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Le Double

Livre


Description ajoutée par servalent 2026-03-11T13:54:39+01:00
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Résumé

Il est des écrivains dont la voix traverse les siècles avec une puissance intacte. Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski est de ceux-là. Romancier de l'âme humaine, il a scruté, comme peu l'ont fait avant ou après lui, les abîmes de la conscience, les failles du moi, les tensions entre liberté et fatalité, entre lumière et ténèbres. Et si ses grands romans — Crime et Châtiment, Les Frères Karamazov, L'Idiot — sont justement célèbres, Le Double, œuvre de jeunesse encore trop peu lue, mérite une attention particulière.

Publié en 1846, Le Double met en scène Iakov Petrovitch Goliadkine, petit fonctionnaire de Saint-Pétersbourg, insignifiant, timide, maladroit, qui voit surgir dans sa vie un homme identique à lui en tout — traits, nom, voix — qui mais triomphe là où échoue : socialement, professionnel, affectivement. Est-ce une hallucination ? Un double réel ? Le fruit d'une démence naissante ? Dostoïevski ne tranche pas, et c'est là toute la force du livre : il installe le lecteur dans un malaise diffus, dans cette zone trouble entre rêve et réalité, entre la psychose et le fantastique.

Le style de Dostoïevski ici est sobre, tendu, acéré. Chaque phrase semble porter le poids d'un déséquilibre intérieur. L'humour noir affleure souvent, comme un contrepoint grinçant à la tragédie du personnage. Ce n'est pas un roman spectaculaire : c'est un huis clos mental, un combat silencieux entre un homme et lui-même. Et c'est vertigineux.

Dans notre époque marquée par l'angoisse de l'identité, la fragmentation du moi, les doubles virtuels et les faux-semblants sociaux, Le Double résonne avec une acuité troublante. Il est impossible de refermer ce livre sans se demander : « Et si moi aussi, quelque part, un autre moi agissait à ma place ? »

Lisez Le Double Pas seulement parce qu'il est court, intense, et superbement écrit. Mais parce qu'il touche à cette énigme intime que chacun porte en soi : qui suis-je, lorsque je ne suis plus tout à fait moi ?

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Classement en biblio - 174 lecteurs

Diamant
22 lecteurs
Or
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Argent
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Lu aussi
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En train de lire
5 lecteurs
Pas apprécié
11 lecteurs
Envies
97 lecteurs
PAL
61 lecteurs

extrait

Extrait ajouté par Didie6 2014-10-17T21:03:16+02:00
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L'amour abstrait de l'humanité est presque toujours de l'égoïsme.

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Commentaires récents

Commentaire ajouté par estrildis 2026-05-15T10:53:11+02:00
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Pas apprécié

Insupportable à lire ... J'avais commencé ce livre avant Noēl avant de l'abandonner rapidement pour finalement me forcer à le finir. J'aurais vraiment pu l'apprécier sans le rappel à chaque phrase du nom complet des interlocuteurs (prénom + patronyme) et sans la succession de scènes identiques tout au long du livre.

Après si le but était de rendre fou le lecteur, c'est une réussite.

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Commentaire ajouté par servalent 2026-03-12T13:50:21+01:00
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Diamant

Ce livre a vu le jour pour la première fois en 1846 (notez que le terme psychose a été introduit en 1845 !) : à la fin du XIXe siècle, on parlait de « démence précoce », tandis qu’au début du XXe, on évoquait plutôt la schizophrénie… C'est en 1898 que Kraepelin a établi la première classification des psychoses et névroses. Cependant, Dostoïevski n'était pas satisfait de sa rédaction et aurait souhaité la réécrire complètement.

Un récit fascinant et hallucinant, frappant et déstabilisant, qui fait écho à « le journal d'un fou » ou « le manteau », rendant ainsi hommage à Gogol en passant. Avec son style torturé, l'écrivain souligne de manière frappante les paroles singulières et la narration saccadée de la « folie » dont le rythme s'intensifie.

Un récit de démence, de bataille intérieure qui scinde le personnage Goliadkine, un modeste fonctionnaire : son alter ego l'accompagne constamment dans sa vie courante à Saint-Pétersbourg. Dans une situation non seulement absurde mais également comique, rien ne lui est épargné, l'emportant dans un tourbillon de paranoïa qui finira par l'envoyer à l'asile.

Est-ce un double ou une apparition fantomatique provenant de son esprit perturbé ?

Il me semble que la question, ouverte à l'interprétation du lecteur, peut être étendue à un enjeu plus vaste que Dostoïevski chérissait : Où se situe la limite entre le Délire et la Réalité ?

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Commentaire ajouté par Shivalee 2026-02-28T14:42:32+01:00
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Bronze

C’était épuisant.

Pas au sens négatif du terme. Épuisant parce que suivre Goliadkine demande un effort constant, presque physique. Dès les premières pages, on sent que quelque chose cloche. Et plus on avance dans sa folie, sa paranoïa, son sentiment de persécution, plus le récit s’emballe. Tout s’accélère, tout se brouille, sans jamais nous laisser le temps de remettre de l’ordre, de respirer, de réfléchir calmement à ce que l’on vient de lire, ou plutôt à ce que l’on vient de traverser avec lui.

Car on ne quitte jamais Goliadkine. Jamais. On est enfermé dans son esprit, happé dans l’abîme où il glisse lentement. Est-ce la folie ? Un complot ? Le burn-out d’un homme écrasé par une société rigidement hiérarchisée, obsédée par le statut et les apparences ? Au fond, ces questions finissent presque par perdre leur importance.

Ce qui reste, c’est la souffrance.

Dostoïevski décrit la spirale avec une telle précision qu’elle devient contagieuse. On se sent aspiré, vidé. L’énergie de sourire, de juger, de prendre du recul s’effrite au fil des pages. Il n’y a plus vraiment de distance possible. On n’analyse plus, on endure.

Le monde autour de Goliadkine, bureaucratique, codifié, impitoyablement structuré, semble participer à son écrasement. Tout y est hiérarchie, regard des autres, humiliation latente. Et lui, minuscule dans ce système, se fissure. Son double n’est peut-être qu’un symptôme. Ou peut-être pas. Mais ce qui est certain, c’est que l’effondrement est progressif, inexorable, presque suffocant.

Ce n’est pas une lecture confortable. Ce n’est pas une lecture apaisante. C’est une immersion dans un esprit qui se délite, et cette immersion a un coût. On en sort un peu vidé, comme après avoir retenu son souffle trop longtemps.

Épuisant, donc. Mais puissamment maîtrisé.

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Commentaire ajouté par jodieM 2026-02-16T07:46:15+01:00
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Argent

Dès les premières pages, on sent tout de suite que notre personnage principal, Goliadkine, n'est pas tout seul dans sa tête ... Il est parano ! Il ne lui faut pas grand chose pour tomber dans la folie ... et c'est ce qu'on va suivre. Un évènement survient et petit à petit il devient complètement fou. Il est persuadé d'avoir un double qui au fur et mesure sera maléfique pour lui. Je n'ai pas trop apprécié ce livre ! Quand il discute avec n'importe quel autre personnage il l'appelle par son prénom au moins vingt fois ... Cela rend la lecture épuisante ! Pour l'instant c'est le livre de Dostoïevski que j'ai le moins aimé.

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Commentaire ajouté par NenetteSaitLire 2025-02-24T20:45:04+01:00
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Bronze

J'ai lu ce livre pour un challenge et je n'étais pas très très emballée.

Mais dés le début la plume de D. m'a embarqué. J'aime beaucoup ses longues phrases et ses pensées qui partent dans tous les sens.

Cependant au bout d'une soixantaine de pages je me suis vraiment demandée si je devais continuer car j'avais l'impression d'être à côté de la plaque. Au final je me suis rappelée qu'il fallait juste être ouvert d'esprit et qu'importe les émotions que je ressentais tant que ça en déclenchait: l'incompréhension, le stress, l'impression d'être dans un rêve.

Bref c'était vraiment très très bizarre comme expérience mais j'en ressort très contente!

J'ai adoré la vision d'un homme sur son double de façon extérieur. Personnellement cela m'a questionné sur la vision que les autres ont de nous et sur l'importance de leur regards. Egalement sur l'exigence que l'on met lorsqu'on se regarde nous-même et les actions que l'on a fait.

Principalement j'ai été angoissé et stressé mais je ne pouvais m'empêcher de continuer à lire de plus en plus vite! j'appelle ça du génie pour le coup. Tellement d'interprétation sont possible que je me suis mise à imaginer des scénarios horribles ou tordus. J'essayais d'anticiper et au final j'étais toujours surprise et bouche bée du déroulement des choses.

Encore maintenant lorsque j'écris ce commentaire, plusieurs jour après, je suis toujours bouche bée, dans l'incompréhension et en même tant fascinée, le cœur palpitant!

Plus tard je pourrais tout à fait le relire et la fin est fidèle à tout le livre. bref j'ai adoré cette expérience!

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Commentaire ajouté par nightcore2626 2024-05-14T10:55:15+02:00
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À mesure que le personnage, Monsieur Goliadkine semblait Spoiler(cliquez pour révéler)sombrer dans la folie, je perdais moi-même la raison. Pas la meilleure idée que j'ai pu avoir, de lire CE livre dans le métro qui me rend schizophrénique.

On ne comprend pas bien pourquoi il agit comme ça ; au départ, il semble juste souffrir d'une sacré anxiété sociale "je le salue ? je le salue pas", "je fais croire que je suis quelqu'un qui me ressemble en tout point" Spoiler(cliquez pour révéler)prolepse, foreshadowing du double ici

Quand le premier vrai dialogue survient entre son médecin et lui, là, on comprend bien qu'il est complètement touché mentalement, le pauvre.

Il inspire la pitié parce que, sans se mentir, il pue la lose. Il fait pitié. J'ai jamais ressenti ça pour un personnage de fiction, mais lui... C'est une autre affaire tellement qu'il est lamentable dans ses agissements, sans que ce ne soit totalement de sa faute.

Ce qui fait le plus de peine, c'est bien que personne dans son entourage ne lui vient en aide.

La vraie question, ce serait aussi de se demander Spoiler(cliquez pour révéler)est-ce qu'il imagine son double, ou est-ce qu'il existe vraiment ?.

Bref, il est bon pour Sainte-Anne. Et en plus, il est raciste envers les allemands, ce qui expliquerait la Spoiler(cliquez pour révéler)dernière phrase écrite d'un accent allemand comme si c'était un cauchemar. Ouais, il a mérité sa place à l'asile, parce qu'il a vraiment rien pour lui.

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Commentaire ajouté par vermeils 2023-12-10T23:05:18+01:00
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Bronze

Roman fantastique, qui brouille les frontières entre la folie et la réalité. On se retrouve dans les mêmes angoisses que Goliadkine, piégé dans sa vie et celle d'un autre, impuissant face à ce double. La façon d'écrire semble plus empressée vers la fin, quasiment proche de la folie, témoignage de l'état d'esprit du personnage. C'était une lecture agréable qui ne reflète cependant pas la grandeur de la plume de Dostoïevski, figurant parmi ses premiers romans

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Commentaire ajouté par corinne18 2021-03-29T18:56:40+02:00
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Or

Voili-voilà" comme dirait Iakov Pétrovitch Goliadkine «conseiller titulaire» d'une administration russe, vivant à Pétersbourg.

Monsieur Goliadkine "notre héros" comme l'écrit Dostoïevski rencontre son double sur un pont, une nuit. Et ce double va transformer sa vie en ronde infernale.

Très jeune, Dostoïevski écrivit à son frère qu'il avait le projet de devenir fou. C'était en somme un projet de vie. L'aliénation sociale, mentale, émotionnelle, thèmes chers à l'écrivain, se mêlent dans ce roman "de jeunesse" qui reçu un accueil glacial à sa sortie. Dostoïevski tenta de le réécrire sans y parvenir.

Je me suis plongée dans la psychose paranoïaque de Iakov Pétrovitch Goliadkine avec empathie et enthousiasme. Avec cette question : comment ce roman va-t-il se terminer ? Résistant à l'envie de lire les dernières pages, j'ai cheminé dans l'esprit malade de Goliadkine, car ce qui intéresse Dostoïevski n'est pas la description de la maladie, mais son cheminement dans la vie et l'esprit de son héros. Goliadkine est d'abord aliéné par une société codifiée à l'extrême, ou la place, le rang dans la société, le travail, détermine la personnalité du sujet. D'ailleurs Goliadkine s'inquiète toujours d'être à sa place, "dans le bon ton" comme il dit, d'avoir le discours adéquat, bref une aliénation de classe sociale très forte et déshumanisante. Iakov Pétrovitch Goliadkine aspire à rompre les barrières sociales, son échec va déclencher l'apparition du double. Il veut être désormais un "autre". Plus fort, plus sûr de lui, pur et parfait. Mais cet "autre" est aussi son ennemi, son double maléfique et malicieux.

La paranoïa de "notre héros" s'agrandit, tout le monde complote contre lui, tous sont ralliés à son double que l'on trouve plus drôle, plus spirituel, plus à l'aise en société, plus habile, plus intelligent, meilleur travailleur et .... plus jeune. Car l'entourage de Goliadkine, même son domestique voient son double. La réalité elle-même est contaminée. Et plus Monsieur Goliadkine veut s'expliquer, plus il s'enfonce dans les affres de son cauchemar. Il perd aussi peu a peu l'usage correct et courant du langage. Son parlé est aussi désordonné, désarticulé et bousculé que son esprit. Atteint d'une forme de jargonaphasie, Goliadkine perd pied, jusqu'à l'abdication.

Le double est un roman drolatique et désespéré, flou et fou comme Iakov Pétrovitch Goliadkine.

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Commentaire ajouté par Aporie 2020-04-06T01:18:44+02:00
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Diamant

Premier roman de Dostoïevski que je lis et... sûrement pas le dernier.

L'atmosphère que parvient à créer l'auteur nous happe totalement dans l'histoire de ce pauvre homme qu'est Goliadkine.

Ce récit est incroyablement riche en idées. Divers sujets sont (intelligemment) abordés, même s'ils ne sautent pas aux yeux directement et, il est là, tout le génie de ce livre.

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Commentaire ajouté par Neskah 2019-12-22T00:37:03+01:00
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Bronze

Et bien tout comme mimi066, je ne conseille pas Le Double pour découvrir l'immense écrivain qu'es Fedor Dostoievski.

Le roman traite de la folie, de la persécution et son atout principal es de nous rendre fou. Je ne sais pas si la traduction que j'ai eu entre les mains y es pour quelque chose (G.Aucouturier) mais la lecture es haché et les derniers chapitres bien que très travailler sur la perception de la folie de Goliadkine sont difficiles à lire.

Un roman intéressant pour comprendre un peu plus la littérature russe et la complexité de Dostoievski, mais une rude lecture.

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Dates de sortie

Le Double

  • France : 1989-10-25 (Français)
  • France : 1989-10-25 - Poche (Français)

Activité récente

Évaluations

  • 66ème (67 participants)
  • 90ème (19 participants)

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