Détroit d’Ormuz : Trump accuse le Canada et les pays de l’OTAN d’être des « lâches »

mars 20, 2026

Le Canada s’est dit prêt à « contribuer » à la sécurité du détroit d’Ormuz.

Donald Trump dans le bureau ovale.

Le président américain Donald Trump à la Maison-Blanche. (Photo d’archives) Photo : Associated Press / Alex Brandon

Les pays de l’OTAN sont des « lâches », affirme le président américain Donald Trump, qui assure que les États-Unis se souviendront de leur refus de les aider à débloquer le détroit d’Ormuz.

Sans les États-Unis, l’OTAN EST UN TIGRE DE PAPIER. Ils n’ont pas voulu se joindre à la bataille pour arrêter un Iran doté de l’arme nucléaire. Maintenant que le combat militaire est GAGNÉ, avec très peu de danger pour eux, ils se plaignent des prix du pétrole élevés qu’ils doivent payer, mais ne veulent pas aider à ouvrir le détroit d’Ormuz, a écrit le locataire de la Maison-Blanche, vendredi, sur son réseau Truth Social.

Il a ajouté : LÂCHES, et nous nous en SOUVIENDRONS!

Jeudi, le Canada s’est pourtant joint au Royaume-Uni, à la France, à l’Allemagne, à l’Italie, aux Pays-Bas et au Japon après que ces derniers eurent signé une déclaration commune concernant le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran.

Dans ce document, les pays ont exprimé leur volonté de contribuer aux efforts appropriés pour garantir la sécurité de la navigation dans le détroit.

Vendredi matin, le ministre responsable du Commerce Canada–États-Unis, Dominic LeBlanc, n’était toutefois pas en mesure de préciser comment Ottawa interviendrait dans le détroit d’Ormuz.

Le Canada va continuer de travailler et de définir ce qui sera potentiellement une contribution, a-t-il déclaré en point de presse.

Et un moment donné, avec d’autres partenaires, le Canada définira sa contribution, mais je pense qu’il faut vraiment travailler avec d’autres pays pour comprendre comment le Canada peut contribuer, comment d’autres pays sont prêts à contribuer, et, à ce moment-là, il y aura une décision conjointe, a-t-il ajouté.

Le bureau de la ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, a quant à lui précisé que tout soutien éventuel du Canada serait guidé par les besoins locaux, ainsi que par les lois et politiques canadiennes, et par des consultations avec les partenaires et alliés.

Un détroit très dangereux

Mais le professeur à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke Rémi Landry insiste : sécuriser le détroit d’Ormuz n’est pas une mince affaire, contrairement à ce que peut laisser croire le président américain Donald Trump.

D’abord, l’Iran est soupçonné d’avoir placé des mines à la surface et à quelques mètres sous l’eau. Même s’il y a juste une mine de déployée, c’est un danger incroyable, a affirmé le lieutenant-colonel à la retraite à l’émission Midi info, sur ICI PREMIÈRE.Quatre navires sont à l'arrêt.

Des navires sont ancrés dans le golfe Persique en raison du blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran. Photo : Reuters / Benoit Tessier

Ensuite, il rappelle que les côtes iraniennes n’ont pas été nettoyées avant le début des frappes israélo-américaines. Il pourrait donc, dit-il, y avoir des bateaux chargés d’explosifs.

Finalement, l’Iran fait exploser presque quotidiennement des drones dans le détroit, qui, même en temps normal, est difficile à naviguer, à cause de sa faible profondeur et de la présence de nombreuses îles.

Pour toutes ces raisons, le détroit d’Ormuz est très difficile à sécuriser, précise le professeur.

Selon lui, escorter des pétroliers, comme le suggère le président Trump, ce n’est pas suffisant. De toute manière, il ne pense pas que le Canada pourrait le faire à court terme.

Et, bien que l’armée canadienne possède une expertise de minage, il faudrait du temps pour organiser une mission en Iran, soutient Rémi Landry.

Un message aux marchés

Pourquoi, alors, le Canada et d’autres pays – dont la plupart sont membres de l’OTAN – ont-ils signé une telle déclaration commune, qui ne dit pas grand-chose sur leurs intentions?

D’abord, pour essayer de gérer leurs relations avec les États-Unis, explique Miloud Chennoufi, professeur en relations internationales au Collège des Forces canadiennes, en entrevue à Tout un matin, sur ICI PREMIÈRE.

Il souligne ensuite que les pays européens, ainsi que le Japon, risquent de souffrir de très gros problèmes économiques si le prix du pétrole se maintient là où il est en ce moment ou si le prix du pétrole augmente encore plus.

C’est aussi un message qu’on envoie aux marchés. Je ne sais pas trop si ça va être suffisant pour calmer cette flambée des prix [du pétrole], ajoute M. Chennoufi.

Une intervention du Canada – ou d’un autre pays qui n’est pas directement impliqué dans la guerre en Iran – a d’ailleurs peu de chance de réussir à faire baisser la pression dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite en temps normal 20 % du pétrole mondial, remarque-t-il.

C’est tellement faible comme langage [la déclaration commune signée par le Canada], que ça n’aura aucun impact sur la guerre elle-même, insiste le professeur Chennoufi. Le blocus iranien du détroit provoque une flambée des prix des carburants.

De nombreuses critiques

La déclaration commune signée par le Canada arrive après de nombreux reproches de la part du président américain.

Mardi, il a assuré que les États-Unis n’avaient plus besoin d’aide, et qu’ils n’en avaient jamais eu besoin pour dénouer l’impasse dans le détroit d’Ormuz, bloqué par l’Iran depuis les frappes américano-israéliennes.

La plupart de nos « alliés » de l’OTAN ont informé les États-Unis qu’ils ne souhaitent pas s’impliquer dans notre opération militaire contre le régime terroriste iranien au Moyen-Orient, et ce, bien que presque tous les pays aient fermement approuvé notre action et qu’il ne soit en aucun cas permis à l’Iran de posséder l’arme nucléaire, a-t-il écrit dans un message publié mardi sur les médias sociaux.

Le président américain a ajouté qu’il n’était pas convaincu que les membres de l’OTAN viendraient en aide aux États-Unis si ceux-ci avaient à nouveau besoin d’aide.

Nous les protégerons, mais ils ne feront rien pour nous, en particulier en cas de besoin, a-t-il ajouté.

Radio-Canada par Jean-Philippe Daoust avec les informations de La Presse canadienne

Rencontre des chefs d’état-major à Cotonou : la France, le Bénin et la Côte d’Ivoire font front commun

mars 20, 2026

La réunion des chefs d’état-major des armées française, béninoise et ivoirienne, qui s’est tenue à Cotonou ce 19 mars, a aussi permis d’envoyer un message diplomatique dans un contexte de crise entre la Cedeao et l’AES.

Réunion tripartite des chefs d’état-major à Cotonou, le 19 mars 2026 : le Français Fabien Mandon (à g.), le général ivoirien Lassina Doumbia (au centre) et le général béninois Fructueux Gbaguidi.
Réunion tripartite des chefs d’état-major à Cotonou, le 19 mars 2026 : le Français Fabien Mandon (à g.), le général ivoirien Lassina Doumbia (au centre) et le général béninois Fructueux Gbaguidi. © DR

Les faits. Jeudi 19 mars, les chefs d’état-major des armées béninoise, ivoirienne et française se sont retrouvés à Cotonou. Une réunion tripartite qui fait suite à celle qui s’était tenue, sur le même modèle, le 18 juillet dernier à Abidjan.

Les généraux Fructueux Gbaguidi, chef d’état-major général des Forces armées du Bénin (FAB)Lassina Doumbia, son homologue ivoirien, et le Français Fabien Mandon ont évoqué les partenariats qui lient leurs trois pays dans les domaines de la défense et de la sécurité. Il s’agissait notamment d’élaborer des « mesures concrètes destinées à renforcer la coopération opérationnelle trilatérale », a précisé la partie béninoise.

Outre l’objectif affiché de renforcer les « synergies opérationnelles », cette réunion devait déboucher sur l’élaboration d’une nouvelle stratégie destinée à adapter les dispositifs existants à « l’évolution de la menace ».

Après une journée consacrée aux échanges sur ces dossiers, lors d’une session de travail qui s’est déroulée dans l’enceinte du camp de Togbin, à Cotonou, les trois officiers ont été reçus par le président béninois, Patrice Talon.

Le contexte. Cotonou et Abidjan font face à des problématiques sécuritaires similaires. La Côte d’Ivoire, qui partage environ 600 kilomètres de frontière avec le Burkina Faso, a été confrontée, au début des années 2020, à une tentative d’implantation jihadiste dans le nord de son territoire. Abidjan avait alors déployé une double stratégie – renforcement des moyens sécuritaires et mesures économiques pour favoriser le désenclavement de ces régions – qui s’est pour l’instant avérée payante, même si le risque jihadiste reste très présent. En août dernier, l’attaque meurtrière du village de Difita, à la frontière avec le Burkina Faso, l’a encore rappelé.

À sa frontière septentrionale, le Bénin fait face à des incursions jihadistes en provenance du Burkina Faso et du Niger depuis plus de cinq ans. Ces dernières semaines, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) a revendiqué plusieurs assauts contre des positions militaires béninoises. Certains ont été menés au-delà du champ d’action habituel des terroristes : le 24 février dernier, un commissariat de Kouandé, à plus d’une centaine de kilomètres de la frontière avec le Burkina Faso, a été pris pour cible par un groupe armé avant d’être incendié. Cotonou fait également face à l’émergence d’une nouvelle menace terroriste, à ses frontières avec le Nigeria, cette fois.

La Côte d’Ivoire et le Bénin ont en outre scellé des accords de coopération sécuritaire avec la France qui, depuis que ses troupes ont été chassées du Sahel par les juntes ayant pris le pouvoir, a resserré encore ses liens opérationnels avec les pays voisins du Burkina Faso, du Mali et du Niger.

Pourquoi c’est important. Cette rencontre, et le fait qu’elle ait été rendue publique, s’inscrivent comme une nouvelle incarnation d’un axe Abidjan-Cotonou-Paris qui se déploie à la fois sur les fronts diplomatique, économique et sécuritaire.

Lors de la tentative de coup d’État qui a visé Patrice Talon, le 7 décembre dernier, des éléments des Forces spéciales françaises étaient intervenus pour participer à la sécurisation du camp de Togbin, après que les militaires béninois en avaient repris le contrôle grâce, notamment, à des frappes menées par l’armée de l’air nigériane. Les soldats français avaient été envoyés en urgence depuis la Côte d’Ivoire, où ils étaient officiellement déployés dans le cadre de formations dispensées aux soldats ivoiriens.

L’armée française, qui donne des formations aux armées des deux pays et qui accueille dans ses écoles de guerre nombre d’officiers et de sous-officiers béninois et ivoiriens, met régulièrement ses moyens de surveillance aérienne au service de la lutte antiterroriste dans la région. Elle y a en outre dépêché de nombreux formateurs et « conseillers techniques » avec un objectif assumé : contrer la descente des jihadistes vers le sud.

L’image de ces trois chefs d’état-major définissant les priorités des dispositifs opérationnels à venir a aussi une portée symbolique dans le contexte du bras de fer diplomatique qui oppose toujours les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) et une partie de ceux de la Cedeao.

Avec Jeune Afrique par Mathieu Millecamps

Belgique-RDC/Assassinat de Lumumba : qui est Étienne Davignon, rattrapé par la justice 60 ans plus tard ?

mars 18, 2026

Des décennies durant, il fut un grand nom de la politique belge. Mais à 93 ans, le vicomte Étienne Davignon est rattrapé par le rôle qu’il aurait joué lors de l’indépendance congolaise et par son implication supposée dans les décisions ayant conduit à l’assassinat de Patrice Lumumba, en 1961.

Le comte Étienne Davignon, alors président du conseil d’administration de Brussels Airlines, le 8 octobre 2012. © Photo par AURORE BELOT / BELGA / AFP
Le comte Étienne Davignon, alors président du conseil d’administration de Brussels Airlines, le 8 octobre 2012. © Photo par AURORE BELOT / BELGA / AFP

Ancien diplomate, ex-commissaire européen, vicomte : le Belge Étienne Davignon, renvoyé mardi 17 mars devant un tribunal pour son implication dans l’assassinat du dirigeant congolais Patrice Lumumba, a été pendant soixante ans un acteur de premier plan de la vie politique et du monde des affaires.

Peu de personnalités belges peuvent se targuer d’avoir eu comme interlocuteurs Henry Kissinger et Leonid Brejnev, sans oublier les souverains, Premiers ministres et grands patrons du royaume de Belgique. Mais à 93 ans, celui qui a connu la guerre froide et l’époque de la décolonisation est rattrapé par son rôle trouble au moment de l’indépendance du Congo, devenu depuis la RDC.

« Écarter Lumumba »

La justice le soupçonne en effet de « participation à des crimes de guerre » pour son implication dans les décisions ayant conduit à l’assassinat de Patrice Lumumba en 1961, quelques mois après que le premier chef du gouvernement du Congo indépendant a été renversé par un coup d’État.

Début 1960, Étienne Davignon est alors diplomate stagiaire pour les Affaires étrangères belges quand il assiste, comme observateur, à la table ronde qui réunit à Bruxelles dirigeants belges et congolais et qui aboutit à la décision sur l’indépendance. « Un tournant décisif dans ma carrière », confie-t-il dans un documentaire qui lui est consacré en 2019.

C’est là qu’il noue les relations qui feront de lui un fin connaisseur du Congo. Et des intérêts que la Belgique continuera d’y défendre après l’indépendance de juin 1960. Dans l’enquête parlementaire belge sur l’assassinat (2000-2001) est ainsi évoqué un télex qu’il adresse en septembre 1960 à ses supérieurs : « Problème primordial paraît donc écarter Lumumba », écrit-il.

Le héros de l’indépendance congolaise, avec ses prises de position nationalistes, était vu comme une menace par le pouvoir belge. Étienne Davignon est soupçonné d’avoir joué un rôle actif dans son transfert vers le Katanga sécessionniste, ce qu’il conteste.

Son père rencontre Hitler

Né le 4 octobre 1932 à Budapest, dans une famille de la bourgeoisie catholique, Étienne Davignon passe une partie de son enfance en Suisse puis à Berlin, où son père est ambassadeur en plein IIIe Reich, avant que la famille ne soit évacuée en 1940.

Survient alors l’événement qui va laisser une marque douloureuse dans l’histoire familiale : le père, diplomate, ne parvient pas à dissuader le roi des Belges Léopold III, dont il est proche, de rencontrer Adolf Hitler. Par loyauté, il accepte de l’accompagner en novembre 1940 à Berchtesgaden.

Cela lui vaut d’être « considéré comme compromis, suspecté de collaboration », relate Étienne Davignon dans son autobiographie, Souvenirs de trois vies (éd. Racines). La carrière du père est « brisée » alors qu’il n’a que 50 ans.

Étienne Davignon le vivra comme une injustice et en gardera pour toujours un esprit indépendant, déterminé à « avoir le contrôle de sa vie », selon Nicolas Delvaulx, réalisateur du documentaire de 2019 pour la RTBF.

Vicomte et vice-président de la Commission européenne

Sur les traces de son père et de son grand-père, le fils Davignon s’oriente vers la diplomatie. Il réussit le concours des Affaires étrangères où il entre en 1959, à une époque où toute la Belgique a les yeux tournés vers le Congo.

Diplomate pendant deux décennies, dans le sillage de son mentor le ministre Paul-Henri Spaak, – considéré comme un des pères de l’Union européenne –, ce social-chrétien a été vice-président de la Commission européenne de 1981 à 1985, chargé de l’industrie. L’époque est celle du déclin de la sidérurgie européenne qui entraîne des restructurations douloureuses. Les emplois disparaissent par milliers.

La Société générale de Belgique, la banque Fortis, Brussels Airlines : le nom de Davignon est aussi associé au destin de grandes entreprises belges dont le point commun est d’avoir finalement basculé entre les mains d’intérêts étrangers. « Ceux qui disent que j’ai vendu les bijoux de la couronne sont des couillons ! », se défendait vertement ce proche de la famille royale, en 2018, alors tout juste élevé au titre de vicomte.

Par Jeune Afrique (Avec AFP)

L’Iran confirme la mort d’Ali Larijani, Israël promet le même sort à Mojtaba Khamenei

mars 17, 2026

Le chef de la sécurité iranienne, Ali Larijani, dans une manifestation, sous un drapeau iranien.

Le chef de la sécurité iranienne, Ali Larijani, participait à un rassemblement progouvernemental à Téhéran, en Iran, le 13 mars 2026, sur cette photo obtenue des médias sociaux. Photo : Reuters / Ali Larijani via X

L’Iran a confirmé mardi la mort d’Ali Larijani, son puissant chef de la sécurité, considéré comme l’un des dirigeants les plus influents de la République islamique, alors qu’Israël a juré de « traquer, trouver et neutraliser » le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei.

Ali Larijani a été visé par des avions de combat américains et israéliens dans la maison de sa fille, selon l’agence de presse iranienne Fars.

Téhéran avait déjà confirmé plus tôt la mort du dirigeant de la milice Bassidj, Gholamréza Soleimani, tué dans la capitale lors d’une frappe israélienne.

Leurs noms s’ajoutent à une longue liste de dirigeants iraniens que les États-Unis et Israël ont éliminés, incluant le guide suprême Ali Khamenei au premier jour de la guerre.

Mojtaba Khamenei dans la mire

L’armée israélienne jure désormais d’infliger le même sort à Mojtaba Khamenei, qui a succédé à son père il y a plus d’une semaine, mais n’est pas apparu en public depuis. Selon des responsables américains et israéliens, il pourrait avoir été défiguré ou blessé à une jambe dans l’attaque qui a tué Ali Khamenei.Un écran affiche le portrait du nouveau guide suprême iranien Mojtaba Khamenei lors des funérailles des commandants du Corps des gardiens de la révolution islamique et d'autres personnes tuées au cours des premiers jours des frappes américaines et israéliennes contre l'Iran, sur la place Enghelab à Téhéran, le 11 mars 2026.

Mojtaba Khamenei n’est pas apparu en public et ne s’est pas exprimé dans les médias depuis qu’il a été élu pour succéder à son père, Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de la guerre. Photo : Getty Images / ATTA KENARE

Au 18e jour du conflit, Donald Trump, qui a répété ne pas savoir si le nouveau guide suprême était mort ou pas, a fait marche arrière sur sa demande de soutien militaire international pour débloquer le stratégique détroit d’Ormuz.

Les États-Unis ont été informés par la plupart de nos [alliés] de l’OTAN qu’ils ne voulaient pas être impliqués dans notre opération militaire contre le régime terroriste iranien, a écrit le président américain sur son réseau Truth Social, parlant d’erreur vraiment stupide.

Nous n’avons plus besoin et nous ne voulons plus de l’aide des pays de l’OTAN. NOUS N’EN AVONS JAMAIS EU BESOIN, a-t-il assuré, citant aussi le Japon, l’Australie et la Corée du Sud parmi les pays ayant rejeté ses demandes d’assistance.

Dans un message sur X, le président du Parlement iranien a pour sa part déclaré que le détroit d’Ormuz ne retournerait pas à son fonctionnement d’avant-guerre, sans plus de détails.Le président américain Donald Trump s'est adressé aux journalistes lors d'une conférence de presse à Doral, en Floride.

Le président américain, Donald Trump, s’est adressé aux journalistes lors d’une conférence de presse le 9 mars 2026 à Doral, en Floride. Photo : Getty Images / Roberto Schmidt

Blocus sélectif

Seule une fraction des navires qui franchissaient auparavant le détroit arrivent aujourd’hui à traverser ce passage par lequel transite en temps normal près de 20 % du brut et près de 20 % du gaz naturel liquéfié (GNL), perturbant l’économie mondiale.

Selon la société de renseignement maritime Windward, les données de suivi montrent que l’Iran effectue un blocus sélectif, et a autorisé plusieurs navires alliés à traverser le détroit.

En Iran, où la délégation du Comité international de la Croix Rouge s’est alarmée du lourd tribut payé par la population et les infrastructures civiles, les autorités ont appelé la population à se rassembler dans les rues contre les complots ennemis.Des secouristes cherchent des victimes dans les décombres d'un bâtiment après une frappe, le 13 mars 2026.

Des secouristes cherchent des victimes dans les décombres d’un bâtiment après une frappe à Téhéran, le 13 mars 2026. Photo : La Presse canadienne / Associated Press / Sajjad Safari

La télévision d’État a montré de nombreux manifestants brandissant des drapeaux iraniens lors de ces rassemblements, organisés avant une nuit habituellement marquée par des festivités liées au Nouvel An persan, Norouz.

Elle a également montré de grands rassemblements d’hommes prier sur la place Punak de la capitale, théâtre en janvier des manifestations antigouvernementales massives qui avaient été réprimées dans le sang.

Ali Larijani était apparu en pleine rue vendredi au milieu d’une foule de partisans du pouvoir dans la capitale iranienne. Le problème de [Donald] Trump, c’est qu’il ne comprend pas que le peuple iranien est […] une nation forte, une nation déterminée, avait-il déclaré à la télévision d’État.

Il était le dirigeant de facto du régime iranien, surtout depuis deux semaines, assure un responsable militaire israélien s’exprimant sous le couvert de l’anonymat. Même avant, il était considéré comme celui qui prenait les décisions et tirait les ficelles.

Aucune menace imminente

Dans le même temps, le conflit se poursuit aux quatre coins du Moyen-Orient.

L’Irak est aspiré dans une guerre qu’il voulait éviter, avec des groupes pro-iraniens revendiquant quotidiennement des attaques de drone contre des intérêts américains ou des sites pétroliers. En retour, ils sont visés par des frappes américaines ou israéliennes.

L’ambassade des États-Unis a été attaquée plusieurs fois. Mercredi matin, elle a été touchée par un drone, selon une source sécuritaire à qui l’AFP a parlé.De la fumée et du feu visibles après un attaque contre l'ambassade américaine à Bagdad, le 17 mars 2026.

De la fumée et du feu visibles après un attaque contre l’ambassade américaine à Bagdad, le 17 mars 2026. Photo : Reuters / Social Media

Les puissantes Brigades du Hezbollah pro-iraniennes ont, elles, fustigé la présence américaine malveillante en Irak, réclamant le départ de tous les soldats étrangers du pays.

Au Liban, où les autorités ont recensé 912 personnes tuées, dont 111 enfants, depuis le 2 mars, les frappes israéliennes sont également quotidiennes. Mardi, trois soldats de l’armée libanaise, restée à l’écart du conflit entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, ont été tués dans le sud du pays.

Outre ses frappes contre Israël – deux personnes ont été tuées à Tel-Aviv dans la nuit de mardi à mercredi –, l’Iran poursuit ses tirs sur ses voisins du Golfe, visant à la fois des intérêts américains et des infrastructures civiles.

Lundi, Donald Trump avait pour la première fois publiquement admis avoir été choqué par la riposte iranienne. Personne ne pensait qu’ils allaient frapper dans le Golfe, avait-il déclaré.

Un de ses hauts responsables du renseignement, Joseph Kent, a démissionné mardi pour manifester son désaccord avec l’attaque israélo-américaine. L’Iran ne représentait aucune menace imminente pour les États-Unis, a-t-il critiqué.

Le point sur le conflit

Selon les données de l’Institute for the Study of War (ISW) (nouvelle fenêtre), les États-Unis et Israël ont frappé l’Iran une quarantaine de fois depuis ce week-end (18 fois à Téhéran). Ils ont notamment ciblé une usine de drones iranienne dans la province du Khorasan du Sud et des sites de sécurité intérieure à Téhéran. Selon l’ISW, 16 des 69 stations du commandement des forces de l’ordre iraniennes ont été frappées depuis le 28 février.

L’Irak a été frappé à trois reprises par les États-Unis et Israël depuis le week-end.

Depuis le début du conflit, on compte en moyenne 26 attaques iraniennes par jour sur les pays du Moyen-Orient et depuis ce week-end, l’ISW en dénombre un total de 77. L’Iran n’a attaqué aucun navire dans le détroit d’Ormuz depuis le 12 mars.

Les systèmes de défense aérienne de la région ont intercepté la plupart des projectiles iraniens. Par contre, au cours des derniers jours, des drones iraniens ont frappé l’aéroport international de Dubaï, un champ pétrolier à Abou Dhabi et un oléoduc à Fujairah, aux Émirats arabes unis.

Israël a par ailleurs frappé le Liban une quarantaine de fois depuis ce week-end. Plus de 150 villes ont été touchées par des tirs israéliens depuis le début du conflit. Au total, Beyrouth a été frappée à 38 reprises par les forces israéliennes.

Agence France-Presse avec Radio-Canada par Mélanie Meloche-Holubowski

CAN 2025 : le titre retiré au Sénégal, le Maroc déclaré vainqueur

mars 17, 2026

Le jury d’appel de la Confédération africaine de football a retiré le titre remporté par le Sénégal lors de la Coupe d’Afrique des nations et déclaré le Maroc vainqueur.

Les joueurs sénégalais soulèvent le trophée après avoir remporté la finale de la 35e Coupe d’Afrique des nations (CAN 2025) face au Maroc.
Les joueurs sénégalais soulèvent le trophée après avoir remporté la finale de la 35e Coupe d’Afrique des nations (CAN 2025) face au Maroc. © Photo par SAMAH ZIDAN / ANADOLU / ANADOLU VIA AFP

Le jury d’appel de la Confédération africaine de football (CAF) a retiré le titre remporté par le Sénégal lors de la Coupe d’Afrique des nations (CAN2025) le 18 janvier dernier, déclarant le Maroc vainqueur.

L’instance de la CAF a décidé « de déclarer l’équipe nationale du Sénégal forfait lors de la finale », remportée 1-0 par les Sénégalais, « le résultat étant homologué sur le score de 3-0 » en faveur du Maroc, précise le communiqué.

Plusieurs joueurs sénégalais avaient quitté temporairement la pelouse lors de la finale, en protestation contre une décision arbitrale.

La saisine du Maroc jugée « fondée »

Le jury d’appel de la CAF a jugé que l’appel introduit par la Fédération royale marocaine de Football (FRMF) était « recevable en la forme et fondé » et que « la décision du jury disciplinaire de la CAF est annulée ».

Il estime que le comportement du Sénégal « relève du champ d’application des articles 82 et 84 » du Règlement de la Coupe d’Afrique des nations et que « la réserve introduite par la FRMF est déclarée fondée ». En conséquence, la Fédération sénégalaise de football (FSF) « a enfreint l’article 82 du Règlement de la CAN » et « l’équipe du Sénégal est déclarée forfait », le match étant « enregistré sur le score de 3-0 en faveur » du Maroc.

Cette décision n’est cependant pas définitive : elle est encore susceptible d’un recours en dernier ressort devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), dans un délai de dix jours.

Réaction de la fédération marocaine

La Fédération marocaine a « pris acte » de la décision, indique-t-elle dans un communiqué publié quelques instants après cette annonce. Elle assure que « sa démarche n’a jamais eu pour objet de contester la performance sportive », mais « uniquement de demander l’application du règlement de la compétition ». À l’heure où nous écrivions ces lignes, la Fédération sénégalaise de football n’avait, elle, pas encore réagi.

Fin janvier, la Confédération africaine de football (CAF) avait infligé une série de sanctions disciplinaires, dont des amendes s’élevant à plusieurs centaines de milliers d’euros, aux fédérations des deux pays pour comportements antisportifs et violations des principes de fair-play.

Le procès en appel de 18 supporters sénégalais, emprisonnés depuis la finale et condamnés à des peines allant de trois mois à un an de prison pour « hooliganisme », qui devait se dérouler lundi, a été reporté au 30 mars.

Avec Jeune Afrique

Au Congo, Denis Sassou Nguesso réélu avec 94,82 % des voix selon des résultats annoncés par la télévision nationale

mars 17, 2026

Denis Sassou Nguesso se dirige vers un cinquième mandat, prolongeant un règne de plus de 40 ans sur le Congo-Brazzaville.

Denis Sassou Nguesso, président du Congo-Brazzaville et candidat à sa réélection, lors du lancement de sa campagne électorale à Pointe-Noire, le 28 février 2026.
Denis Sassou Nguesso, président du Congo-Brazzaville et candidat à sa réélection, lors du lancement de sa campagne électorale à Pointe-Noire, le 28 février 2026. GLODY MURHABAZI/AFP

Le président sortant du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso, a été réélu pour un cinquième mandat avec 94,82 % des voix, au premier tour de l’élection présidentielle qui s’est tenu dimanche, selon les résultats provisoires annoncés, mardi 17 mars, à la télévision nationale.

M. Sassou Nguesso, 82 ans, dirige d’une main de fer ce petit pays d’Afrique centrale riche en hydrocarbures depuis plus de 40 années cumulées. Sa réélection le maintient au pouvoir jusqu’en 2031.

« Est élu, Sassou Nguesso Denis, 2 507 038 voix, soit 94,82 % des suffrages exprimés », a déclaré à la télévision nationale le ministre de l’intérieur Raymond Zéphyrin Mboulou. Le taux de participation s’élève à « 84,65 % », a-t-il ajouté. Une faible affluence dans les bureaux de vote avait toutefois été constatée par les journalistes de l’Agence France-Presse (AFP) présents à Brazzaville le jour du vote. Ces résultats provisoires doivent encore être validés par la Cour constitutionnelle du pays.

Le réseau internet est coupé dans tout le pays depuis le matin du vote. La circulation des véhicules avait été interdite dimanche et les commerces fermés sur ordre des autorités. Des véhicules de l’armée et la police avaient arpenté toute la journée les allées vides du centre-ville où de rares piétons déambulaient sous un ciel plombé. Des gendarmes et policiers étaient déployés en nombre devant les bureaux de vote.

Un scrutin contesté

Près de trois millions d’électeurs inscrits étaient appelés aux urnes, selon les autorités, mais l’AFP n’a pas été en mesure de déterminer l’affluence à travers le pays en raison de la coupure du réseau. Internet avait déjà été coupé plusieurs jours lors de la présidentielle de 2021, qui avait vu la réélection de M. Sassou Nguesso avec 88,40 % des suffrages, selon la Cour constitutionnelle.

L’opposition conteste systématiquement les scrutins remportés par M. Sassou Nguesso depuis 2002. Six candidats, peu connus ou sans réelle assise politique, se présentaient dimanche face au président sortant. Les principaux partis d’opposition ont boycotté le scrutin, n’estimant pas remplies les conditions d’une élection libre et transparente.

Deux figures de la présidentielle de 2016, le général Jean-Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa, sont encore aujourd’hui détenus après avoir été condamnés à 20 ans de prison pour « atteinte à la sécurité intérieure » en 2018 et 2019.

La constitution empêche en principe M. Sassou Nguesso de se représenter pour un nouveau mandat en 2031, soulevant l’inévitable question de sa succession. Il a affirmé à l’AFP qu’il ne resterait « pas une éternité au pouvoir » et que le « tour » des jeunes « viendra », tout en refusant de se prononcer sur un éventuel successeur.

Par Le Monde avec AFP

Après le Mali et le Burkina Faso, les États-Unis veulent relancer la coopération avec le Niger

mars 16, 2026

Depuis le retour au pouvoir du président américain Donald Trump, les États-Unis affichent une nouvelle approche et veulent reprendre leur coopération avec les juntes souverainistes ayant tourné le dos à certains partenaires occidentaux.

Le Premier ministre nigérien Ali Lamine Zeine lors de la réunion annuelle du Groupe de la Banque africaine de développement à Abidjan, le 27 mai 2025. © ISSOUF SANOGO / AFP
Le Premier ministre nigérien Ali Lamine Zeine lors de la réunion annuelle du Groupe de la Banque africaine de développement à Abidjan, le 27 mai 2025. © ISSOUF SANOGO / AFP

Le haut responsable du bureau des Affaires africaines au département d’État américain, Nick Checker, s’est rendu en fin de semaine au Niger, après de récentes visites au Burkina Faso et au Mali, marquant la volonté des États-Unis de renouer le dialogue et la coopération avec les juntes sahéliennes.

Après l’arrivée au pouvoir par la force de régimes militaires dans ces trois pays entre 2020 et 2023, Washington avait suspendu une grande partie de leur aide au développement et de leur coopération militaire. Le Niger avait de son côté exigé et obtenu en septembre 2024 le départ des soldats américains. Mais depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, les États-Unis affichent une nouvelle approche : faire de la diplomatie commerciale un axe central de leur engagement en Afrique.

Une « nouvelle vision »

Vendredi 13 mars, Nick Checker a été reçu à Niamey par le ministre nigérien des Affaires étrangères Bakary Yaou Sangaré et le Premier ministre Ali Mahamane Lamine Zeine.

L’émissaire américain est venu « présenter la nouvelle vision de son pays visant le renforcement des relations bilatérales entre le Niger et les États-Unis », précise samedi, le ministère nigérien des Affaires étrangères, dans un communiqué.

Coopération commerciale et lutte antiterroriste

« Les échanges se sont déroulés dans un climat de sérénité et de respect mutuel. Les deux parties ont exprimé leur volonté de relancer la coopération sur de nouvelles bases et d’œuvrer au rétablissement de la confiance », ajoute le ministère. Parmi les sujets abordés : « la coopération économique et commerciale » ainsi que « la lutte contre le terrorisme, selon la même source.

Les échanges devraient se poursuivre « dans le respect de la souveraineté nationale et des priorités définies d’un commun accord », ajoute le ministère. Avant le Niger, Nick Checker s’était rendu au Mali début février et au Burkina Faso cette semaine, là aussi pour relancer la coopération.

Les trois pays sont réunis au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES) qui revendique une politique souverainiste et anti-impérialiste. Ils sont minés par des violences de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda et à l’État islamique qui ont fait des milliers de morts sur de larges pans de leurs territoires et qu’ils peinent à endiguer.

Par Jeune Afrique (Avec AFP)

«Blessé et défiguré»: le nouveau guide suprême iranien aurait été opéré en secret à Moscou

mars 16, 2026

 «Blessé et défiguré»: le nouveau guide suprême iranien aurait été opéré en secret à Moscou

AFP

Le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, aurait été discrètement transporté en Russie afin d’y subir une opération urgente à la jambe.

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Le journal koweïtien Al-Jarida soutient que le nouveau chef iranien aurait été évacué secrètement à bord d’un avion militaire russe. 

L’intervention chirurgicale aurait été réalisée dans l’une des résidences présidentielles de Vladimir Poutine et se serait déroulée avec succès, rapporte le Daily Mail. L’information n’a toutefois pas été confirmée officiellement.

Mojtaba Khamenei a succédé à son père, l’ayatollah Ali Khamenei, assassiné le 28 février lors de frappes aériennes attribuées aux États-Unis et à Israël. Depuis, plusieurs rapports affirment qu’il aurait été gravement blessé au début de l’opération militaire américaine.

Une source citée par des médias britanniques affirme que les blessures du dirigeant de 56 ans seraient graves. « Une ou deux de ses jambes auraient été amputées. Son foie ou son estomac aurait également été perforé. Il serait aussi dans le coma », aurait confié l’informateur, qui dit craindre pour sa vie.

Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a pour sa part déclaré croire que le dirigeant iranien est « blessé et probablement défiguré ».

Du côté iranien, les autorités ont seulement reconnu que Mojtaba Khamenei est blessé, sans fournir de détails. Sur le terrain, certains responsables militaires disent ne recevoir aucune directive du nouveau guide suprême, indique le Daily Mail.

« Personne ne sait s’il est vivant ou mort. On nous dit seulement qu’il est blessé », a affirmé un responsable iranien. « Comme il n’est pas ici, il n’a aucun contrôle sur la guerre », rapporte le média britannique.

Avec Le Journal de Montréal

États-Unis: Trump veut enrôler l’OTAN et Pékin dans le détroit d’Ormuz

mars 16, 2026

Trump veut enrôler l'OTAN et Pékin dans le détroit d'Ormuz

AFP

Trump demande à la Chine dimanche pour assurer la sécurité du détroit d’Ormuz, alors que l’Iran a mis en garde contre toute implication d’autres pays dans cette guerre qui embrase le Moyen-Orient et fait flamber le pétrole.

L’OTAN risque un avenir « très mauvais » si ses membres n’aident pas les États-Unis à rouvrir le détroit d’Ormuz, bloqué quasi totalement par l’Iran et par lequel transite d’ordinaire un cinquième de la production mondiale de pétrole, a déclaré le président américain dans une interview au Financial Times.

« S’il n’y a pas de réponse (à la requête américaine, NDLR), ou si celle-ci est négative, je pense que cela aura des conséquences très mauvaises pour l’avenir de l’OTAN », a-t-il affirmé.

Il a également prévenu que le sommet avec la Chine prévu début avril à Pékin avec le président Xi Jinping pourrait être reporté si ce pays ne met pas la main à la pâte.

Les prix du pétrole ont poursuivi dimanche leur mouvement haussier enclenché par la guerre au Moyen-Orient, qui fait craindre une perturbation durable de l’approvisionnement en hydrocarbures à l’échelle mondiale.

Le président américain a dit souhaiter former une coalition de pays pour assurer la sécurité du détroit stratégique d’Ormuz, citant notamment la France mais aussi la Chine, le Japon, le Royaume-Uni ou la Corée du Sud.

Aucun État n’a pour l’heure annoncé se joindre à Washington.

Dans un appel téléphonique dimanche, Donald Trump et le premier ministre britannique Keir Starmer ont échangé sur « l’importance de rouvrir le détroit d’Ormuz », a indiqué Downing Street.

• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l’émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

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Iran: Trump est-il impuissant?

Plus de 2000 morts

Londres discute avec ses alliés « d’un éventail d’options » afin de sécuriser le transport maritime, mais juge que l’heure est surtout à une « désescalade ».

Cette paralysie est une « souffrance passagère », a assuré le ministre américain de l’Énergie Chris Wright, estimant que la guerre s’achèverait « dans les prochaines semaines ».

La guerre au Moyen-Orient ne donne en attendant aucun signe de répit.

Israël a déclaré dimanche disposer encore de « milliers de cibles » à frapper en Iran. « Le régime est affaibli et nous allons l’affaiblir encore plus », a assuré devant la presse le porte-parole de l’armée Effie Defrin. « Une vague de frappes à grande échelle » a d’ailleurs été lancée par Israël lundi à l’aube sur l’Iran.

Sous les bombes d’Israël et des États-Unis depuis deux semaines, Téhéran a pour sa part exhorté les autres nations du monde à s’abstenir de « toute action » pouvant étendre la guerre, le jour même où une base italo-américaine a été visée.

Le président français Emmanuel Macron a déclaré dimanche à son homologue iranien Massoud Pezeshkian qu’il était « inadmissible » que la France soit « ciblée » et a réclamé le retour « au plus vite » de deux Français détenus en Iran.

À travers la région, la guerre a fait plus de 2000 morts, en majorité en Iran et au Liban, selon des données des autorités locales.

« Nous ne voyons aucune raison de négocier avec les Américains », a commenté dimanche le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi à la chaîne américaine CBS. Plus tôt, le président Trump avait assuré que Téhéran voulait un accord, mais que lui n’était pas prêt à le conclure, ses termes n’étant « pas encore assez bons ».

En représailles aux frappes israélo-américaines lancées le 28 février, Téhéran continue à viser le Golfe qui abrite des intérêts économiques et militaires des États-Unis, ainsi qu’Israël.

Côté iranien : 700 missiles, 3600 drones

Les Gardiens de la révolution, l’armée idéologique d’Iran, ont indiqué dimanche avoir tiré 700 missiles et 3600 drones contre des cibles israéliennes et américaines.

Une base italo-américaine a ainsi été visée par une attaque de drone au Koweït, d’après l’armée italienne.

M. Araghchi a justifié ces attaques par « les nombreuses preuves » qui montrent que les bases américaines sont utilisées pour cibler son pays.

Cinq personnes ont en outre été blessées dimanche dans des tirs de roquettes ayant visé l’aéroport international de Bagdad, qui abrite aussi un centre diplomatique américain, ont annoncé les services de sécurité irakiens.

Au Liban, l’armée israélienne a à nouveau bombardé la banlieue sud de Beyrouth dimanche soir, après avoir émis dans la matinée un ordre d’évacuation couvrant plusieurs quartiers de la zone.

Conséquence des hostilités : le prix du baril de Brent, la référence mondiale du brut, a augmenté de plus d’un tiers depuis le début de la guerre.

Pour amortir la flambée, du pétrole issu des réserves stratégiques (400 millions de barils) devrait être débloqué immédiatement en Asie et en Océanie et dès fin mars en Amérique et en Europe par les pays de l’Agence internationale de l’énergie, a précisé l’organisation.

Il s’agira du plus important déblocage de stocks stratégiques de l’histoire de l’institution, créée il y a plus de 50 ans.

Avec Le Journal du Québec

Financement libyen : Nicolas Sarkozy affronte son procès en appel

mars 16, 2026

Condamné en septembre 2025 à cinq ans d’emprisonnement ferme pour « corruption au plus haut niveau », l’ancien président français (2007-2012) voit s’ouvrir son procès en appel, ce lundi.

L’ancien président français Nicolas Sarkozy quitte le tribunal de Paris le 25 septembre 2025, après le verdict de son procès pour financement illégal de sa campagne présidentielle de 2007 par la Libye.
L’ancien président français Nicolas Sarkozy au tribunal de Paris, le 25 septembre 2025. © Julien De Rosa / AFP

La liberté, ou la prison et le déshonneur : l’ex-président de la République Nicolas Sarkozy affronte l’une des échéances les plus décisives de sa vie avec l’ouverture ce lundi 16 mars du procès en appel de l’affaire du financement libyen, qui lui a déjà valu une incarcération inédite à l’automne.

À l’occasion de cette audience, prévue jusqu’au 3 juin dans le décor monumental de la première chambre de la cour d’appel de Paris, les enjeux ne sauraient être plus élevés pour le prévenu le plus célèbre de France, devenu l’année dernière le premier ex-président (2007-2012) à être incarcéré de l’histoire de la République.

Relaxé en première instance pour trois infractions sur quatre

En septembre 2025, le tribunal correctionnel de Paris l’a déclaré coupable d’association de malfaiteurs et l’a condamné à cinq ans d’emprisonnement ferme en raison d’une « corruption au plus haut niveau » d’une « gravité exceptionnelle ». Entré le 21 octobre à la prison de la Santé sous les caméras du monde entier, Nicolas Sarkozy a obtenu sa mise en liberté sous contrôle judiciaire trois semaines plus tard.

Dans ce feuilleton politico-financier aux multiples méandres, qui fait rage depuis 2011, l’ancien champion de la droite est accusé d’avoir perçu des fonds secrets de la Libye du dictateur Mouammar Kadhafi pour sa campagne présidentielle victorieuse de 2007, ce qu’il a toujours nié vigoureusement.

En première instance, le tribunal correctionnel l’a relaxé pour trois des quatre infractions pour lesquelles il était jugé. Les juges ont estimé que le financement libyen de la campagne électorale de 2007 n’était pas établi, malgré l’envoi corroboré de 6,5 millions d’euros par la Libye en janvier et novembre 2006. Pour les magistrats, la preuve que ces fonds ont effectivement atterri dans les caisses de la campagne qui ont porté Nicolas Sarkozy à l’Élysée n’a pas été apportée.

Toutefois, ils ont jugé que l’ex-président avait effectivement laissé ses plus proches collaborateurs, Claude Guéant et Brice Hortefeux, démarcher le pouvoir libyen en ce sens à l’occasion de rendez-vous secrets qu’ils ont eus en Libye, fin 2005, avec un proche de Mouammar Kadhafi, recherché par la justice française. L’entourage de Nicolas Sarkozy n’a pas souhaité s’exprimer avant l’audience.

Dix prévenus, dont Claude Guéant et Brice Hortefeux

Outre Nicolas Sarkozy, aujourd’hui âgé de 71 ans, définitivement condamné dans les affaires Bismuth et Bygmalion, respectivement pour corruption et financement illégal de campagne, neuf autres prévenus seront rejugés à l’occasion de ce procès en appel.

« Le financement occulte de campagne électorale – qui repose sur un ensemble complexe d’acteurs, de transactions financières et de montages juridiques – fragilise le pacte démocratique. Chaque euro détourné ou injecté illégalement est une atteinte directe à la souveraineté », ont déclaré dans un communiqué les associations anticorruption Sherpa, Anticor et Transparency International France, parties civiles.

Aux côtés de l’ancien chef de l’État doivent notamment comparaître son ex-bras droit Claude Guéant et l’ancien ministre Brice Hortefeux, son ami de toujours. Secrétaire général de l’Élysée sous la présidence Sarkozy, Claude Guéant a été l’un des plus lourdement sanctionnés en première instance. Le tribunal l’a condamné à six ans de prison pour toute une série de délits, dont corruption, trafic d’influence passif ou encore faux et usage de faux. En raison de son état de santé, il a échappé au mandat de dépôt et sa présence au procès en appel est incertaine.

Quant à Brice Hortefeux, 67 ans, la justice lui reproche d’avoir agi comme intermédiaire du financement à travers le réseau du Franco-Libanais Ziad Takieddine. Cette personne centrale du dossier, qui avait été jugée en son absence devant le tribunal, est décédée juste avant le jugement. Brice Hortefeux a été condamné par le tribunal correctionnel à deux ans de prison, une peine aménageable à effectuer sous bracelet à domicile assorti de l’exécution provisoire, et à une amende de 50 000 euros.

Sur le banc des prévenus figure également l’ex-ministre du Travail et du Budget Éric Woerth, qui fut le trésorier de la campagne de 2007. Sa relaxe en première instance a fait l’objet d’un appel du parquet national financier (PNF). À l’instar de Nicolas Sarkozy, les deux condamnés écroués à l’issue du jugement de septembre, l’intermédiaire Alexandre Djouhri et le banquier Wahib Nacer, ont été mis en liberté par la justice les semaines suivantes.

Par Jeune Afrique (Avec AFP)