
et si d’une aurore à l’autre
nous sommes chaque fois plus vulnérables
nous sommes aussi cette veille vive
ce regard changé en eau habitable
qui renaît d’un baiser aigu d’un soleil consolé
ou d’un chant sifflé très ancien
on n’abaisse pas les choses à notre portée
on les réhausse pour remonter le chemin
alors on devient un presque ciel
un rêve continu dans les mains
on empile les années sur des pierres décoiffées
on tue l’urgence sans objet
aux yeux cruels et aux mille bouches belliqueuses
on laboure le sommeil de cercles parfaits
et de constantes floraisons
on joue avec le mufle du temps
et avec les cailloux qu’il nous a rapportés
saison après saison
Barbara Auzou






Vous devez être connecté pour poster un commentaire.