[Blabla] C’est mauvais signe pour un livre quand…

Vécu inside. Bien sûr que vous l’avez vécu aussi, être lecteur c’est parfois tomber dans les pages comme en ayant un coup de foudre et d’autres fois… c’est pénible, laborieux, ça met le doute et ça donne envie de faire demi tour. D’hésitation en obstination, est-ce qu’il faut s’acharner ? à quel moment on sait qu’il faut stopper ?

On vous raconte tous ces mini signes qui font que la rencontre avec le livre peut parfois mal commencer ! Spoiler, non on n’a pas de liste de livres qui ont commencé comme ça et finit en coup de cœur. Alors sans doute qu’un début de lecture raté conditionne la finalité.

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Une bonne épouse, Ingrid Desjours

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Quatrième de couverture :

Alice a trente ans, Paris pour décor et le cœur en morceaux depuis qu’on lui a enlevé la garde de sa fille. Jusqu’au jour où une publicité attire son regard : une retraite dans un lieu enchanteur en pleine montagne, présentée comme une promesse de renouveau. C’est cher, un peu fou… mais que pourrait-elle perdre de plus ?
Au fil des jours, Alice se découvre, se reconstruit. Lors d’une soirée dans un bar local, elle rencontre Marcel : charmeur, mystérieux et convaincant. Il l’invite à s’installer dans un village coupé du monde à deux pas de là, un havre de paix où d’autres couples filent déjà le parfait amour : la Fosse aux anges.
Séduite et pleine d’espoir, Alice accepte. Mais le vernis idyllique ne va pas mettre longtemps à se craqueler : les femmes qui vivent ici sont-elles aussi heureuses qu’elles le paraissent ? Car, après tout, un cauchemar n’est qu’un rêve qui a mal tourné, n’est-ce pas ?

L’avis d’Audrey :

Un roman que j’ai dévoré en à peine une journée ! N’est-ce pas le signe d’une narration vraiment captivante et d’une histoire réussie ? À peine ai-je rencontré Alice que je n’ai plus réussi à lui lâcher la main, témoin malgré moi d’un mauvais choix et d’une véritable descente aux enfers.

Alice a tout perdu : son travail de journaliste, son mari et la garde de sa petite fille. Il ne lui reste plus rien et, dans un profond état de détresse psychologique, elle rejoint un étrange séminaire en pleine montagne pour se ressourcer et retrouver l’énergie nécessaire pour repartir. Là, elle fait rapidement la connaissance de Marcel, un homme brut, mystérieux et séduisant. Il lui fait découvrir un nouveau mode de vie au sein de la communauté de la Fosse aux Anges : des femmes vivant sous la coupe de leur conjoint, s’épanouissant dans le ménage, la cuisine, la couture et une docilité silencieuse.

Et si Alice n’était que la nouvelle pièce d’un étrange jeu, celle qui permettrait aux femmes de la Fosse aux Anges de prendre enfin conscience de leur condition ? Et si, derrière ce rêve féérique, se dissimulait en réalité un terrible cauchemar ?

J’ai adoré ce roman, absolument addictif. La narration est rythmée, prenante, et chaque fois que l’on pense avoir compris, l’autrice vient bousculer nos certitudes avec des rebondissements qui relancent l’intrigue. On croit détenir les clés, mais il nous manque toujours des éléments essentiels pour saisir toute la vérité.

Vous l’aurez compris : difficile de ne pas éprouver une profonde aversion pour les hommes de ce roman, dépeints comme égoïstes et empreints de virilisme. Ce thriller psychologique met en lumière deux visions de la société en pleine expansion et particulièrement inquiétantes : le masculinisme et la mouvance tradwife.

C’est troublant, glaçant et on aimerait se dire que  tout cela ne peut exister que dans la fiction. Et pourtant…

[Duo lecture] Les disparues de Willowbrook, Ellen Marie Wiseman

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La couverture :

(Laure) Une couverture assez mystérieuse avec ce gros plan qui nous laisse tout imaginer. J’aime beaucoup le travail de graphisme apporté par ce titre centré ainsi sur les mains unies de jumelles.

(Audrey) Toujours une sublime couverture pour cette maison d’édition. J’aime la douceur qui se dégage de ces deux silhouettes, qui tranchent avec ce que le roman va nous révéler. 

La quatrième de couverture :

1971. Sage Winters a toujours su que sa sœur était un peu différente, même si elles étaient des jumelles parfaitement identiques. Elles aimaient les mêmes choses et partageaient une profonde compréhension, mais Rosemary, sensible à chaque émotion, facilement émue par la joie ou au bord des larmes à la moindre contrariété, semblait avoir besoin de plus de protection.
Six ans après la mort de Rosemary d’une pneumonie, Sage, alors âgée de seize ans, ressent toujours un profond manque. Leur mère a péri dans un accident de voiture et son beau-père, Alan, s’irrite d’avoir la responsabilité d’une adolescente qu’il n’a jamais voulue. Pourtant, malgré le fait qu’ils vivent presque comme deux inconnus dans leur appartement de Staten Island, Sage est stupéfaite de découvrir qu’Alan lui a caché un bouleversant secret : Rosemary n’est pas morte. Elle était inscrite à l’école de Willowbrook et y était encore jusqu’à sa disparition, quelques jours auparavant.
Sage sait peu de choses sur Willowbrook. Cet endroit a toujours été entouré de rumeurs et de mystères. Un endroit où les parents menacent d’envoyer les enfants mal élevés. Sans savoir à quoi s’attendre, Sage s’y rend secrètement, déterminée à retrouver Rosemary. Ce qu’elle va y apprendre, une fois qu’elle en aura passé les porters et qu’on va la prendre à tort pour sa sœur, va changer sa vie d’une manière qu’elle n’aurait jamais pu imaginer.

Après lecture :

(Laure) Avec Ellen Marie Wiseman, on sait toujours qu’il faut se préparer aux destins dramatiques et aux thèmes difficiles. Pourtant, je me suis faite avoir et je n’ai pas imaginé le cruel tour qui serait réservé à Sage dès le début du roman, laissant bien évidemment présager le pire.

Et le pire, c’est Willowbrook, c’est ces faits qui existaient encore dans les années 70 à travers cette « école » dont je n’ai jamais compris le nom. A aucun moment le lieu n’a quoi que ce soit d’une école mais tout d’un lieu d’internement pour personnes qui dérangent. Un asile ou un hôpital psychiatrique mais en aucune façon une école. Sage découvre ce lieu où elle n’aurait jamais du se retrouver, déterminée à savoir ce qu’il est advenu de sa sœur jumelle disparue. J’ai déjà lu sur les asiles et pourtant on atteint là un autre seuil de l’horreur, de traitements choquants, on ne peut même plus parler de négligences tant les lieux sont insalubres. Le personnel manque cruellement, la nourriture aussi mais les médicaments pour endormir tout ce petit monde coulent sans aucun souci.

Et pour Sage il n’y a qu’un espoir, se faire entendre pour pouvoir partir d’ici, reprendre sa vie. Mais le principe même de l’asile est contre elle, personne n’entendra sa voix et on accompagne Sage pendant tellement de moments à tenter, encore et encore. En tant que lecteur on se demande comment cela va bien pouvoir évoluer favorablement pour Sage sans imaginer une minute que le roman bascule vers une vraie enquête contre un serial killer. EMW glisse quelques indices assez flagrants, je savais qui serait notre coupable mais sans imaginer le dénouement du roman. C’est avec une petite déception que j’ai lu les derniers passages, peu convaincue par le dénouement choisi qui manque d’explications. Soyez néanmoins prêts à l’horreur, ce roman ne vous laissera pas indifférent !

(AudreySage pensait que sa sœur jumelle, Rosemary, était morte depuis des années. Mais en 1971, elle découvre que celle-ci était en réalité pensionnaire à l’école de Willowbrook et qu’elle est portée disparue depuis plusieurs jours. Déterminée à la retrouver, Sage se rend sur place. Malheureusement, un enchaînement de circonstances malheureuses plonge rapidement la jeune femme dans le chaos. À son arrivée, on la prend pour Rosemary et la voilà enfermée à son tour dans l’institution. Malgré ses protestations, ses tentatives pour s’enfuir ou convaincre le personnel qu’il s’agit d’une erreur, Sage se retrouve piégée.

Quelle lecture révoltante ! L’auteure nous avait déjà plongés au cœur d’un asile dans son roman Ce qu’elle a laissé derrière elle, mais ici l’immersion est encore plus brutale, poisseuse, et installe un profond malaise au fil des pages. Comme si les conditions de vie déjà indignes ne suffisaient pas, l’ombre d’un tueur plane sur l’établissement, ajoutant encore de l’angoisse et de la peur à l’épreuve que traverse Sage. Ce qui renforce la puissance du roman, c’est qu’il s’inspire de faits réels. Cette « école », qui n’en avait que le nom, a réellement existé, et les articles ou vidéos consacrés à Willowbrook que j’ai cherché montrent la cruauté et l’indignité avec lesquelles les malades mentaux étaient traités jusqu’au milieu des années 1980. C’est tout simplement glaçant.

Même si j’ai globalement passé un bon moment avec ce roman, je regrette toutefois certaines répétitions dans la première moitié : Sage est coincée, Sage tente de prouver qu’il y a méprise, Sage essaie de s’enfuir… Une dynamique qui peut devenir un peu lassante. Ce n’est peut-être pas mon livre préféré de l’auteure, mais cela reste une lecture prenante malgré la dureté de l’histoire.

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(Partenariat non rémunéré, roman offert par les éditions Faubourg Marigny)

 
 
 
 

 

Les hirondelles ne font pas le printemps, Cynthia Kafka

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Quatrième de couverture :

Septembre 2009, Picardie. Lisbeth, vingt-huit ans, trépigne d’impatience autant qu’elle appréhende sa rentrée à l’école élémentaire des Hirondelles. Enseigner est une vocation, un rêve qui l’anime depuis sa plus tendre enfance. Mais entre les élèves mutiques ou trop bavards et les collègues blasés ou au bout du rouleau, elle n’a pas une minute de répit. Et ce n’est pas la perspective de sa prochaine inspection, ni la classe de découverte à organiser, qui va lui permettre de souffler… Pas plus que la colocation avec sa mère, qui s’est installée chez elle pour une durée indéterminée et qui compte bien en profiter pour l’aider à trouver l’amour ! Comment Lisbeth va-t-elle survivre à cette année scolaire pleine de surprises et de rebondissements ?

L’avis d’Audrey :

Quel plaisir de retrouver la plume de Cynthia Kafka, d’autant plus dans ce roman où elle s’inspire de sa propre expérience de l’enseignement à travers son héroïne.

Lisbeth est enseignante et la veille de la rentrée scolaire 2009, elle apprend qu’elle obtient un poste de remplaçante à l’année. Une bonne nouvelle qui lui évite d’enchaîner les classes et les remplacements au fil des mois. Passionnée par son métier, elle nous plonge dans le quotidien de l’école des Hirondelles et montre à quel point la profession d’enseignant est loin d’être un long fleuve tranquille. Bien loin des clichés du professeur qui ferme la porte de sa classe à 16 heures ou qui profite de nombreuses vacances.

À travers Lisbeth, on découvre les échanges parfois compliqués avec les parents, les longues heures de préparation, l’absurdité de certaines démarches administratives, mais surtout l’affection et la bienveillance qu’elle offre à ses élèves. Peu sûre d’elle mais profondément investie dans son travail, cette jeune femme va peu à peu apprendre à prendre du recul et à relâcher la pression, grâce au soutien de collègues et d’amitiés sincères.

J’ai beaucoup aimé ce roman, véritable déclaration d’amour et de reconnaissance envers le métier d’enseignant. Il m’a aussi rappelé pourquoi, malgré un réel intérêt pour cette profession, j’ai finalement renoncé à l’exercer. Un métier magnifique, mais aussi exigeant, parfois difficile et même ingrat. J’ai eu beaucoup de plaisir à retrouver la plume de Cynthia Kafka, où l’humour se mêle délicatement à de véritables instants d’émotion.

Le temps d’une année scolaire, Lisbeth devient un véritable repère pour ses élèves, une parenthèse de douceur et de bienveillance dans leur quotidien.

La symphonie des monstres, Marc Lévy

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Quatrième de couverture :

 » Veronika est de ces femmes qui résistent même dans les pires moments. On ne choisit pas d’être infirmière si on accepte la défaite… Sa solitude, elle l’a apprivoisée. Dompter la peur, c’est autre chose.  »
En rentrant chez elle un soir, Veronika découvre la disparition de son fils âgé de neuf ans. Désemparées, elle et sa fille Lilya cherchent à comprendre où Valentyn a été emmené. Elles vont remuer ciel et terre pour retrouver la trace du petit garçon – l’une animée par sa témérité d’adolescente, l’autre par sa détermination de mère. Mais l’ennemi est partout, et Lilya et Veronika ne pourront se fier à personne… ou presque.
Ensemble, elles vont tenter de déjouer  » la Symphonie des monstres « , un projet bien plus terrifiant qu’une fiction.
Au cours d’une aventure peuplée de personnages inoubliables, une mère et sa fille vont réapprendre à se connaître et à s’aimer.

L’avis de Laure :

J’ai longtemps été une inconditionnelle de Marc Lévy puis je suis passée à autre chose, ne le lisant qu’aléatoirement. Après plusieurs avis sur celui-ci, j’ai eu envie de le découvrir. On y lit clairement un auteur militant, qui interpelle sur des choses qui se passent de nos jours dans notre monde. Et dont je ne savais rien je l’avoue.

C’est en Ukraine que les faits ont lieu et ils sont révoltants, ils prennent vie à travers les personnages de Valentin, Lilya et leur mère Veronika. Un jour, l’école où Valentin a classe, arrive à échapper de peu à l’enlèvement par les russes de l’ensemble des enfants scolarisés. De peu certes mais deux enfants seront néanmoins enlevés : Valentin et l’un de ses camarades.

Commence alors pour Veronika et Lilya un combat pour retrouver leur fils et frère, un combat qu’elles ne mèneront pas seules, aidées alors par les hackeurs, ceux que l’on retrouve dans les livres de la saga des 9. Les faits sont révoltants, ces enfants kidnappés dans tous les pays sont ensuite endoctrinés puis adoptés par des familles russes les pensant orphelins.

On plonge dans un vrai roman d’aventures, égayé par des personnages ayant des personnalités vraiment sympa, j’ai notamment adoré la révolte adolescente de Lilya, prête à partir au bout du monde pour retrouver son frère. Le rythme du récit est très prenant et j’ai passé un très bon moment de lecture avec ce livre.

Ma notation :

Un périple d’aventures fort sympathique.