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        <title><![CDATA[Stories by charles perez on Medium]]></title>
        <description><![CDATA[Stories by charles perez on Medium]]></description>
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            <title>Stories by charles perez on Medium</title>
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            <title><![CDATA[Mon prochain bain de mer sera dans le métavers]]></title>
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            <dc:creator><![CDATA[charles perez]]></dc:creator>
            <pubDate>Tue, 13 Jun 2023 13:57:40 GMT</pubDate>
            <atom:updated>2023-06-13T13:57:40.257Z</atom:updated>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Le posthumain, cette hypothétique mutation de l’humanité via la technologie, pourrait bien trouver son émergence par le truchement des extensions technologiques et du métavers. Si le web 4.0 est couramment désigné comme le web sensoriel, l’immersion dans le métavers ne gagnera qu’en authenticité à mesure que les interfaces sensorielles se perfectionneront. Les combinaisons haptiques sont un premier niveau mais les interfaces cerveau-machine pourraient bien en être l’évolution ultime.</p><p>Le cerveau, cette interface suprême, est celle qui nous permet d’interagir avec le monde, qu’il soit réel ou virtuel. Il demeure l’ultime vecteur des sensations et des émotions, allant au-delà même de notre enveloppe corporelle. Chez Neuralink, entreprise qui conçoit des dispositifs à implanter dans le cerveau pour communiquer avec les ordinateurs par le simple jeu de la pensée, je ne doute pas que l’on tente de reproduire des sensations – goût, toucher, vue – et d’autres interfaces émotionnelles sans avoir recours à un véhicule physique, mais simplement par l’altération des signaux électriques d’une série de neurones localisés dans des zones précises du cerveau. Le but étant d’éclipser les émotions pour les générer à leur source.</p><p>Il est admis, par exemple, que l’amygdale gauche participe à un réseau de neurones dédié à la perception des émotions à partir de stimuli environnementaux. Une stimulation électrique judicieusement placée peut perturber ce réseau et ainsi altérer la perception de l’émotion. Nous savons également que le goût, tel que nous le percevons, n’a véritablement lieu qu’au sein du cerveau.</p><p>Cependant, l’aspect juridique et éthique demeure un obstacle considérable à cette possible évolution de l’homme. Elon Musk lui-même souligne les nombreux problèmes éthiques que cela soulève. Il ne pense pas que de nombreuses personnes seraient prêtes à se faire implanter une puce dans le cerveau, à moins d’en avoir un besoin impérieux.</p><p>Cette évolution n’est peut-être pas du tout souhaitable. Cependant, comme le disait Jean d’Ormesson, «Les hommes sont un peu comme Dieu : tout ce qu’ils peuvent faire, ils le font. Ou ils le feront. ». Ainsi, le futur lointain de l’homme pourrait bien se réaliser sous une forme surprenante.</p><p>Je me souviens d’une conversation avec un de mes voisins, amputé des deux jambes, qui décrivait avec réalisme les douleurs fantômes qu’il ressentait. Cette réalité me préoccupe encore plus quant au niveau de réalisme que nous pourrions atteindre en trompant le cerveau avec quelques signaux bien placés.</p><p>Je me pose avec sérieux la question : qu’est-ce qui distinguera un bain de mer dans le métavers d’un bain de mer réel ? Surtout si nous avons accordé aux hommes le temps d’apprendre les sensations du réel avant de décider de les reproduire virtuellement. À l’instar de l’intelligence artificielle, notre cerveau sera entraîné au réel pour mieux s’évader dans le monde virtuel, en fin de compte. Ce monde virtuel est une toile vierge que nous avons commencé à tisser avec un temps d’avance : le métavers.</p><p>Ce jeu de dupes avec notre propre perception, ce miroir aux alouettes de la réalité avec la technologie, ouvre un horizon insoupçonné, aussi excitant que terrifiant. Comme dans toute grande révolution, c’est à nous, ses acteurs, d’en discerner les opportunités, mais aussi les écueils.</p><p>Il serait bien naïf de croire que ce futur se fera sans douleur. Mais si la souffrance est parfois le prix du progrès, alors soyons vigilants pour que ce progrès ne soit pas un saut dans le vide, mais un bond vers un futur plus humain, plus vivable, plus sensible – un futur qui respecte notre intégrité en tant qu’êtres pensants et sensibles, qui préserve ce qui fait de nous des hommes et non des machines. Pour reprendre une citation de Henri Bergson, le futur nous appartient à tous. : «L’avenir n’est pas ce qui va arriver, mais ce que nous allons faire».</p><p>Peut-être que j’irai prendre mon prochain bain de mer dans le métavers !</p><img src="https://medium.com/_/stat?event=post.clientViewed&referrerSource=full_rss&postId=6ecd81c3af20" width="1" height="1" alt="">]]></content:encoded>
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            <title><![CDATA[Les NFTs sont bien plus qu’une image de profil à quelques millions de dollars]]></title>
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            <category><![CDATA[métavers]]></category>
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            <dc:creator><![CDATA[charles perez]]></dc:creator>
            <pubDate>Mon, 16 Jan 2023 18:14:50 GMT</pubDate>
            <atom:updated>2023-01-16T18:14:50.705Z</atom:updated>
            <content:encoded><![CDATA[<p><em>Charles Perez &amp; Karina Sokolova : Le manuel du métavers</em></p><p>Les jetons non fongibles ont des usages multiples et de nombreuses innovations existent dans ce domaine. À l’heure actuelle, un NFT est le plus souvent associé à un <strong>fichier numérique</strong>. Il peut s’agir d’une image, d’un objet 3D, d’une vidéo, d’une musique, d’un habit virtuel, d’un <em>tweet</em>, d’un nom de domaine, d’un objet d’art, d’un certificat d’un bien physique, d’un terrain virtuel, etc.</p><p>Les NFTs peuvent être exposés dans des espaces personnels ou des galeries du métavers. Ils sont parfois même exposés dans des galeries réelles telle que la <a href="https://nftfactoryparis.com">NFT Factory</a> située au 137 rue Saint-Martin à Paris. En plus d’exposer des cryptoartistes, cette dernière propose des ateliers théoriques et pratiques ainsi que des initiations au monde des NFTs.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*eSCVVjBvnoHuRjCOrvJRJQ.png" /><figcaption><em>Espace sur Spatial comportant des NFTs originaux</em></figcaption></figure><p>Les jetons non fongibles peuvent s’acheter avec l’aide d’une cryptomonnaie. Ils ont donc une valeur réelle dans notre économie. Puisque la chaine de blocs permet d’assurer des transactions sécurisées et sans organe de contrôle, les NFTs garantissent la propriété et ils sont sujets à échange et spéculation. La <em>blockchain</em> Ethereum héberge la majeure partie des NFTs, même si un nombre grandissant d’alternatives existent pour la création de ces derniers (p. ex. Polygon, Solana, Avalanche).</p><p>En 2022, le marché des NFTs est estimé à près de trois milliards de dollars. La valeur d’un actif de ce type peut naturellement évoluer en fonction de critères variés. La spéculation est possible et encourage beaucoup d’acteurs à investir dans le but de valoriser leurs biens.</p><p>Le CryptoPunk 5822 est l’un des actifs digitaux les plus chers du monde vendu pour 23,7 millions de dollars en février 2022. La collection des 9998 CryptoPunks réalisée par Matt Hall et John Watkinson en 2017 est composée d’images d’art pixélisées générées par algorithme représentant chacun un portrait unique de punk. Connaissant leur grande valeur aujourd’hui, il est intéressant de noter que les premiers possesseurs des <strong>CryptoPunks</strong> pouvaient en acquérir gratuitement. Cette collection est l’un des premiers exemples de l’usage d’art crypto (<em>CryptoArt</em>) qui a inspiré beaucoup d’autres collections. Vous pouvez découvrir ces œuvres sur OpenSea que vous avez déjà visité et qui est la plus grande place de marché NFT.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*WyCwo-8GiYgP5yMJ-MNuPA.png" /><figcaption><em>Quelques représentants de la collection des cryptopunks</em></figcaption></figure><p>Depuis <a href="https://opensea.io">OpenSea</a>, vous pouvez découvrir les plus grandes collections de NFTs en consultant l’onglet statistique. Les collections ayant généré le plus grand volume de transactions sont identifiables. Le record est détenu par les CryptoPunks devant le Bored Ape Yacht Club. Les deux collections appartiennent à Yuga Labs.</p><p>Le <strong>Bored Ape Yacht Club</strong> (BAYC) est une collection très prisée de 10 000 NFTs représentant des singes. Le nombre de possesseurs de ses NFTs est restreint (environ 6395). La valeur d’entrée (<em>floor price</em>) pour posséder un NFT de ce type était en septembre 2022 de 120 000 euros. Parmi les prestigieux membres du club des <em>Bored Apes </em>(un singe qui s’ennuie sur son yacht), on note des personnalités comme Neymar, Justin Bieber, Timbaland, Eminem, Jimmy Fallon ou encore la reine du métavers Paris Hilton. L’appartenance à ce club permet d’accéder à des évènements privés et à un métavers.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*hFwvhTyzxU9AgzB-PWF9Ww.png" /><figcaption><em>Top 3 des collections ayant le volume de transactions le plus élevé</em></figcaption></figure><p>Les individus possédant un jeton de la collection des BAYC possèdent la propriété intellectuelle de l’image associée, ce qui n’est pas le cas de la plupart des NFTs. Ils disposent d’une licence mondiale illimitée pour utiliser, copier et afficher l’art associé au NFT dans le but de créer des œuvres dérivées. Ainsi, certains membres du club monétisent des tee-shirts ou autres objets représentant leur <em>Ape</em>. Certains <em>Bored Ape</em> sont devenus des mascottes de restaurants.</p><p>Toutes les œuvres d’art NFT n’appartiennent pas forcément à des collections. La vente de NFT la plus élevée à ce jour est celle de l’œuvre <em>Beeple’s Everydays : The First 5000 Days</em> créée par Mike Winkelmann, dit Beeple (à la tête de Venew Labs), le NFT a été vendu aux enchères par Christie’s pour 69,3 millions de dollars. Étant inspiré des routines de dessin régulier appliquées par d’autres artistes, Mike Winkelmann s’était fixé l’objectif de créer une œuvre par jour. Son NFT est le résultat de 5000 jours consécutifs de production artistique assemblés en une seule image. Cette vente fait de l’auteur l’un des trois artistes les plus chers de son vivant.</p><p>En plus du monde artistique, des artéfacts numériques ont été transposés sous la forme de NFT et vendus sur le marché. Le NFT du tout premier <em>tweet</em> a été acheté pour 2,9 millions de dollars en 2021. Lors de son achat, Sina Estavi, le PDG de Bridge Oracle avait indiqué :</p><blockquote>« les gens ne vont réaliser que dans quelques années quelle est la vraie valeur de ce <em>tweet</em>, comme avec la Joconde ».</blockquote><p>En 2022, les fichiers originaux contenant le code source du web écrit par son créateur Sir Tim Berners-Lee ont été proposés aux enchères par Sotheby’s sous forme de NFT. Dans la vente étaient inclus une visualisation animée du code ; une lettre écrite par Sir Tim Berners-Lee ainsi qu’une affiche numérique du code complet. Les fichiers référencés par le NFT contenaient un code d’environ 9 000 lignes, dont le contenu comprend les implémentations des trois langages et protocoles fondamentaux pour le World Wide Web : HTML (Hypertext Markup Language), HTTP (Hypertext Transfer Protocol) et URI (Uniform Resource Identifiers). Le NFT fait également référence à des documents HTML originaux expliquant aux premiers utilisateurs du web comment utiliser l’application. Le NFT a été vendu pour 5,4 millions de dollars. Le montant obtenu a été distribué auprès d’initiatives soutenues par Sir Tim Berners-Lee.</p><p>Certains acteurs proposent des usages différents des NFTs. Par exemple, le gouvernement japonais a émis des NFTs équivalents à des médailles d’honneur. Ces derniers ont été décernés aux autorités locales qui se servent au mieux de la technologie numérique pour relever les défis associés à leur mission.</p><p>Les NFTs de la catégorie des POAP (<strong><em>proof of attendance protocol</em></strong>) pour protocole de preuve de participation) sont des souvenirs numériques. Un POAP est un jeton non fongible dont l’objectif est de certifier une présence à un évènement, physique ou virtuel. Il marque une forme de souvenir digital. Vous pouvez consulter la collection d’évènements auxquels a participé pe4en.eth, un utilisateur particulièrement actif, en scannant le QR-code. C’est également une bonne manière de découvrir les évènements associés au web 3.</p><p>Les NFTs de la catégorie des PoK (<strong><em>Proof of Knowledge </em></strong>pour preuve de connaissance) symbolisent le transfert de connaissance de manière immuable et vérifiable. Les certificats sont délivrés sur la chaine de blocs Ethereum et sont décernés aux étudiants qui valident un cours ou une formation.</p><p>Un autre exemple d’usage de NFTs est celui de l’investissement locatif. Certaines agences proposent d’acheter des NFTs représentant des portions associées à des biens réels en location. En achetant un NFT, l’investisseur possède une partie du bien et bénéficiera d’une partie des revenus locatifs associés. À l’image des sociétés civiles de placement immobilier (SCPI), l’investissement minimum requis est bien plus faible que l’achat locatif. Les rentabilités sont attractives, mais il est cependant important d’éprouver le système et sa fiabilité.</p><p>Les NFTs ont aussi été utilisés comme preuve d’amour. Pour montrer à quel point leur amour était fort, Rebbeca Rose et Peter Kacherginsky ont décidé de <a href="https://www.capital.fr/crypto/deux-employes-de-coinbase-se-sont-maries-en-echangeant-des-nft-187102">se marier sur la chaine de blocs</a> en échangeant des NFTs créés pour l’occasion. Un symbole pour Rebecca Rose.</p><h3>Quelques catégories de NFTs</h3><p>Pour résumer, nous pouvons identifier différentes catégories de NFTs en fonction de leur finalité. La classification que nous proposons n’est pas exhaustive. Elle permet toutefois de comprendre les différentes familles de cas d’usages.</p><p><strong>NFT personnels </strong>aussi appelés <em>Soulbound token</em> (SBT pour jetons attachés à une âme) : Il s’agit d’un NFT transmis à une personne pour une cause spécifique et qui n’est pas supposé être transférable à quelqu’un d’autre. Ce type de jeton peut signaler la présence à un évènement, une rencontre, ou l’obtention d’un diplôme. Parmi les principaux exemples, on note les jetons POAP et les NFTs d’attestation d’identité (<em>Proof of Humanity</em>). L’ensemble de ces jetons peuvent fournir des preuves liées à notre parcours professionnel ou à notre identité.</p><p><strong>NFT artistiques </strong>: Ce sont des NFTs qui représentent <strong>des créations artistiques </strong>principalement<strong> </strong>sous la forme d’images, comme les CryptoPunks ou le « <a href="https://www.beeple-crap.com/everydays">Beeple’s Everydays</a> ». Une vaste majorité des NFTs appartient à ce groupe. Ces NFTs sont obtenus ou achetés pour signaler l’appartenance à un groupe, pour la spéculation ou simplement pour l’attractivité de l’œuvre. Ils sont largement utilisés comme image de profil par les cryptofans (PFP NFT pour <em>Profile Picture NFT</em>) ou exposés dans les métavers comme Spatial ou Decentraland.</p><p><strong>NFT clés d’accès</strong> : Ces NFTs offrent <strong>un droit ou un accès particulier</strong>. Ils permettent d’intégrer des groupes privés ou des métavers. Ils identifient votre appartenance à une communauté plus ou moins restreinte qui octroie des avantages. Ils peuvent représenter des licences à des logiciels ou des places de concert. Certains de ces NFTs, dénommés également des <em>tokens gate</em>, peuvent vous permettre d’avoir plus tard accès à d’autres jetons gratuitement.</p><p><strong>NFT <em>gaming</em></strong> : Ce sont des NFTs qui peuvent s’utiliser dans le cadre de la mécanique <em>play to earn</em> (P2E) ou <em>play to collect</em> (P2C). Les CryptoKitties, les Axies font partie de cette famille. Les jeux associés encouragent leurs utilisateurs à collectionner ce type de NFT pour le plaisir ou bien dans le but d’affronter des adversaires et de récupérer des récompenses en cryptomonnaies.</p><p><strong>NFT objets virtuels</strong> : Ces NFTs représentent des <strong>objets virtuels</strong> que vous pouvez porter avec votre avatar ou utiliser dans votre espace virtuel pour vous démarquer. Par exemple, l’un des leadeurs de la mode virtuelle DRESSX propose des tenues 3D compatibles avec Ready Player Me. Certains de ces NFTs seront utilisables sur différents métavers, mais devront pouvoir s’adapter en fonction de la plateforme (p. ex. en voxels cubiques sur Roblox ou en 3D plus réaliste sur Spatial). À l’heure actuelle, les items virtuels DRESSX peuvent être incrustés en réalité augmentée sur des photos réelles.</p><p>La plateforme <a href="https://www.metamundo.co">MetaMundo</a> présente des avatars, objets et espaces virtuels de très haute qualité créés par des designers professionnels et amateurs. Ces derniers sont compatibles avec une large variété de métavers et donnent la possibilité de les utiliser sous des formats variés.</p><p><strong>NFT phygitaux</strong> : Ces NFTs sont associés à des <strong>biens du monde réel et virtuel</strong>. Les objets de mode ou de luxe peuvent s’acquérir dans la vie réelle avec en complément leur obtention dans le monde virtuel et vice versa. Ce NFT peut aussi servir de certificat d’authenticité pour un objet de luxe que vous avez acheté.</p><p><strong>NFT de terrains virtuels </strong>: Ce sont des NFTs associés à des terrains virtuels du métavers comme ceux d’Upland ou de Decentraland. Jusqu’à présent, plus de 500 millions de dollars de biens immobiliers ont été achetés dans le métavers. Ces NFTs peuvent aussi être des clés d’accès à des métavers, car il faut souvent posséder des terrains pour pouvoir occuper et construire un espace virtuel.</p><p>Pour en savoir plus, vous pouvez consulter <a href="https://www.amazon.fr/manuel-du-métavers-Charles-Perez/dp/B0BPBCSVW3/ref=sr_1_1?__mk_fr_FR=ÅMÅŽÕÑ&amp;crid=2494VKVS97G29&amp;keywords=le+manuel+du+métavers&amp;qid=1673892529&amp;sprefix=le+manuel+du+métavers%2Caps%2C76&amp;sr=8-1">le manuel du métavers</a>.</p><figure><img alt="Le manuel du métavers livre français métavers Bitcoin, metavers" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*CnV1h5axSa_j-7MJcUNFFA.png" /><figcaption>Le manuel du métavers disponible sur amazon, Charles Perez et Karina Sokolova</figcaption></figure><img src="https://medium.com/_/stat?event=post.clientViewed&referrerSource=full_rss&postId=c7c058a94fbd" width="1" height="1" alt="">]]></content:encoded>
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            <title><![CDATA[Le monde du métavers : réalité ou simulation ?]]></title>
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            <dc:creator><![CDATA[charles perez]]></dc:creator>
            <pubDate>Sun, 14 Aug 2022 09:28:12 GMT</pubDate>
            <atom:updated>2023-07-01T19:45:24.389Z</atom:updated>
            <content:encoded><![CDATA[<h3>Le manuel du métavers : réalité ou simulation ?</h3><p>Perez Charles auteur du<a href="https://www.amazon.fr/monde-métavers-guide-pratique-découvrir/dp/B0B8BKCVSW/ref=sr_1_8?__mk_fr_FR=ÅMÅŽÕÑ&amp;crid=1N2INOZWMH5RZ&amp;keywords=perez+charles&amp;qid=1660469058&amp;sprefix=perez+charles%2Caps%2C135&amp;sr=8-8"> manuel du métavers</a> 📖</p><p>Teilhard de Chardin indiquait dans ses œuvres que la création n’a jamais cessé. Dans les écrits du temps de guerre, Œuvres XII, p. 149, il précise :</p><blockquote>« la Création n’a jamais cessé. Mais son acte est un grand geste continu, espacé sur la Totalité des Temps. Elle dure encore ; et, incessamment, bien qu’imperceptiblement, le Monde émerge un peu plus au-dessus du Néant ».</blockquote><p>L’homme devenu anthropocène est peut-être sur le point de construire l’une des plus grandes œuvres de création. Celle du <strong>métavers</strong>, d’un univers virtuel de très grande ampleur.</p><p>Dans le récit de la Genèse, la création démarre par celle d’un univers sous-jacent, puis celle des lois de la physique et enfin l’arrivée de la vie. Suivant la même procédure, l’homme a créé un univers sous-jacent, fait de blockchain et de smart contrats, il est en train de définir les normes et protocoles semblables aux lois de la physique de notre monde réel. Enfin, il y englobe la vie et tous ses attributs pour peupler cet univers et lui donner du sens.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*0qTPMP4iYmU5WHCBXOzmdA.png" /></figure><p>Les anciens Grecs avaient une vision du monde qui offre une métaphore intéressante sur le métavers et sa place dans notre création. Les Grecs croyaient en un univers organisé en trois couches : (1) le royaume supérieur uniquement habité par des dieux, (2) le royaume intermédiaire crée par des dieux et habités par des hommes eux-mêmes créations des dieux, (3) le royaume inférieur gouverné par les dieux. Ce dernier accueille l’esprit des humains après la mort et les dirige vers différentes destinées.</p><p>Dans la mythologie, les dieux grecs ont la possibilité de se rendre dans les différents royaumes, mais doivent s’incarner lorsqu’ils rejoignent la Terre. Ils peuvent prendre des formes de toutes nature (animal, humain, végétal, etc.) pour se rendre sur notre Terre.</p><p>Le métavers que nous construisons ressemble à un royaume nouveau. Une strate supplémentaire à l’image de celles envisagées par les Grecs. Pour y entrer, l’homme doit également s’incarner sous forme d’avatar.</p><p>La métaphore indique que l’homme agirait presque comme un dieu dans le royaume du réel. En particulier du fait de la construction d’un royaume virtuel qu’il semble dominer. Il y définit les règles à suivre par le code et les interfaces. Il dessine les briques de cet univers à sa volonté et y exerce un pouvoir. Toujours en suivant l’image, le royaume inférieur pourrait venir recueillir les images et les données des avatars disparus. Une mémoire collective de ce qui a été dans le royaume intermédiaire du métavers et qui n’est plus.</p><p>Cet exemple illustre l’ampleur des enjeux associés à cet acte de création de l’homme qui dépasse le simple cadre technique et économique pour englober des enjeux anthropologiques et historiques pour notre espèce. Les conséquences en termes de croyance et de philosophie devront être pensées et anticipées afin de garder le contrôle de notre métavers. Pour obtenir plus d’éléments sur la référence mythologique, vous pouvez consulter l’excellent article du Swiss Institute for alternative thinking.</p><blockquote>L’univers entier pourrait être une simulation.</blockquote><p>Terminons ce livret en rappelant que depuis 2003, certains scientifiques ont émis l’hypothèse d’un univers simulé. Le philosophe suédois et transhumaniste Nick Bostrom l’a associé à la <strong>théorie de la</strong> <strong>simulation</strong>. Dans le cadre de cette théorie, la réalité observable aurait pour trame une simulation à l’image de celles proposées par les ordinateurs. Les entités présentes dans cette simulation ne pourraient alors pas accéder à la vraie réalité dont la nature serait inconnue. Le physicien Andrea Fontana montrera en 2005 à l’aide de la relativité euclidienne que notre espace-temps pourrait être un processus informatique. Si les scientifiques sont partagés, des expérimentations et des mesures sont toujours en cours pour tenter de réfuter définitivement cette hypothèse qui est considérée par certains comme farfelue ou conspirationniste.</p><p>Dans les célèbres <strong>Méditations métaphysiques</strong> (1641), Descartes faisait place au doute :</p><blockquote>« Je suppose donc que toutes les choses que je vois sont fausses ; je me persuade que rien n’a jamais été de tout ce que ma mémoire remplie de mensonges me représente ; je pense n’avoir aucun sens ; je crois que le corps, la figure, l’étendue, le mouvement et le lieu ne sont que des fictions de mon esprit. Qu’est-ce donc qui pourra être estimé véritable ? Peut-être rien autre chose, sinon qu’il n’y a rien au monde de certain. »</blockquote><p>Quoi qu’il en soit, l’homme a la lourde tâche de construire un nouvel univers construit de toutes briques par son esprit et des outils numériques basés sur la donnée et l’information. Un jour viendra peut-être où la qualité de notre création sera telle que nous ne saurons plus vraiment distinguer le type de réalité dans lequel nous évoluons : le monde virtuel ou le monde réel. À moins que ce dernier ne soit depuis le départ lui-même qu’une simulation.</p><p>Pour en savoir plus : “<a href="https://www.amazon.fr/monde-métavers-guide-pratique-découvrir/dp/B0B8BKCVSW/ref=sr_1_8?__mk_fr_FR=ÅMÅŽÕÑ&amp;crid=1N2INOZWMH5RZ&amp;keywords=perez+charles&amp;qid=1660469058&amp;sprefix=perez+charles%2Caps%2C135&amp;sr=8-8">Le manuel du métavers</a>”</p><p>https://www.amazon.fr/manuel-du-métavers-Charles-Perez/dp/B0BMZD5VDP</p><img src="https://medium.com/_/stat?event=post.clientViewed&referrerSource=full_rss&postId=289acf01d983" width="1" height="1" alt="">]]></content:encoded>
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            <title><![CDATA[La métaphore biologique et spirituelle de l’arrivée d’une intelligence artificielle générale]]></title>
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            <category><![CDATA[technologie]]></category>
            <dc:creator><![CDATA[charles perez]]></dc:creator>
            <pubDate>Fri, 10 Sep 2021 13:15:27 GMT</pubDate>
            <atom:updated>2021-09-10T13:15:27.169Z</atom:updated>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Extrait de l’ouvrage — L’Éden avant la chute : Le déni d’une intelligence artificielle générale</p><h3>La métaphore biologique</h3><p>L’homme, comme de nombreuses autres espèces est dépendante de symbioses. Les bactéries qui sont contenues dans notre corps décomposent les glucides que nous ne pourrions pas digérer autrement. Une dépendance entre des formes de vie de tailles non comparables et pourtant bien essentielles. L’homme et la technologie peuvent-ils vivre en symbiose et exclure la compétition ? La métaphore biologique permettrait de considérer l’homme et les futures machines intelligentes comme deux espèces vivantes en communauté. Les deux sont mouvantes et des jeux subtils de dépendance se tissent entre les deux.</p><figure><img alt="Eden avant la chute le deni une intelligence artificielle perez charles" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*LlyqrK_WWDc0z9luUvxuLA.jpeg" /></figure><p>Nous l’avons vu, depuis sa conceptualisation, l’intelligence artificielle n’a cessé d’affronter l’homme (test de Turing, échecs, go, vision, etc.). La compétition, si elle reste notre format de référence sera néfaste, car alors, nous nous disputerons un jour des ressources essentielles à notre survie. Cette compétition révèle <strong>une forme de déni de notre impuissance face à la machine</strong>. Il faut se convaincre étape après étape, des possibilités offertes par celle-ci. Comme si, attachés à nos valeurs et nos fragilités, nous étions inquiets de la promesse d’une technologie qui garantissait au moins en apparence la réussite.</p><p>Nous avons, au fil des âges, perçu avec plus ou moins d’inquiétude la victoire de l’intelligence artificielle face aux joueurs d’échecs et du jeu de Go. Fallait-il se réjouir d’avoir conçu une machine qui dépasse nos capacités ? Auquel cas, ces évènements auraient-été une fête. Ou se surprendre des possibilités de la machine et s’inquiéter de notre devenir d’homme fragile. Auquel cas, ces évènements auraient dû nous permettre de sortir du déni.</p><p>Tandis que les acteurs économiques se trouvaient tantôt encouragés, tantôt bousculés par le marché et les réussites, le public voyait apparaitre l’automatisation et les algorithmes comme un présent de plus en plus palpable et réel. L’apprentissage, la vision, la linguistique ont peu à peu pris une forme numérique, tout comme l’amitié l’adresse, l’échange ou l’influence.</p><p>Nous ne pouvons remettre en cause l’utilité de nos technologies pour l’amélioration de nos processus et nos sociétés. Le remplacement des tâches difficiles et complexes pour les humains par des machines indique des signes intéressants de symbiose. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Hans_Moravec">Hans Moravec</a> indiquait que le plus complexe en robotique est souvent le plus simple pour l’homme. Les raisonnements de haut niveau seraient-ils plus faciles pour la machine ? On pense à la capacité de se déplacer, de reconnaitre des formes, d’apprendre une démarche, de produire un raisonnement. Ce paradoxe n’est pas accepté par nos nouvelles sciences.</p><p>En intelligence artificielle, on reconnait qu’un raisonnement de haut niveau est particulièrement complexe à reproduire. La question de la conscience dans la machine en est un exemple marquant. On notera toutefois que certaines tâches faciles pour la machine (mémorisation, calculs) sont tout à fait hors de portée des humains. La comparaison des deux laisse entrevoir une complémentarité remarquable. Peut-être est-ce là le secret de son succès et de la coexistence des deux qui est observée aujourd’hui.</p><blockquote>Il y a presque une forme de symbiose entre un adolescent et un smartphone. Un échange de temps et d’énergie, de données et de plaisirs, pour faire subsister l’un dans les bras de l’autre des heures durant.</blockquote><p>La machine apprend des données laissées par les humains pour accomplir des tâches complexes avec des performances remarquables. L’autoorganisation et l’adaptation sont des talents communs entre la nature et l’homme. Les affrontements qui ont marqué l’histoire de l’IA doivent désormais laisser place à cette complémentarité. C’est cette symbiose (du grec σύν sýn, ensemble, et βίος bíos vie) qui a garanti le succès des machines dans notre société. Pour conserver notre vie commune, la valeur et préserver notre humanité, nous devons repenser la relation symbiotique au fil de l’avancée de la machine. Il s’agit de déplacer le point d’équilibre entre les espèces sans pour autant perdre le contrôle.</p><p>La nature révèle deux options. Le mutualisme, une symbiose profitant aux deux espèces, et le commensalisme, une symbiose qui profite uniquement à une espèce sans nuire à l’autre. Nous ne savons pas vers laquelle des options nous nous dirigeons.</p><p>L’intérêt premier du calculateur était de pouvoir effectuer des opérations que l’homme ne pouvait pas accomplir sans erreurs. L’homme utilisait ensuite la machine pour prendre des décisions et l’alimentait avec des formules et des chiffres. L’équilibre tenait au fait que l’homme n’avait aucun intérêt à combattre la machine sur sa dimension calculatoire. Des années plus tard, les machines identifient des maladies de la rétine de manière automatique. Si celle-ci peut mettre en péril certaines dimensions de la profession, l’équilibre tient, car, le médecin peut allouer plus de temps au patient et encourager la dimension humaine qui n’est pas remise en cause par la machine. On pense à la <a href="https://fondamental-suisse.org/medecine-4-p/">médecine aux 4P</a>, plus prédictive, plus préventive, plus personnalisée et participative. Une nouvelle fois, l’homme a pu accepter de céder du terrain en conséquence d’un avantage et d’une longueur d’avance sur des dimensions plus humaines.</p><p>Si à chaque phase d’évolution de l’IA, à chaque montée des eaux, l’homme a dû mettre de côté des compétences qui sont gérées par la machine, il a su s’élever en focalisant ses efforts sur d’autres champs toujours hors de portée. En imaginant l’arrivée de robots capables de supplanter les interactions sociales, d’autres capable d’être au niveau d’un expert, et d’une intelligence artificielle générale en mesure de supplanter l’homme dans tous les domaines, où trouver ce point d’équilibre ? Où trouver la valeur de l’homme, celle qui ne transparait pas derrière une machine, même émotionnelle, qui ne transparait pas dans le savoir-faire, la compétence ou l’intelligence ? Si nous laissons avancer une IAG sans anticiper ce problème, le sens même de notre humanité peut être remis en question sans imaginer une quelconque teneur destructrice de cette technologie. Faut-il s’assurer que le point d’équilibre reste à une portée acceptable de tous ? Faut-il repenser le sens de l’homme au-delà de ses actions, de ses émotions pour lui trouver un talent caché qu’il gardera hors de portée de la machine ? S’agit-il de la conscience ? De la vie, de la mort ?</p><p>Si le point d’équilibre dépasse nos espérances et notre contrôle, alors la symbiose risque de ne plus être d’actualité. La biologie nous apprend la possibilité d’une compétition entre espèces. C’est ce scénario que nous redoutons.</p><h3>Au-delà de la biosphère : la noosphère</h3><p>Si l’analyse de la biosphère nous inspire une réalité possible de nos relations avec la machine intelligente, il convient désormais de voir plus loin et plus haut. La symbiose dont nous avons parlé pourrait prendre la forme d’une <strong>noosphère</strong> chère à Pierre Teilhard de Chardin. Nous retrouvons dans les écrits du prêtre jésuite, scientifique et philosophe, ce concept fort rendu d’actualité.</p><figure><img alt="Eden avant la chute le deni une intelligence artificielle perez charles" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*HrtNe9NAKOmJvIXv4shnkQ.jpeg" /></figure><p>Teilhard de Chardin mentionne initialement le concept de Point Oméga. À l’image de la dernière lettre de l’alphabet grec, il fait référence à une forme de finalité. Un point ultime du développement de la pensée de l’homme. Un point vers lequel convergerait l’univers. Le résultat inévitable d’une augmentation de la complexification de l’univers et de l’espèce humaine.</p><p>Stephen Hawking insistera sur cette notion de complexité, affirmant que le XXIe siècle serait le siècle de la complexité. Le mathématicien et physicien John von Neumann, dans les années 1950, mais aussi bien plus récemment le futurologue Ray Kurzweil utilisent cette notion de<a href="https://www.amazon.fr/Singularity-Near-Humans-Transcend-Biology/dp/0143037889"> singularité technologique</a> pour illustrer le moment hypothétique de notre histoire où la croissance technologique devient incontrôlable et irréversible, entrainant des changements imprévisibles dans la civilisation humaine [2]. Ce dernier est un écho remarquable à ce point Omega sous un angle cosmique et technologique. Dans l’œuvre <em>mon univers</em>, Pierre Teilhard de Chardin décrit sa vision du point Oméga :</p><blockquote>« Comme une sphère rayonnant à partir de centres innombrables, le Monde matériel nous apparait comme suspendu, aujourd’hui, à la conscience spirituelle des hommes. Que nous apprend l’union créatrice sur l’équilibre et l’avenir de ce système ? — Elle nous avertit formellement que le monde que nous voyons est encore profondément instable et inachevé : instable parce que les millions d’âmes (vivantes ou disparues) incluses aujourd’hui dans le cosmos forment un multiple branlant qui a besoin, mécaniquement, d’un centre pour tenir ; inachevé, parce que leur pluralité même, en même temps qu’elle représente une faiblesse, est une puissance et une espérance d’avenir — l’exigence ou l’attente d’une unification ultérieure dans l’esprit […]. Si le monde infrahumain est consolidé par nos âmes à nous, le Monde humain, à son tour, n’est concevable que supporté par des centres conscients plus vastes et plus puissants que les nôtres. Et ainsi, de proche en proche (de plus multiple en moins multiple), nous sommes amenés à concevoir un centre premier et suprême, un oméga, en qui se relient toutes les fibres, les fils, les génératrices de l’univers, — centre encore en formation (virtuel), si on envisage la complétion du mouvement qu’il dirige, mais centre déjà réel aussi, puisque, sans son attraction actuelle, le flux général d’unification ne pourrait soulever le Multiple. » <em>[1]</em></blockquote><p>Suivant la thèse du minéralogiste Vladimir Vernadsky, Teilhard de Chardin utilisera le nom de noosphère afin d’illustrer cette nouvelle étape du développement de la Terre. Suivant la géosphère, puis la biosphère, la noosphère englobe les communications humaines. Cette sphère est d’autant plus concrète aujourd’hui que les satellites naviguent autour de notre planète et que les ondes portent nos messages de cette nouvelle sphère. Le cloud offre un lieu de partage et de fusion des idées et des actes à la fois à nos hommes et à nos machines. La réflexion proposée est particulièrement adaptée à une lecture de nos technologies actuelles de communication cerveau à cerveau.</p><p>Une vision qui a une dimension incontestablement prophétique, non seulement de la mondialisation, mais aussi de l’internet et des avancées en intelligence artificielle.</p><p>En découvrir plus dans l’ouvrage — <a href="https://www.amazon.fr/dp/B09FP4ZKBH">L’Eden avant la chute : le déni d’une intelligence artificielle générale</a>.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/834/1*Pu_KhYhI5yMMr-aCNMjVBQ.png" /></figure><p>[1] « Mon Univers », Œuvres IX, Pierre Teilhard de Chardin, p. 75–76, 1924</p><img src="https://medium.com/_/stat?event=post.clientViewed&referrerSource=full_rss&postId=e4084c97efff" width="1" height="1" alt="">]]></content:encoded>
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            <title><![CDATA[Un Soleil immuable : quand notre vieux compagnon illumine nos arts.]]></title>
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            <category><![CDATA[repère]]></category>
            <category><![CDATA[science]]></category>
            <category><![CDATA[soleil]]></category>
            <category><![CDATA[art]]></category>
            <dc:creator><![CDATA[charles perez]]></dc:creator>
            <pubDate>Sat, 29 May 2021 14:38:18 GMT</pubDate>
            <atom:updated>2021-05-29T14:38:18.637Z</atom:updated>
            <content:encoded><![CDATA[<h3>Un Soleil immuable : quand notre vieux compagnon illumine nos arts.</h3><p>Il y aura toujours un Soleil pour accueillir une journée, qu’elle soit triste, difficile, joyeuse, qu’elle soit la première ou l’ultime de nos existences. Il y aura toujours un Soleil. Comme l’écrivait Louis Aragon, il y aura toujours une aube première… Le Soleil est tout de même âgé de 4,603 milliards d’années. Bien plus âgé que notre Terre dont il est en partie la cause. Comme un repère immuable de nos vies et pourtant constamment en mouvement. Tous les élans de ce monde, microscopiques et macroscopiques, s’émeuvent de voir les choses s’immobiliser sous nos yeux. Du quantique en mouvement et en incertain, à nos objets figés, nos repères sont réguliers.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/640/1*c9uPGjUrpbXhHPKP0bP3Jg.jpeg" /></figure><p>Le Soleil est l’un de ces repères immuables malgré son mouvement de rotation permanent. C’est ce même et fidèle compagnon qui eut éclairé les batailles des Grecs, celles des Romains, les constructions de sept merveilles, dont il vit s’effondrer six, celui qui accompagnait et réchauffait les reflets d’argents de la mer. Celui qui a bercé les premières formes de vie, les mollusques, les algues, les poissons, les reptiles, les insectes, les dinosaures, les oiseaux, les dauphins, les chiens, les chats et bien sûr les primates. Enfin, les primates devenus artistes savent ce qu’ils lui doivent. Il est le précieux collaborateur de nombreux artistes. Précieux au point de lui ouvrir un accès privilégié à leurs ateliers, leurs maisons avec de grandes fenêtres pour lui permettre de s’exprimer et leur permettre de s’exprimer. Léonard de Vinci insistait sur la lumière et sur son rôle dans la création artistique :</p><blockquote>« La sculpture exige d’abord une certaine lumière, c’est-à-dire une lumière d’en haut, et la peinture emporte partout avec elle sa lumière et son ombre ; la sculpture doit son importance à la lumière et à l’ombre. »[1]</blockquote><p>Un Soleil jusqu’à un dieu Aton avec des mains posées sur le monde pour l’Égypte antique. Akhénaton avait réussi l’exploit de propulser le Soleil jusqu’au rang de religion, l’hénothéisme (Figure).</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/358/1*RBJv8FJxqMkHF981jSaD8A.jpeg" /><figcaption><em>Représentation de Athon et de ses rayons solaires qui se terminent par des mains.</em></figcaption></figure><p>Il vit naitre toutes les œuvres de tous les humains et tellement plus. Il s’est levé les jours où la vie n’avait pas de sens, d’existence, il se lèvera les jours où la vie n’aura plus aucun sens. Il était là cette simple et banale journée de 2018. Une journée passée sur les basses terres du Gosier en Guadeloupe. Ce matin d’automne, ses rayons me réchauffaient et les sucriers (oiseaux de l’ordre des Passeriformes) venaient gratter du sucre autour de mon café. Il y était pour quelque chose, à cet instant précis où mon cœur se sentait heureux. Heureux d’appartenir à cet instant du temps et sur ce minuscule bout de terre. Terre dont il faut bénir patience et fidélité. Ce messager du bonheur nous fait un bien sans pareil. Ce qui nous donne envie de vivre et de créer par-dessus tout, je le crois, c’est le Soleil. Quoi de plus normal ? Nous lui devons notre possibilité de vivre, situé à une distance idéale de la Terre qui lui permet de porter la vie. Quelques variations infimes de cette distance auraient condamné toutes formes de vie, réduisant au néant toutes raisons de le contempler. Enfin, miracle parmi les miracles, quand il se cache, il laisse place à un ciel étoilé. Un ciel qui ouvre une porte vers l’infini. Un voyage dans le temps et dans l’espace. Une image céleste qui est peut-être la seule n’ayant pas évolué aux yeux des hommes pendant des millénaires. Elle s’offre à nous la nuit avec autant de facilité qu’elle le faisait à l’aire jurassique. S’il est une chose que les hommes de toutes les époques ont contemplé, c’est le Soleil, les étoiles.</p><p>Il n’est qu’une étoile parmi des milliards, mais il a ceci d’unique, il existe dans le regard d’un être qui pense et qui rêve. Dans le regard d’une espèce créative et imaginative, consciente, si on peut l’être, de sa place au cœur de milliards de milliards de galaxies, elles-mêmes aux milliards d’étoiles. C’est bien cela qui le rend grand. Une ouverture dans un espace lui paraissant sans limites et sans frontières. Cette recherche de liberté porte l’art et ne le contraint pas. Pourtant, notre digitalisation pose la question, de ces barrières, de ces cadres qui bien que virtuels impactent sur nos œuvres.</p><p>[1] Leonard de Vinci, Thoughts on Art and Life, 1906.</p><img src="https://medium.com/_/stat?event=post.clientViewed&referrerSource=full_rss&postId=e4b38b60b7ba" width="1" height="1" alt="">]]></content:encoded>
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            <title><![CDATA[Les leçons d’une poussière de sable et d’une particule pour traverser le temps et l’espace]]></title>
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            <category><![CDATA[temp]]></category>
            <category><![CDATA[particule]]></category>
            <category><![CDATA[espace]]></category>
            <dc:creator><![CDATA[charles perez]]></dc:creator>
            <pubDate>Sat, 29 May 2021 14:31:20 GMT</pubDate>
            <atom:updated>2021-05-29T14:31:20.850Z</atom:updated>
            <content:encoded><![CDATA[<h4>L’homme peut s’inspirer d’une poussière de sable et d’une particule.</h4><p>Deux éléments si petits qu’une poussière de sable et une particule peuvent transmettre à l’homme un rêve, celui de traverser l’espace et le temps.</p><p>La Terre a vu des grains de sable voler au-dessus des océans. Sans métaphore, des poussières de sable du désert du Sahara traversent régulièrement une partie de l’océan Atlantique. Les marins sont les premiers témoins de cette brume aux couleurs de grêles, gris, jaunâtre ou même rougeâtre. Elle peut apparaitre au milieu d’un océan ensoleillé. Ces brumes de sable ont généré sur la côte du Cap Vert, à plusieurs endroits de l’ile, des plages d’un sable clair. Du sable rouge et or sur une ile volcanique qui ne devrait être entourée que de plages de sable noir. Une épopée à peine croyable, sous l’effet du vent, un chemin est rendu possible entre deux côtes séparées de près de 600 kilomètres.</p><p>Nous découvrons une description de ce phénomène dans un vieil article du géographe Camille Vallaux publié dans les annales de géographie en 1930[1].</p><blockquote>« Ces brumes résultent surtout de poussières et de sables fins du désert qui viennent des côtes voisines du continent entre le cap Juby et le cap Vert là où les sables sahariens peuvent aller à la mer sans interposition de crêtes montagneuses. Les brumes de poussières interceptent souvent la vue à une distance de 2 milles ; les plus épaisses, qui, par ciel sans nuages, ne laissent voir le soleil de midi, que comme un disque rouge, sont accompagnées ou suivies de chutes de poussières qui couvrent le pont des bateaux d’une fine couche rouge. […] Ce sont les courants de hauteur (de 1000 à 2000 mètres) qui les transportent, les courants à fleur de sol ayant plutôt le caractère d’une mousson d’est en ouest. Au commencement et au fort de l’été, les brumes et les chutes de poussière diminuent, sans jamais disparaitre entièrement. »</blockquote><p>Les satellites nous offrent désormais la preuve de cette épopée (Figure). Un symbole qui nous laisse croire au pouvoir seul du vent et de la légèreté.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/632/1*sJGGKqtbepdRPkwZbhsIUw.jpeg" /><figcaption>Le 9 décembre 2018, image capturée par l’instrument VIIRS de la NOAA-20 qui balaye la Terre deux fois par jour à une résolution de 750 mètres. Crédit NOAA.</figcaption></figure><p>Une autre aventure traverse l’espace, celle de l’information portée par des particules quantiques intriquées ou dites jumelles. Pour la comprendre, il faut observer le cœur de la matière, l’infiniment petit. Quand bien même deux particules jumelles (par exemple des photons) sont séparées de plusieurs kilomètres, si l’une est modifiée, l’autre se modifie instantanément dans un état dépendant. L’information semble téléportée dans l’espace sans véritable support. On dit de ces particules qu’elles forment un système lié. Lié certes, mais bien indépendant de leurs positions dans l’espace. Ce phénomène promet peut-être l’avenir des communications. Il a été expérimenté en 2007 avec des photons jumeaux situés dans les îles Canaries. Ils furent séparés entre La Palma et Tenerife. L’information quantique portée par les photons a alors parcouru 144 kilomètres instantanément.</p><p>Depuis, un satellite chinois a été en mesure de transmettre des photons intriqués sur Terre à une distance de plus de 1000 kilomètres. Un record absolu et certainement aussi une promesse d’avoir un jour un internet quantique. À court terme, on imagine une cryptographie quantique permettant l’échange de clés de chiffrement, par extension de messages, de manière totalement sécurisée. Cette brique permettant de garder le secret de nos télécommunications numériques deviendrait incassable[2].</p><p>Le public évoque le terme de téléportation quantique et plus justement d’intrication quantique, car il n’y a point de transport de matière. Cette propriété au cœur de l’infiniment petit est source de réflexion sur le sens même de notre univers, de la matière et de la réalité. L’intrication quantique serait-elle l’ultime ressource naturelle ? Si l’on a tout dit de l’intelligence artificielle, on compare l’intrication quantique au fer de notre vieil âge de bronze.</p><p>Pour traverser le temps, traverser les âges, les possibles sont limités et les exemples le sont aussi. L’homme est jeté dans un claquement de temps, il n’y résiste pas. Notre planète tient un destin plus qu’incertain entre ses mains et notre univers est peut-être le seul qui n’en ait pas trop à s’en faire.</p><p>L’homme est prisonnier d’un espace-temps plus que réduit. Pourtant, c’est bien ce référentiel qui lui permet d’ouvrir les yeux et de découvrir les plus belles choses du monde. Souvent, il s’agit de semblables prisonniers inconscients de leur sort : les animaux, les végétaux et autres futurs vestiges, jusqu’à l’horizon des évènements.</p><p>Tombé au milieu de tout ce qui nous semble être. Que ce soit par erreur ou par hasard ? Quelquefois par une suite de conséquences dont les logiques ne nous sont pas trop mal maitrisées. Pour beaucoup d’autres, par une raison d’être si complexe et incompréhensible que tout cela nous parait le plus simplement du monde épatant. Cet espace et ce temps nous dépassent autant qu’ils nous portent. Quelles sont les questions qui importent ? Notre avenir, notre devenir. Quelles que soient les interrogations, elles sont portées par une connaissance si réduite, depuis un instant du temps si présent et un point de l’espace qui font que tout nous dépasse. La seule question sera : pourquoi avons-nous une existence si courte et limitée par un corps qui s’inscrit si fort dans ce temps et cet espace ? Pourquoi cette forme fortuite de vie humaine ? Quel est son sens premier ? La ramener simplement à l’homme, à elle-même semble, un piège de simplisme à éviter. Ce que j’en ai compris est simple.</p><p>Tout me dépasse, et le temps passe. Peu importe où je suis, l’espace me fuit.</p><p>Dans l’histoire de l’humanité, avec ou sans volonté primaire, la création de l’homme est un objet qui défie a minima le temps et l’espace. Cette possibilité est offerte par le langage, le savoir, nos histoires et nos mythes. Certaines de nos créations tiennent le temps d’un souffle sans trop souffrir. Ces images ont permis de contempler des statues de César, des portraits d’inconnus, des masques en Alaska, des peintures à Malaga, des vases en Grèce, tout un ensemble d’Arcs de Triomphe et même des statuettes en ivoire du paléolithique. Certains autoportraits eux aussi n’ont pas trop mal survécu et nos musées les accompagnent dans ce voyage.</p><p>Les anthropologues savent à quel point l’homme sait se faire oublier du temps pour en faire survivre ses créations et ses histoires. Les bhopas du Rajasthan ont démontré une faculté incroyable à se rappeler et à réciter des poèmes longs de milliers de lignes. L’historien William Dalrymple a longtemps étudié ce phénomène[3]. Les mythes et légendes parviennent sans trop de modifications à traverser les âges et les générations. Quelquefois avec support, mais aussi sans autre appui que la transmission verbale et l’effort de mémoire. Nos langues en sont le reflet. Un moyen de transcender les limites de notre corps et de s’offrir une opportunité d’appartenir à un passé toujours vivant. Pourtant, le souvenir pourrait peut-être un jour paraitre un luxe de conservation. J’ai eu écho d’un possible Atlantide, d’un plus sûr Colosse de Rhodes, de la bibliothèque d’Alexandrie et de nombreuses merveilles successivement tombées dans l’oubli, comme échouées du temps.</p><p>Dans une quête de stabilité et comme pour traverser le temps et naviguer l’espace, l’homme s’est offert une quête, un pouvoir. Ce pouvoir est celui de construire un mythe et un savoir capables de perdurer et d’expliquer ce qu’il y a de plus impensable au monde : la vie, le temps, l’univers. Dans cette quête de compréhension et de création d’une ressource à partager, <em>homo sapiens</em> a recours à des métaphores de différentes natures. La première est scientifique. Celle qui représente le monde avec des chiffres, des équations, des modèles, des créations symboliques. Cette métaphore est extraordinairement juste, ce qui continue de surprendre les plus grands penseurs. Cependant, elle reste à jamais incomplète. L’autre plus imagée et artistique est celle du mythe. Ce mythe porte en lui une réalité perceptible au travers de la culture et des croyances. Les deux images se complètent et offrent à l’homme une richesse d’interprétation et de compréhension du monde qui a séduit à toutes les époques, les scientifiques, les philosophes et les artistes.</p><p>[1] C. Vallaux, Les brumes et les poussières aériennes dans la zone des îles du Cap-Vert, Annales de géographie, 1930.</p><p>[2] Ross Donaldson, Gerald Buller, and Alessandro Fedrizzi Satellite-based quantum communications (Conference Presentation), Proc. SPIE 11134, Quantum Communications and Quantum Imaging XVII, 2019.</p><p>[3] William Dalrymple, The Singer of Epics in Nine Lives, Bloomsbury, 2009.</p><img src="https://medium.com/_/stat?event=post.clientViewed&referrerSource=full_rss&postId=3475df82a0b6" width="1" height="1" alt="">]]></content:encoded>
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            <title><![CDATA[Le paradoxe du temps et de l’instabilité]]></title>
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            <dc:creator><![CDATA[charles perez]]></dc:creator>
            <pubDate>Sat, 29 May 2021 14:17:38 GMT</pubDate>
            <atom:updated>2021-05-29T14:23:36.115Z</atom:updated>
            <content:encoded><![CDATA[<h4><em>Un visage de mots dans le paradoxe du temps.</em></h4><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/762/1*XoQQq0Ygbe4ugYz0ZVpkAg.png" /></figure><p>L’homme est enfermé dans un paradoxe du temps où il semble malgré lui appartenir à un présent qui ne lui offre que des images furtives du passé. Le souvenir lui ouvre une porte vers ce dernier et un espoir d’avenir. Il règne assis au milieu de ce présent en constant mouvement. Un symbole d’instabilité porté par un environnement changeant, mais aussi par sa propre évolution. Cet être changeant par nature est au reflet d’un monde qui se modifie autour de lui et à chaque instant. Entrainé à son insu dans le mouvement de cette barque pas toujours sacrée de la vie, au fil du temps, il observe un paysage volatile. Son reflet dans l’eau, l’air, le feu et la terre le fera évoluer. Son trajet constitue l’expérience qui grandit en lui. Au point même, par moment, que certaines de ses pensées s’établissent comme des convictions et des vécus comme souvenirs.</p><p>Les technologies auraient un pouvoir surprenant. Elles iraient jusqu’à créer des souvenirs que nous n’avons pas connus. Des souvenirs vécus par procuration au travers des images que nous consultons sur les appareils qui nous accompagnent. Des souvenirs qui ne font pas partie de notre histoire.</p><p>L’homme fluctue en permanence au milieu de croyances et d’idées qui se créées et s’effacent, sans pour autant sombrer, au milieu d’un monde qui se fait et se défait, et qui surtout nous dépasse. De ces cellules qui se meurent, se créent et se multiplient et qui se comptent en milliards dans notre organisme en constante organisation. De ces milliards de pixels qui changent nos perceptions, de ces innombrables idées posées sur peu de choses et souvent un peu sur tout. De ces mots lus, de ces mots prononcés, entendus, de ces images perçues, mémorisées et parfois oubliées. Ce que nous sommes s’ancre dans un perpétuel mouvement, dans un monde en perpétuelle révolution, porté par les astres, les planètes, les autres et par son miroir. Des hommes instables, dans une instabilité quasi permanente et à toutes les échelles. L’univers dicte cette instabilité derrière une apparence grossièrement stable. Tout tourne, tout bouge et la matière se promène dans un mouvement et un échange d’énergie, dans une multitude de référentiels, et quelques dimensions spatiales et temporelles ; spatiotemporelles, nous a-t-on appris. À toutes les échelles, on vibre, on se choque, on interagit, on disparait et on apparait, on vit et on meurt, on croît et on s’effondre.</p><p>Conséquence de cette instabilité pourtant si stable, l’homme, ses émotions et ses décisions peuvent s’évanouir ou se créer sous l’effet d’une réalité anecdotique. Le psychologue et prix Nobel d’économie, Daniel Kahneman avait mis en évidence l’une de nos multiples failles — une information nouvelle peut faire basculer une position acquise et changer une décision, une croyance et certainement un avenir en un rien de temps[1]. En ce sens, une partie de ce qui constitue l’homme est et restera inconsistante, tandis que la science nous en offre souvent un semblant de consistance, précisément et souvent derrière un inconnu cognitif et loin d’être matérialiste.</p><p>Les sciences, moles ou dures, s’assouplissent dans les mains de l’homme. Si le philosophe grec Héraclite se plaisait à dire que personne ne se baigne deux fois dans le même fleuve, les bras asséchés du Nil nous rappellent que le fleuve ne se couche plus toujours dans le même lit. L’homme ne se baignera jamais deux fois dans la même réalité ni dans un même esprit, ni dans le même temps, le même présent. Plus justement, on devrait lire : l’homme ne se baigne jamais deux fois dans le même conscient, dans la même information. Il ne se promènera jamais deux fois avec le même homme.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*rzyxvNjAGOtKfJ0ofVgZ8Q.png" /><figcaption>Le rio Madre de Dios accompagné de se rivière volante (Bolivie).<em> Theo Allofs/Biosphoto</em></figcaption></figure><p>L’esprit du fleuve Amazone sort parfois de son lit pour nous offrir des images étonnantes. Sous certaines conditions climatiques, des nuages se forment au-dessus de son lit. Ces nuages dessinent une rivière aérienne parallèle qui suit le cours du fleuve. Une partie d’elle semble alors s’élever vers les cieux, elle forme une rivière volante.</p><p>C’est un chemin que pourrait suivre l’homme numérique.</p><p>[1] Daniel Kahneman, Système 1 / Système 2 : Les deux vitesses de la pensée, 2011.</p><img src="https://medium.com/_/stat?event=post.clientViewed&referrerSource=full_rss&postId=f084f7020fee" width="1" height="1" alt="">]]></content:encoded>
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            <title><![CDATA[Le merveilleux pouvoir du langage et de l’art]]></title>
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            <category><![CDATA[musique]]></category>
            <category><![CDATA[science]]></category>
            <category><![CDATA[beauté]]></category>
            <category><![CDATA[art]]></category>
            <dc:creator><![CDATA[charles perez]]></dc:creator>
            <pubDate>Thu, 27 May 2021 11:11:31 GMT</pubDate>
            <atom:updated>2021-05-27T11:11:31.533Z</atom:updated>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Les anthropologues ont largement constaté qu’une langue porte la mémoire du temps. Le langage est un symbole de ce que le plus simple peut permettre de créer et de transformer en articulations complexes. De simples phonèmes au nombre limité. Notre espèce articule des mots qui portent un sens et autorise la communication. Un miracle aussi fort que celui porté par la musique et dont les constituantes ne sont que de modestes notes. Notes dont les agencements subtils et organisés peuvent vous offrir une profondeur d’émotion sans comparaison. Nous ne pouvons pas dresser raisonnablement une liste exhaustive des œuvres qui offrent cette forme de miracle (p.ex. L’œuvre de Franz Schubert — Piano Trio in E flat, op. 100.)</p><iframe src="https://cdn.embedly.com/widgets/media.html?src=https%3A%2F%2Fwww.youtube.com%2Fembed%2FkI1O7HX2TKk%3Ffeature%3Doembed&amp;display_name=YouTube&amp;url=https%3A%2F%2Fwww.youtube.com%2Fwatch%3Fv%3DkI1O7HX2TKk&amp;image=https%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2FkI1O7HX2TKk%2Fhqdefault.jpg&amp;key=a19fcc184b9711e1b4764040d3dc5c07&amp;type=text%2Fhtml&amp;schema=youtube" width="854" height="480" frameborder="0" scrolling="no"><a href="https://medium.com/media/d1e3efd426c4c3219f95a33929ffa33b/href">https://medium.com/media/d1e3efd426c4c3219f95a33929ffa33b/href</a></iframe><p>Ce sont ces chefs-d’œuvre qui nous illustrent toute la richesse que l’on peut construire sur la base d’éléments qui, séparés, paraissent après tout élémentaires. Un miracle recherché par tous les artistes, mais qui garde un secret semblant inexplicable et non automatisable. Un reflet des raisons qui peuvent pousser des scientifiques à imaginer la conscience émerger de briques assez simples. Une conscience qui pourrait se percevoir comme une double intégration de l’information et des signaux. Une propriété qui émergerait à l’échelle de l’ensemble et que l’on ne peut expliquer simplement à des échelles plus réduites. Une propriété émergente. À cette image, certaines phrases symbolisent tellement plus que leurs simples termes. Ce pouvoir s’illustre merveilleusement bien dans les premiers vers du poète Louis Aragon, Que serais-je sans toi, dans <em>le roman inachevé</em> publié en 1956. Vous y trouverez bien plus que ces mots :</p><blockquote>« Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre</blockquote><blockquote>Que serais-je sans toi qu’un cœur au bois dormant</blockquote><blockquote>Que cette heure arrêtée au cadran de la montre</blockquote><blockquote>Que serais-je sans toi que ce balbutiement »</blockquote><p>En plus de porter les émotions, la langue a ce dernier pouvoir, celui de porter l’histoire et le savoir, celui de conter l’histoire des hommes. Nous pouvons affirmer que l’histoire des hommes s’écrit avec l’histoire des langues et inversement[1]. La phylogénie des langues austronésiennes étudiant les liens entre les langues apparentées révèle le voyage pionnier des anciens marins du sol de Madagascar jusqu’à l’ile de Pâques.</p><p>L’écriture est, elle aussi, une évolution majeure comme le rappelle Stephen Hawking. Sa naissance signifiait que « les informations pouvaient être transmises de génération en génération, autrement que génétiquement via l’ADN. » Le premier passage de l’homme comme un être créateur d’une ressource réutilisable et synonyme de progression, de savoir, de connaissance et d’une science qui ne devra plus s’effacer.</p><p>Nous nous sommes extraits peu à peu de nos contraintes d’espace et de temps. Les technologies étendent ces ambitions et de telles possibilités. L’homme veut alors préserver ce qu’il a créé et lui faire dépasser les limites pour lui offrir une chance. Chance de le sauver, chance de se sauver. Le savoir doit désormais atteindre des distances temporelles et des durées spatiales hors normes. La conservation de ce patrimoine est un enjeu clé dans une époque de doute et de transformation.</p><p>[1] M. Ben Hamed et P. Darlu, Gènes et Langues : une longue histoire commune ? Les Bulletins et Mémoires de la Société d’Anthropologie de Paris, 2008.</p><img src="https://medium.com/_/stat?event=post.clientViewed&referrerSource=full_rss&postId=81e233fa2504" width="1" height="1" alt="">]]></content:encoded>
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            <title><![CDATA[Le jour où l’humanité a envoyé son savoir dans l’espace]]></title>
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            <category><![CDATA[savoirs]]></category>
            <category><![CDATA[bouteille-à-la-mer]]></category>
            <category><![CDATA[sauvegarde]]></category>
            <category><![CDATA[disque-du-savoir]]></category>
            <category><![CDATA[cosmique]]></category>
            <dc:creator><![CDATA[charles perez]]></dc:creator>
            <pubDate>Thu, 27 May 2021 11:11:15 GMT</pubDate>
            <atom:updated>2021-05-27T14:37:45.897Z</atom:updated>
            <content:encoded><![CDATA[<h4>Le message porté par une bouteille à la mer cosmique.</h4><p>Le message envoyé comme une bouteille à la mer interstellaire est signé du 39ème président des États-Unis, Jimmy Carter en 1977. Les mots sont signés à destination d’une autre civilisation :</p><blockquote>« Ceci est un cadeau d’un petit monde lointain, un gage de nos sons, notre science, nos images, notre musique, nos pensées et nos sentiments. Nous essayons de survivre notre temps afin que nous puissions vivre dans le vôtre. Nous espérons qu’un jour, après avoir résolu les problèmes auxquels nous sommes confrontés, nous rejoindrons une communauté de civilisations galactiques. Cet enregistrement représente notre espoir et notre détermination, et notre bonne volonté dans un univers vaste et impressionnant. »</blockquote><p>Pour comprendre le sens de cette tentative, il faut rappeler que l’on cherche désespérément des traces de vie sur d’autres planètes. Nous ne pouvons pourtant nous imaginer seuls, nous ne voulons pas l’accepter et pour cause, les mathématiques nous l’interdisent, au travers de la célèbre équation de Drake. Cette dernière permet d’estimer le nombre de civilisations extraterrestres existant dans notre galaxie et avec lesquelles nous pourrions entrer en contact un jour[1]. Sous un scénario fort, l’équation mènerait à plus de 36 civilisations extraterrestres dans notre Voie Lactée. Un chiffre à prendre avec extrême prudence.</p><p>C’est bien à l’inconnu que l’on adresse notre œuvre. En plus d’une bande sonore ont été sélectionnées 116 images, afin de faire parler notre humanité en quelques clichés. Une tache menée par un comité dédié sous la direction de Carl Sagan. Parmi les secrets les plus importants que renferme ce disque, il est bien évidemment celui de la vie. Enfin, ce que nous en maitrisons. Dans l’ordre des images, on perçoit l’histoire qui souhaite être comptée à ces extraterrestres, l’essence même au plus simple de ce qui nous fait. Les premières images sont mathématiques, comme un reflet de cette représentation universelle de notre monde et qui aura pour mérite de figer à minima les choses. Elles donnent un référentiel de temps et de taille qui sera présent sur presque toutes les autres images.</p><p>Tout commence avec la représentation des atomes essentiels à la vie : l’hydrogène, le carbone, l’oxygène, l’azote, le soufre et le phosphore. Nous les percevons comme les composants premiers constitués d’un noyau et d’un nombre variable d’électrons. Ces composantes sont nécessaires à la vie en même temps qu’elles composent à elles seules presque toutes les formes de vie. Le corps humain par exemple est composé d’oxygène, de carbone et d’hydrogène. Ils représentent respectivement 65 %, 18,5 % et 9,5 % du poids total corporel.</p><p>Leurs agencements combinés sont présentés. La molécule et les macromolécules, les bases (nucléiques) de la vie : la thymine, l’adénine, la cytosine et la guanine. Des assemblages astucieux de ces atomes dont la nature de l’apparition sur Terre garde encore des secrets.</p><p>Sur les images suivantes, nous comprenons que certaines bases peuvent se maintenir ensemble, grâce à des liaisons hydrogène. C’est ainsi que l’adénine se lie à la thymine et la guanine à la cytosine. Une complémentarité essentielle qui permet à la vie de se dupliquer, à l’information de se transmettre. S’en suit la double hélice, l’ADN. Cette molécule extraordinaire dispose d’un design aussi élégant qu’important pour porter la vie. Des strates de couples de bases s’empilent et s’accrochent les unes aux autres. Nous parcourons ensuite les images de la division cellulaire qui apparaissent en même temps que celles de la réplication de l’ADN. Elles donnent un premier sens à la vie. Elles dévoilent une partie de son secret, une hélice qui se dédouble pour mieux perdurer et reproduire ce qu’elle est. Et puis, l’image d’un humain apparait déjà en coupe. Erwin Chargaff, Rosalind Franklin, Oswald Theodore Avery, James Dewey Watson, Francis Crick. Des années de recherche et de découvertes regroupées et résumées en quelques images qui en disent long.</p><p>L’anatomie est ensuite détaillée, puis les cellules, le fœtus, la naissance, la famille, l’amour et tant d’images simples, mais si essentielles.</p><p>Des choses universelles, souvent banales et classiques dans nos vies. Des choses qui sont pourtant uniques et rares quand on les pense en dehors de notre planète, en dehors de nos existences. Il doit y avoir quelque chose ailleurs et c’est à cet ailleurs que l’on envoie l’image de la Terre. Les hommes, la géographie, la botanique, les animaux, la culture, le sport, l’agriculture, l’architecture, la médecine, des scènes de la vie quotidienne, le soleil et la musique.</p><p>De ces domaines ont été choisis quelques hommes et quelques œuvres parmi des milliards. Beethoven, l’opéra de Sydney, Andromède, le Soleil, Jupiter, Saturne, la Terre, l’homme et des inconnus de toutes cultures. À ceux-là appartient un semblant d’éternité. Un séquoia, un dauphin, une danseuse de Bali, une maison, la muraille de Chine, le Taj Mahal, le rayon X, le microscope, le Golden Gate, l’ordinateur, les voitures, une ville. Déjà une forme de vertige. Un livre, ou plus exactement une page du très essentiel classique d’Isaac Newton <em>System of the world</em>[2]. Si vous ne l’avez pas lu, dépêchez-vous. Des extraterrestres le feront peut-être avant vous ! Un cosmonaute, une fusée, un coucher de soleil, la musique. Toutes ces choses ont un sens juste et précis dans nos vies. Des choses uniques au regard de nos artistes et des observateurs de l’au-delà. Ces choses qui, on le sait aujourd’hui, n’ont que peu de chance de survivre aux côtés de leurs créateurs. Leurs représentations nous survivront sans beaucoup de doute. Peut-être que cela suffira à leur offrir une nouvelle vie, une forme d’éternité en dépassant l’humanité.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/448/1*CnbniAIUmQMwkJKHjLzQYA.png" /><figcaption><em>Image du disque de voyager. Il contient des instructions précieuses nécessaires à sa lecture.</em></figcaption></figure><p>De si loin, le disque nous regarde, mais ne nous voit plus. De l’autre côté, nous regardons le ciel, vers le disque, mais nous ne le percevons plus. Il semble si loin, comme sorti du temps.</p><p>Ces choses existentielles existent-elles ?</p><p>Maintenant, elles semblent hors du temps</p><p>Hors de notre temps</p><p>De si loin, il semble ne plus avoir aucun sens</p><p>Nous le croyons disparu un instant dans le silence</p><p>Dans l’espace</p><p>Et puis…</p><p>Nous tournons le disque</p><p>Le temps réapparait</p><p>Il se force d’être partout, même au plus loin, au milieu de rien. Il a eu raison de nous, car pour lire ce disque, il faut une mesure du temps. Nous percevons les instructions de sa lecture sur son recto (Figure). Ce temps de lecture qui lui permet d’être compris. Pour en étudier les détails, il faut se référer à la description officielle de la NASA. En effet, dans le coin supérieur gauche du disque se trouve un dessin de phonographe et du stylet qui l’accompagne. Autour de cette illustration en arithmétique binaire est inscrit le temps correct d’une rotation de l’enregistrement. Le temps apparait donc, mais doit être précisé. La rotation vaut 3,6 secondes. Pour assurer sa compréhension, cette période est exprimée en unités de 0,70 milliardième de seconde, soit la période associée à une transition fondamentale de l’atome d’hydrogène.</p><p>Pour refléter encore un peu plus l’importance de ce temps sur cette face de disque, observons sa galvanoplastie. Cette technique d’orfèvrerie qui sert à la reproduction d’objets en utilisant un moule relié au pôle négatif d’une pile et qui se recouvre alors d’une couche de métal. La galvanoplastie sur la pochette du disque est une source ultra-pure d’uranium-238 avec une radioactivité d’environ 0,00026 microcurie. La décroissance régulière de cette source d’uranium en isotopes filles en fait une horloge radioactive. La moitié de l’uranium-238 devrait se désintégrer en plus de 4,5 milliards d’années. Les récepteurs extraterrestres pourraient alors, en examinant cette zone de deux centimètres de diamètre, calculer le temps écoulé depuis que l’uranium a été placé. Pour cela, il leur faudrait simplement mesurer la quantité d’éléments filles de l’uranium 238 restant[3]. Encore une question de temps. Comme si le secret de toute compréhension venait finalement de lui. Un sublime message qui s’est offert à nous en imaginant et en créant ce disque. Le temps est bien à l’origine du tout. Le savoir et la vie reposent et baignent dans ce temps. En dehors, ils n’ont plus aucun sens.</p><p>[1] Frank D. Drake Is anyone out there? the scientific search for extraterrestrial intelligence, Delta Book/Dell Pub, 1994.</p><p>[2] Isaac Newton, De mundi systemate, 1728.</p><p>[3] Adapté depuis la page The Golden Record Cover, <a href="https://voyager.jpl.nasa.gov/golden-record/golden-record-cover/">https://voyager.jpl.nasa.gov/golden-record/golden-record-cover/</a></p><img src="https://medium.com/_/stat?event=post.clientViewed&referrerSource=full_rss&postId=838491db4c38" width="1" height="1" alt="">]]></content:encoded>
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            <title><![CDATA[Quand le savoir et la vie s’écrasent sur notre lune]]></title>
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            <category><![CDATA[savoirs]]></category>
            <category><![CDATA[lune]]></category>
            <category><![CDATA[arche]]></category>
            <dc:creator><![CDATA[charles perez]]></dc:creator>
            <pubDate>Thu, 27 May 2021 11:10:52 GMT</pubDate>
            <atom:updated>2021-05-27T11:10:52.508Z</atom:updated>
            <content:encoded><![CDATA[<h4>Une arche du savoir</h4><p>Les premières traces du genre <em>homo</em> remontent à 2,5 millions d’années. Nous sommes en quelque sorte les vestiges de cette histoire. De quoi avons-nous hérité d’autres ? Les Égyptiens ont réussi dans une quête presque obsessionnelle de l’éternité à transmettre une partie des 3000 ans d’histoire de leur civilisation. Cet exploit a été rendu possible au travers des objets, des écrits hiéroglyphiques gravés sur les murs ou posés sur des papyrus (par exemple le livre des morts), mais aussi des joyaux architecturaux dont la construction garde encore des mystères. J’espère que ces œuvres parcourront encore quelques millénaires supplémentaires. Elles savent se cacher des hommes pour mieux se conserver. En comparaison, nos hommes modernes et numériques semblent parfois de modestes contributeurs à des empires virtuels, qui s’effacent en un clic.</p><p>Protéger le savoir et assurer la persistance de notre connaissance est une tâche lourde de symboles et d’importance. En particulier quand on espère lui faire dépasser le temps et surmonter l’espace. Nova Spivack est le cofondateur de l’organisation <em>The Arch Mission Foundation</em><strong><em>[1]</em></strong>. Sa mission est simple : assurer la préservation de la connaissance humaine, l’assurer face au risque grandissant que porte <em>homo sapiens</em> sur lui-même et sur la planète. Préservation imaginée au mieux et au plus loin dans le temps. Les solutions envisagées sont multiples et ne se limitent pas à un lieu de stockage sur Terre. Pour la préservation, d’autres astres du système solaire sont envisagés. La Lune en fait partie. L’entrepreneur américain confie : « Notre travail est la sauvegarde matérielle de cette planète. Notre rôle est de nous assurer que nous protégeons notre patrimoine. À la fois nos connaissances et notre biologie. Nous devons en quelque sorte planifier le pire. »</p><p>Pour assurer cette mission, dans la lignée du disque de Voyager, une équipe a travaillé à l’élaboration de 25 disques de nickel. Ces derniers peuvent résister à plus de mille degrés et ne s’altèrent pas au contact des rayons cosmiques. Ils semblent donc prêts pour le passage du temps. Ils resteraient lisibles après plus de 14 milliards d’années. Un différentiel qui fait se demander à quoi servent nos mots qui s’effacent à peine posés sur un bout de papier ou un coin de digital. Toutes les autres œuvres semblent, d’un seul coup, irrésistibles et si fragiles. Peut-être est-ce finalement cela qui leur donne un sens, une sensibilité ?</p><p>Plus qu’une pierre, symbole de la ruine du passé, plus qu’un débris, symbole de l’écroulement, plus qu’un bruit sortant du silence. Il restera de lui quand il ne restera plus rien. Comme si le toucher nous réduirait instantanément en état de cendre. Pour se faire une idée de ce parfum de temps, rappelons que la Terre à 4,543 milliards d’années et qu’elle cessera d’être habitable d’ici 1,75 à 3,25 milliards d’années[2]. Ne parlons pas de notre passage, de votre passage et du mien. Ils ne valent même pas un claquement de doigts.</p><p>Une version de cette arche de nickel fut embarquée dans la sonde spatiale SpaceIL Beresheet en 2019. Beresheet dont le nom symbolique correspond au premier mot de la bible signifiant « au commencement ». Il est profond de sens et s’associe aux termes bara (il a créé), berit (l’alliance), et shit (le fondement). Cette sonde fut placée en orbite le 22 février 2019 par la fusée Falcon 9 de SpaceX. L’une des nombreuses entreprises fondées et dirigées par l’entrepreneur à succès Elon Musk. Le 4 avril, la sonde est cette fois placée sous orbite lunaire.</p><p>L’arche comporte 30 millions de pages Wikipédia, mais également d’autres formes de savoir et d’information. C’est peut-être bien cela notre contribution majeure de ce siècle, une encyclopédie collaborative en ligne et plus complète que jamais. Une œuvre digitale pour remplacer les autres : les temples, la grande muraille, les cathédrales, les pyramides, les peintures rupestres. Notre dernière œuvre a un avantage considérable, c’est une œuvre mobile, légère, qui peut se répliquer sans effort. Quelques attributs communs avec la vie qui peut-être lui permettront de survivre aussi longtemps ?</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/566/1*p66RgZrLaGuH7WawbK8lEw.jpeg" /><figcaption><em>Le tardigrade est une espèce extrémophile.</em></figcaption></figure><p>Le disque contenait justement des briques de la vie. Des échantillons d’ADN humains ont été ajoutés au dernier moment ainsi qu’un ensemble de petits êtres bien particuliers. Les tardigrades ou oursons d’eau (Figure). D’un peu plus d’un millimètre, ces marcheurs lents sont des eucaryotes très résistants. Ils peuvent survivre dans des conditions extrêmes grâce à leur talent de cryptobiose. Figeant totalement leur état en l’absence d’eau, cet extrémophile se régénère dans des conditions favorables. En laboratoire, on les a observés jusqu’à neuf ans dans un état de cryptobiose. Solide au point de vivre en Himalaya et même de survivre dans les glaces profondes. Nous ne leur connaissons pas vraiment de limites. C’est finalement peut-être même sa présence qui a permis au disque de résister.</p><p>Dans les derniers jours avant le lancement, il a été décidé de l’intégrer au disque. Précisément entre les 25 disques, de la résine encapsule les petits êtres. Quelques milliers de tardigrades emprisonnés, mais ayant finalement pour effet de rendre plus robustes les strates de nickel. Un détail qui a son importance, car dans sa tentative d’alunissage, l’explorateur privé israélien finira par s’écraser le 11 avril 2019 sur le sol lunaire. La mission est un échec, il est détruit, mais l’arche a peut-être survécu. Cet ajout de dernière minute a permis de consolider les disques. Les scientifiques sont confiants sur les chances d’une bibliothèque lunaire intacte.</p><p>Ce projet révèle la volonté de l’homme d’offrir à son savoir une quête d’immortalité. Adresse-t-il se savoir à lui-même ou à une forme de vie extraterrestre ? En retenant la seconde hypothèse, la prudence serait de mise.</p><p>En 2015, Yuri Milner et Stephen Hawking ont encouragé la recherche de formes de vie extraterrestre au travers du programme<em>Breakthrough Initiatives</em>. En particulier les programmes <em>Breakthrough Message</em> et <em>Listening</em> visant à écouter les messages qui proviendraient de l’espace et à en transmettre[3]. L’objectif est de construire des messages qui pourraient être lus par une civilisation avancée. Nous sommes alertés cependant au sujet du risque de répondre à un éventuel message : « Nous devons nous garder de répondre jusqu’à ce que nous ayons développé un peu plus loin notre technologie. Rencontrer une civilisation plus avancée, à notre stade actuel, pourrait être un peu comme les premiers habitants d’Amérique rencontrant Christophe Colomb. »</p><p>Pour aller plus loin, il faudrait faire encore plus petit qu’un disque, plus léger. Une nouvelle fois, la vie nous apporte une solution.</p><p>[1] <a href="https://www.archmission.org/">https://www.archmission.org/</a></p><p>[2] Catling, D. C., Krissansen-Totton, J., Kiang, N. Y., Crisp, D., Robinson, T. D., DasSarma, S., et al.. Exoplanet Biosignatures: A Framework for Their Assessment. <em>Astrobiology</em>, <em>18</em>(6), 709–738, 2018.</p><p>[3] Rachel Feltman, <a href="https://www.washingtonpost.com/news/speaking-of-science/wp/2015/07/20/stephen-hawking-announces-100-million-hunt-for-alien-life/?tid=sm_tw">« Stephen Hawking announces $100 million hunt for alien life »</a>, Washington Post, 20 juillet 2015.</p><img src="https://medium.com/_/stat?event=post.clientViewed&referrerSource=full_rss&postId=70b424d2ac8a" width="1" height="1" alt="">]]></content:encoded>
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