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Danser sur vos pas, Sophie Rouvier

 

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Quatrième de couverture :

Victoria Lacombe pense connaître son histoire.
Thérapeute familiale le jour, voix bienveillante d’une émission de radio le week-end, elle a bâti sa vie sur un récit fondateur : un père militaire mort en héros, une mère courage, un beau-père aimant.
Tout vacille le soir où un généalogiste l’appelle au sujet d’une mystérieuse succession. Une maison isolée sur le plateau du Larzac, un nom qu’elle croyait disparu, des lettres jamais ouvertes, des carnets oubliés. En quelques jours, ses certitudes s’effondrent, les photos de famille se fissurent, les légendes se défont.

L’avis d’Audrey :

Et si tout ce que vous pensiez savoir de votre histoire familiale s’effondrait soudainement, comment réagiriez-vous? C’est à cette question que se retrouve confrontée Victoria lorsqu’un généalogiste successoral la contacte pour l’informer du décès récent de son père et de l’existence d’une maison dont elle hériterait. Mais elle le croyait mort depuis qu’elle n’avait que quelques semaines. Toute une vie bâtie sur cette certitude, une absence comblée par la présence aimante d’un beau-père attentif. En un instant, ses repères vacillent.

Victoria décide alors de se rendre dans le village où vivait cet homme. Elle embarque avec elle sa fille et son beau-père, sans être totalement prête à affronter les révélations qui l’attendent. Sur place, ils sont accueillis par Marguerite, leur logeuse fantasque et chaleureuse, qui saura apporter un peu de douceur à ce séjour improvisé, marqué par les non-dits et les souvenirs enfouis.

Si Victoria part à la recherche d’un père, c’est aussi une quête intérieure qu’elle entreprend: celle de la vérité, mais surtout celle d’elle-même. Le moment est venu de questionner ses certitudes, d’accepter les secrets et de redéfinir l’essentiel.

Avec Danser sur vos pas, Sophie Rouvier signe un roman délicat sur la filiation, les secrets de famille et les blessures intimes. J’ai particulièrement apprécié le personnage de Victoria, touchante dans sa résilience et son courage. Sa fille, Cléo, espiègle et spontanée, apporte une fraîcheur bienvenue, tandis qu’Henri, le beau-père pudique et profondément aimant, doit lui aussi faire face aux vérités qui émergent.

Un récit tendre et profondément humain, qui se lit avec fluidité et que l’on referme le cœur apaisé.

 

Les jours de notre amour, Amy Neff

 

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Quatrième de couverture :

oseph et Evelyn s’aiment depuis soixante ans. Dans l’auberge familiale Oyster Shell au coeur du Connecticut, ils ont élevé leurs trois enfants, accueilli des voyageurs et traversé les tempêtes et les bonheurs du quotidien. Peines, doutes, disputes : rien n’a jamais entamé l’amour profond qui les unit. Jusqu’au jour où le diagnostic tombe… Evelyn est malade et bientôt, la démence emportera les souvenirs qu’elle a mis toute une vie à bâtir. Refusant de laisser la maladie leur voler leurs derniers instants, le couple fait un pacte : dans un an, ils quitteront ce monde comme ils l’ont traversé, côte à côte.Il leur reste douze mois pour revivre les moments qui ont forgé leur histoire, chérir chaque journée et transmettre à leurs proches l’héritage d’une vie entière.

L’avis d’Audrey :

Au crépuscule de leur vie, Joseph et Evelyn ont fait le choix de partir ensemble. Elle se sait condamnée par un syndrome parkinsonien, et lui n’imagine pas continuer à vivre sans elle. Ce couple uni décide d’annoncer et d’expliquer cette décision à leurs trois enfants, dont les réactions sont, on s’en doute, loin d’être compréhensives. Ils se donnent un an. Un an pour vivre pleinement, autrement. Un an pour revivre une vie entière faite de souvenirs, d’épreuves et de bonheur.

À ce stade du récit, une question s’impose naturellement : quel choix ferions-nous à leur place ? Pourrions-nous survivre à l’être aimé ? Partir à deux n’est-ce pas une décision égoïste envers ceux qui restent ? On se surprend à juger leurs choix, avant de reprendre la lecture.

Le récit alterne alors entre passé et présent, afin de mieux nous faire connaître cette famille. Tout commence en 1941, lorsque l’histoire d’amour entre Joseph et Evelyn naît alors qu’ils ne sont encore que des enfants. On suit ce couple pendant soixante ans, toute une vie. On devient le témoin d’un parcours souvent éprouvant, jamais simple, mais porté par un amour solide et indéfectible.

J’ai été profondément touchée par ce roman à l’histoire dense, qui traverse les décennies et excelle dans l’art de susciter l’émotion. J’y ai retrouvé un style rappelant celui de Nicholas Sparks, où l’amour et la passion dominent l’intrigue. Un très beau roman, malgré le thème  de la mort et du deuil qui peut bouleverser et envelopper le lecteur d’une certaine mélancolie.

 

Un nouvel été, Amélie Baumann

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Quatrième de couverture :

Chloé, 17 ans, entraîne sa mère Alice sur la côte basque pour fêter ses 40 ans. Elle compte l’emmener jusqu’à la maison de son enfance, où elle n’a jamais remis les pieds depuis un drame survenu pendant son adolescence.
Sur place, Alice retrouve ses trois meilleures amies qu’elle avait quittées sans explication. Entre émotions et culpabilité, Alice tente de guérir ses blessures passées.

L’avis d’Audrey :

Chloé n’a que 17 ans, et pourtant c’est elle qui guide sa mère, Alice, en la prenant par la main pour la conduire sur les chemins de son passé.

Un voyage vers la côte basque, un retour dans le village de l’enfance d’Alice. Très vite, on pressent que cette aventure sera douloureuse pour notre héroïne : retrouver ses amies d’autrefois et affronter les fantômes enfouis. Entre souvenirs et remords, ce périple prend des allures de pardon et de rédemption, une clé pour enfin se libérer.

Derrière une couverture et un titre légers se cache un roman d’une profondeur et d’une gravité que je n’imaginais pas. La narration, qui alterne entre passé et présent, dévoile une histoire profondément dramatique: celle d’une famille en apparence idéale. C’est aussi un récit d’amitié, d’adolescence, de promesses et de confiance.

Je me suis tournée vers ce roman après avoir lu C’est encore loin le bonheur ? cet été, et je peux dire que l’auteure m’a véritablement bluffée avec ce nouvel ouvrage, bien plus abouti à mes yeux, qui a remué beaucoup de choses en moi. Elle y dépeint, avec une grande justesse et beaucoup d’émotion, des personnages vrais et profondément sincères.

Au bout des doigts, Gabriel Katz

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L’avis d’Audrey :

Laure m’offre régulièrement des livres mystères, à Noël ou pour mon anniversaire. Cette année encore, elle a emballé, sous une couverture festive aux tons rouges, un livre de poche. Quelques jours avant Noël, je me suis ainsi plongée dans ce roman sans rien savoir ni de l’histoire, ni de l’auteur.

Commencer une lecture « à l’aveugle » rend l’expérience différente. Je ne sais jamais ce qui m’attend : aucune attente concernant l’intrigue, aucun a priori sur l’auteur ou le style du roman.

Dès les premières pages de ce livre, j’ai pourtant eu le sentiment qu’il allait me plaire, alors même qu’il s’éloignait de mes habitudes de lecture. Si j’ai vite compris qu’il s’agissait d’un auteur français et d’un homme, je n’ai vraiment rien su identifier jusqu’au moment de déballer le livre.

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C’est l’histoire d’une rencontre : celle de Matthieu, un jeune homme de banlieue un peu perdu, qui a pris de mauvaises directions, et de Pierre, directeur d’un conservatoire de musique, littéralement figé lorsqu’il aperçoit le jeune homme jouer du piano à la gare du Nord. Le hasard, la vie ou le destin qu’importe les réunit, et Matthieu appellera son aîné à l’aide.

Entre ces deux personnages que tout oppose s’installe un étrange dialogue de notes. La musique devient réparation, reconstruction. Elle remplace les mots et les longs discours, adoucit les blessures et apaise le monde. C’est aussi le prétexte pour aller plus loin, plus haut, lorsque Pierre incite Matthieu à se présenter à un concours.

Un très beau roman, qui permet à ce livre mystère de conclure l’année sur une délicate note de tendresse et de poésie humaine.

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Un battement de coeur après l’autre, Françoise Cordier-Bresson

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Quatrième de couverture :

Il y a toujours un moment incertain où la vie s’infléchit, trébuche ou se déploie. Quand Marie se retrouve veuve à la suite d’un terrible accident, elle s’abîme dans le chagrin. Comment remonter au-dessus des nuages quand on est à terre ? Comment accepter les mains qui se tendent sur son chemin et s’autoriser à se réinventer ?
Entre courage et défaillances, son périple l’entraînera en Provence, dans un refuge d’âmes cassées…

L’avis d’Audrey :

Comment réagir quand on perd soudainement l’homme de sa vie ? Comment traverser le deuil sans sombrer, comment réapprendre à vivre ? Marie n’a pas encore 40 ans lorsque son quotidien bascule. Nicolas meurt dans un accident, et la jeune femme s’enfonce dans une profonde tristesse.

Et si un renouveau était encore possible ? C’est ce qu’elle va découvrir en poussant la porte d’un refuge destiné aux âmes cabossées. Au cœur de la Provence, ce lieu deviendra pour elle un espace de rencontres, de partage et de confidences. Pas à pas, grâce à de petits efforts, elle retrouvera peu à peu de la lumière dans ses journées.

Impossible de ne pas s’attacher à Marie, perdue et accablée par le drame que la vie lui impose. On la comprend, on la soutient, et surtout, on a envie de lui rappeler que le chagrin finira par s’alléger, que l’absence deviendra moins lourde. On la suit sur ce nouveau chemin, heureux d’observer chaque étape et chaque progrès.

J’ai trouvé ce roman très beau, porté par une autrice que je découvre, et qui parvient à mettre beaucoup d’émotion en mots. Elle décrit avec pudeur et justesse la douleur de Marie.

Un roman empreint de mélancolie, centré sur un deuil difficile, mais qui offre aussi de la douceur, de la joie et de l’espoir. Une très belle lecture.