J'ai écrit il y a quelque temps le texte qui suit dans le cadre d'un petit groupe d'écriture sur Internet, à caractère privé.
Je le publie aussi sur mon blog.
La consigne : « C'est quoi l'humanité »
« Inspirez vous de cet extrait de journal datant de 1934 pour écrire un texte que vous situerez, soit à l'époque du journal (1934) soit à notre époque.
Le texte aura pour excipit la phrase suivante:
“C'est qu'au fond, il n'y a qu'une seule race : l’humanité.” (J. Jaures) »
C'est quoi l'humanité
L'humanité, c'est une aventure commune à laquelle j'appartiens et dont j'essaye d'être solidaire, bien que ce soit un objectif qu'on n'atteint pas du premier coup.
L'humanité c'est une longue caravane humaine venant des frontières de l'animalité et dans le destin et de… de quoi d'ailleurs ? De s'améliorer ? Et pour aller où ?
L'humanité c'est immense et minuscule.
L'humanité un truc perdu dans l'immensité des univers qu'on ne cesse de découvrir n'ayant ni début ni fin.
Que suis-je donc venu faire dans ce grand machin qui n'est par ailleurs que petite poussière perdue et éphémère face aux milliards d'années-lumière ? Moi, dans mon coin, je me débats tant bien que mal avec autour de moi des conneries comme cette affiche des jeunes de droite extrême des années 30. Je ne vais pas la commenter. Ce serait leur faire trop d'honneur. Je dirais seulement c'est l'ignominie habituelle des racistes pourries jusqu'à la moelle enfin bref : de la merde.
Mais voilà cette merde c'est aussi l'humanité à laquelle j'appartiens quelque soit le temps, le lieu et l'époque. Je suis le fruit de cette aventure-là aussi.
Et dans cette aventure cette « non française », considérée comme une belle salope vicieuse, dort à présent au Panthéon à Paris pour tout ce qu'elle fut, tout ce qu'elle a accompli, artistiquement, politiquement, socialement, humanitairement, etc.
Ouf ! Parfois on fait un peu de chemin quand même…
Bref, une femme qui a aimé cette humanité de son temps, parmi les hommes estimés « honnêtes gens » qui voulaient la mettre à la poubelle de l'histoire.
C'est difficile de ne pas s'emporter. C'est plus facile de hurler avec les loups.
C'est difficile d'essayer de comprendre. C'est plus facile d'exterminer et se débarrasser.
En quelque sorte : c'est difficile d'être humain. Ou plutôt de le devenir quand on sort à peine de temps excessivement troublés, pour retomber en 2024 dans d'autres tout aussi inquiétants et sans doute bien plus dangereux, parce que planétaires.
Peut-être que le seul chemin accessible est celui de l'intériorité. Un long chemin pour arriver jusqu'au cœur de l'humanité vivante en soi totalement. Cela fait très longtemps que je suis mis en route sur ce chemin que j'appelle « le Royaume intérieur » qui en réalité n'est pas une cachette secrète mais ressemblerait plus à une plage immense ouvrant sur l'infini que l'on découvre. Ainsi peu à peu la densité des êtres nous emporte dans l'immense courant du monde visible et invisible.
Pour y parvenir il faut côtoyer ceux qui sont sur ce chemin un peu en avant de soi, les chercher, et aussi croire qu'ils viendront à nous là où on ne les attend pas. Je parle de ma modeste expérience.
Je vais en rester là. Je ne placerais pas la phrase proposée, non pas que je la conteste, bien au contraire, mais la notion de race me gêne beaucoup. Même si à l'époque de Jaurès elle était employée sans les connotations clivantes apparues depuis, car où sont les frontières humaines… s'il y en a….