Comme pour se battre, Hélène Lotito

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En Algérie, la vie est douce pour Nana, entourée de ses parents, de sa sœur Souad et de leur petit frère.

À l’école française d’Alger, il y a les copines, les garçons que l’on découvre, que l’on embrasse aussi pour enfin savoir quel effet ça fait. Pour enfin grandir un peu.

Il y a les pastels et les dessins qui rythment la vie de Nana, ces jolis pastels apportés de France par les collègues de papa. Car papa est françaoui, et Yemma algérienne.
Dans les années 90, c’est très compliqué pour les couples franco-algériens de vivre au milieu des barrages, des attaques, des exécutions perpétrés dans le pays par les frères musulmans.

Alors pour son bien, Souad va partir à Paris. Seule, mais elle saura se débrouiller, elle sait toujours se débrouiller la belle Souad que tous les garçons admirent.
C’est un déchirement pour Nana.

Mais les mois et les années passent. De plus en plus d’étrangers ou de binationaux quittent le pays tant l’insécurité grandit. Et un jour, c’est Nana qui part rejoindre sa sœur. Elle quitte le soleil, la chaleur, le bleu du ciel d’Algérie pour rejoindre seule le gris mortel du ciel de Villetaneuse. Banlieue triste et morose où se morfond Souad.

Les deux filles vont apprendre à vivre en ayant tout quitté du jour au lendemain. Sa chambre d’enfant, ses parents, son frère, sa famille, la douceur de l’aïeule et l’odeur du jasmin.

Vivre ou plutôt survivre et se débrouiller comme elles peuvent, en mentant chaque semaine au téléphone, en oubliant les visages, les odeurs, les vagues et le bleu de la mer, du ciel, de la vie heureuse, laissés là-bas.

Peu à peu elle grandit la petite Nana si discrète, effacée, sage dans sa robe qui tourbillonne quand elle tourne sur elle-même, comme savent le faire toutes les petites filles de son âge.

Elle apprend à oublier ceux qui l’ont oubliée, ces parents restés au pays, cette famille perdue.
Elle découvre la banlieue, Paris, le doute, la peur, prend de l’assurance, étudie à l’école, aime un garçon, s’occupe de sa sœur qui se perd chaque jour un peu plus. Elle va vivre, douter encore, craindre, espérer, déserter ce monde qui l’entoure pour être elle, enfin elle.

J’ai aimé le ton, le rythme, les personnages de ce roman. J’ai aimé écouter Nana me parler d’elle, de sa vie, avec ses mots de fillette de bientôt 12 ans, puis de jeune fille solitaire et perdue. J’ai aimé la justesse de ses propos, de ses sentiments, de ses questionnements. Sa façon d’appréhender cet exil dont elle n’a jamais voulu, dont elle n’a jamais rêvé, qu’on lui a imposé et avec lequel elle doit apprendre à vivre.

J’ai aimé sa force, sa façon de se forger une vie, son courage pour affronter cette solitude imposée, la voir grandir.
Un très beau premier roman paru aux éditions Fugue, une maison d’éditions qui nous propose à chaque fois des personnages attachants et forts.

Catalogue éditeur : Fugue

Elle est joyeuse, la vie de Nana, entre ses meilleures copines, l’école française d’Alger, les garçons à embrasser et les boîtes de pastels achetées au trabendo. Mais lorsque le quotidien est percuté par les attentats-suicide, les barrages militaires et les disputes des parents, la peur fait son apparition.
Un jour, sa grande sœur Souad est envoyée étudier en France. De Villetaneuse, tous les samedis au téléphone, elle répète : « Tout va bien ». Un an plus tard, Nana a douze ans et c’est son tour. Elle rejoint sa sœur et doit apprendre le froid, le gris, la solitude – le mensonge, surtout. Mais « tout va bien », n’est-ce pas ? Jusqu’à ce que Souad dévisse. Jusqu’à ce que Nana, confrontée au vertige de la liberté, cesse d’être une enfant et choisisse son destin.

208 pages / 20,00 € / 978-2-494062-70-2 / 23 janvier 2026

L’Année de la pensée magique, Joan Didion

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Un couple heureux, deux auteurs connus et inséparables, Joan Didion et son époux l’écrivain John Gregory Dunne s’apprêtent à fêter un réveillon de Noël pas comme les autres. Ils rentrent de l’hôpital où leur fille est hospitalisée dans le coma à la suite d’une grave pneumonie.
Alors qu’elle vient de lui servir un verre, Joan Didon n’entend plus son mari.
Il vient de s’écrouler, frappé par une crise cardiaque foudroyante.

Pendant une année, qui représente chacun de ces jours qu’elle va devoir vivre sans lui pour la première fois, l’autrice revient sur cet événement majeur qui a bouleversé sa vie.
C’est ce chemin vers une solitude forcée et jamais imaginée qu’elle va faire avec nous.

Revenir sur la rencontre, la vie à deux, l’adoption de leur fille, son mariage et sa maladie. Leurs échanges, cette cohésion intellectuelle qu’ils ont partagé toute leur vie.
Mais aussi sur le long chemin qu’est le deuil, la violence de la soudaineté, le vide, l’absence de l’autre.
Le réapprendre à vivre autrement, changer de repères, évoluer, avancer sans jamais oublier.

J’ai beaucoup aimé la voix d’Isabelle Carré, douce, déterminée, parfois triste, toujours juste dans les mots et les sentiments exprimés.

Catalogue éditeur : Audiolib, Le Livre de Poche

À la mort soudaine de son mari, Joan Didion entreprend une exploration intime du deuil, de la mémoire et de l’amour.  L’Année de la pensée magique  est un récit d’une rare justesse, où l’écriture, d’une précision bouleversante, tente de contenir l’indicible. Un texte majeur sur la perte et la fragilité de l’existence, porté par une voix à la fois lucide et profondément humaine.

Best-seller encensé par la critique aux États-Unis,  L’Année de la pensée magique, déjà considéré comme un classique, a été couronné par le National Book Award et le Prix Médicis d’Essai 2007

Traduit par Pierre Demarty
Lu par Isabelle Carré
Parution : 13/11/2025 Durée : 5h49 / Couverture : © John Bryson / Getty Images.

L’ami secret, Frédéric Doré

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Voilà la question en trame de fond de ce roman.

Bill Gardner, chanteur de rock sur le retour en mal de contrats, doit faire des expertises lors de successions pour gagner sa vie. Lorsque le fils d’un certain Paco Beaulieu le contacte à la suite du décès de son père il entame sa mission sereinement. Jusqu’au moment où un inconnu l’aborde dans un diner et lui demande s’il a trouvé des traces du fameux manuscrit inachevé. Sa mission prend alors une toute autre tournure.

À partir de ce moment là, et surtout à la suite de la découverte d’une boîte kit anti-venin qui aurait été prétendument offerte par l’auteur, il va suivre la trace de Truman Capote, de New-York à Cuba en passant par Los Angeles, et nous entraîner dans ses pas.

J’ai aimé retrouver la trace de l’auteur de ce roman majeur et incontournable « De sang froid » auteur souvent méconnu à la personnalité singulière.

J’ai aimé le ton à la fois nostalgique et précis du roman, qui nous fait vivre l’époque de Truman Capote et le temps présent avec justesse et précision. Qui m’a séduite en particulier dans sa description de Cuba, île figée dans les années 50. Tout comme de cette Californie des années 70. Celle-là même que j’avais moi aussi arpentée en Greyhound…
J’ai aimé cette quête d’un manuscrit perdu, cette quête de soi sans doute aussi.
En particulier venue d’un homme chanteur sur le retour qui se pose quelques questions sur sa vie et son avenir.

Catalogue éditeur : Buchet-Chastel

Au sommet de sa gloire, Truman Capote entreprend un roman proustien sur la haute société new-yorkaise. Le scandale qui suit la publication des premiers extraits de « Prières exaucées » conduit au bannissement de son auteur par ses amies fortunées et par le milieu qui l’adulait jusque-là. La publication s’interrompt. Où sont les chapitres manquants de « Prières exaucées » ? Capote les a-t-il détruits ? Mis en lieu sûr ? Ont-ils même été écrits ? C’est l’une des grandes énigmes littéraires.

Date de parution : 08/01/2026 / EAN : 9782283041482 / Prix : 21.90 €

Les derniers indiens, Marie-Hélène Lafon

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Marie et jean sont les derniers Santoire à vivre à la ferme.
Le frère Pierre est mort depuis longtemps.
La mère n’est plus, le père, pas la peine même d’en parler tant il y a d’années qu’il est mort lui-aussi.

Dans cette maison sans enfants, sans époux, sans famille, la sœur et le frère vivent dans le silence immuable des meubles que l’on ne renouvelle pas, des pièces fermées, des volets jamais ouverts dans les chambres dans lesquelles on ne rentre même plus.

Marie se souvient de tout. Sa jeunesse, la famille oubliée et disparue.
Les règles imposées par la mère.
La silence obstiné de Jean, le frère qui ne change rien à ses habitudes, assis sur son banc de cuisine à attendre que les années se passent.
Marie et ses rêves enfouis, oubliés, jamais avoués, c’est plus facile ainsi d’avancer dans cette vie qu’elle ne s’est pas choisie.

Marie-Hélène Lafon a l’art de raconter la vie silencieuse et quasi figée des familles de son Cantal d’origine.
Ces paysans qui n’ont pas évolué avec leur temps, figés dans les habitudes, les souvenirs, les règles et les contraintes que l’on se donne souvent par crainte du qu’en dira-t-on.

On a l’impression en la lisant de faire une expérience d’urbex en territoire inconnu. Dans ces familles qui ne sont plus, mais qui existent pourtant encore.
Le verbe et le vocabulaire sont précis, ciselés, coupés à la serpe pour que chaque sentiment, chaque situation tienne en quelques mots, phrases courtes et si cinématographique qui montrent exactement ce qu’elle a voulu nous dire.

Une fois de plus complètement séduite par ce roman, cette écriture, ce récit d’un monde qui n’est plus… ou presque.

Catalogue éditeur : Le Livre de Poche, Buchet-Chastel

«  Les Santoire vivaient sur une île, ils étaient les derniers Indiens, la mère le disait chaque fois que l’on passait en voiture devant les panneaux d’information touristique du Parc régional des volcans d’Auvergne, on est les derniers Indiens.  »
 
Les Santoire, le frère et la sœur, sont la quatrième et dernière génération. En face de chez eux, de l’autre côté de la route, prolifère la tribu des voisins. Sentinelles muettes, les Santoire contemplent la vie des autres, les vrais vivants.

Date de parution 20/08/2025 / EAN 9782253908005 / Prix 7,90 €

Le café des au revoir, Toshikazu Kawaguchi

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Dans ce quatrième tome d’une série à succès, dont j’avais déjà parlé lors de la sortie de Tant que le café est encore chaud, Le café du temps retrouvé, partons ensemble à la rencontre de ces clients venus réparer le passé.

Comment ? En buvant une tasse de café qui les transporte dans le passé, à un moment clé de leur histoire où ils savent qu’ils ont agit en dépit du bon sens.
Ou du moins, moment pour lequel ils ont tant de regrets de la façon dont ils ont agit, que leur présent en est totalement chamboulé.

Ils le savent (et nous aussi après les 3 premiers tomes !), il y a certaines conditions pour revenir à ce moment du passé.
Boire tant que le café est encore chaud, ce café du temps retrouvé,  le café où vivent les souvenirs…
Et bien sûr apprécier la douceur du café qui leur fera retrouver une sérénité qu’ils avaient perdue.

C’est ainsi que Monji parle à sa femme plongée depuis dans le coma,
Hikari peut enfin répondre à la demande en mariage de son ami,
Michiko retrouver son père,
Et Sunao dire au revoir à son chien.

Comme si cette tasse de café était surtout le moment pour faire le point, comprendre ses erreurs ou ses faiblesses, et se réconcilier avec soi-même.

Une lecture facile, agréable, reposante.
Beaucoup de redites, on connaît les conditions, le rituel, mais on découvre à chaque fois de nouvelles situations, de nouveaux regrets, et l’on tourne les pages en compagnie de Kazu, Nagare, et de l’énigmatique femme en blanc. Alors il n’y a jamais de mal à se faire un peu de bien, en prenant toute la douceur et la compassion de ce roman qui réchauffe le cœur.

Catalogue éditeur : Le livre de Poche, Albin-Michel

«  Je voulais que tu saches que mon bonheur, c’est à toi que je le dois.  » Ce sont les paroles de Monji, décidé à tout dire à sa femme plongée dans le coma. Comme lui, ceux qui fréquentent le café Funiculi Funicula espèrent y réparer le passé. Une tasse de café leur permettra de voyager dans le temps et d’adresser à l’absent le message d’amour qu’ils n’ont pas su formuler à l’époque. Ainsi, Hikari, qui se sent coupable de n’avoir pas répondu à la demande en mariage de son petit ami, disparu depuis  ; Michiko, hantée par le souvenir de son père qu’elle a rejeté  ; Sunao, qui pleure son chien adoré… Sauront-ils dire au revoir à leurs aimés et, ce faisant, se réconcilier avec eux-mêmes  ? Car, pour honorer la mémoire des absents, il faut d’abord trouver la paix en soi.

Traductrice Géraldine Oudin / pages 192 / EAN 9782253256762 / 8,40 € /parution 29/10/2025

In Violentia Veritas, Catherine Gérard

J’avais très envie de lire ce livre, tant l’idée me perturbait qu’il puisse être à l’opposé des conclusions de Philippe Jaenada dans La serpe, cet autre roman qui parlait du même Henri Girard

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Comme beaucoup, avant de lire La serpe, un livre que j’avais particulièrement apprécié, je ne m’étais pas vraiment posé de questions sur George Arnaud, l’auteur du roman « Le salaire de la peur ». Roman adapté au cinéma avec les inoubliables Yves Montand et Charles Vanel, film vu à plusieurs reprises et qui avait marqué mon adolescence.
Henri Girard est le père de l’autrice. Il est aussi et surtout le fils unique de Georges Girard et de Valentine, née Arnaud. On retrouve dans le nom de ses parents son futur pseudonyme littéraire.
Il est élevé par sa mère dans une relation fusionnelle et exclusive qui ne laisse aucune place au père.
Il n’a que neuf ans au décès de sa mère en 1926, elle est emportée par la tuberculose.

Brillant élève, bachelier à quinze ans, il est doué pour les matières littéraires, même si son père rêve de le voir faire du droit.
Provocateur, il use de son pouvoir et se rebelle à sa façon, en particulier lorsqu’il épouse Annie Chaveneau en 1938.

Malgré les nombreux conflits qui l’opposent à son père, en particulier du fait de l’appartenance de ce dernier au gouvernement de Pétain, il tente pour lui plaire le concours d’entrée au Conseil d’État. Concours qu’il ne réussira pas.

Il fait de nombreux séjours dans le château familial d’Escoire, situé dans le Périgord. Château qui appartient à sa tante, la sœur de son père.
Il y revient en octobre 1941, et y retrouve son père.

Mais au cours de la nuit du 24 au 25 octobre, son père, sa tante Amélie et Louise, une domestique, sont assassinés à coups de serpe dans le château. Toutes les issues sont fermées. Henri est le seul rescapé. Il est aussi le premier soupçonné. Il est arrêté, inculpé et écroué.
Lors de son procès en mai 1943 il est magistralement défendu par l’avocat Maurice Garçon, un ami de la famille. Il est acquitté.

Dans ce livre, c’est Catherine Girard, sa fille, qui parle. Elle découvre, alors qu’elle est adolescente, qu’on la nomme la fille de l’assassin. Elle nous explique tout ce que cela a pu signifier pour elle. Et surtout qu’elle aurait reçu des confidences, et donc des aveux, de son père.

J’ai eu beaucoup de mal à entendre cette version. Et ici le « entendre » à deux signification puisque j’ai beaucoup de mal à adhérer à cette hypothèse, et j’ai écouté ce livre lu par l’autrice elle-même.

Si je reconnais des qualités à la forme, au style, à l’écriture, je ne suis pas convaincue par la démonstration.
J’ai eu l’impression qu’il était nécessaire de régler certains comptes avec le passé, y compris pour de lourds événements qui lui sont arrivés très jeune, et que c’était surtout cela qui était le moteur à l’écriture de ce texte.
Même si j’admets qu’il pouvait être important, et sans doute nécessaire pour l’autrice de faire ce retour en arrière, revenir vers ce père et cette famille atypiques, je ne suis pas entrée dans ce texte, cette investigation que j’ai trouvée trop personnelle, et à laquelle je n’ai pu, à aucun moment, m’attacher.

Catalogue éditeur : Grasset, Audiolib

Lorsqu’elle découvre à quatorze ans qu’on la surnomme « la fille de l’assassin », Catherine Girard interroge son père Henri Girard – plus connu sous son nom de plume, Georges Arnaud, auteur notamment du célèbre roman Le Salaire de la peur. L’horreur de ce que le vieil homme lui apprend plonge l’adolescente dans le déni. Un demi-siècle plus tard, dans un geste d’amour, elle se confronte à ce passé abyssal.
Le matin du 24 octobre 1941, au château d’Escoire, le père d’Henri Girard, sa tante et leur servante sont retrouvés morts, atrocement massacrés à la serpe. Seul survivant, Henri est inculpé, emprisonné dix-neuf mois dans l’un des
cachots les plus insalubres de France et promis à la guillotine. Il est finalement acquitté. L’énigme du triple assassinat d’Escoire, tant de fois revisitée, ne fut jamais élucidée.

Audiolib : Lu par l’auteur / Parution : 15/10/2025 / Durée : 8h25

J’ai 8 ans et je m’appelle Jean Rochefort, Adèle Fugère

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Rosalie s’ennuie dans la cour de récréation car dans son école personne ne la comprend. Et elle a beaucoup de mal a accepter les autres, elle la différente, la légèrement dépressive, la si singulière.
Heureusement il y a Simon, pas comme les autres, décalé, un peu autiste comme on dit. Et avec lui tout va bien.

Comme avec son grand-père d’ailleurs, lui la comprend et les parties de ping-pong les soudent comme deux larrons.

Jusqu’à ce matin où Rosalie se réveille avec…la moustache de Jean Rochefort bien plantée sur son visage. Et là c’est la révélation, elle est enfin elle, ou plutôt elle est enfin lui, et désormais tout va bien.
Même lorsqu’elle est invitée par la si désespérante Pénélope, qui ne comprend ni Jean, ni Simon…
Mais elle est cool cette moustache, parce que grâce à elle, « son cortex la laisse tranquille » et elle peut tout lâcher.

Lecture à la fois réjouissante et déstabilisante, ces mentions à Jean Rochefort et aux personnalités d’une époque révolue que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître donnent une drôle d’impression.

Pour qui ce roman ? Enfants, ados, adultes ?
Pour ceux qui ont accepté de tout lâcher, de ne pas se poser de question et de lire ce court texte tel qu’il se présente sans doute.

Texte qui aborde cependant de vrais sujets, la difficulté d’être différent, la dépression y compris chez les enfants, le mal-être et l’incompréhension d’un monde qui n’a pas l’air d’être fait pour vous, mais aussi l’amitié, la famille, les générations et les relations qui se tissent entre grands-parents et petits-enfants, il y a en pour tout le monde…

Catalogue éditeur : Libretto, Buchet-Chastel

Le lendemain matin, je me suis levé. Je devais aller à l’école. Mais j’avais un truc qui me chatouillait au-dessus de la bouche. J’ai touché. Ca piquait un peu. Mais c’était doux aussi. Je suis allé dans la salle de bain. Je suis monté sur le rehausseur pour voir dans la glace. Et je me suis vu. Avec une moustache. J’ai souri. Je n’avais plus l’air de ce que j’étais. Je me suis dit : « Jean, ça te va bien. » Rosalie Pierredoux, 8 ans, sent toute la tristesse du monde peser sur ses épaules. Un matin, sans prévenir, Jean Rochefort et sa moustache vont changer son regard.

Libretto : parution : 04/09/2025 / EAN : 9782386960192 / Prix : 8.30 €

Steinberg, Tous en ligne

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Saul Steinberg (1914-1999) originaire de New-York est l’artiste qui a le plus influencé les dessinateurs français de l’après guerre
En particulier grâce a une exposition de ses œuvres organisée en 1953 par la galerie Maeght.

Je le découvre vraiment avec ce magnifique livre  » tous en ligne ».

Originaire de Roumanie, qu’il a dû fuir en 1933, il va vivre un temps en Italie. C’est la qu’il se découvre un talent pour le dessin humoristique. Il y reste jusqu’à la promulgation des lois raciales par l’état fasciste italien en 1938. Là il doit fuir à nouveau. Il attendra un visa pendant plusieurs mois en République Dominicaine avant d’arriver enfin à New-York en 1943.
Il adopte l’anglais à son arrivée aux USA. Il a alors 30 ans.

C’est en Amérique grâce au trait, qu’il se réinvente et qu’il crée un dessin humoristique à nul autre pareil.
A la fois humoriste, dessinateur, critique de son époque. Il observe, analyse, décortique, parodie. Il se fait philosophe et observateur de la société qui l’entoure.

S’il évoque la vie quotidienne dans ses dessins pour le New Yorker, il en est aussi un fin critique qui fait confiance à ses lecteurs pour comprendre ce qu’il a souhaité leur montrer.

J’aime la simplicité du trait qui sait pourtant dire et expliciter, qui critique ou suggère, dessins humoristiques mais qui dévoilent une époque, un pays, une temporalité.

Dans la première partie, on peut voir quelques scènes parodique, burlesques, émouvantes.
J’ai adoré la sortie du subway, la séance chez l’ophtalmologue, les visages, les animaux, souvent des chiens mais pas seulement. Les amoureux qui enlèvent leurs lunettes pour un baiser de cinéma.
Les hommes politiques si ridicules, sur une île, à se congratuler, porter des médailles.

Le trait dit tout et nous le suivons, dans la rue quand il devient silhouette devant laquelle tous les regards se tournent, au musée ou à la cafétéria.

Puis viennent successivement des parties qui rassemblent des dessins portant sur un même sujet.

Dans la partie « Guerre, son trait se fait plus corrosif.
Ces généraux qui ne rêvent que de gloire et ne savent plus dans quelle direction ils doivent aller, les promesses non tenues, les dictateurs que l’on souhaite plus ridicules là aussi que destructeurs.
Puis « Chine » avec en particulier les militaires qui doivent s’implanter dans le pays, les combats, la vie, les militaires en permission, la population locale, la rencontre de ces deux mondes.
Pareil avec « Inde » le commerce, la chaleur, le quotidien dans ces pays que l’on ne comprend pas mais que l’on souhaite occuper.
Et encore avec « Afrique du Nord », « Italie », pays ou zone dans lesquelles l’artiste a voyagé à de nombreuses reprises.
Ce livre a été édité une première fois en 1945, on est en pleine guerre et après guerre.

Enfin, une belle série de dessins additionnels à cette première parution vient compléter ce livre sur un ton un peu plus léger. On y retrouve l’esprit de la première partie. Car oui, ce sont des dessins, mais ils nous parlent, parfois d’une voix douce, d’autres fois en montant le ton, avec colère et rage, parfois encore avec discrétion et un humour totalement décapant.

Vous l’aurez compris, j’aime énormément ce livre et je n’ai qu’une envie, vous le conseiller !
Il suffit de tourner les pages, ce que j’ai envie de faire a nouveau une fois toutes les pages vues et revues. Car elles nous parlent de l’Homme, de la vie, de nous.

Un livre à poser au salon, pour le feuilleter encore et encore, et le faire découvrir au plus grand nombre.

Catalogue éditeur : La Table Ronde

L’œuvre de Saul Steinberg (1914-1999) influence profondément les dessinateurs français d’après-guerre, de Sempé à Cabu en passant par Siné. La popularité du New-Yorkais dans l’Hexagone doit beaucoup à la Galerie Maeght, qui organise sa première exposition française dès 1953 et lui consacre par la… Lire la suite

Paru le 24/11/2025 / 160 pages / EAN : 9791037116093 / 44,00€

La maison du bonheur, Manu Causse

De cet auteur, j’avais beaucoup aimé « oublier mon père« …

Je le retrouve ici avec ce texte très personnel, roman intime et touchant tant par ceux qu’il évoque que par les sentiments, les émotions qui s’en dégagent.

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La maison du bonheur, c’est celle de Manu et Emmanuelle dans la région de Toulouse, maison qui abrite leur tribu, leur famille recomposée, les deux fils de Manu, la fille et le fils d’Emmanuelle.
Si les enfants sont déjà en âge de voler de leurs propres ailes, Youma, leur fille, est encore à la maison.
C’est une adolescente bien dans sa peau et dans son temps. Elle a parfois des comportements qui ne plaisent pas aux parents, comme souvent avec les ados qui cherchent à exister en s’opposant aux désirs ou envies des adultes.

Mais tout n’est pas si compliqué et la vie s’écoule avec ses heurts et ses chagrins, ses clashs et ses réconciliations, avec les uns et les autres.
Jusqu’au jour maudit où Youma se plaint de douleurs… qui s’avèrent bien plus graves que tout ce que les parents ou la jeune fille ne l’auraient imaginé.

À partir de ce jour, Manu le père qui n’est pas celui de Youma malgré tout l’amour qu’il lui porte, va tenir un journal.

Dans ces pages, il dit tout ce qu’il est possible de mettre par écrit de ces jours, semaines, mois de douleurs.
Peurs, craintes, espoirs, désespoir, fatigue, pleurs, rires, sourires, attente, force, solidarité, amour, attitude des uns et des autres face à la maladie, cette maladie aussi violente que définitive, tout y est et tout nous bouleverse.

J’ai lu ce livre en quelques jours tant il m’était difficile d’accepter ce cancer et son diagnostic, alors que je ne connais pas Youma et que je ne suis ni Mamu Causse ni Emmanuelle, mais bien un humain qui ressent toute la douleur d’un parent à qui on annonce qu’il va perdre son enfant.
Toute la douleur d’une jeune fille qui sait qu’elle ne vivra jamais ses rêves, musique, voyages, vie, amours, tout cela lui est refusé et chacun sait à quel point c’est injuste.

Un bel hommage de l’auteur, mais aussi d’Emmanuelle, la maman, qui exprime tout son amour envers sa fille, par la puissance et la beauté de ses mots qui viennent compléter le journal et le texte de l’auteur.
Une lecture aussi émouvante que parfois éprouvante, mais qui exprime avec émotion et finesse, justesse et humour aussi, tout l’amour qui passe entre les différents membres de la famille.

Catalogue éditeur : Harper-Collins

La maison du bonheur, c’est celle où Emma et Manu ont fondé leur tribu recomposée – trois garçons et une fille, Youma. Ensemble et à tâtons, ils s’y inventent une famille refuge, avec ses joies, ses peurs, ses rires et ses espoirs.
Et puis, au moment où les oiseaux s’apprêtent à quitter le nid, survient ce qui normalement n’arrive qu’aux autres. Une inquiétude anodine, d’abord, puis le diagnostic : Youma a un cancer. À tout juste dix-huit ans.
Dès les premiers jours, Manu Causse tient le carnet de bord de la maladie, rêvant de voir Youma la contrariante, Youma la rebelle, guérir, trouver sa place et voler un jour de ses propres ailes.

Pages :352 / Date de publication :1/14/2026 / ISBN : 9791033922407 / 13,99 €

Je voulais vivre, Adélaïde de Clermont-Tonnerre

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Mais méritait-elle vraiment de mourir jugée par ces dix hommes qu’elle avait connus, parfois aimés, souvent trahis.
L’autrice revisite le personnage et nous plongeons avec délice dans cette histoire que nous connaissons déjà tous mais que nous avions parfois oubliée.

Alors bien sûr, cette petite orpheline recueillie par le père Lamandre a eu une enfance difficile.
Sa mère et sa nourrice assassinés, elle se réfugie chez le père Lamandre. Et y passe quelques années heureuses. Puis ce sera le couvent, où cette belle enfant peu ordinaire casse les codes et change les règles pour arriver au bout de ces années de contrainte et de soumission.

Récupérée et abusée par le jeune prêtre qui est devenu son tuteur, elle n’aura de cesse que de s’enfuir et de vivre.
Vivre et aimer avec Athos, puis avec de Winter en Angleterre.
Vivre et se soumettre au bon vouloir du cardinal de Richelieu et à le servir aussi bien que possible, au risque d’y perdre son intégrité.
Cette femme trop belle, sans doute trop brillante, n’aura eu de cesse de vivre, récupérer ses biens et son honneur, et tenter d’être comprise par tous ceux qui s’en prenaient à elle.

Je pensais m’ennuyer, lire un copié collé de l’œuvre de Dumas. Mais si ce roman m’a permis de me rappeler bien des situations, personnages, aventures, j’ai aimé le lire et rencontrer une Milady que moi aussi j’aurais voulu voir vivre plus longtemps que ses vingt cinq printemps.

J’aime savoir qu’une femme a tenté de réhabiliter une femme qui n’est pourtant qu’un personnage de roman, mais dont la situation est loin d’être idyllique. Encore plus lorsqu’on l’envisage avec notre regard d’aujourd’hui.

Catalogue éditeur : Grasset, Audiolib

Par une nuit glaciale, le père Lamandre recueille une fillette de six ans venue frapper avec insistance à sa porte. L’enfant aux yeux admirables tremble de froid et de faim. Elle a les pieds en sang dans ses souliers à boucles d’argent, mais refuse de répondre aux questions qui lui sont posées. Le vieux prêtre ne saura que son prénom  : Anne. Vingt ans plus tard, Anne est devenue Lady Clarick. Richissime, courtisée, elle a l’oreille des grands et le cardinal de Richelieu ne jure que par elle. Pourtant, dans l’ombre, quatre hommes connaissent son vrai visage et sont prêts à tout pour la punir de ses forfaits. Manipulatrice sans foi ni loi, intrigante, traîtresse, empoisonneuse, cette criminelle au visage angélique a traversé les siècles et la littérature  : elle se nomme Milady.

20/08/2025 / 24€

Audiolib : Lu par Claire Cahen / Parution : 14/01/2026 / Durée : 12h00