu, le dépose sur la plaie, ajoute une goutte d’eau grâce à un doigt ; petite brûlure, petit engourdissement ; le travail est fait ! Il ne reste qu’à le refaire quelques fois, sans oublier d’enlever la poudre entre chaque reprise.

Je me pose pas mal de questions ces derniers temps, depuis ma rupture. Je suis plus attentive à moi-même. Je suis plus sensible aux gens qui m’entourent. Il m’est même arrivé de pleurer, touchée par la douceur et la gentillesse de certaines personnes, qu’importe la distance physique ou psychologique qui nous séparaient. Des filles que je n’aime pas vraiment, d’autres que j’adore ; une amie peu démonstrative, quelqu’un qui n’a pas vraiment à se soucier de moi… Je suis bien entourée, aussi bien virtuellement qu’IRL. Cette pensée est confortante, sécurisante. Elle me permet de continuer à avancer, confiante, malgré les peurs qui m’empêchent de dormir la nuit.

Je me sens perdue dans un nuage de confusion. L’avenir ? L’amour ? Je ne sais pas. J’avance. Je verrai bien.

On demande mon oreille. Je vais donc me taire ici. Souhaitez-moi du courage, peut-être, si vous vous souciez de moi. Je traverserai des épreuves bientôt.

Sur ce, je vous conseille Le déserteur de Boris Vian. Je ne m’en lasse pas…

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Tiens, je n’ai pas encore nettoyé le mirroir…

Je pense que les lecteurs de ce blog (encore nombreux malgré mon manque de post) savent déjà tous que je m’amuse beaucoup à créer des vidéos sur youtube depuis que je connais l’existence de Magibon. J’ai d’abord voulu l’imiter pour rire. Aujourd’hui, je préfère insuffler ma propre personnalité à vidéos. C’est tellement ridicule… mais ça m’amuse vraiment. Je pense que je commence même à avoir des fans, ce qui me trouble un peu.
J’aime bien réaliser les « demandes » simples des gens :  « Can you blink of only an eye? » : j’en ai un où je fais des clins d’oeil. « Your hair reminds me moe-kei » (maid style) ! Le dernier en date étant un vidéo à la Moe-Kei pour lui où je parle dans un japonais boiteux dans ce style. Ce qui a inspiré un homme à me demander des vidéos fétichistes de pieds. Sorry for you~
Please, enjoy my videos !
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On n’y croyait plus. Pourtant, le revoilà vivant.

Je n’ai pas ressenti l’envie ni le besoin de partager ici, encore une fois, les derniers événements de ma vie. Beaucoup de choses se sont passées – et se passent encrore – rapidement, trop rapidement : le temps de les écrire, tout a déjà changer. Le temps file entre mes doigts et me paraît incroyablement lent à la fois. C’est déroutant.

J’ai beaucoup pleuré il y a un petit moment. À chaque jour, durant des heures. Rien n’allait, sur aucun plan. Malgré tout, je n’ai pas eu d’idées noires~ yay ! Une victoire ! Mais ce n’est pas faute d’avoir trouvé les dernières semaines particulièrement difficiles. Heureusement, je crois que le pire est derrière moi. Je peux avancer un peu plus confiante, même si l’une des fondations de mon futur est plus que branlante…

Désolée pour les curieux, je n’énumèrerai pas tout ici. Il faudra prendre rendez-vous pour un café ou un verre pour en discuter si vous tenez à savoir.

Finalement, mon cheminement scolaire prend un nouveau tournant. Je quitte la voie de l’orthophonie vers celui, pour l’heure, de la concentration de linguistique et langues. Mais rien ne dit que d’ici la fin de la période des choix de cours, je ne changerai pas tout simplement de bac pour celui de la traduction. D’un autre côté, mon bac m’intéresse vraiment. De l’autre, s’il ne me permet pas d’atteindre ce que je veux devenir, il m’est inutile de le poursuivre, n’est-ce pas ? Mais mes choix de cours me donnent tellement envie ! Surtout mon cours d’allemand ❤

Je pense que je finirai cette première entrée 2.1 sur une note de mécontentement à propos des grèves. Je pars le 13 décembre à 14h pour l’Europe avec ma meilleure amie. La grève des profs de l’université me faisaient peur. Cependant, n’aillant que deux cours sur quatre avec un professeur (les deux autres étant des chargés de cours) qui est le même dans les deux, j’ai pu aisément lui en parler et m’entendre avec lui que si les grèves dérangent les examens, je pourrai les faire à l’avance. Tout s’annonçait bien. Et maintenant, les p****** d’élections ont obligé l’annulation du cours du 8 décembre auquel j’ai un examen de prévu. Génial. Un autre prof/chargé de cours avec qui discuter de ce léger (gros) ennui. 

J’aime pas les grèves. Et voilà qui a suffit à me faire voir d’un mauvais oeil les élections. Déjà qu’elles sont ennuyantes au Québec…

J’ai faim.
Donc, déduisons que ce post sera long. Pourquoi ? J’ai faim = je dirai que le post sera court. Dès que je dis ce genre de chose = post long. C’est mathématique. Passons. Profitons plutôt de la saveur parfaite d’un Saint-Pétersbourg en savourant l’écoute de Seisouso.

Ma chambre se remplie de couleurs automnales : les jaunes, les orangés, les rouges, les bruns, les verts chauds ; l’osier côtoie les branches, les feuilles, les roches et les bougies. Pour l’instant, je n’ai terminé que les alentours de la fenêtres et une partie de mon bureau de travail. La vague deux aura probablement lieu aujourd’hui ou ce week-end, si je ne décide pas d’aller plutôt garnir ma bibliothèque en prévision de l’hiver.

Eric-Emmanuel Schmitt, Amélie Nothomb, Jane Austen sont trois noms parmi tant d’autres qui exigent une place sur mes tablettes. Un tour des bouquineries du Vieux-Québec s’impose ! D’ailleurs, je manque tant de livres à Québec que je vais demander à ma mère de m’envoyer ceux que j’ai laissé chez mon père au moment de déménager. Il valait mieux partir léger (Alice m’a suivie ainsi qu’Antigone de Jean Anhouil, je vous rassure) si je ne voulais pas trop ennuyer Delphine, malgré son insistance à me dire que ça irait. Maintenant que je suis installée, le manque se fait sentir. Pourtant, ce n’est pas que je lise énormément depuis mon arrivée. Hormi un Goethe, un ou deux Molière, un Nietzsche et un Anne Rice, je n’ai à peu près rien lu. Cependant, j’aime être en mesure de pouvoir saisir un bouquin au hasard, le feuilleter, en lire quelques pages et le replacer ; entrer l’espace d’un instant dans un autre monde, puis d’en ressortir aussitôt. Pouvoir enfouir mon nez dans les pages embaumant le vieux livre, celui qui a de l’histoire, qui a été pris et repris, odeur très souvent caractéristique des livres de bibliothèque. Le simple velours de l’esthétisme de ces livres que l’on peut saisir à volonté… Vous savez de quoi je parle, n’est-ce pas ?

Qu’est-ce que j’aime ? Qu’est-ce qui me définit, vient me chercher, m’intéresse assez pour que je lui fasse une place dans le nid douillet de ma chambre ?

Je me crée de plus en plus une bulle en ne m’entourant que de ce que j’aime, repoussant ce qui m’ennuie. Je suis incertaine si c’est bien ou non même si c’est généralement quelque chose que tout le monde fait. À l’époque, je me suis enfermée dans une bulle jusqu’à m’y étouffer. Je ne dois pas perdre de vue la porte de sortie. Je ne dois pas m’y enfermer. Sans excès, ce petit monde ne doit pas être mauvaise chose, non ? Chat échaudé craint l’eau froide, comme le dit si bien le dicton. La peur de refaire une même erreur ne rode pas très loin. Mais rien n’est comme avant et il ne faudrait pas en venir de suite à la conclusion que j’en viendrais aux mêmes attitudes ni aux mêmes excès.

L’automne s’est bien installé. Les cours sont bien entamés, ma place est faite à mon boulot, je suis entourée par de nouvelles personnes, je refais la décoration de l’endroit où je vis, je m’habitue à cette nouvelle ville, je découvre de plus en plus ce qui m’intéresse vraiment… Tant de choses ont changés dans la dernière année. Je me sens vieille en ressentant ce genre d’impression. Il y a des années, je pensais que ce ne serait qu’âgée que je ne ressentirais peut-être ce genre de sentiment. D’où l’impression de vieillesse malgré mes vingt ans. En une année, on devient tellement différent ! Ce qui n’a pas changé complètement, c’est cette nostalgie qu’apporte la saison actuelle. Il y a dans l’automne une telle tristesse ! Mais il y a aussi une promesse qui nous dit que tout ira pour le mieux et de continuer à avancer. C’est une saison magnifique au parfum envoûtant. Ma préférée. Et tant pis pour le froid et la pluie !

Je me demande quand même. Si vous pouviez dire quelques phrases à vous plus jeune, que diriez-vous et à quelle âge le diriez-vous ?

J’ai envie de voyager un peu trop partout… L’Europe, l’Asie, l’Afrique, l’Océanie, l’Amérique ; chaque continent trouve grâce à mes yeux. Dans les destinations les plus sérieuses, je pense à la Louisiane pour l’été prochain, ou à la Colombie-Britannique. Ou potentiellement l’Acadie. Tôt ou tard, je visiterai les autres destinations ! Pour dans deux ans, je prévois mon tour Vietnam-Thailande-(Cambodge/Laos). Grâce à Nicky, dès décembre, j’aurai un aperçu de la Belgique, de l’Allemagne et de Paris. Avoir eu plus de temps avant la reprise des cours, j’aurais aimé que mon séjour puisse être plus long, histoire de faire le tour de ces pays plutôt qu’un bref aperçu des capitales.

Je remets à plus tard la décoration et la blibliothèque. Cuisinons plutôt.
Un brownie ? Des biscuits moelleux ? Un gâteau abusivement sucré ? De simples muffins ? Canelle, chocolats, épices, agrumes…

J’ai envie de tout !

P.S. J’attends avec appréhension les résultats de mes deux derniers examens.

Une autre fois, un coup de tête m’a conduite droite au Saguenay à 2 heures du matin. Contrairement à la dernière fois, cependant, je n’ai pas dormi du trajet. J’ai eu un poil d’inspiration pour écrire. Je crois que même Immersion, titre de mon recueil en cours, ne pensait plus la chose possible. Je suis consciente que Présence n’est pas le meilleur texte que j’ai produit de ma vie, mais il est celui où j’ai juste pu me laisser aller. J’y arriverai peut-être, à récrire. Hitler, Hélène et Sang attendent impatiemment que je les termine… D’ici-là, Icisera sur mon Boudoir pour les intéressés !

Je n’ai pas étudié comme prévu lors du trajet, par contre. Ce qui fait que je dois me reprendre ce soir et demain. Un bel examen valant pour 30 % de la session m’attend mercredi matin et je ne me sens aucunement prête à celui-là. Souhaitez-moi bonne chance car j’en aurai besoin ! Mais qu’aie-je donc fait si je n’ai ni dormi ni étudié ? Je me suis tapé Gangs of New York évidemment. En me marrant bien au passage des pompiers qui préfèrent se battrent en eux que d’éteindre l’incendie dévorant la maison et la vie d’une famille.

Je ne devais pas aller au Saguenay. Ca ne m’arrangeait pas si on regardait la chose d’un oeil rationnel. J’avais une promesse à tenir, un pélerinage à faire ; la possibilité de le réaliser finalement a gagné. Rivière-Éternité est magnifique. Le trajet de la montée dure entre 3 et 4 heures aller-retour. C’est épuisant. Malgré tout, une randonnée pédestre, si je puis dire, dans la flamboyante automne reste une activité agréable. Les écureils sont habitués de voir passer les pélerins, touristes et adeptes de la forme physique : ils nous considèrent une fraction de seconde et retournent à leurs occupations dans se soucier de fuir. Ils n’ont pas peur. Ce n’est pas comme moi qui craignait les couguars à cause de Carl. Hein, Carl ? J’ai raconté la chose à Friederike, elle t’a trouvé méchant (même si elle était morte de rire en déclarant que cette attitude est mondiale et non propre aux québécois) !

Cette montée a été une très bonne chose. Non seulement j’ai pu tenir mon engagement, non seulement ma santé doit m’en dire merci, mon couple m’inspire davantage d’espoir. Vendredi encore, je pensais à quitter mon copain, trop incertaine de notre relation. Après la journée de samedi, je crois qu’il est possible pour nous de continuer notre route ensemble. Nous nous séparerons peut-être à un prochain tournant. Qu’importe ; la route que nous ferons main dans la main aura été plus agréable. Et si ça peut durer, je serai bien la dernière à m’en plaindre. Il a même écouté Pride and prejudice avec moi ! Jane Austen n’a pas particulièrement écrit une oeuvre virile, n’est-ce pas ? Et l’homme viril par excellence a tout de même apprécié ! :O

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Je couperai probablement les liens msn avec Carl. C’est, je crois, l’une des grandes raisons de notre éloignement mutuel et de nos doutes. Je ne le verrai pas forcément plus souvent. Toutefois, plutôt que de passer par un médium froid comme le net pour se parler, je privilégierai le téléphone (la chaleur d’une voix et la compréhension des intonations) et le réel. Lorsque nous sommes physiquement ensemble, ni l’un ni l’autre ne doute. Lorsque nous sommes à distance sans pouvoir se parler, nous ne doutons pas non plus. Le net vient briser de cet équilibre puisqu’il s’agit d’un médium trahissant le ton réel du locuteur. Plutôt que de passer du temps à semi s’occuper de l’autre et à semi s’occuper de ses affaires, le temps que nous passeront à nous soucier de l’autre sera entier.

En plus que ça me permettra d’être un peu plus disciplinée.

Parlant de discipline, je dois aller étudier.

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Bonne nuit à tous !

<p class= »MsoNormal » style= »text-indent:35.4pt;margin:0; »>C’est immanquable. À chaque fois que je prends l’autobus, cela se produit sans faute. Une poignée de gens attendent l’autobus patiemment tandis que de nouveaux voyageurs viennent acheter leur billet, par envie ou par obligation, ce que leur ton nous apprend souvent. Un silence plus ou moins complet règne généralement dans la salle. Parfois, quelques voix échangent tout bas, timidement, comme par peur d’être entendu malgré l’inintérêt flagrant de leurs discussions.

 

Puis, forcément, parfait stéréotype, une dame dans la quarantaine avancée en montant découvre parmi les voyageurs une de ses connaissances au terminus. Exclamations de surprise, grande joie faite et fainte, et ça commence, sur un ton faussement intéressé : « Ah, s’tu fais ici ? ».

 

A-t-on besoin d’être universitaire pour déduire que si se reposent à ses pieds des valises, c’est qu’elle est là pour prendre le bus ?

 

« Ah, tu vas voir ta fille dans grand ville ! Moi aussi, je vais voir la mienne ! S’tu drôle un peu. » Ben oui. Comique assez que je ne me peux plus. N’oublions pas de souligner que les deux femmes ne sont jamais assez réservées pour garder leur bavardage à un bas volume afin d’éviter que d’indiscrètes oreilles ne les écoutent. Au contraire, elles semblent toujours se faire une joie d’imposer leurs insignifiantes paroles à la salle au complet.   

 

Le mari est à la chasse au cinquantième parallèle : « Eille, s’tu loin un peu ! Y doit fait frette là-bas ! ». Ben non. Il a même porté des shorts toute la semaine ! Ma fille à moi, elle est pharmacienne ; ah, la mienne est technicienne en garderie. Ah, on les aime-tu un peu, nos enfants ! Ah, y ont besoin de maman, hein ! Qu’est-ce qu’ils feraient sans leur mère, hein ?

 

Soit. Si une mère est vitale jusqu’à un certain niveau de maturité, je ne crois plus qu’elles soient, à leur âge, aussi dépendantes que vous avez envie de vous les dépeindre. C’est agréable de savoir que l’on peut se reposer sur sa famille ; mais soyons sincère un peu : ce n’est aucunement vital. Elles survivraient même si elles ne vous voyaient pas. Elles survivront à votre mort. Vos filles sont mères. C’est un cycle. Pourquoi êtes-vous si mal à l’aise dans votre propre existence que vous avez besoin de vous mentir dans le but de vous donner une importance, voire une raison de vivre à travers vos enfants ? N’est-ce pas malsain ? Surtout en constatant votre inutilité si l’on écoute la platitude à peine dissimulée de vos vies ? N’avez-vous jamais eu de rêves, de buts, des objectifs qui vous auraient permis de vous épanouir ?

 

Cessez de vivre à travers vos enfants. C’est terriblement malsain.

 

Le bus arrive. L’interphone résonne : « Départ pour les terminus Québec, Sainte-Foy et Montréal au quai numéro quatre. Départ pour les terminus de Québec, Sainte-foy et Montréal au quai numéro quatre. » Les gens prennent leurs sacs et leurs valises. En un même courant, tout le monde sort à la file indienne devant la porte. On donne nos bagages au chauffeur qui les jette mécaniquement dans les soutes. On entre ensuite choisir une place : sans voisin de préférence. On aime bien voyager seul et en silence. Tranquille.

 

Les dames qui discutaient si fort entrent dans le bus à leur tour et s’assoient séparément, sans même prendre la peine de se saluer. Elles ne se connaissent pas assez pour s’asseoir ensemble. Et de toute manière, elles avaient épuisé les sujets de discussions : le mari, les enfants, la météo. Elles passent le reste du voyage en silence, l’air pensif, absorbées dans des magasines ennuyants répétant parution après parution les mêmes articles insignifiants ou à dormir. Ou à, je l’oubliais, tellement pencher leur siège que le portable de la personne derrière elle est presque à moitié refermé et qu’il est donc impossible de continuer à écrire. Fort heureusement, puisque ni la femme ni l’écrivain n’avaient de voisin, l’écrivain se déplace sur le siège d’à côté pour terminer son article là-dessus.

 

bus

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