Dates de sortie
Love
- France : 2003-10-28 (Français)
- France : 2008-05-22 - Poche (Français)
Activité récente
Titres alternatifs
- Love - Anglais
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Love
Résumé
Avec Love, son dernier roman, Toni Morrison travaille sur la mémoire et l’obsession. Nous y découvrons un groupe de personnages féminins littéralement captivés par un homme, décédé depuis vingt-cinq ans au moment où s’ouvre le roman, vers le milieu des années 1990.
Cet home, Bill Cosey, possédait jadis un hôtel pour Noirs fortunés, sur la côte est des USA. L’hôtel connut son heure de gloire au milieu du 20ème siècle ; tout ce que la communauté noire comptait d’artistes, de médecins, d’hommes d’affaire ou de femmes du monde venait s’y retrouver pour prendre du bon temps au bord de l’océan. Le mouvement pour les droits civiques et la déségrégation ont bouleversé cet univers présenté comme idyllique, si l’on oublie le caractère très exclusif de la politique commerciale mise en place par Bill Cosey, qui refusait l’accès à son établissement aux plus pauvres de sa communauté. L’hôtel a fini par fermer, et la demeure familiale est devenue le champ de bataille de deux femmes, Heed, la veuve de Cosey, et Christine, la petite-fille du maître des lieux. Ce sont d’anciennes « meilleures amies » d’enfance, mais leur amitié connut un tournant fatal lorsque Cosey, lui-même veuf, choisit de se remarier avec Heed, qui avait alors onze ans.
La différence d’âge entre cet homme, déjà grand-père, et cette petite-fille n’est pas le seul sujet de scandale. Heed vient par ailleurs d’une famille extrêmement pauvre et illettrée et elle a le plus grand mal du monde a tenir sa place dans un univers familial très critique. Heed et Christine deviennent peu à peu les meilleures ennemies du monde, surtout après la mort de Cosey, qui laisse derrière lui un testament fort ambigu. La lutte des deux femmes, pour savoir qui est l’« enfant chérie » à laquelle reviendra la fortune de Cosey, constitue un des moteurs du roman. Christine veut faire appel de la décision du juge, pendant que Heed, qui a recruté une jeune fille, une tête brûlée du nom de Junior, entend fabriquer avec elle un faux testament, qui serait plus indiscutable.
À la toute fin du roman, les deux femmes se retrouvent dans l’hôtel abandonné, dans des circonstances dramatiques, qui seules leur permettront de se parler enfin, de se retrouver et de comprendre que chacune n’a finalement plus que l’autre, avant le retournement final, dû à la voix narrative, venue d’outre-tombe, de L, une autre de ces femmes qui gravitaient autour de Bill Cosey.
Love, en apparence, ne semble pas s’attaquer à de grandes et tragiques questions, comme avait pu le faire Beloved. Il n’empêche que Toni Morrison nous plonge à la fois dans une réflexion sur l’histoire de la communauté afro-américaine qui est tout sauf conventionnelle, et dans un huis clos psychologique, qui lui permet une présentation extrêmement pénétrante des relations entre les femmes et l’homme, des relations des femmes entre elles, toujours en rivalité pour être l’élue de cet homme aux multiples facettes, qui sont autant de facettes imaginaires qu’elles ont elles-mêmes mises en place. De fait, Love est également bel et bien un roman qui parle d’amour, qui parle de l’amour.
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