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jeudi 29 décembre 2022

Curieuse fin d'année


Le temps est suspendu.

Comme un flottement immobile sur une eau trop calme.


En haut, le ciel gris. 

Les grands arbres bougent lentement dans un balancement d'enfants psychotiques.

Tout n'est pas triste. Je ne suis pas gai. Je ne pagaye pas. Tangage dans mon langage.


Ce n'est pas l'ennui mais l'occupation à des choses dont l'intérêt est faible.

Urgence des pensées monochromes.

Le balancier oscille de droite à gauche :

— tic à droite : je devrais…

— tac à gauche : je devrais…

et quand c'est fini, ça recommence.


Il faudrait prendre un chemin. Choisir une route. Bifurquer. Ou pas.

Est-ce que ce sera toujours le même paysage ?

Un même point de vue, puis un autre identique ?



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Composition AlainX


Il paraît que tout cela mène au même Trou Noir vers lequel nous courons

 à coups d'années-lumière qui nous éteignent..

Ce sera la fin de tout.

 Plouf !

Ce sera le début d'un nouveau tout.

 Pchiiit !

On me dit que c'est ce qui est écrit dans les cieux astronomiquement scientifiques.


Encore quelques jours et ce sera Champagne pour tout le monde, sauf les pauvres et les ukrainiens et quelques millions Chinois covidés et homicidés.


Positivons

S'il fait un froid de canard, je dégusterai le foie de l'un d'entre eux.

S'il fait doux, je lui volerai dans les plumes.

S'il fait rien, ce sera la même chose pour moi.


La quiétude doit-elle nous inquiéter ?




dimanche 25 décembre 2022

médianoche

 

" C'est Noël

il est grand temps de rallumer les étoiles "

(Guillaume Apollinaire)




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Bricolage d'AlainX


samedi 24 décembre 2022

jeudi 22 décembre 2022

Intro à l'introspection

 

Pas grand monde dans le quartier en cette période

alors je continue avec d'autres bêtises

La période amène certains à réfléchir dans la nuit de Noël

et peut-être mieux se chercher sur les toits étoilés.



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mardi 20 décembre 2022

Émoticônes de mer

 


Allez zou !


Quelques bêtises de fin d'année !


Les Émoticônes de mer


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Bidouillage AlainX


 


lundi 19 décembre 2022

Visite au secrétaire.


147 ème Devoir de Lakevio du Goût

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Mais non !
Je ne vous demande pas un devoir sur « Vacances romaines » !
Surtout au moment des vanaces de Noël.
Néanmoins, si vous aviez quelque chose à dire sur cette toile de Joseph Lorusso, ça me plairait de le savoir lundi.
Le mieux de votre récit serait évidemment qu’il finît par « Couple, adieu, je vais voir l’ombre que tu devins. »




Visite au secrétaire.


C'est une vieille habitude. Tous les ans, la deuxième quinzaine de décembre, je fais du rangement. Chaque année une pièce différente. Cette année, c'est le boudoir. Enfin, c'est ainsi que ma mère nommait la pièce où elle aimait se retirer, seule. Petite fille, je me souviens le nombre de fois où je me suis fait vertement réprimandée parce que j'avais entrouvert la porte.

— Va jouer dans ta chambre, tu n'as rien à faire ici !

 Que faisait-elle en ce lieu ? Enfin bref, c'est loin tout ça.


Je réalise que je fais comme elle. J'aime être seule. Lorsque je le peux, je vis en recluse au boudoir. Cette année je vais mettre de l'ordre dans le secrétaire en merisier massif dont ma mère avait fait l'acquisition et qu'enfant je rêvais de fouiller. Mais elle cachait trop bien la clé. Je ne l'ai retrouvée qu'après son décès et grande fut ma déception de n'y découvrir que des documents sans intérêt, des bricoles et vieux stylos sans valeur. Aucun trésor, pas de lettres rassemblées avec un ruban rose d'amoures secrètes.


Les années passent, je me fais vieille. Il est temps désormais de vider ce secrétaire, devenu mien. Comme je perds la mémoire je ne sais même plus s'il y a dedans mes propres secrets enfouis sous des piles de factures et autres déclarations d'impôts.


C'est ainsi que je viens de retrouver cette photo de Pierre-Louis sur sa belle Vespa rouge, et moi derrière le tenant par la taille, complètement amoureuse. J'avais même oublié que je me teignais en rousse en ce temps-là ! Et cette jupe longue complètement kitsch ! Est-ce que je fus « vraiment  » amoureuse de ce type ? Je me reconnais à peine. Quant à lui, il dois sucrer les fraises dans un EHPAD ou un machin du genre. À la réflexion, je me dis que j'aurais peut-être dû l'épouser. Après tout il était plutôt gentil Pierre-Louis. Seulement voilà, je me suis entiché de son cousin Rodolphe. À cause de l'odeur de son corps que je préférais, sa peau douce et basanée, et puis… comment dire… cette manière singulière qu'il avait de me faire monter le plaisir.

 Et voilà, avec Rodolphe on a fait trois lardons.

Avant qu'il ne s'en aille, avec une petite conne de l'usine.


C'est bête, d'avoir revu cette photo, ça m'a flanqué une crise de rhumatismes. Une méga. Aussi je l'ai déchirée. C'est pas permis de raviver du bonheur quand il n'y en a plus une seule once à l'horizon.


J'ai tout laissé en plan. Je suis revenue dans le grand salon. Encore plus grand depuis que je vis seule. Je me suis versé un triple whisky. Ça calme les rhumatismes. Sur la table basse il y avait un recueil de poèmes de Mallarmé. C'est curieux, il y avait un signet à la page de « L'Après-midi d'un faune ».Les débuts du poème m' arrêtèrent :

« Aimai-je un rêve ? »

Voilà ce qu'à dû être ma vie. L'amour d'un rêve qui était censé être le mien. Et je n'ai trouvé que la vacuité d'une vie insipide. Et pourtant j'ai longtemps cru à l'opulence de l'inutile.

Je me suis résumée dans la dernière phrase du poème :

« Couple, adieu, je vais voir l’ombre que tu devins. »

 

mercredi 14 décembre 2022

L'Écriture


Écrire est une drôle d'aventure. Une aventure de mots qui s'amusent, pour nous, avec nous, parfois contre nous. Des mots qui s'échappent de l'encre du stylo pour venir s'étaler sur une feuille dans un ordre que la plupart du temps on n'a pas prévu et qui s'impose toutefois.

Parfois je me demande si écrire n'aura pas été une des plus belles aventures de ma vie. Après tout j'ai commencé très tôt. Enfant, les mots furent les compagnons de jeu d'un jeune écolier, quand il n'était pas à l'école à s'ennuyer et à être puni pour cette raison de ne rien faire de bien.


À 12 ans je ne lisais pas le journal, je préférais écrire le mien. Plus tard on m'a dit que c'était les filles qui faisaient ça. Peut-être aurais-je dû être une fille ? Va falloir que j'y réfléchisse à notre époque de transgenre.


Écrire c'est un acte de libération. Libération des mots sous pression, emprisonnés en nous. Comme un échappement, un embarquement vers les terres lointaines qu'on ne peut que découvrir en soi au cœur de l'aventure de la plume inspiratrice et révélatrice.

Les mots sont libres si nous les libérons. Les mots pourrissent à nous faire mal si nous les gardons enfermés. Ils deviennent nauséabonds en se décomposant au lieu de se composer en merveilleuses phrases qui donnent le tournis et nous apportent l'ivresse de nous rendre vivants par eux.

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Bien sûr on peut aussi parler, mais tout s'envole, se sépare et se délite. Mieux vaudrait que les mots restent ensemble, en cohérence, comme ces nuées d'oiseaux qui forment un tourbillon  harmonieux et nous illuminent l'âme et le cœur de chorégraphies fascinantes. Mais voilà, en les laissant s'échapper les mots prononcés dans l'éther ils deviennent irrattrapebables à tout jamais : — « Mais qu'est-ce que je disais déjà ? »


L'écriture c'est une aventure de cueillette dans le silence. Le silence parle par la plume. Certes, désormais il y a le clavier à mots, mais le tapotement des doigts ne vaut pas le mouvement de la main qui écrit. Dans l'écriture manuscrite il se produit une l'alchimie corporelle singulière, c'est-à-dire  qui fait sortir les mots d'une certaine manière et pas d'une autre. L'art des mots justes passe par la graphie.


Se tenir en silence devant la feuille, stylo à la main, c'est comme une position de yoga, ça génère une réceptivité et une attention au ressenti qui autrement échappe. Dans une telle écriture il y a un souffle vital qui s'exhale et vient se poser sur la feuille, délicatement ou intensément parfois, à en casser la plume, tant les mots enfermés explosent alors au grand jour.

Quelqu'un un jour m'a dit : « tu es une plume ! »

J'imagine qu'il voulait dire que j'écrivais pas trop mal. En fait je ne suis que celle d'un oiseau prisonnier qui tente depuis si longtemps de s'échapper, jusqu'à ce qu'il devienne pleinement lui-même.

lundi 12 décembre 2022

Dilemme de moisson

 

146ème Devoir de Lakevio du Goût.


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La multiplicité des interprétations possible de cette toile de Léon Augustin Lhermitte m’a amusé.
Elle devrait vous inspirer autant qu’elle m’a inspiré en la voyant.
Même mieux encore j’espère.
À lundi.




Dilemme de moisson


— Bon, Joseph et Rosalie, vous croyez pas qu'il serait temps de se remettre au travail ?

Elle n'a pas l'air contente la Louise. Joseph fait semblant de roupiller, et la Rosalie n'a même pas correctement reboutonné son corsage. Je ne suis pas une jeune poulette,  débarquant dans le poulailler, pensa-t-elle, pour deviner ce qu'a fait le coq avec ma sœur, tandis que j'allais remplir la cruche à la fontaine.


Louise n'a jamais apprécié Joseph, ce journalier qui n'a pas ses yeux dans les poches et reluque tout ce qui porte jupon avec des idées précises dans la tête. Louise est lasse de devoir tout diriger dans cette ferme depuis que la mère est morte et que le père a sombré dans un alcoolisme pénible. Elle en  a trop sur les épaules.


— Écoute Louise, il fait lourd et chaud et on a bien le droit de se reposer un moment. On a déjà fauché les trois quarts et on a été bien plus vite que l'an dernier. Qu'est-ce que tu nous reproches encore ? Tu crois que j'en ai pas marre autant que toi ? Tu ferais mieux d'aller raisonner le père, tu es l'aînée. Fais lui comprendre qu'on en a marre de le voir puer la vinasse, tituber dans la cour de ferme, et parler aux canards comme si c'étaient ses ouvriers.


Joseph ne moufte toujours pas. Les yeux fermés, il pense aux gros seins de Rosalie et se dit que le temps rapproche où il pourra la rejoindre la nuit dans sa chambre pour aller plus loin dans l'exploration. Au prix où on le paye, il considère cela comme un complément réglé en nature.


— De toute façon, reprend Rosalie, forte de ses arguments qui viennent lui monter à la tête, on ne peut pas continuer à faucher tant que  Monsieur Vincent n'a pas terminé sa toile. (*) Ce ne serait pas correct. Lui aussi il travaille à sa peinture, et il a bien du courage sous cette chaleur.  L'autre jour au village on m'a dit qu'il faisait une série sur les moissons. À mon avis on ferait mieux de rentrer à la ferme et de prendre un peu de bon temps, ça nous arrive pas souvent, ajouta Rosalie en regardant Joseph qui venait d'ouvrir un œil et qui se mit à sourire quand elle lui fit un clin d'œil .


— Tu te moques du monde, Rosalie, tu as vu le ciel, ça sent l'orage et ça va finir par craquer et on a encore du boulot pour lier les épis et faire la meule. Et faut pas compter sur le père. Ni sur d'autres journaliers qui sont partis faute d'être payés.


C'est alors que Joseph se releva d'un coup :

— Comment ça, pas payés ? Et moi ? Je vais l'être au moins ?

Il a des réflexes quand il faut le Joseph.


— Ne t'inquiète pas mon Joseph, rétorqua Rosalie tu seras payé, crois-moi, il n'y aura pas de problème. J'y veillerai.

MON Joseph, ne manqua pas de retenir Louise, ma sœur a dit MON Joseph. Incroyable, je m'en doutais. Ils forniquent !.


C'est alors qu'il arriva et demanda :

— Désolé d'interrompre votre travail, mais vous n'auriez pas un peu d'eau, j'ai soif, je n'ai plus rien.

C'était la première fois que Vincent Van Gogh venait vers eux. Tous les trois furent surpris d'entendre sa voix quelque peu timide et éraillée. Bien sûr ils le servirent plus que nécessaire. Aussitôt désaltéré Vincent s'en retourna à ses travaux sans même dire merci. On le sentait préoccupé.

— Et voilà comment ils sont ces soi-disant artistes venus de la ville. En fait, ils n'ont aucune éducation ! grommela Joseph.


Rosalie qui ne voulait pas d'ennuis avec personne et qui de toute façon avait quelque chose de précis en tête, se leva d'un coup, se tourne vers Joseph et dit :

— Tu viens, Joseph, on rentre…


Louise ne se faisait plus aucune illusion sur la soirée solitaire qui l'attendait.


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(*) : influencé par un commentaire chez « le goût » lors de la présentation de la consigne, qui voyait l'homme en haut à gauche du tableau, comme étant un peintre, cela explique la présence de Van Gogh dans mon histoire. En réalité il s'agit d'un faucheur. Mais l'idée du peintre m'a plu.


lundi 5 décembre 2022

La destinée s'en est allée

 

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145ème Devoir de Lakevio du Goût.


J’aime la façon dont Mark Keller use pour nous faire comprendre que les choses ne se passent pas toujours comme prévu…
Mais vous ?
Que pensez-vous qu’il nous dise là ?
On en saura peut-être plus lundi.
Du moins je l’espère…





Histoire de varier les plaisirs

je tente quelques vers de mirliton

désolé… mais il fait froid…



La destinée s'en est allée 


Ma guitare cessera de faire résonner ses accords

tes mots comme les banderilles du picador

sont entrés loin dans mon corps

pour la rupture tu sais planter le décor


J'avais écrit de nouvelles paroles

pourquoi pas en espagnol

et sur un air de flamenco

notre amour irait crescendo


Et toi le café au bord des lèvres

tu savoures tes propos de fièvre

tes mots trempés dans le fiel

 balancés comme des poutrelles



*


C'est avec une guitare que tu croyais m'avoir

me convaincre avec ton espèce de grattoir

me séduire par des vers de mirliton

espérant me mettre en ébullition


Ta sœur dehors c'est elle que je désire

pour elle mon cœur se déchire

parce qu'elle me croit de toi éprise

et ça crois-moi ça me défrise


*


De la table à côté je les regarde

d'heure en heure leur vie se retarde

dehors, la sœur en robe claire s'en est allée

de désespoir elle boit de l'eau salée.



samedi 3 décembre 2022

En attendant l'été.

 


Petite élucubration d'un samedi bien froid où il faut rester au chaud.

Rencontre improbable entre les restes d'un bâtiment industriel en destruction 

et un bord de mer à 200 km de là.



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J'avais, il y a pas loin de 10 ans, filmé la destructions en question puis bidouillé une petite vidéo avec une musique apocalyptique et un commentaire de fin du monde… !

Mais aujourd'hui avec le froid qui arrive je préfère rêver à l'été prochain…



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lundi 28 novembre 2022

L'entretien

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144ème Devoir de Lakevio du Goût

 


Si cette peinture vous donne quelque chose à raconter, je vous en prie.
Laissez aller votre imagination.
J’espère que nous nous lirons les uns les autres avec plaisir.
Alors à lundi…




L'entretien


Ce qui me frappa le plus c'est cette position qu'il adopta tout à coup. Lorsque je suis enfin arrivé à aborder véritablement ce pourquoi j'étais venu. Cela faisait plus d'une demi-heure que je restais en surface, parlant du sujet préoccupant, mais pas de moi face au problème. Bien sûr il m'écoutait, mais pas d'une attention soutenue. Il était évident que lui aussi attendait, avec bienveillance et patience, que je plonge enfin.

Je retrouvais cette remarquable qualité de présence empathique qu'il savait avoir au moment le plus opportun. Et enfin j'ai abordé « la vraie problématique ».


Alors il se pencha quelque peu en avant, posa les coudes sur les accotoirs du fauteuil, témoignant ainsi une plus grande présence. Et moi aussi probablement j'avais dû changer de registre, changer d'attitude sans m'en rendre compte, et le ton de ma voix n'était plus tout à fait le même. Il joignit ses mains, croisa les doigts. L'un des index se posa sur sa lèvre, juste sous le nez, cachant sa bouche. C'était la certitude qu'il ne parlerait pas de sitôt, que je pouvais me laisser aller, qu'il m'offrait l'espace de parole.


C'est tellement précieux l'offrande d'un espace de parole où l'on souhaite que l'autre se fasse  tout écoute. C'est si rare. Généralement on a toujours une bonne raison d'interrompre, de couper la parole, c'est-à-dire de couper quelque chose chez l'autre, quelque chose qui ne reviendra pas et en tout cas pas de la manière dont cela aurait dû se déployer. Cette incapacité d'écouter jusqu'au bout, sans interrompre, cette entrave à laisser le silence s'exprimer. Parfois ça dit tellement de choses un silence qui se prolonge dans un dialogue. Lui, savait comprendre que le silence ne signifie pas la fin de ce qu'on a à dire. La suite se prépare, c'est peut-être difficile à sortir. Il y a de la retenue, de la honte parfois. Au cœur du silence on va aussi chercher le courage, on chasse les « à quoi bon tout ça ! ». Non, certains silences ne signifient pas la fin de l'expression.

J'ai parlé, et parlé encore. Je lui rends un hommage appuyé d'avoir écouté avec une attention palpable que je ressentais, qui émanait de lui puissamment jusqu'à provoquer un frisson dans mon âme.


Pendant un long moment j'ai regardé ses mains, sans rien dire. Des mains de vieux. Des mains pétries d'une longue expérience de vie. Parfois les mains marquent plus l'âge que le visage, quand bien même avait-il les cheveux blancs. Jusque-là, cherchant ma concentration, j'avais parlé en regardant le sol, et en particulier le tapis rond chamarré sur lequel étaient installés les fauteuils,  matérialisant ainsi l'espace de dialogue. Il l'avait sûrement choisi ce tapis pour sa diversité et son intemporalité. Il n'était ni moderne, ni vieillot. C'était un tapis universel. Comme le  fond de l'être humain est universel et c'est bien cela qu'il cherchait à trouver dans le cœur de celui qu'il écoutait. Ce qui faisait cause commune.


Alors j'ai fixé son regard. L'espace d'un instant. À cause de son front plissé, j'ai cru voir une grande préoccupation à mon propos. Est-ce qu'il s'inquiétait ? Est-ce que c'était si grave que ça ? Alors j'ai dit :

—  Voila ! 

C'était une manière de signifier que je n'avais plus rien à dire pour l'instant.


Il a baissé ses mains, son front s'est détendu, et j'ai vu dans ses yeux bleus profonds que j'ose qualifier regard d'amour :  un amour infini. Non pas pour moi, enfin si, peut-être un peu, mais de cet amour infini qui habite certaines personnes et dont on sait qu'il n'a pas de commencement, mais qu'il ne fait que se transmettre et n'aura nulle fin. Un amour qui accueille l'autre quel qu'il soit, dans son identité, son histoire, ses douleurs, ses bonheurs, ses réussites, ses échecs, ses errances ou ses fautes.


Non, je n'oublierai jamais tout ce que je lui dois, à lui, et à quelques autres, qui d'une manière ou d'une autre, et sans évidemment ressembler au tableau proposé, tous ces autres qui furent des hommes, des femmes, des jeunes et des moins jeunes, qui ont jalonné mon parcours et sans ces rencontres je ne saurais certainement pas devenu qui je suis : un être qui revient de loin.



vendredi 25 novembre 2022

Prenez vos distances !

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La recherche de la bonne distance, voilà quelque chose qui n'est pas facile à mesurer. Trop près ou trop loin. Froid et insensible ou exalté et débordant, égocentrique et qui s'en tape d'autrui ou hyper dévoué trop bon trop con.


À l'école où j'allais, avant d'entrer en classe on se mettait en rang par deux et le prof du haut du perron clamait — « prenez vos distances ! ». On posait la main sur l'épaule de l'élève de devant et on tendait le bras. Le prof descendait du perron et faisait son inspection toute militaire d'un signe de tête approbateur ou d'un grognement réprobateur. On était, paraît-il, à la bonne distance. À la fin il clamait encore : — « Marchez ! ». L'heure de classe qui suivait aller être merveilleuse !


À la Belle Époque du covid, pas de bras tendu, on avait des rapports sociaux masqués. Il nous restait cependant le vague droit d'aimer avec les yeux et le regard. C'était chou !


Suis-je à la bonne distance dans ma vie d'aujourd'hui ? Ou plutôt suivant les circonstances ai-je les distances adaptées à celle-ci ? Question épineuse du hérisson.

C'est dans mon rapport à moi-même que je m'observe. Par rapport aux différentes composantes de ma personne, aux différents « lieux intérieurs ». J'imagine que ce genre de question ne préoccupe pas celui qui se considère comme un monolithe. Les gens qui disent : « je suis tout d'une pièce ». Ou ceux qui ont la distance d'un micro puce entre le plafond et le plancher. Pas beaucoup d'espace pour raisonner, délibérer et choisir. « J'agis, je fais les choses, je réfléchis après. C'est simple, c'est clair, pas besoin de chercher midi à 14 heures ».

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Moi je ne peux pas vivre comme ça. Ça m'arrive quand même, parfois, par réflexe, mais généralement faut que je gamberge, trop peut-être. De toute façon je n'ai pas l'intention de changer. Il doit d'ailleurs y avoir une part de génétique doublée d'une part éducative. Je dois cela à mon père qui avait un certain goût pour ne pas dire un certain plaisir à m'expliquer le pourquoi du comment. Je trouvais que c'était pas idiot, et même je l'admirais en ce ce point. Ma mère c'était autre chose, elle était insaisissable en tout domaine, passait d'un extrême à l'autre en quelques secondes, et fallait pas être dans son champ de vision pendant ces secondes, sinon elle m'en collait une.


Après mon accident de santé j'ai appris que la bonne distance était indispensable à l'équilibre en tout domaine. Retrouver un équilibre physique en priorité. Ce fut une sorte de distance cérébrale pour mieux penser à la présence au corps à chaque instant. Tout réapprendre de la position assise, puis de la position debout, puise de mettre un pied devant l'autre avec des jambes raides appareillées entre des barres parallèles. Et puis un jour avec deux cannes, et plus tard sans canne. Une victoire !

Il s'agissait toujours d'une question de bonne distance, de bonne attitude, de recherche d'équilibre, de maîtrise consciente de soi et en même temps que d'abandon confiant total à soi pour conquérir l'équilibre dans le déséquilibre, d'apprendre autant de la chute que de se relever seul.


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Par la suite, la philosophie et le droit furent mes maîtres d'équilibre et de distance. Prendre du champ par rapport aux événements aux situations, aux personnes, aux affects, au froid raisonnement, aux invasions débordantes, aux partis pris, aux idées toutes faites, aux délits de faciès, au racisme, c'est sûrement lui le coupable, voyez comme il a une sale gueule !)

S'en sont suivis des choix professionnels divers et variés. Mais finalement cette sorte d'obsession de la bonne distance a toujours été une sorte de guidance de fond.



Bien entendu, je me suis planté plus d'une fois à qu'à mon tour. J'ai failli, j'ai biaisé, je me suis fourvoyé, et c'est encore vrai aujourd'hui. Inévitable sans doute. Partie prenante de la condition humaine. On voit chaque jour les errances des uns et des autres, de Monsieur et Madame tout le monde, des dirigeants de tous acabits, des politiques et des chefs d'État dont certains sont vraiment dégueulasses !



Voilà ! Ce sera tout pour l'instant ! Cela dit mes chères lectrices et lecteurs, avec vous j'essaie d'être proche et vrai, avec la juste distance de l'écran d'Internet… portez-vous bien et prenez soin de vous.


lundi 21 novembre 2022

Les neiges d'antan


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Ça faisait longtemps que je ne vous avais pas proposé de raconter une histoire.
Cette toile de John Salminen, peintre que j’aime car il me paraît parcourir Paris avec le même regard que Modiano me dit qu’il est temps qu’un véritable hiver arrive.
Et vous ?
Comment verriez vous cet hiver qui pousse la dame à pousser la neige dans le caniveau ?
À lundi j’espère…





Les neiges d'antan


Lorsque j'ai vu cette proposition, je ne sais pourquoi, un vers d'une chanson de Brassens s'est imposé : « mais où sont les neiges d'antan » (Ballade Des Dames Du Temps Jadis) pas grand-chose à voir avec le balayage de la neige en talons hauts.

Et pourtant. Les neiges éternelles deviennent rares dans les plaines et villes du Nord. Tout comme mes souvenirs les concernant.


Souvenirs de cour de récréation verglacée et de glissades sans fin, les uns derrière les autres. À force de glisser nous dessinions une trentaine de mètres brillants et bien glissants., Ce sera à qui glissera le plus loin après une courte course préalable qui donnait lieu à des acrobaties issues de déséquilibres intempestifs. Je me débrouillais pas si mal pour mon âge. Je n'avais pas encore sombré.


Souvenirs de bataille de boules de neige, où on se marrait, sauf si on en prenait une dans le cou. Impossible alors de retirer toute la neige qui fondait sur l'épaule ou dans le dos. Je n'avais pas encore l'âge des plaisirs érotiques avec glaçons.


Souvenirs de la mer gelée à Dunkerque et Malo les bains en 1954.

Ah ! Le délicieux journal des actualités françaises de l'époque (Clic) !

Et puis celui qui deviendra le célèbre Abbé Pierre qui lança son appel à la générosité des Français. Et oui la générosité des Français, ça existait à une certaine époque. On donnait des vêtements en ce temps-là, maintenant on les vend sur Vinted.


Souvenirs après que je sois devenu déglingué, un dimanche matin, un épais verglas, mais il ne saurait être question que je n'aille pas cueillir en voiture ma petite amie de l'époque, dont j'étais bien entendu follement amoureux. Et donc : en voiture Simone ! (Non elle ne s'appelait pas Simone…). Du côté de pas loin de chez elle il y a une longue et large montée qui aboutit en haut d'un pont. Ça patine évidemment. Mais rien ne peut retenir l'amour. Je m'engage déterminé. Je suis le seul. Aucune voiture alentour. Disons que je suis le seul con a tenté le truc. Je patine et dérape, mais je grimpe. Je suis presque arrivé. Il faut que j'aille vers la gauche pour m'engager sur le pont je tente de virer légèrement et la voiture glisse sur le côté. Elle commence à descendre la pente, mais en crabe si je puis dire. Plus aucune maîtrise. Je ne me souviens pas d'avoir angoissé, j'ai même trouvé cela rigolo. J'étais téméraire à l'époque. J'ai tourné le volant un peu n'importe comment. Résultat j'ai fini sur la bordure du trottoir. Voiture intacte. Évidemment j'ai recommencé la grimpette et cette fois je suis arrivé sur le pont. Fier de moi. La déception viendra un peu plus tard, la petite amie de l'époque refusa de monter dans ma caisse ayant peur qu'on ait un accident. Pfff ! Petite joueuse ! D'autant qu'une heure après, soleil aidant, le verglas s'était fait la malle. Mais moi, ce ce jour-là, c'est le cœur qui avait mal. 


Souvenirs de neige, il y en eut encore d'autres. Mais ils se sont fondus dans la mémoire. Pour certains cela vaut mieux. Ainsi de ces journées de neige qui me laissent cloué chez moi alors qu'à l'agenda il y a d'importants rendez-vous. Ces retours de déplacements professionnels, sur une autoroute enneigée avec la crainte du blocage. Un Zhandi bloqué seul sur l'autoroute je vous assure que c'est galère.


Y aura-t-il de la neige à Noël ? Y aura-t-il de la neige entre 2023 et 2050, dans ce monde réchauffé ? Après, ce n'est pas la peine d'envisager quoi que ce soit, paraît  qu'on sera tous foutus !


Au final, nous terminerons avec le soleil de la Louisiane (Clic-) !



mercredi 16 novembre 2022

La mascotte des JO 2024 : un clito !


Vulve,… pardon… Vive Paris 2024 et les JO du Clito !

J'ai vu à la télé les mascottes des prochains JO. Et franchement c'est une grande réussite !


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Je me suis esbaudi (ce n'est pas sale) en voyant ces horreurs. Aussitôt j'ai dit à ma dulcinée :

 — « On dirait des clitoris ! »

— « Tu as vraiment l'esprit mal tourné ! », qu'elle m'a répondu aussitôt.


Et bien je n'étais pas un esprit si mal tourné que cela. Je m'aperçois que l'interprétation que j'ai faite s'est excessivement répandue un peu partout dans les médias.


Mais qu'est-ce qui leur a appris à ce comité Théodule français pour réussir à sortir cet cocotte ridicule, et en plus l'appeler : « Phryge » ! Tu titilles la mascotte sexuelle d'un doigt, elle réagit peu et ça donne  « Phryge est frigide » !


Franchement il y a urgence à arrêter ce massacre  qui fait gravement offense à l'histoire de France, au bonnet phrygien et surtout à la femme !


(Qu'est-ce qu'on se marre en ce moment en France !)


mardi 15 novembre 2022

Reprise



C'est une évaluation assez approximative, un peu à la louche, mais il semble qu'à peine un quart de mes billets sont du genre « plutôt personnel », la plupart étant des consignes d'écriture ou des textes de fantaisie. Il se fait assez loin le temps où j'écrivais en faisant étalage de mes états d'âme, de sensations qui m'habitaient, de réflexions qui se voulaient un peu approfondies sur l'air du temps et l'air que je respire.

En y regardant de plus près, ça me manque. J'écris « de plus près » parce que c'est un manque qui s'infiltre peu à peu, imperceptiblement. On n'y prend pas garde, le regard est ailleurs, il y a tant d'autres choses, d'attirances diverses, de sollicitations.


C'est comme une légère trace sur un mur, à peine une petite fissure. On se dit c'est normal, une bâtisse qui vieillit, ça bouge un peu. Et puis ça s'agrandit très légèrement. C'est bientôt de haut en bas. Un jour :  mince ! Ça s'écarte ! Je prends cette métaphore banale à cause des deux maisons qui viennent de s'écrouler le week-end dernier en centre-ville de la capitale du Nord. Là où je suis né. Pas des trucs vétustes. Non, de belles bâtisses classées du XVIIème/XVIIIe siècle, de belles façades, de beaux commerces. À 100 m de la magnifique Grand-Place, celle qu'on monte toujours à la télé quand il est question de Lille.

Rien ne laissait présager, sauf des détails… un bâti de porte qui a un peu bougé, alors la porte frotte un peu par terre quand on l'ouvre… quelques jours plus tard, à neuf heures du matin les deux immeubles s'écroulent avant même que l'on ait le temps d'écrire l'événement sur un papier. Un seul mort ! Un miracle ! C'est grâce à un jeune fêtard auquel il faut rendre hommage, qui a deviné ce qui  risquait de se passer en rentrant de boîte à trois heures du matin et prévenant aussitôt les autorités.... Les cloisons gondolent et ondulent. Les autorités le prennent au sérieux au lieu de lui dire : —  tu as trop bu va te coucher, demain ça n'ondulera plus !  Non,  aussitôt les autorités  prennent un arrêté de péril, font évacuer les maisons. Le lendemain les deux maisons s'écroulent.


Est-ce que mes cloisons intellectuelles commencent à gondoler ? Est-ce que des chambranles dans ma tête sont de guingois ? Est-ce que je perds des briques de mémoire ? Est-ce que je dois ravaler la façade de mes pensées ? Est-ce que je dois visiter les caves de mon intériorité pour voir si mes fondations sont encore solides ? Est-ce qu'il est temps de déclencher une opération de vérification générale ?


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Je ressens le manque en tout cas. Mon temps est insuffisamment organisé. Mon père aurait dit : « c'est à la va comm' j' te pousse ! » Et je n'aime pas ça. Personne n'est responsable que moi. Il m'arrive de regretter ma vie professionnelle surbookée. Un comble ! Je fus si heureux d'être un retraité-libre ! (Paraît-il…) c'est beaucoup plus facile de respecter un agenda bourré de rendez-vous, que de gérer sa liberté.


L'écriture est vitale pour moi. Pas seulement la fiction. D'une certaine manière c'est depuis toujours. J'ai laissé en friche des projets commencés et quelque peu abandonnés. La période hivernale qui s'approche devrait me permettre d'y revenir.


lundi 7 novembre 2022

L'ascension

 

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142ème devoir de Lakevio du Goût

J’ai peur de savoir où mène cet escalier sorti de l’imagination d’Anne-Françoise Couloumy.
L’histoire commencerait par « Dans l'escalier étroit leurs souffles se mêlaient. »
Si en plus elle se terminait sur « À chaque fois tout recommence
Toute musique me saisit », ce serait parfait…
J’espère vous lire lundi.




L'ascension


Dans l'escalier étroit leurs souffles se mêlaient, on aurait pu croire à des amants romantiques dont les lèvres n'allaient pas tarder à se toucher, les langues s'apprécier, et je ne dirai rien sur les mains avides de découvertes, de peau à caresser.


Ils grimpaient lentement, marche après marche.

Était-ce pour faire prendre de l'ampleur à leurs désirs ?

 Était-ce la peur de ce qu'il allait advenir ?

Était-ce déjà l'ardeur de conquérir ?

Avant que ne s'en vienne le constat du dépérir ?


N'aurait-il pas mieux valu qu'ils s'abstiennent d'investir cette entrée, de s'engager sur cet escalier ? Comment savoir où mène le destin de deux êtres qui ne désiraient pas celui-là. Ils avaient cru entrer là par hasard. Il n'en était rien. La fortune n'est pas toujours bonne quand la fatalité guette. Ce n'est pas parce qu'on ne croit pas à l'horoscope que l'astre n'intervient pas à sa manière, selon le sort réservé et l'aléa du possible.


L'un d'eux, sur la 11e marche, se retourna pour lire le paragraphe ci-dessus. Il haussa les épaules. Je concède qu'il n'y avait rien compris. On a l'intelligence aiguisée ou émoussée, c'est selon.

S'il avait eu la capacité de réaliser, je suis certain qu'il aurait immédiatement descendu jusqu'à la marche de l'empereur . La seule qui eut convenu. Mais il préféra regarder le palier du dessus et poursuivit l'ascension. Il n'aura même pas l'occasion de le regretter, comme on le constatera plus tard.


L'autre, ne savait rien  faire, si ce n'est suivre l'un. Et donc il poursuivit lui aussi l'ascension des marches pour son malheur. Qu'est-ce donc que le malheur ? Et comment frappe-t-il ? Hé bien de cette manière-là. Par inconscience, par bravade, par goût de puissance, par certitude de supériorité, somme toute par orgueil. Tous deux en étaient l'incarnation. La supériorité humaine. L'attrait du sommet que l'on pouvait atteindre pour enfin dominer tous les autres. Telle serait l'ultime jouissance.


Arrivés au sommet, ils découvrirent d'où venait la lumière du palier. Là ils eurent à peine le temps de penser que, effectivement, ils auraient mieux fait de ne jamais se retrouver en haut de cette volée de marches, qui allait leur voler la vie. Parce qu'en un instant tout devient aveuglant. Tel est le néant que beaucoup imaginaient comme un trou noir.


Pour ma part j'avais eu la sagesse de rester dans l'entrée à regarder celles et ceux qui montaient et jamais ne redescendaient. Je restais tapi dans mon coin, immobile et invisible, le casque sur les oreilles, mon Smartphone nourrissait mon âme de musique de chambre et d'entrée d'immeuble, d'opérette de salon et de requiem de salle mortuaire, de rhapsodie in Blue et de funk très dark.

À chaque fois tout recommence. Toute musique me saisit.