... MAIS ELLE PERDURE, LA FOLIE

photographie: mat jacob
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vendredi 22 avril 2022

Golden hair

 


Joyce par Barrett



jeudi 17 février 2022

Joycienne prière

Encore! 
Viens, donne, cède-moi toute ta force! 
De loin un mot murmure tout bas au cerveau brisé 
Son calme cruel, misérable soumission, 
Adoucissant son craintif respect comme à l'âme prédestinée. 
Cesse, amour silencieux! Mon destin! 

Aveugle-moi de tes proches ténèbres, ô aie pitié, ennemie bien-aimée de ma volonté!
Je n'ose résister à ce froid contact que je redoute.
Retire de moi encore 
Ma vie lente! Penche-toi plus profondément vers moi, tête menaçante, 
Fière de ma chute, le prenant en pitié et te souvenant de 
Celui qui est, celui qui fut! 

Encore! 
Ensemble, repliés dans la nuit, ils gisaient à terre. J'entends 
Au loin les mots murmurer tout bas à mon cerveau brisé. 
Viens! Je cède. Penche-toi plus profondément sur moi! Je suis là. 
Dominatrice, ne me quitte pas! Seule joie, seule angoisse, 
Prends-moi, sauve-moi, apaise-moi, ô épargne-moi! 


Une prière, James Joyce, extrait de Musique de chambre et autres poëmes, in "Je ne voudrais la manquer pour rien au monde, miss livrie de la nerthe.", p.111, La Nerthe, traduction Philippe Blanchon

lundi 8 août 2016

Nora & Jim

 "8 décembre 1909
44 Fontenoy Street, Dublin.

Ma douce petite pute Nora,
J'ai fait comme tu me disais, ma sale petite fille, et je me suis branlé deux fois en lisant ta lettre. Je suis ravi de voir que tu aimes être foutue par le cul. Oui, maintenant, je peux me rappeler où je t'ai foutue si longtemps par derrière. Chérie, ça a été la baise la plus dégueulasse que je t'ai jamais faite. Ma pine est restée plantée dans toi pendant des heures, te foutant et te refoutant par dessous ta croupe redressée. Je sentais tes grosse fesses grasses en sueur sur mon ventre et je voyais ta face enfiévrée et tes yeux fous. A chaque coup de queue que je te donnais ta langue impudique jaillissait d'entre tes lèvres et si je t'en donnais un coup plus fort et plus profond que d'habitude des pets bien gras bien sales sortaient en crachotant de ton derrière. Tu avais un cul plein de pets cette nuit-là, chérie, et je te les sortais en te foutant, de bon gros copains bien gras, des longs venteux, des petits craquants gai rapide et tout un tas de petits minuscules polissons de pets qui se terminaient en une coulée jaillissant de ton trou. c'est merveilleux de foutre une femme qui a des pets quand chaque coup de queue les fait ressortir un par un. Je crois que je reconnaîtrais n'importe où un pet de Nora. Je crois que je pourrais repérer le sien dans une salle pleine de femmes péteuses. C'est un bruit plutôt fillette pas le pet mouillé lâche que j'imagine chez les femmes grasses. Il est soudain et sec et sale comme celui qu'une petite fille effrontée décocherait la nuit même pour rire dans un dortoir. J'espère que Nora me décochera sans fin ses pets dans la face pour que je puisse aussi connaître leur parfum.

Tu dis que quand je reviendrai tu me suceras et tu veux que je te lèche le con, petite salope dépravée. J'espère qu'une fois tu me surprendras quand je dors et que je suis habillé, que tu t'approcheras furtive avec l'ardeur d'une putain dans tes yeux ensommeillés, et tu me déboutonneras doucement bouton après bouton la braguette de mon pantalon et doucement tu y prendras le gros mickey de ton amant, et que tu l'avaleras de ta bouche humide, et que tu le suceras encore et encore jusqu'à ce qu'il devienne plus gros et plus raide et qu'il te décharge dans la bouche. Moi aussi une fois je te surprendrai endormie, je te remonterai les jupes et j'ouvrirai doucement ta culotte brûlante, puis je m'étendrai doucement à côté de toi et je commencerai à lécher paresseusement tout autour de ta fourrure. Tu commenceras à te remuer et à t'agiter alors je lécherai les lèvres du con de ma chérie. Tu commenceras à gémir et grogner et soupirer et péter de joie dans ton sommeil. Alors je lécherai plus vite et plus vite comme un chien vorace jusqu'à ce que ton con soit une masse de bave et que ton corps se torde sauvagement.

Bonne nuit, ma petite Nora péteuse, mon dégoûtant petit oiseau fouteur. Il y a un mot charmant, chérie, que tu as souligné pour que je me branle mieux. Ecris-moi plus sur ça et toi, avec douceur, plus sale, PLUS SALE."

Joyce, in Lettres à Nora (traduction André Topia)

Gainsbourg offrit une lecture chevrotante de cette missive, par une nuit d'orage, aux auditeurs de Carbone14 en 1984 ou 1985, chez un certain Jean-Yves - à qui Philippe Lauvergne dédiera son adaptation de Finnegans Wake - qui s'est perdu, depuis...  



jeudi 16 juin 2016

Bloomsday...

(au hasard...)

  Collées à la vitre deux mouches bourdonnèrent, collées.
  Le vin bu s'attardait plein de soleil à son palais. foulé dans les pressoirs des vignobles bourguignons. Toute la chaleur du soleil. C'est comme une caresse secrète qui me rappelle des choses. Au moelleux contact ses sens se souvenaient. Cachés sous les fougères de Howth. Sous nous la baie ciel dormant. Pas un bruit. Le ciel. La baie pourpre à la pointe du Lion. Verte à Drumleck. Vert-jaune vers Sutton. Prairies sous la mer, lignes d'un brun plus clair parmi les herbes, cités englouties. Mon veston faisait oreiller à ses cheveux, des perce-oreilles dans les touffes de la bruyère, ma main sous la nuque, vous allez toute me chiffonner. Ô mon dieu ! Sa main suavifiée d'aromates me touchait, me caressait; ses yeux ne se refusaient pas. Allongé au-dessus d'elle, ravi, bouche ouverte, à pleines lèvres, je baisai sa bouche. Iam. Douce elle fit passer dans ma bouche du gâteau chaud mâché. Pâte écoeurante que sa bouche avait pétrie, sucrée et aigre de salive. Joie; je la mangerai; joie. Jeune vie, moue de ses lèvres tendues. Lèvres tendres, chaudes, collantes, gomme parfumée, loukoum. De vraies fleurs ses yeux, prends-moi, yeux qui veulent bien. Des cailloux dégringolaient. Elle restait immobile. Une chèvre. Personne. En haut dans les rhododendrons de Ben Howth une chèvre qui va d'un pas précis, semant ses raisins de Corinthe. Abritée sous les fougères elle riait dans la chaude étreinte. Follement mon corps pesait sur le sien, je l'embrassais; yeux, lèvres, son cou tendu, ses artères battantes, ses seins de femme faite bombant dans sa blouse en voile de laine, dressant leurs bouts épais. Je lui dardais ma langue brûlante. Elle me donnait des baisers. Je recevais ses baisers. Toute consentante elle ébouriffait mes cheveux. Embrassée elle m'embrassait.
  Moi. Et moi maintenant.
  Collées, les mouches bourdonnaient.

extrait de Ulysse, James Joyce, Folio (pp.271/272) traduction d'Auguste Morel, revue par Valéry Larbaud, Stuart Gilbert et l'auteur.

Joyeux Bloomsday à tous, camarades...

vendredi 17 août 2012

samedi 1 mai 2010